Archives de Tag: Gard

LAUDUN-CADEROUSSE… à droite, un oppidum, à gauche des digues.

Article publié dans la blog de l’Association Ancône Culture et Patrimoine.

Nouvelle sortie patrimoniale organisée par Ancône Culture et Patrimoine, une balade sur les deux rives du Rhône au niveau de Laudun-Caderousse, le jeudi 24 mai 2018.

 

affichette

Laudun sur la rive droite est un peu éloignée du Rhône, étant adossée à un relief. C’est son port, L’Ardoise,  qui est en bordure du fleuve, du Grand Rhône avant la canalisation. Aujourd’hui, il s’agit d’un bras secondaire  récoltant des eaux résiduelles du barrage de Caderousse et celles de la Cèze, un des affluents les plus imprévisibles du Rhône.

L’Ardoise est industrielle malgré le démantèlement de l’aciérie et Laudun est résidentiel. Cela date de très longtemps, du temps des Romains croirait-on mais en réalité, bien antérieurement à eux, avec, en haut du plateau, le Camp de César, un oppidum dont il reste de nombreux vestiges anciens. Fondé au Vème siècle avant notre ère, cet oppidum n’a de César que le nom car on peut fortement douter du fait que l’empereur y ait résidé un jour.

Des murailles, un forum, une huilerie puis une nécropole et une chapelle romane attestent plus d’un millénaire d’occupation des lieux. Un oppidum régulièrement entretenu par la ville, les finances de celle-ci pouvant le supporter.

En bas, au village, c’est l’après Camp de César qui va nous intéresser avec un mini-Pont du Gard, un aqueduc construit dans la seconde moitié du XIXème siècle pour alimenter en eau le village et permettre de franchir un profond valent, l’aqueduc de Balouvière.

Laudun, terre d’accueil où fut installé à la fin de la guerre d’Algérie, un camp de Harkis sur un terrain militaire, entre Laudun et Saint-Laurent-des-Arbres. Des familles ont pris racine dans ce coin du Gard à la fermeture du camp, aujourd’hui démantelé.

Nous ne franchirons pas le Rhône en bac à traille…

…comme cela se faisait jadis ni par transporteur comme cela exista aussi pour faire traverser les betteraves du Vaucluse à la sucrerie de L’Ardoise. Cette construction fut l’une des premières de ce type en France mais nous n’avons pas le moindre souvenir photographique de celui-ci à  une époque, la fin du XXème siècle, où pourtant, les cartes postales montraient un peu tout et n’importe quoi !

Seconde partie de journée, une visite guidée par Jean-Paul Masse, président de la Levado et grand connaisseur du village de Caderousse, bourg totalement entouré de… levado, de digues. Un kilomètre trois cents pour éviter que le Rhône ne revienne faire des ravages dans le village comme ce fut le cas de nombreuses fois comme en atteste la façade de la mairie.

Après 1856, des digues furent levées, bien souvent en déconstruisant les anciens remparts dont il reste toutefois quelques traces. Car si L’Ardoise était baignée par le Grand Rhône, Caderousse l’était par le Petit.

Aujourd’hui, il s’agit des eaux d’Eygues qui alimentent ce bras peu actif. Ce qui ne veut par dire pour autant que le village est à l’abri des crues. En effet, un déversoir situé au niveau du franchissement du Rhône par l’autoroute A9 et la LGV, permet au Rhône de s’étendre calmement dans la plaine de Caderousse, ce qui n’empêche pas que ces eaux peuvent être tout autant destructrices pour les demeures ayant oublié de construire un recati. Après le Rhône fougueux d’antan, la force tranquille mais inexorable d’aujourd’hui, comme en 2003.

A l’intérieur des digues et des murs anciens, des traces du passé avec en particulier, l’église datant du XIIème siècle avec ses nombreuses transformations au fil des siècles et son clocher typique provençal à six cloches,…

…le maison de la famille d’Ancezune , le beffroi de l’Hôtel-de-Ville, les cours ombragés par des platanes aussi anciens que les digues, la présence discrète du musicien, Pierre Tranquille Berbiguier ou de Jean Moulin… Mais laissons la parole à Jean-Paul et ses explications précises et documentées.

1 commentaire

Classé dans Jeux

114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Fernand Joseph PELLEGRIN.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-dix-huitième nom de la liste: Fernand Joseph PELLEGRIN.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Que fait donc Fernand Joseph Pellegrin sur le Monument aux Morts de Caderousse ? Non pas que sa mort prête à discussion mais ce jeune homme n’a réellement pas longtemps vécu au village. En effet, il nait le 22 décembre 1891 à Laudun, dans le Gard, juste en face du village, de l’autre côté de l’île de la Piboulette d’où sont originaires ses parents Charles Marius Pellegrin et Rosalie Alexia Sant. Il y vit toujours en 1911.

A aucun moment, jusqu’à cette date, les Pellegrin n’apparaissent dans les listes nominatives des recensements à Caderousse. Pas de mariage également de Fernand au village jusqu’en 1912. En effet, cette année-là, le 09 octobre 1912, il est appelé sous les drapeaux au 15ème Escadron du Train des Equipages Militaires. Un cordonnier de métier est utile dans cette unité. Le voilà parti, sans qu’il le sache, pour sept années à l’armée.

Alors, quand a-t-il eu le temps de trouver épouse à Caderousse après 1912 ? Lors d’une permission certainement car je ne vois pas pourquoi ce Gardois serait devenu Caderoussien. On peut penser que son destin s’apparente à celui de Raphaël Marius Ouvier, le Sorguais, marié au village peut avant le déclenchement du premier conflit mondial.

Pour Fernand Pellegrin, après le Train, sa guerre se continue dans l’artillerie lourde, au 19ème Régiment de Nîmes, à partir du 30 novembre 1916. Puis il va connaître d’autres unités, le 115ème RAL le 10 décembre 1916, le 315ème RAL le 06 mars 1918 puis à nouveau au 115ème RAL le 1er juillet 1918 pour le début de l’offensive finale contre le Reich. C’est dans cette unité qu’il va connaître la joie de la fin de la guerre, l’Armistice du 11 novembre 1918.

Mais comme pour nombre de soldats, il ne rentre pas tout de suite dans son foyer. Il faut rester en alerte, l’armistice, c’est le cessez-le-feu, pas forcément la fin d’un conflit. Ce n’est que le 13 août 1919 que l’armée le rend à la vie civile et qu’il prend, depuis la Lorraine redevenue française, le train pour Caderousse où il va se retirer. Et c’est là que le drame survient !

Dans un noeud ferroviaire à Blainville-la-Grande, aujourd’hui Blainville-sur-l’Eau, en Meurthe-et-Moselle, le destin de Fernand Pellegrin va basculer. Deux trains vont se tamponner, comme il l’est indiqué sur son registre matricule, près de la gare de cette ville et Fernand va décéder dans cet accident. Son décès est officialisé par le maire de Damelivières, la ville voisine d’où venait l’autre train tamponneur. Lui qui avait survécu sans blessure à quatre années de Grande Guerre, il disparaissait neuf mois après la fin du conflit le matin du jour où il allait retrouver son village d’adoption. Terrible et cruel destin !

Il avait alors 27 ans et 9 mois et  2 500 jours exactement s’étaient écoulés après le 09 octobre 1912, jour où il avait rejoint le 15ème Escadron du… Train ! Décidément !

Il repose à la Nécropole Nationale Friscati à Vitremont (Meurthe-et-Moselle) tombe individuelle 270.

 

 

La fiche matricule de Fernand Joseph Pellegrin de Mémoire des Hommes.

Fernand Joseph Pellegrin, matricule 1150 de la classe 1911, bureau de recrutement de Pont-Saint-Esprit, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Pellegrin est assez répandu dans le Gard et le Vaucluse. Si quelqu’un reconnaît en Fernand Joseph son ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie (ici, on en a bien besoin !).

A suivre: Augustin Florent Percy.

Poster un commentaire

Classé dans CADEROUSSE

112 POILUS de CADEROUSSE, 112 DESTINS… Paul MELON.

112 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 112 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-unième nom de la liste: Paul Elie MELON.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Difficile de rédiger une biographie la plus complète possible de Paul Melon en ne pouvant avoir accès à distance aux archives départementales du Gard, en particulier à celles des communes. En effet, si Paul Melon avait été oublié en 1937 comme l’ont été les seize gars qu’Internet nous a permis de retrouver, jamais on n’aurait pu savoir qu’il avait vécu au village tant son rapport avec Caderousse est en pointillé. Dans une échelle imaginaire de « Caderoussité », un Isidore Marquion pourtant oublié est bien plus haut que ce pauvre Paul Melon.

On ne retrouve la famille Melon qu’uniquement sur une page du recensement de 1911, la page 32.

Elle est installée au Boulegon, à l’intérieur des digues. En 1906, les Melon ne sont pas encore dans le Vaucluse. Originaires de Codognan dans le Gard, le père est venu occuper le poste de receveur buraliste au village de Caderousse. Il doit s’agir de percevoir des impôts indirects, des taxes diverses dont l’Etat est très imaginatif à créer, sur les alcools, les tabacs, les fenêtres… Pas vraiment de quoi attirer le sympathie de la population !

Elie Melon est venu avec ses trois enfants, Paul l’aîné né à Codognan, un village proche de Vergèze et d’Aimargues, le 29 mai 1897, Elsie née en 1898 et Emy en 1900, également Gardois. Son épouse Rosalie Dangos est décédée entre 1901 et 1910. Son père Gabriel, âgé de 75 ans en 1911, l’a suivi lors de cette mutation.

Le petit Paul est un bon élève à l’école et il se prépare à mener une carrière de serrurier quand son service militaire et la Guerre seront passés. Une guerre à laquelle il croit échapper quand il entend en 1914 qu’elle sera de courte durée. En effet, c’est un adolescent insouciant de 17 ans qui voit partir les gars plus âgés que lui et rapidement voit revenir des cercueils.

Mais la guerre dure et l’âge de la conscription baisse. Le 09 janvier 1916, le jeune Paul Elie doit rejoindre Grasse et le 27ème Régiment de Chasseurs à Pied qui deviendra vite le 27ème Régiment de Chasseurs Alpins. Il n’a alors que 18 ans et demi.

Ce n’est qu’un gamin qui, le 12 juin, va faire une grosse bêtise… dans les circonstances de l’époque. Jeune, libre et heureux de vivre, il va profiter de sa soirée de permission pour rencontrer des filles de son âge. Il rejoint à sa caserne à l’heure puis, pris de remords, fait le mur et disparaît dans la nature ! L’appel de la vie !

Le voilà manquant à l’appel le 13 juin au matin et déclaré déserteur après le délai légal, le 16 juin 1916. Cette situation va durer six mois, jusqu’au 15 décembre 1916, jour où les Gendarmes le ramènent manu militari chez les Chasseurs Alpins, à Grasse. C’est bien entendu la prison qui attend Paul Melon, le trou ! Il va y séjourner quelques semaines jusqu’à ce que le Conseil de Guerre de la 15ème Région Militaire le condamne à trois ans de prison pour « désertion à l’intérieur en temps de guerre. » Tarif normal pour l’époque. On est alors le 20 mars 1917 et on pourrait en conclure que Paul a échappé à la guerre.

C’est sans compter sur la mansuétude du Général commandant la dite 15ème Région qui assortit sa peine d’un sursis immédiatement appliqué, le 28 mars 1917. Paul Elie Melon retourne à sa caserne puis au front.

Mansuétude ou moyen de se débarrasser d’une forte tête ? On est en droit de reposer la question ! Toujours est-il que Paul Melon se retrouve le pire jour au pire endroit… au petit matin du 16 avril 1917 à Craonne ! Une date et un lieu que l’Histoire a retenus puisque c’est là que débuta la catastrophique offensive « Nivelle » du Chemin des Dames, la fameuse attaque qui entraîna les mutineries puis les fusillés pour l’exemple. Une attaque qui fit entre les 16 et 25 avril 1917, 134 000 victimes sur les quelques dizaines de kilomètres de cette inaccessible crête tenue solidement par des Allemands bien retranchés, dans la neige et la boue d’un hiver tardif. 134 000 hommes mis hors de combat dont 30 000 tués ou disparus ! Paul Elie Melon, le jeune néo-Caderoussier était l’un d’eux, tué le 16 avril 1917 à un mois de ses vingt ans !

Il repose à la Nécropole Nationale de Pontavert dans l’Aisne, tombe individuelle 4 693.

La fiche matricule de Paul Elie Melon de Mémoire des Hommes.

Paul Elie Melon, matricule 1221 de la classe 1917, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Certes le patronyme Melon n’est guère usité en Gard ou Vaucluse. Mais si quelqu’un reconnaît en Paul Elie un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Victor Meunier.

Poster un commentaire

Classé dans CADEROUSSE

Une CARTE de la VALLÉE DU RHÔNE des années 20 (ou avant) 5/5

Dernière étape de notre descente du Rhône virtuelle: le Rhône vauclusien et une partie du Rhône gardois. Les affluents rive gauche, l’Eygues et l’Ouvrez mentionnés mais la Cèze bien présente sur la rive droite s’appelle Aiguillon ! Peu de ponts à présenter aux lecteurs du blog. Il faut dire qu’il y a que celui de Roquemaure et les trois ponts d’Avignon, celui du chemin de fer devant se contenter d’un seul trait noir sur la carte !

Caderousse pourtant si typique avec le village entouré de digues n’est pas du tout mis en valeur, à la différence de Montfaucon, Roquemaure ou Chateauneuf. Que faisait le Syndicat d’Initiative local ?

Le pont de Roquemaure donc, sans sa spécificité du ponceau qui le précède pour atteindre l’îlot de Miémart. On l’a déjà vu.

Les ponts d’Avignon. Deux ouvrages pour traverser les deux bras du fleuve qui entourent l’île de la Barthelasse. Le concepteur du document a bien différencié l’ouvrage du bras de Villeneuve, un pont en pierre qui a succédé au fameux pont de chevalets et celui du bras d’Avignon, un pont suspendu.

Sur le bras de Villeneuve, le pont de chevalets ou le pont de charpentes en bois ouvert en 1816 et appelé pont Bonaparte car projeté sous l’Empire puis…

…la construction très perturbée d’un pont de pierre de 1905 à 1909 dont le chantier fut emporté au moins deux fois par les crues du Rhône…

…et l’ouvrage terminé qui ne sera guère fiable et rapidement peu adapté à la circulation automobile.

Sur le bras d’Avignon, le fameux pont Saint-Bénézet est bien représenté.

A partir de 1807, un pont en bois fut jeté en premier sur le fleuve, pendant du pont de chevalets dont on vient de parler. Cet ouvrage d’art fut emporté par la débâcle des glaces lors de l’hiver 1830. On fit appel aux frères Seguin qui ouvrirent ce joli pont suspendu en 1843…

…qui, bon an, mal an, dura jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale.

Pour terminer, le pont-rail de la voie PLM qui relie la gare d’Avignon avec la ligne de la rive droite et delà Nîmes, Montpellier…

Ce pont-rail a été inauguré en 1905 puis reconstruit presqu’à l’identique (il a été surélevé) après le passage des bombardiers américains en 1944.

Poster un commentaire

Classé dans CARTES GÉOGRAPHIQUES, CARTES POSTALES

Une CARTE de la VALLÉE DU RHÔNE des années 20 (ou avant) 4/5

Quatrième volet de notre descente virtuelle du Rhône en 1920 entre Rochemaure-Ancône et Pont-Saint-Esprit. Nous allons passer en dessous de six ponts, cinq ponts suspendus et le fameux pont de pierre gardois et son arche marinière.

Juste une remarque avant de montrer des vues anciennes. Le concepteur de la carte était un peu fâché avec les noms des affluents rive droite du Rhône. Le Lavezon se retrouve affublé du nom de Davezon, l’Escoutay devient Négnie (il fallait le trouver même si un de ses affluents s’appelle la Nègue) et la Conche réputée pour ses… nudistes se transforme en Canche. Quant à l’Ardèche, si elle est bien dessinée, elle n’est pas nommée. Sur l’autre rive, pas de problème avec le Roubion et la Berre. Par contre la Riaille qui détruisit un jour de grande colère la poste de Malataverne, elle devient la Reuille.

De même, si le dessinateur fit des efforts pour bien des villes et villages en représentant les édifices principaux, manifestement il n’avait jamais vu Ancone ni de près ni de loin. C’était tout de même mieux que Meysse presqu’absent des lieux.

Le pont de Rochemaure et sa pile centrale unique est bien représenté.

Assez semblable de nos jours à ce qu’il était jadis si l’on ne considère que les infrastructures en dur. La passerelle himalayenne a remplacé de nos jours le tablier en bois.

Le pont du Teil est tout à fait conforme à ce qu’il était entre 1843 et 1931…

…avec quatre piles au milieu du fleuve. Il fut remplacé en 1931 par un pont suspendu semblable à celui que l’on connaît de nos jours… pont qui connut quelques problèmes en 1944.

Bizarre ! Le dessinateur a jeté un pont de pierre entre Viviers et Chateauneuf-du-Rhône flanqué d’un château-fort bien plus conservé que ce qu’il l’était.  Pourtant, avant le pont suspendu actuel qui date de 1954…

…son prédécesseur était tout autant suspendu…

…avec quatre piles dans le fleuve.

Second pont de Viviers, bien plus connu, celui de Robinet entre la campagne vivaroise et Donzère.

Un pont suspendu construit en 1847 et qui, sauvé à plusieurs reprises de la destruction par la mobilisation des amateurs de belles pierres (il est inscrit au patrimoine maintenant),…

n’a guère changé 170 ans plus tard.

Bourg-Saint-Andéol et son pont reliant l’Ardèche à Pierrelatte (où le dessinateur n’a jamais entendu parler du Rocher).

Un pont datant de 1847 dont il ne reste que la culée, côté rive droite.

Enfin, pour terminer cette quatrième étape, Pont-Saint-Esprit et son pont de pierre multi-centenaire…

…dont on a parlé il y a peu à l’occasion de la présentation d’une flamme philatélique.

A noter que légèrement en amont de Pont, juste avant le confluent de l’Ardèche, le dessinateur n’a pas omis de représenter l’usine du Banc Rouge sur la commune de Saint-Marcel-d’Ardèche, poudrerie qui sauta un beau jour de 1962.

Poster un commentaire

Classé dans CARTES GÉOGRAPHIQUES

Un seul ANNUAIRE en Juillet 1928… pour 7 départements du Sud-Est !

Et il n’est pas si volumineux que cela ! 246 pages dont quelques unes de publicités. A la vue de la couverture, on croirait qu’il s’agit de l’annuaire de l’Ardèche mais en feuilletant on s’aperçoit que six autres départements sont contenus.

La Drôme (26 pages) et le Vaucluse (22 pages) seront traités dans des articles séparés mais aussi…

…le Gard (26 pages)…

…la Loire (52 pages avec de grandes villes Saint-Etienne et Roanne)…

…la Haute-Loire (16 pages peu peuplée)…

…et l’Isère (58 pages avec Grenoble et Vienne).

Juste un petit détour en Isère par La Sône, non loin de Saint-Marcellin et de la frontière de la Drôme, au bord de la rivière Isère avec un magnifique pont suspendu et les restes d’un autre détruit par faits de guerre, où nous résidâmes au début du règne Merckx sur le Tour de France.

En 1928, à La Sône, 12 abonnés au téléphone…

…avec des usines se servant de l’eau du plateau de Saint-Marcellin descendant vers l’Isère, la tannerie André et Barnasson, les minotiers Griot et Rigaudin, le tissage et le moulinage de soie Laurent, le tout dominé par le château de Combelongue et le château féodal en bordure du plateau. Entre 1969 et 1971, les usines textiles fonctionnaient toujours et les minotiers avaient peut-être été remplacés par les plastiques Reffay.

Revenons à l’Ardèche (22 pages) et à la proche région de Montélimar sur la rive droite.

En 1928, Meysse n’avait alors que deux abonnés…

…deux filatures, celle de Jules Simon où est installé maintenant la Fabrique de l’Image de Tristan Zilberman et celle du couvent des religieuses qui plus tard devint une maison d’accueil de jeunes filles.

A Rochemaure, ce n’était guère mieux avec quatre abonnés…

…dont deux lignes pour Privat de Fressenel, descendant du bâtisseur du premier pont suspendu sur le Rhône en 1843 et industriel au Prieuré, à côté des sources: la ligne professionnelle et la ligne privée.

A noter la filature de M. Bérenger située à la sortie du pont et où allaient travailler des ouvrières d’Ancône.

Le Teil comptait alors quarante-quatre lignes dont trois pour le PLM avec le grand dépôt.

Quelques remarques: la menuiserie Avon dont un descendant deviendra maire qui connaîtra une fin tragique; Lafaye, viticulteur,  pourtant implanté sur Montélimar, non loin du pont mais qui dépend du Teil; Sibille fournisseur de fers industriels qui avait commencé son commerce en Ardèche avant de traverser le Rhône pour devenir une grande enseigne montilienne (le nom n’apparaît pas dans l’annuaire de Montélimar).

Pour terminer, Viviers avec 20 abonnés.

L’évêché bien entendu relié à Dieu par les prières mais aussi aux hommes par le téléphone, les Pavin de Lafarge, une grande famille industrielle,  devenue de nos jours une multinationale dans le ciment qui à l’instar de Privat de Freissenet à Rochemaure a deux lignes, la professionnelle et la privée au château de Sainte-Concorde. Une autre usine à chaux existait, la société de Sainte-Aule, peut-être au hameau de Saint-Alban sur la route d’Aubenas.

A suivre avec l’annuaire de la Drôme…

Poster un commentaire

Classé dans Vieux papiers

PONT SAINT-ESPRIT: une FLAMME qui allume la CURIOSITÉ.

Une flamme philatélique, c’est une petit encart publicitaire qui accompagne le timbre à date pour oblitérer les timbres. Ces petits rectangles sont collectionnés et présentent toujours un intérêt historique.

Celle trouvée dans la boutique Emmaüs d’Arles a tout de suite attiré mon attention. La voici !

Il s’agit d’un morceau d’enveloppe découpé. La lettre était partie en 1957 de Pont-Saint-Esprit dans le Gard. La flamme représente le fameux pont de pierre traversant le Rhône au niveau de la ville et datant de plus sept siècles. Le chantier commencé en 1265 fut achevé en 1309… 708 années d’existence et pas une ride !

Certes le pont fut un tantinet transformé quand arriva la navigation à vapeur sur le Rhône. De 21 arches, il passa à 20 car on détruisit les deux premières arches du côté gardois pour n’en faire qu’un en métal, qu’on appela alors l’arche marinière. Tout est dit !

Ci-dessus, cette arche marinière au début du XXème siècle prise un jour où le Rhône était en crue.

Mais revenons à notre flamme et regardons-la plus attentivement.

On voit très bien quelques-unes  des premières arches mais très bizarrement, le dessinateur a ajouté un pont suspendu. Que s’est-il donc passé pour que le vieux pont ait été un jour ainsi transformé ?

La réponse est simple… la guerre et les bombardements américains ayant accompagné le débarquement de Provence du 15 août 1944 ! Ce jour-là, les bombardiers US larguèrent des tonnes de bombes sur la ville, détruisant des rues entières du vieux bourg entraînant les décès de près de 50 habitants et anéantissant la fameuse arche marinière en métal du pont.

Plus d’arche marinière et donc plus de passage possible du Rhône en cet endroit pour quelques années.

En attendant la reconstruction, on installa donc un pont suspendu provisoire qui officia de 1945 à 1954…

…dont voici une vue extraite d’un site internet. En 1954, l’arche marinière fut terminée et le pont de Pont-Saint-Esprit rendu à la circulation.

La nouvelle arche marinière fut bâtie en béton armé ce qui rend une certaine unité au pont.

En 1957 date d’envoi de la lettre, la poste n’avait pas modifié sa flamme et annonçait toujours Porte d’Or de la Provence avec un dessin du pont mutilé.

En 1965, la Poste fêta le sept centième anniversaire du début des travaux du pont par ce timbre de valeur usuelle, travaux qui durèrent tout de même 44 ans !

Poster un commentaire

Classé dans Vieux papiers