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127 POILUS de CADEROUSSE, 127 DESTINS… Isidore et Octave GUÉRICOLAS (leur guerre)

127 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 127 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent vingt-sixième et cent vingt-septième poilus: Isidore et Octave GUÉRICOLAS.

Malgré leurs parcours de vie jusqu’à la guerre pour le moins opposés, Isidore et Octave vont connaître le même sort lors du conflit et les trois enfants Guéricolas deviendront Pupilles de la Nation.

Isidore est donc rappelé le 04 août 1914 au 258ème Régiment d’Infanterie, réserve du 58ème R.I. d’Avignon. On a déjà parlé à onze reprises de cette unité, dans des biographies de Poilus caderoussiens puisque ce régiment est engagé en septembre 1914 dans l’enfer de Saint-Mihiel.

Contrairement au onze autres Caderoussiens, Isidore n’est pas tué mais gravement blessé et fait prisonnier par les Allemands sur le champ de bataille le 27 septembre 1914. Il est rapatrié le 05 septembre 1917 comme grand blessé. La Commission de Réforme de Nîmes réunie le 19 novembre 1917 puis celle d’Avignon le 20 décembre suivant, le réforment et le renvoient dans son foyer, du côté de Courthézon. La raison : des problèmes et paralysies oculaires. On peut penser qu’Isidore devait être une « gueule cassée », un blessé du visage.

Gravement malade également, il est hospitalisé en Avignon en juillet 1918 et décède le 04 août d’une maladie contractée pendant son séjour dans le camp de prisonniers en Allemagne. Il est reconnu « Mort pour la France » et inhumé à l’ossuaire militaire du cimetière de Saint-Véran d’Avignon. Le 10 septembre1918, il était âgé de 33 ans et 9 mois.

Son frère Octave est mort bien avant Isidore, au moment du début de la captivité de ce dernier.

Octave rejoint donc le 58ème R.I. le 04 août 1914 et dès le 20 septembre, il est versé au 1er Régiment Mixte d’Infanterie Coloniale faisant partie de la Division Marocaine… sans jamais avoir posé le pied sur le Protectorat.

Les 9 000 hommes de cette 1ère DM combattent dans le secteur de Reims en octobre 1914, à l’est de la ville, à quelques kilomètres du fort de La Pompelle.

Le front à la date du 15 octobre 1914 suivant http://www.carto1418.fr/target/19141015.html.

Le régiment d’Octave tient le secteur de Prunay, les Marquises. Sur le Journal de Marche de la Division, on peut y voir quelques vues prises fin septembre par son rédacteur.

Le château des Marquises est déjà en ruines…

…le Pavillon également…

…tandis que la ferme ne semble pas avoir souffert des bombardements.

Le 15 octobre, on peut lire que la journée a été calme.

Il y a eu bien quelques tentatives allemandes pour reprendre les tranchées perdues les jours précédents. Il y a eu quelques bombardements mais rien de bien grave suivant l’Etat-Major. Il y a surtout eu quelques soldats tués et blessés ce jour-là. Parmi eux, Octave Marius Paul Guéricolas, tué à Pruny, au bois des Marquises !

Le 15 octobre 1914, il était âgé de 31 ans et 8 mois.

Octave Marius Paul Guéricolas, matricule 1479 de la classe 1903, bureau de recrutement d’Avignon et Isidore Philibert Guéricolas, matricule 213 de la classe 1904, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter les fiches matricules numériques des deux frères. Le patronyme Guéricolas est bien présent dans le Vaucluse, à Caderousse également. Si quelqu’un reconnaît en un de ses deux hommes, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour corriger, compléter ou adoucir ces quelques lignes.

A suivre… Paul Louis Lucien Tauriac.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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125 POILUS de CADEROUSSE, 125 DESTINS… Antoine Hippolyte CAPPEAU

125 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 125 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent vingt-cinquième poilu: Antoine Hippolyte Cappeau.

Antoine Cappeau père est originaire de Sauveterre dans le Gard, né en 1824. Il va arriver à Caderousse par le mariage avec une fille du village, Sophie Thérèse Laplace de trois ans plus jeune que lui. Cette union est célébrée le 07 janvier 1852 à Caderousse mais le couple n’y aménage qu’après 1856, rue Monsieur puis rapidement rue Vénasque. Antoine est cultivateur mais il travaille aussi comme ouvrier baletier.

De cette union vont naître sept enfants entre 1853 et 1868, cinq garçons et deux filles. Les trois premiers viennent au monde à Sauveterre, les suivants à Caderousse. Sur ces sept enfants, quatre décèderont avant l’âge de deux ans. L’aîné, Bernard François, lui, vivra jusqu’à l’âge de vingt-trois ans mais, à l’instar de son demi-frère Antoine Hipployte, quarante et un ans plus tard, décèdera lors de son service militaire au 4ème R.I.Ma. à l’Hôpital du Lazaret de Saint-Mandrier, dans la rade de Toulon.

La famille Cappeau lors du recensement de 1856…

…puis en 1866. Bizarrement le fils Bernard n’apparaît dans aucun recensement avec ses parents, certainement élevé par des grands-parents.

Le 12 juin 1874, Sophie Thérèse Laplace décède à l’âge de quarante-sept ans. Deux ans plus tard, le 17 mai 1876, Antoine Cappeau se remarie à l’âge de cinquante-deux ans. avec Philomène Valon, une Caderoussienne de vingt-trois ans sa cadette.

De cette seconde union vont naître au moins cinq nouveaux enfants, trois garçons et deux filles. Parmi eux, Antoine Hippolyte, le futur Poilu, venu au monde le 18 octobre 1883.

La seconde famille Cappeau en 1881, avant l’arrivée d’Antoine Hippolyte…

…et en 1886 alors qu’il est âgé de deux ans.

La trace de la famille d’Antoine Hippolyte disparaît des actes officiels de Caderousse après le décès de la petite sœur du futur Poilu Marie Antoinette, le 18 février 1887 à l’âge de huit mois. Plus de Cappeau Antoine et consort dans la liste nominative du recensement de 1891 à Caderousse. Manifestement ils sont retournés dans la Gard, à Sauveterre. C’est en tout cas dans cette ville que l’Armée domicilie les Cappeau lors du recensement militaire d’Antoine Hippolyte en 1903, pour ses vingt ans.

Un Antoine Hippolyte guère gaillard d’ailleurs puisque son incorporation est ajournée pour faiblesse 1904 puis en 1905… avant d’être reconnu « bon pour le service » en 1906. Il passe alors une petite année sous les drapeaux, au 55ème Régiment d’Infanterie de Pont-Saint-Esprit, du 06 octobre 1906 au 12 juillet 1907.

A-t-il eu le temps de prendre épouse entre cette dernière date et août 1914 ? L’absence d’archives numérisées dans le Gard nous empêche de le savoir mais c’est dans l’ordre du probable. Il vit d’ailleurs à Villeneuve-lès-Avignon à partir de 1911.

Il est rappelé à l’armée lors de la déclaration de guerre mais il évite le terrible mois d’août 14 en ne regagnant le 255ème R.I. que le 06 septembre suivant.

En juin 1915, le 255ème est sur le front, en Argonne, à l’ouest de Verdun. Il tient la route entre Binarville et Vienne-le-Château. Cette ligne est stratégique car, en cas de perte, la route ravitaillant Verdun pourrait être coupée.

Le voici dans le bois de la Grurie. A peine s’installe-t-il qu’il est jeté en pleine bataille, raconte l’Historique du 255ème Régiment d’Infanterie. Le 20 juin, en effet, il est attaqué après avoir subi un bombardement d’une intensité inouïe par torpilles et obus de gros calibres… Un instant décimé par le bombardement, le 255ème cède sous la poussée ennemie mais l’ardeur des chefs et l’élan des troupes ont rapidement reconquis le terrain perdu.

Le 20 juin 1915, Antoine Hippolyte Cappeau est tué au bois de la Grurie. Il était âgé de 31 ans et 8 mois. Il a été inhumé à la Nécropole Nationale de Saint-Thomas-en-Argonne.

Antoine Hippolyte Cappeau, matricule 1067 de la classe 1903, bureau de recrutement de Pont-Saint-Esprit pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule numérique des Archives du Gard. Le patronyme Cappeau est bien présent dans le Vaucluse et à un degré moindre dans le Gard, à Caderousse également. Si quelqu’un reconnaît en Antoine Hippolyte un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour corriger ou compléter ces quelques lignes. Le voici dans le bois de la Grurie. A peine s’installe-t-il qu’il est jeté en pleine bataille, raconte l’Historique du 255ème Régiment d’Infanterie.

A suivre… les frères Guéricolas, Octave et Isidore, partie généalogique.

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117 POILUS de CADEROUSSE, 117 DESTINS… Gabriel VIVET.

117 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 117 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-dix-septième Poilu: Gabriel François VIVET.

Quatrième face du Monument aux Morts.

La famille Vivet tout comme la famille Arnoux, patronyme de la mère de Gabriel est incontestablement caderoussienne. Pourtant, Gabriel François Vivet va venir au monde à Lapalud, un village au bord du Rhône à une vingtaine de kilomètres au nord de Caderousse, à la limite de la Drôme, le 11 février 1888. La raison en est économique. Le père de Gabriel, Joseph Isidore, né en 1860, alla travailler après son service militaire à Lapalud, l’autre capitale du balai. En 1885, il fut embauché par un certain Guérin, patron d’une fabrique, pour continuer d’exercer le métier qu’il avait appris à Caderousse à la sortie de l’école. Il se maria deux ans après avec Rose Marguerite Arnoux à Caderousse, le 15 février 1887 et Gabriel arriva l’année suivante.

Gabriel allait être l’aîné d’une fratrie de six enfants, quatre garçons et deux filles. Après Gabriel, vint Marie Ambrosine, né en 1890. Cette dernière et les quatre enfants qui suivirent naquirent tous à Caderousse, rue de l’hôpital, le couple Joseph Isidore-Rose Joséphine ayant regagné Caderousse avant 1891 comme l’atteste le recensement effectué cette année-là.

Marie Ambrosine ne vécut qu’un peu moins de sept ans et décéda en 1897. Entre temps, deux autres enfants étaient arrivés: Lucien Victor en 1893 et Juliette Rose Désirée en 1895. Lucien fut gravement blessé à la guerre et souffrit de paralysie des membres du côté gauche. Il faut dire, qu’en plus d’avoir subi cette grave blessure près de Sarrebourg le 18 août 14, il allait passer quatre années de captivité au camp de Grafenwökr en Bavière, jusqu’à sa libération, le 10 décembre 1918.

Puis vinrent au monde Adrien Innocent né en 1898 qui se distingua sur le front par son courage en tant qu’agent de liaison lors de l’offensive finale de novembre 1918 au point de recevoir une citation et Clovis Léon, né en 1902 qui échappa donc à la grande boucherie.

La famille en 1901, Clovis n’est pas encore arrivé.

Il semblerait que Gabriel n’ait pas suivi les traces de son père et de ses frères comme ouvrier baletier mais qu’il embrassa la profession de coiffeur. Au moment du Conseil de Révision qu’il effectua toutefois en Avignon, en 1908, il travaillait à Paris et résidait dans le quartier de la Goutte d’Or, au pied de la colline de Montmartre.

Son service militaire, Gabriel l’effectua au 44ème Régiment d’Infanterie d’Epinal du 07 octobre 1909 au 24 septembre 1911. Muni de son Certificat de Bonne Conduite, il retourna à la Goutte d’Or avant un bref séjour à Accueil puis Cachan, chez Robichon. Retour à Caderousse en 1912… deux ans avant le début de la Grande Guerre.

Gabriel fut rappelé au 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon. Il réussit à passer sans dommage à travers les balles et les éclats d’obus jusqu’à ce terrible lundi 15 juillet 1918, premier jour de la dernière attaque allemande de la Grande Guerre, sur la Marne. Depuis le 18 juin 1918, Gabriel sert au 273ème Régiment d’Infanterie après avoir été soldat durant cinq mois au 3ème Régiment d’Infanterie Coloniale.

Le 15 juillet 1918, ce régiment est aux premières loges pour subir le bombardement de préparation allemand. Terrible moment dans les tranchées sous ce tir de barrage et sous le contre tir de l’artillerie française.

Le journal de marche du 273ème R.I. raconte en détail ces terribles heures passées par les hommes dans la nuit chaude de juillet.

A minuit 5, le début du bombardement d’artillerie allemand.

Un bombardement d’une grande violence.

Baisse du bombardement sur les arrières mais toujours violent sur les premières lignes. L’enfer !

Plus aucunes liaisons téléphoniques….

…on envoie des coureurs à pied, des missions très périlleuses.

Le début de l’attaque terrestre.

Le lieutenant-colonel Boizard, commandant du 273ème R.I. est tué sur le coup par un éclat d’obus. Ce ne sera pas le seul gradé mis hors-de-combat car lors du décompte humain de cette journée du 15 juillet, le régiment perdit trente-huit officiers: trois tués, cinq blessés et trente disparus !

Des « débris » (terme officiel pour dire qu’une unité  perdu la majorité de ses hommes) du 273ème RI continuent ici et là !

Ce jour-là, le 273ème de ligne perdit 1 213 hommes dont seulement neuf tués. Mais on peut penser que nombre des 1 165 disparus devinrent des MPF. Gabriel Vivet en faisait partie, tué à l’ennemi à Soilly, Marne. Ce 15 juillet 1918, il était âgé de 30 ans et 5 mois.

Fiche matricule de Gabriel François Vivet de Mémoire des Hommes.

Gabriel François Vivet matricule 1519 de la classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaiteraient aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Vivet est un patronyme encore présent dans le Vaucluse et principalement à Orange. Si un descendant indirect de Gabriel François reconnaît en lui son ancêtre  qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou modifier cette petite biographie.

A suivre… Marius Millet.

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Emile SAUVAGE.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-neuvième Poilu: Emile Laurent Sauvage.

Quatrième face du Monument aux Morts.

Emile Sauvage est indiscutablement le Poilu caderoussien le plus connu et celui dont je n’ai guère eu à faire de recherche pour raconter sa fin dramatique. D’une part, la correspondance qu’il adressa à son épouse fut publiée en 2008 par les éditions Elan Sud d’Orange, d’autre part, appartenant au même 118ème RTI ou RIT d’Avignon que mon arrière-grand-père Adrien Guérin, il est décédé le même jour que lui, au même endroit et de la même cause.

Emile Sauvage est un Poilu de Caderousse de part sa naissance le 6 mai 1878 et sa jeunesse passée au bord du Rhône. Mais c’est aussi un Poilu sorguais de part son mariage et son installation dans cette commune industrielle du Vaucluse.  Il est donc inscrit sur deux monuments aux morts, à Caderousse et à Sorgues. Malgré son départ comme d’autres l’ont fait, il n’a pas été oublié dans sa commune de naissance en 1937 lors de l’érection du monument du cimetière.

Son père Marius Jean-Baptiste, Caderoussien de naissance, avait pris pour épouse Anne Coye, fille d’un boulanger  d’Orange. Les noces avaient été célébrées à Nîmes aux alentours du 14 juillet 1877 où cette dernière résidait auprès de son frère. Les mariés s’installèrent à Caderousse, rue Saint-Louis où Marius était maréchal-ferrant. Par la suite, il ouvrira une boutique de quincaillerie. Rapidement, Emile arriva dans le couple de Marius et Anne. Ce devait être leur seul enfant. Un fils unique, c’était chose exceptionnelle à l’époque.

 

La famille Sauvage en 1891.

La mère d’Emile allait d’ailleurs décéder assez jeune, en 1897, à l’âge de 44 ans. A cette date, son époux n’était autre que le Maire de Caderousse. Ce fut d’ailleurs son adjoint qui enregistra ce décès sur le registre de l’Etat-Civil. Marius Sauvage fit deux mandats à la tête de la commune, de mai 1888 à mai 1900. Comme de nos jours les conseils municipaux étaient élus pour une durée de six ans.

En parallèle à son mandat local, Marius Sauvage fut élu Conseiller Général du Canton d’Orange-ouest et obtint le grade symbolique d’Officier d’Académie, tout cela à un âge relativement jeune, avant la cinquantaine. Il se remaria en 1900 avec la directrice de l’école de Caderousse, Reine Marie Boumias, originaire de l’Isle-sur-Sorgue. Le 25 mars 1902 naissait le petit frère d’Emile, Charles Marie Jean.

Emile connut une scolarité brillante. Bien que considéré comme étant d’un niveau d’instruction 3 lors de sa conscription, il aurait pu sans problème bénéficier d’un niveau supérieur de 4, étant titulaire d’un diplôme d’ingénieur agronome obtenu à l’Ecole Nationale d’Agriculture de Montpellier.

Après s’être engagé le 31 octobre 1898 en devançant l’appel, Emile n’allait effectuer qu’une année de service seulement, au 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon.

C’est après son armée, en 1907 qu’Emile allait se déplacer dans son cadre professionnel. On le retrouve en Algérie, à Philippeville  comme jardinier à la ferme Barrot. De son séjour au Maghreb, il ramènera en métropole des essences d’arbres nouvelles qu’il fera pousser dans sa nouvelle entreprise agricole, à la ferme Sainte-Catherine à Montfavet, en 1908.  Puis ce sera Sorgues et la ferme des Ayraux au quartier des Garrigues. C’est dans cette ville qu’il rencontrera sa future épouse, Claire Henriette Jambon, celle qu’il appellera Clairette dans ses nombreuses lettres. Ils se marieront le 5 juillet 1913 et s’installeront quartier de Jouve de cette ville.

Le couple n’allait vivre ensemble qu’une seule année puisque dès le 3 août 1914, Emile était rappelé sous les drapeaux. Il était alors âgé de trente six ans et c’est tout à fait naturellement qu’il allait rejoindre le 118ème RIT d’Avignon en tant qu’adjudant. C’est là que le parcours d’Emile et celui de mon bisaïeul Adrien Guérin se conjuguent bien qu’ils n’aient pas servi dans la même compagnie.

Beaulieu-sur-Mer, Nice, pour défendre la frontière face aux Italiens alors alliés des empires centraux et à l’engagement incertain. Puis direction l’est de la France devant Dijon pour défendre la ville face à la déferlante allemande d’août 14. Le destin de nombre d’hommes du 118ème Territorial allait basculer quand quelques compagnies du régiment furent envoyés au front, en Champagne, devant Reims. Pendant ce temps, Claire s’occupait seule de la ferme et allait mettre au monde le premier et unique enfant du couple, Albert, le 9 janvier 1915. Alors que le couple s’attendait à avoir une fille, Emile ne verra son garçon que quelques jours de septembre, les permissions étant distribuées avec parcimonie par la hiérarchie militaire et la naissance d’un enfant n’étant pas un motif de cause majeure.

Une explosion d’une grosse mine allemande à proximité du fort de la Pompelle fin 1914 eut pour conséquence le détachement d’hommes du 118ème en renfort aux sapeurs du Génie. Leur mission: creuser une série de puits anti-mine à distance du fort pour contrecarrer le travail des sapeurs allemands, puits conséquents puisque profonds de dix-huit à vingt mètres. Voilà les Avignonnais transformés en taupes !

La situation dégénéra les 19 et 20 octobre 1915 avec un violent bombardement allemand préparant une attaque de l’infanterie. Aux obus conventionnels étaient mêlées des armes chimiques. C’est ce nuage de gaz moutarde qui décima les Territoriaux d’Avignon. Gravement intoxiqués, Emile comme Adrien allaient décéder à l’ambulance, le 21 octobre 1915, à Ludes pour Emile, à Damery pour Adrien. Ce jour-là, le 118ème RIT perdit 50 hommes. Si l’on enlève cinq décès causés par une maladie contractée au service, on peut penser que les quarante-cinq autres morts le furent à cause des gaz, sur le champ de bataille mais aussi à Epernay, Ludes, Damery et Bourgault où ils furent évacués. Emile Sauvage était âgée de 37 ans et 5 mois.

Après-guerre, Claire allait se remarier le 30 août 1919 avec Christian Constant. Il fallait bien un homme pour s’occuper de la ferme et élever le petit Albert.

Fiche matricule d’Emile Laurent Sauvage de Mémoire des Hommes.

Emile Laurent Sauvage matricule 233 de la classe 1898, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Peut-être les descendants ayant donné l’autorisation de publier la correspondance d’Emile auront à rectifier cette biographie si elle parvient à leur connaissance.

A suivre… Lucien Sauvage.

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Paul Roux.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-cinquième Poilu: Paul Clair Roux.

Quatrième face du Monument aux Morts.

Quel cruel destin que celui des quatre enfants du couple formé par Jules Dominique Roux et Pauline Madeleine Bonneaud. Quand en février ou mars 1916, ils vont apprendre la mort de leur fils Paul Clair du côté de Verdun, ils vont se retrouver seuls, sans plus aucun enfant. Heureusement, leur fils leur a laissé une petit-fils né de son récent mariage. Nous allons voir tout cela en détail.

Jules Dominique Roux est né à Orange en 1858. Il est ouvrier en balais quand il épouse fin janvier 1882 une jeune fille de Montfaucon dans la Gard, Pauline Madeleine de trois ans plus jeune que lui. Le jeune couple s’installe à Caderousse, à mi-chemin entre Orange et Montfaucon mais surtout dans un village aux nombreuses fabriques de balais où ils vont pouvoir trouver tous deux de l’emploi.

Voici donc la première apparition des époux sur les listes nominatives de la commune sur le recensement de 1886. Ils habitent rue de l’Hôpital. Ils ont déjà connu un premier drame après un premier bonheur: le décès d’une petite Julie Jeanne née en avril 1884 décédée en août 1886.

A cette dernière date, Pauline attend un second heureux évènement pour bientôt. C’est peut-être le décès de Julie Jeanne qui va emmener le couple un moment bien loin de Caderousse. En effet (et cela m’a posé quelques problèmes lors des recherches) le second enfant du couple, Julien Paul Clair, va naître à… Philippeville, en Algérie, le 20 janvier 1887. Pourquoi cette escapade ? L’envie de vivre une aventure dans les colonies ? La présence de parents ou d’amis là-bas ? L’appât de gains et d’une vie meilleure ? Toujours est-il que cette naissance en Algérie est indiscutable…

…mais que ce séjour algérien ne durera pas. En effet, en 1891, pour le recensement suivant, Jules et Pauline sont de retour à Caderousse…

…toujours rue de l’Hôpital, depuis un an puisqu’un autre garçon est arrivé, à Caderousse, un petit Paul Clair, venu au monde le 25 juillet 1890, Paul Clair Roux, le futur Poilu ! L’agent recenseur a bien noté les deux enfants du couple mais avec des renseignements fantaisistes pour les âges: 4 et 9 ans en lieu et place de 9 ans et quelques mois !

Un quatrième enfant, une fille, Marie Jeanne naît le 18 juillet 1895.

Sur le recensement de 1896, les trois enfants sont présents, la petite Marie quelques mois avant avant sa disparition car elle décède à cinq jours de son premier anniversaire, en juillet 1896.

1901, les garçons grandissent et Julien atteint l’âge de quitter l’école pour commencer à gagner sa vie.

1906, il n’est plus là ! Malheureusement, il n’a pas quitté la famille pour voler de ses propres ailes mais il est décédé à son tour, au domicile de ses parents, le 28 octobre 1902 à l’âge de quinze ans. Troisième drame pour Jules et Pauline !

L’heure du service militaire approche pour Paul mais lui va faire preuve d’originalité par rapport aux jeunes gens de son âge. Au lieu d’attendre la fin de cette période militaire pour se marier, il va en quelque sorte devancer cet appel et convoler en justes noces avec une jeune fille de Caderousse, Thérèse Antoinette David, le 19 novembre 1910. Les jeunes époux vivent sous le même toit que les parents comme l’atteste le recensement de 1911.

C’est aussi avant son départ pour l’armée que va naître le 08 août 1911 un premier bébé Julien (hommage à son frère aîné disparu) Justin. Deux mois plus tard, Paul est appelé au 55ème Régiment d’Artillerie de Campagne où, malgré le fait qu’il soit soutien de famille, il va rester deux années, jusqu’au 8 novembre 1913.

Moins de neuf mois après sa libération, il est de retour dans le même régiment après la mobilisation générale du 03 août 1914. Maître-pointeur, Paul est donc celui qui applique les ordres des supérieurs en réglant les tirs.

1916, Verdun, l’enfer de Verdun, le 55ème R.A.C. soutient l’infanterie tant bien que mal dans le secteur de Mort-Homme, au bois de Malancourt. Paul sert à la 6ème Batterie. Le 22 février, un obus allemand tombe sur celle-ci lors d’un échange de tirs.

Rouanet, l’un des servants de la pièce est tué sur le coup tandis que Paul Roux et Jullian sont grièvement blessés. Ils sont transportés à l’arrière à l’hôpital de campagne de Villers-sur-Meuse dans la Marne.

C’est là que Paul Clair Roux va rendre l’âme le 28 février 1916. Il est âgé de 25 ans et 7 mois. Il laisse un petit orphelin qui deviendra Pupille de la Nation par jugement du Tribunal d’Orange le 05 décembre 1918 et une veuve qui se vêtira de la tenue noire réglementaire des veuves de guerre.

Fiche matricule de Paul Clair Roux de Mémoire des Hommes.

Paul Clair Roux, matricule 971 de la classe 1910, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Roux est très présent dans le sud de la France. Si quelqu’un reconnaît en Paul Clair un ascendant  direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Alphonse Auguste Ruat.

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ll y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 11 août 1918

(JOUR 1470 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Après la visite de Clemenceau à Château-Thierry, la semaine dernière, c’est le Président Poincaré qui vient se faire prendre en photo sur ce champ de bataille.

Une autre vue de la bataille du 18 juillet avec l’intervention des chars d’assaut en soutien des fantassins.

Cette attaque a fait de nombreux prisonniers allemands…

…pour qui la guerre est finie !

Des Italiens combattent sur la Marne en vertu des accords militaires entre les deux pays…

…tandis que Cuba s’apprête à envoyer un corps expéditionnaire en Europe.

Pour terminer, galerie de portraits de nouveaux dirigeants bolcheviks:

De gauche à droite et de haut en bas: Antonov, Tchitcherine, Volodarsky et Zinoviev.

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ll y a 100 ans jour pour jour (ou presque): J’AI VU du 1er août 1918

(JOUR 1460 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une, on célèbre les chefs des vainqueurs de la seconde bataille de la Marne. Les vrais vainqueurs sont bien entendu les Poilus. On le comprendra bien plus tard mais ce sera après la seconde guerre mondiale.

La une intérieure est plus horrible:

Heureusement, on n’y voit pas grand chose !

Dans l’Aisne, de petits chars français accompagnent les fantassins.

Ce fut un succès, ce 18 juillet, le début de l’offensive finale contre le Reich.

Ici des chars (ou tanks) plus imposant accompagnent les troupes américaines, les Sammies.

Au sujet de la crise du tabac (on produisait beaucoup de tabac sur les terres où se déroulent les combats), une belle collection de bague de cigares…

Les Poilus n’avaient guère le loisir d’en recevoir !

Les Allemands souffrent des privations. Les Français des villes aussi d’ailleurs ! Mais à la campagne, la ravitaillement fit moins défaut que pendant la Seconde Guerre Mondiale. On nous explique, dessin à l’appui,…

…que les Allemands mangent des potages chimiques ! A base d’algues, de chaux et d’acide sulfurique ! Plus c’est gros…

Foule à la Concorde pour voir défiler les troupes alliées le 14 juillet.

Foule, sans problème ! Les troupes alliées sont moins visibles !

Lyon a donné le nom du président américain Wilson à l’un de ses ponts.

Un vieux pont chancelant a été détruit en 1912 et a été reconstruit en six ans. Le pont Wilson a été inauguré le 14 juillet 1918. Il existe toujours.

Une BD pour terminer:

On se sentait l’obligation de dire ce qui se passait à chaque case pour l’expliquer aux lecteurs. Alors que cela ne semblait pas nécessaire. Par contre, pas de bulles !

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