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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Paul Ruat.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-huitième Poilu: Paul Auguste Ruat.

Quatrième face du Monument aux Morts.

Paul Ruat est né à Caderousse le 06 janvier 1894. Il appartient à une grande fratrie de neuf enfants mis au monde par le couple formé de Frédéric Victor Ruat et Louise Madeleine Berbiguier.

Victor, le père, est un Caderoussien de souche né en janvier 1856 quartier du Panier. Il travaille à la ferme de ses parents.

Louise, la mère, est née en 1864, plus jeune de huit ans que son mari. Elle passera sa jeunesse dans la ferme paternelle aux Cabanes.

Victor et Louise se marient à Caderousse le 19 avril 1882 et vont s’installer dans un premier temps quartier du Brout. Au fil des actes de naissances de leurs enfants, on apprend qu’ils vont vivre par la suite chemin d’Orange, au Panier, à l’Escient avant de venir s’installer intra-muros au début du XXème siècle rue Pied Gaillard puis rue de l’Hardy et enfin retourner à l’Espinet.

De cette union vont naître donc neuf enfants, quatre filles et cinq garçons. Trois de ces enfants n’atteindront pas l’âge adulte, Augustine née en avril 1889 décèdera quelques mois après sa naissance, Marius Léon né en octobre 1898 disparaîtra à l’âge de cinq ans et neuf mois et Caroline Thérèse venue au monde en février 1903 décèdera en avril 1904. Sa mère Louise la rejoindra dans la mort quelques mois après, le 26 avril 1905.

A cette date, sa file aînée Victoria Louise née en mars 1884 s’est déjà mariée avec Alfred Cappeau le 27 septembre 1902. Elle vivra jusqu’en 1958.

Léonie, la cadette née en 1885 prendra pour époux Jules Pommier le 10 février 1906, on va le lire ci-dessous.

Le premier garçon du couple arrive le 03 juillet 1891. Il s’agit de Gabriel Jules Victor qui, malgré les deux blessures contractées pendant la Grande Guerre atteindra un âge avancé et s’éteindra à Beaucaire en 1985 !

Enfin voici Paul Auguste, le Poilu né en 1894.

Voici donc la première photographie de la fratrie à l’occasion du recensement de 1896.

Victor et Louise, les parents, Victoria, Léonie, Gabriel et Paul, les enfants.

En 1906, la situation familiale a bien changé. Victor élève seul ses enfants puisque Louise est décédée. Victoria l’aînée a quitté le foyer en se mariant, contrairement à Léonie qui y est restée et y a ramené son mari Jules et son fils Henri. Un petit Julien, Jules Jean pour l’état-civil a complété la fratrie. Venu au monde le 09 décembre 1900, il se mariera en 1923 avec Marie Alexandrine Muret.

Les années passent. En 1911, seuls Louis et Julien demeurent avec leur père, quartier de l’Espinet.

De son côté, Paul est toujours présent au village. Il a appris à conduire des véhicules automobiles et il est devenu le chauffeur du docteur Marie Joseph Rochette.

Ce jeune médecin tout juste sorti de la faculté de médecine exerce sa profession au village et habite avec ses parents et sa grand-mère paternelle, quartier de l’Eglise. Les employés de maison, le chauffeur Paul Ruat et la bonne Marie Bonnefoi, résident également sous le même toit.

C’est là que la guerre trouvera Paul. La classe 1914 à laquelle il appartient sera appelée sous les drapeaux par anticipation, en septembre 1914. Le 08, Paul rejoint le 2ème Régiment du Génie à Montpellier.

Une fois n’est pas coutume, commençons par la fin qui mérite qu’on s’y attarde. Né en 1892 et incorporé en 1913, Louis fait partie de ces hommes qui sont sur place quand la guerre éclate et qui vont donc subir un maximum de pertes dans le minimum de temps, le premier mois de la guerre. C’est certainement sa qualité de chauffeur qui lui a fait intégrer cette unité.

Il passe ensuite au 1er Génie de Versailles en octobre 1916 puis cette unité étant scindée en deux pour soulager son administration, il gagnera le 21ème Régiment du Génie à sa création le 1er juillet 1917.

Direction le front d’Orient pour quelques compagnies de cette unité, pour y creuser des tranchées ou des galeries de mines. A Salonique, les Franco-Britanniques appuyés par des Italiens, des Serbes, des Grecs combattent les Bulgares, alliés des Turcs, des Autro-Hongrois et des Allemands.

Ce front sur lequel vont combattre 400 000 Français est loin d’être une destination touristique. Aux risques inhérents de la guerre qui tueront 10 000 combattants s’ajoutent ceux créés par les maladies. L’eau potable manque et pourtant il faut alimenter des centaines de milliers d’hommes en plus des populations autochtones. Des maladies inconnues sur le front oriental décimeront les troupes. Le paludisme tuera 10 000 soldats et rendra malades 150 000 autres qui ne seront jamais reconnus comme blessés de guerre. La dysenterie, le typhus, le scorbut, les maladies vénériennes en tueront 10 000 autres, sans oublier, à la fin de l’état 1918, la grippe espagnole.

C’est de complications causées par ce virus que mourra le Caderoussien Paul Ruat, le 16 octobre 1918 à Lesnicar ou Lesuica en Albanie, non loin de la frontière avec la Macédoine, non loin de la grande ville de Bitola ou Monastir autour de laquelle s’articula longtemps le front.

La ville où était implanté un hôpital annexe s’appelle de nos jours Leshnicë, en Albanie. Le 16 octobre 1918, Paul Ruat était âgé de 24 ans et 9 mois. Il avait eu la joie et le soulagement de vivre la fin des combats en Orient avec la capitulation de Bulgares et l’armistice du 28 septembre 1918.

Mais on continue à mourir de la guerre même quand les combats cessent.

 

Fiche matricule de Paul Auguste Ruat de Mémoire des Hommes.

Paul Auguste Ruat matricule 433 de la classe 1914, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Ruat est encore présent dans le Vaucluse et dans le Gard. Si quelqu’un reconnaît en Paul Auguste un ascendant  indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Emile Sauvage.

Deux mots sur la Guerre de ses deux frères

Gabriel Jules Victor (798-classe 1911 Avignon) soldat dans l’Infanterie, le sera blessé deux fois… le 23 janvier 1915 à Tracy-le-Mont par un éclat d’obus au bras gauche.

Louis Victor (1241-classe 1916) servira dans l’artillerie à compter un 07 janvier 1916, au 38ème R.A. puis au 115ème R.A. Il sortira indemne de la Grande Guerre.

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Alphonse Ruat.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-sixième Poilu: Alphonse Auguste Ruat.

Quatrième face du Monument aux Morts.

Une recherche pas des plus compliquée pour écrire la biographie d’Alphonse Ruat, premier des trois Ruat inscrits sur le monument aux morts de Caderousse. Pas de lien de parenté proche (frères ou cousins) entre eux.

Alphonse est né à Caderousse le 09 janvier 1882, fils d’un couple de Caderoussiens. Son père Jules Alphonse Ruat est baletier. Il est né en 1848 de parents cultivateurs. Sa mère, Marguerite Rose Valon exerce le même métier. Né en 1856, elle est la fille d’un cordonnier. Jules et Rose se sont mariés le 19 décembre 1875. Ils s’installent à l’abri des digues, rue Pied Gaillard.

Rapidement, la famille va s’agrandir avec la naissance de Julie Joséphine Rose, le 14 novembre 1876. Puis viendra Alphonse six ans après, porte Castellan.

Voici donc la famille au grand complet sur la liste nominative du recensement de 1896. Car Jules et Rose en resteront à deux enfants, une fille et un garçon qui vivront jusqu’à l’âge adulte, un choix, si choix il y a, vraiment moderne.

En 1906, comme on le voit, ils sont à nouveau seuls, rue Vénasque. Les enfants volent de leurs propres ailes, ou presque. En effet, le 28 octobre 1896, Julie s’est mariée avec un maréchal-ferrant du village, Martin Lucien Ribière, de six ans son aîné, originaire de Bollène.

Le 16 novembre 1903, c’est au tour d’Alphonse de quitter le foyer pour répondre à ses obligations militaires. Il est incorporé à Aix-en-Provence, au 55ème Régiment d’Infanterie où il passera trois années. Rendu à la vie civile, il retrouve Caderousse et ses parents le 18 septembre 1906. Il reprend le travail aux champs qu’il avait abandonné trois ans auparavant.

Alphonse se marie à Caderousse le 12 octobre 1909 avec une fille née à Orange mais résidant au village, Denise Thérèse Rosalie Gromelle. C’est la fille du boulanger ! Ils s’installent dans une ferme, quartier Saint-Trophime.  Rapidement, deux enfants vont naître, deux filles, Rose Juliette le 16 janvier 1910 puis Marie Rose Denise, le 18 février 1911….

 

…juste avant que ne passe l’agent recenseur. Un vrai bouquet de Rose cette famille, prénom venant de la grand-mère maternelle d’Alphonse, Marie Rose Loche. Un garçon a-t-il eu le temps d’être conçu avant la déclaration de guerre ? On ne le saura pas pour l’instant, les Archives numérisées de Caderousse s’arrêtant en 1912.

Alphonse est rappelé au 55ème R.I. le 11 août 1914. Ce petit retard lui sauvera la vie en août 14. Mais un destin cruel le rattrapera en 1915.
Dans un premier temps, il est muté au 114ème Régiment d’Infanterie de Parthenay le 17 mars 1915. Ce régiment est envoyé combattre les Allemands dans le bassin minier du Pas-de-Calais en mai 1915. Le 114ème rejoint des tranchées françaises dans ce front tenu plutôt par les Britanniques, en face de Loos, le 06 mai. L’Etat-major a programmé une attaque pour les jours qui suivent. Pour l’heure, ce sont des tirs d’artillerie que s’échangent les belligérants.

L’offensive débute le 09 et les combats s’étaleront sur deux jours.

Comme bien souvent, la préparation d’artillerie est insuffisante, le terme « nul » est même employé par le rédacteur du Journal de Marche du 114ème.

 

Rapidement, alors que les fantassins abordent les tranchées allemandes, le lieutenant-colonel conduisant l’assaut est tué.

 

Ce fait créera quelques désordres. Mais les hommes prennent assez facilement les tranchées allemandes de première et même de seconde ligne.

 

Tout paraît même trop facile. Il faut dire que les Allemands, peu touchés par les tirs d’artillerie n’ont pas opposé une résistance farouche. Normal, c’était leur plan ! Toujours est-il que les objectifs fixés par les chefs sont atteints comme cela est dessiné ci-dessous.

Mais bientôt, tout se gâte. En seconde partie de journée, les Allemands se mettent en tête de reconquérir le terrain perdu. Affaiblis et fatigués par l’attaque, les Français doivent résister tant bien que mal.

La nuit venue, des échanges de grenades continuent puis au petit matin du 10 mai, la contrattaque allemande prend de l’ampleur, plus violente que jamais.

 

C’est difficile de résister sans hommes frais et alors que les munitions s’épuisent. Les nids de résistance français sont peu à peu nettoyés…. si bien qu’au 10 au soir…

…on est dans la même situation qu’au 09 au matin !

Petite nuance mais de taille ! Le bilan humain:

22 officiers et 1 409 hommes du rang mis hors-de-combat en 48 heures. C’est plus de la moitié du régiment qui est absent à l’appel. Parmi les tués, ce 10 mai 1915, Alphonse Ruat de Caderousse. Il était âgé de 33 ans et 4 mois.

Fiche matricule de Alphonse Auguste Ruat de Mémoire des Hommes.

Alphonse Auguste Ruat matricule 613 de la classe 1902, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Ruat est encore présent dans le Vaucluse et dans le Gard. Si quelqu’un reconnaît en Alphonse Auguste un ascendant  direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Louis Ruat.

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Paul Roux.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-cinquième Poilu: Paul Clair Roux.

Quatrième face du Monument aux Morts.

Quel cruel destin que celui des quatre enfants du couple formé par Jules Dominique Roux et Pauline Madeleine Bonneaud. Quand en février ou mars 1916, ils vont apprendre la mort de leur fils Paul Clair du côté de Verdun, ils vont se retrouver seuls, sans plus aucun enfant. Heureusement, leur fils leur a laissé une petit-fils né de son récent mariage. Nous allons voir tout cela en détail.

Jules Dominique Roux est né à Orange en 1858. Il est ouvrier en balais quand il épouse fin janvier 1882 une jeune fille de Montfaucon dans la Gard, Pauline Madeleine de trois ans plus jeune que lui. Le jeune couple s’installe à Caderousse, à mi-chemin entre Orange et Montfaucon mais surtout dans un village aux nombreuses fabriques de balais où ils vont pouvoir trouver tous deux de l’emploi.

Voici donc la première apparition des époux sur les listes nominatives de la commune sur le recensement de 1886. Ils habitent rue de l’Hôpital. Ils ont déjà connu un premier drame après un premier bonheur: le décès d’une petite Julie Jeanne née en avril 1884 décédée en août 1886.

A cette dernière date, Pauline attend un second heureux évènement pour bientôt. C’est peut-être le décès de Julie Jeanne qui va emmener le couple un moment bien loin de Caderousse. En effet (et cela m’a posé quelques problèmes lors des recherches) le second enfant du couple, Julien Paul Clair, va naître à… Philippeville, en Algérie, le 20 janvier 1887. Pourquoi cette escapade ? L’envie de vivre une aventure dans les colonies ? La présence de parents ou d’amis là-bas ? L’appât de gains et d’une vie meilleure ? Toujours est-il que cette naissance en Algérie est indiscutable…

…mais que ce séjour algérien ne durera pas. En effet, en 1891, pour le recensement suivant, Jules et Pauline sont de retour à Caderousse…

…toujours rue de l’Hôpital, depuis un an puisqu’un autre garçon est arrivé, à Caderousse, un petit Paul Clair, venu au monde le 25 juillet 1890, Paul Clair Roux, le futur Poilu ! L’agent recenseur a bien noté les deux enfants du couple mais avec des renseignements fantaisistes pour les âges: 4 et 9 ans en lieu et place de 9 ans et quelques mois !

Un quatrième enfant, une fille, Marie Jeanne naît le 18 juillet 1895.

Sur le recensement de 1896, les trois enfants sont présents, la petite Marie quelques mois avant avant sa disparition car elle décède à cinq jours de son premier anniversaire, en juillet 1896.

1901, les garçons grandissent et Julien atteint l’âge de quitter l’école pour commencer à gagner sa vie.

1906, il n’est plus là ! Malheureusement, il n’a pas quitté la famille pour voler de ses propres ailes mais il est décédé à son tour, au domicile de ses parents, le 28 octobre 1902 à l’âge de quinze ans. Troisième drame pour Jules et Pauline !

L’heure du service militaire approche pour Paul mais lui va faire preuve d’originalité par rapport aux jeunes gens de son âge. Au lieu d’attendre la fin de cette période militaire pour se marier, il va en quelque sorte devancer cet appel et convoler en justes noces avec une jeune fille de Caderousse, Thérèse Antoinette David, le 19 novembre 1910. Les jeunes époux vivent sous le même toit que les parents comme l’atteste le recensement de 1911.

C’est aussi avant son départ pour l’armée que va naître le 08 août 1911 un premier bébé Julien (hommage à son frère aîné disparu) Justin. Deux mois plus tard, Paul est appelé au 55ème Régiment d’Artillerie de Campagne où, malgré le fait qu’il soit soutien de famille, il va rester deux années, jusqu’au 8 novembre 1913.

Moins de neuf mois après sa libération, il est de retour dans le même régiment après la mobilisation générale du 03 août 1914. Maître-pointeur, Paul est donc celui qui applique les ordres des supérieurs en réglant les tirs.

1916, Verdun, l’enfer de Verdun, le 55ème R.A.C. soutient l’infanterie tant bien que mal dans le secteur de Mort-Homme, au bois de Malancourt. Paul sert à la 6ème Batterie. Le 22 février, un obus allemand tombe sur celle-ci lors d’un échange de tirs.

Rouanet, l’un des servants de la pièce est tué sur le coup tandis que Paul Roux et Jullian sont grièvement blessés. Ils sont transportés à l’arrière à l’hôpital de campagne de Villers-sur-Meuse dans la Marne.

C’est là que Paul Clair Roux va rendre l’âme le 28 février 1916. Il est âgé de 25 ans et 7 mois. Il laisse un petit orphelin qui deviendra Pupille de la Nation par jugement du Tribunal d’Orange le 05 décembre 1918 et une veuve qui se vêtira de la tenue noire réglementaire des veuves de guerre.

Fiche matricule de Paul Clair Roux de Mémoire des Hommes.

Paul Clair Roux, matricule 971 de la classe 1910, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Roux est très présent dans le sud de la France. Si quelqu’un reconnaît en Paul Clair un ascendant  direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Alphonse Auguste Ruat.

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Edgard Auguste Roux.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-quatrième Poilu: Edgard Auguste Roux.

Quatrième face du Monument aux Morts.

Edgard avec un D à la fin, tel que l’a transcrit l’Officier de l’Etat-civil d’Orange qui l’a enregistré par son prénom à la lettre E, sans son nom, après sa naissance le 03 novembre 1891…jusqu’à ce que sa mère, Marguerite Augustine Rosine Roux ne le reconnaisse officiellement, une fois remis de son accouchement, le 19 janvier 1892.

Un peu particulière la fratrie des neuf enfants Roux, tous nés de père inconnu et ayant donc pour seul parent leur mère Augustine Roux. Rien d’étonnant pour moi car cela semble être la copie conforme d’une partie de mon histoire personnelle. Donc, officiellement pas de père pour les frères et soeurs Roux mais un géniteur bien présent, toujours le même, un certain Denis Millet, cordonnier de son état,  né en 1851, inscrit à titres divers sur les actes de naissance et les listes nominatives des recensements de 1906 et 1911 à Caderousse. Pourquoi donc ces enfants naturels alors que le couple officieux Millet-Roux semble solide ? Une première épouse de Denis disparue sans laisser de trace ? Une séparation sans divorce ? Et bien entendu l’impossibilité alors de reconnaître les enfants nés en dehors du mariage officiel. Pures supputations mais on ne doit pas être bien loin de la vérité. Les temps ont heureusement changé.

Marguerite Augustine Rosine Roux n’a que dix-huit ans quand elle met au monde son premier enfant, Eugène Désiré, le 08 mars 1890 à Courthézon. Un enfant qu’elle oubliera de reconnaître mais qui vivra avec elle. Elle rectifiera cela le 10 janvier… 1911, à Caderousse. Mieux vaut tard que jamais !

La famille déménagera ensuite à Orange, quartier de Merveilles chez un certain cordonnier Denis Millet dont on a déjà parlé. Naîtra alors notre futur Poilu Edgard Auguste Roux le 03 novembre 1891 bientôt suivi de trois autres bambins, Arthur Edouard qui deviendra cordonnier à son tour en 1893, Marcel Etienne en 1896 et une première fille, Léa Virginie, née en 1900, tous reconnus dans les semaines qui suivent leurs arrivées au monde par leur mère, une fois qu’elle peut se déplacer. Tous ces enfants vivront jusqu’à l’âge adulte, le seul à mourir jeune étant le futur Poilu Edgard.

Avec le XXème siècle naissant, « la famille » quitte Orange et déménage au Boulegon à Caderousse où Denis Millet vient réparer les chaussures et les lanières en cuir des Caderoussiens. De nouveaux petits Roux vont agrandir la fratrie. Une fratrie conséquente à la lecture de la liste nominative de 1911…

…les aînés sont toujours là, en tout cas officiellement car on apprend par ailleurs que les deux aînés Denis et Edgard travaillent comme maçons à Salon, dans les Bouches-du-Rhône, à la même date.  Trois nouveaux enfants les ont rejoint: Louis Gilbert en 1905, Léopold Joseph en 1908 et Marie Thérèse en 1910. N’oublions pas la petite Alice Sylvie non mentionnée sur ce document de 1911 et pour cause… née le 09 novembre 1906 , elle décède un petit mois plus tard.

Eugène Denis va remplir ses obligations militaires de 1911 à 1913 au 173ème Régiment d’Infanterie de Nice. Bénéficiant de la présence de son frère sous les drapeaux, Edgard ne fera qu’une seule petite année à l’armée du 10 octobre 1912 au 23 août 1913, au 58ème R.I. d’Avignon. Il ne part pas très loin de chez lui mais… cela lui sera fatal !

Lors de la mobilisation générale, il rejoint le 58ème R.I. en quelques heures et dès les 5 et 6 août la troupe embarque à la gare de Pont d’Avignon, alias Villeneuve-lèz-Avignon, pour le nord-est de la France, Vézelise non loin de Nancy, rejoint en vingt-quatre heures. Cette histoire, on l’a déjà racontée dans la biographie d’Auguste Aubert, légèrement plus âgé qu’Edgard mais qui se côtoyèrent sous les drapeaux et au village.

Quelques marches forcées pour rejoindre la frontière franco-allemande qui depuis 1871 suit la limite du département de Meurthe-et-Moselle. La troupe y arrive le 10 en milieu d’après-midi. Le général commandant le secteur, le général de Castelnau, est clair. Il demande aux gradés sous ses ordres de « ne rien faire » jusqu’au 14 août. Mais le général commandant le 58ème d’Avignon s’aperçoit aux jumelles  que la ville de Lagarde, là-bas au loin, en Lorraine allemande est mal défendue… et qu’on pourrait aller la libérer en étant ainsi le premier à libérer une ville occupée. Allons y sans tarder puisque dans trois mois, on sera à Berlin !

L’église de Lagarde, en Moselle de nos jours.

Alors, ne flairant pas le piège, il lance ses bataillons ce 10 au soir sur Lagarde sans l’appui d’aucune artillerie. Les quelques défenseurs allemands fuient comme des lapins et les soldats français s’installent dans Lagarde libérée pour passer une nuit tranquille !

Le lendemain matin, le réveil est tout autre. Un déluge d’une artillerie que ce pauvre Lescot n’avait pas vu tant elle était bien camouflée, s’abat sur les pauvres pion-pions vauclusiens, gardois et bucco-rhôdaniens. Plus qu’un baptême du feu, un baptême de sang ! Bilan entre cinq cents à neuf cents hommes mis hors-de-combat en quelques heures, une fuite, une débandade même et pour le général Lescot, un limogeage en bonne et due forme.

Edgar Auguste Roux ne sera jamais retrouvé après ce terrible 11 août 1914. Premier mort de Caderousse de la Grande Guerre à l’instar d’Auguste Aubert, Edgard Auguste était âgé de 22 ans et 9 mois.

Fiche matricule de Edgard Augustin Roux de Mémoire des Hommes.

Edgar Augustin Roux, matricule 796 de la classe 1911, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Roux est très présent dans le sud de la France. Si quelqu’un reconnaît en Edgard Augustin un ascendant  indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Paul Clair Roux.

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Jean Désiré Roumieux.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-troisième Poilu: Jean Désiré Roumieux.

Quatrième face du Monument aux Morts.

On pourrait titrer cet article: Des Gardois à Caderousse. En effet, autant Pierre Désiré le père de Jean Désiré que Joséphine Thérèse sa mère sont nés sur la rive droite du Rhône, le long du fleuve tous les deux.

Ce sont les parents de Joséphine qui sont venus s’installer à Caderousse dans les années 1860, originaires de Saint-Etienne-des-Sorts.

Charles Gromelle, son épouse Scholastique Baudin et leurs enfants ont posé leurs valises aux Cabanes. Joséphine Thérèse née en 1859 dans le Gard connaît quelques problèmes d’identité pour cause d’une transcription sur son acte de naissance. En effet l’officier d’Etat-civil stéphanois avait écrit Groumel en lieu et place de Gromelle et, malgré une rectification officielle, les actes suivants oscilleront entre les deux orthographes.

Pierre Désiré Roumieux de son côté est originaire de Roquemaure. Né en 1855, il a été marié une première fois à une Nîmoise, Marguerite Sabatier qui semble lui avoir donné deux enfants. Mais elle décède dans la préfecture du Gard le 14 janvier 1884 et quelques mois après, Pierre Désiré se remarie avec Joséphine Thérèse Gromelle à Caderousse, le 25 juin 1884. La ferme et l’éducation des enfants raccourcissaient la période de deuil à l’époque.

Les époux s’installent au quartier du Panier, non loin des parents de Thérèse…

… comme l’indique le recensement de 1886. Un recensement dont on est sûr qu’il a été effectué dans les premiers mois de l’année puisque Marie Rose, le premier enfant du couple, né le 21 juin 1886 n’y apparaît pas. Marie Rose s’offrira un époux pour Noël 1904, Henri Sosthène Cappeau, . Elle vivra encore soixante-dix ans après cette date.

Le couple se déplace ensuite aux Cabanes où va naître Jean Désiré, le futur Poilu, le 09 août 1888.

En 1891, le foyer compte six personnes. En effet aux deux enfants du second mariage sont venus s’ajouter Hermitine (peut-être?) et Louis, nés de la première union. Ils ne tarderont pas voler de leurs propres ailes.

L’année suivante, le 03 octobre 1892, arrive le dernier enfant de la fratrie, une fille, Augustine Rosalie. Voici donc la famille au complet avant que le vie ne disperse ses membres.

La famille au recensement de 1896 aux Cabanes.

Rose va se marier, on l’a dit plus haut puis Désiré est appelé par l’Armée pour sa période de formation militaire. C’est à Toulon qu’il va passer deux années, au 111ème Régiment d’Infanterie, du 08 octobre 1909 au 24 novembre 1911. A peine revenu aux Cabanes, il va s’unir au village à Henriette Louise Litot, une baletière de trois ans sa cadette. Les noces se déroulent le 09 juin 1912. Le 18 octobre de la même année naît rue Vénasque une petite Marie-Jeanne.

Moins de deux ans plus tard, le 03 août 1914, Désiré rejoint Antibes, base des réservistes du 111ème R.I. Le 09 août, le régiment s’embarque en train pour le nord-est de la France… jusqu’à Diarville. Nous sommes dans un secteur connu que plusieurs Poilus caderoussiens ont visité… Visite au pas de course car commencent alors des marches forcées pour aller au devant des troupes allemandes.

Le 11, seize kilomètres jusqu’à Ceintrey-Voinemont, le 12, quinze kilomètres jusqu’à Saffois-Vigneulles-Ferrières, le 13,  seize pour atteindre Drouville et le 14 encore une bonne quinzaine pour attaquer les Allemands chez eux, en Lorraine. L’ordre est simple; prendre Montcourt (Moncourt). Pas le temps de souffler pour les piou-pious du 111ème, ceux de 112ème également, on attaque !

Solidement retranchés, les canons et mitrailleuses allemands déciment les bataillons français. Un carnage ! Certes, Moncourt est prise mais au prix de centaines de morts, de blessés et de disparus.

La vision du Journal de Marche du 111ème en date du 14 août 1914 montre bien la confusion qui a régné. Dans un premier temps, Désiré sera considéré comme disparu avant que son corps ne soit retrouvé postérieurement (à quel moment ?) pour être inhumé à la Nécropole Nationale « Riche ». Le 14 août 1914, il était âgé de 26 ans et 5 jours. Son épouse recevra une aide de 150 francs le 13 juillet 1916 et deviendra officiellement veuve de guerre le 08 mai 1920.

Sur le front, les Allemands contrattaqueront dans les jours suivant le 14 août et n’auront aucune peine à enfoncer des régiments français épuisés et amoindris.

Fiche matricule de Jean Désiré Roumieux de Mémoire des Hommes.

Jean Désiré , matricule 317 de la classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Roumieux est peu présent en Vaucluse et dans le Gard. Si quelqu’un reconnaît tout de même en Jean Désiré un ascendant  direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Edgard Roux.

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Raoul Roche.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-deuxième Poilu: Raoul Auguste Louis Roche.

Sur la quatrième face du Monument aux Morts.

Pas évidente la biographie de ce Raoul Roche, l’Armée ayant placé un double obstacle.

Premier erreur, sur la fiche matricule de Mémoire des Hommes, un numéro de registre et une classe fantaisistes, 1908 pour un garçon né en 1891… 1 728 alors que le nombre de fiches s’arrête autour de 1 600 !

Seconde erreur, sur le registre matricule lui-même, Raoul est devenu Paul ! Ce n’est corrigé sur la table analytique de 1911… Heureusement ses second et troisième prénoms m’ont remis dans le droit chemin !

Ainsi donc Raoul Auguste Louis est né le 04 février 1891 à Caderousse, au Boulegon. Ses parents Adrien Henri Roche et Françoise Augustine Guérin sont tous deux du village. Le père Henri pour beaucoup, né en 1864 est menuisier puis  deviendra négociant, en bois et matériaux certainement. La mère Augustine est de 1867 et n’est pas directement de ma famille, celle d’Adrien Guérin, le Poilu MPLF. Henri et Augustine ont donc uni leurs destinées le 17 décembre 1889 à Caderousse et un peu plus d’un an après, Raoul, leur premier enfant est venu au monde.

En 1896, le jeune couple et leur enfant vivent sous le même toit que les parents d’Henri, Mathieu (Frédéric) Roche et (Marie) Louise (Amandine) Paget, toujours au Boulegon.

Un second enfant va venir compléter et terminer la fratrie, Auguste Frédéric né le 23 février 1901. C’est un bébé de 2 mois qui est enregistré au recensement de 1901.

Le père est donc devenu négociant et il s’est installé sur la Grand Place, qui deviendra Place Jean-Jaurès après guerre.

Après cette date, il semble que la famille ait quitté Caderousse pour Orange. On la retrouve en 1911 rue de la Fabrique, à quelques pas de Pourtoules.

Ayant perdu sa femme, le père d’Henri est venu rejoindre son fils à Orange. Raoul, de son côté, n’est plus là depuis quelque temps. En effet, il a devancé l’appel et s’est engagé pour trois ans dans l’Armée le 15 février 1909… d’où le 1908 de la fiche matricule…! Il a rejoint dans un premier temps le 17ème Régiment de Dragons de Vienne. Puis il est passé au 16ème Escadron du Train des Equipages Militaires en février 1911. Brigadier fourrier il sera rendu à la vie civile un an plus tard, le 15 février 1912.

Pas pour très longtemps puisque deux ans et demi après, la mobilisation générale le ramène dans cette unité du Train le 03 août 1914. Promu Maréchal des Logis, il passe ensuite dans l’artillerie lourde, au 55ème R.A.L. d’Orange le 07 février 1916 puis au 83ème R.A.L. un mois plus tard et enfin au 86ème R.A.L. de Lyon le 11 avril 1916. C’est dans le secteur de Verdun que son destin va basculer, fin août 1917.

La grande bataille de 1916 est bien sûr finie depuis longtemps mais Pétain imagine une seconde bataille, déclenchée le 20 août 1917 et qui durera jusqu’au 18 septembre. Bilan, quelques kilomètres gagnés aux Allemands avec l’Artillerie énormément sollicitée. En effet, 120 000 tonnes obus seront tirées ce qui représente environ 6 tonnes au mètre-carré ! Pas étonnant que cette terre de Verdun soit devenue inculte à tout jamais ! Quant au coût d’une telle offensive, elle aurait tout simplement mis en faillite les finances de l’Etat si elle avait été reproduite ailleurs, ce déluge de feu ayant coûté la bagatelle de 700 000 francs de l’époque !

C’est dans le Bois des Hospices…

…sur le territoire de la commune disparue de Fleury-devant-Douaumont (aujourd’hui commune d’Eix)  que la 8ème batterie dans laquelle sert Raoul Roche est installée. C’est l’Historique du 86ème Régiment d’Artillerie Lourde

…qui nous raconte les faits qui se sont déroulés le 25 août 1917.

Une bombe allemande est tombée sur les cuisines à l’heure de la soupe et a tué sur le coup le Maréchal des Logis Raoul Roche et a blessé quatre autres hommes dont deux ne survivront pas à leurs blessures.

Le 25 août 1917, Raoul Roche était âgé de 26 ans et 7 mois. Il venait de se marier à Hortense Andréa Marie Ayel d’Orange depuis moins d’un mois !

La publication des noces de Raoul et Hortense à Orange, le 24 juillet 1917.

Fiche matricule de Raoul Auguste Louis Roche de Mémoire des Hommes.

Raoul Auguste Louis, matricule 794 de la classe 1911, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Roche est encore bien présent en Vaucluse et à Caderousse. Si quelqu’un reconnaît en Raoul Auguste Louis un ascendant  direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Jean Désiré Roumieux.

Le paysage lunaire de Verdun en août 1917.

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Marius Roche.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-unième Poilu: Marius Léopold Roche.

Sur la quatrième face du Monument aux Morts.

Avec Marius Roche, on a encore affaire à un jeune Poilu qui ne fut appelé qu’après la déclaration de guerre, en septembre 1914 seulement. Marius est en effet né à Caderousse le 17 octobre 1894, la classe 1914 donc.

A l’Hôtel de Ville de Caderousse, ses parents sont passés devant non pas Monsieur le Maire, Officier de l’Etat-civil, mais son premier adjoint, Claude Roche, un proche du marié, pour se dire « oui » le 14 octobre 1891. Anthime Antoine Roche né en 1865 est l’un des boulangers du village tandis que Marie Elisabeth Carles, née en 1870, est la fille d’un couple de cultivateurs. Les jeunes mariés  vont s’installer rue de l’Escurier.

Rapidement deux enfants vont venir agrandir la famille d’Antoine et de Marie. Une fille tout d’abord, Joséphine Antoinette Rose le 19 juillet 1892 . Cette dernière se mariera le 20 juin 1914 avec un certain Sauveur André Georges Berbiguier. Deux ans après un garçon, Marius, le futur Poilu pointe le bout de son nez. Entre ces deux heureux évènements, le père a abandonné la farine pour la paille en devenant ouvrier en balais et la famille vit rue Saint-Joseph.

Au recensement de 1896, on retrouve les parents et les deux enfants, rue Saint-Michel.

La famille au complet en 1901…

…puis en 1906…

…quartier du Brout ou des Cabannes, où le père se déclare à nouveau « ouvrier en balais » chez Bourret. On peut penser qu’après avoir quitté la boulangerie, Antoine travaillera quelques terres et fera en parallèle quelques heures chez un patron d’une fabrique de balais. Ce que confirme le recensement de 1911:

Antoine est à nouveau ouvrier en balais.

Marius travaille donc à le ferme du Brout avec son père et attend que son service militaire soit passé pour choisir sa vie future. Comme tous les jeunes nés en 1894, il est appelé à la guerre en anticipation le 06 septembre 1914 au 2ème Régiment d’Artillerie de Montagne. C’est dans ce régiment d’artilleurs alpins que servira le frère de mon grand-père, mon grand-oncle Séraphin Guérin à partir du 25 août 1916. Il ne croisera pas Marius Roche puisque ce dernier  a été tué au combat onze mois plus tôt, le 25 septembre 1915.

Après les classes à Nice, entre Méditerranée et contreforts des Alpes, du côté de Luceran, voilà Marius qui rejoint la 50ème Batterie créée en avril 1915. Fin juillet 1915, direction les Vosges pour les 190 hommes, les 16 sous-officiers, les 4 officiers, les 19 chevaux et 91 mulets de la 50ème Batterie du 2ème R.A.M. Gérardmer puis la ligne de feu: le Reichakerkoff dont on a déjà parlé ici, le Kilbel, le Mittelberg, autant de sommets tenus par les Allemands que les artilleurs alpins pilonnent. Le 19 septembre, le train à nouveau pour la 50ème Batterie pour rejoindre Troyes et la Champagne. Un secteur connu, celui de Suippes, Perthes-les-Hurlus… L’unité doit y appuyer le 2ème Corps d’Armée Colonial.

Le 25 septembre, une demi-batterie, celle de Marius, est installée sur la route de Souain au Bois Carré et l’autre au sud de ce Bois Carré. Les artilleurs doivent appuyer l’attaque des fantassins mais comme celle-ci réussit à prendre une première tranchée allemande plus facilement que prévu, la batterie doit avancer pour se repositionner plus haut sur le front. Pendant son déplacement, elle est violemment prise à partie par l’artillerie allemande.

Plus loin, ce sont des mitrailleuses allemandes qui déciment artilleurs et animaux. Les hommes et les mulets tombent comme des mouches.

Les survivants doivet se replier en désordre. Bilan de cette journée…

2 morts, 19 blessés et 12 mulets tués ou blessés. Les deux morts…

…le Caderoussien Marius Roche et le Gardois de Montfrin Cyprien Biot. Ce 25 septembre 1915, Marius Roche était âgé de 22 ans et 11 mois.

Fiche matricule de Marius Léopold Roche de Mémoire des Hommes.

Marius Léopold Roche, matricule 430 de la classe 1914, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Roche est encore bien présent en Vaucluse et à Caderousse. Si quelqu’un reconnaît en Marius Léopold un ascendant  indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Raoul Roche.

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