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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… les trois frères PÉCOUL (article généalogie).

114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… les trois frères PÉCOUL (article généalogie).

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-treizième, soixante-quatorzième et soixante-quinzième noms de la liste: les frères PÉCOUL.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Quatre Pécoul inscrits sur le monument de Caderousse et donc trois frères, Louis Edouard, Fernand Gonzague et Gabriel Marius dans l’ordre de naissance. Comme la fratrie ne comprenait que cinq enfants, on peut dire que cette famille a été décimée par la Grande Guerre. L’Armée française renvoya-t-elle dans son foyer le quatrième garçon Joseph Pierre à l’instar du soldat Ryan ? Je ne le pense pas.

Cette famille Pécoul vécut dans le drame permanent même avant la guerre puisque le père, Louis Gonzague Pécoul eut la douleur de perdre ses deux premières épouses (les mères des Poilus) avant de voir partir ses trois garçons ! Voyons ceci depuis le début !

Louis Gonzague est né à Caderousse le 27 juillet 1853 et s’est marié une première fois au village avec Honorine Simon le 12 janvier 1882, une jeune femme de presque vingt-trois ans. Ils s’installent quai du Rhône, appellation géographique que j’ai découvert par l’occasion. Vont naître alors Louis Edouard, le premier Poilu MPLF quelques mois après le mariage, le 09 décembre 1882,  et Joseph Pierre, le rescapé de la Grande Guerre, le 21 juin 1884.

Honorine va s’éteindre à l’âge de vingt-cinq ans le 08 septembre 1885. Fin du premier acte de ce drame !

Deux ans plus tard, le 03 août 1887, Louis Gonzague se remarie avec une autre fille du village, Caroline Léonie Roche. Il a alors trente-quatre ans et Caroline vingt-quatre. L’union se déroule à Caderousse devant le Maire et Officier de l’Etat-Civil Adrien Bastides et de celle-ci vont naître trois enfants: Marie Paulia le 10 mars 1890, Fernand Gonzague le second MPLF le 17 novembre 1893 et Gabriel Marius, le troisième Poilu le 09 juin 1895. On retrouve la famille au complet quartier Salarié en 1896.

Pas pour longtemps car deux ans plus tard, Caroline disparaît le 08 septembre 1898 à l’âge de trente cinq ans. Fin du second acte !

Louis va se marier un troisième fois, le 19 janvier 1901. Pour élever ses cinq enfants et tenir la grange, la présence d’une épouse lui était indispensable. Il va aller chercher sa troisième épouse dans le sud-Drôme, à Rochegude. Le mariage est célébré dans ce village et Rosalie Marie Clémentine Grosson devient, à l’âge de trente-cinq ans, Madame Pécoul. On est alors le 19 janvier 1901.

La famille Pécoul en 1901, quartier Salarié. 

Aucun enfant ne naîtra de cette union. Quelque temps plus tard, l’aîné de la fratrie part faire son armée. Ajourné dans un premier temps pour faiblesse en 1903, il est classé ‘ »bon pour le service » en 1904 et rejoint finalement le 58ème R.I. d’Avignon le 16 novembre 1904. Il va servir la France pendant deux ans, jusqu’au 18 septembre 1906.
Dernière scène du troisième acte, Fernand Gonzague est appelé à son tour, le 27 novembre 1913 au 19ème Régiment d’Artillerie de Nîmes. Il sera aux premières loges quand la guerre va éclater, cela lui sera fatal !…

A suivre: Fernand Gonzague Pécoul (partie militaire).

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112 POILUS de CADEROUSSE, 112 DESTINS… les trois MARTIN du Monument aux Morts.

112 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 112 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquante-huitième, cinquante-neuvième et soixantième noms de la liste: les MARTIN du monument.

La seconde face du monument aux morts.

Auguste, Florestan et Julien Martin sont les derniers noms (dans l’ordre alphabétique) de la seconde face du monument du cimetière. On va traiter le volet généalogique de leurs biographies globalement puisqu’ils font partie de la même famille.

Il faut remonter à leur grand-père paternel pour trouver leur ancêtre commun. Dans la ville haute de Vaison se sont installés Joseph Marie Florestan Martin et Marie Rose Marron après leur mariage, un couple de cultivateurs. Cela devait se passer vers le milieu du XIXème siècle.

De cette union vont naître, toujours à Vaison des enfants dont deux garçons qui nous intéressent plus particulièrement: Joseph Ferdinand le 31 mars 1855 et Emile Florestan le 04 janvier 1864. Ces deux frères vont prendre pour épouse des jeunes filles de Caderousse et s’installer à l’intérieur des digues.

L’aîné Joseph Ferdinand Martin va épouser le 29 septembre 1886, pour la Saint-Michel 1886, Marguerite Aubert. Dans un premier temps, le couple va vivre à Vaison où vont naître trois enfants Marie Antonia  en 1887, Adrien Joseph en 1888 et Henriette Marguerite en 1891. Cette dernière ne vivra qu’une année et décèdera à Vaison en 1892. C’est après ce drame que le couple viendra s’installer à Caderousse, rue Saint-Michel. Joseph Ferdinand sera embauché alors comme ouvrier dans la fabrique de balais de son beau-père et trois nouveaux enfants viendront au monde: Auguste Joseph, le futur Poilu MPLF le 14 février 1894, Fernande Emilie en 1898 et enfin le petit dernier Paul Camille, bien plus tard, en 1903.

En 1901, la famille au complet avec la mère de Marguerite, Marie Bès, vivant sous le même toit.

Dix ans plus tard, en 1911, Adrien a quitté le foyer remplacé par le petit Paul.

Passons maintenant au second fils Martin, Emile Florestan, cordier de son état. Il va épouser à Caderousse Marguerite Philomène Aubépart, le 2 mai 1883. C’est elle aussi la fille d’un fabriquant de balais, François Aubépart. Ils vont venir s’installer immédiatement à Caderousse près de la porte d’Orange, avant son grand frère Joseph Ferdinand.

De cette union vont naître trois garçons, Florestan Emile en 1883, le second Martin MPLF, Emile Florestan François en 1886, blessé gravement à un doigt  lors de son service militaire, le doigt avec lequel un droitier appuie sur la gâchette, ce qui lui évitera une unité combattante pendant la Grande Guerre et Julien Joseph François, le troisième MPLF et une fille Marie Féline en 1893 qui prendra pour époux en 1913 Fernand Pellegrin dont le nom est lui aussi inscrit sur le Monument aux Morts de Caderousse. Elle se remariera après-guerre, en 1921 avec un certain Fernand Joseph Simon.

En 1901, la famille presqu’au complet

…Florestan étant de son côté employé comme domestique dans la ferme des Soumille.

Conclusion de ce laïus, les trois Martin du monument sont donc deux frères et leur cousin germain avec un peu plus loin, dans la liste, le beau-frère des premiers. Une histoire de famille !

Seul Florestan Emile Martin va avoir le temps de se marier avant  la guerre. Il va prendre pour épouse Marie Rose Gonner le 25 juin 1910 à Caderousse. Cette dernière étant fille-mère d’une petite Alberte née en 1906, par ce mariage, Florestan va devenir aussi père en reconnaissant cet enfant comme étant de lui. Alberte deviendra Pupille de la Nation en 1918 !

Florestan et sa famille en 1911, « île » de Vannerie. 

A suivre les parcours militaires d’Auguste, Florestan et Joseph Martin.

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Des PONTS sur le RHÔNE: de nouvelles vues des ponts de VALENCE (Drôme)

Quelques nouvelles vues des ponts de Valence, ponts qui se succédèrent après l’invention des frères Seguin.

A tout honneur, tout seigneur, les restes du bac à traille avec la pile de traille sur la rive gauche du fleuve.

Les constructions ne sont pas encore là ni les voies de communication et la pile trône seule au milieu de nulle part, en bordure du Rhône. Elle en est presque l’alter-ego du clocher de la cathédrale de Valence sur la rive gauche. On remarque que la pile de ce côté-là a déjà disparu. A l’emplacement de la clinique Pasteur, on remarque les jardins des Granges.

Le pont suspendu au début du XXème siècle a été remplacé par un pont de pierre pour permettre à des transports plus lourds de franchir le Rhône, en particulier, le tramway des Granges. Pendant quelques années, les deux ouvrages d’art cohabitèrent puis le vieux pont suspendu fut rasé.

La jeune fille pose devant l’objectif du photographe au milieu du pont suspendu. Au fond le rocher de Crussol.

Vue depuis la terrasse alluviale de Valence, les deux ponts…

en noir et blanc ou…

colorisés.

Cette carte postale ci-dessous est très interessante car elle montre le pont de pierre en cours de construction.

On retrouve les échafaudages vues lors de la construction du pont de pierre entre Villeneuve-lès-Avignon et l’île de la Barthelasse. Il est certain que la construction des ponts suspendus représentaient un investissement moindre par rapport à ce que coûtait un pont en dur et que le temps de construction était lui aussi bien inférieur.

Les deux ponts vus depuis la terrasse dominant le jardin public.

Le pont et la navigation.

Le nouveau pont sous lequel passe un bateau à roue à aube. On voit que le pont suspendu  a été déconstruit.

Le nouveau pont vu depuis le port fluvial de Valence le long duquel ont accosté un toueur et des barques. Sur ce bel espace qui pourrait être le prolongement du jardin public, les décideurs ont eu la très mauvaise idée de faire passer l’autoroute A7, coupant la ville du fleuve et privant les Valentinois des plaisirs de promenades au bord de l’eau.
Pour terminer, une vue du pont suspendu provisoire jeté sur le Rhône en remplacement du pont de pierre dynamité par le Génie français en 1940 puis à nouveau endommagé par les sapeurs allemands pour protéger la fuite des unités remontant la vallée du Rhône après le débarquement du 15 août 1944 en Provence.

Au milieu du fleuve, les blocs de béton des anciennes piles et au bord de la rive ardéchoise, des barques attestant d’un rapport particulier entre les riverains et le fleuve.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: Addenda 2 De nouvelles vues de BAC à TRAILLE dont on a déjà parlé.

De nouvelles vues de bacs à traille  dont on a déjà parlé avec des cartes postales venues enrichir la collection.

Le premier bac après la Confluence, celui d’Oullins (voir https://unmondedepapiers.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=22058&action=edit)

Au premier plan, un lavoir fermé et chauffé. On voit le bac au milieu du fleuve. Au fond les industries de transformation de la zone portuaire de Gerland.

Nouvelle photo du bac d’Ampuis (voir https://unmondedepapiers.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=22083&action=edit)

Sur le débarcadère rive droite, le bac vient d’accoster et de lâcher le groupe de voyageurs. Est-ce cette rampe ?

Nouvelle vue du bac de La-Roche-de-Glun (voir https://unmondedepapiers.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=22724&action=edit)

Il est fort probable que cette descente vers le Rhône descendant de la digue soit de nos jours toujours présente.

Enfin, une vue aérienne du bac du Barcarin dans les années 1960 (voir https://unmondedepapiers.com/2017/07/26/des-bacs-a-trail…2525-le-barcarin/ )

Au premier plan, le bac qui fonctionnait en 1965 (date de l’oblitération de la CPM). Le second embarcadère n’est pas encore construit. Au fond, le bac ferroviaire transportant le sel vers les Bouches-du-Rhône est visible et accosté.

Pour compléter cet article, un bac à raves en fonction entre Trinquetaille et Arles au moment où les ponts franchissant le grand Rhône (celui dit de Van Gogh et celui aux Lyon) avaient été détruits par les Alliés et la Résistance.

C’est sur cette pile au milieu du fleuve que le nouveau pont de Trinquetaille a été jeté.

Enfin, deux bacs à traille situés en amont du secteur qui nous concerne (entre la Confluence et la Méditerranée), juste en amont de Lyon.

Le bac de Miribel. Construit sur le canal de Miribel, il permettait aux pêcheurs, chasseurs, agriculteurs et exploitants des gravières d’atteindre la zone de Brotteau. Mis en service en 1848, il a fermé en juillet 1941 au moment de l’ouverture d’un pont.

Le bac de Vaulx-en-Velin sur le Vieux Rhône semble dater du XIXème siècle puisque le matériel a été renouvelé en 1849. Vers 1900, il était très peu fréquenté. Les infrastructures (pile de traille, ponton d’accostage) ont disparu totalement.

Fin ou à suivre si un jour de nouvelles vues viennent enrichir la collection !

 

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 23/25 SYLVÉRÉAL

Sylvéréal, petit hameau de la commune de Vauvert, dans le Gard, au bord du Petit Rhône, non loin de la mer. Sur l’autre berge de ce Petit Rhône, la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer avec les hameaux du Mas des Jonquières et Sénébier.

L’histoire du bac de Sylvéréal est étroitement lié à celle des ponts sur le Petit Rhône qui se succédèrent depuis la fin du XIXème siècle dans ce secteur.

Suivant Henri Cogoluènhe dans sa thèse sur les bacs du Rhône, un fort fut construit à Sylvéréal en 1210 pour contrôler le sud du Petit Rhône. Une traille est attestée en 1831 mais certainement installée antérieurement.

Pas de trace de cette première traille même si on sait qu’elle était implantée une centaine de mètres en amont du pont actuel.

Le premier pont qui remplaça la traille fut un recyclage intelligent du pont de barques de Saint-Gilles, lui même remplacé par un pont suspendu. Les 13 barques supportant le tablier furent donc installées à Sylvéréal en 1893.

Le passage d’une manade sur ce pont de barques.

La route dut plusieurs fois être refaite pour l’adapter à la circulation automobile. Mais les crues du Rhône mettaient souvent à mal les barques jusqu’à cette tempête de 1930 qui l’acheva avec la perte de 6 barques, soit presque la moitié du passage.

Photo extraite du livre « Camargue et gardians » de Carle Naudot (1948)

On construisit donc ce pont suspendu au début des années 1930…

…également traversé par une manade, emblème de la Camargue. Ce pont dura quelques 50 ans et dut être remplacé par un nouvel ouvrage dans les années 1980, un mont métallique qui enjambe toujours le Petit Rhône à Sylvéréal.

Un pont vert comme à Saint-Gilles.

Pendant les périodes de battement entre 2 ouvrages, la traille avait été remise en service pour continuer d’offrir ce service public des déplacements humains entre la Camargue et le Gard, enclavée entre les 2 bras du Rhône. On construisit donc une pile de traille en béton armé dans les années 1930, pile qui existe toujours, avec sa poulie sommitale. Elle est situé sur l’emplacement du bac ancien, une centaine de mettre en amont du pont routier.

Une traille que le loueur de canoë local ne se gène pas de privatiser à la belle saison pour y accrocher un très visible bateau orange, dénaturant un peu cet objet patrimonial.

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108 POILUS de Caderousse, 108 DESTINS… les BRUGUIER.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

108 parcours et non plus 107 car nous allons évoquer aujourd’hui le cas des Poilus Bruguier à travers leur famille, avant la Grande Guerre. S’il existe bien 2 Bruguier inscrits sur le Monument au cimetière: Léon et Marius, deux frères, un troisième Bruguier, Martial a été oublié en 1937. Ce n’est pas un troisième membre de la fratrie mais un petit-cousin des 2 précédents. On va le voir. Dans un second temps, on évoquera le parcours de chacun des 3 pendant la Guerre dans d’autant d’articles individuels.

Vingt et unième, vingt-deuxième et vingt-troisième  noms de la liste: Bruguier Léon, Marius et Martial.

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Première face du Monument.

L’Etat-Civil numérisé de Caderousse aux Archives du Vaucluse va bien nous aider pour découvrir l’origine de cette famille. On doit remonter au début du XIXème siècle pour trouver un ancêtre commun aux 3 Poilus: le couple Simon Bruguier- Marie-Colombe Roussel vivant du côté de Bagnols-sur-Cèze dans le Gard. Ce sont les arrières-grands-parents de Léon, Marius et Martial. Simon est tourneur sur bois puis marchand, Marie, ménagère bien entendue.

Ce sont deux des fils de ce couple qui devait s’être uni dans les premières années de la Restauration, qui vont émigrer sur la rive gauche du Rhône, en convolant en justes noces avec des filles de Caderousse.

François Bruguier, né à Bagnols en 1824 va prendre pour épouse Madeleine Marguerite Giornal née en 1830. Les noces seront célébrées le 20 novembre 1849, à 9 heures du matin par le capitaine en retraite, Chevalier de la Légion d’Honneur, Janvier-Marie Petison de Fethia, accessoirement Maire de la commune. Ils auront de nombreux enfants et seront les grands-parents paternels de Léon et Marius.

Parmi les enfants issus de cette union, naît Auguste, le 08 septembre 1859, rue Saint-Michel. 27 ans plus tard, Auguste épousera Emilie Sabine (prénom usuel) Ruat née le 16 mai 1859 à Caderousse. C’est Alexis Simon, adjoint au Maire manifestement dévoué à célébrer les mariages cette année-là (à moins que le Maire soit décédé), qui unit Auguste et Sabine le 19 septembre 1878.

On retrouve la famille quartier Lapérat (ou La Péran) à Caderousse, quelques mois après le début du XXème siècle…

…en page 66 du recensement de 1901. 5 enfants sont nés dont les 2 futurs Poilus ! Sauf que Léon est justement appelé Auguste (son premier prénom officiel) alors que Marius est improprement appelé François (de son second prénom officiel). Auguste Léon est né le 11 février 1884 à Caderousse, aux Cabannes où son père était métayer comme il l’est toujours en 1901 à La Péran. Marius François est né 2 ans plus tard, le 16 août 1886.

Dix ans passent et on se rapproche de la Grande Guerre. Le recensement de 1911 nous apprend que la famille s’est bien agrandie. C’est Léon qui, à son tour s’est marié avec une Léonie et vit, comme cela se faisait communément à l’époque sous le même toit que ses parents.

Une petite Marie-Jeanne a vu le jour au foyer de Léon et Léonie, un an plus tôt, en 1910 si bien que 3 générations cohabitent dans la grange. Marie-Jeanne deviendra très vite, à 6 ans, orpheline de guerre. De son côté, Marius est toujours à la ferme. Le père et ses 2 fils font tourner l’exploitation agricole. On peut imaginer les conséquences catastrophiques, autant familiales que professionnelles, qu’entraîneront les incorporations puis les décès des jeunes hommes.

Quant à la grand-mère Madeleine (née Giornal), elle est toujours de ce monde en 1911 et vit seule, rue des Ecoles, malgré son âge respectable de 84 ans.

Passons maintenant à l’histoire du petit-frère de François Bruguier, le grand-père de Léon et Marius: Simon Bruguier. A noter qu’il porte le même prénom que son père, celui qui se maria vers 1820.

Né en 1929, à Bagnols-sur-Cèze bien entendu, Simon Bruguier épousera à Caderousse Marie Nathalie Ferragut le jour de la Saint-Valentin 1855. Un grand sentimental ce Simon !?! Pas sûr que la fête commerciale liée à la Saint-Valentin née au milieu du XIXème siècle ait atteint Caderousse en 1855 ! Ce qui est certain, c’est que Joseph Henri Rollet, maire et officier de l’Etat-Civil présidait cette cérémonie.

De cette union naîtra Barbe Philémon Bruguier (voilà 2 prénoms originaux !) le 11 décembre 1857. Devenu jardinier comme son père, il épousera à son tour une fille du village Marthe Mélanie Lurion le 2 juillet 1884, devant Jean André Estran, Maire et officier de l’Etat-Civil.

Martial Roger Bruguier naîtra quartier Fazende le 1er mars 1894. C’est ce gamin de 20 ans, petit-cousin de Léon et Marius qui sera envoyé fin 1914 combattre les Allemands dans les tranchées de l’est de la France.

Voyons cette famille telle que la décrit le recensement de 1901.

Les parents Barbe et Marthe, 4 garçons: Roger Louis, Martial, Clément, Marcel  et le grand-père Simon, âgé de 74 ans et veuf, qui vit chez ces enfants. Très bien… mais la lecture du recensement suivant de 1906 va nous permettre de rectifier quelques erreurs:

Le départ de l’aîné des garçons Roger Louis placé chez un patron fait de Martial le nouvel aîné de la fratrie… sauf que tout en bas de la famille, une Marie, absence en 1901 le devance de 6 ans ! Où était-elle en 1901 ? Oubliée ? Clément est devenu Justin, son premier prénom officiel et Marcel… Marcelle. La transsexualité n’ayant pas débuté à Caderousse au début du XXème siècle, on peut raisonnablement penser que l’agent recenseur de 1901 avait pris quelques largesses avec la vérité ou quelques verres de trop ! Un petit Auguste est venu au monde et Papy Simon a maintenant 82 ans. Il ne se fait pas jeune, le pauvre, surtout qu’il a pris 8 ans… en 5 ans !

En 1911, la famille n’apparaît plus dans les listes du recensement. Elle a quitté Caderousse, certainement pour retourner dans le Gard, du côté de Bagnols-sur-Cèze. Né en 1894, Martial Bruguier aura vécu au moins 13 ans à Caderousse et dans ce cas, seulement 9 ans ailleurs. Sans chauvinisme aucun, il peut être considéré comme Poilu de Caderousse !

Si la petite Marie-Jeanne, bébé d’un an en 1911, a donné une descendance, il existe peut-être quelque part dans un grenier pas encore vidé ou une boîte de chaussures, des souvenirs de Léon Bruguier ou de Marius… Si quelqu’un reconnaît comme ancêtre direct ou indirect Léon, Marius ou Martial Bruguier, qu’il ne se gène pas pour réagir.… 

A suivre: Léon Bruguier.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 15/25 ROBINET

C’est à la sortie de ce défilé de Donzère appelé Robinet que la traille reliant Viviers à la Drôme fut implantée. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ce nom de Robinet. Certains prétendent que le mistral s’accélère entre les falaises et souffle bien plus fort comme le fait l’eau sortant d’un robinet. Mais les robinets existaient-ils à l’époque où le nom apparut ? Autre hypothèse que retient Henri Cogoluènhe dans sa thèse sur les bacs du Rhône, il aurait existé une briqueterie dans ce lieu, construite par un certain Robinet. Effectivement, sur les cartes anciennes, le mot Robinet mentionne bien ce quartier. Alors ?

On pense qu’il existait un passage sur le Rhône en cet endroit dès l’époque romaine. Des textes de 877 puis 1147 permettent aussi de penser qu’il perdurait à ces époques sans qu’on en soit très certain. Car à la fin du XVIIIème siècle, les habitants de Donzère plaidaient pour qu’un bac soit installé sur le Rhône au niveau de leur commune, au quartier Robinet.

Ils furent écoutés quelques années après, au début du XIXème siècle. Les premiers plans d’un bac à traille furent dressés en 1804 et on est certain que le bac était en fonction en 1807. Pour cela, on construisit donc cette belle pile de traille sur la rive droite au quartier Touchelage de Viviers.

De l’autre côté, sur la rive droite, la traille était peut-être attachée à un anneau scellé dans la paroi de la falaise.
Mais quelques années après, les frères Seguin mettaient au point leur pont en fil de fer et une fois leur invention fiable, tous les élus voulurent leur pont suspendu. Ce fut le cas dans ce secteur de la vallée du Rhône moyen et dès 1833, les premières ébauches du pont de Robinet furent jetées. Il fallut attendre tout de même 13 ans pour que le pont soit livré au public et la traversée rendu possible moyennant le règlement d’un péage. Nous étions le 16 octobre 1847.

Ce n’est pas ce pont qui fut construit en premier car le mistral joua bien des tours à cette construction. Il fut totalement détruit le 20 mars 1854 et on envisagea la réouverture du bac à traille, fermé en 1851. Cela n’arriva pas. Une fois rendu aux usagers, le pont connut à nouveau de graves problèmes le 28 décembre 1864, le 10 février 1865, en 1896, le 17 janvier 1902. A chaque fois, à cause du mistral et ces destructions entraînaient des longues périodes de fermeture où la présence d’une traille aurait été la bienvenue.

De nos jours, le pont comme la pile de traille sont classées monuments historiques.

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