Archives mensuelles : août 2018

La prestigieuse correspondance du citoyen Alexandre Dumont- 4/15 lettres des 05 mai et 26 juillet 1848

Malgré son rôle dans les Journées de Février 1848 et les lettres de recommandations de Ledru-Rollin et Lamartine, Alexandre Dumon n’a pu obtenir le rôle de commissaire de la Seconde République dans son bon département du Tarn-et-Garonne. Ou n’a-t-il pas été très emballé par cette fonction obscure et difficile !

Toujours est-il que peu avant la fin de son ministère, le 28 avril 1848, Alphonse de Lamartine va nommer très officiellement son ami, vice-consul de la République Française à Trinidad de Cuba. Il prendra la suite de M. Delcourt, révoqué, qui devait être un peu trop anti-républicain. Cette nouvelle qualité lui rapportera tout de même une allocation de 3 000 francs par an. Une jolie somme !

C’est le contenu essentiel de la lettre envoyée depuis la direction commerciale du Ministère des Affaires Etrangères par le secrétaire général Jules Bastide, le 05 mai 1848.

Bien entendu le rédacteur y va d’un couplet républicain… Vous justifierez pleinement, j’en suis certain, Monsieur, le témoignage de confiance par l’utilité de vos services, par votre entier dévouement à la France Républicaine.

Et le départ est immédiat… Je vous invite à faire immédiatement vos préparatifs de départ.

Pas tant que cela tout de même puisque le 26 juillet, Alexandre Dumon reçoit par une nouvelle missive, la confirmation de sa nomination à Cuba.

Il faut dire que Lamartine quitte le ministère des Affaires Etrangères le 11 mai, que des troubles commencent le 15 mai et qu’une Révolution ouvrière sera balayée par l’armée et le général Cavaignac en juin 1848, après la fermeture des Ateliers Nationaux. On eut un temps d’autres chats à fouetter que nommer un vice-consul à Trinidad de Cuba !

La première lettre est donc signée par Jules Bastide,

un secrétaire général du Ministère des Affaires Etrangères qui deviendra… ministre au départ de Lamartine, le 11 mai et cela jusqu’à l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte comme président de la République en décembre 1848. Fervent républicain, Jules Bastide quittera peu ou prou la politique après la fin de la Seconde République pour se consacrer à l’écriture de livres historiques.

La seconde lettre est signée du Directeur du Ministère, un certain Ph. de Lesseps… Un parent de ce cher Ferdinand ?

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Le second numéro des CAHIERS d’ANCÔNE arrive….

une cahier 2

Vous avez été nombreux à acheter et à aimer le premier numéro des Cahiers d’Ancône, à l’automne 2017…

…voici que s’annonce le n°2 des Cahiers qui est attendu pour la rentrée 2018.

Après la soie pour le premier numéro, notre grand dossier sera la Grande Guerre à Ancône, présentation articulée autour des travaux des élèves de l’école élémentaire ayant écrit les biographies de Poilus du village Morts pour la France. On vous parlera aussi du Livre d’Or du Buffet de l’Aérodrome, ce restaurant qui offrit le couvert et quelquefois le gîte aux pilotes et aux rampants dans l’Entre-deux-guerres. Autre grand thème: l’ancienne base nautique de Rhodia-Plage, sur la Lône, ce bras-mort du fleuve qui voyait le Tout-Montélimar venir se rafraîchir et montrer ses muscles ou ses formes de mai à septembre. La Neige de 70, les plus jeunes n’en ont bien souvent jamais entendu parler… une lacune sera comblée grâce aux témoignages des acteurs de cet épisode climatique exceptionnel qui transforma la plaine d’Ancône en petite Sibérie ! Bien d’autres sujets encore vous attendent dans les 44 pages de ce second tome du Livre d’Ancône !

Dès maintenant, retenez ce numéro 2 des Cahiers… en imprimant ce coupon ou en le recopiant sur papier libre et en le revoyant à

  • Claude Froment 5 rue Delpech 26200 ANCôNE
  • ou Georges Ruiz 8 rue Georges Brassens 26200 ANCôNE.

Les Cahiers d’Ancône sont au prix de 6 euros jusqu’au 14 septembre. Après ce sera 7 euros !

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Une chanson de LA ROULANTE: LES MAUX DE LA FAIM (Ch. DUJARDIN)

Après la collection de La Roulante, un journal des tranchées du 369ème Régiment d’Infanterie de Besançon, quelques chansons écrites par la plume humoristique de Ch. Dujardin, un rédacteur de la feuille.

LES MAUX DE LA FAIM (Impression d’un Boche) sur les privation dans l’armée allemande qui manque de tout, de pain, de bière, de sucre, de céréales, de lait…

Un texte de Ch. Dujardin, l’auteur au « Foyer du Soldat » du 369ème Régiment d’Infanterie à chanter sur l’air de « Dernier aveu ».

 

 

 

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Une CARTE POSTALE du PONT provisoire PONT-SAINT-ESPRIT

On a déjà parlé de l’arche marinière du pont de Pont-Saint-Esprit, le plus ancien pont jeté sur le Rhône et existant depuis plus de sept siècles, ce qui en fait une longévité exceptionnelle. Pour comparaison, le plus vieux pont de Paris, le Pont Neuf n’est qu’un gamin de quatre siècles.
En 1856, l’année de la grande crue,  fut créée l’arche marinière remplaçant deux arches anciennes pour permettre aux vapeurs de franchir cette étroitesse du Rhône sans dégâts.

On était au début de la Révolution Industrielle et on construisit cette arche en fonte, signe de modernité.

Elle tint un peu moins d’un siècle car en 1944, les aviateurs alliés la détruisirent pour retarder le repli des troupes du Reich stationnées dans le Sud-Ouest de la France et fuyant après le débarquement de Provence.

Un trou béant séparait les deux rives du Rhône,  très large en cet endroit, quelques hectomètres après la confluence avec l’Ardèche.
La Libération venue, il fallut reconstruire tous les ponts du Rhône détruits et des choix durent être faire. A Pont, on opta pour une passerelle suspendue , rapidement installée, guère solide mais… provisoire. C’est l’objet de cette carte postale semi-moderne.

Un mélange de modernité et de tradition, de légèreté et de puissance, au-dessus d’un Rhône large et majestueux. La vue est prise en direction de l’est, de la rive gauche.

Une arche marinière en béton armée a remplacé le pont suspendu provisoire en 1954 quand vint le tour de reconstruire le pont de Pont.

De nos jours, avec la canalisation de Donzère-Mondragon, le Rhône ne coule plus, en temps normal, que sous deux arches, l’arche marinière et la suivante contrairement à la vue de la carte semi-moderne… même s’il baigne tranquillement d’autres piles, sept au total…

…laissant une impression de puissance inutile à cette construction multi-centenaire !

Ces vues originales ont été prises depuis le dessous de l’ouvrage d’art, dans les prairies inondables de cette plaine rhodanienne, entre Gard et Vaucluse, entre Royaume et Empire. De cet endroit, on peut constater aussi…

…l’élargissement de la structure effectuée sous le Second Empire, de 1861 à 1870, anticipant en cela la circulation automobile moderne !

 

 

 

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Quand le Tour franchit le Rhône…. 4/10 le pont de Beaucaire-Tarascon.

Aujourd’hui, il s’agit d’un long pont à poutres franchissant le Rhône en deux étapes, une petite île centrale séparant les deux bras…

l’un venant du barrage de Vallabrègues auquel s’ajoutent les eaux du Gardon…

et l’autre le canal de fuite de l’usine éponyme.

C’est un pont suspendu qui franchissait le Rhône avant l’époque moderne, de belle facture mais pas très solide ! Comme en Avignon, les photographes ont essayé de mettre sur le même cliché le pont et le château de Beaucaire. Mais cela donne en 1939, une vue panoramique !

Il ne pouvait pas en être autrement en se plaçant dans la perspective du tablier. En se décalant vers la gauche, cela donne une vue plus resserrée en 1949.

Il s’agit-là de la même étape que celle du pont Saint-Bénézet, emportée par Goldschmitt à Marseille, un 15 juillet. Sur le cliché, on constate que le pont de Beaucaire, à l’instar de celui d’Avignon, porte les traces des bombardements anglo-américains de la Libération.

Il faut croire que le photographe de Miroir des Sports n’a pas changé entre 1949 et 1956 puisqu’il recommença le même cliché lors des passages suivants…

…en 1951, avec ce vélo et ces deux spectatrices amenant une touche artistique…

…puis en 1956. Cette même année, celui de Miroir-Sprint, prit plus d’angle sans qu’on puisse dire que cela amena quelques chose à sa photo.

Le Rhône est plus majestueux et le pont plus imposant mais, avec cette vue lointaine,  le Tour disparaît du programme ce qui est bien dommage dans un magazine sportif.

Les quatre Tours qui empruntèrent le pont de Beaucaire et qui furent photographiés par les photo-reporters tournaient dans le sens inverse des aiguilles de la montre, départs de Montpellier ou Nîmes et arrivées à Marseille, Avignon ou Aix. La volonté de faire de l’artistique avec la vue conjuguée du pont et du château de Beaucaire ne doivent pas être étrangers à ces choix rédactionnels. En circulant dans l’autre sens, il est beaucoup plus délicat de prendre la photo du pont et du château de Tarascon.

A noter que lors du franchissement de ce pont en 1951, les coureurs du Tour devaient être un peu plus inquiets que les autres fois. En effet, c’est ce jour-là qu’il fut proposé aux concurrents l’ascension du Mont-Ventoux pour la première fois, un menu copieux à l’évidence. Ce fut Lucien Lazaridès qui franchit  en premier le sommet mais Louison Bobet l’emporta finalement en Avignon.

 

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Edgard Auguste Roux.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-quatrième Poilu: Edgard Auguste Roux.

Quatrième face du Monument aux Morts.

Edgard avec un D à la fin, tel que l’a transcrit l’Officier de l’Etat-civil d’Orange qui l’a enregistré par son prénom à la lettre E, sans son nom, après sa naissance le 03 novembre 1891…jusqu’à ce que sa mère, Marguerite Augustine Rosine Roux ne le reconnaisse officiellement, une fois remis de son accouchement, le 19 janvier 1892.

Un peu particulière la fratrie des neuf enfants Roux, tous nés de père inconnu et ayant donc pour seul parent leur mère Augustine Roux. Rien d’étonnant pour moi car cela semble être la copie conforme d’une partie de mon histoire personnelle. Donc, officiellement pas de père pour les frères et soeurs Roux mais un géniteur bien présent, toujours le même, un certain Denis Millet, cordonnier de son état,  né en 1851, inscrit à titres divers sur les actes de naissance et les listes nominatives des recensements de 1906 et 1911 à Caderousse. Pourquoi donc ces enfants naturels alors que le couple officieux Millet-Roux semble solide ? Une première épouse de Denis disparue sans laisser de trace ? Une séparation sans divorce ? Et bien entendu l’impossibilité alors de reconnaître les enfants nés en dehors du mariage officiel. Pures supputations mais on ne doit pas être bien loin de la vérité. Les temps ont heureusement changé.

Marguerite Augustine Rosine Roux n’a que dix-huit ans quand elle met au monde son premier enfant, Eugène Désiré, le 08 mars 1890 à Courthézon. Un enfant qu’elle oubliera de reconnaître mais qui vivra avec elle. Elle rectifiera cela le 10 janvier… 1911, à Caderousse. Mieux vaut tard que jamais !

La famille déménagera ensuite à Orange, quartier de Merveilles chez un certain cordonnier Denis Millet dont on a déjà parlé. Naîtra alors notre futur Poilu Edgard Auguste Roux le 03 novembre 1891 bientôt suivi de trois autres bambins, Arthur Edouard qui deviendra cordonnier à son tour en 1893, Marcel Etienne en 1896 et une première fille, Léa Virginie, née en 1900, tous reconnus dans les semaines qui suivent leurs arrivées au monde par leur mère, une fois qu’elle peut se déplacer. Tous ces enfants vivront jusqu’à l’âge adulte, le seul à mourir jeune étant le futur Poilu Edgard.

Avec le XXème siècle naissant, « la famille » quitte Orange et déménage au Boulegon à Caderousse où Denis Millet vient réparer les chaussures et les lanières en cuir des Caderoussiens. De nouveaux petits Roux vont agrandir la fratrie. Une fratrie conséquente à la lecture de la liste nominative de 1911…

…les aînés sont toujours là, en tout cas officiellement car on apprend par ailleurs que les deux aînés Denis et Edgard travaillent comme maçons à Salon, dans les Bouches-du-Rhône, à la même date.  Trois nouveaux enfants les ont rejoint: Louis Gilbert en 1905, Léopold Joseph en 1908 et Marie Thérèse en 1910. N’oublions pas la petite Alice Sylvie non mentionnée sur ce document de 1911 et pour cause… née le 09 novembre 1906 , elle décède un petit mois plus tard.

Eugène Denis va remplir ses obligations militaires de 1911 à 1913 au 173ème Régiment d’Infanterie de Nice. Bénéficiant de la présence de son frère sous les drapeaux, Edgard ne fera qu’une seule petite année à l’armée du 10 octobre 1912 au 23 août 1913, au 58ème R.I. d’Avignon. Il ne part pas très loin de chez lui mais… cela lui sera fatal !

Lors de la mobilisation générale, il rejoint le 58ème R.I. en quelques heures et dès les 5 et 6 août la troupe embarque à la gare de Pont d’Avignon, alias Villeneuve-lèz-Avignon, pour le nord-est de la France, Vézelise non loin de Nancy, rejoint en vingt-quatre heures. Cette histoire, on l’a déjà racontée dans la biographie d’Auguste Aubert, légèrement plus âgé qu’Edgard mais qui se côtoyèrent sous les drapeaux et au village.

Quelques marches forcées pour rejoindre la frontière franco-allemande qui depuis 1871 suit la limite du département de Meurthe-et-Moselle. La troupe y arrive le 10 en milieu d’après-midi. Le général commandant le secteur, le général de Castelnau, est clair. Il demande aux gradés sous ses ordres de « ne rien faire » jusqu’au 14 août. Mais le général commandant le 58ème d’Avignon s’aperçoit aux jumelles  que la ville de Lagarde, là-bas au loin, en Lorraine allemande est mal défendue… et qu’on pourrait aller la libérer en étant ainsi le premier à libérer une ville occupée. Allons y sans tarder puisque dans trois mois, on sera à Berlin !

L’église de Lagarde, en Moselle de nos jours.

Alors, ne flairant pas le piège, il lance ses bataillons ce 10 au soir sur Lagarde sans l’appui d’aucune artillerie. Les quelques défenseurs allemands fuient comme des lapins et les soldats français s’installent dans Lagarde libérée pour passer une nuit tranquille !

Le lendemain matin, le réveil est tout autre. Un déluge d’une artillerie que ce pauvre Lescot n’avait pas vu tant elle était bien camouflée, s’abat sur les pauvres pion-pions vauclusiens, gardois et bucco-rhôdaniens. Plus qu’un baptême du feu, un baptême de sang ! Bilan entre cinq cents à neuf cents hommes mis hors-de-combat en quelques heures, une fuite, une débandade même et pour le général Lescot, un limogeage en bonne et due forme.

Edgar Auguste Roux ne sera jamais retrouvé après ce terrible 11 août 1914. Premier mort de Caderousse de la Grande Guerre à l’instar d’Auguste Aubert, Edgard Auguste était âgé de 22 ans et 9 mois.

Fiche matricule de Edgard Augustin Roux de Mémoire des Hommes.

Edgar Augustin Roux, matricule 796 de la classe 1911, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Roux est très présent dans le sud de la France. Si quelqu’un reconnaît en Edgard Augustin un ascendant  indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Paul Clair Roux.

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ll y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 25 août 1918

(JOUR 1484 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Dans des ruines, un général américain et son adjoint étudie les plans du secteur. Des troupes US de plus en plus présentes et en masse, ce qui fera basculer le cours de la guerre.

Ci-dessus lors de la bataille pour conquérir Soissons.

Comme l’Aisne, la Somme a subi de lourdes destructions.

En haut, Morisel en ruines et une colonne de prisonniers allemands. En bas, Moreuil est dans le même état. Les hommes du Génie reconstruisent le pont détruit sur l’Avre.

Ce qu’il reste de l’église Saint-Pierre de Montdidier.

En double page centrale, sur le champ de bataille de la Somme, la rencontre de deux cavaleries.

L’ancienne, à cheval, amène les ordres de l’Etat-Major à la nouvelle, celle des blindés.

 

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