Archives de Tag: La Pompelle

116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Emile SAUVAGE.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-neuvième Poilu: Emile Laurent Sauvage.

Quatrième face du Monument aux Morts.

Emile Sauvage est indiscutablement le Poilu caderoussien le plus connu et celui dont je n’ai guère eu à faire de recherche pour raconter sa fin dramatique. D’une part, la correspondance qu’il adressa à son épouse fut publiée en 2008 par les éditions Elan Sud d’Orange, d’autre part, appartenant au même 118ème RTI ou RIT d’Avignon que mon arrière-grand-père Adrien Guérin, il est décédé le même jour que lui, au même endroit et de la même cause.

Emile Sauvage est un Poilu de Caderousse de part sa naissance le 6 mai 1878 et sa jeunesse passée au bord du Rhône. Mais c’est aussi un Poilu sorguais de part son mariage et son installation dans cette commune industrielle du Vaucluse.  Il est donc inscrit sur deux monuments aux morts, à Caderousse et à Sorgues. Malgré son départ comme d’autres l’ont fait, il n’a pas été oublié dans sa commune de naissance en 1937 lors de l’érection du monument du cimetière.

Son père Marius Jean-Baptiste, Caderoussien de naissance, avait pris pour épouse Anne Coye, fille d’un boulanger  d’Orange. Les noces avaient été célébrées à Nîmes aux alentours du 14 juillet 1877 où cette dernière résidait auprès de son frère. Les mariés s’installèrent à Caderousse, rue Saint-Louis où Marius était maréchal-ferrant. Par la suite, il ouvrira une boutique de quincaillerie. Rapidement, Emile arriva dans le couple de Marius et Anne. Ce devait être leur seul enfant. Un fils unique, c’était chose exceptionnelle à l’époque.

 

La famille Sauvage en 1891.

La mère d’Emile allait d’ailleurs décéder assez jeune, en 1897, à l’âge de 44 ans. A cette date, son époux n’était autre que le Maire de Caderousse. Ce fut d’ailleurs son adjoint qui enregistra ce décès sur le registre de l’Etat-Civil. Marius Sauvage fit deux mandats à la tête de la commune, de mai 1888 à mai 1900. Comme de nos jours les conseils municipaux étaient élus pour une durée de six ans.

En parallèle à son mandat local, Marius Sauvage fut élu Conseiller Général du Canton d’Orange-ouest et obtint le grade symbolique d’Officier d’Académie, tout cela à un âge relativement jeune, avant la cinquantaine. Il se remaria en 1900 avec la directrice de l’école de Caderousse, Reine Marie Boumias, originaire de l’Isle-sur-Sorgue. Le 25 mars 1902 naissait le petit frère d’Emile, Charles Marie Jean.

Emile connut une scolarité brillante. Bien que considéré comme étant d’un niveau d’instruction 3 lors de sa conscription, il aurait pu sans problème bénéficier d’un niveau supérieur de 4, étant titulaire d’un diplôme d’ingénieur agronome obtenu à l’Ecole Nationale d’Agriculture de Montpellier.

Après s’être engagé le 31 octobre 1898 en devançant l’appel, Emile n’allait effectuer qu’une année de service seulement, au 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon.

C’est après son armée, en 1907 qu’Emile allait se déplacer dans son cadre professionnel. On le retrouve en Algérie, à Philippeville  comme jardinier à la ferme Barrot. De son séjour au Maghreb, il ramènera en métropole des essences d’arbres nouvelles qu’il fera pousser dans sa nouvelle entreprise agricole, à la ferme Sainte-Catherine à Montfavet, en 1908.  Puis ce sera Sorgues et la ferme des Ayraux au quartier des Garrigues. C’est dans cette ville qu’il rencontrera sa future épouse, Claire Henriette Jambon, celle qu’il appellera Clairette dans ses nombreuses lettres. Ils se marieront le 5 juillet 1913 et s’installeront quartier de Jouve de cette ville.

Le couple n’allait vivre ensemble qu’une seule année puisque dès le 3 août 1914, Emile était rappelé sous les drapeaux. Il était alors âgé de trente six ans et c’est tout à fait naturellement qu’il allait rejoindre le 118ème RIT d’Avignon en tant qu’adjudant. C’est là que le parcours d’Emile et celui de mon bisaïeul Adrien Guérin se conjuguent bien qu’ils n’aient pas servi dans la même compagnie.

Beaulieu-sur-Mer, Nice, pour défendre la frontière face aux Italiens alors alliés des empires centraux et à l’engagement incertain. Puis direction l’est de la France devant Dijon pour défendre la ville face à la déferlante allemande d’août 14. Le destin de nombre d’hommes du 118ème Territorial allait basculer quand quelques compagnies du régiment furent envoyés au front, en Champagne, devant Reims. Pendant ce temps, Claire s’occupait seule de la ferme et allait mettre au monde le premier et unique enfant du couple, Albert, le 9 janvier 1915. Alors que le couple s’attendait à avoir une fille, Emile ne verra son garçon que quelques jours de septembre, les permissions étant distribuées avec parcimonie par la hiérarchie militaire et la naissance d’un enfant n’étant pas un motif de cause majeure.

Une explosion d’une grosse mine allemande à proximité du fort de la Pompelle fin 1914 eut pour conséquence le détachement d’hommes du 118ème en renfort aux sapeurs du Génie. Leur mission: creuser une série de puits anti-mine à distance du fort pour contrecarrer le travail des sapeurs allemands, puits conséquents puisque profonds de dix-huit à vingt mètres. Voilà les Avignonnais transformés en taupes !

La situation dégénéra les 19 et 20 octobre 1915 avec un violent bombardement allemand préparant une attaque de l’infanterie. Aux obus conventionnels étaient mêlées des armes chimiques. C’est ce nuage de gaz moutarde qui décima les Territoriaux d’Avignon. Gravement intoxiqués, Emile comme Adrien allaient décéder à l’ambulance, le 21 octobre 1915, à Ludes pour Emile, à Damery pour Adrien. Ce jour-là, le 118ème RIT perdit 50 hommes. Si l’on enlève cinq décès causés par une maladie contractée au service, on peut penser que les quarante-cinq autres morts le furent à cause des gaz, sur le champ de bataille mais aussi à Epernay, Ludes, Damery et Bourgault où ils furent évacués. Emile Sauvage était âgée de 37 ans et 5 mois.

Après-guerre, Claire allait se remarier le 30 août 1919 avec Christian Constant. Il fallait bien un homme pour s’occuper de la ferme et élever le petit Albert.

Fiche matricule d’Emile Laurent Sauvage de Mémoire des Hommes.

Emile Laurent Sauvage matricule 233 de la classe 1898, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Peut-être les descendants ayant donné l’autorisation de publier la correspondance d’Emile auront à rectifier cette biographie si elle parvient à leur connaissance.

A suivre… Lucien Sauvage.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 07 juillet 1918

(JOUR 1435 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Des fantassins français aux aguets derrière un bosquet dans une guerre de mouvement bien paisible… à la une de ce Miroir !

Une recette pour le moins attendue. Que faire quand on est dans l’infanterie et qu’on se retrouve en terrain découvert ? On cause un tour ! Diantre, cela fait quatre ans que les hommes ne font que cela.

On a même fait venir des Chinois pour creuser des tranchées quand le besoin s’en fait sentir.

Les Américains de leur côté ont eu recours à des hommes de couleur, attirés par la solde de cette armée de mercenaires.

Ici ces troupes noires à la manoeuvre dans un camp en France.

Un jour peut-être ces hommes ont-ils défilé comme ceux-ci qui viennent de signer leur engagement ?

Des chars d’assaut, arme nouvelle et maintenant efficace.

Le nouveau carterpillar français à la manoeuvre…

…et son alter-ego allemand détruit à La Pompelle, vu sous toutes les coutures.

Des canons de 77 pris aux Allemands.

Pour terminer, une scène de combat aérien dans le ciel de France.

Des avions britanniques poursuivent un avion allemand dans la ligne de tir de ses poursuivants.

 

 

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Louis RAYNAUD.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt sixième de la liste: Louis Eugène Auguste RAYNAUD.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Nous allons vous présenter la biographie de Louis Raynaud inscrit sur le monument aux morts de Caderousse en bas de la troisième face. Mais sans aucune certitude qu’il s’agisse de la personne que les édificateurs du monument voulaient honorer en 1937. Problème de taille pour ce Louis Raynaud: il est né à Mornas en 1874, il s’est marié à Mornas, ses deux enfants sont nés à Mornas et son acte de décès a été enregistré à Mornas en juin 1915. A aucun moment de sa vie, le destin de Louis Raynaud ne s’inscrit à Caderousse !

Mais voilà, aucun Raynaud ou Reynaud prénommé Louis à n’importe quelle position dans la liste des prénoms, né à Caderousse de 1867 à 1899 ne peut raisonnablement postuler à être inscrit sur le monument aux morts de la commune. En épluchant les registres matricules des Poilus vauclusiens des classes 1887 à 1919, aucun Louis Raynaud ou Reynaud mort pour la France pendant la Grande Guerre n’a de rapport avec Caderousse. Alors le doute demeure. parlons de Louis Raynaud… né à Mornas le 21 mai 1874 !

Ses parents sont des Mornassiens de souche, que ce soit Joseph Reynaud -oui Reynaud !-, son père, né en 1843, cultivateur, que sa mère Marie Hippolyte Priat, née en 1849, couturière. Ils se sont mariés au village le 05 juillet 1871. Louis est leur premier enfant ayant atteint l’âge adulte, né quartier du Pin, un premier fils arrivé quatorze mois après leur mariage étant décédé à l’âge de trois mois.

C’est l’Officier de l’Etat-civil de Mornas qui va commettre cette erreur dans l’écriture du patronyme de Louis en lui remplaçant le E de Reynaud en A pour Raynaud. Ce sera donc le seul d’une fratrie de sept enfants à s’appeler différemment de ses frères et soeur. Une fratrie née de deux lits différents puisque la mère de Louis va décéder au début de l’année 1882, le 29 janvier et le père va se remarier au mois d’octobre suivant, le 25 octobre avec Véronique Marie Galon. Une fratrie composée de six garçons dont quatre vivront et une seule fille, la petite dernière, étonnamment prénommée Dynorah Baptistine Angeline Reynaud.

Louis Raynaud va faire ses classes au 55ème Régiment d’Infanterie de Pont-Saint-Esprit, à la caserne Pépin, à partir du 18 novembre 1895.

Il y passera trois années (le privilège d’être l’aîné !) jusqu’au 17 septembre 1898.

Rendu à la vie civile, il va se marier quelques mois après sa libération, le 1er décembre 1900 à Mornas avec une fille du village, Louise Félicie Pécoult du même âge que lui. De cette union naîtront deux enfants, Augusta Louise Joséphine le 14 juin 1901 puis Amédée Louis Eugène le 10 janvier 1905. Le couple vit à Mornas dans la Grande Rue lors du recensement de 1911.

Quand sont-ils venus à Caderousse ? Après cette date, peut-être par le biais de la profession du père, ouvrier dans les balais…

Toujours est-il que trois ans plus tard, Louis Raynaud est rappelé par l’armée. C’est donc un « vieux » soldat de quarante ans quand la guerre éclate, de deux ans plus jeune que mon bisaïeul Adrien Guérin qu’il va côtoyer au sein du 118ème Régiment d’Infanterie Territoriale d’Avignon. Il va connaître le même sort que ce dernier au même endroit mais quelques mois plus tôt.

En effet, les Territoriaux d’Avignon sont envoyés en séjour à Nice au début du conflit pour défendre cette ville face aux Italiens, alors incertains de leurs alliances puis vers Dijon. Le régiment se retrouve dans l’est de la France au début de 1915 et en première ligne qui plus est, au fort de la Pompelle qui empêche l’accès à Reims. Non réellement pour combattre mais pour effectuer de travaux du Génie, du terrassement, du creusement de puits pour prévenir les travaux de sape éventuels de la part des Allemands. Mais les Territoriaux avignonnais sont aussi soumis aux bombardements allemands.

Un obus explosant près d’un puits que creusait des hommes va tuer le 31 mars 1915, trois soldats et en blesser 5 autres, certainement ensevelis sous la terre déplacée par l’explosion. On peut voir sur le plan ci-dessus extrait du Journal de Marche du 118ème RIT, la position des Territoriaux à l’avant des fortifications et la ferme d’Alger près de laquelle les soldats creusaient.

Le Journal de Marche a bien noté, en date du 31 mars 1915, les circonstances de cet incident et le nom de Louis Raynaud avec un petit 1 dans la colonne des tués. Il était âgé de 40 ans et 10 mois.

Il a été enterré  la Nécropole Nationale « Sillery » dans la Marne.

La fiche matricule de Louis Eugène Auguste Raynaud de Mémoire des Hommes.

Louis Eugène Auguste Raynaud, matricule 258 de la classe 1894, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Raynaud est encore bien présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Louis Eugène Auguste son ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Paul Redon.

 

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 22 juillet 1917

(JOUR 1085 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

L’As de l’aviation, Georges Guynemer montre au général Franchet d’Esperay l’avion sur lequel il a remporté tant de victoires ! Un avion orné de la fameuse cigogne. Au moment de la parution du magazine, Georges Guynemer n’a plus que 50 jours à vivre.

Un seule page sur l’entée en guerre des Américains.

Les Américains arrivent avec des hydravions. Les aviateurs posent après un entrainement.

La guerre est vraiment mondiale.

Ci-dessus, on voit un char d’assaut anglais observant les lignes turques du côté de Gaza, en Palestine. Nous sommes au pays de Lawrence d’Arabie. Il y a peu, nous avons raconté l’histoire de ce Poilu de Caderousse mort à Lodd en 1918.

Un autre Poilu caderoussier y est mort le 21 octobre 1915, devant ce fort de La Pompelle défendant Reims. Il s’agit de mon arrière-grand-père Adrien Guérin. Il ne fut pas le seul puisque un Sauvage connu le même sort, le même jour, victime des gaz allemands !


Trois vues de ce qu’il reste de ce qui fut un imposant ouvrage militaire défensif !

D’ailleurs, on se sert toujours des gaz asphyxiants comme sur cette grande photo en double page centrale.

Le nuage de gaz se répand sur la tranchée allemande et les Poilus allemands se rendent aux Français. Car pour les armes chimiques, les Barbares (on appelait ainsi les Allemands alors) ont été rejoints par les Civilisés !

Le Chemin des Dames et les grandes offensives de printemps, si meurtrières qu’elles entraînèrent des mutineries et la mise à la retraite de Nivelle.

 Ici, une borne de cette route s’est retrouvée dans une tranchée française, celle qui indiquait la commune de Cerny à 600 mètres.

Sur le front d’Orient, des troupes grecques combattent aux côtés des franco-britanniques et des Serbes contre les Bulgares appuyés par des Austro-Hongrois et des Allemands.

Ici, en Macédoine, des gradés grecs interrogent des soldats bulgares faits prisonniers.

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107 POILUS de CADEROUSSE, 107 DESTINS… BOUSCHET Rémi

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre… et 16 oubliés: 122 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Seizième nom de la liste: Bouschet Rémi Augustin.

Première face du Monument de Caderousse.

Rémi Bouschet est né dans la campagne de Caderousse, aux Cairannes de Saint-Michel et Saint-Martin le 25 février 1892. Son père François Ferdinand Bouschet est cultivateur et âgé de 30 ans à sa naissance. Sa mère Elisabeth Baptistine Guigue née à Saint-Victor-la-Coste dans le Gard  est seulement âgée de 25 ans en 1892. Plus tard, on sait que Rémi a choisi la profession de garçon… boucher même s’il n’a guère dû longtemps exercer son métier.

Les inscriptions de la famille Bouschet aux recensements successifs de 1901, 1906 et 1911 sont truffées d’erreurs.

Tout d’abord, en 1901,…

…Rémy, l’aîné de la famille est devenu René et la petite dernière Marie est âgée de 9 ans (soit 3 ans de plus que son cadet Marius).

En 1906, ci-dessus, l’agent recenseur a tout simplement inversé les prénoms des enfants, Marius se retrouvant l’aîné de la fratrie en lieu et place de Rémy, devenu le cadet !

En 1911, enfin, nouvelle inversion de cet agent recenseur décidément distrait (s’il s’agit du même qu’en 1906): les dates de naissance de Baptistine la mère et celle de l’aîné de ses enfants redevenu Rémy ont  été inversées ainsi que le lieu de naissance de la mère passé au fils.
Sans oublier qu’à aucun moment des 3 recensements, Bouschet n’a été écrit avec le S officiel !
Malgré cela, on a compris que le couple Ferdinand Bouschet- Guigue Baptistine a eu 3 enfants dont 2 garçons qui feront partie des classes appelées à faire la Grande Guerre. Ils connaîtront tout deux des sorts dramatiques, on va en parler.

Rémy, tout d’abord, sera incorporé le 6 octobre 1913 et expédié immédiatement au 173ème Régiment d’Infanterie à Ajaccio qu’il rejoindra le 8 octobre. On imagine sans peine que ce sera là le meilleur moment de la période militaire de ce Poilu caderoussier.

Le jour de la déclaration de guerre, il était donc à l’armée depuis 10 mois. Le 6 août, son régiment est à Marseille. Le 14 août à Jarville et le 16 à Lagarde, non loin de là où était mort Augustin Aubert le 11 août.  Le 20 août, c’est la bataille de Dieuze au nord-st de Nancy pour le baptême du feu du 173ème R.I.

Dans le document de Mémoire des Hommes intitulé Etapes et combats du 173ème Régiment d’Infanterie du 02 août 1914 au 30 avril 1919, on peut lire que le régiment ajaccien viendra remplacer le 18 octobre 1915, le 118ème R.I.T. décimé par un nuage de gaz toxique devant le fort de la Pompelle près de Reims.

Deux Caderoussiers disparaîtront lors de cette attaque au gaz moutarde, Emile Sauvage et Adrien Guérin, mon arrière-grand-père, tous deux décédés le 21 octobre 1915. On l’a déjà évoqué et on en reparlera dans quelque temps.

Par la suite, ce régiment tiendra le secteur des Hurlus du 02 décembre 1915 au 01er mai 1916, non loin de la main de Massiges où disparut Louis Berbiguier.

Ce secteur de la Marne, à la limite des Ardennes, fut soumis à des bombardements violents et incessants pendant presque toute la durée de la guerre, du moins de 1915 à 1917. A tel point que de pas moins de 5 villages de cette région ont tout simplement été rayés de la carte de France: Hurlus, le Mesnil-les-Hurlus, Perthes-les-Hurlus, Ripont et Tahure, tous décrétés villages Morts pour la France et jamais reconstruits après la fin des hostilités.

Un secteur qui n’a plus été cultivé après guerre et est resté une immense friche militaire comme on le voit depuis cette vue aérienne actuelle;…

…ce grand hexagone vert foncé correspondant à une forêt dangereuse car truffée de munitions non explosées.  C’est là que s’est installé le camp militaire de Suippes réservé de nos jours aux unités d’artillerie qui continuent à remplir les sols de déchets métalliques.

Les combats d’artillerie sont si fréquents que le jour du décès de Rémi Bouschet, le 25 janvier 1916, l’auteur du Journal de Marche de l’unité raconte qu’il ne s’est rien passé de notable…

aucune activité particulière mais en reconnaissant tout de même plus bas qu’une grande activité des deux artilleries et des luttes à coup de grenades dans les postes avancés ont tout de même eu lieu. Des Broutilles ! A tel point que Rémi Bouschet et certainement quelques autres infortunés Poilus furent atteints très grièvement par ces tirs. Lequel Rémi, décéda des suites de ses blessures à l’ambulance 3/15 de Somme-Bionne à l’arrière du front, à deux pas du célèbre moulin de Valmy !

Rémi Augustin Bouschet repose à la Métropole Nationale de « Pont-de-Marson » de Minaucourt-le-Mesnil-les-Hurlus, dans la tombe individuelle 5420.

Rémi Augustin Bouschet, matricule 715, classe 1912, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule complète sur le site des Archives du Vaucluse. Bien que le patronyme Bouschet, sous cette écriture, ne soit guère présent dans la région,  si un descendant indirect reconnaît un membre se sa famille, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents.

Post-scriptum.

Quelques mots pour terminer sur le second fils du couple Ferdinand Bouschet- Guigue Baptistine et petit frère de Rémi. Né en 1894, Bénoni Marius Bouschet rejoignit le 7ème Bataillon de Chasseurs à Pied le 05 février 1915. Il fut une première fois blessé gravement le 06 octobre 1915 dans les Vosges, d’une balle dans la tête. Pas de réforme après une convalescence et retour au front le 26 septembre 1916. Seconde blessure, plus grave , le 11 août 1918 qui lui laissera une infirmité certaine en bas de la jambe droite et à l’avant-bras gauche avec la perte d’un doigt de cette main. Cela lui « permettra » d’obtenir un emploi protégé comme garde-barrière au PLM après-guerre successivement à Piolenc, Mornas puis Montségur-sur-Lauzon dans la Drôme. Cette guerre fut terriblement dure pour les 2 frères Bouschet et les leurs !

A suivre Isidore Brémond

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 21 décembre 1916

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(JOUR 872 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Sur la Somme, un obusier anglais. Décidément, on parle beaucoup de cette bataille de la Somme, beaucoup plus que Verdun. Mais la Somme était voulue par l’Etat-Major français alors que Verdun a été subi… d’où ces choix éditoriaux dans une presse aux ordres.

Toujours sur la Somme, un impressionnant campement de cavalerie non loin du front:

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Et pour parler artillerie comme dans la une:

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Un énorme canon français de 320 sur rail, de la qualité comparé à…

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la camelote à Krupp (aciéries allemandes réputées). Sans commentaires supplémentaires !

Le front d’Orient avec ces vues de la Marine franco-britannique en Grèce pour essayer d’impressionner les Grecs favorables au Roi et à l’alliance avec les Allemands.

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Sur le front d’Italie, une rencontre entre chefs, en Maurienne.

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Cardona et Joffre font le point d’une situation… qui va bientôt devenir critique pour les Italiens… qui auront alors besoin des Français à leurs côtés.

Un »Tricar-ambulance » dans le texte pour éloigner rapidement un blessé loin du front.

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Quand on sait le nombre de blessés qui fit la guerre…. on aurait dû en avoir bien plus que quelques exemplaires… pour la Presse !

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Le genre de document totalement incompréhensible car trop imprécis: le drapeau d’un régiment héroïque, des soldats de ce régiment décorés… Oui mais où ? et pourquoi ?

Enfin, tout en fin de revue, on comprend le nouveau look de celle-ci: pages plus petites donc moins nombreuses.

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Avec la crise du papier, il est difficile au magazine lyonnais de s’approvisionner comme avant, d’où l’adaptation du format aux contingences pratiques.
Quelques mots sur les 2 vues de tranchées: à gauche, un abri souterrain qui est devenu le tombeau pour les soldats allemands qui y furent emmurés vivants; à droite, un axe de mitrailleuse allemande prise à l’ennemi.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 07 septembre 1916

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(JOUR 767 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Le journal s’étonne de cette mode allemande de planter des clous dans des statues en bois représentant ici un mortier, ailleurs Hindenburg ou le Kaiser. Il semblerait que ce soit des clous votifs et un site nous en apprend un peu plus sur cette pratique liée à la superstition ou à la religion.

http://www.persee.fr/doc/bmsap_0037-8984_1919_num_10_1_8872

Autre pratique allemande, la frappe de médailles sur des sujets liés à la guerre en cours. La Guerre Photographiée nous en présente 8 exemplaires:

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Les britanniques- Von Tirpitz- les dirigeants de la Triple Entente- le président des Etats-Unis.

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Le Kromprinz- la défaite navale allemande du 8 décembre 1914- Zeppelin- L’hydre alliée.

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La Guerre Photographiée parle elle-aussi de ce sous-marin de commerce Deutschland qui vient de faire un aller-retour entre l’Allemagne et Baltimore pour y acheter des métaux précieux. L’article n’ajoute rien à ce que l’on connaît déjà.

Une page est consacrée à Gorizia que les Italiens viennent de reprendre aux Autrichiens.

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Des vues d’avant-guerre, un panoramique commenté, la ligne de chemin de fer détruite par les Autrichiens et un pont reconstruit par les Alliés. La ville se situe à la frontière entre l’Italie et la Slovénie de nos jours.

Le pont de Lanny-Sur-Marne en 3 étapes:

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Tel qu’il était en 1914 avant sa destruction par la génie français le 3 septembre 1914 pour freiner l’avance allemande (seconde photo) puis tel qu’il fut remplacé par les pontonniers français après le repli allemand.

Sur une route de l’Est, un convoi automobile dépasse un convoi du train…

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Peu de différence entre les 2 véhicules sinon l’unité auquel ils appartiennent.

Le fort de la Pompelle près de Reims tel quel apparaît en 1916 après le bombardement.

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Une vue de l’entrée du fort et une vue du fossé est. C’est dans ce lieu que perdirent la vie quelques hommes du 118ème régiment territorial d’Avignon suite à une attaque des gaz, le 21 octobre 1915 dont mon arrière grand-père Adrien Guérin. A cette époque, la cloche à gaz n’existait pas encore.

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