Archives mensuelles : avril 2025

ARDÈCHE RÉSISTANCE: LE CAMP DE CHABANET

Le XXème siècle aura inventé la notion de camp… camps de prisonniers, camps d’internement, camps de rétention, camps d’hébergement, camps de séjour surveillé, Groupements de Travailleurs Étrangers, camps de concentration, terme inventé par les Britanniques lors de la seconde guerre des Boers en Afrique du Sud…. et bien sûr, au stade suprême, camps d’extermination. En France, de 1939 à 1946, on estime à 600 000 le nombre de personnes qui connaîtront à un moment un camp français. Pour tous les détenus, c’est l’arbitraire, l’enfermement, la promiscuité, le froid, la faim, l’insalubrité, les épidémies, les maladies et quelquefois, trop souvent, la mort. Même si cela n’est pas notre sujet, on n’oublie pas les stalags et oflags allemands où des centaines de milliers de jeunes militaires vont perdre cinq ans de leur jeunesse et les sinistres camps d’extermination nazis dont la finalité était la mort programmée mais ce sont des sujets différents. 

Le camp de concentration de Chabanet va être ouvert pendant onze mois, de février 1940 à janvier 1941. Il reprendra du service, un temps, à la Libération pour accueillir les vaincus de la guerre, Allemands et Collabos.

Ouverture du camp en février 1940 ! Cela interpelle ! Chabanet n’est pas l’œuvre de Vichy ou du IIIème Reich mais bien de la IIIème République et du gouvernement d’Edouard Daladier ! Avant d’aller plus loin, situons les lieux. 

Privas, préfecture de l’Ardèche, est situé dans une cuvette, la plaine du Lac, protégé à l’adret par des hauteurs environnantes ; à l’ubac, le Coiron et aux deux-tiers de cette montagne, le hameau de Chabanet, quasi abandonné. Des cartes postales du début du XXème siècle montrent un joli petit complexe hôtelier à Chabanet. Manifestement, en 1940, il n’était plus en service et ce ne sont pas des chambres proprettes qui allaient accueillir les détenus, loin de là ! En revanche, ubac signifie froid en hiver, vent du nord glacial et peu d’abri, absence de soleil, chemin d’accès difficilement praticable pendant de longs mois donc ravitaillement incertain. Le responsable du camp en octobre 1940, André T., écrira d’ailleurs très officiellement à sa hiérarchie dans un rapport : l’expérience démontrera certainement l’impossibilité de continuer l’exploitation et l’administration d’un établissement (le camp de Chabanet) créé surtout pour des séjours d’été !  Si le responsable du camp, lui-même, l’avoue !

Photo des lieux avec un groupe d’internés. Source: Peuple de la nuit (Alberte et André CAYRON, éditions La Fontaine de Siloé, 1998) page 203.

Pourquoi la IIIème République s’est imposé l’obligation de mettre des personnes dans des camps ? Une croyance, celle de la Vème colonne, la légende de la Vème colonne inventée par les Nationalistes lors de la guerre d’Espagne, pour parler d’agents ennemis infiltrés dans les rangs ennemis pour gripper les rouages des armées, de la défense. Du coup, tout étranger devient suspect ; Allemands, Autrichiens, Italiens, réfugiés en France, Espagnols (mais eux étaient déjà détenus), sont arrêtés et regroupés dans des camps de concentration, comme celui des Milles près d’Aix-en-Provence, pour le sud de la France. Le même phénomène s’était produit, en petite ampleur, lors de la Grande Guerre à l’encontre des Alsaciens-Lorrains devenant d’un coup, de potentiels dangers. La IIIème République va donc rechercher et enfermer des antifascistes, des antinazis, des démocrates sincères mais étrangers de peur que d’un seul coup, un instinct nationaliste se réveille chez eux et amène ces apatrides à donner un coup de main à ceux qu’ils avaient combattus et fuis ; à ceux qui, s’ils gagnent la guerre (ce qui se produira), se dépêcheront de les liquider après les avoir retrouvés… facilement… dans des camps… (ce qui se produira aussi) ! Raisonnement lunaire !

A côté de cela, le 20 août 1939 est signé le pacte germano-soviétique Ribbentrop et Molotov, aux noms d’Hitler et Staline, une alliance de circonstance de non-agression entre l’Allemagne et l’URSS. Le Parti Communiste Français inféodé à Moscou est dissout et ses militants encartés ou de simples sympathisants, des syndicalistes de la CGT, des journalistes jugés trop engagés, deviennent suspects, dangereux pour la sécurité de l’État. Comme pour les Étrangers, la République va arrêter et regrouper ces hommes dans des camps de concentration alors que la plupart d’entre eux sont abasourdis par cette union contre-nature du Bien avec le Mal absolu, du « Petit Père des Peuples » avec le Diable et ne souhaitent la victoire du Reich. Chabanet va accueillir alors des communistes venus du Gard, du Vaucluse, des Alpes-Maritimes, des Bouches-du-Rhône, du Var et des Alpes-de-Haute-Provence, des militants mais aussi des élus, des responsables de sections. Les communistes ardéchois, eux, sont dirigés en principe vers des camps hors de leur département, au moins au début puisqu’après la rafle des 27, 28 et 29 mai 1940, une quarantaine d’autochtones rejoindront Chabanet. Parmi eux, Joseph Thibon qui deviendra après la guerre, maire du Teil. Le nombre de deux cents détenus sera alors atteint dans le camp privadois. 

Les conditions de vie à Chabanet ? Un seul mot peut les qualifier : inhumaines ! Dans une ferme à demi-abandonnée sont installés deux dortoirs d’une cinquantaine de paillasses : l’un dans les écuries, l’autre dans le grenier. On y met des poêles rudimentaires et mal installés. Pour le bois de chauffage ? Tout est prévu… ce sont les détenus qui iront couper le bois dans un ravin proche du camp, difficile d’accès. L’alimentation ? Ce sera un réfectoire installé dans un hangar sans plafond donc ouvert aux quatre vents et à la pluie. La cuisine ? Comme pour le chauffage, système D… comme Détenu. Quant à la conservation des aliments, très difficile. Pas de cave pour les entreposer si bien que les légumes gèlent en hiver et deviennent immangeables. Les sanitaires ? Catastrophiques ! L’eau d’une source est amenée par une conduite vers une douche et quelques lavabos posés à la va-vite. Pas de chauffage et… pas d’eau par temps de gel. Il faut alors aller chercher l’eau avec des seaux. Quant aux W-C, sans « water » bien entendu, c’étaient de simples planches posées à l’extrémité du camp. Ils servaient d’ailleurs autant aux détenus qu’aux gardiens, quelques braves et pépères territoriaux suivant Élie Reynier, professeur en retraite, résidant à Lyas, farouche antistalinien mais tout de même arrêté comme sympathisant communiste ! Seul privilégié dans ce décor : le chef du camp qui possédait une chambre chauffée et avec l’électricité. Un grand luxe !

Après la défaite, le régime de Vichy hérite donc de ce camp à l’été 1940 et s’en occupe à l’automne. Administrativement, Chabanet devient un camp de séjour surveillé...  par des gendarmes. En octobre 1940, le camp compte 113 détenus dont 15 déjà hospitalisés à Privas alors que les premiers froids sont à peine arrivés. Les hommes ont espéré être libérés puisque ceux qui les ont emprisonnés ne sont plus au pouvoir mais il n’en sera rien. Et l’hiver 1940-41 sera terrible ! En revanche, c’est de cette époque vichyssoise que l’on connaît le mieux le camp car tout va être consigné, listes des détenus, rapports, consignes, réclamations… de véritables archives en quelque sorte. 

Le moral de hommes ? La majorité est révoltée par son sort et ils pointent les responsables de leur présence en camp, Daladier, Blum, les socialistes, tous responsables de la défaite et de leurs malheurs. Certains veulent même témoigner à charge au procès de Riom. Ils ne pourront pas le faire, bien entendu. D’autres, une minorité, se mettent en retrait, refusent de parler politique, font même du zèle jusqu’à présenter leurs vœux au responsable du camp pour le Nouvel An, dans l’espoir d’une libération pour bonne conduite. En vain ! Quand le camp de Chabanet sera fermé le 31 janvier 1941, non par humanité mais consécutivement à une réorganisation du monde concentrationnaire vichyste, tous les détenus partiront vers le camp de Nexon, en Haute-Vienne. 

Source: Musée de Résistance et de la Déportation de l’Ardèche au Teil.

Pourtant, pour beaucoup, ce sont des hommes d’un certain âge, tous vétérans de la Grande Guerre, médaillés militaire et pour certains, mutilés… des patriotes, en quelque sorte !

Une anecdote montrant la violence des préjugés. Janvier 1940, neige, verglas, aucun véhicule ne peut accéder à Chabanet. Ainsi, un groupe de détenus accompagnés de gendarmes se rend à Privas à pied, par un froid glacial, chercher le ravitaillement. Avant le voyage-retour encore plus pénible qu’à l’aller car la pente sera rude, tout ce petit monde va se réchauffer au café du coin, gendarmes et détenus mêlés. Il n’en faudra pas plus aux Pétainistes locaux pour qu’ils se déchaînent, hurlant au loup pour dénoncer le laxisme du système judiciaire ! Quand la bêtise s’ajoute à l’inhumanité !

Antoine Monteil, tailleur d’habits et présumé communiste ardéchois, originaire de Vallon, fut interné à Chabanet en mai 1940. Par la suite, il fut transféré au camp de Chibron à Signes, dans l’arrière-pays toulonnais. Il y décède le 15 septembre 1940 à l’âge de 64 ans. 

Un autre indésirable a connu une fin brutale pendant la guerre. Il s’agit de Joël Auguste Mouraret de Vals. Cet ouvrier électricien, un temps détenu à Chabanet, a été fusillé par le Maquis à Aubenas, le 22 septembre 1944, pour trahison. Il avait 42 ans.

Enfin, l’instituteur retraité Élie Edouard Charles Edmond Reynier du Petit-Tournon, pourtant âgé de 75 ans, détenu à Chabanet puis à Nexon a subi des violences et n’a été sauvé d’une relégation en Algérie que par l’intervention du recteur de l’Académie de Montpellier en sa faveur.

Le camp de Chabanet accueillit dans ses murs, le pédagogue Célestin Freinet, originaire des Alpes-Maritimes, fondateur, après-guerre, de la méthode d’enseignement portant son nom. 

Il n’y eut aucune détenuE au camp de Chabanet.

Librement inspiré du chapitre sur le camp de Chabanet dans le livre Des indésirables. Les camps d’internement et de travail dans l’Ardèche et la Drôme durant la Seconde Guerre Mondiale écrit conjointement par Vincent Giraudier, Jean Sauvageon, Hervé Mauran et Robert Serre ; pages 223 à 233 ; édité en octobre 1999 aux Éditions Peuple Libre & Notre Temps. 

Élie Edmond Charles Édouard REYNIER de Lyas, enseignant retraité, anti-stalinien de notoriété publique et pourtant interné à Chabanet. Source: Archives Départementales 07, carte de combattant de la Grande Guerre.

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LES COMMUNISTES ARDÉCHOIS INTERNÉS AU CAMP DE CHABANET APRÈS LA RAFLE DES 28,29 ET 30 MAI 1940

Cela concerne la première liste, pour les six derniers, ils l’ont été à d’autres dates.

A noter : ° signifie naissance ; + signifie décès ; en gras le prénom d’usage

Liste établie en 1946 par Adolphe Demontès (L’Ardèche martyre) ; complétée par Alberte et André Cayron en avril 1998 (Peuple de la nuit- Une famille ardéchoise dans la Résistance) et livrée en l’état dans Des indésirables- les camps d’internement et de travail dans l’Ardèche et la Drôme durant la seconde Guerre Mondiale (Giraudier, Sauvageon, Mauran, Serre) en 1999.

IDENTITÉNAISSANCELIEU DE VIEMÉTIERDÉCÈS
ARGOUT Firmin Théophile Marius°06/04/1882 à Nîmes (30)LABÉGUDECultivateur – Maire de Labégude 1919-1929 et 1944-1945- Rue à son nom+23/10/1962 à Labégude
ARGOUT Edgar Octave°16/12/1904 à LabégudeLABÉGUDECultivateur- Musicien – Adjoint au maire de Labégude+19/06/1985 à Labégude
BACCONNIER Louis Calixte°28/07/1885 à AntraiguesANTRAIGUESFacteur+26/02/1972 à Aubenas
BACCONNIER Frédéric ANTRAIGUESCultivateur 
BERTRAND Irénée Paul°14/05/1901 à La SoucheLA SOUCHECultivateur+11/12/1994 à Eyragues (13)
CHAMBON Léon Jean°03/10/1903 à GravièresGRAVIÈRESCultivateur+14/09/1974 à Gravières
CHAMBONNET Georges Henri Joseph°27/03/1893 à Vals-les-BainsAUBENASAgent d’assurances et vendeur d’huiles de moteur – Invalide de guerre+01/02/1958 à Aubenas
CHANCEL SAINT-PIERREVILLESurveillant aux Forges 
CHANGEAT Charles°02/08/1878 à Saint-Donat (26)TOURNON +20/01/1947 à Tournon
CLÉMENT Camille Gabriel°07/04/1893 à Chasse (38)SAINT-SAUVEUR-DE-MONTAGUTEmployé à la Bonneterie Cévenole Tinland (à Saint-Sauveur) 
DEJOUX Edmond Marius Albert°10/03/1905 à Prades (La Piolade)LABÉGUDEInvalide civil- Négociant en alcool  
DELUOL Jules André dit Lucien°14/03/1888 à Saint-PrivatTOURNONInstituteur+14/03/1960 à Aubenas
DEMASSIOL Henri Joseph°08/09/1892 à Vals-les-BainsVALS-LES-BAINSOuvrier électricien 
DUGAS Adolphe Pierre Eugène°08/01/1870 à TauriersTAURIERSCultivateur et Maire de Tauriers+21/07/1950 à Tauriers
DUPLAN Marcel Paul°10/11/1901 à AntraiguesANTRAIGUESChapelier 
ESCOFFIER Paul Nurma°27/04/1874 à Vallon-Pont-d’ArcVALLONHorloger+27/04/1951 à Vallon-Pont-d’Arc
FARGIER Georges°12/07/1905 à GluirasSAINT-SAUVEUR-DE-MONTAGUTChef cantonnier+06/02/1975 à Lamastre
FAURE Jean VALS- LABÉGUDE  
FROMENTIN Camille°04/12/1892 à ChassagnesCHASSAGNESCultivateur 
GRAND Louis°08/03/1884 à Lirac (30)ou°1884 à Roquemaure (30)LE TEILEmployé au PLM+12/07/1953 à Saint-Marcel-d’Ardècheou + ???
ISAAC Marcellin°25/11/1886 à ViviersVIVIERSCoiffeur+15/11/1957 à Le Teil
JOUVE Adrien Ernest°11/09/1883 à Saint-GermainLE TEILEmployé au PLM+14/02/1961 à Vallon-Pont-d’Arc
LAGARDE Pierre°25/12/1894 à Vals-les-BainsAUBENASMenuisier+12/04/1974 à Rocher
MANDRANT René Marie Antoine°09/02/1897 à Roanne (42)LE TEILEmployé au PLM+28/12/1976 au Teil
MICHEL SAINT-SAUVEUR-DE-MONTAGUTEmployé à la succursale d’une banque 
MONTEIL Antoine°23/07/1876 à Vallon-Pont-d’ArcVALLONTailleur d’habits+15/09/1940 à Signes (83)Mort alors qu’il est détenu au camp de Chibron 
MOURARET Joël Auguste°17/02/1902 à Vals-les-BainsVALS-LES-BAINSOuvrier mécanicien+22/09/1944 à AubenasAccusé de trahison ; fusillé par le Maquis
PRANEUF Léon Auguste°26/11/1883 à FlaviacSAINT-SYMPHORIEN SOUS-CHOMÉRACCultivateur+28/11/1953 à Saint-Symphorien-sous-Chomérac
REYNIER Élie Édouard Charles Edmond°01/12/1875 à Gilhac (07)LYAS (PETIT-TOURNON)Professeur retraité – Brutalisé et menacé de déportation en Algérie – Sauvé par intervention du recteur de Montpellier°01/09/1953 à Lyas
SAUNIER Claude Louis°16/11/1877 à Aps (Alba-la-Romaine)FLAVIACRetraité 
SAUREL Firmin°1900 à Saint-Julien-Saint-AlbanFLAVIACCoiffeur 
TESTARD Charles LE TEILTourneur à la Métallurgie Bourgeas 
THIBON Joseph°31/10/1888 à Chandolas (07)LE TEILEmployé au PLM- Maire du Teil 1945-1954+ 03/05/1972 au Teil
TRACELLIER François°30/09/1891 à Le CheylardLE CHEYLARDCordonnier+17/12/1950 au Cheylard
TRACOL François LE CHEYLARDCordonnier 
VERNET Charles VIVIERSFacteur 
     
CHAMBOULEIRON Tonin LE TEILArrêté le 04 juin 1940 
MANDRANT René Marie Antoine°09/02/1897 à Roanne (42)LE TEIL Employé au PLM- Arrêté le 30 août 1940+28/12/1976 au Teil
MATHEVET Hippolyte°18/03/1895 à MeyrasPRADESEmployé au PLM- Arrêté le 06 juin 1940+22/01/1982 à Prades
MOULIN Aimé°25/09/1894 à ChoméracLABÉGUDEArrêté le 05 mars 1940 
PLANCHE Élie Eugène°28/10/1903 à JoyeuseJOYEUSEArrêté le 22 mai 1940+01/12/1964 à Bollène (84)
PIALAT Roger alias Pierlot°18/01/1921 à LORDONNOIS ou LIGNY-LE-CHATEL (89)UZERAgent Technique des PTT- Arrêté le 22 mai 1940+11/05/1989 à Rosières (inhumé à Uzer)

Quelques portraits de ces internés ardéchois, pour beaucoup vétérans de la Grande Guerre.

CLÉMENT Camille Gabriel

DELUOL Jules André dit Lucien

DEMASSIOL Henri Joseph

FROMENTIN Camille

MANTRANT René Marie Antoine

MATHEVET Hippolyte

MONTEIL A ntoine

MOULIN Aimé

REYNIER Élie Édouard Charles Edmond

Sources des neuf photos ci-dessus: Archives Départementales de l’Ardèche, cartes de combattant de la Grande Guerre.

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RÉSISTANCE ARDÈCHE- LA DESTRUCTION DU PONT DE VIVIERS DANS LA NUIT DU 24 AU 25 AOÛT 1944

INTRODUCTION

Les ponts du Rhône pendant la Seconde Guerre Mondiale
 
Du 20 juin 1940 au 02 septembre 1944, tous les ponts du Rhône et de la Saône, de la Camargue à la ville de Lyon comprise, vont subir des destructions. Rares sont les ouvrages qui en sortiront indemnes. Les destructions se feront en deux temps et trois mouvements
 
Du 20 au 24 juin 1940, les troupes allemandes s’approchent de la vallée du Rhône par le nord. L’Armée française ne pouvant les bloquer sur le terrain, décide de détruire les ponts du Rhône et de l’Isère. Le Génie va dynamiter les ponts de Vernaison à Viviers. Fin du premier épisode le 24 juin. La majorité des ponts va pouvoir être réparée avant le début du second épisode.
 
En préambule au débarquement de Provence du 15 août 1944 et durant la seconde quinzaine d’août, l’aviation anglo-américaine avec l’aide quelquefois de la Résistance locale, va détruire les ponts d’Arles à Saint-Vallier. La population civile va beaucoup souffrir des effets collatéraux de ces attaques aériennes peu précises !
 
Après la Bataille de Montélimar, le gros des troupes allemandes se trouve dans le nord de la vallée du Rhône. De Saint-Vallier et jusqu’au nord de Lyon, les choses s’inversent. Ce sont les Allemands qui souhaitent voir l’avance des Alliés retardée. Ce sont eux qui dynamitent avec plus ou moins de succès et les ponts du Rhône et de la Saône à Lyon.
 
Pour les amateurs de statistiques… 
Dans le Delta, Arles compris : sept ponts et deux bacs. Six ponts et un bac détruits. A noter toutefois que les ponts suspendus de Fourques, Saint-Gilles et Sylvéréal et le bac du Sauvage l’ont été par les Allemands et non les Alliés.
Dans la vallée, du nord d’Arles à Vernaison : vingt-neuf ponts, vingt-huit détruits, la charge explosive posée par les Allemands sur le viaduc ferroviaire de Payraud n’ayant pas eu l’effet escompté.
A Lyon, sur Saône et Rhône confondus, trente ponts, seulement deux intacts par le courage d’un Résistant.

NARRATION DE LA DESTRUCTION DU PONT SUSPENDU DE VIVIERS SUR LE RHÔNE PAR UN COMMANDO AMÉRICAIN AVEC L’APPUI DU MAQUIS

Dans la nuit du 24 au 25 juillet 1944 et sous le commandement de Pierre Fournier, un groupe de l’O.G. américain avec le Capitaine Rick et douze hommes, le Groupe Franc Crespy se rendent au pont de Viviers. Le plus effaré dans l’affaire est le cantonnier habitant près du pont à qui son ingénieur dit qu’il faut déménager dans les 20 minutes… car on va « faire sauter » l’ouvrage. Que de questions ont pu défiler dans la tête du brave homme qui n’a reçu jusque-là que des consignes rigoureuses de surveillance et d’entretien ?

A 0h30 les câbles sont coupés à l’explosif après que les artificiers US aient fait leur travail. Encore mieux, le platelage touchant l’eau empêche tour passage.

Ainsi les vedettes rapides allemandes de Méditerranée seront vouées à la reddition ou la destruction, en les empêchant de repartir par la voie utilisée pour arriver : Rhône- Saône- Canal du Rhône au Rhin.

Comme il reste de l’explosif disponible, la même équipe détruit, dans la même nuit, le pont ferré sur la Route Nationale 86 à 4 kilomètres au sud de Viviers. Une partie des poutrelles du pont est tombée sur la route. C’est une autre coupure sur cette voie tant malmenée.

Bravo, dit Alger, pour cette opération.

Texte extrait de Montagnes ardéchoises dans la guerre

de Louis-Frédéric Ducros, tome III, page 212.

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06 AOÛT 1944- LE POUZIN ANÉANTI PAR UN BOMBARDEMENT AMÉRICAIN

Quarante-quatre personnes ont péri sous les bombardements, en août 1944, au Pouzin. Ce bourg du Centre-Ardèche, situé en vallée du Rhône, était un point stratégique. Avant et après le débarquement en Provence, les Alliés avaient repéré, depuis longtemps, des cibles. Mais, larguées à très haute altitude, les bombes ont aussi détruit ou endommagé de nombreux bâtiments civils.

Il est 10 heures 47, le 6 août 1944. Une première vague de vingt-sept bombardiers B17 surgit dans le ciel. Des tonnes de bombes explosives sont larguées pour détruire le pont ferroviaire et le dépôt de carburant. C’est le deuxième bombardement sur Le Pouzin depuis quelques jours. Le plus important et meurtrier. À cette heure-ci, des fidèles catholiques et protestants prient à l’église et au temple.

Le témoignage qui suit a été recueilli par l’association pour la recherche du patrimoine du Pouzin, présidée par le docteur François Auzas.

Déjà, beaucoup d’enfants sont rassemblés dans l’église pour ce premier dimanche du mois. Soudain, un grondement sourd, prolongé… Des explosions et, tout de suite, on apprend que le quartier de la gare et le pont à La Voulte viennent d’être bombardés. Panique ! Le père-curé Serre fait sortir ses paroissiens, raconte André Blachier. Et d’ajouter : Tel un vol de cormorans, de gros avions, entourés par d’autres plus petits, brillants au soleil, passent au-dessus de nos têtes. Aussitôt après, d’autres vagues passaient et détruisaient l’église et le sud de l’agglomération.

Dans l’ordinateur du médecin se trouvent de très nombreuses photos du bombardement, dont celles prises par les pilotes des avions alliés. Il les montre à la Pouzinoise Claude Poupier, 85 ans : Ce jour-là, les pilotes ont manqué leurs cibles. Mais ils étaient tellement hauts, remarque l’octogénaire. Dans un trou, avec son père, elle est tétaniséeLa peur m’avait totalement bloquée et paralysée, souffle-t-elle. Sa seule hâte était de retrouver sa maman : Elle était partie à la montagne, pendant que nous étions allés chercher des ramières pour notre chèvre et de l’herbe pour les lapins.

En moins d’une heure, l’église, le temple ainsi que les écoles sont entièrement détruits, et 250 maisons sont endommagées. Alice Arnaud, disparue depuis, se confiait il y a quelques années : Comment oublier le bruit des avions, le sifflement infernal des bombes, les cris des blessés, le désespoir des familles ayant perdu l’un des leurs, le désespoir de tout un village devant les ruines des maisons ? » Et de préciser : Comme moi, beaucoup d’anciens ne peuvent tirer un trait sur un tel désastre.

Après le bombardement du 6 août, de nombreux habitants ont décidé de partir. Claude Poupier et ses parents ont, eux, abandonné leur maison après le 16 août. Ils se sont réfugiés sur les hauteurs, à Rompon. Un jour, on a observé une bataille aérienne. C’était impressionnant ! s’exclame-t-elle.

Le bilan s’est alourdi par la suite, avec la découverte d’autres cadavres. Le grand clocher de l’église catholique était tombé exactement sur un des paroissiens qu’on ne retrouvera que trois mois plus tard, en déblayant le tas de pierres énormes, écrit le pasteur Brémond.

Le 11 juin 1949, la commune reçoit la Croix de Guerre. Le président de la République, Vincent Auriol, s’adresse alors aux habitants : Vous avez supporté, stoïques et patients, car vous saviez que c’était la condition de votre libération, les bombardements des alliés qui détruisirent les réservoirs et le pont du Rhône. La proximité de votre village lui valut d’être rasé presque en sa totalité, offert ainsi en holocauste au salut de la Patrie.

Le traumatisme est resté ancré longtemps chez les Pouzinois, à l’instar de Claude Poupier : « Pendant des années, j’ai eu peur du bruit des avions, même des bruits d’artifice. »

Article du Dauphiné Libéré du 06 août 2014. Robin Charbonnier.

Vue du pont du Pouzin en juillet 1940 (détruit par le Génie français)

Autre témoignage sur le bombardement du 06 août 1944 au Pouzin.

Ce jour-là, je gardais mon troupeau sur les crêtes des bois de Bressac qui dominent la vallée du Rhône. J’ai vu arriver 50 ou 60 bombardiers avec des chasseurs venant des Coirons. Ils ont tourné vers La Garde-Rompon, ils ont lâché des rubans métalliques su Saint-Cierge-le-Serre puis les bombes sur Le Pouzin d’où je vis délever un nuage de poussière. 

Julien Boissier de Saint-Vincent-de-Barrès, rapporté dans le tome III de « Montagnes ardéchoises dans la guerre » de Louis-Frédéric Ducros, page 260.

Le 15 août est une tragique journée : la région du Pouzin est écrasée sous les bombes alliées. Un peu avant 11 heures, Le Pouzin subit un troisième bombardement : 27 bombardiers B17 lancent 80 tonnes de bombes, de 7 000 mètres, visant un dépôt d’essence qui est touché mais poursuivent la destruction de la cité.

Même source, page 308.

Bilan des trois bombardements alliés du Pouzin d’août 1944 : 44 morts, des centaines de blessés dont 8 grièvement, 250 immeubles endommagés dont 161 totalement détruits. 

Le Mémorial du Pouzin, sur la route de Privas, installé seulement en 2014 ! Les Américains étaient nos alliés en 1944 !

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MAI-AOÛT 1944 – BILAN HUMAIN DES BOMBARDEMENTS AMÉRICAINS DANS LA VALLÉE DU RHÔNE

Bombardement de la ville d’Arles et du pont par les B26 de la Mediterranean Air Force Photographie vers le 20 aout 1944. ©Usis-Dite/Leemage

On a dénombré dans les nombreuses attaques alliées dans la vallée du Rhône…

  • Arles : deux raids, 35 morts et 38 blessés ;
  • Beaucaire-Tarascon : pas de bilan établi, 11 raids, 2 morts et 6 blessés le 25 juin ;
  • Avignon : 535 morts et 1200 blessés le seul 27 mai, plus de 600 morts et des milliers de blessés au total, après 37 bombardements (un tous les deux jours). On avait creusé des tranchées devant les remparts aux Allées de l’Oulle comme abris pour les habitants de la vieille ville ;
  • Pont-Saint-Esprit : le 15 août, 19 morts, de nombreux blessés ;
  • Bourg-Saint-Andéol : 3 raids, le dernier, celui du 15 août fait 146 morts, plus de 350 blessés ;
  • Le Pouzin : 3 raids, le plus meurtrier, celui du 06 août, en tout 44 décès, des centaines de blessés dont 6 grièvement; 250 maisons sinistrées dont 161 totalement détruites ;
  • La Voulte : 2 raids, 6 morts ;
  • Valence : 2 raids, celui du 15 août, 280 à 300 morts, une vingtaine de morts aux Granges et celui du 18 août, 20 morts à Valence ; encore 20 morts et 200 blessés le 29 août (mais causé par l’explosion d’un wagon de munitions allemand) ; quelques victimes également à Granges-les-Valence.
  • Saint-Vallier : le 16 août, 96 morts et 220 blessés pour détruire des ponts sur la Galaure qui ne seront pas touchés, plus tard, ce sont les résistants qui empêcheront la destruction des mêmes ponts, les ordres ayant changé entre-temps et ce sont les Allemands qui détruiront le pont sur le Rhône !
  • Lyon : le raid du 26 mai 1944, 717 morts, 1129 blessés, 25 000 sinistrés. Parmi les secouristes, les pompiers perdront 2 hommes et 13 blessés; la Défense Passive, une vingtaine de morts.

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Règle de jeu: CATAN HISTORIES – I coloni d’AMERICA alla conquista del West- LES COLONS DE L’AMÉRIQUE À LA CONQUÊTE DE L’OUEST – VERSION PLATEAU DES COLONS DE CATANE

LES COLONS D’AMÉRIQUE À LA CONQUÊTE DE L’OUEST (jeu non distribué en France)

LOS COLONOS DE AMÉRICA EN LA CONQUISTA DEL OESTE (distribué par Devir en Espagne)

Sur le principe des Colons de Catane, les joueurs de ce jeu vont collecter des ressources pour développer leur réseau ferré et livrer des marchandises à leurs partenaires de jeu… le gagnant sera le premier à livrer ses marchandises.

Pour moi, jeu beaucoup plus varié et immersif que le jeu de base. Mais beaucoup moins d’extensions… donc moins rentable sur la durée !… quoiqu’il serait possible d’inventer des extensions aux Colons de l’Amérique !!!!

Si quelqu’un souhaite la version livret pdf, envoyez un mot pour l’obtenir (44 Mo)

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Résistance en Ardèche – Le massacre des Crottes à Labastide-de-Virac – 1/3 Le Maquis Bir-Hakeim

A l’été 1942, le Maquis Bir-Hakeim est créé à Toulouse par un petit groupe d’hommes réunis autour d’un patriote local Jean Capel, déjà engagé en Résistance dans le groupe Combat. En mars 1943, après l’arrivée des frères de Roquemaurel, un groupe d’hommes déterminés composé d’étudiants, d’ouvriers et de Républicains espagnols, s’installe dans un hameau, en Aveyron, près de Villefranche-de-Rouergue, avec pour objectif de lutter contre les Allemands, arrivés dans la région en novembre 1942. 

Jean Capel

On définit le Maquis Bir-Hakeim comme étant indépendant, extrêmement mobile et audacieux. 

Indépendant car il refuse d’être rattaché à un mouvement de résistance et va combattre l’occupant comme il le sent sur le terrain, sans suivre aucune consigne venue d’ailleurs.

Très mobile car ce Maquis, contrairement aux autres, est motorisé. Voitures, camionnettes, motos et même camions permettent de prendre la fuite après un coup de main et de parcourir de grandes distances pour se mettre à l’abri. Il n’est qu’à voir les deux cartes ci-dessous qui montrent le nomadisme du Bir-Hakeim…

Une image contenant texte, ligne, carte, diagramme

Le contenu généré par l’IA peut être incorrect. 

…de mars à fin 1943…

…de l’épisode de Labastide-de-Virac à sa destruction, le 28 mai 1944, à La Parade, au cœur du Causse Méjean.

Audacieux car le Maquis Bir-Hakeim n’hésitait à affronter les Allemands ou les Miliciens chaque fois qu’il en avait l’occasion. Des actions surprises, des replis rapides et des troupes allemandes déconcertées et obligées de mobiliser de gros moyens pour essayer de neutraliser ces ennemis invisibles. C’étaient aussi des coups de main pour récupérer de l’essence, du ravitaillement, des armes et munitions, des vêtements, un matériel dont d’autres Maquis bénéficiaient aussi, actions qui présentaient quelques risques pour les populations locales comme on va le voir à Labastide-de-Virac !

à suivre

Sources:  Le Maquis Bir-Hakeim de R. MARUÉJOL & Aimé VIELZEUF paru en 1947 ; …et la Cévenne s’embrasa…de Aimé VIELZEUF paru chez Louis Salle (Nîmes) en 1965. 

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 Résistance en Ardèche – Le massacre des Crottes à Labastide-de-Virac – 2/3 Ce funeste 03 mars 1944 aux Crottes

Tout commence pendant l’hiver 1943-44 que le Maquis Bir-Hakeim passe dans l’arrière-pays de Pont-Saint-Esprit, à la limite du Gard, à Méjannes-le-Clap. Repéré par les Occupants, il s’installe au Mas de Serret, grosse ferme inhabitée à Labastide-de-Virac le 26 janvier 1944, inhabitée mais confortable. C’est le lieu idéal, loin de tout, au cœur d’une forêt mais avec un gros problème quand on est un Maquis motorisé, doté d’une seule voie d’accès. 

Malgré cela, le Maquis est repéré par les Allemands. Le 26 février 1944, La 8ème compagnie de la division SS Brandebourg renforcée de soldats de la Wehrmacht venus de Nîmes soit environ 350 hommes supérieurement armés passent à l’attaque. En face, les 70 hommes du Maquis arrivent à se replier à travers les bois tandis qu’un petit groupe résiste pendant une demi-journée. Un homme blessé restera seul et sera pris vivant par les Allemands, assez marris de cet échec. Ce sera la seule perte humaine du Bir-Hakeim, qui aura toutefois abandonné une partie de son parc automobile.

Un groupe de maquisards se déplace et s’installe aux Crottes tandis que le gros de la troupe traverse l’Ardèche. 

Les Allemands, à nouveau bien informés, décident une opération sur les Crottes le 03 mars suivant. Également au courant de cette opération, le groupe de biraquims fuit la nuit précédente. C’en est trop pour les Allemands à nouveau bredouille. Les soldats nazis, excités par leurs chefs, se déchaînent avec sauvagerie sur la population civile, pourtant informée elle-aussi de l’opération mais qui n’a pas voulu partir. Quatorze villageois sont fusillés dans un champ, un quinzième qui a été vu en train de fuir, est pris et massacré plus loin. Le village est saccagé, les maisons pillées et brûlés, le bétail emporté par les Nazis.

C’est le maire du village qui devra reconnaître les corps de ses compatriotes, onze Français et quatre Italiens ; sept hommes, quatre femmes et quatre adolescents âgés de 14 à 17 ans (on considère les trois enfants du couple italien comme Français car nés en France amis ils n’auront la distinction « Mort pour la France »).

Pourtant, il y a aussi un quinzième homme, une seizième victime, un homme inscrit comme INCONNU sur le monument du souvenir élevé plus tard. Un inconnu qui ne l’est plus de nos jours, après le travail de recherche d’un journaliste originaire de la région, Olivier Bertrand (patronyme Bertrand). Il a consigné son travail, ses démarches et sa réponse dans un livre Les Imprudents paru en mars 2019 pour les 75 ans du massacre, rédigé d’une manière très originalement comme un road-trip.

La seizième victime de la barbarie nazie serait (est, devrions-nous dire tant la démarche est convaincante) le maquisard blessé au Mas de Serret, fait prisonnier, certainement torturé, déjà mort ou agonisant cinq jours après et abandonné avec les malheureux habitants des Crottes.

Cet inconnu se nomme donc René Auguste Desandre, né à Paris en 1923, âgé de 21 ans mais qui se faisait appeler Grand-Père, tourneur-outilleur avant la guerre, agriculteur quand il est devenu réfractaire au STO ce qui explique sa présence au Bir-Hakeim. Symboliquement, c’est le lien entre les huit Ardéchois et sept Italiens des régions de Bergame et Brescia, suppliciés car, lui-même, avait des origines italiennes, son père ayant rejoint la France depuis le Val d’Aoste, dans l’entre-deux guerres.

Le Maquis Bir-Hakeim continuera son nomadisme après le 03 mars 1944, traqués par les Allemands, la Milice et la Police de Vichy. Il tombera le 28 mai suivant, jour de Pentecôte, en Lozère, sur le Causse Méjean après de nouvelles imprudences. Décidément, le titre de l’œuvre d’Olivier Bertrand résume bien cette histoire, imprudents ces Maquisards, imprudents les villageois des Crottes ayant refusé de tout quitter… mais s’ils avaient fui, la colère des Allemands serait peut-être tombée sur les habitants du chef-lieu…

Au recensement de 1946, le hameau des Crottes n’est même plus mentionné ! Contrairement à Oradour-sur-Glane, le petit-Oradour ardéchois a retrouvé une vie de nos jours.

à suivre

Sources:  Le Maquis Bir-Hakeim de R. MARUÉJOL & Aimé VIELZEUF paru en 1947 ; …et la Cévenne s’embrasa…de Aimé VIELZEUF paru chez Louis Salle (Nîmes) en 1965, Les Imprudents d’Olivier Bertrand paru en 2019 chez le Seuil, le texte du site de l’ANACR-07 sur le massacre des Crottes. 

Illustrations: ruines au hameau des Crottes de nos jours.

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 Résistance en Ardèche – Le massacre des Crottes à Labastide-de-Virac – 3/3 Les seize victimes

Foyer- IDENTITÉ(x : mariée à)Date de naissanceLieu de naissance(07) sauf préciséMétierÂge le 03 mars 1944Aux Crottes en 1936
Foyer 1- BOYER Régis Lucien14/02/1871Labastide-de-ViracCultivateur- Conseiller municipal (1935-1944)73 ansoui
PRADIER Ernestine Elisa Louise(x BOYER Lucien le 09/09/1895 à Labastide)25/08/1875Labastide-de-Viractravaille à la ferme68 ansoui 
BOYER Georges Marc (fils)23/08/1907Labastide-de-Viraccultivateur36 ansoui
Foyer 2- BRUNEL Jules Louis23/03/1897Saint-Michel-d’Euzet (30)cultivateur46 ansnon
TOURRE Joséphine Mélanie Augustine (x BRUNEL Louis le 21/02/1925 à Labastide)12/03/1900Labastide-de-Viractravaille à la ferme44 ansnon
Foyer 3- MANIFACIER Adrien Marius07/03/1899Berrias-et-Casteljaucultivateur45 ansnon
BOYER Madeleine(x MANIFACIER Adrien le 30/10/1926 à Labastide)30/06/1900Labastide-de-Viractravaille à la ferme43 ansnon
MANIFACIER Georges Adrien11/05/1927Labastide-de-Viracaide à la ferme16 ansnon
Foyer 4- ALCAINI Giovanni07/07/1904Dossena (Italie)*bucheron39 ansnon
Foyer 5- ALCAINI Philippo28/12/1898Dossena (Italie)*bucheron45 ansoui
Foyer 6- GALIZZI Noël26/12/1900San Gallo (Italie)*bucheron43 ansoui
MICHELI Teresa (x GALIZZI Noël)10/12/1900Dossena (Italie)*travaille à la ferme43 ansoui
GALIZZI Antoine (fils)13/08/1926Aubenasaide à la ferme18 ansoui
GALIZZI Michel (fils)11/07/1927Orgon (13)aide à la ferme17 ansoui
GALIZZI Jacques (fils)04/031929Grasaide à la ferme14 ansoui
Inconnu : DESANDRE RenéAuguste dit GRAND-PÈRE15/01/1923Paris VImetourneur -cultivateur- résistant21 ansnon

* Dossena et San Gallo sont situées en Italie ; Dossena à une trentaine de kilomètres au nord de Bergame et San Gallo, commune de Batticino à quinze kilomètres à l’est de Brescia.

Sources : recensement 1936 Labastide (AD 07) – Les Imprudents d’Olivier Bertrand (le Seuil 2019) – Sites Généanet et Filae.

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