Archives de Tag: pont suspendu

Quand le Tour franchit le Rhône…. 6/10 le pont de Saint-Gilles.

Il ne s’agit pas du pont vert actuel, moderne, fonctionnel, sûr et présentant tout de même un certain cachet. Non, il s’agit de ce pont suspendu…

…souvent photographié sur les cartes postales anciennes qui remplaça le pont de barques mais qui ne fut jamais trop solide. D’ailleurs, quand le Tour de France 1938 l’emprunte lors de l’étape Montpellier-Marseille du lundi 11 juillet…

…on voit bien que même sans bombardement, le pont n’est pas en bonne santé…

…comme l’indique ce panneau de chantier. Le Tour passe mais les problèmes demeurent et demeureront quelques dizaines d’années pour ses riverains camarguais.

C’est la circulation automobile moderne qui mit à mal la structure. En empruntant la machine à remonter le temps dans les revues sportives et en s’arrêtant dans les années 20, le pont semble en bon état.

1929, étape Perpignan-Marseille, onzième de rang, longue de 366 kilomètres… joli rallye ! Victoire d’André Leducq au Vélodrome de Marseille (pas au stade-vélodrome qui n’est même pas en projet) et comme le dit la légende de la photo, Dewaele, au centre du deuxième peloton, sur le pont du Petit-Rhône. Maurice De Waele, maillot jaune depuis Perpignan et qui le restera jusqu’à Paris.

Deux ans auparavant… 1927, un peu la même histoire. C’était aussi l’étape Perpignan-Marseille, treizième de l’épreuve. Au Vélodrome Jean-Bouin de Marseille, quartier Sainte-Marthe, je crois, c’est De Waele qui l’avait emporté au terme d’une randonnée de 360 kilomètres !  A l’instar de ce dernier deux ans plus tard, le Luxembourgeois Nicolas Frantz était en jaune depuis Luchon et allait le rester jusqu’à Paris.

Mais, en conclusion, il n’est pas mal le pont moderne… et plus solide !

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Quand le Tour franchit le Rhône…. 5/10 le pont de Fourques.

Voilà un pont qui n’a pas changé depuis sa construction. Il est resté dans son jus sans toutefois présenter un danger quelconque pour ses utilisateurs. Seules les voitures ont un peu de mal à se croiser… mais n’est-ce pas la meilleure méthode pour limiter la vitesse ?

Il a du cachet, le pont entre Fourques et le quartier de Trinquetaille ! Il franchit le Petit-Rhône qui n’a de petit que son nom car beaucoup d’eau passe sous ses arches.

Il apparaît sur la couverture du Miroir des Sports du 11 juillet 1925. Mes parents étaient alors en route et le Tour avait l’âge de la majorité. Le peloton franchit le Rhône en direction de Trinquetaille, quartier insulaire d’Arles et plus loin de Toulon, en provenance de Nîmes. On est donc au tout début de cette onzième étape que remportera Lucien Buysse, le futur lauréat du Tour… 1926.

Pour cette année 1925, c’est Ottavio Bottechia qui l’emportera à Paris. Il était d’ailleurs déjà en jaune depuis la traversée des Pyrénées et ne devait plus quitter la tête de la course.

Nombre de ponts sur le Rhône ayant été détruits pendant la Seconde Guerre Mondiale, le Tour passa par l’un des rares qui subsistait, celui de Fourques !

 

Le peloton le traversa encore groupé sur la route de cette treizième étape Marseille-Montpellier, le 10 juillet. On peut d’ailleurs se poser la question sur la manière dont fut franchi le Grand-Rhône quelques kilomètres en amont. Une passerelle provisoire devait avoir été jetée sur le fleuve, le pont de Trinquetaille dont on parlera dans un autre article de cette série ayant été envoyé par le fond. D’ailleurs, le journal insiste sur les dégâts que connut la ville avec une vue des destructions non encore réparées dans le vieux Arles.

Plus loin lors de ce Tour 1947 que Jacques Goddet eut tant de mal à organiser, le franchissement de la Dordogne connut des problèmes importants lors de l’étape Bordeaux-Les Sables d’Olonne. Le départ réel de la course n’eut lieu qu’une fois le fleuve franchi au bac de Saint-André-de-Cubzac par toute la caravane, coureurs compris… ce qui prit un certain temps !

Miroir-Sprint met aussi en avant le passage du Petit-Rhône à Fourques en en faisant sa une. On constate que quelques spectateurs ou photo-reporters prennent pas mal de risque pour faire les plus beaux clichés !

Je suis persuadé que cela serait toujours le cas de nos jours si le Tour venait à passer par là mais…

…comment voulez-vous que les gros véhicules de la caravane publicitaire puissent passer par cette chatière ?

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Une CARTE POSTALE du PONT provisoire PONT-SAINT-ESPRIT

On a déjà parlé de l’arche marinière du pont de Pont-Saint-Esprit, le plus ancien pont jeté sur le Rhône et existant depuis plus de sept siècles, ce qui en fait une longévité exceptionnelle. Pour comparaison, le plus vieux pont de Paris, le Pont Neuf n’est qu’un gamin de quatre siècles.
En 1856, l’année de la grande crue,  fut créée l’arche marinière remplaçant deux arches anciennes pour permettre aux vapeurs de franchir cette étroitesse du Rhône sans dégâts.

On était au début de la Révolution Industrielle et on construisit cette arche en fonte, signe de modernité.

Elle tint un peu moins d’un siècle car en 1944, les aviateurs alliés la détruisirent pour retarder le repli des troupes du Reich stationnées dans le Sud-Ouest de la France et fuyant après le débarquement de Provence.

Un trou béant séparait les deux rives du Rhône,  très large en cet endroit, quelques hectomètres après la confluence avec l’Ardèche.
La Libération venue, il fallut reconstruire tous les ponts du Rhône détruits et des choix durent être faire. A Pont, on opta pour une passerelle suspendue , rapidement installée, guère solide mais… provisoire. C’est l’objet de cette carte postale semi-moderne.

Un mélange de modernité et de tradition, de légèreté et de puissance, au-dessus d’un Rhône large et majestueux. La vue est prise en direction de l’est, de la rive gauche.

Une arche marinière en béton armée a remplacé le pont suspendu provisoire en 1954 quand vint le tour de reconstruire le pont de Pont.

De nos jours, avec la canalisation de Donzère-Mondragon, le Rhône ne coule plus, en temps normal, que sous deux arches, l’arche marinière et la suivante contrairement à la vue de la carte semi-moderne… même s’il baigne tranquillement d’autres piles, sept au total…

…laissant une impression de puissance inutile à cette construction multi-centenaire !

Ces vues originales ont été prises depuis le dessous de l’ouvrage d’art, dans les prairies inondables de cette plaine rhodanienne, entre Gard et Vaucluse, entre Royaume et Empire. De cet endroit, on peut constater aussi…

…l’élargissement de la structure effectuée sous le Second Empire, de 1861 à 1870, anticipant en cela la circulation automobile moderne !

 

 

 

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Quand le Tour franchit le Rhône…. 4/10 le pont de Beaucaire-Tarascon.

Aujourd’hui, il s’agit d’un long pont à poutres franchissant le Rhône en deux étapes, une petite île centrale séparant les deux bras…

l’un venant du barrage de Vallabrègues auquel s’ajoutent les eaux du Gardon…

et l’autre le canal de fuite de l’usine éponyme.

C’est un pont suspendu qui franchissait le Rhône avant l’époque moderne, de belle facture mais pas très solide ! Comme en Avignon, les photographes ont essayé de mettre sur le même cliché le pont et le château de Beaucaire. Mais cela donne en 1939, une vue panoramique !

Il ne pouvait pas en être autrement en se plaçant dans la perspective du tablier. En se décalant vers la gauche, cela donne une vue plus resserrée en 1949.

Il s’agit-là de la même étape que celle du pont Saint-Bénézet, emportée par Goldschmitt à Marseille, un 15 juillet. Sur le cliché, on constate que le pont de Beaucaire, à l’instar de celui d’Avignon, porte les traces des bombardements anglo-américains de la Libération.

Il faut croire que le photographe de Miroir des Sports n’a pas changé entre 1949 et 1956 puisqu’il recommença le même cliché lors des passages suivants…

…en 1951, avec ce vélo et ces deux spectatrices amenant une touche artistique…

…puis en 1956. Cette même année, celui de Miroir-Sprint, prit plus d’angle sans qu’on puisse dire que cela amena quelques chose à sa photo.

Le Rhône est plus majestueux et le pont plus imposant mais, avec cette vue lointaine,  le Tour disparaît du programme ce qui est bien dommage dans un magazine sportif.

Les quatre Tours qui empruntèrent le pont de Beaucaire et qui furent photographiés par les photo-reporters tournaient dans le sens inverse des aiguilles de la montre, départs de Montpellier ou Nîmes et arrivées à Marseille, Avignon ou Aix. La volonté de faire de l’artistique avec la vue conjuguée du pont et du château de Beaucaire ne doivent pas être étrangers à ces choix rédactionnels. En circulant dans l’autre sens, il est beaucoup plus délicat de prendre la photo du pont et du château de Tarascon.

A noter que lors du franchissement de ce pont en 1951, les coureurs du Tour devaient être un peu plus inquiets que les autres fois. En effet, c’est ce jour-là qu’il fut proposé aux concurrents l’ascension du Mont-Ventoux pour la première fois, un menu copieux à l’évidence. Ce fut Lucien Lazaridès qui franchit  en premier le sommet mais Louison Bobet l’emporta finalement en Avignon.

 

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Quand le Tour franchit le Rhône…. 2/10 le pont d’Avignon.

Il s’agit là du pont suspendu d’Avignon aujourd’hui remplacé par ce pont Daladier.

Il a toujours fait l’objet de nombreuses cartes postales avec en arrière plan, le Palais des Papes.

Bombardé en 1944 par les Alliés, il a été gravement endommagé….

…mais il était de nouveau utilisable en 1950 pour le quatrième Tour de l’après-guerre.

On y voit deux échappés y pénétrer à la sortie de l’île de la Barthelasse.

Le photographe a choisi la vue combinée du pont, du Tour, du Rhône et du Palais. Cette année-là, le Tour venait de Nîmes et rejoignait Toulon, terme de la 14ème étape, le 28 juillet. On était loin du terme de l’étape et les échappés allaient être repris. C’est le franco-portugais Custodio Dos Reis qui allait l’emporter sur la rade, tandis que Ferdi Kubler, le grand champion suisse conservait son maillot jaune pris à Perpignan pour ne plus le perdre jusqu’à Paris.

Cinq ans plus tard, en 1955, la course était de retour dans le Vaucluse. Le Tour tournait dans l’autre sens et le départ était donné d’Avignon.

C’est donc sans pression que le photographe put prendre cette vue, répondant aux mêmes critères que la précédente. On constate que le pont garde les stigmates du bombardement de 1944 avec quelques pierres manquant en haut de la pile touchée par les bombes.

Cette vue a été prise le 19 juillet 1955. Les coureurs partant d’Avignon se rendent à Millau, terme de cette douzième étape. C’est l’Italien Alessandro Fantini qui l’emportera et Antonin Rolland gardera le maillot jaune qu’il garde au chaud sur ses épaules en attendant le moment opportun de le passer à son leader Louison Bobet pour sa troisième victoire dans le Tour de France.

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Il y a 80 ans… le TOUR de FRANCE 1938…LE MIROIR DES SPORTS du jeudi 21 juillet.

On n’a pas fini de voir de telles photos, Vervaecke et Bartali devisant côte à côte, à la sortie des Pyrénées. Bartali semble serein et Vervaecke inquiet et amaigri. Le poids de la course est-il trop lourd pour ses épaules.

Le Tour a traversé le Rhône au pont de Saint-Gilles. Voici le peloton posant sur ce pont suspendu tantinet dangereux.

Le franchissement du Grand-Rhône à Trinquetaille n’a pas été immortalisée.

Public nombreux et enthousiaste dans la côte de Saint-Savournain à trente kilomètres de Marseille, terme de cette étape de transition.

C’est donc Bartali qui s’impose sur la piste du Stade-Vélodrome récemment inauguré.

Un Giono croqué sous toutes les coutures dans ce bon stade-vélodrome.

Classements après cette étape Montpellier-Marseille.

Bartali est à 2’45 » de Vervaecke ayant repris par son sprint victorieux une minute à son rival.

Le lendemain matin, la place Castellane est noire de monde pour voir partir le Tour en direction de Cannes. Les coursiers préparent leur ravitaillement et discutent de ce qui les attend.

Quelques heures après, c’est Vincent Fréchaut qui refait le coup de Perpignan en remportant l’étape sur un grand cours.

La route a emprunté des chemins détournés pour aller à Cannes comme ici dans le côté des Maures, entre Hyères et Sainte-Maxime.

L’heure du bilan sur les routes du sud-est, les classements après l’étape Marseille-Cannes.

Comme les deux favoris pour la victoire à Paris se sont neutralisés, le classement général n’a guère évolué.

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BOMBARDEMENT du PONT d’AVIGNON du 25 ou 27 juin 1944

Une carte postale montrant les destructions subies par le pont d’Avignon après le bombardement américain du 25 ou 27 juin 1944, les sites mémoriels divergent quant à cette date.

On voit qu’une bombe a atteint la pile centrale et a détruit la première travée côté Avignon. Après la guerre, le pont sera restauré et remis en service. Pendant le temps des travaux, un pont de barques sera jeté sur le bras du Rhône par le 7ème Génie, un régiment local.

Ce pont sera rapidement obsolète et en 1960, il sera détruit pour être remplacé par le pont de pierre actuel, le Pont Edouard-Daladier.

Le pont suspendu avait été construit entre le 06 juin 1841, jour où Jules Seguin obtint le marché pour la construction de l’ouvrage et le 21 octobre 1843, date de son ouverture à la circulation. Ce pont sera restauré plusieurs fois à la fin du XIXème siècle.

Du 27 mai au 15 août 1944, Avignon connut pas moins de 37 bombardements plus ou moins importants qui visaient les ponts, on l’a vu, les infrastructures ferroviaires et les postes de commandement allemands. Ce fut la population qui fut la principale victime de ces actions américaines. Près de 600 morts dont 525 pour la seule journée du 27 mai, 800 blessés, des centaines de maisons détruites, tel est le bilan global de ces bombardements. Des quartiers amputés de bon nombre de bâtiments qu’on reconnaît facilement avec des îlots modernes au milieu d’un habitat plus ancien: Champfleury, les Rotondes, boulevard Raspail où fut détruit l’hôtel Dominion, siège de l’Etat-Major allemand et où les occupants déplorèrent quelques tués et blessés.

 

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