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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Auguste et Louis Roche (historique).

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt dix-septième et quatre-vingt-dix-huitième Poilus: Auguste Roger et Louis Joseph Roche.

Sur la quatrième face du Monument aux Morts.

Auguste et Joseph rejoignent tous deux leurs unités respectives, le 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon pour le plus jeune et le 38ème Régiment d’Artillerie de Campagne pour l’aîné. Il est certain que le cadet était de loin le plus exposé  non pas que les artilleurs aient été des planqués mais statistiquement, l’Infanterie connut le plus de pertes.

Auguste donc fut tué suivant ses papiers officiels le 30 octobre 1914 à Saint-Benoît, dans la Meuse, à l’ambulance, suite à des blessures reçues sur le front. Nous sommes, vous l’avez deviné car cela fait plusieurs fois qu’on le répète, dans ce secteur de Saint-Mihiel où tant de Vauclusiens et de Caderoussiens tombèrent les premiers mois de la guerre. Sauf que pour Auguste Roche, la date de cet écrit du Registre Matricule pose réellement problème.

Nous avons bien trouvé un Saint-Benoît dans la Meuse, Saint-Benoît-en-Woëvre, village proche de la commune de Vigneulles-les-Hattonchâtel, à l’est de Saint-Mihiel. Mais le 30 octobre 1914, ce secteur est totalement dans le camp allemand, le front s’étant stabilisé une grosse dizaine de kilomètres au sud de Vigneulles.

Le site Carto1418.fr nous positionne ainsi le front du 30 octobre 1914 et les lieux cités, Saint-Mihiel, Vigneulles et Saint-Benoît se situent au-dessus du niveau des chiffres des unités allemandes (rouges) le plus basse sur la carte !

Par contre, le 30 août 1914, Saint-Benoît est placé en arrière du front tenu par les troupes françaises, un front pas encore stabilisé.

De plus, la lecture du Journal de Marche du 58ème place cette unité dans le secteur du front le 30 août alors que le 30 octobre, il est positionné plus à l’ouest.

De deux choses l’une…
soit il existe un hameau, un quartier Saint-Benoît à l’ouest de Villette, Pierrefitte, Courouvre où étaient déployés les bataillons du 58ème R.I. le 30 octobre 1914, et il est très étonnant qu’on ne l’ait pas trouvé…

soit une erreur de transcription s’est glissée dans la copie de la date de décès d’Auguste. A l’époque, on écrivait 7bre, 8bre, 9bre, 10bre pour dire septembre, octobre, novembre et décembre en lieu et place de 9, 10, 11, 12 comme on le disait aussi et comme il est convenu de le noter maintenant. Cette erreur de transcription aurait offert 2 mois supplémentaires de vie fictive à Auguste. C’est plutôt cette hypothèse que je trouve la plus plausible.

Toujours est-il qu’Auguste décéda officiellement à l’âge de 30 ans et 7 mois ou 30 mois et 5 mois plus vraisemblablement.

Fiche matricule d’Auguste Roger Roche de Mémoire des Hommes.

Auguste Roger Roche, matricule 243 de la classe 1904, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse.

Tout est plus simple pour raconter la fin de l’histoire personnelle de Louis Joseph. Artilleur au 38ème R.A.C. (C. comme Campagne),  il va apprendre la décès de son frère, au front, du côté de Mort-Homme, non loin de Verdun (si le décès a eu lieu en octobre; s’il est survenu en août, il était en pleine retraite du côté de Nancy, de retour de Lagarde).

1916. Pour le régiment nîmois d’artillerie, c’est l’enfer de Verdun que les artilleurs vont connaître. Il faut pilonner les positions allemandes, les batteries allemandes, fournir une protection par des tirs de barrage lors des attaques des fantassins français ou de l’avancée de soldats allemands.

Fin mai 1916, la 2ème batterie tire sur les tranchées d’Avocourt, un peu à l’est de Vauquois.

Louis est brancardier. Il fait équipe avec Pierre Albert Chiron de Carpentras, de la classe 1909, pour ramasser les blessés et les malades et les ramener vers l’ambulance. Le 31 mai, ils vont être grièvement blessé dans leur mission sanitaire par l’explosion d’un obus près d’eux. L’infirmier les accompagnant sera également touché. Le Journal de Marche du 38ème R.A.C. en fait état.

Si l’infirmier va y survivre, Pierre Chiron décèdera à l’ambulance 1/1 de Froidos, là même où ils ramenaient leurs copains,  le 1er juin 1916. Louis résistera une journée de plus puis mourra à son tour le 02 juin 1916. Il était âgé de 35 ans et 1 mois.

Fiche matricule de Louis Joseph Roche de Mémoire des Hommes.

Louis Joseph Roche, matricule 250 de la classe 1901, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Roche est encore bien présent en Vaucluse et à Caderousse. Si quelqu’un reconnaît en Auguste Roger et Louis Joseph un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Ludovic Roche.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Gabriel RIEU.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt huitième de la liste: Gabriel Joseph Marius RIEU.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Après deux biographies peu évidentes, voici donc une recherche plus facile pour Gabriel Rieu autant du point de vue généalogique que de celui du parcours militaire déjà évoqué à plusieurs reprises !

Gabriel Rieu est né à Caderousse le 07 novembre 1884. Son père, également prénommé Gabriel est cultivateur, né au quartier du Gabin, propriétaire suivant l’Etat-civil. Gabriel Rieu père épouse Rose Thérèse Marie Menu le 27 avril 1881 à Caderousse. Gabriel comme Rose ne sont pas à proprement parler de jeunes époux puisque respectivement âgés de 38 et 36 ans le jour de leur union. Certainement  trop de travail pour Gabriel qui mène seul les terres de son père Jean, décédé en 1870. Les époux vont s’installer au Gabin.

Des enfants vont venir enrichir la famille de Gabriel et Rose. Gabriel fils est donc le premier enfant du couple, né trois ans après les noces, suivi en 1886 d’une fille prénommée… Gabrielle (Thérèse Jeanne) pour ne pas être trop original. Voici ce que raconte le recensement de 1886, quartier de Rabaisse, une autre appellation du Gabin certainement. Près du petit Rhône, il devait baigner souvent.

La mère de Gabriel père est toujours là. Les deux enfants Marius Gabriel et Thérèse Gabrielle -l’agent recenseur n’ayant pas osé écrire trois fois Gabriel- sont bien inscrits et deux jeunes hommes, Roche Louis et Gabriel aident le père dans le travail quotidien aux champs.

Quelques années plus tard, un petit Julien Louis Parfait vient compléter la fratrie, né en 1891. Petit dernier mais petit tout simplement, par la taille puisque l’Armée en 1901 le toisera à 1,55 mètre. Deux centimètres de moins que son « grand » frère Gabriel.

En 1896, l’agent recenseur se prend un peu les pieds dans le tapis en inventant une fille aînée Marie en lieu et place de Gabrielle et en inversant les âges. Un seul domestique aide le père dans son entreprise, un certain Paul Guissan qui gagne ainsi quelques sous en attendant d’être appelé sous les drapeaux.

Le 10 octobre 1905, Gabriel rejoint le 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon. Il y restera deux ans, libéré le 28 octobre 1907. Il est devenu Première Classe et a obtenu un Certificat de Bonne Conduite.

Il retourne à la grange, chemin d’Orange pour aider ses parents. On retrouve toute la famille en 1911, dernier recensement avant la guerre.

Une seule petite erreur dans l’année de naissance de Julien, 1892 au lieu de 1891 ! Pour le reste, tout va bien. Plus besoin de domestiques à la ferme puisque les enfants sont en âge de travailler. Par contre, la grand-mère Marie-Rose Bouschier a quitté ce monde. Ainsi va la vie…

Le 04 août 1914, Gabriel est rappelé sous les drapeaux. Il rejoint le régiment réserve du 58ème, le 258ème R.I. dont on a déjà tristement parlé. Oui, Gabriel va être le septième Caderoussien à perdre la vie dans la seconde quinzaine de septembre 1914 dans le secteur de Saint-Mihiel !

Après Louis Pécoul mort le 16 septembre, Paul Julien tué le 20, Justin Miaille le 26, Eugène Cambe disparu entre le 20 et le 27, c’est au tour de Gabriel Rieu de ne donner plus aucun signe de vie à partir du 27 septembre. Maurice Millet et Henri Lazard connaîtront le même sort, respectivement les 28 septembre et 04 octobre 1914 pour clore cette énumération funeste.

Le 27 septembre 1914, Gabriel Rieu était âgé de 29 ans et 11 mois. Son corps fut retrouvé par la suite et il repose désormais à la Nécropole Nationale « Vaux-Racine » de Saint-Mihiel.

Quant à son frère, un temps éloigné du front de part sa petite taille, il fut versé au 6ème Régiment d’Artillerie Lourde d’Orange pour y faire toutes les campagnes, de Verdun au Chemin des Dames et à Craonne, à la dernière offensive de Champagne en 1918. Mais lui eut la chance de retourner vivre auprès des siens, en 1919.

 

La fiche matricule de Gabriel Joseph Marius Rieu de Mémoire des Hommes.

Gabriel Joseph Marius Rieu, matricule 156 de la classe 1904, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Rieu est encore assez présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Gabriel Joseph Marius son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Antoine Ripert.

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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Louis Edouard PÉCOUL.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-quatorzième nom de la liste: Louis Edouard PÉCOUL.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

L’aîné des Pécoul, Louis Edouard, fils de Louis Gonzague va aussi connaître lui aussi un destin expéditif pendant la Grande Guerre. Né le 09 décembre 1882, il est déjà âgé de 31 ans et 8 mois quand débute la guerre. Comme on peut le lire sur cet extrait du recensement, il vit encore au foyer de son père et sa belle-mère en 1911.

On peut penser qu’il sera de même trois ans plus tard.

Louis avait fait son armée au 58ème R.I. d’Avignon au début du XXème siècle, c’est forcément le 258ème R.I. qu’il doit rejoindre au moment de la mobilisation générale. C’est ce qu’il fera comme quasiment tous les hommes dans son cas.

Pour ceux qui lisent ces biographies régulièrement, sa présence au 258ème R.I. n’est pas bon signe pour Louis car cela signifie qu’il va se retrouver dans le secteur de Saint-Mihiel dans la seconde moitié du mois de septembre. Oui, Louis  est le sixième Poilu caderoussier tué dans ce secteur entre le 20 septembre et début octobre, dans ce régiment de vétérans vauclusiens. Des soldats du Midi que les gouvernants et l’Etat-Major militaire mettaient en avant en les présentant comme les responsables des revers militaires. Les soldats du Sud étaient considérés comme plus froussards que ceux du Nord et responsables des revers. De la pure invention bien entendu mais il fallait trouver des boucs émissaires pour se dédouaner de stratégies complètement dépassées.

Face à l’attaque allemande, tous les Français, les Sudistes comme les Nordistes, reculaient et essaimaient morts, blessés et disparus tout au long de cette sanglante retraite qui permit aux Allemands de créer ce qu’on a désigné par la suite comme étant le saillant de Saint-Mihiel.

Après Eugène Cambe disparu entre le 20 et 27 septembre près de Saint-Mihiel, après Paul Julien tué le 20 septembre près de Saint-Mihiel, après Henri Lazard mort dans un hôpital bavarois le 04 octobre après avoir été ramassé blessé sur le champ de bataille vers Saint-Mihiel et soigné en vain par les Allemands, après Justin Miaille disparu le 26 septembre près de Saint-Mihiel, après Maurice Millet mort dans un hôpital orangeois le 28 septembre après avoir été ramassé blessé sur le champ de bataille près de Saint-Mihiel mais par des Français lui, Louis Pécoul disparaissait fin septembre 1914 sans laisser de traces.

Les restes de son corps allaient être retrouvés le 21 novembre 1918 à Chauvoncourt pour être rapatriés dans son village natal. Le tribunal d’Orange allait fixer la date de son décès au 26 septembre 1914. Il avait alors 31 ans et 10 mois.

La fiche matricule de Louis Edouard Pécoul de Mémoire des Hommes.

Louis Edouard Pécoul, matricule 602 de la classe 1902, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Pécoul est encore bien présent sur Caderousse et Orange. Si quelqu’un reconnaît en Louis Edouard un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Gabriel Marius Pecoul (partie militaire).

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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Maurice MILLET.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-sixième nom de la liste: Maurice Marie Joseph MILLET.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Maurice Millet ressemble beaucoup dans son vie à Félix Millet dont on vient de parler. Maurice Millet est né à Orange le 10 mars 1882 d’un père caderoussier Louis Joseph Millet né en 1849 et d’une mère née à Mornas, portant également le patronyme Millet, Emilie Marie. née en 1852. Les parents se sont unis à Caderousse le 17 janvier 1872 et rapidement, deux garçons vont arriver dans le foyer: Gabriel Hippolyte le 12 septembre 1872, tout juste neuf mois après les noces puis Gratien Auguste le 10 décembre 1873. Par la suite, le couple semble avoir quitté Caderousse.

On retrouve donc la famille Millet à Orange pour la naissance de Maurice en 1882. Elle apparaît sur la liste du recensement de 1881, quartier des Pradines…

…avec un Louis et un Hypolite âgés respectivement de 8 et 9 ans. Si pour Hippolyte avec une orthographe plus conventionnelle, on comprend de qui il s’agit, qui est ce Louis né en principe en 1873 ? Certainement, le nom usuel donné dans son cercle familial à Gratien Auguste pour on ne sait quelle histoire ?

Ce document nous confirme que le couple des Millet n’a plus eu d’enfant jusqu’en 1882 et Maurice Marie Joseph, le futur Poilu de Caderousse, en tout état, d’enfant ayant vécu quelques années.

Le 16 novembre 1904, Maurice va donc faire son service militaire en étant incorporé au 58ème R.I. d’Avignon. Il sera rendu à la vie civile le 18 septembre 1906.

Autre ressemblance avec Félix Millet, il va boucler sa jeunesse en retournant à Caderousse pour y épouser une fille du village, Marie Rose Gabrielle Millet le 10 avril 1913 et en reproduisant le mariage de ses parents avec les deux époux portant le même patronyme.

A-t-il eu le temps de fonder une famille ? Rien de moins sûr car seize mois après les épousailles, l’Armée le rappelait au 258ème R.I. qu’il rejoignait le 11 août 1914.
La suite de l’histoire allait être brève puisque Maurice allait décéder le 28 septembre 1914 à l’hôpital mixte d’Orange où il avait été évacué suite aux blessures reçues au front. Une histoire que l’on a déjà raconté en quatre occasions puisque Maurice est le cinquième Caderoussier tué aux combats dans le secteur de Saint-Mihiel, fin septembre-début octobre 1914.

Justin Miaille et Eugène Cambe sont disparus le 26 et 27 septembre, Paul Julien y a été tué le 20, Henri Lazard est mort en Bavière le 04 octobre suite à une blessure reçue à Saint-Mihiel. C’est finalement le destin de ce dernier qui ressemble le plus à celui de Maurice Millet, décédé presque chez lui des blessures reçues dans la Meuse. Le 28 septembre 1914, il était âgé de 32 ans et 6 mois.

 

La fiche matricule de Maurice Marie Joseph Millet de Mémoire des Hommes.

Maurice Marie Joseph Millet, matricule 640 de la classe 1902, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Millet est assez répandu en Vaucluse. Si quelqu’un reconnaît en Félix Marius un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Paul Joseph Marie Millet.

 

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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Justin MIAILLE.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-quatrième nom de la liste: Justin Paul MIAILLE.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Justin Paul Miaille est né à Caderousse le 10 septembre 1886. C’est le fils de deux enfants de Caderousse, Paul Justin Miaille né au village en 1861 et d’Amélie (sur l’acte de naissance) ou plutôt Emilie (sur tous les autres documents) Mansi née en 1864. Ils se sont unis le 13 juin 1885 et Justin est arrivé quelques mois après, rue Saint-Michel.

Le père est ouvrier baletier dans sa jeunesse et jusqu’en 1890 puis il monte dans l’échelle sociale en devenant économe de l’hospice en 1892 où il va obtenir un logement de fonction. C’est là que l’on retrouve la famille en 1901.

La famille Miaille au recensement de 1901.

On constate que Justin n’est plus au foyer mais on le retrouve quelques pages plus loin domestique chez un paysan, Noël Raymond. Son père devait souhaiter qu’il passe à la partie pratique des apprentissages après une partie scolaire pas complètement bien maîtrisée pour Justin !

Justin Miaille au recensement de 1901.

La fratrie des enfants Miaille.

Cinq enfants sont arrivés au foyer Miaille-Mansi et tous vivront jusqu’à l’âge adulte ce qui n’était pas une évidence à l’époque. Justin est donc l’aîné. Deux ans plus tard est née Marie Emilia (la juste combinaison entre Amélie et Emilie !) qui vivra jusqu’en 1970. Suivrons deux garçons Marius Gabriel de 1890 et Joseph Victor de 1892. On évoquera plus loin leurs parcours militaires diamétralement opposés qui impacteront leurs vies privées. Enfin, petite dernière, Joséphine Victorine née en 1896 qui connaîtra aussi les années 70 du XXème siècle.

Du 7 octobre 1907 au 25 septembre 1909, Justin aura le plaisir de découvrir Besançon et le 60ème Régiment d’Infanterie.  Deux ans de classes puis un retour à Caderousse pour s’installer… à l’hospice chez ses parents. C’est ce que nous apprend le recensement de 1911.

La famille Miaille au recensement de 1911.

Justin va être rappelé par la France à l’armée le 4 août 1914. Il va se retrouver au 258ème Régiment d’Infanterie, la réserve du 58ème R.I. d’Avignon. La suite de l’histoire va être très rapide puisque Justin disparaîtra le 26 septembre 1914, moins de deux mois après son rappel ! Le destin de Justin est en tout point similaire à celui d’autres Caderoussier incorporés au 258ème R.I.: Eugène Cambe disparu entre le 20-27 septembre 1914 à Saint-Mihiel, Paul Julien tué le 20 septembre à Vigneulles-lès-Hattonchatel à deux pas de Saint-Mihiel et Henri Lazard, mort en captivité à Grafenwöhr le 04 octobre 1914 après avoir été gravement blessé vers Saint-Mihiel le 26 septembre.

L’avancée allemande dans ce secteur de la Meuse bouscule les troupes françaises qui doivent refluer en laissant beaucoup de morts, blessés et disparus sur le terrain. Ainsi sera créé pour quatre ans le saillant de Saint-Mihiel sur lequel les tentatives françaises pour le gommer seront vaines. Quatre Caderoussiers en l’état de nos recherches y ont perdu la vie. Justin Paul Miaille, disparu le 26 septembre à Saint-Mihiel, avait alors un peu plus de 28 ans.

La fiche matricule de Justin Paul Miaille de Mémoire des Hommes.

Justin Paul Miaille, matricule 317 de la classe 1906, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Certes le patronyme Miaille n’est guère usité en Vaucluse. Mais si quelqu’un reconnaît en Justin Paul un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Félix Marius Millet.

Quelques mots sur les parcours diamétralement opposés de Marius et Joseph Miaille.

Marius Gabriel Miaille (matricule 1489 classe 1910- Avignon) sera réformé en 1911 à cause d’un pied bot. A la guerre, il n’ira pas mais sera affecté à la 15ème section d’infirmiers militaires à Marseille- Sainte-Marguerite. Il trouvera l’amour en la personne de Joséphine Guglieri qu’il épousera à Marseille le 10 septembre 1918.

A l’inverse, Joseph Victor Miaille (matricule 758 classe 1912- Avignon) fera des armes son métier. Engagé volontaire et devançant l’appel en 1910, il sera promu sous-lieutenant dans les tranchées. Blessé en trois occasions et cité de nombreuses fois, il se verra élevé au grade de Chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur. Promu capitaine, il continuera sa carrière militaire à Dijon dans les Dragons et il épousera une fille du cru, Juliette Joséphine Massoz. Encore actif en 1940, il sera blessé le 18 mai lors de l’offensive allemande.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Paul JULIEN.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquante-troisième nom de la liste: Paul Louis JULIEN.

La seconde face du monument.

La partie la plus abracadabrante du parcours de Paul Julien aura été celle qui suivi sa disparition le 20 septembre 1914 sur un champ de bataille dans le secteur de Saint-Mihiel, plus précisément sur le territoire de la commune de Vigneulles-lès-Hattonchâtel.

Le 258ème Régiment d’Infanterie était parti le 8 août d’Avignon. 37 officiers, 130 sous-officiers, 1 647 caporaux et soldats, 150 chevaux et mulets et 15 voitures avaient embarqué à Pont d’Avignon et avaient subi le baptême du feu le 25 août 1914 à Buzy dans la Meuse. De marches forcées en accrochages meurtriers, le 258ème RI se trouvait à l’est de Saint-Mihiel à la mi-septembre 14, dans des tranchées creusées pour essayer de contenir l’avancée des troupes allemandes. Lors d’une violente attaque, Paul Julien fut porté disparu, le 20 septembre 1914. Il avait alors 32 ans et 9 mois.

Dans le Journal de Marche du 258ème, l’attaque allemande du 20 septembre 1914.

C’est à ce moment que Clochemerle s’invite à la destinée posthume de Paul Julien et surtout à celle des siens. Clochemerle ou plutôt un certain Voltaire Henry Litot, un Caderoussier de cinq ans son cadet. Le registre matricule de ce dernier est long comme un jour sans fin tant ce Voltaire, bien peu philosophe, a été condamné une infinité de fois par les tribunaux de la région, que ce soit celui d’Orange, celui de Nîmes, celui d’Uzès et j’en passe… Des faits mineurs comme toutes ses condamnations pour braconnage,  chasse en dehors des périodes légales… mais aussi des faits plus graves vol, d’agression, évasion de la prison… Même s’il bénéficia en plusieurs occasions d’amnisties présidentielles, il n’en demeure pas moins que ce Voltaire était un sacré  personnage qu’il ne valait mieux pas croiser.

Et son rapport avec Paul Julien et les ennuis posthumes de ce dernier ? Voltaire devait avoir eu vent de la disparition de son compatriote et usurpa tout simplement son identité, question de se refaire une virginité relative. Si bien que quand Paul-Voltaire fut arrêté par la Gendarmerie le 17 juin 1920, le statut de Paul passa d’officiellement décédé comme l’avait prononcé le tribunal d’Orange en 1918, à celui de déserteur puisqu’on venait miraculeusement de le retrouver. Bien entendu, le prisonnier Paul-Voltaire s’évada de la prison militaire du 58ème RI d’Avignon le 04 juillet 1920. Vous l’avez compris, on n’avait pas affaire à Paul Julien mais à son alias Voltaire Litot.

Quand l’autorité militaire s’aperçut de la supercherie et de son erreur, elle réhabilita Paul Julien le 11 janvier 1922 dans son statut de disparu, ce que confirma le tribunal d’Orange le 02 mars 1924 en officialisant à nouveau son décès.

Incroyable ! Quid de la pension que percevait sa veuve entre juin 1906 et mars 1924 ?

Car Paul Julien s’était mariée à Caderousse le 10 novembre 1906. Il avait épousé une fille descendue des Hautes-Alpes pour la vallée du Rhône, Marie Marguerite Faraud, née à Sainte-Marie le 09 octobre 1887. Chose rare, il semblerait qu’ils n’aient pas eu d’enfant.

A cette époque, Paul exerçait la profession de cochet, ayant en quelque sorte pris la succession de son père, Jean Eugène Julien qui était charretier. Jean Eugène et son épouse, Marie Marguerite Chicornard s’étaient mariés en 1872 et avait eu cinq enfants. A la maison de la rue Neuve, derrière les digues, aux côtés des parents, vivaient donc…

Extrait du recensement de 1896. A cette époque, Jullien prenait 2 L.

Eugène l’aîné né en 1873, Marie-Laure née en 1875 mais qui décéda à l’âge de 13 mois, Marie Eugénie née en 1878, Paul Henri le futur Poilu né le 21 décembre 1881 et Marie Marguerite venue au monde en 1885.

Pour terminer cette biographie inversée, on peut ajouter que Paul fit son service militaire au 40ème Régiment d’Infanterie d’Alès dans le Gard de novembre 1902 à septembre 1905. Trois ans sous les drapeaux. Son second séjour militaire en 1914 fut beaucoup plus court.

La fiche matricule de Paul Louis Julien de Mémoire des Hommes.

Paul Louis Julien, matricule 326 de la classe 1901, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Julien semble être très présent en Vaucluse, si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Louis Lassiat.

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108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… Marius CHICORNARD.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-et-unième nom de la liste: Chicornard Marius Denis.

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Première face du Monument.

Et dernier nom de cette première face, écrit juste derrière la palme de 1938… qui a disparu à Ancône lors du déménagement de la Mairie ! Marius est venu au monde le 23 juillet 1892 à Caderousse. C’était le second enfant du couple de Jean-Maurice Désiré Chicornard et Marie Joséphine Capdeville. Comme on pouvait s’en douter, l’aîné avait été prénommé Maurice comme son père.

Les parents étaient tous les deux des enfants de Caderousse. Le mariage avait eu lieu le 27 novembre 1889 et Maurice était arrivé le 08 août 1890. La famille était installée rue neuve, non loin de l’église Saint-Michel. Le père était ouvrier dans la fabrique de balais de Paul Roche. Il semblerait d’ailleurs qu’en 1911, toute la famille était employée dans cet atelier.

Au moment de son incorporation le 09 octobre 1913, Marius semblait avoir professionnellement obliqué dans une autre direction puisque l’armée lui donne le métier de coiffeur. Une autre manière de faire des tresses ! Quant à son frère Maurice qui survivra à la Grande Guerre, on en reparlera plus loin, il deviendra matelassier en 1925 puis fondera sa propre entreprise de fabrication de balais en 1937 avant de passer quelques mois à la Poudrerie de Sorgues au moment de la Drôle de Guerre.

Marius faisait donc partie de ces hommes qui se retrouvèrent les premiers sur le front face à des Allemands décidés en août 1914 car il était sous les drapeaux depuis le 09 octobre 1913 comme on l’a déjà dit. Ces classes 12, 13, 14 en questions furent décimées par une guerre à laquelle personne n’était préparé. Il servait dans l’infanterie au 3ème Régiment en caserne à Hyères.

Reversé au 203ème R.I., réserve du 3ème R.I., il était sur le front de la Meuse au début de septembre 1914. Il se trouvait à Issoncourt quand une attaque allemande tomba sur sa compagnie, le 10 septembre 1914. Longtemps, l’Armée ne sut pas trop ce qu’il advint à ce groupe d’hommes et leurs chefs. Sur le Journal de Marche de cette unité, on peut lire cette incertitude sur le sort…

…des 50 hommes concernés par cette attaque: tous massacrés ou prisonniers.

Une semaine plus tard, le 17 septembre, on croit avoir la solution.

On a cru voir le capitaine Pichon et le lieutenant Faure emmenés au milieu d’autres prisonniers… ! Il faudra attendre la fin de la guerre pour comprendre que Marius et ses camarades ne reviendraient pas d’Allemagne et que la première hypothèse, le massacre de la section, était la bonne. Le tribunal d’Orange du 09 mai 1920 fixa la date du décès de Marius Chicornard au 10 septembre 1914, disparu à Issoncourt, hameau du village des Trois-Domaines situé entre Verdun et Saint-Mihiel, à l’ouest du front stabilisé de 1915.

On ne sait si les siens le surent avant mais l’absence de toutes nouvelles à partir du 10 septembre 1914 ne devait guère les  pousser à l’optimisme. Surtout qu’à cette angoisse pour Marius se mêlait celle pour Maurice, le fils aîné sur le front depuis son rappel en août 1914. Le soldat musicien de 1911 à 1913 pendant son service militaire était devenu un soldat combattant. Il fut blessé d’une balle allemande dans le mollet droit le 20 avril 1917, blessure qui le laissa sur le flanc pendant un an et lui laissa des séquelles recevables à une pension d’invalidité de 10%. Maurice avait reçu auparavant deux citations en octobre 1915 pour une attaque héroïque sur une tranchée allemande puis la mise ne déroute d’une patrouille allemande venue espionner les Français dans le no-man’s-land.

Les médailles de Maurice ne durent guère consoler Jean-Maurice et Marie-Joséphine de la disparition de leur Marius à l’âge de 22 ans et 48 jours.

La fiche de Marius Chicornard de Mémoire des Hommes

Marius Chicornard, matricule 726 classe 1912, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule (succincte) sur le site des Archives du Vaucluse. Si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre (malgré que le patronyme Chicornard ne semble plus guère être présent dans la région), qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette courte biographie.

A suivre: Ernest Chirot.

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