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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 10/25 de VALENCE aux GRANGES.

L’histoire de la traversée du Rhône au niveau de Valence est étroitement liée à celle des ponts construits sur le Rhône pour relier la Drôme et l’Ardèche, l’Empire et le Royaume.

On pense, comme Henri Cogoluènhe dans sa thèse sur les bacs du Rhône, qu’un franchissement du Rhône existait dès l’époque romaine au niveau de Bourg-les-Valence. Un premier pont romain semblait exister, mis à mal par les violentes et régulières crues du Rhône. Ce pont en bois était souvent balayé. Ainsi le bac (pas encore à traille) était le moyen le plus sûr et le plus fiable pour traverser le Rhône.

Il reste de nos jours, la trace visible d’une traille installé assez près du pont Mistral, quelques dizaines de mètres plus en amont.

L’actuel pont Mistral datant des années 1960.

Cette traille semble exister depuis 1480 mais la pile est plus récente, probablement de juin 1793.

L’invention des frères Seguin, le « pont en fil de fer » première version des ponts suspendus va mettre à mal le bac des Granges. On construisit un premier pont suspendu, celui-ci,…

qui fut ouvert à la circulation le 24 septembre 1830. Mais il connut au début bien des vicissitudes: en 1835, destruction d’une travée par le feu (oeuvre des passeurs ruinés ? On peut oser cette hypothèse), destruction d’une pile lors de la crue de 1840, destruction d’une autre pile lors de la crue de 1856… A chaque fois, le bac reprit du service.

Au pont suspendu dont il reste la culée rive droite,…

succéda au début du XXème siècle, un pont en pierre pour permettre au tramway des Granges de traverser le Rhône. Ce pont connut les affres de la guerre, en 1940 détruit par les Français pour retarder l’avance allemande…

puis en 1944 par les Allemands pour retarder l’avance des Alliés. A chaque fois, le bac reprit du service pour ne pas interrompre les déplacements de la population.

Photo empruntée au site mémoriel « muséedelarésistancenligne.org ».

Depuis la remise en service de ce pont suspendu le 14 février 1949, avant-dernier ouvrage avant le pont Mistral,…

…la traille des Granges n’a plus fonctionné.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 8/25 CHAMPAGNE

Le bac de Champagne, c’est avant tout la plus belle pile de traille de la vallée.

Plantée fièrement au bord du fleuve, ici non canalisé, au milieu d’un espace aménagé pour recevoir des visiteurs, cette pile est maintenant classée Monument Historique depuis le 23 mai 2006. Suivant Henri Cogoluènhe auteur d’une thèse sur les bacs du Rhône, elle daterait de la fin du XIVème siècle, début du XVème siècle… soit vers l’année 1400. Elle en a vu passer des voyageurs mais aussi de l’eau dans le Rhône et ses crues.

Champagne, en Ardèche, était un point important pour le passage des voyageurs  et des marchandises entre Empire et Royaume. En effet, la commune était située au croisement du Rhône avec la voie de communication allant de Grenoble au Puy-enVelay, départ du chemin de Compostelle.

On voit l’emplacement de ce bac, à l’extrémité d’une route menant spécialement au port et au bac. Sur la rive gauche, on est à la limite des communes de Saint-Rambert-d’Albon et Andancette et les chemins parlent du « Port de Champagne ». La pile de cette rive a été mise à terre par un vapeur ayant accroché la traille au XIXème siècle.

Henri Cogoluènhe nous atteste qu’un passage sur le Rhône existait au XIIème siècle en ce lieu, un bac de manière certaine en 1329 et donc une traille dès le moment où cette technique fut inventée.

Sur la pile de Champagne ont été gravés les repères des crues historiques:

Celles de 1856 et 1840 sur une même et seule plaque, celles du 27 février 1957 et du 21 janvier 1955 plus importantes dans le nord de la vallée que dans le sud.

Autre vue de la remarquable pile de traille de Champagne avec les restes de l’escalier menant au sommet. Il fallait des passeurs acrobates même si certainement une corde existait.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 5/25 AMPUIS

Suivant la thèse d’Henri Cogoluenhe, c’est le seigneur de Condrieu, Jean d’Arces, qui fit construire la première traille sur le fleuve au niveau d’Ampuis, au milieu des actuels vignobles des Côtes Rôties. C’était en 1533 mais des petites querelles locales entre seigneurs la fit rapidement disparaître.

En 1759, une nouvelle traille est implantée près du port (1). Elle sera déplacée 500 mètres plus au nord à l’époque de la Révolution, en juin 1791 (2).150-bac-dampuis-24-carte

Ce bac fonctionna jusqu’à la mise en service d’un nouveau passage sur le Rhône sur le barrage-usine de Vaugris dans les années 1970.

La ville d’Ampuis, à l’instar de celle de Vernaison a mis en scène le site de l’ancien bac à traille et elle l’annonce aux visiteurs:

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Il reste sur ce site la pile de traille de la rive droite. Contrairement aux piles présentées antérieurement, celles d’Irigny, Vernaison, Grigny, la pile d’Ampuis est en béton, preuve de sa modernité.

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Elle est dotée d’une échelle tout autant moderne pour grimper au sommet. L’employé devait régulièrement huiler la poulie:

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Pas question de faire le funambule pour l’employé avec ce matériel, contrairement aux piles plus anciennes !

Comme sur d’autres piles, quelques repères de crues:

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1896, 1955, 1957. Deux remarques:

  • contrairement aux repères plus au sud, celui de la crue de 1896 est en pierre et non en fonte.
  • d’autre part, exit les crues de 1840, 1856 pourtant les plus importantes. Une suggestion: la pile construite en 1791 fut peut-être remplacée par celle-ci ou autre possibilité, l’ancienne pile fut peut-être balayée en 1856 par le Rhône en furie !?

Autres traces de ce passé sur le « site du bac à traille » d’Ampuis:

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L’embarcadère vers le Rhône.

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La barque en métal qui faisait la navette entre Ampuis et Reventin-Vaugris. Une barque tout à fait récente et nettoyée par la magie du numérique des immondes tags inscrits par les pseudo-amateurs de football des clubs d’ultras lyonnais.

Par terminer, un document iconographique datant du début du XXème siècle.

Version 2

L’embarquement des piétons sur la traille d’Ampuis.

Quelques photos sont signées Gilbert Tauleigne. A suivre: Saint-Pierre-du-Boeuf.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 4/25 GRIGNY

Grigny est située au bord du Rhône, entre Vernaison au nord et Givors au sud. Suivant la thèse d’Henri Cogoluenhe, un passage de la rivière existait à l’époque du Bronze final soit entre 2900-3000 ans BP. Ce sont des fouilles archéologiques qui ont mis à jour ces souvenirs anciens.
Il est attesté qu’un bac existait au XVème siècle mais semble avoir cessé d’exister par la suite. En effet une nouvelle traille est installée entre Grigny et Ternay en 1831. Il reste de nos jours la pile de traille de la rive droite, non loin de la voie ferrée et de la gare de Grigny comme c’est aussi le cas pour les piles de traille d’Irigny et de Vernaison.

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Une pile bien conservée avec poulie sommitale et escalier d’accès à celle-ci.

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La rampe de cet escalier est encore là !

Sur une face de cette pile ont été gravée les repères de toutes les crues du Rhône que connut cette pile bicentenaire…

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de la plus ancienne, celle de 1840 à celle de 1957. Dans cette région, toutes les hauteurs d’eau des crues sont rassemblées sur un même repère alors que plus au sud, chaque crue est notée sur un repère.

On aperçoit sur la rive opposé un amas de pierres…

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qui pourrait être les restes de la pile de Ternay. Pas de document iconographique ancien à proposer au lecteur de « Unmondedepapiers ».

A suivre: Ampuis.

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Le (petit) KIOSQUE de PRESSE DE 37: LE MIROIR DES SPORTS du 09 mars 1937

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Comme on le supposait dans l’article présentant le Petit Marseillais du 6 mars, c’est bien une journée dédiée à la Coupe de France qui occupait le monde footballistique du dimanche 7 mars 1937. L’O.M. éliminait jouait amicalement contre les « Etrangers » du Sud-Est mais l’important pour le Miroir des Sports se déroulait plus au nord de la France avec des 4 quarts de finales de dame Coupe.

La une ci-dessus montre un public normand aux anges, à la sortie des joueurs à la mi-temps de ce 1/4 de finale de Coupe de France se déroulant au stade des Bruyères avec les petits de Boulogne (club des seconde division) faisant la peau du grand Racing Club de Paris. 1-0 à la mi-temps.

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Score final inchangé à l’issue d’un match très engagé, comme on le voit avec la détermination des « foncés » de Boulogne pour défendre face aux stars parisiennes.

Les autres 1/4 de finale de cette Coupe de France de football:

Dans un Parc des Princes,..

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…bien garni, Strasbourg-Red Star, deux clubs de l’élite.

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Là aussi, match acharné qui vit la qualification des Alsaciens 3-1 au dépend des banlieusards parisiens.

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Où est passé le ballon ?

Troisième quart de finale, dans le Nord, à Roubaix et dans la boue…

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…Rouen-Dunkerque. Logique respectée, les co-leaders du Championnat de Première Division se sont défaits des 12ème de Deuxième Division 2-0.

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Dernier quart de finale, joué à Toulouse, sur une pelouse qui sent que le printemps arrive dans le sud…

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Sochaux-Cannes, deux clubs de l’élite, soldé par un 0-0 synonyme de match à rejouer (en milieu de semaine).

Si le football en était au 1/4 de finale de sa Coupe de France, le rugby, lui, avait un tour de retard pour son championnat: on jouait les 1/8ème de finale. En voici les résultats:

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Qualifications de l’A.S. Montferrand, Carcassonne, Narbonne (le tenant du titre), Vienne, Perpignan, le L.OU. (Lyon), Pau, Grenoble.  Seuls Montferrand, le L.O.U. et Grenoble font de nos jours partie de l’élite du Top 14, d’un cheveu pour le dernier cité.

Un scène de la rencontre Perpignan-Tarbes 8-3 à Toulouse, sur un stade plus « professionnel » que celui réservé au football.

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La fin de l’hiver a été pluvieuse et le National de Cross country prévu sur l’hippodrome de Maisons-Lafitte a été annulé… et pour causes !!!

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Le National des Belges s’est, lui, déroulé dans des conditions climatiques difficiles…

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la neige !

Autre photo d’inondations, celles de la Marne…

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une vue de la villa du cycliste français Archimbaud, bâtie avec ses gains de ses victoires, qui trempe dans les eaux de la Marne !

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ANCONE et le RHÔNE, une cohabitation difficile: les cartes géographiques racontent aussi cette histoire (7/7)

Septième et dernier volet de ces articles écrits par nos soins et parus initialement dans Ancone Culture et Patrimoine, le blog…

De la carte de Cassini à la carte IGN actuelle, on va pouvoir suivre cette évolution géographique du cours du Rhône au niveau de la commune d’Ancone et son déplacement qui impacta forcément la vie des gens. N’oublions pas qu’Ancone était une halte à la remonte pour les équipages à l‘époque de hallage, qu’elle devint le port de Montélimar à une époque… avant d’être éloignée du fleuve par la Lône puis par les digues de la CNR.

La carte de Cassini de 1772

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  Sur cette carte de Cassini, on y lit plusieurs informations intéressantes :

  • Le cours du Rhosne principal baigne Anconne alors qu’un cours secondaire, un petit Rhône longe les rives du Royaume.
  • De très nombreuses îles jalonnent ce cours principal, avec une grande île, l’Île Blanc proche de la rive droite.
  • Sur l’une d’elle, on voit un château en ruines, à quelques encablures d’Ancone.
  • La limite entre Royaume et Empire, entre Rochemaure et Ancone passe loin de la ville, au milieu du fleuve, preuve d’un modification ultérieure, rapprochant cette « frontière » de notre village.

  La comparaison avec la carte IGN 1/50 000ème éditée en 1954 juste avant les travaux  de la CNR est édifiante.

Carte IGN 1/50 000ème 1922-1954

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  On constate :

  • Le cours principal du Rhône passe près de la rive ardéchoise et Ancone n’est baigné que d’une petite Lône et d’une grande Lône, coupée par des empierrements.
  • Des îles ou presqu’îles existent encore près de la rive gauche : Île Blanc entre petite et grande Lône, île aux dames entre grande Lône et Rhône principal.
  • La limite entre Ardèche et Drôme, entre Rochemaure et Ancone passe tout près de la ville, preuve d’une modification datant de la fin du XVIIIème siècle.

Ceci est corroboré par le tracé de la carte de marinier datant de 1932, au niveau d’Ancone-Rochemaure.

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  C’est entre ses épis proches du pont de Rochemaure que se trouvait l’ancien centre nautique Rodia dont on verra reparlera.

  Cette carte est extraite de ce rouleau de marinier…

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long de 10 mètres et décrivant le tracé idéal de navigation de Valence à Arles aux conducteurs de bateaux.

  Entre les 2 époques, une carte d’Etat-Major éditée en 1890 nous indique les raisons de cette transformation du fleuve.

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Carte d’Etat-Major levée en 1866 et éditée en 1890

  Des digues au milieu du Rhône forcent l’eau à passer le long de la rive droite, détournant le cours principal du fleuve d’Ancone mais détruisant son activité économique liée à celui-ci. Entre temps, le port de Montélimar, proche du pont du Teil est entré en service.

  Voici pour finir, cette comparaison que nous avons présenté entre l’Ancone actuel et le tracé datant de la carte de Cassini sur le transparent, en bleu.

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Un paysage complètement bouleversé !

EN GUISE DE CONCLUSION DE CETTE SERIE D’ARTICLES PARLANT DU PASSE DES RELATIONS TUMULTUEUSES ANCONE-RHÔNE…

  Ces crues dramatiques pourraient-elles se reproduire ? une question qui vient à l’esprit immédiatement.

  Jacques Bethemont pense que la crue du 12 novembre 1548 était bien supérieure à celles dont nous avons parlé. Maurice Pardé prévoit que la crue millénaire atteindra 16 000 m3/s à Beaucaire alors que le débit du fleuve en 1856 était « seulement » de 11 640 m3/s !  Soit un mur d’eau de 1m d’épaisseur, 16 m de haut pour 1km de large et cela toutes les secondes ! Rien n’y résisterait.

  Les aménagements modernes de la CNR ont permis à l’homme de retrouver une relation plus apaisée avec le fleuve, qui continue par moment de poser problème par endroits (1993, 2003). Une mise au pas du Rhône qui a aussi eu pour conséquence le bouleversement paysager de la vallée du Rhône, la destruction d’espaces qui seraient de nos jours protégés, une incidence sur la faune aquatique et riveraine, que les efforts actuels de la CNR en matière d’écologie comme la création de la ViaRhôna ou celles de passes à poissons ne font pas oublier. Ce qui a été fait entre 1947 et 1980 ne serait plus possible de nos jours.

  Il n’empêche que les spécialistes envisagent que le pire est toujours à venir. La présence de nombreux sites sensibles proches du cours du Rhône fait redouter qu’une crue millénaire pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour la vallée du Rhône, un Fukushima à la Rhodanienne. Ajoutons à cela des risques sismiques et pourquoi pas terroristes et, à trop y penser, la vie en vallée du Rhône deviendrait bien vite très anxiogène.

 

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ANCONE et le RHÔNE, une cohabitation difficile: après 1856, on exhausse la digue d’Ancone. (6/7)

Sixième article rédigé par mes soins, paru dans le blog: Ancone Culture et Patrimoine

  Après la crue de 1856, les pouvoirs publics réagirent et prirent le taureau par les cornes pour éviter qu’une telle catastrophe ne se reproduise.

  Ce fut d’abord l’Empereur qui visita les contrées sinistrées de Lyon à Arles alors que la crue était encore à son sommet et amena une aide financière de première urgence comme on a pu le lire par ailleurs. Il se déplaça aussi sur le cours de la Loire qui déborda aussi,  faisant de cet épisode climatique, une catastrophe nationale.

  Dans le

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 un projet de loi est tout de suite écrit et proposé au Parlement pour venir en aide aux sinistrés. Loi adoptée le 2 juin et promulguée dans le Moniteur du 12 juin 1856 :

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  Dans la foulée, le Pouvoir demande aux ingénieurs des Ponts et Chaussées de réfléchir à un système pour prévenir les crues. C’est le sens de cette communication parue dans le Moniteur des Communes dont voici la conclusion.

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  Deux écoles s’affrontèrent : les tenants de la construction de nouvelles digues plus hautes et plus nombreuses et ceux qui souhaitaient un projet global visant à réguler le cours du Rhône, projet que l’on qualifierait d’écologique de nos jours : essayer de retenir l’eau en amont pour réguler le débit et maintenir la navigation et l’arrosage en cas d’étiage, permettre au fleuve de s’étaler en créant des déversoirs naturels, construire des digues bien pensées pour protéger les villages les plus exposés dont Ancone faisait partie.

   Ce fut le sens de la loi du 28 mai 1858, 2 ans après l’inondation commencée le 28 mai 1856. En voici la conséquence sur le village avec cette affiche conservée par la famille Tauleigne.

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  L’affiche présentée est la conséquente directe de cette loi puisque quelques mois plus tard, le 11 octobre 1858, il fut donc décidé au niveau du village, d’exhausser les digues existantes, c’est-à-dire les rehausser pour éviter que les eaux en furie ne les submergent comme ce fut le cas en 1840 et en 1856.

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  Ces travaux étaient estimés à 30 000 francs et l’Etat prendrait en charge les 2/3 (20 000 francs) mais la commune allait devoir tout de même devoir investir 10 000 francs, somme considérable pour elle à l’époque.

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  On note dans la liste des membres enquêteurs de cette commission les noms du maire de Montélimar Fleury-Bith qui restera le maire qui vit la création du jardin public pour relier la ville à la nouvelle gare PLM, celui de Chabaud, propriétaire dont le nom reste associé à un domaine proche du centre, celui de Lacroix dont un ancien domaine industriel porte le nom à Montboucher ou celui du juge d’instruction Valentin (du Cheylard), Ludovic certainement, d’une famille qui a marqué l’Histoire de la ville de Montélimar.

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  C’est la digue que l’on connaît de nos jours qui fut donc relevée après cette enquête, celle qui commence sur la route de l’Homme d’Armes, continue au nord du centre ville le long de la Lône et de ce qu’était jadis le chemin de halage et le port, contourne la place des platanes et se continuait jadis en supportant la route menant à l’ancien pont de Rochemaure-Ancone, section disparue avec le creusement du canal de dérivation du Rhône.

  Comme on l’a dit par ailleurs, 280 km de digues furent construits entre Lyon et Arles entre 1860 et 1880 et les quelques hectomètres anconais doivent faire partie de ce chiffre impressionnant que l’Empire lança et que poursuivit la République née le 4 septembre 1871.

  La réactivité des pouvoirs publics après les inondations de 1856 permit à l’Empereur de proclamer cette phrase restée célèbre :

Je tiens à l’honneur qu’en France, les fleuves comme les révolutions rentrent dans leurs lits et qu’ils n’en puissent sortir.

A suivre:

Ancone et le Rhône, une cohabitation difficile: les cartes géographiques racontent aussi cette histoire. (7/7)

d’après les documents présentées lors des Journées du Patrimoine en septembre 2015 et cette exceptionnelle affiche de Stéphane Tauleigne sur l’enquête d’utilité publique des travaux de la digue en 1856.

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