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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Ludovic Roche

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt dix-neuvième Poilu: Ludovic Albert Roche.

Sur la quatrième face du Monument aux Morts.

Ludovic est né à Caderousse, à l’île du Colombier, entre Rhône et Aigues, le 01 juillet 1896. C’est le petit dernier d’une grande fratrie de six enfants… six garçons.

Joseph Pierre Roche épouse le 16 octobre 1873 Françoise Antoinette Maurin. Ce sont tous deux enfants du village. Le jour des noces, Joseph va vers ses vingt-neuf ans alors que sa promise a un peu moins de dix-sept ans. Une importante différence d’âge entre l’homme et la femme, une mariée très jeune mais ce sont des choses assez courantes à l’époque.

Ils s’installent quartier Fazende, à la Grand’Grange. C’est au début des années 1890 que les parents prendront une ferme plus près du Rhône pour travailler les riches terres agricoles de l’île du Colombier.

Rapidement un premier enfant paraît, Pierre Marius Louis né le 29 décembre 1874. Cinq autres garçons suivront jusqu’en 1896 et la naissance de Ludovic, au prénom étrangement moderne. Vingt-deux ans d’écart entre Pierre et Ludovic… nous ne pourrons vous présenter la fratrie au grand complet lors d’un recensement, les aînés étant partis quand les plus jeunes arriveront.

En 1886, quatre enfants sont là. Quelques repères sur leurs existences.

Pierre va se marier en 1899 avec une certaine Augustine Françoise Joséphine Roche de Caderousse, des Roche qui ne connaîtront pas de deuil par la guerre.

Jean-Paul Abel né le 07 février 1876 disparaîtra à l’âge de 9 ans et 10 mois, en 1895.

Marius Napoléon Hippolyte viendra au monde le 18 décembre 1877. Il prendra pour épouse Emilie Marie Millet en 1900, une nièce d’un de ses parents qui s’installa un temps à la ferme comme on peut le lire sur le recensement de 1896.

Marius Napoléon, on peut en déduire à la lecture ce prénom que Joseph ou Françoise étaient certainement Bonapartistes !

Julien Martial enfin est né le 12 avril 1882. Le 02 février 1907, il unira son destin à celui de Julienne Paulia Sophie Perrin.

Céleste Jacques Jules est né le 14 avril 1887.

1901. Voici donc Ludovic Albert déjà âgé de 5 ans qui apparaît sur le premier recensement du XXème siècle. A noter que les recensements étaient systématiquement effectués lors du premier semestre.

En 1906, les trois aînés étant partis sous d’autres cieux, les parents ont pris des domestiques pour les aider dans leurs travaux quotidiens, à la ferme et aux champs, Fernand Garnier et Fernande Goudet, de très jeunes gens en âge de travailler, venus du Gard voisin. Dès quatorze ans, on était en âge de gagner sa vie.

En 1911, la famille s’est agrandie avec le retour de Julien et son épouse Paulia. Célestin s’est marié  à une fille de Codolet qu’il devait rejoindre en empruntant le bac à traille de l’Ardoise, juste à côté du fameux téléphérique des betteraves sucrières, témoin d’une modernité insoupçonnée. Il s’agit de Marguerite Marie Baptistine Arnaud qui a rejoint la ferme du Colombier et a mis au monde deux enfants, Gaston en 1907 et César en 1910. L’année suivante, le couple s’installera d’ailleurs à Codolet et après-guerre à Piolenc puis à Mornas.

Quand la guerre éclate en 1914, les quatre aînés Roche de l’île vont rejoindre l’armée, Pierre chez les Chasseurs à Pied, Marius un peu tard, fin septembre 1914, au 58ème R.I. d’Avignon ce qui lui sauvera la vie, Julien au 52ème R.I. de Montélimar et Célestin, l’ancien clairon au 163ème R.I. Il sera d’ailleurs rapidement blessé au col du Bonhomme le 15 août 1914 d’une balle dans le mollet gauche.

Ludovic encore éloigné des radars des recruteurs de l’armée attendra le 10 avril 1915 pour rejoindre le 98ème R.I. et faire son apprentissage militaire. A cette date, son frère Célestin a déjà subi une seconde blessure. Remis de celle au mollet et de retour au front, il repart à l’hôpital après avoir pris un éclat d’obus sur le côté gauche le 31 octobre 1914 à Lihons.

Ludovic se retrouve au 44ème R.I. 1er Bataillon, 3ème Compagne, le 05 octobre 1916. Il s’agit d’un régiment venu du Doubs, de Lons-le-Saunier et Montbéliard. Cette unité tient le front en Champagne, du côté de la Main de Massiges…

…dont on voit toujours les doigts sur les vues aériennes de 2018. Bien que le secteur soit relativement calme, un mois plus tard, le Journal de Marche du 44ème de Ligne nous apprend que Ludovic est le seul tué de son régiment le 09 novembre 1916.

Une balle perdue ou un éclat d’obus ? Le 09 novembre 1916, Ludovic était tout juste âgé de 20 ans et 4 mois.

La guerre n’en est pas pour autant finie pour ses frères. Julien partira pour le front d’Orient le 17 janvier 1917 et y restera dix-sept mois, jusqu’au 09 juin 1918, un lointain voyage pour le petit paysan de l’île du Colombier. Célestin connaîtra une troisième blessure, le 28 mai 1918. Puis comme bien des Poilus, il contractera la grippe espagnole doublée de complications pulmonaires le 09 octobre 1918, ce qui l’enverra à l’hôpital jusqu’au 25 novembre 1918, deux semaines après l’Armistice. Pour ces trois blessures, deux maladies, il recevra deux citations et la Médaille Militaire.

Fiche matricule de Ludovic Albert Roche de Mémoire des Hommes.

Ludovic Albert Roche, matricule 1092 de la classe 1916, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Roche est encore bien présent en Vaucluse et à Caderousse. Si quelqu’un reconnaît en Ludovic Albert un ascendant  indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Marcel Roche.

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Auguste et Louis Roche (généalogie).

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt dix-septième et quatre-vingt-dix-huitième Poilus: Auguste Roger et Louis Joseph Roche.

Sur la quatrième face du Monument aux Morts.

Les familles recomposées ne datent pas de notre modernité, vous allez le constater à travers ces quelques lignes biographiques sur les frères Auguste et Louis  Roche ! En effet, quand Pierre Roche, cultivateur né à Caderousse en 1845 et père des futurs Poilus épouse Marie Violon née à Sabran dans le Gard en 1846 et mère d’Auguste et Louis, il en est à ses troisièmes noces et son épouse à ses secondes ! Une différence toutefois par rapport à nos jours, ce sont des décès qui provoquaient des remariages.

Pierre Roche se marie donc une première fois avec Marguerite Marthe Arnaud en 1869 à Caderousse. Cette dernière lui donne un enfant Joseph Marius le 12 février 1870 mais elle décède cinq mois plus tard. Comble de malchance, l’enfant décède à son tour fin octobre de la même année 70.

Cinq années passent et Pierre Roche épouse en secondes noces une fille de Lapalud, Marie Elisabeth Bruguier. La cérémonie se déroule dans l’autre capitale des balais le 22 novembre 1875. Une petite Marie Rose vient au monde début septembre 1877 ce qui sera fatal pour sa mère. Marie Elisabeth décède le 30 septembre. Voilà donc Pierre Roche une seconde fois veuf !

A peu près à la même époque, Marie Miolon, la future Mme Roche, se marie avec un dénommé Pierre Marius Reynaud, originaire de Bagnols et cordier de son métier. Les noces ont lieu à Sabran. En 1875 nait un garçon prénommé  Marius. La famille vient s’installer à Caderousse où le père de famille décèdera en octobre 1878.

C’est le 05 avril 1880 que Pierre Roche prend pour épouse en troisième noce Marie Miolon. Un premier enfant, Louis Joseph, arrive rapidement le 19 avril 1881. Va suivre une petite fille, Marie Léonie en 1883 qui ne vivra qu’un peu plus de huit mois. Puis voici Auguste Roger, le second Poilu né le 23 novembre 1884.

Voici donc la famille recomposée en 1886, rue de l’hôpital côté gauche. Autour du couple des parents Roche-Miolon, on voit le fils de Marie, Marius Reynaud, les deux enfants du couple Auguste et Joseph et une invitée surprise, Rose Triat, âgée de 15 ans qui travaille aux balais comme son oncle et sa tante.

Dix ans plus tard, une petite Florentine Olympe nait en 1888 pour compléter la fratrie.

Louis loue ses bras comme manoeuvre. Il ne va pas tarder à être appelé par l’armée pour son service militaire. Du 16 novembre 1902 au 03 octobre 1905, il sera canonnier au 38 Régiment d’Artillerie de Campagne de Nîmes.

De son côté, son petit frère Auguste sera plus verni en ne restant qu’une année sous les drapeaux, en bénéficiant du fait d’avoir un frère à l’armée. Lui, ce sera l’infanterie à Arles au 58ème R.I. caserné en Camargue et en Avignon. Il n’y restera qu’une seule année, du 08 octobre 1905 au 18 septembre 1906.

Leurs obligations militaires passées, les deux frères vont prendre épouses à leur tour.

Tout d’abord Auguste va unir sa destinée à celle de Louise Mondan, une ouvrière des balais âgée de 22 ans le jour des noces, le 23 novembre 1907. Cette dernière aura la douleur de perdre son mari pendant la Grande Guerre, on y reviendra, mais aussi son petit frère, André Paul mort à l’âge de 21 ans à Oisy, dans l’Aisne, on en a parlé. De cette union vont naître deux enfants (au moins): Raoul Auguste Pierre le 05 mars 1909, rue de la Masse puis Andréa le 02 mars 1911, rue de l’Hôpital. Tous deux seront déclarés Pupilles de la Nation le 29 janvier 1919.

La famille d’Auguste Roche en 1911.

A cette date de 1911, les parents vivent seuls à Caderousse, leurs trois enfants s’étant mariés.

Florentine a pris pour époux Marius Frédéric Lazard à Caderousse le 04 avril 1908 juste avant Louis qui s’est marié avec Marie Léonine Bernard de Codolet. Après le mariage, le 1er août 1908, le couple s’est installé dans le Gard puis a déménagé à Chateauneuf-du-Pape en 1913 pour se mettre au service d’un domaine viticole. Il entraînera d’ailleurs son petit frère Auguste qui lui aussi quittera Caderousse pour Chateauneuf quelques jours après.

Dans moins d’un an, tout ce bel ordonnancement sera mis à bas avec la déclaration de guerre !

A suivre: Auguste et Louis Roche (historique)

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Henri Roche.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt seizième Poilu: Henri Fernand Roche.

Sur la quatrième face du Monument aux Morts.

Henri Roche est né le 14 novembre 1888 à Caderousse au quartier du Panier autrement appelé la Grand Grange. C’est seulement après le décès de son père que la famille nombreuse migrera dans l’île de la Piboulette.

Louis Ignace Roche, le père en question est un Caderoussien de souche né en 1854. Il se marie à Rasteau avec une fille de cette commune viticole, le 09 août 1882. Marie Thérèse Brès, la mariée, est un peu plus jeune que son époux, née en 1859. Le couple va s’installer dans une ferme à Caderousse et la famille va s’agrandir !

Au recensement de 1886, deux garçons sont arrivés: Marius Louis en 1884 qui vivra jusqu’à l’âge de 71 ans sans quitter le village et Adrien Pierre en 1886 qui prendra pour épouse Marie Pavier en 1920 mais décèdera avant son aîné, en 1947. On reparlera plus tard des parcours de Poilus des frères d’Henri.

Dix ans plus tard, en 1896, trois autres petits sont arrivés. Deux autres garçons, Henri à qui cet article est consacré et Albert Etienne né en 1891 qui vivra jusqu’en 1972, puis une première fille, en 1896, Valentine Marie Louise qui prendra pour époux un certain Fernand Emile Leyraud de retour de la guerre.  A noter que la mère de Thérèse, Rose Vainsin ou Vaintin est venue finir ses jours à Caderousse auprès de sa fille après le décès de son mari à Rasteau.

Dix ans de plus sont passés et la famille est au complet en 1906. Après quatre garçons, le couple a donc eu,  trois filles Valentine Marie dont on a déjà parlé puis Claire Paulia et Adrienne Anne. Paulia est née en 1900 et se mariera en 1921 avec Louis Justin Aubert. Elle vivra suffisamment longtemps pour connaître les deux premiers mois de la présidence de François Mitterrand ! Quant à la petite dernière, Adrienne née en 1902, elle vivra quinze mois de plus que Paulia. Mon propos ressemble à un énoncé de problème en mathématiques !

Faits remarquables, tous les enfants du couple Roche-Brès vivront jusqu’à l’âge adulte et la mortalité infantile ne touchera pas cette famille. Ce sera la Grande Guerre qui amènera le premier deuil dans la fratrie avec le décès d’Henri en 1914. Auparavant, le père de famille Louis Ignace aura quitté les siens, le 17 avril 1908 à l’âge relativement jeune de cinquante-quatre ans.

Marius n’est pas mentionné dans le recensement de 1906 car à cette date, il termine un service militaire réduit à une seule année en tant qu' »aîné d’une fratrie de sept enfants ». Après lui, Adrien effectuera deux années chez les Chasseurs à Pied de Villefranche-sur-Mer de  1907 à 1909. Puis ce sera autour d’Henri de goûter à la grandeur et aux servitudes de la vie militaire du 07 octobre 1909 au 24 septembre 1911 au 3ème Régiment d’Infanterie de Marseille. Enfin Albert appelé sous les drapeaux le 10 octobre 1912 sera sur place quand la guerre éclatera et fera donc sept années très loin de Caderousse. La lecture des registres matricules des Roche du Panier nous apprend que tous ces garçons étaient de petite taille, entre 1 mètre 51 pour Henri à 1 mètre 56 pour Adrien, contrairement à leur père Louis qui était bien plus grand avec son mètre 65.

Après 1908 et le décès du père, la famille a migré dans l’île de la Piboulette, à la Grange Neuve.

La fratrie est à au complet en 1911. Une petite Louise Roche apparaît tout en bas de la liste. Prudent, l’agent recenseur ne se risque pas à donner le lien de parenté entre cette dernière et la chef de famille, Marie Thérèse Brés… nous non plus ! Un neveu de Rasteau, Auguste Leynaud, âgé de 14 ans vient aider ses cousins à mener les terres. Cette petite remarque nous apprend que Valentine Marie Louise s’est uni en 1919 avec un des ses cousins de Rasteau.

A l’appel du tocsin d’août 14, Marius, Adrien et Henri rejoignent leurs unités, le 3ème R.I. pour Henri, au camp de rassemblement des réservistes de Toulon. Quatre jours de préparatifs et le régiment s’ébranle en train pour la Moselle via Avignon, Lyon-Vaise et Dijon. Le destin d’Henri Roche est tout à fait similaire à celui d’un autre Caderoussien, Léon Paul Victor Ferragut, de deux ans son cadet, soldat du 3ème R.I., disparu à Dieuze le 20 août 1914.

On peut aussi citer Lucien Henri Constance du même régiment tué à Coincourt le 14 août aux premiers coups de fusil reçus par l’unité. Ou encore Auguste Ambroise Aubert et Fernand Gonzague Pécoul, les deux premiers morts de la guerre de Caderousse tués à Lagarde le 11 août. Et Julien Joseph Martin disparu le 14 août à Moncourt. Lagarde, Coincourt, Moncourt, Dieuze… tous des bourgs de Lorraine allemande. Auguste, Fernand, Julien, Lucien, Léon et Henri, toutes des victimes de l’inconsciente stratégie militaire française se lançant dans des attaques inconsidérées face à des Allemands puissamment organisés en défense.

Ainsi, le 20 août, le 3ème R.I. voit d’autres régiments en pleine débandade…

… traverser ses lignes. Puis quelques heures plus tard, c’est à leur tour de se replier en catastrophe sous la canonnade des Allemands.

Bilan chez les fantassins du 3ème R.I…

… 6 tués et 524 blessés ou disparus ! Parmi eux Henri Fernand Roche disparu le 20 août 1914 à l’âge de 25 ans et 9 mois. Enterré par les Allemands au château de Bidestroff, il repose depuis à la Nécropole Nationale « Riche » en Moselle.

Deux de ses frères, Marius l’aîné et Albert le plus jeune connaîtront la captivité en Allemagne. Marius, soldat du 258ème R.I. sera pris à Saint-Mihiel le 27 septembre 1914 lors de combats où ont péri dix Caderoussiers en quinze jours. Détenu à Ulm, il retrouvera la liberté le 28 décembre 1918. Albert blessé en septembre 1914 à Saint-Dié, sera lui capturé dans le secteur de Thiaumont pendant la bataille de Verdun en mai 1916. Détenu un temps à Hanreln, il retrouvera son frère à Ulm et rentrera en même temps que lui à Caderousse.
Quant à Adrien, ce sera le héros de la famille: trois blessures dont une à la tête, une maladie, deux citations et une médaille militaire !

Fiche matricule d’Henri Fernand Roche de Mémoire des Hommes.

Henri Fernand Roche, matricule 330 de la classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Roche est encore bien présent en Vaucluse et à Caderousse. Si quelqu’un reconnaît en Henri Fernand un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Auguste et Louis Roche (généalogie).

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Adrien Claude et Joseph Roche (généalogie).

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt quatorzième et quatre-vingt quinzième Poilus: Adrien Claude Auguste et Joseph Adrien Toussaint Roche (partie généalogique).

Sur la quatrième face du Monument aux Morts.

Claude Adrien Roche avait épousé Thérèse Marie Clarisse Serguier le 17 janvier 1872 à Caderousse. Il allait avoir trente et un an et sa future épouse était beaucoup plus jeune, un peu plus de vingt-deux ans. Lui était un Caderoussien de souche, elle une voisine d’Orange. Le couple s’installa aux Islons où Claude travaillait les terres familiales. A la vue des signatures de la mariée sur l’acte de mariage, on devine qu’elle ne devait guère avoir fréquenté l’école à Orange, dans sa jeunesse, une école qui n’était pas encore gratuite, laïque mais surtout obligatoire. C’était le cas des filles, bien souvent.

A la fin de l’année 1872, un premier enfant allait naître, un garçon prénommé Adrien, on aurait pu le deviner. Adrien Michel Eloi César, les autres prénoms étant beaucoup plus originaux. Deux ans plus tard, le 26 juin 1874, une fille venait rejoindre la maison des Islons, Thérèse (on aurait pu aussi le deviner) Joséphine Louise.

Que se passa-t-il quelques années après, au dernier trimestre 1878 dans cette même maison des Islons ? Un gros Rhône amenant beaucoup d’humidité ? Un épidémie de grippe précoce ? Toujours est-il qu’en l’espace de deux mois, les deux enfants du couple allaient disparaître. Le 26 octobre, Thérèse mourait à l’âge de quatre ans et cinq mois et le 23 décembre suivant, c’était au tour d’Adrien junior que quitter ce monde. Il avait six ans et seize jours. Terrible  mortalité infantile !

Quelques mois après, des cris d’un enfant allait de nouveau résonner chez les Roche des Islons.  C’était tout d’abord Joseph Adrien Toussaint qui naissait pourtant le 29 août 1879 puis presque deux ans jour pour plus tard, c’était au tour d’un autre Adrien de venir au monde, Adrien Claude Auguste, le 27 août 1881. On l’avez compris, les deux futurs morts pour la France de la Grande Guerre. Plus aucun enfant ne viendra au monde dans ce couple par la suite, une suite que nous connaissons, nous !

Voici donc la famille lors du recensement de 1886 et dix ans plus tard en 1896.

Les Islons sont appelés quartier du Brout par les autorités administratives.

Les garçons allaient grandir sans réellement réussir à l’école puis travailler les riches terres familiales de Caderousse avant d’être appelés sous les drapeaux. Une pointe d’hernie à droite allait dispenser Joseph de service militaire. Par contre, Adrien, lui, n’allait pas y couper et bien entendu, ne pas bénéficier d’une remise de temps pour  « frère aîné au service » ! Au 40ème Régiment d’Infanterie de Nîmes, il allait passer trois années de bonnes et loyales conduites, du 16 novembre 1902 au 23 septembre 1905.

Après l’armée, il est temps de se marier. C’est de l’autre côté du Rhône, à Saint-Génies-De-Comblas que Joseph allait trouver une épouse, Marie-Marguerite Duclaux, une des filles du boucher du village. Les noces furent célébrées dans le Gard en octobre 1907.

Oui mais chez les Duclaux, il y avait une autre fille à marier, une certaine Camille ! Et chez les Roche des Islons, un autre garçon dans la même situation ! Ainsi, quelques mois après les premières noces, le 08 janvier 1908, un second mariage unit à Saint-Geniès, un Roche, Adrien Claude, à une Duclaux, Camille ! On peut raisonnablement penser que des enfants naquirent dans ces nouveaux  couples.

En 1911, les parents Adrien Claude et Thérèse Marie étaient installés intramuros, dans le secteur de l’Eglise.

La ferme des Islons était occupé par le couple d’Adrien et de Camille qui n’avait pas encore d’enfant.

Par contre Joseph et Marie Marguerite ne semblaient pas vivre à Caderousse. Peut-être à Saint-Geniès-de-Comolas ?

A suivre… Les « Adrien » Roche (partie historique).

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Les ROCHE.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Les neuf Roche du monument- Considérations générales.

Sur la quatrième face du Monument aux Morts.

Indiscutablement, le patronyme qui a payé le plus lourd tribut à la Grande Guerre à Caderousse.

On trouve des prénoms qui se recoupent…ADRIEN CLAUDE Auguste, Joseph ADRIEN Toussaint, AUGUSTE Roger, HENRI Fernand, LOUIS Joseph, LUDOVIC Albert, MARCEL Adrien, MARIUS Léopold, RAOUL Auguste Louis.

Malgré cela, en remontant jusqu’aux grands-parents des Poilus, nous n’avons pas trouvé de cousins germains au premier degré. Par contre, deux familles ont connu la peine de perdre deux enfants pendant la Grande Guerre:

  • Les deux premiers de la liste CLAUDE ADRIEN et Joseph ADRIEN sont les enfants du couple formé de Claude Adrien ROCHE et Thérèse Marie Clarisse SERGUIER. Nous allons étudier leurs cas après cette introduction. Leurs parcours sont vraiment originaux.
  • Auguste Roger et Louis Joseph sont également frères, enfants du couple Pierre ROCHE et Marie MIOLON.  Vous constaterez à l’occasion que les familles recomposées ne sont pas une nouveauté de notre modernité.

Il s’agit là des septième et huitième fratries décimées par la guerre, après les Bruguier, les Dardun, les Doux, les Martin, les Pécoul et les Raymond qui ont perdu deux enfants, les Pécoul en ayant vu disparaître trois.

Les Doux sont d’ailleurs apparentés avec Marcel Adrien Roche, leur mère étant la soeur de la seconde épouse des père des Doux (la belle-mère des Poilus).

A suivre… Les « Adrien » Roche (partie généalogique).

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Hippolyte ROBERT.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt onzième de la liste: Hippolyte Victor ROBERT.

Pas de monument aux morts en photo pour Hippolyte Robert puisqu’il ne figure pas… sur celui de Caderousse mais certainement sur celui d’Orange. En effet, si la naissance de ce garçon a été enregistrée sur l’Etat-civil de Caderousse, il n’y a jamais réellement habité. Son oubli lors de l’érection du monument en 1937 semble ici compréhensible.

Les parents d’Hippolyte se sont mariés à Camaret le 10 novembre 1880. Marie Louise Clément était originaire de cette commune, née en 1865 et son époux, Paul Robert était orangeois, né en 1861. Le père de Marie Louise va rapidement disparaître et sa mère, Rose Rayne va se remarier avec un certain Auguste Robert d’Orange mais vivant sur la route de Caderousse à Orange. Quand Marie Louise se maria, elle avait donc son époux et son beau-père qui portaient le même nom et elle allait avoir des enfants en même temps que sa mère !

On peut penser que comme cela se faisait souvent à l’époque, Marie Louise alla accoucher de son premier enfant, Hippolyte chez sa mère qui vivait au quartier de la Masclarde, sur le territoire de Caderousse. Hippolyte Victor vint donc au monde la 21 juillet 1881 à Caderousse dans une famille de cultivateur. La ferme de Paul Robert était située à Orange, au quartier Martignan, c’est-à-dire à la limite septentrionale de Caderousse.

Quatre autres enfants suivirent l’aîné Hippolyte et on peut dire que ce ne fut pas une réussite que Marie Louise accoucha chez elle au lieu d’aller chez sa mère car trois des nouveaux venus décédèrent rapidement. Terrible mortalité infantile à l’époque avec des règles d’hygiène souvent inconnues des paysans.

Léonie Marie née le 24 février 1883 décéda exactement cinq mois plus tard. Alfred Marin né le 06 mai 1884 ne vécut guère plus, décédant huit mois après sa naissance. Marie Louise, elle, née le 17 août 1886 vivra et atteindra l’âge adulte. Enfin, un dernier garçon, Alphonse Joseph, venue au monde le 03 septembre 1890 partira neuf mois plus tard.

Voici donc la famille au grand complet lors du recensement de 1896, au quartier Martignan à Orange.

Cinq ans plus tard, le 19 novembre 1902, Hippolyte allait être appelé pour effectuer son service militaire en même temps qu’un long voyage. En effet, c’est chez les Zouaves, au 3ème Régiment, à Constantine qu’il allait passer trois ans, trois ans inscrits sur son carnet militaire comme étant une Campagne d’Algérie. Le 06 novembre 1904, il allait devenir tambour de l’unité avant d’être rendu à la vie civile le 19 novembre 1905.

Direction la Métropole et Orange pour Hippolyte, quartier Martignan !

Pas pour très longtemps puisque le 17 avril 1907 Hippolyte allait épouser une Drômoise, Marie Thérèse Valopin, à Grignan, une jeune fille de dix-huit ans. Le couple s’installa à Orange au quartier du Jonquier, non loin de Martignan. Un an après, Marie Thérèse mettait au monde un garçon prénommé Lucien Paul, le 11 avril 1908. Il ne vivra que seize mois !

Deux autres enfants suivront (Vivent au passage les Archives du Vaucluse qui viennent de mettre en ligne d’un seul coup vingt ans d’Etat-civil de la seconde ville du Vaucluse… ce qui entraînera une révision de certaines biographies !) : Paul Félix né le 27 février 1911 et Simone Pascaline Rose le 12 avril 1914. Tous deux deviendront Pupilles de la Nation le 30 juillet 1919. Un tampon rouge apparaît en mage de leurs actes de naissance.

En 1911, Hippolyte, Marie Thérèse et Paul Félix vivent au Jonquier chez Paul et Marie Louise. Regroupement familial!

Bien entendu, Hippolyte sera rappelé sous les drapeaux le 02 août 1914. Pas chez les Zouaves mais au 58ème R.I. d’Avignon. C’est dans l’enfer de Verdun qu’il connaîtra un sort funeste sous un déluge d’acier allemand. Sa fiche matricule indique un décès à l’arrière, des suites de ses blessures à Souhesmes, au sud-ouest de la ville, le 1er juillet 1916.

Localisation de Souhesmes où était installé un hôpital de campagne.

Le Journal de Marche du 58ème indique que ses hommes vont venir en renfort d’unités décimées au front, sous le bombardement incessant de l’artillerie lourde allemande et dans des conditions dantesques dans les tranchées.

Malgré que ce  soit le début de l’été, la région est soumise à des pluies continuelles qui inondent les tranchées et les hommes creusent des niches dans les parapets pour ne pas vivre les pieds dans l’eau. Les Allemands bombardent sans arrêt et aux obus conventionnels se mêlent des armes chimiques, des gaz asphyxiants.

Bilan d’une semaine d’un tel régime…

…7 officiers et 82 hommes blessés, 19 tués entre le 21 et le 30 juin 1916. Parmi les blessés, Hippolyte Victor Robert, l’Orangeois de Caderousse qui mourra donc le 1er juillet 1916. Il était âgé de 34 ans et 11 mois.

Fiche matricule d’Hippolyte Victor Robert de Mémoire des Hommes.

Hippolyte Victor Robert, matricule 247 de la classe 1901, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Robert est encore bien présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Hippolyte Victor son ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Joseph Victor Robert.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Albert ROBERT.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt dixième de la liste: Albert Joseph ROBERT.

La quatrième face du Monument aux Morts.

Trois Robert inscrit sur le Monument aux Morts de Caderousse plus un quatrième oublié, cela fait beaucoup mais ils ne semblent pas faire partie de la même famille, ni de la même fratrie, ni par cousinage même s’il semble évident qu’en remontant dans le temps, on trouverait des ancêtres communs.

Commençons par Albert Robert.
Il est né à Caderousse de parents Caderoussiens. Claude Robert, son père, né en 1949 prend pour épouse Célestine Rose Rieu née en 1860. Onze ans d’écart d’âge entre les époux, cela était courant à l’époque. Ils se marient le 04 septembre 1881 à Caderousse. A cette époque, Claude est cultivateur mais il va dériver professionnellement parlant en devenant fabriquant de balais, peut-être à son propre compte puis en étant négociant ou courtier pour un patron, Charrier & Lacour. Il s’installe rue Pied Gaillard avec un intermède de quelques mois passé rue Juiverie.

La jeune Célestine va donner six enfants à son époux. Baptistine l’aînée, née en 1882, décèdera dix-neuf mois plus tard, le jour de la Toussaint 1883. A cette date, une autre fillette est venue rejoindre le foyer des Robert de la rue Pied Gaillard, prénommée Claudine et née le 15 juillet 1883. Dix-neuf ans après, elle prendra pour époux un certain Félix Chastan, cafetier, le 15 novembre 1902 et le couple s’installera non loin des parents, rue Pied Gaillard. Claudine vivra jusqu’en 1968.

C’est ensuite au Poilu Albert Joseph de paraître, le 18 avril 1885. C’est à cette époque que la famille a brièvement déménagé rue Juiverie.

Retour en 1887 rue Pied Gaillard avec la naissance d’un autre garçon, Adrien Marius, né le 18 janvier. Bizarrement, alors qu’il vit toujours chez ses parents en 1906, on ne le retrouve pas sur les registres matricules d’Avignon de la classe 1907. Vraiment très étonnant !

Une autre fille, Henriette Apollonie va par la suite naître, le 14 décembre 1893. Elle se mariera à Caderousse après-guerre avec un dénommé Bonifay Clarius. Henriette vivra jusqu’en 1970.

La famille de Claude Robert-Célestine Rieu au recensement de 1896.

Une dernière fille complètera la fratrie, Eulalie Apollonie Albertine, le 10 février 1897.

La famille au complet au recensement de 1901, six enfants dont cinq ayant atteint l’âge adulte, deux garçons pour trois filles, pour résumer la composition de la fratrie.

Ayant appris le métier de boulanger, Albert est incorporé le 06 octobre 1906 à la 15ème Section des Ouvriers et Commis Militaires à Marseille. On a besoin de gens du métier pour préparer le pain de tous les hommes sous les drapeaux. Il va y passer deux années et quand il est libéré le 25 septembre 1908, il rentre à Caderousse avec le grade de sergent.

A Caderousse… mais pas pour très longtemps. Changement de parcours professionnel pour Albert, à l’instar de son père. On le retrouve Gardien de la Paix à Paris IXème en 1910 puis en banlieue, à Courbevoie puis La Garenne-Colombe. Il se rapproche des siens en obtenant un poste dans la Drôme, à Romans-sur-Isère en avril 1912, comme manutentionnaire militaire. Un parcours pour le moins atypique !

Rappelé sous les drapeaux en 1914, toujours à la 15ème Section des Ouvriers et Commis Militaires, il ne connaîtra que l’arrière du front, ce qui n’était pas forcément sans risque avant que sa section soit mise à disponibilité du Corps Expéditionnaire d’Orient.

Une guerre méconnue que celle d’Orient, une catastrophique expédition aux Dardanelles contre les Turcs en 1915, de mars à décembre, Gallipoli et l’acharnée résistance des Ottomans aboutissant au retrait des franco-britanniques de la presqu’île puis dans la foulée l’expédition de Salonique face aux Bulgares, alliés des Allemands et des Autrichiens, pour forcer la main des Grecs à se joindre à l’Entente.

Albert ne connaîtra pas cette seconde phase de la guerre en Orient, décédant dans la paradisiaque île de Limnos, à Moudros. Outre les combats, les maladies tueront un pourcentage important d’hommes, bien plus élevé que sur le front occidental. A Limnos, une île de la mer Egée à 50 kilomètres des Dardanelles est installé la base-arrière du front dont les services de santé où sont soignés les blessés et les malades. Typhus, dysenterie, paludisme ravagent les troupes autant que les obus ottomans.
Le 30 juin 1915, Albert Joseph Robert décède d’une « maladie contractée en service ». Il était âgé de 30 ans et 2 mois. Son corps fut rapatrié dans le Vaucluse.

Fiche matricule d’Albert Joseph Robert de Mémoire des Hommes.

Albert Joseph Robert, matricule 432 de la classe 1905, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Robert est encore bien présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Albert Joseph son ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Hippolyte Robert.

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