Archives de Tag: Seconde Guerre Mondiale

PROPAGANDE DE VICHY: un grand poster sur la RELÈVE (automne 1942)

Une grande page imprimée uniquement au recto. Format page de journal, peut-être le Nouvelliste, le grand quotidien lyonnais qui se vautra dans la Collaboration et l’apologie du fascisme pendant l’Etat Français. Le titre: L’ACTUALITÉ PHOTOGRAPHIQUE.

On peut dater ce vieux papier d’octobre 1942, plutôt la première quinzaine. En effet, une photo montre l’inauguration de la Foire Internationale de Lyon qui dut avoir eu lieu de fin septembre à début octobre 1942. Cette foire fut une vitrine de la Collaboration, événement orchestré par le Régime de Vichy et les services de la propagande du Reich, pour prouver aux Français que tout allait bien dans le meilleur des mondes ! Avec un certain succès puisqu’en 1941 comme en 1942, il y eut pas moins de 600 000 visiteurs dont la 5/6ème ayant acquitté leur billet d’entrée.

On y voit aussi Pétain, Darlan et Laval présider une prise d’armes…

…d’un gouvernement sans armée.

Mais le sujet principal de ce poster est la Relève. C’est ce deal que Laval passa avec gauleiter Fritz Sauckel responsable de la main d’oeuvre immigrée du Reich: 3 travailleurs français partis en Allemagne contre 1 prisonnier de guerre français libéré. Cette collaboration commença en mai 1942.

On y voit un groupe de travailleurs s’apprêtant à prendre le train pour l’Allemagne…

…suis embrassant leur progéniture…

…sous l’oeil des objectifs des appareils photographiques complaisants tandis que des prisonniers libérés retrouvent les leurs avec moult embrassades…

…toujours sous le regard indiscret de ces mêmes appareils photographiques. Malgré cela, malgré ces pages à l’eau de rose un tantinet bisounours (uchronie volontaire), rien n’y fit et les travailleurs français ne partirent pas pour le Reich. Il fallut passer à l’étape supérieure, celle des départs contraints et forcés que l’on appela le S.T.O. comme Service du Travail Obligatoire. L’ordonnance qui institua cette ignominie fut prise le 16 février 1943.

 

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Une petite recherche pour savoir ce qu’il en était d’un article du PETIT DAUPHINOIS du 29 septembre 1943.

Un journal, le Petit Dauphinois, ouvertement pétiniste et collaborationniste. Adorateur de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste bien avant le début de la Guerre, le Petit Dauphinois en vient à souhaiter la victoire de l’Axe et son interdiction à la Libération ne sera pas usurpée.

L’actualité du 29 septembre 1943, la Saint-Michel 43, est normale. Pas de grands événements, pas de gros titres, pas une date que l’Histoire retiendra.

Sur le front de l’est, les combats sont violents et les Américains ont du mal en Sicile, enfin à ce que dit le journal. La Loterie Nationale change de formule et bientôt la radio remplacera le maître dans les écoles. Et puis, en 5ème colonne, un titre parlant de la Résistance: « Sept terroristes sont arrêtés en Ariège ». Avec le mot terroristes ou celui de « malfaiteurs », on ne parle de droit commun mais bien de résistants. C’était la terminologie de l’époque pour la presse vichyste.

La lecture de l’article nous apprend une attaque de la Gendarmerie dirait-on sur une grotte où se tenaient cachés sept résistants qui furent arrêtés et certainement, après interrogatoires musclés, déportés. J’ai voulu en savoir un peu plus et ce qu’en disait les sites mémoriels ariégeois actuels, s’ils parlaient de cet affrontement.

L’histoire se passe donc en Ariège, dans les premiers contreforts des Pyrénées, en plusieurs épisodes. Il faut d’abord savoir qu’en Ariège, les Allemands sont arrivés en novembre 1942, 10 mois avant les faits, contrairement à la Drôme où ils venaient juste de remplacer les Italiens devenus leurs ennemis après l’Armistice signée avec les Alliés et la destitution du Duce.

Le S.T.O. a rempli les Maquis et les combats entre la Résistance et les Allemands appuyés par la Milice commencent à devenir régulier.

Ainsi, le 18 septembre 1943, un groupe de maquisards du Maquis de Rimont a l’idée d’attaquer un poste de garde allemand installé à Pareille (Perlera en occitan) pour prendre quelques armes. C’est cet affrontement qui est le plus médiatisé de nos jours.

On voit que le poste allemand dominait la vallée menant à Lavelanet, à l’est de l’axe important Foix-Tarascon-Ax-les-Tlermes. La bataille de Pareille se solde par la mort de deux maquisards, Achille Bochetto de Narbonne et Alexis Audeon dit René, un ancien des Brigades Internationales plus un blessé, tandis que les Allemands perdent quatre hommes, deux tués et deux blessés. Mais pas d’armes récupérées par le Maquis !

C’est en réaction à cette attaque que les Allemands organisent une riposte contre un Maquis sur lequel ils ont eu quelques renseignements. Il est situé à quelques kilomètres au sud de Lavelanet, sur la commune de Montségur, célèbre par la fin des Cathares, bien des siècles auparavant. Ces Maquisards occupent la grotte de Caougne (Caougno en occitan). Ils semblent faire partie du groupe qui a fait le coup de Pareille mais rien n’est moins sûr.

Quelques jours après le 18, la date exacte n’a pas été trouvée, la Milice et les Allemands prennent au piège de la grotte les sept maquisards présents qui tout de même arrivent à tuer un chef milicien, Massa cité dans l’article et à blesser un autre, Legru. Mais ils sont pris et emmenés vers Foix, peut-être à la fameuse villa Louquée, siège de la Gestapo de sinistre mémoire. Ils pendront ensuite le chemin de la déportation, très certainement.

Voici donc la vraie histoire de ce groupe de Maquis, le corrigé de l’article partisan du Petit Dauphinois.

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Annonay (Ardèche)- Des vieux journaux très intéressants 2-la première « visite » des Allemands en 1940 (2/2)

La Gazette d’Annonay et du Haut-Vivarais du samedi 6 juillet 1940 revient sur les événements de la fin juin et les combats s’étant déroulés dans la vallée du Rhône où le 6ème Régiment de Spahis Algériens résista deux jours à l’avancée allemande dans le secteur de Sarras, où la plaine entre les collines du Vivarais et le Rhône est réduite à sa partie la plus congrue.

La bataille de Sarras car on peut employer ce terme de bataille tant il y eut d’échanges de bombes et de mitraille dura deux jours. Le pont sur la Cance détruit était une barricade efficace contre la Wehrmacht ainsi que celui sur le Rhône à Saint-Vallier auquel il manquait une arche suite à la chute d’un obus des Spahis. Car ce sont les Spahis Algériens du 6ème régiment qui tinrent ce front pendant deux jours, jusqu’au retrait des troupes allemandes, rappelées vers le nord par les conditions d’Armistice.

Les Allemands connurent de lourdes pertes, les Spahis perdent huit hommes qui furent enterrés sur place après une cérémonie religieuse menée par le curé… alors qu’ils étaient tous musulmans.

Cela  permet à la Gazette de lister les ponts en état et ceux détruits sur le Rhône entre Lyon et Viviers.

La liste des ponts ayant survécu aux destructions du Génie français semble exacte et ils correspondent à des ouvrages d’art fragiles qui ne pouvaient supporter les chars et le gros matériel de la Wehrmacht.

A Annonay, les Allemands se sont retirés conformément aux conditions de l’Armistice.

Par contre (et cela semble chagriner le rédacteur de l’article sur la Gazette) les Réfugiés venus du nord sont toujours là !

Certains sont partis et les autres devront attendre que les conditions du retour soient optimales pour retourner chez eux. Pour l’heure, ils doivent rester là, discrets de préférence !

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Annonay (Ardèche)- Des vieux journaux très intéressants 1-la première « visite » des Allemands en 1940 (1/2)

C’est la Gazette d’Annonay et du Haut-Vivrais en date du samedi 29 juin 1940 (cette gazette est un hebdomadaire) qui nous raconte l’histoire comme dans un livre d’Histoire. L’Allemagne a attaqué la France le 10 mai 1940 après 9 mois d’atermoiements appelés « la drôle de guerre ». Pétain vient de signer l’Armistice le 22 juin 1940 avec l’Allemagne nazie et le 24 juin avec l’Italie fasciste qui, elle, est entrée en guerre le 10 juin, quand la France était à genoux et sans réussir à enfoncer l’Armée des Alpes. C’est à Rethondes et à Rome qu’ont été signés ces traités.
La Gazette en fait sa une avec, à droite, les conditions de ces armistices, on y lit que même les postes de radio sont interdits à être possédés, et à gauche, l’analyse de cette défaite due, pour lui, au déclin intellectuel et moral de la France et à aucun moment à la hiérarchie militaire qui en était resté aux tranchées de 14-18 et qui ne croyait, à de rares exceptions près, ni aux chars, ni aux avions.

Ceci, on l’a lu dans n’importe quel livre d’histoire, même les plus révisionnistes. Par contre, ce que l’on sait moins et ce dont la Gazette nous parle, c’est ce qui s’est passé juste après l’Armistice, dans le nord de l’Ardèche et la vallée du Rhône: les combats d’Annonay et ceux d’Andance dans la vallée du Rhône pour empêcher les Allemands à continuer à avancer.

Ce sont les hommes du 4ème Spahis Marocains qui défendirent la région d’Annonay, n’empêchant pas les Allemands d’occuper la ville le 25 juin au matin et ceux du 6ème Spahis Algériens qui en firent de même au bord du Rhône. Cette même histoire est raconté plus localement dans un éphéméride tragique.

On y lit toute la détresse du rédacteur face à ces événements, l’arrivée des Allemands, l’attitude de quelques locaux très favorables au reich que ça en est choquant (que fera le journaliste dans quelques mois ?), le maire en ancien combattant qui y va de son bouquet de fleurs au monument aux morts, les traces des combats vers Roiffieux avec des chevaux morts et des maisons éventrées, le commerce en demi-teinte sauf pour les Allemands qui achètent en payant en marks…

On parle aussi des combats vers Andance et des funérailles des Spahis tués au combat.

Ils sont au nombre de sept et tous d’origine marocaine. La population leur rend un vibrant hommage comme la municipalité.

On y lit le futile côtoyant le tragique.

Les pâtisseries et les confiseries ne seront plus fabriquées par manque de sucre sur lequel la population doit s’être précipitée, un réflexe qui continua d’exister jusqu’aux années 70 à l’occasion de toutes les crises et les Spahis blessés et transportés par la Croix-Rouge vers les hôpitaux de la région.

A suivre la lecture de la Gazette du samedi suivant pour d’autres précisions sur les combats au bord du Rhône.

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PONT SAINT-ESPRIT: une FLAMME qui allume la CURIOSITÉ.

Une flamme philatélique, c’est une petit encart publicitaire qui accompagne le timbre à date pour oblitérer les timbres. Ces petits rectangles sont collectionnés et présentent toujours un intérêt historique.

Celle trouvée dans la boutique Emmaüs d’Arles a tout de suite attiré mon attention. La voici !

Il s’agit d’un morceau d’enveloppe découpé. La lettre était partie en 1957 de Pont-Saint-Esprit dans le Gard. La flamme représente le fameux pont de pierre traversant le Rhône au niveau de la ville et datant de plus sept siècles. Le chantier commencé en 1265 fut achevé en 1309… 708 années d’existence et pas une ride !

Certes le pont fut un tantinet transformé quand arriva la navigation à vapeur sur le Rhône. De 21 arches, il passa à 20 car on détruisit les deux premières arches du côté gardois pour n’en faire qu’un en métal, qu’on appela alors l’arche marinière. Tout est dit !

Ci-dessus, cette arche marinière au début du XXème siècle prise un jour où le Rhône était en crue.

Mais revenons à notre flamme et regardons-la plus attentivement.

On voit très bien quelques-unes  des premières arches mais très bizarrement, le dessinateur a ajouté un pont suspendu. Que s’est-il donc passé pour que le vieux pont ait été un jour ainsi transformé ?

La réponse est simple… la guerre et les bombardements américains ayant accompagné le débarquement de Provence du 15 août 1944 ! Ce jour-là, les bombardiers US larguèrent des tonnes de bombes sur la ville, détruisant des rues entières du vieux bourg entraînant les décès de près de 50 habitants et anéantissant la fameuse arche marinière en métal du pont.

Plus d’arche marinière et donc plus de passage possible du Rhône en cet endroit pour quelques années.

En attendant la reconstruction, on installa donc un pont suspendu provisoire qui officia de 1945 à 1954…

…dont voici une vue extraite d’un site internet. En 1954, l’arche marinière fut terminée et le pont de Pont-Saint-Esprit rendu à la circulation.

La nouvelle arche marinière fut bâtie en béton armé ce qui rend une certaine unité au pont.

En 1957 date d’envoi de la lettre, la poste n’avait pas modifié sa flamme et annonçait toujours Porte d’Or de la Provence avec un dessin du pont mutilé.

En 1965, la Poste fêta le sept centième anniversaire du début des travaux du pont par ce timbre de valeur usuelle, travaux qui durèrent tout de même 44 ans !

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Une CARTE de RAVITAILLEMENT peu courante !

Pour l’époque de la seconde guerre mondiale, on a l’habitude des cartes de ravitaillement qui eurent cours de 1940 à 1947 voire 1949, jusqu’au retour d’une situation normale. Il y en avait dans toutes les maisons et on en retrouve régulièrement dans les vide-greniers.

Celles qu’on va vous présenter datent aussi de cette époque tourmentée (on peut y voir la date du 5/12/1945) mais concernent un épisode particulier. Il s’agit de cartes de textile pour le CORPS FRANÇAIS D’OCCUPATION DE L’AUTRICHE.

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C’est peu avant la capitulation du 8 mai 1945 que les troupes alliées entrent en Autriche pour l’occuper militairement. L’Anschluss a été balayé en même temps que les Nazis et une jeune République d’Autriche a été proclamée. Toutefois, pour permettre sa mise en place et pour dénazifier le pays, les vainqueurs de la Guerre, Etats-Unis, Royaume-Uni, Union Soviétique et… France ont décidé d’occuper le pays pour… 10 ans.

Comme l’Allemagne vaincue, l’Autriche sera divisée en 4 zones:

-l’est (Niederösterreich, Burgenland) est la zone soviétique,

-le sud (Kärnten, Steiermark) la zone britannique,

-le nord-ouest (Salzburg, Oberösterreich) la zone américaine et

-l’ouest (Tyrol et Vorarlberg) la zone française, sous l’autorité du général Antoine Béthouart.

Comme pour Berlin, la capitale Vienne au beau milieu de la zone soviétique est partagée en secteurs répartis entre les 4 puissances occupantes. Les Français ont autorité dans les 6ème, 14ème, 15ème et 16ème.

Cette occupation permettra une transition démocratique en douceur et évitera la prise de contrôle d’une partie de l’Autriche par les Soviétiques comme ils le feront avec la RDA et Berlin est.

Les troupes françaises étaient comme les populations civiles allemandes et autrichiennes soumises au régime des cartes de ravitaillement. Tout manquait en France et par là même dans les zones occupées par les Français. Un état de fait aggravé par rapport aux zones administrées par les Américains et Britanniques.

Coupons de ravitaillement pour tous…

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soldats comme civils faisaient la queue devant les économats militaires. Ici, il s’agit de la carte d’un adjudant chef de la 15ème Brigade de Chasseurs Alpins et celle de sa fille Claudie âgée de 5 ans en 1945.

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L’occupation de l’Autriche prit fin après la promulgation de l’Etat Autrichien, le 15 mai 1955 et les troupes d’occupation étaient toutes parties le 25 octobre 1955. L’Autriche devenait un état indépendant et neutre, diplomatiquement parlant.

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L’occupation de l’Autriche et le découpage de sa capitale Vienne en secteurs furent la toile de fond du roman de Graham Greene, Le Troisième Homme et du film éponyme de Carol Reed. Un roman noir, un thriller !

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JEU: une soirée chez FRED avec les HEROES OF NORMANDIE (vendredi 28 juillet)

Soirée à 4 autour de HEROES OF NORMANDIE, un jeu de guerre dans le bocage normand en juin ou juillet 1944: Fred l’accueillant, Sylvain et en guest Janis venu s’essayer à un jeu de plateau.

Deux joueurs incarnent les Allemands (Sylvain et moi) et deux les Américains fraîchement débarqués (Fred et Janis). 8 unités de base pour chacun soit 32 groupes ou hommes plus ou moins costauds en attaque ou en défense, plus ou moins rapides… Les combats se jouent aux dés, en général un seul et quelques cartes ajoutent un peu de piment en modifiant les actions au moment où l’adversaire ne s’y attend pas.

But du jeu: occuper 2 bâtiments à la fin d’un tour sans qu’aucune unité adverse ne vienne contester cette suprématie (être en bordure de celui-ci).

7 tours de jeu et après l’assimilation des règles (au demeurant assez simples), environ 4 heures de combat pour une courte victoire des Américains sans qu’aucun camp n’ait pu s’installer durablement dans un bâtiment.

Bonne soirée.

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