Archives de Tag: Seconde Guerre Mondiale

Quand la France était aussi couverte de CAMPS…

…et Loriol en Drôme rend hommage à l’un d’eux, le Camp de Travailleurs Etrangers de leur commune.

Sous le titre:

CAMP D’INTERNEMENT DE LORIOL

(septembre 1939-mars 1941)

Voici le texte:

Ici, dans une ancienne usine de produits chimiques a été installé un camp d’internement où ont été emprisonnés quelques 500 étrangers, des « indésirables » antifascistes, juifs et 26 Drômois, syndicalistes, communistes, anarchistes. Certains ont été déportés, quelques-uns ont péri dans les camps d’extermination nazis. Nombre d’entre eux ont participé à la Résistance française.

Tout est dit dans le texte. Des camps semblables étaient implantés à Montélimar, à Crest. L’usine a été rasée il y a une quinzaine d’année, il en restait un hangar situé de l’autre côté de la déviation de Loriol qui est venu s’installer là, bien après le camp de Travailleurs Etrangers. Les étrangers, toujours la faute des étrangers quand on a des problèmes…

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Quand le Tour franchit le Rhône…. 5/10 le pont de Fourques.

Voilà un pont qui n’a pas changé depuis sa construction. Il est resté dans son jus sans toutefois présenter un danger quelconque pour ses utilisateurs. Seules les voitures ont un peu de mal à se croiser… mais n’est-ce pas la meilleure méthode pour limiter la vitesse ?

Il a du cachet, le pont entre Fourques et le quartier de Trinquetaille ! Il franchit le Petit-Rhône qui n’a de petit que son nom car beaucoup d’eau passe sous ses arches.

Il apparaît sur la couverture du Miroir des Sports du 11 juillet 1925. Mes parents étaient alors en route et le Tour avait l’âge de la majorité. Le peloton franchit le Rhône en direction de Trinquetaille, quartier insulaire d’Arles et plus loin de Toulon, en provenance de Nîmes. On est donc au tout début de cette onzième étape que remportera Lucien Buysse, le futur lauréat du Tour… 1926.

Pour cette année 1925, c’est Ottavio Bottechia qui l’emportera à Paris. Il était d’ailleurs déjà en jaune depuis la traversée des Pyrénées et ne devait plus quitter la tête de la course.

Nombre de ponts sur le Rhône ayant été détruits pendant la Seconde Guerre Mondiale, le Tour passa par l’un des rares qui subsistait, celui de Fourques !

 

Le peloton le traversa encore groupé sur la route de cette treizième étape Marseille-Montpellier, le 10 juillet. On peut d’ailleurs se poser la question sur la manière dont fut franchi le Grand-Rhône quelques kilomètres en amont. Une passerelle provisoire devait avoir été jetée sur le fleuve, le pont de Trinquetaille dont on parlera dans un autre article de cette série ayant été envoyé par le fond. D’ailleurs, le journal insiste sur les dégâts que connut la ville avec une vue des destructions non encore réparées dans le vieux Arles.

Plus loin lors de ce Tour 1947 que Jacques Goddet eut tant de mal à organiser, le franchissement de la Dordogne connut des problèmes importants lors de l’étape Bordeaux-Les Sables d’Olonne. Le départ réel de la course n’eut lieu qu’une fois le fleuve franchi au bac de Saint-André-de-Cubzac par toute la caravane, coureurs compris… ce qui prit un certain temps !

Miroir-Sprint met aussi en avant le passage du Petit-Rhône à Fourques en en faisant sa une. On constate que quelques spectateurs ou photo-reporters prennent pas mal de risque pour faire les plus beaux clichés !

Je suis persuadé que cela serait toujours le cas de nos jours si le Tour venait à passer par là mais…

…comment voulez-vous que les gros véhicules de la caravane publicitaire puissent passer par cette chatière ?

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Une CARTE POSTALE du PONT provisoire PONT-SAINT-ESPRIT

On a déjà parlé de l’arche marinière du pont de Pont-Saint-Esprit, le plus ancien pont jeté sur le Rhône et existant depuis plus de sept siècles, ce qui en fait une longévité exceptionnelle. Pour comparaison, le plus vieux pont de Paris, le Pont Neuf n’est qu’un gamin de quatre siècles.
En 1856, l’année de la grande crue,  fut créée l’arche marinière remplaçant deux arches anciennes pour permettre aux vapeurs de franchir cette étroitesse du Rhône sans dégâts.

On était au début de la Révolution Industrielle et on construisit cette arche en fonte, signe de modernité.

Elle tint un peu moins d’un siècle car en 1944, les aviateurs alliés la détruisirent pour retarder le repli des troupes du Reich stationnées dans le Sud-Ouest de la France et fuyant après le débarquement de Provence.

Un trou béant séparait les deux rives du Rhône,  très large en cet endroit, quelques hectomètres après la confluence avec l’Ardèche.
La Libération venue, il fallut reconstruire tous les ponts du Rhône détruits et des choix durent être faire. A Pont, on opta pour une passerelle suspendue , rapidement installée, guère solide mais… provisoire. C’est l’objet de cette carte postale semi-moderne.

Un mélange de modernité et de tradition, de légèreté et de puissance, au-dessus d’un Rhône large et majestueux. La vue est prise en direction de l’est, de la rive gauche.

Une arche marinière en béton armée a remplacé le pont suspendu provisoire en 1954 quand vint le tour de reconstruire le pont de Pont.

De nos jours, avec la canalisation de Donzère-Mondragon, le Rhône ne coule plus, en temps normal, que sous deux arches, l’arche marinière et la suivante contrairement à la vue de la carte semi-moderne… même s’il baigne tranquillement d’autres piles, sept au total…

…laissant une impression de puissance inutile à cette construction multi-centenaire !

Ces vues originales ont été prises depuis le dessous de l’ouvrage d’art, dans les prairies inondables de cette plaine rhodanienne, entre Gard et Vaucluse, entre Royaume et Empire. De cet endroit, on peut constater aussi…

…l’élargissement de la structure effectuée sous le Second Empire, de 1861 à 1870, anticipant en cela la circulation automobile moderne !

 

 

 

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COLLABORATION: un tract à la gloire de la RÉVOLUTION NATIONALE.

Un tract imprimé uniquement au recto à la gloire de la Révolution Nationale imprimé à Tunis et certainement distribué dans cette ancienne colonie (protectorat pardon) avant la Libération du pays par les Américains.

En haut l’abominable république et sa devise perverse Liberté-Egalité-fraternité et en dessous le monde rêvé par les Fascistes de Vichy, adepte de la Révolution Nationale et de sa devise Travail- Famille- Patrie.

La République asservie par les partis et le capitalisme étranger (bien sûr), la République horriblement égalitaire où la Fraternité n’est qu’un leurre puisque la lutte des classes mène à la haine et à la misère.

A l’opposé, la Révolution Nationale amènera du travail à tous (dans les usines d’armement du reich pour certains). la famille sera au centre de la société (un papa, une maman 70 ans avant les grenouilles de bénitiers de Boutin et consort) et la Patrie au dessus de tout, une patrie occupée, pillée ce qui ne dérange pas du tout les auteurs de ces lignes puisque c’est la faute de la Gueuse.

Vive la Gueuse.

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BOMBARDEMENT du PONT d’AVIGNON du 25 ou 27 juin 1944

Une carte postale montrant les destructions subies par le pont d’Avignon après le bombardement américain du 25 ou 27 juin 1944, les sites mémoriels divergent quant à cette date.

On voit qu’une bombe a atteint la pile centrale et a détruit la première travée côté Avignon. Après la guerre, le pont sera restauré et remis en service. Pendant le temps des travaux, un pont de barques sera jeté sur le bras du Rhône par le 7ème Génie, un régiment local.

Ce pont sera rapidement obsolète et en 1960, il sera détruit pour être remplacé par le pont de pierre actuel, le Pont Edouard-Daladier.

Le pont suspendu avait été construit entre le 06 juin 1841, jour où Jules Seguin obtint le marché pour la construction de l’ouvrage et le 21 octobre 1843, date de son ouverture à la circulation. Ce pont sera restauré plusieurs fois à la fin du XIXème siècle.

Du 27 mai au 15 août 1944, Avignon connut pas moins de 37 bombardements plus ou moins importants qui visaient les ponts, on l’a vu, les infrastructures ferroviaires et les postes de commandement allemands. Ce fut la population qui fut la principale victime de ces actions américaines. Près de 600 morts dont 525 pour la seule journée du 27 mai, 800 blessés, des centaines de maisons détruites, tel est le bilan global de ces bombardements. Des quartiers amputés de bon nombre de bâtiments qu’on reconnaît facilement avec des îlots modernes au milieu d’un habitat plus ancien: Champfleury, les Rotondes, boulevard Raspail où fut détruit l’hôtel Dominion, siège de l’Etat-Major allemand et où les occupants déplorèrent quelques tués et blessés.

 

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PROPAGANDE DE VICHY: un grand poster sur la RELÈVE (automne 1942)

Une grande page imprimée uniquement au recto. Format page de journal, peut-être le Nouvelliste, le grand quotidien lyonnais qui se vautra dans la Collaboration et l’apologie du fascisme pendant l’Etat Français. Le titre: L’ACTUALITÉ PHOTOGRAPHIQUE.

On peut dater ce vieux papier d’octobre 1942, plutôt la première quinzaine. En effet, une photo montre l’inauguration de la Foire Internationale de Lyon qui dut avoir eu lieu de fin septembre à début octobre 1942. Cette foire fut une vitrine de la Collaboration, événement orchestré par le Régime de Vichy et les services de la propagande du Reich, pour prouver aux Français que tout allait bien dans le meilleur des mondes ! Avec un certain succès puisqu’en 1941 comme en 1942, il y eut pas moins de 600 000 visiteurs dont la 5/6ème ayant acquitté leur billet d’entrée.

On y voit aussi Pétain, Darlan et Laval présider une prise d’armes…

…d’un gouvernement sans armée.

Mais le sujet principal de ce poster est la Relève. C’est ce deal que Laval passa avec gauleiter Fritz Sauckel responsable de la main d’oeuvre immigrée du Reich: 3 travailleurs français partis en Allemagne contre 1 prisonnier de guerre français libéré. Cette collaboration commença en mai 1942.

On y voit un groupe de travailleurs s’apprêtant à prendre le train pour l’Allemagne…

…suis embrassant leur progéniture…

…sous l’oeil des objectifs des appareils photographiques complaisants tandis que des prisonniers libérés retrouvent les leurs avec moult embrassades…

…toujours sous le regard indiscret de ces mêmes appareils photographiques. Malgré cela, malgré ces pages à l’eau de rose un tantinet bisounours (uchronie volontaire), rien n’y fit et les travailleurs français ne partirent pas pour le Reich. Il fallut passer à l’étape supérieure, celle des départs contraints et forcés que l’on appela le S.T.O. comme Service du Travail Obligatoire. L’ordonnance qui institua cette ignominie fut prise le 16 février 1943.

 

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Une petite recherche pour savoir ce qu’il en était d’un article du PETIT DAUPHINOIS du 29 septembre 1943.

Un journal, le Petit Dauphinois, ouvertement pétiniste et collaborationniste. Adorateur de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste bien avant le début de la Guerre, le Petit Dauphinois en vient à souhaiter la victoire de l’Axe et son interdiction à la Libération ne sera pas usurpée.

L’actualité du 29 septembre 1943, la Saint-Michel 43, est normale. Pas de grands événements, pas de gros titres, pas une date que l’Histoire retiendra.

Sur le front de l’est, les combats sont violents et les Américains ont du mal en Sicile, enfin à ce que dit le journal. La Loterie Nationale change de formule et bientôt la radio remplacera le maître dans les écoles. Et puis, en 5ème colonne, un titre parlant de la Résistance: « Sept terroristes sont arrêtés en Ariège ». Avec le mot terroristes ou celui de « malfaiteurs », on ne parle de droit commun mais bien de résistants. C’était la terminologie de l’époque pour la presse vichyste.

La lecture de l’article nous apprend une attaque de la Gendarmerie dirait-on sur une grotte où se tenaient cachés sept résistants qui furent arrêtés et certainement, après interrogatoires musclés, déportés. J’ai voulu en savoir un peu plus et ce qu’en disait les sites mémoriels ariégeois actuels, s’ils parlaient de cet affrontement.

L’histoire se passe donc en Ariège, dans les premiers contreforts des Pyrénées, en plusieurs épisodes. Il faut d’abord savoir qu’en Ariège, les Allemands sont arrivés en novembre 1942, 10 mois avant les faits, contrairement à la Drôme où ils venaient juste de remplacer les Italiens devenus leurs ennemis après l’Armistice signée avec les Alliés et la destitution du Duce.

Le S.T.O. a rempli les Maquis et les combats entre la Résistance et les Allemands appuyés par la Milice commencent à devenir régulier.

Ainsi, le 18 septembre 1943, un groupe de maquisards du Maquis de Rimont a l’idée d’attaquer un poste de garde allemand installé à Pareille (Perlera en occitan) pour prendre quelques armes. C’est cet affrontement qui est le plus médiatisé de nos jours.

On voit que le poste allemand dominait la vallée menant à Lavelanet, à l’est de l’axe important Foix-Tarascon-Ax-les-Tlermes. La bataille de Pareille se solde par la mort de deux maquisards, Achille Bochetto de Narbonne et Alexis Audeon dit René, un ancien des Brigades Internationales plus un blessé, tandis que les Allemands perdent quatre hommes, deux tués et deux blessés. Mais pas d’armes récupérées par le Maquis !

C’est en réaction à cette attaque que les Allemands organisent une riposte contre un Maquis sur lequel ils ont eu quelques renseignements. Il est situé à quelques kilomètres au sud de Lavelanet, sur la commune de Montségur, célèbre par la fin des Cathares, bien des siècles auparavant. Ces Maquisards occupent la grotte de Caougne (Caougno en occitan). Ils semblent faire partie du groupe qui a fait le coup de Pareille mais rien n’est moins sûr.

Quelques jours après le 18, la date exacte n’a pas été trouvée, la Milice et les Allemands prennent au piège de la grotte les sept maquisards présents qui tout de même arrivent à tuer un chef milicien, Massa cité dans l’article et à blesser un autre, Legru. Mais ils sont pris et emmenés vers Foix, peut-être à la fameuse villa Louquée, siège de la Gestapo de sinistre mémoire. Ils pendront ensuite le chemin de la déportation, très certainement.

Voici donc la vraie histoire de ce groupe de Maquis, le corrigé de l’article partisan du Petit Dauphinois.

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