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La naissance d’un sous-marin aux Chantiers du Petit-Creusot.

On a parlé récemment des Chantiers du Petit-Creusot à Chalon-sur-Saône, propriété de Schneider qui y construisait des navires jusqu’en 1951 et des ponts métalliques jusqu’en 1984. Le Petit-Creusot avait été créé en bord de Saône en 1839, aux débuts de la Révolution Industrielle.

Voici quelques cartes postales anciennes montrant la construction de submersibles, le lancement de l’un d’eux et en deux bonus.

Ces submersibles sont construits à la chaîne, en parallèle. Cette carte a été envoyée en janvier 1917.

Le submersible est prêt à être lancé. Un important public est présent en attendant l’événement, les ouvriers, les autorités civiles, militaires et surement religieuses. On remarque le drapeau japonais qui flotte au vent. Le Japon fut un des principaux clients étrangers des Chantiers du Petit-Creusot. Ce pays était alors notre allié lors de la Première Guerre Mondiale.

Le même lancement pris sous un autre angle, opposé au précédent cliché. Le même drapeau japonais, le même public exclusivement masculin, endimanché.

Le submersible touche la Saône au milieu de gerbes d’eau . Le drapeau japonais flotte toujours au vent d’ouest. A noter que sur la rive opposée, le public est également très nombreux.

Voilà ce que voit le public de face. Ici c’est un contre-torpilleur qui touche l’eau, une commande de l’Empire Ottoman (on remarque le croissant sur le drapeau), avant-guerre car pendant la guerre, les Turcs étaient nos ennemis. On peut en conclure que ce navire combattra contre les bateaux français et britanniques lors des expéditions des Dardanelles et de Salonique. Ce n’est donc pas un fait récent que des armes vendues par la France soient utilisées contre ses soldats !

Revenons sur le submersible qui fait des essais sur la rivière avant de partir son périple sur la Saône puis le Rhône jusqu’à Port-Saint-Louis-du-Rhône puis Toulon.

Premier bonus: l’heure de la débauche.

La journée de travail finie, les ouvriers prennent des navettes, des barques à rames, pour regagner leurs foyers. Le Petit-Creusot se trouvait sur la rive gauche de la Saône, lieu toujours dédié à l’industrie de nos jours, Framatome entre autre, y est implanté. Une cité HLM a aussi été construite sur les anciens chantiers alors que le centre-ville historique se trouve sur la rive droite. On voit sur plusieurs vues dépasser les clochers des églises. Le vent dominant étant ici le vent d’ouest, on l’a vu avec le drapeau japonais, les fumées des aciéries ne dérangeaient jamais la bourgeoisie chalonnaise !

Second bonus: une vue de la crue de la Saône inondant les chantiers.

La carte indique les 24 et 25 janvier 1910. Cette date correspond à des intempéries exceptionnelles sur toute la France. Aux crues de la Saône et par conséquence du Rhône en aval, s’ajoutèrent celles de la Seine et ses affluents. Février 1910 est la date référence en terme d’inondation pour la Seine à Paris, de nombreux quartiers de la capitale se retrouvèrent sous les eaux.

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Des sous-marins sur le Rhône… info ou intox ?

On avait demandé à notre ami artiste Chatmiole, alias Jean-Marie Mollier, de dessiner le parcours d’une randonnée pédestre dans le secteur d’Ancône, Montélimar et Rochemaure, le long du Rhône et du canal de dérivation, vers le fameux ancien pont de Rochemaure dans le but d’illustrer le panneau au départ de la balade.

Il se lâcha quelque peu et nous proposa quelques détails loufoques comme celui reproduit ci-dessus. Loufoque ? Pas tant que cela !

Certes, on a utilisé ici et là des submersibles de poche, des cloches, pour inspecter les piles des ponts, après des collisions par exemple. Mais là, sur le dessin, on a affaire à un vrai sous-marin, un navire de guerre !

Et bien, il existait depuis 1839 et jusqu‘en 1957*, des chantiers navals à Chalon-sur-Saône, propriétés de Schneider. En bord de Saône bien entendu, au Petit-Creusot, se construisaient toutes sortes de bateaux et parmi ceux-ci… des sous-marins ! On en vendait même à l’étranger.

Et que fait un sous-marin dès qu’il naît et qu’il peut flotter ? Il est irrésistiblement attiré par la mer. Pour cela, rien de plus simple, direction la Méditerranée via la Saône et… le Rhône !

Oui, aussi loufoque que cela puisse paraître, il est bien passé des sous-marins sous le pont de Rochemaure, pendant la Première Guerre Mondiale et jusqu’aux années 30, de nombreux sous-marins même !

Certes, en raison de la nature du Rhône avec ses hauts fonds et de ses bancs de graviers changeants, on évitait de les faire flotter directement dans les eaux du fleuve, de peur qu’ils ne restent bloqués et soient endommagés avant même d’avoir servi. Alors, on les embarquait sur des barges pour rejoindre Port-Saint-Louis-du-Rhône. De là, direction la rade de Toulon, à Saint-Mandrier… et le centre d’essais de… Schneider !

Un sous-marin transporté sur un porteur Schneider traversant Lyon.

Avant, pendant et après la Grande Guerre, les migrations de sous-marins du Petit-Creusot à la Méditerranée furent nombreuses mais peu de photos immortalisent cette scène, secret militaire oblige !

Pas loufoque le dessin de Chatmiole ? Très peu, juste l’interprétation par l’artiste d’une vérité avérée !

Promis, la prochaine fois, on vous parlera de la bête qui boucha le port d’Ancône !

*Une activité industrielle de constructions de ponts métalliques continua au Petit-Creusot après 1957, jusqu’en 1984.

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