Archives de Catégorie: CARTES POSTALES

La CRUE du RHÔNE de 1935 en AVIGNON (9/9)

Un lot de neuf cartes postales semi-modernes trouvé sur delcampe montrant des quartiers d’Avignon sous les eaux du Rhône lors de la crue de novembre 1935.

En Avignon, même la rue de la République est couverte d’eau.

Quelques dizaines de centimètres mais tout de même assez pour que les hommes du Génie fabriquent à gauche une passerelle pour permettre aux piétons de rester les pieds au sec. L’autobus peut circuler en direction de la place de l’Horloge, plus haute qui doit être à sec. On constate d’ailleurs l’absence d’eau, au loin.
Cette ambiance irrationnelle permet à certains jeunes d’oser s’accrocher au bus, chose qu’ils ne devaient pas se permettre en temps normal.

A la vue de la photographie actuelle de Google Maps, on constate que Monoprix n’a pas changé d’emplacement et les Dames de France accueille maintenant des enseignes de prêt-à-porter plus modernes, Jennifer et H&M.

L’inondation en Avignon dura donc 11 jours du 11 au 22 novembre 1935. Mais après le 22, les déboires des riverains du Rhône n’étaient pas pour autant terminés. Car l’hiver 35-36 fut comme on disait alors dans cette région, un « an de Rose », une année de Rhône !

Un phénomène océanique eut tout d’abord lieu au début du mois de décembre avec une montée des eaux due aux affluents du nord de la vallée.
Puis les fêtes de fin d’année furent humides avec une crue de Noël commencée le 23 décembre et un nouvel épisode pour le Jour de l’An qui s’acheva le 16 janvier.

Et cela continua au premier semestre 1936 avec des coups de Rhône les 18 ,20 et 25 février, le 26 mars, les 10 et 17 avril.

Même si les eaux ne montèrent plus dans Avignon, les campagnes furent fortement impactées et les paysans durent prendre du retard dans leurs travaux, les champs étant impossibles d’accès pendant toute cette période. Mais l’odeur de la vase humide du Rhône si caractéristique devait être présente dans toutes les narines des riverains.

Un vrai « an de Rose » !

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La CRUE du RHÔNE de 1935 en AVIGNON (8/9)

Un lot de neuf cartes postales semi-modernes trouvé sur delcampe montrant des quartiers d’Avignon sous les eaux du Rhône lors de la crue de novembre 1935.

Un autre phénomène mécanique va accentuer la crue en amont du confluent du Rhône et de la Durance. En effet, les masses d’eau boueuses charriées par la Durance, arrivant des Alpes suite aux épisodes météorologiques 2 et 3 dont nous avons parlé précédemment, vinrent obstruer le cours du fleuve et firent en quelque sorte barrage. Les eaux du Rhône ainsi bloquées se mirent à monter bien plus qu’elles n’auraient dû le faire et ce phénomène accentua une crue déjà exceptionnelle.

La décrue arriva quelques jours après mais de nouveaux épisodes pluvieux firent à nouveau monter le niveau du fleuve. Les spécialistes comparent cette inondation de 1935 à celle de 1840 qui, elle, dura presque trois semaines (du 31 octobre au 21 novembre), avec des épisodes de décrue puis de nouvelle montée des eaux dans un même phénomène global en lui même exceptionnel. Autre point commun, cette crue de 1840 est aussi une crue d’automne qui arriva suite à un automne très pluvieux.

En Avignon, la rue des Lices est couverte d’eau mais les trottoirs sont toutefois praticables pour des piétons.

En y regardant de plus près, il semblerait que cette photo ait été prise non pas dans la rue des Lices mais dans la rue Henri-Fabre, quelques dizaines de mètres après celle-ci présentée à l’épisode 7/9:

On constate d’ailleurs la présence du même panneau publicitaire des meubles Genin au fond de la CPSM de la rue Henri-Fabre, au-dessus de la barque centrale. Les grilles de droite sont donc celles du square Agricol Perdiguier et l’eau semble avoir décru entre les deux images.

Sur cette vue actuelle on constate que le panneau publicitaire des meubles Genin a laissé son empreinte sur le mur du bâtiment, en face du cinéma le Paris.

 

 

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La RETIRADA en CARTES POSTALES: ENTRE LA PRESTE ET PRATS-DE-MOLLO 13/18

Treizième carte de l’album-souvenir de la Retirada: ENTRE LA PRESTE ET PRATS-DE-MOLLO- Halte sur la route (Entre La Preste y Prats-de-Mollo- Descanso en la carretera)

Retour en arrière sur un des chemins de la Retirada, cette route entre l’Espagne et la France qui monte jusqu’à 1 500 mètres d’altitude pour franchir la frontière avant de redescendre sur la plaine du Roussillon en passant par Prats-de-Mollo.

Quoique, si les réfugiés sont effectivement entre La Preste, la station thermale et le village de Prats-de-Mollo, ils ont emprunté des sentiers beaucoup plus longs et montant plus haut dans les Pyrénées.

Les Miliciens ont encore leurs armes puisqu’ils les ont montées en faisceaux. Cela signifie qu’ils n’ont pas encore rencontré des gendarmes français. Ils représentent la majorité des hommes prenant une pose au bord du chemin. Il s’agit certainement de militaires de l’armée régulière espagnole car ils portent aux pieds des souliers de qualité.

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La RETIRADA en CARTES POSTALES: LA VIANDE 12/18

Douzième carte de l’album-souvenir: Camp d’Argelès- Quartiers de viande qui vont servir à l’alimentation des Réfugiés (Campo de Argelès- Pédalos de carne que van a servir al aliments de los refugiados).

Le titre se suffit à lui-même. La viande était fournie en assez bonne condition mais le nombre de réfugiés était si important que ceux-ci vivaient de privation continue. Les bouchers venaient du camp et pouvaient être considérés comme des privilégiés parmi les détenus. Même des gars n’ayant jamais touché un couteau de boucher se portaient volontaires mais l’épreuve de la découpe laissait tomber le voile. Cela était vrai pour toutes les demandes d’emploi que lançait l’administration française.

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La RETIRADA en CARTES POSTALES: LE PAIN 11/18

Onzième carte de l’album: ARGELÈS- Les camions de pain destinés aux Réfugiés (les camiones de pan destinados a los Refugiados).

Dans l’avenue longeant la plage et menant à rentrée du camp d’Argelès, un nombre impressionnant de camions militaires attendent pour livrer leurs cargaisons de pains avec les bennes remplies. Cette seule vue permet de comprendre l’ampleur du mouvement migratoire que fut la Retirada. Le pain était souvent le seul aliment que recevaient les internés. Si bien qu’un véritable marché parallèle se mit en place pour permettre aux réfugiés d’améliorer leur ordinaire. Parfois toléré, parfois interdit en fonction de l’humeur du commandant et des autorités et des incidents qui fatalement se produisaient. Surtout que les billets qu’avaient en poche les réfugiés étaient ceux de la République Espagnole et qu’ils étaient considérablement dévalués après la défaite militaire.

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La RETIRADA en CARTES POSTALES: CAMP DU BARCARÈS 10/18

Dixième carte de l’album: Camp du Barcarès (campo de Barcarès).

On l’avait déjà vu avant l’installation des baraquements par l’administration française. Quelques semaines plus tard, des cabanes en bois ont été construites, bien souvent par les réfugiés eux-mêmes. Cela offre un confort sommaire aux internés même si souvent, il faut aller faire ses besoins dans le sable ou dans la mer.

Il semblerait que les hommes (on l’a déjà dit, la mixité avait été proscrite dans les camps, même pour les couples et les enfants restaient auprès de leurs mères) soient occupés dans des tâches domestiques comme préparer les repas en fonction de leurs qualifications antérieures. Les bouchers, les boulangers, les cuisiniers étaient sûrs de connaître un régime de faveur particulier plus que les enseignants ou les maçons. On le verra dans les articles suivants.

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La RETIRADA en CARTES POSTALES: PORT-VENDRES 9/18

Neuvième carte de l’album-souvenir: Port-Vendres- L’ASNI et le MARÉCHAL LYAUTEY bateaux hôpitaux (L’ASNI y el MARÉCHAL LYAUTEY barcos hospitales)

Port-Vendres, un port commercial et un port de pêche de la côte Vermeille. Pendant la Retirada, elle devint un port sanitaire pour venir en aide aux blessés et aux malades de la fin de la guerre d’Espagne. Deux navires commerciaux, l’ASNI et le MARÉCHAL LOYAUTE, des paquebots vont être transformés un temps en hôpitaux de campagne flottants.

Avant février 1939, seuls les blessés étaient accueillis par la France. A partir du moment que tous les postes-frontières furent ouverts, le 6 février pour le dernier, tous les candidats à l’exil purent passer. Officiellement on dénombra 453 000  réfugies dont 270 000 militaires, 170 000 civils et 13 000 malades et blessés sans compter ceux qui passèrent entre les mailles du filet des autorités françaises, ce qui permet d’arriver au chiffre des 500 000 réfugiés que les historiens ont retenu.

La République mit en place un système de santé, officiellement pour préserver les autochtones des microbes venus de l’extérieur. Tous les hôpitaux de la région furent sollicités ainsi que ceux des régions voisines. Le 8 février le ministre de la Marine réquisitionna quatre paquebots pour en faire des hôpitaux de campagne, l’ASNI et le Maréchal-Lyautey de Port-Vendres et le Patria et la Providence de Marseille.

Ils eurent leur utilité dans l’organisation sanitaire français.

 

 

 

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