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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… les frères Gabriel et Etienne RAYMOND (partie généalogique).

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt quatrième nom et quatre-vingt cinquième de la liste: Gabriel et Etienne RAYMOND.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Etienne et Gabriel Raymond en respectant l’ordre alphabétique, Gabriel et Etienne en respectant l’ordre chronologique. Qu’importe, deux frères proches, deux destins similaires.

Etienne et Gabriel sont les enfants du couple Raymond-Barre, sans jeu de mot ! Joseph Gabriel Raymond né à Caderousse en 1843 a en effet uni son destin à celui d’Amandine Barre, à Orange, le 30 juin 1880. Elle est bien plus jeune que son époux,  de treize ans son aîné exactement ! Les mariés s’installent à Caderousse dans une grange du quartier du Panier.

Dix mois après les noces vient au monde un garçon, le 24 avril 1881,  prénommé Gabriel Joseph, le futur Poilu… Deux ans plus tard, le 29 juillet 1883, un second garçon vient enrichir le couple, Etienne Esprit Raymond, futur Poilu lui aussi… Prénom original que celui d’Esprit qu’il doit à sa grand-mère paternelle, Esprite Marguerite Gromelle. Un troisième enfant rejoindra la fratrie quelques années après, en 1886, une fille, Noémie Augustine qui aura la chance, elle, de vivre jusqu’en 1967. Voici la fratrie réunie au recensement de 1896 puis…

…à celui de 1906.

Entre les deux dates, les garçons sont allés accomplir leurs obligations militaires. Gabriel l’aîné en premier, ira visiter les Alpes en étant incorporé au 2ème Bataillon de Chasseurs à Pied, unité qui deviendra plus tard la 2ème BCA. Gabriel séjournera dans la capitale des Alpes du 16 novembre 1902 au 23 septembre 1905… trois ans au pied de la Bastille ou au-dessus suivant les entraînements.

Par un système de vases communicants inventé par l’Armée, Etienne, de son côté sera partiellement dispensé de service militaire. Ayant un frère sous les drapeaux, il ne fera qu’une seule année au 58ème Régiment d’Infanterie, du 14 novembre 1904 au 23 septembre 1905 si bien que les deux enfants Raymond retrouveront ensemble leur village natal et la grange du Panier, tous deux munis d’un certificat de bonne conduite.

Deux ans après sa libération, Gabriel Raymond convole en justes noces avec une jeune femme d’Orange, Thérèse Joséphine Rigaud, née en 1885. Ils se marient le 09 février 1907 et s’installent au quartier des Graves à Orange où Gabriel va se mettre au service d’un propriétaire, un certain Reboul. Si l’Etat-Civil numérisé de la Cité des Princes allait aussi loin que celui de Caderousse, on aurait pu répondre à la question… ont-ils eu des enfants ? Mais s’arrêtant en 1897 au lieu de 1912 pour Caderousse (et 1917 pour Ancône)… trouver la réponse prendrait trop beaucoup d’énergie. Mais on peut raisonnablement penser qu’un enfant naquit aux Graves vers 1908. Gabriel et Thérèse regagnent Caderousse fin 1913… pas pour très longtemps pour le chef de famille !

Après 1906, Noëlie ayant également quitté le foyer pour se mettre au service d’un patron, seul Etienne aide ses parents pour mener les terres de leur propriété… jusqu’au 03 août 1914 bien entendu.

A suivre… Les frères Gabriel et Etienne Raymond, la guerre.

 

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Louis Antoine POINT.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

On lit sur le monument aux morts les noms de deux concitoyens Point aux noms et prénoms quasi identiques…

…Point Louis (Antonin) et Point Louis Antoine ! Le premier né en 1883 et le second en 1880. Voici la plus grande différence entre les deux. Ils ne sont pas parents mais ont connu la même vie chaotique. Finalement la plus grande ressemblance entre eux, c’est la même difficulté à suivre leur vie avant la guerre, la partie généalogique de leur biographie, à travers état-civils et listes nominatives de Caderousse, d’Orange, de Camaret et de… Laudun et Roquemaure, mais sans archives numérisées, c’est plus rapide !

Commençons par le second inscrit sur le monument, le plus âgé des deux.

Quatre-vingt unième nom de la liste: Louis Antoine POINT.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Louis Antoine est né à Caderousse le 18 février 1880. Son père est né à Caderousse le 21 août 1839 et s’est marié avec Marguerite Pauline Dardun d’Orange le 12 janvier 1878. Les époux sont alors âgés respectivement de 38 et 27 ans.

Au recensement de 1876, Louis Point père vit chez ses parents, quartier Miémart.

Marié le 12 janvier 1878, Louis père se retrouve veuf en août de la même année après le décès de Marguerite. Premier drame ! Il se remarie huit mois plus tard avec une fille de Laudun, Marie Pélagie Mollon, née en 1846 et fille d’un aubergiste puis tonnelier du hameau de L’Ardoise au bord du Rhône. Ces secondes noces seront célébrées dans le Gard le 27 avril 1879. Dix mois plus tard, le 18 février 1880, nait Louis Antoine.

Voici donc toute la famille rassemblée sur la liste du recensement 1886, toujours du côté de Miémart: Louis père et Marie vivent avec Louis fils âgé de 6 ans, la grand-mère paternelle Marguerite Lassiat dont le mari est décédé en 1877  (décès qui a peut-être entrainé le mariage de son fils) et un employé Auguste Lurie.

Cette belle ordonnance sera rapidement bouleversée avec le décès du chef de famille, comme on disait et notait à l’époque. Louis père décède le 04 juin 1889 à la grange de Miémart. Second drame ! Il avait tout juste 50 ans. Marguerite la grand-mère va rejoindre sa fille Caroline mariée avec François Aubert et Marie Pélagie déménage à Orange avec son fils Louis Antoine. Il est plus facile de trouver des ménages à faire ou du linge à repasser en ville qu’à la campagne, dans une ferme isolée au bord de l’eau.

Retour de Marie et Louis Antoine à Caderousse en 1895 ! Marie Pélagie se remarie le 12 janvier 1895 avec François André Bas, veuf lui aussi et vient s’installer dans sa ferme quartier Camblancard, non loin de Miémart. C’est ce que nous indique le recensement de 1896.

A noter au passage la troisième orthographe du patronyme Mollon… Moulon… Moullon, l’exact semblant être la première. A la ferme vivent François et sa fille Joséphine et Marie et son fils, le futur Poilu.

C’est à ce moment que Louis aurait du faire son service militaire. En 1901, il est ajourné. En 1902, il est réformé pour faiblesse. En 1903, il est exempté. Louis souffre d’infantilisme, une maladie thyroïdienne empêchant son développement physique (il ne mesure qu’un mètre 62), psychique et sexuel.

Le recensement de 1906.

11 avril 1907, André François Bas décède à son tour. Troisième drame. Marie Pélagie et son fils disparaissent de la liste du recensement de 1911. Retour à Orange ? à Laudun ? Nous les perdons de vue… mais pas l’armée ! Le 02 décembre 1914, plus d’infantilisme pour Louis Antoine ! Certes, on peut penser qu’il n’a pas bénéficier d’un traitement médical pour régler son problème. Mais la France a besoin de soldats et comme quasiment tous les exemptés d’avant-guerre, Louis Antoine se retrouve « bon pour le service ». Il est affecté au 140 ème Régiment d’Infanterie  de Grenoble le 22 février 1915 Il dut certainement souffrir de l’attitude des autres face à son infirmité. Il passe au 157 ème R.I. en août 1915 puis au 340ème R.I. le 02 janvier 1916.

1916, 21 février… Verdun, les Allemands attaquent et déversent un déluge de feu dans cette bataille qui durera jusqu’en décembre. Le 340ème d’Infanterie se retrouve en première ligne à Thiaumont fin juin-début juillet 1916. Thiaumont, c’est un ouvrage défensif complètement rasé par les combats, situé sur le territoire de la commune de Douaumont, aujourd’hui à quelques hectomètres de l’ossuaire et de la tranchée des baïonnettes.

Du 24 juin au 04 juillet, de très violents combats vont s’y dérouler. Il n’est qu’à voir le bilan  humain au 340ème R.I. de cet affrontement, consigné dans le Journal de Marche de l’unité (d’où est extraite également la carte ci-dessus) pour comprendre que peu d’hommes en rechapèrent intact.

50 officiers et 1 502 hommes de troupe sont mis hors de combat en dix jours. Une hécatombe ! L’officier ayant rédigé le Journal de Marche a consciencieusement noté le statut de ces soldats. Il a noirci de nombreuses pages et parmi cette longue liste, on retrouve Louis Point…

…avec un petit « 1 » dans la colonne des disparus. Il sera considéré comme décédé après le jugement du tribunal d’Orange en date du 26 juillet 1921 qui fixera la date de sa disparition au 28 juillet 1916, cinq ans plus tôt !

Que s’est-il passé ce jour-là ? Quelques bribes de réponse avec cette narration d’une attaque allemande à la grenade puis d’une contrattaque française.

La routine pour des gains territoriaux minimes, bien souvent rapidement perdus.

Le 28 juillet 1916, Louis Antoine Point avait 36 ans et 5 mois.

 

La fiche matricule de Louis Antoine Point de Mémoire des Hommes.

Louis Antoine Point, matricule 241 de la classe 1900, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Point est assez répandu sur la rive gauche du Rhône. Si quelqu’un reconnaît en Louis Antoine son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Louis Antonin Point.

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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… les trois frères PÉCOUL (article généalogie).

114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… les trois frères PÉCOUL (article généalogie).

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-treizième, soixante-quatorzième et soixante-quinzième noms de la liste: les frères PÉCOUL.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Quatre Pécoul inscrits sur le monument de Caderousse et donc trois frères, Louis Edouard, Fernand Gonzague et Gabriel Marius dans l’ordre de naissance. Comme la fratrie ne comprenait que cinq enfants, on peut dire que cette famille a été décimée par la Grande Guerre. L’Armée française renvoya-t-elle dans son foyer le quatrième garçon Joseph Pierre à l’instar du soldat Ryan ? Je ne le pense pas.

Cette famille Pécoul vécut dans le drame permanent même avant la guerre puisque le père, Louis Gonzague Pécoul eut la douleur de perdre ses deux premières épouses (les mères des Poilus) avant de voir partir ses trois garçons ! Voyons ceci depuis le début !

Louis Gonzague est né à Caderousse le 27 juillet 1853 et s’est marié une première fois au village avec Honorine Simon le 12 janvier 1882, une jeune femme de presque vingt-trois ans. Ils s’installent quai du Rhône, appellation géographique que j’ai découvert par l’occasion. Vont naître alors Louis Edouard, le premier Poilu MPLF quelques mois après le mariage, le 09 décembre 1882,  et Joseph Pierre, le rescapé de la Grande Guerre, le 21 juin 1884.

Honorine va s’éteindre à l’âge de vingt-cinq ans le 08 septembre 1885. Fin du premier acte de ce drame !

Deux ans plus tard, le 03 août 1887, Louis Gonzague se remarie avec une autre fille du village, Caroline Léonie Roche. Il a alors trente-quatre ans et Caroline vingt-quatre. L’union se déroule à Caderousse devant le Maire et Officier de l’Etat-Civil Adrien Bastides et de celle-ci vont naître trois enfants: Marie Paulia le 10 mars 1890, Fernand Gonzague le second MPLF le 17 novembre 1893 et Gabriel Marius, le troisième Poilu le 09 juin 1895. On retrouve la famille au complet quartier Salarié en 1896.

Pas pour longtemps car deux ans plus tard, Caroline disparaît le 08 septembre 1898 à l’âge de trente cinq ans. Fin du second acte !

Louis va se marier un troisième fois, le 19 janvier 1901. Pour élever ses cinq enfants et tenir la grange, la présence d’une épouse lui était indispensable. Il va aller chercher sa troisième épouse dans le sud-Drôme, à Rochegude. Le mariage est célébré dans ce village et Rosalie Marie Clémentine Grosson devient, à l’âge de trente-cinq ans, Madame Pécoul. On est alors le 19 janvier 1901.

La famille Pécoul en 1901, quartier Salarié. 

Aucun enfant ne naîtra de cette union. Quelque temps plus tard, l’aîné de la fratrie part faire son armée. Ajourné dans un premier temps pour faiblesse en 1903, il est classé ‘ »bon pour le service » en 1904 et rejoint finalement le 58ème R.I. d’Avignon le 16 novembre 1904. Il va servir la France pendant deux ans, jusqu’au 18 septembre 1906.
Dernière scène du troisième acte, Fernand Gonzague est appelé à son tour, le 27 novembre 1913 au 19ème Régiment d’Artillerie de Nîmes. Il sera aux premières loges quand la guerre va éclater, cela lui sera fatal !…

A suivre: Fernand Gonzague Pécoul (partie militaire).

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112 POILUS de CADEROUSSE, 112 DESTINS… les trois MARTIN du Monument aux Morts.

112 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 112 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquante-huitième, cinquante-neuvième et soixantième noms de la liste: les MARTIN du monument.

La seconde face du monument aux morts.

Auguste, Florestan et Julien Martin sont les derniers noms (dans l’ordre alphabétique) de la seconde face du monument du cimetière. On va traiter le volet généalogique de leurs biographies globalement puisqu’ils font partie de la même famille.

Il faut remonter à leur grand-père paternel pour trouver leur ancêtre commun. Dans la ville haute de Vaison se sont installés Joseph Marie Florestan Martin et Marie Rose Marron après leur mariage, un couple de cultivateurs. Cela devait se passer vers le milieu du XIXème siècle.

De cette union vont naître, toujours à Vaison des enfants dont deux garçons qui nous intéressent plus particulièrement: Joseph Ferdinand le 31 mars 1855 et Emile Florestan le 04 janvier 1864. Ces deux frères vont prendre pour épouse des jeunes filles de Caderousse et s’installer à l’intérieur des digues.

L’aîné Joseph Ferdinand Martin va épouser le 29 septembre 1886, pour la Saint-Michel 1886, Marguerite Aubert. Dans un premier temps, le couple va vivre à Vaison où vont naître trois enfants Marie Antonia  en 1887, Adrien Joseph en 1888 et Henriette Marguerite en 1891. Cette dernière ne vivra qu’une année et décèdera à Vaison en 1892. C’est après ce drame que le couple viendra s’installer à Caderousse, rue Saint-Michel. Joseph Ferdinand sera embauché alors comme ouvrier dans la fabrique de balais de son beau-père et trois nouveaux enfants viendront au monde: Auguste Joseph, le futur Poilu MPLF le 14 février 1894, Fernande Emilie en 1898 et enfin le petit dernier Paul Camille, bien plus tard, en 1903.

En 1901, la famille au complet avec la mère de Marguerite, Marie Bès, vivant sous le même toit.

Dix ans plus tard, en 1911, Adrien a quitté le foyer remplacé par le petit Paul.

Passons maintenant au second fils Martin, Emile Florestan, cordier de son état. Il va épouser à Caderousse Marguerite Philomène Aubépart, le 2 mai 1883. C’est elle aussi la fille d’un fabriquant de balais, François Aubépart. Ils vont venir s’installer immédiatement à Caderousse près de la porte d’Orange, avant son grand frère Joseph Ferdinand.

De cette union vont naître trois garçons, Florestan Emile en 1883, le second Martin MPLF, Emile Florestan François en 1886, blessé gravement à un doigt  lors de son service militaire, le doigt avec lequel un droitier appuie sur la gâchette, ce qui lui évitera une unité combattante pendant la Grande Guerre et Julien Joseph François, le troisième MPLF et une fille Marie Féline en 1893 qui prendra pour époux en 1913 Fernand Pellegrin dont le nom est lui aussi inscrit sur le Monument aux Morts de Caderousse. Elle se remariera après-guerre, en 1921 avec un certain Fernand Joseph Simon.

En 1901, la famille presqu’au complet

…Florestan étant de son côté employé comme domestique dans la ferme des Soumille.

Conclusion de ce laïus, les trois Martin du monument sont donc deux frères et leur cousin germain avec un peu plus loin, dans la liste, le beau-frère des premiers. Une histoire de famille !

Seul Florestan Emile Martin va avoir le temps de se marier avant  la guerre. Il va prendre pour épouse Marie Rose Gonner le 25 juin 1910 à Caderousse. Cette dernière étant fille-mère d’une petite Alberte née en 1906, par ce mariage, Florestan va devenir aussi père en reconnaissant cet enfant comme étant de lui. Alberte deviendra Pupille de la Nation en 1918 !

Florestan et sa famille en 1911, « île » de Vannerie. 

A suivre les parcours militaires d’Auguste, Florestan et Joseph Martin.

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108 POILUS de Caderousse, 108 DESTINS… les BRUGUIER.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

108 parcours et non plus 107 car nous allons évoquer aujourd’hui le cas des Poilus Bruguier à travers leur famille, avant la Grande Guerre. S’il existe bien 2 Bruguier inscrits sur le Monument au cimetière: Léon et Marius, deux frères, un troisième Bruguier, Martial a été oublié en 1937. Ce n’est pas un troisième membre de la fratrie mais un petit-cousin des 2 précédents. On va le voir. Dans un second temps, on évoquera le parcours de chacun des 3 pendant la Guerre dans d’autant d’articles individuels.

Vingt et unième, vingt-deuxième et vingt-troisième  noms de la liste: Bruguier Léon, Marius et Martial.

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Première face du Monument.

L’Etat-Civil numérisé de Caderousse aux Archives du Vaucluse va bien nous aider pour découvrir l’origine de cette famille. On doit remonter au début du XIXème siècle pour trouver un ancêtre commun aux 3 Poilus: le couple Simon Bruguier- Marie-Colombe Roussel vivant du côté de Bagnols-sur-Cèze dans le Gard. Ce sont les arrières-grands-parents de Léon, Marius et Martial. Simon est tourneur sur bois puis marchand, Marie, ménagère bien entendue.

Ce sont deux des fils de ce couple qui devait s’être uni dans les premières années de la Restauration, qui vont émigrer sur la rive gauche du Rhône, en convolant en justes noces avec des filles de Caderousse.

François Bruguier, né à Bagnols en 1824 va prendre pour épouse Madeleine Marguerite Giornal née en 1830. Les noces seront célébrées le 20 novembre 1849, à 9 heures du matin par le capitaine en retraite, Chevalier de la Légion d’Honneur, Janvier-Marie Petison de Fethia, accessoirement Maire de la commune. Ils auront de nombreux enfants et seront les grands-parents paternels de Léon et Marius.

Parmi les enfants issus de cette union, naît Auguste, le 08 septembre 1859, rue Saint-Michel. 27 ans plus tard, Auguste épousera Emilie Sabine (prénom usuel) Ruat née le 16 mai 1859 à Caderousse. C’est Alexis Simon, adjoint au Maire manifestement dévoué à célébrer les mariages cette année-là (à moins que le Maire soit décédé), qui unit Auguste et Sabine le 19 septembre 1878.

On retrouve la famille quartier Lapérat (ou La Péran) à Caderousse, quelques mois après le début du XXème siècle…

…en page 66 du recensement de 1901. 5 enfants sont nés dont les 2 futurs Poilus ! Sauf que Léon est justement appelé Auguste (son premier prénom officiel) alors que Marius est improprement appelé François (de son second prénom officiel). Auguste Léon est né le 11 février 1884 à Caderousse, aux Cabannes où son père était métayer comme il l’est toujours en 1901 à La Péran. Marius François est né 2 ans plus tard, le 16 août 1886.

Dix ans passent et on se rapproche de la Grande Guerre. Le recensement de 1911 nous apprend que la famille s’est bien agrandie. C’est Léon qui, à son tour s’est marié avec une Léonie et vit, comme cela se faisait communément à l’époque sous le même toit que ses parents.

Une petite Marie-Jeanne a vu le jour au foyer de Léon et Léonie, un an plus tôt, en 1910 si bien que 3 générations cohabitent dans la grange. Marie-Jeanne deviendra très vite, à 6 ans, orpheline de guerre. De son côté, Marius est toujours à la ferme. Le père et ses 2 fils font tourner l’exploitation agricole. On peut imaginer les conséquences catastrophiques, autant familiales que professionnelles, qu’entraîneront les incorporations puis les décès des jeunes hommes.

Quant à la grand-mère Madeleine (née Giornal), elle est toujours de ce monde en 1911 et vit seule, rue des Ecoles, malgré son âge respectable de 84 ans.

Passons maintenant à l’histoire du petit-frère de François Bruguier, le grand-père de Léon et Marius: Simon Bruguier. A noter qu’il porte le même prénom que son père, celui qui se maria vers 1820.

Né en 1929, à Bagnols-sur-Cèze bien entendu, Simon Bruguier épousera à Caderousse Marie Nathalie Ferragut le jour de la Saint-Valentin 1855. Un grand sentimental ce Simon !?! Pas sûr que la fête commerciale liée à la Saint-Valentin née au milieu du XIXème siècle ait atteint Caderousse en 1855 ! Ce qui est certain, c’est que Joseph Henri Rollet, maire et officier de l’Etat-Civil présidait cette cérémonie.

De cette union naîtra Barbe Philémon Bruguier (voilà 2 prénoms originaux !) le 11 décembre 1857. Devenu jardinier comme son père, il épousera à son tour une fille du village Marthe Mélanie Lurion le 2 juillet 1884, devant Jean André Estran, Maire et officier de l’Etat-Civil.

Martial Roger Bruguier naîtra quartier Fazende le 1er mars 1894. C’est ce gamin de 20 ans, petit-cousin de Léon et Marius qui sera envoyé fin 1914 combattre les Allemands dans les tranchées de l’est de la France.

Voyons cette famille telle que la décrit le recensement de 1901.

Les parents Barbe et Marthe, 4 garçons: Roger Louis, Martial, Clément, Marcel  et le grand-père Simon, âgé de 74 ans et veuf, qui vit chez ces enfants. Très bien… mais la lecture du recensement suivant de 1906 va nous permettre de rectifier quelques erreurs:

Le départ de l’aîné des garçons Roger Louis placé chez un patron fait de Martial le nouvel aîné de la fratrie… sauf que tout en bas de la famille, une Marie, absence en 1901 le devance de 6 ans ! Où était-elle en 1901 ? Oubliée ? Clément est devenu Justin, son premier prénom officiel et Marcel… Marcelle. La transsexualité n’ayant pas débuté à Caderousse au début du XXème siècle, on peut raisonnablement penser que l’agent recenseur de 1901 avait pris quelques largesses avec la vérité ou quelques verres de trop ! Un petit Auguste est venu au monde et Papy Simon a maintenant 82 ans. Il ne se fait pas jeune, le pauvre, surtout qu’il a pris 8 ans… en 5 ans !

En 1911, la famille n’apparaît plus dans les listes du recensement. Elle a quitté Caderousse, certainement pour retourner dans le Gard, du côté de Bagnols-sur-Cèze. Né en 1894, Martial Bruguier aura vécu au moins 13 ans à Caderousse et dans ce cas, seulement 9 ans ailleurs. Sans chauvinisme aucun, il peut être considéré comme Poilu de Caderousse !

Si la petite Marie-Jeanne, bébé d’un an en 1911, a donné une descendance, il existe peut-être quelque part dans un grenier pas encore vidé ou une boîte de chaussures, des souvenirs de Léon Bruguier ou de Marius… Si quelqu’un reconnaît comme ancêtre direct ou indirect Léon, Marius ou Martial Bruguier, qu’il ne se gène pas pour réagir.… 

A suivre: Léon Bruguier.

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CADEROUSSE: le CHÂTEAU de la PIBOULETTE hier et aujourd’hui.

Entre le Grand Rhône baignant la rive droite ardoise de la commune de L’Ardoise et le Petit Rhône proche de Caderousse, existait jadis l’île de la Piboulette, avant que les aménagements par la CNR de la chute de Caderousse la coupe en deux et ne fasse disparaître son caractère ilien.

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On en voit une partie sur cette carte issue du rouleau de marinier déjà évoqué. Au coeur de l’île, le château de la Piboulette où Paul Puliet, le père de ma mère exerça son métier de garde-forestier  et amena  avec lui sa famille Ménard dans le Vaucluse après avoir séjourné au château de Barbentane dans les Bouches-du-Rhône.

Cette photo montre le château tel qu’il était juste après le Seconde Guerre.

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Une bien belle résidence, pas forcément un château contrairement à son nom, mais un pavillon de chasse assez vaste pour accueillir les convives invités par son bâtisseur, Monsieur de Lafarge. L’île de la Piboulette était alors fortement boisée et très giboyeuse. Ce n’est qu’après la Grande Guerre qu’elle devint agricole. Il existait même une chapelle où étaient célébrés quelques offices par le curé de Caderousse (1).Malheureusement ce château connut un incendie, il y a quelques années qui ravagea son corps principal. Le propriétaire des lieux n’a pas encore entrepris  la restauration attendue. Vous pouvez essayer de comparer la vue ancienne avec les photos récentes.

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Photos prises en mars 2014. Par rapport à la vue ancienne, la toiture ayant disparu, on peut faire correspondre les fenêtres, les squelettes des cheminées, le corps de bâtiment avancé, le balcon à droite de l’avancée, la tour semi-circulaire de gauche…

Actuellement les bâtiments restants sont occupés par un Groupement Forestier qui exploite les bois de l’île.

Beaucoup plus intéressante cette vue d’inondations et de ravitaillement en barque:

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On y reconnaît Paulette Santiago née Ménard, la soeur aînée de ma mère assise à côté de celle-ci sur la barque, mon père avec un sac de provisions (ou un sac postal, car facteur à Caderousse à cette époque, il devait porter le courrier, même en barque quand le Rhône se fâchait) et le mari de Paulette, Maxime (Moreno) Santiago.

Maxime et Paulette étaient aussi employés au château comme ouvrier agricole et cuisinière du régisseur. Ils devaient vivre dans ses bâtiments annexes qui existent toujours. Voici une vue actuelle de cette aile du domaine, prise au même endroit que le photographe de l’époque, les pieds au sec cette fois.

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On constate qu’il ne devait y avoir qu’une trentaine de centimètres d’eau, de quoi devoir se déplacer en barque ou se mouiller les pieds tout de même et rendre inhabitable pendant quelques temps les pièces au rez-de-chaussée. De quoi aussi vivre quelques émotions quand il s’agissait de rejoindre la berge vauclusienne, même s’il ne s’agissait que de  ne traverser que le Petit Rhône. Quant à aller vers la berge gardoise à travers le Grand Rhône, c’était bien plus périlleux !

Une vue de ces bâtiments annexes en 2014…

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et des repères de crue du Rhône, souvenir des crues exceptionnelles…

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celle du printemps 1856 (31 mai 1856) qui vit Avignon et Caderousse sous les eaux et incita le pouvoir impérial à pousser à la construction de digues après la visite de Napoléon-le-Petit dans la vallée du Rhône puis de la Loire aussi touchée, et celle de 1994, moins connue mais également impressionnante.

Une autre vue ancienne…

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celle de l’oncle Maxime s’essayant à l’équitation sur un petit équidé, avec semble-t-il sa petite belle-soeur Jacqueline dans les bras, certainement dans la cour des dépendances du château de la Piboulette, peut-être le bâtiment le plus clair, à gauche.

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Une cour dans laquelle se trouvait aussi la fontaine.

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Ces deux vues anciennes de la même collection familiale posent problème .

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Au dos: « Parc du château »

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Au dos « Derrière du château ».

Elles sont liées entre elle par le même numéro de série et par la même écriture. Ce ne peut être le château de la Piboulette pris d’un angle de vue original. Barbentane ? ou un autre lieu où le grand-père inconnu Paul Puliet posa ses valises et sa famille? ou un domaine où Paulette et Maxime furent employés dans leur jeunesse? Ils ne sont plus là pour donner des informations !

Mais si une personne reconnaît ce lieu, qu’il ne se gène pas à fournir des indications pour compléter cet article.

(1) d’après Paul Marquion dans le  Bulletin des Amis d’orange  du second trimestre 1971.

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SÉRAPHIN GUÉRIN…. PETIT SÉMINARISTE en AVIGNON (1/2)

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Séraphin Guérin était le frère de mon grand-père Gabriel, sur cette photo prise après la mort du père en 1915, c’est bien sûr le plus grand des 3 enfants, mon grand-père étant celui de gauche. Né en 1897, il vivra presque centenaire puisqu’il disparaîtra en 1992, atteint de cécité depuis longtemps.

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Extrait de l’acte de naissance du livret de famille de ses parents.

Il alla donc faire ses études secondaires au Petit-Séminaire Saint-Michel d’Avignon à partir de 1912, ce qui était original à une époque où la scolarité des enfants s’arrêtait pour presque tous au Certificat d’Etude. Il devait avoir été repéré par le curé du village pour ses qualités intellectuelles et son assiduité religieuse comme l’atteste, dans cette feuille locale,

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ses appréciations (pas de notes, déjà, à l’époque) pour le cathéchisme.

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Il quitta donc le Collège d’Orange où il devait avoir fait la Sixième et la Cinquième, sa campagne de Caderousse pour la Préfecture et un de ses Petits-Séminaires, le Saint-Michel, situé rue d’Annanelle (à côté du Lycée Mistral de nos jours), où il obtint des résultats plus qu’honorables, comme l’attestent , dans ce petit livret,

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les récompenses obtenues à la fin de sa Quatrième durant l’année scolaire 1912/1913.

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Pas moins de 7 accessits et le Prix d’Accessits, derrière les 3 Joseph (Flandrin, Robert et Mouraret) eux-aussi souvent cités.

Pendant les vacances d’été, il est aussi accueilli par l’Abbé Delbos, curé de Lacoste comme on peut le lire sur ce cahier de brouillons qu’il a conservé… les vrais cahiers de classe n’ayant pas été gardés.

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Un jeune abbé Delbos comme en atteste cette petite carte qui nous apprend qu’il connaîtra le même sort que bien des jeunes gens de sa génération en 1914

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Officier d’infanterie, tombé le 20 octobre 1914 à Gerbevillers (Meurthe-et-Moselle)

Lacoste, au pied du Luberon, commune sur laquelle était érigé le château du Marquis de Sade dont il ne reste que des ruines et dont Séraphin racontait que son hôte lui conseillait de ne pas aller voir derrière le grand portail ce qui pouvait s’y passer…. Pas grand chose puisque Sade n’était plus de ce monde depuis un siècle et le château en ruines depuis un peu plus longtemps.

Deux vues amateurs de la cour du Séminaire à l’époque à l’époque où Séraphin devait y être élève:

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sous la neige semble-t-il.

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La photographie de cette remise des prix et de l’Assemblée Générale du Petit-Séminaire en 1913 (c’est écrit au dos). Une assemblée quasi exclusivement masculine, deux laïcs ayant amené leurs épouses (au premier plan à droite et au fond à gauche). Séraphin me direz-vous? Pas évident bien que la photo soit très nette. Peut-être l’un des jeunes hommes debout au fond, celui le plus à droite, au centre de la photo ?

A suivre…

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