128 POILUS de CADEROUSSE, 128 DESTINS… Paul Louis Lucien TAURIAC

128 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 128 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent vingt-huitième et denier poilu: Paul Louis Lucien Tauriac.

A l’instar de Marcel Henri Eugène Bérard, Paul Taurier ne va guère connaître Caderousse. Il y naît certes le 18 novembre 1890 mais, comme le père de Marcel, le notaire Bérard, le père de Paul, le receveur buraliste Tauriac ne va pas faire long feu dans ce village de Caderousse assez pauvre alors… et sa famille avec. Les Tauriac sont d’ailleurs les voisins des Bérard, rue Château Vieux.

Alors que les Bérard venaient de l’Hérault et de Montélimar, les parents de Paul arrivent des Basses-Alpes, de Manosque. Agé de vingt-sept ans, Lucien, originaire de Gap a épousé Marie Louis Arnoux le 17 février 1887 dans la cité basse-alpine. Elle a alors tout juste vingt ans.

Immédiatement, le couple aménage à Caderousse où Lucien devient receveur buraliste. Il tient un bureau de tabac, emploi qui après 1918 sera réservé par l’Etat aux invalides de guerre mais fait également fonction de percepteur des Contributions Indirectes comme les taxes sur le vin en vrac, les alcools au moment où les alambics tournent à fond, après les vendanges…

Une fille, Anne Baptistine, vient au monde à la fin de cette année 1887, le 20 décembre exactement. Cette dernière suivra une scolarité exemplaire et deviendra institutrice publique. Trois ans après, un garçon complètera la fratrie du couple formé par Lucien et Marie Louise, Paul, le futur Poilu comme on peut le constater sur le recensement de 1891, à Caderousse.

Le père de Lucien, Antoine Jean Tauriac, originaire de Montauban comme son patronyme le laisse à penser, vit de ses rentes chez son fils et sa bru.

Avant 1896, le couple quitte le village pour aller vivre en banlieue d’Avignon, à Morières. C’est grâce à l’indication de ce  village comme lieu où a été transcrit le décès de Paul en 1916 sur la fiche de Mémoire des Hommes que nous avons pu suivre le déplacement des Tauriac. En effet, sans aucune raison logique, la page de Paul est absente dans le livre matricule de la classe 1910 du bureau de recrutement d’Avignon aux Archives Numérisées du Vaucluse. Mais l’Etat-Civil et les recensements de Morières-lès-Avignon nous tirent une bonne épine du pied.

Lucien, Marie-Louise et les siens s’installent donc rue Crillon à Morières où on les retrouve en 1896.

Anne Baptistine est bizarrement devenue Marguerite mais il s’agit-là d’une erreur de l’agent recenseur. Le grand-père paternel Antoine est encore là, pour peu de temps puisqu’il décèdera le 21 mars 1898 à l’âge de quatre-vingt-un ans.

En 1901, c’est Anne qui n’est plus là,…

…certainement interne au Collège d’Avignon.

En 1906, les deux enfants suivent leurs études en ville mais…

…Lucien et Marie Louise gardent maintenant les parents âgés de Marie Louise, Fortuné Arnoux et Annette Magnan, qui ont quitté les rives de la Durance pour la vallée du Rhône.

En 1911, c’est au tour d’Annette Magnan d’avoir disparu tandis que les enfants, l’institutrice Anne et l’employé Paul sont de retour à la maison, une fois leurs études terminées. C’est d’ailleurs cette année-là que Paul est appelé sous les drapeaux et qu’il va y connaître une ascension militaire foudroyante puisqu’on apprend grâce au Journal de Marche du 53ème Régiment d’Infanterie de Perpignan, qu’il rejoint cette unité le 19 juin 1915 en tant qu’officier.

Le sous-lieutenant Tauriac va commander la 3ème Compagnie du 53ème R.I., engagé sur le front en Champagne.

C’est à ce moment que va se déclencher la seconde bataille de Champagne du 25 septembre au 06 octobre 1915.

Après trois jours de bombardements et de contre-bombardements, l’assaut est donné par l’infanterie le 25 septembre au matin dans le secteur de Moronvillers.

Les hommes sortent des tranchées pour courir vers celles des Allemands derrière leurs officiers subalternes. Le Commandant Lambert, chef du bataillon est tué dans le no-man’s-land entre les deux camps.

La 3ème compagnie du Sous-lieutenant Tauriac qui devait suivre le première vague pour « nettoyer  » les tranchées conquises est à son tour décimée. La journée, malgré le courage des hommes est un fiasco. Pas moins de sept officiers sont mis hors de combat dont quatre sont tués Parmi eux, le sous-lieutenant Tauriac comme l’indique ce passage du Journal de Marche du 53ème d’Infanterie.

Ce 25 septembre 1915, à Moronvillers, Paul Tauriac était âgé de 24 ans et 10 mois.

Paul Louis Lucien Tauriac , matricule 351 de la classe 1910, bureau de recrutement d’Avignon mais dont la page manque sur le premier volume du registre matricule ou n’a pas été numérisée. Certes, le patronyme Tauriac n’est guère répandu dans le sud-est mais si quelqu’un reconnaît en Paul Louis Lucien, un ascendant, qu’i n’hésite pas à se manifester. 

Ainsi se terminent les biographies des 128 MPLF de Caderousse, reconnus sur les lieux de mémoire ou retrouvés grâce à Mémoire des Hommes. Cela nous a permis de rendre hommage à ces garçons plus ou moins jeunes que la guerre a détruit, à ces proches aujourd’hui disparus qui ont gardé les cicatrices de ces drames toute leur existence. Que cent ans après, les hommes se souviennent où ont mené des nationalistes exacerbés, théories politiques qui semblent être à nouveau à la mode dans notre vieille Europe un peu déboussolée par la modernité et la mondialisation !

 

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