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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Jean GROMELLE.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-huitième nom de la liste: Jean Constantin GROMELLE.

La seconde face du monument.

Deux Ferragut inscrits sur le monument aux morts de Caderousse sans lien de parenté proche, deux Gromelle à la suite qui ne sont pas parents eux-aussi. Jean Constantin Gromelle est le premier de la liste et le plus jeune. Il est né le 21 mai 1884 à Caderousse où ses parents viennent de s’installer peu de temps auparavant après avoir vécu à Orange. Son père François est d’ailleurs originaire du chef-lieu du canton où son nom est orthographié Groumelle. C’est en arrivant à Caderousse qu’il perdra son U. Il a pris pour épouse une fille de Caderousse, Rose Anaïs Barre de quatre ans sa cadette. Ils se sont mariés à Orange le 27 novembre 1867 alors qu’ils étaient majeurs et âgés respectivement de 27 et 23 ans.

François et Anaïs, çar c’est ce prénom qui semble désigner la mère de Jean Constantin, sont un couple de paysans vivant quartier de Meyne à Orange. Quatre enfants vont naître, quatre filles… Rose Françoise en 1870, Léonine Rose en 1872, Marie Marthe en 1875 et Marie Antoinette en 1879, toutes des Orangeoises. C’est donc l’air de Caderousse et plus particulièrement celui du quartier du Brout qui offrira un héritier mâle au couple de François et Anaïs: Jean Constantin que la France leur prendra trente ans plus tard.

Jean Constantin va faire son service militaire au 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon du 10 octobre 1905 au 22 septembre 1907. Il vit toujours chez ses parents à cette époque comme en atteste le recensement de 1906.

Extrait du recensement de 1906.

Au retour de l’armée, il va se marier avec une fille de Caderousse, Marie Valentine Bouchet, une couturière née en 1890. Le jour des noces, le 22 janvier 1910, Valentine n’a pas encore 20 ans.

Extrait du recensement de 1911.

Le couple s’installe tout près des parents de Jean, quartier du Brout. Auront-ils des enfants ? Peut-être en 1913 ou début 1914 ? Car dès le 3 août 1914, l’armée va le rappeler. En juin 1915, il va compléter les effectifs du 55ème Régiment d’Infanterie décimé par les combats. La troupe va prendre position du côté de Berry-au-Bac, à Pontavert, près de Craonne qui deviendra célèbre deux ans plus tard. Nous sommes en septembre 1915. Le régiment doit renforcer le système défensif français dans le secteur du Bois de Beau Marais, mis à mal par les bombardements et les mines. Le travail ne peut se faire que de nuit pour échapper aux tireurs allemands et aux bombardements incessants des deux camps. Sur le Journal de Marche de l’unité…

on peut lire que la situation est relativement calme. Cela n’empêche pas les hommes de tomber quand la malchance leur tombe dessus. C’est le cas de Jean Constantin Gromelle, tué à l’ennemi le 23 septembre 1915 au Bois de Beau Marais à Pontavert.

Il avait 31 ans et 4 mois. Il repose depuis dans la Nécropole Nationale de Pontavert dans l’Aisne, tombe individuelle 3928.

 

Le rédacteur du Journal de Marche du 55ème R.I. a agrémenté son propos de photos qu’il devait prendre et developper sur place. En voici une prise dans ce secteur quelques jours avant le 23 septembre. Paysage dévasté.

La fiche matricule de Jean Constantin Gromelle de Mémoire des Hommes.

Jean Constantin Gromelle, matricule 184 classe 1904, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Gromelle est toujours vivant à Caderousse et près d’Orange. Si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Joseph Gromelle.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Henri DURAND.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-Cinquième nom de la liste: Henri Célestin Durand.

La seconde face du monument.

Henri Célestin Duand est l’un des morts les plus âgés pour la France de Caderousse et du Vaucluse. Certes il était un tout petit peu plus jeune que mon arrière-grand-père mais il n’était plus un gamin depuis longtemps quand la guerre éclata.

Célestin plutôt qu’Henri sur les listes nominatives de la commune, est né le 30 avril 1873. C’était le septième enfant du couple Henri Durand- Françoise Bernard. Ces derniers s’étaient unis au village le 30 septembre 1857. Lui venait de Langogne en Lozère et était descendu de sa montagne dans la riche vallée du Rhône qui offrait plus de travail que sa terre natale pour les familles nombreuses des paysans cévenols. A Caderousse, il vendait des fruits et légumes; « revendeur » pour l’agent recenseur.

Françoise Bernard était la fille d’un vannier et d’une demoiselle Berbiguier. Elle avait deux ans de moins que son époux et allait passer sa vie de femme à enfanter des gamins. Entre 1857 date de leur mariage et 1887, date du décès prématuré de Françoise, le couple allait avoir neuf enfants.

La famille presque au complet sur ce recensement de 1876.

Comme on le voit ci-dessus, seuls six enfants allaient survivre: Françoise née en 1858 et Jeanne Rose en 1860 avaient déjà quitté la maison en 1876. Rose née en 1860, Anselme l’aîné des garçons né en 1867, Thérèse en 1870 et Henri Célestin en petit dernier complètent la fratrie. Une première Thérèse n’avait vécu que 14 mois en 1865-66 et deux petits frères de Célestin: David Auguste et Alfred Etienne n’avaient vivre respectivement que six et vingt-un mois en 1876 et 1877-79. Terrible mortalité infantile !

La famille vivait derrière les digues qu’elle avait vu construire, rue Juteriez (plutôt Juiverie) au moment du recensement de 1876 mais avait déménagé auparavant dans le village de nombreuses fois: rue Monsieur puis rue Vénasque puis  grande rue puis  impasse Pied-Gaillard et enfin rue Juterie… comme on peut la suivre au gré des actes des recensements et des naissances.

Anselme avait fait sa période militaire de trois ans à Nice de 1888 à 1891. Henri allait s’arrêter un peu plus près, à Marseille, de 1894 à 1895, au 3ème Régiment d’Infanterie. L’armée l’avait envoyé en stage au 15ème Escadron du Train des Equipages pendant 40 jours. Dommage que cette expérience n’ait pas été concluante pour Henri car son destin aurait pu être modifié.

De retour de l’armée, Henri loue ses bras en devenant homme à tout faire, domestique, chez un patron, ici en 1901, chez François Bastides, un paysan.

Le recensement de 1901.

A l’âge de 29 ans, Henri va prendre pour épouse une jeune fille de Blauvac*, Erminie Louise Caritoux**, de huit ans sa cadette. Le mariage sera célébré à Caderousse le 28 juin 1902. Quelques mois plus tard, une petite Rose éclora le 30 janvier 1904 suivie d’un petit Gabriel un an plus tard, le 29 juillet. Ce seront les deux seuls enfants du couple.

Ces enfants voient partir leur père le 03 août 1914 pour la guerre. Il a alors un peu plus de 40 ans et eux 10 ans. Ce sera un épisode qu’ils n’oublieront pas. Comme pour mon arrière-grand-père, dans un premier temps, c’est en Territoriale qu’on retrouve Henri, ce qui signifie qu’il est éloigné du front momentanément. Mais la grande saignée du début du guerre oblige la hiérarchie militaire d’envoyer de « vieux » soldat dans les tranchées de première ligne. En octobre 1915, ça cogne fort dans la Marne, du côté de Suippes. Le Journal de Marche du 118ème R.I. raconte sur quelques pages les terribles journées endurées par ses hommes. N’oublions pas que nous sommes ici non loin de Tahure, village rasé lors de ces combats qui ne sera jamais reconstruit et aujourd’hui… « Mort pour la France » comme une dizaine d’autres dans le nord et nord-est de la France.

Dès le début, les pertes sont sérieuses… Les hommes vivent comme des rats, constamment terrés dans des trous le jour et ne bougeant que la nuit pour réaménager leurs caches. Les Allemands sont solidement positionnés.

Même pour attaquer, pour éviter des hécatombes, on ruse et on se sert de la nuit. Cela marche quelquefois comme on le lit dans l’épisode narré ci-dessus.

 

Dans la journée du 07 octobre, les Allemands attaquent avec des armes chimiques et on parle pudiquement de « pertes sensibles » dans les rangs français; autrement dit, il y a beaucoup de victimes.

Après plus d’une semaine dans cet enfer, les hommes sont à bout. Ils seront relevés le 09 au soir, du moins pour les survivants. Henri ne fait plus partie de ceux-ci. Il a été grièvement blessé pendant cette période sans qu’on puisse dire exactement à quel moment précis, et emmené vers un hôpital de campagne, à l’arrière, à Ludes, où il va décéder suite à ses blessures le 19 octobre 1915.

Il avait alors 42 ans et demi. Rose et Gabriel, ses enfants, allaient être adopté comme Pupille de la Nation par un jugement du Tribunal d’Orange le 19 juillet 1919. Cette décision ne ferait pas revenir leur père mais allait leur permettre d’être aidés matériellement par l’Etat. C’était beaucoup mieux que les 150 francs octroyés aux parents de soldats célibataires décédés.

Le 118ème R.I. retiré au camp Bonnefoy allait recevoir un renfort de 930 hommes venus de Vendée et de l’ouest de la France… et même d’éclopés du 63ème R.I…. c’est dire l’importance des pertes enregistrée pendant cette semaine sanglante d’octobre 15 en Champagne pouilleuse.

On retrouve une trace de Célestin Durand sur une tombe du premier cimetière de Caderousse, tombe ancienne à l’inscription difficilement lisible, en belle pierre de Provence sculptée. Les parties lisibles correspondent à ce que l’on connaît. Le corps de Célestin doit bien avoir été amené au pays, certainement après-guerre.

                
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La fiche d’Henri Célestin Durand de Mémoire des Hommes.

 

Henri Célestin Durand, matricule 1061 classe 1893, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Durand est très répandu en région même s’il n’est plus présent à Caderousse. On le retrouve à Montfaucon, Orange… Si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Léon Ferragut.

*Blauvac, village du Vaucluse, à l’est de Carpentras, proche de Ville-sur-Auzon.

**Caritoux, près de Carpentras, serait-ce une ascendante indirecte du champion cycliste des années 80, Eric Caritoux ?

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… les frères Marius et Paul DOUX.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-troisième et quarante-quatrième noms de la liste: Doux Clair Marius et Doux Paul Victor.

La seconde face du monument.

Cruel destin que celui de la fratrie des enfants issus du mariage de Jean Victor Doux et Marthe Elisabeth Arnaud. Quand ils s’unirent pour le meilleur et pour le pire le 22 juillet 1880 à Caderousse, ils n’imaginaient pas qu’ils allaient avoir cinq enfants et qu’aucun d’eux ne connaîtrait l’après-guerre. Cela pour deux raisons: la mortalité infantile très importante dans les campagnes à cette époque et la Grande Guerre dévoreuse d’hommes ! Le drame ne s’arrêta pas d’ailleurs là puisque Marthe Elisabeth, la mère, décéda quelques jours après avoir mis au monde son cinquième enfant, le 15 septembre 1888.

Cinq enfants donc, quatre garçons et une fille. C’est Paul Victor, l’aîné de la fratrie, né le 30 juin 1881, rue Pied Gaillard donc voisin de mes ancêtres Guérin, à deux pas de l’hospice devenu de nos jours EHPAD. Puis naquit la fille, Claire Marguerite en 1883 qui ne vécut qu’une semaine. Le 04 mars 1885 vint ensuite Clair Marius, prénommé ainsi pour  rendre hommage à la fille très tôt disparue. Les deux derniers garçons moururent très jeune; Pierre Elisée né en 1887 à l’âge de 14 mois et Emile Gabriel né en 1888 à l’âge de 17 mois.

Lors du recensement de 1886, le père et la mère et les deux futurs Poilus alors enfants.

Cinq ans plus tard, en 1891, c’est la grand-mère paternelle, Marguerite Clair, veuve elle-aussi, qui vient aider son fils pour élever ses enfants, rue Pied Gaillard. 

Après la disparition de sa femme puis de sa mère, Jean Victor Doux ne restera pas seul et ira chercher une autre femme. Pas très loin de chez lui, une voisine comme on le voit dans la page élargie du recensement de 1886….

…la fille de la bouchère, elle-même bouchère, Célestine Dortindeguey, de presque 20 ans sa cadette. L’union se fera le 11 avril 1894, le même jour que  Félicie, la soeur de Célestine, épousera Adrien Roche. Rapidement naîtra une petite Marie Marguerite, demi-soeur des Paul et Marius, qui, elle aura la chance de vivre une existence normale, tout comme son petit frère Etienne Théophile venu au monde en 1899.

La nouvelle famille en 1896, les deux frères et la petite Marguerite.

En 1901, Paul Victor a quitté le foyer, remplacé par le petit Théophile. La famille habite alors à la campagne, quartier Fazende appelé aussi Bayard.

Comme on l’a dit ci-dessus, l’aîné Paul Victor loue ses bras en travaillant dans des fermes. On le retrouve domestique chez Roche Théophile en 1901…

… puis chez, certainement, un oncle, Benoni Doux et son épouse Elisa Bouchet.

Recensement de 1906.

Il faut dire que Paul Victor ne va pas quitter le village pendant deux ou trois ans autour de ses 21 ans, comme la plupart des jeunes gens de son âge, puisque l’Armée n’en voudra pas, malheureusement pour lui momentanément, à cause d’un problème assez invalidant aux testicules.

Son cadet Marius, lui, va s’éloigner de Caderousse quelque temps, du 07 octobre 1907 au 04 août 1909 pour la grande ville et Marseille, son 141ème Régiment d’Infanterie. Il reviendra à Caderousse muni d’un Certificat de Bonne Conduite qui s’avèrera bien inutile face à la mitraille allemande après le 03 août 1914.

De retour de son armée, Marius se marie avec Noémie Françoise Aubert en 1909 et un petit Gabriel Doux naît l’année suivante comme en atteste la liste nominative de 1911.

Recensement de 1911.

Le jeune couple vit à la campagne, non loin de la ferme de son père, sa belle-mère et ses deux demi-frère et soeur.

Recensement de 1911.

Le tocsin de la déclaration de guerre n’a pas fini de sonner le 03 août 1914 que Marius se retrouve en pantalon rouge et veste bleu, le lendemain, au 258ème Régiment d’Infanterie en Avignon, une unité de réserve dont on a déjà parlé. Ce sera l’embarquement à Pont d’Avignon, la Lorraine, la bataille de Lagarde fatale à un autre Caderoussier. On retrouve le régiment 80 kilomètres plus au nord-ouest, le 25 août 1914, à Buzy-Darmont, à mi-chemin entre Verdun et Metz.

Malgré l’hécatombe, la stratégie de l’Etat-Major français n’a pas changé d’un iota… on attaque !

A la sortie du village, les fantassins français se retrouvent en face d’un déluge de feu venant des tranchées allemandes. Les Allemands, eux, ont pensé de se mettre à l’abri !

Le rédacteur du Journal de Marche du 258ème n’hésite pas à pointer du doigt l’insuffisance de la préparation d’artillerie pour expliquer la violence de la réaction allemande. La suite le met encore plus dans l’embarras pour expliquer ce qui va se passer.

C’est une véritable panique qui s’empare des survivants qui se précipitent en désordre vers l’arrière, se bousculent pour franchir un pont et se mettre à l’abri du feu meurtrier adverse. Pendant ce temps, les gradés de l’Etat-Major continuent de demander aux chefs d’unités encore en vie d’y retourner… chose totalement impossible tant la pagaille est grande. Pour Marius, ces préoccupations ne le concernent plus. Il a été fauché par une balle allemande et est décédé ce 25 août 1914 à l’âge de 29 ans et demi, laissant un jeune orphelin de guerre de 4 ans.

Pour Paul Victor, le chemin est un peu différent. Déclaré inapte pour le service en 1901, il n’est pas concerné par la mobilisation du 03 août. Par contre, il est toujours dans les radars de l’armée et après la saignée du début de la guerre, son cas est reconsidéré différemment et il devient par miracle un soldat tout à fait capable pour la chose militaire en décembre 14, après une réunion de la commission de réforme d’Orange. Il se retrouve donc au 140ème R. I. de Grenoble en février 1915 puis au 359ème R.I. le 20 juillet suivant.

La bataille de Champagne, grande dévoreuse de vies, est commencée depuis quelques jours. Des hommes frais viennent renforcer des régiments décimés pour que l’Etat-Major puisse continuer à programmer de nouvelles attaques plus irréalistes les unes que les autres. C’est vers Soudain, au Bois Raquette, que le 359ème se voit confier la réalisation de la percée prétendument décisive. Le Journal de Marche raconte cette  journée qui commence par le bombardement des lignes allemandes.

La 27ème compagnie dans laquelle sert Marius, est arrêtée sur des barbelés que les obus n’ont pas ouvert. De plus, les Allemands ripostent par des tirs d’armes chimiques.

Des hommes parviennent à prendre la tranchée mais des grenades jetées par les Allemands tuent un grand nombre d’entre eux au point que « les morts sont si nombreux que la tranchée en est remplie ». Les positions conquises sont intenables et les survivants doivent se replier sur la ligne de départ.

Le rédacteur du Journal de Marche va alors remplir consciencieusement l’état des troupes en consignant les noms de tous les hommes mis hors de combat. Il va écrire pas moins de 25 pages semblables à celles-ci, soit environ 1 000 noms.

Au milieu de cette liste apparaît celui de Victor Doux…

…disparu le 06 octobre 1915 à Bois Raquette. Il avait 34 ans et 3 mois.

La fiche de Paul Victor Doux de Mémoire des Hommes

…et celle de Clair Marius Doux.

Paul Victor Doux, matricule 260 classe 1901, bureau de recrutement d’Avignon, et Clair Marius Doux, matricule 420 classe 1905, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter leurs fiches matricules sur le site des Archives du Vaucluse. Il semble que le patronyme Doux soit encore très présent à Caderousse et dans les environs. Si une personne reconnaît en ces Poilus, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger ces deux petites biographies rassemblées.

A suivre: Célestin Henri Durand.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Alphonse DORTINDEGUEY.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-deuxième nom de la liste: Dortindeguey Alphonse Clément.

La seconde face du monument.

Le parcours des Dortindeguey à Caderousse est assez facile à suivre. Vers 1886, Pierre Paul Dortindeguey né en 1857   Caderousse prend pour épouse Marie-Louise Arnoux née en 1865. C’est une fille de Piolenc ou d’Orange suivant des écrits officiels, renseignements démentis par l’Etat-Civil de ces communes où elle n’apparaît nulle part. Ce sera donc le point d’interrogation de ce volet généalogique.

Le couple s’installe chez le mari, c’est-à-dire au domicile des parents de Pierre: Adrien Dortindeguey et Marie-Thérèse Point, au quartier Fazende ou de l’îlon Blanc. C’était souvent le cas à l’époque où toutes les générations vivaient sous le même toit.

Le recensement de 1886 avec le couple des anciens et celui des modernes.

 

C’est seulement après la disparition de la mère en 1900 que le père va s’installer chez une de ses filles et que les parents d’Alphonse pourront se retrouver chez eux, avec leurs enfants. Car, entre temps, quatre enfants sont arrivés dans le foyer.

La famille d’Adrien Dortindeguey lors du recensement de 1901.

Marie Rose Adrienne en 1887, Paul Louis François en 1990, Alphonse le Poilu né le 26 mars 1894 et Rosé (écrit ainsi) Adrien en 1900. Une fille et trois garçons. On constate sur toutes les listes nominatives la présence d’un domestique travaillant pour le compte des Dortindeguey. Ils devaient donc mener une ferme assez importante quartier de Fazende à Caderousse !

A la déclaration de guerre du 03 août 1914, Alphonse n’a pas encore connu le monde militaire et semble protégé pour quelque temps encore. Il n’aurait dû rejoindre la troupe qu’en 1915 mais les pertes considérables du premier mois de guerre entraîna la modification de la loi de l’âge d’appel des nouvelles classes, ce qui envoya Alphonse sous les drapeaux le 16 septembre 1914. Bien loin de Caderousse puisqu’il doit rejoindre le 3ème Régiment de Marche de Tirailleurs Algériens… en Algérie, à Bône. Il arrive au corps le 19 septembre.

Après la formation militaire, c’est le retour en métropole et bien sûr, le front sur le nord-est de la France. Le 3ème R.T.A. se retrouve dans l’Oise, au nord-est-est de Compiègne au mois de juin 1915. Le 07, le front est relativement calme. Le matin, les Allemands ont offert un lever précoce aux tirailleurs par des tirs d’infanterie sans attaque. Quelques échanges d’artillerie dans la journée, rien de bien méchant. A 21 heures, les Allemands attaquent sans conviction le bois Saint-Maud à Tracy-le-Val.

Ils sont rapidement mis en déroute mais cette attaque fait un tué dans les rang français. Vous l’avez compris, il s’agit d’Alphonse Dortindeguey ! Il était âgé de 21 ans et presque 3 mois. Son père Adrien reçut les 150 francs de dédommagement des soldats célibataires quelques mois plus tard.
Il est inhumé à la Nécropole Nationale de Tracy-le-Mont dans l’Oise, tombe individuelle 1396.

La fiche d’Alphonse Clément Dortindeguey de Mémoire des Hommes

Alphonse Clément Dortindeguey, matricule 386 classe 1914, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Il semble que le patronyme Dortindeguey soit encore très présent en Vaucluse, Gard et Bouches-du-Rhône. Si une personne reconnaît en  ce Poilu, un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: les frères Clair et Paul Doux.

 

Quelques mots sur le parcours de Paul, le grand frère d’Alphonse pendant la Grande Guerre.

Paul Victor François Dortindeguey fit ses classes en 1911-12. Il est rappelé dès le 03 août 1914 et est blessé très rapidement, le 19 août à Dieuze, à la main gauche par un éclat d’obus. Il en gardera quelques séquelles (difficulté de préhension) et bénéficiera d’une pension. Il est fait prisonnier au moment de cette blessure et fera le reste de la guerre dans un camp en Allemagne, à Konigsbrück, bien loin de Caderousse, dans l’est de l’Allemagne, près de Dresde. Il sera libéré par anticipation, le 23 octobre 1918. Mais l’Armée ne le libérera que quelques mois après.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… les frères Louis et Martial DARDUN.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-neuvième et quarantième noms de la liste: Dardun Louis Raphaël et Dardun Martial Avit.

La seconde face du monument.

Première fratrie rencontrée dans notre écriture des biographies des morts de la Grande Guerre de Caderousse: les frères Louis et Martial Dardun qui perdirent tous deux la vie sur le front du nord-est de la France. A ces deux hommes, on se doit d’ajouter François, le troisième frère qui en réchappa de justesse, blessé trois fois pendant cette période et qui finit par déserter après la mort de son second frère.

Le recensement de 1906, le seul où les trois frères Dardun apparaissent ensemble aux Cabanes.

Reprenons tout cela depuis le début. Peu avant 1880, François Avit Dardun né le 17 juin 1846 prend pour épouse à Codolet Françoise Rosalie Chevalier, une fille du pays en 1849. Le couple traverse le Rhône par le bac de l’Ardoise pour s’installer juste en face, dans une ferme du quartier des Cabanes. De cette union vont naître trois garçons: Louis Raphaël le 25 octobre 1880, François Joseph le 19 mars 1883 et Martial Avit le 23 juillet 1888.

Au recensement de 1881, seul Louis Raphaël est là.

Cinq ans plus tard, en 1886, François est arrivé. 

Après 1886, la famille va aller s’installer un temps dans le Gard proche (dont l’absence d’archives numérisées nous handicape quelque peu dans nos recherches). Pour preuves, la naissance de Martial Avit du côté de Saint-Victor-la-Coste et l’absence de cette famille Dardun dans le recensement de 1901.

 

En 1896, la famille est de retour aux Cabanes mais les grands frères louent leurs bras chez des patrons locaux en attendant que l’Armée ne les appelle.

Pour Louis, ce sera au 112ème Régiment d’Infanterie d’Antibes, pour lequel il contractera un engagement volontaire de quatre ans à partir du 25 septembre 1900. L’Armée le renverra par anticipation dans son foyer le 28 octobre 1903 pour bronchite chronique !

Pour François, le cadet, il sera incorporé au 58ème R.I. d’Avignon le 16 novembre 1904. Sa forte personnalité lui jouera deux vilains tours. Tout d’abord, sa rétrogradation décidée par le commandant de l’unité de première à seconde classe après avoir obtenu cet honneur. Puis son maintien sous les drapeaux presque trois ans puisqu’il ne sera libéré que le 12 juillet 1907.

Pour Martial, le benjamin, c’est son métier de charpentier qui l’orientera nécessairement vers le 2ème Régiment du Génie… en Tunisie. Parti le 14 octobre 1900, il y connaîtra le feu pendant sa campagne de Tunisie qui s’achèvera le 29 septembre 1911, juste pour la Saint-Michel de Caderousse.

A la déclaration de guerre du 3 août 1914, les trois frères ne connaîtront pas le même sort. Seul Martial rejoindra son unité de réserve, le 7ème Génie d’Avignon. C’est seulement le 26 septembre 1914 que François sera appelé, ayant été momentanément dispensé de par son métier de boulanger. Il fallait nourrir tous ces hommes mobilisés ! Quant à louis, il faudra la réunion de la commission de révision d’Orange pour le déclarer apte pour le service armé et pour qu’il rejoigne le 34ème Régiment d’Infanterie Coloniale dans les tranchées du nord-est de la France.

C’est aussi Martial qui le premier va rencontrer son terrible destin. Cela se passa du côté de Vingré, dans l’Aisne, à l’ouest de Soissons. Vingré, c’est ce village connu pour ces six Poilus-Martyrs qu’une décision inique d’un Tribunal militaire envoya arbitrairement devant le peloton d’exécution le 4 décembre 1914. Réhabilités après la guerre, ils sont maintenant immortalisés par les derniers mots écrits par l’un d’eux, Jean Blanchet, à sa femme: Au revoir, là-haut repris dans le titre d’un film récent. Pour le Sapeur-Pontonnier Martial Avit Dardun, ce fut une balle ennemie dans la tête qui acheva sa vie, le 05 septembre 1909, à l’âge de 27 ans et 2 mois. Son père reçut quelque temps après les 150 francs de dédommagement des Poilus célibataires. Il repose depuis à la Nécropole Nationale Bois Robert d’Ambleny, sur l’autre rive de l’Aisne, tombe individuelle B-78.

Son grand frère connut le même sort quelques mois plus tard, dans la Somme, le 18 août 1916, lors de cette fameuse bataille sensée être la réponse à l’attaque allemande sur Verdun. Les Coloniaux du 34ème Régiment d’Infanterie tiennent en cet été funeste le secteur de Barleux. Le régiment est envoyé à l’attaque des tranchées allemandes sous la mitraille, le 20 juillet. Est-ce ce jour que Louis est touché ? La lecture de la narration de cette attaque dans le livre officiel de l’unité fait froid dans le dos…

…de même que les chiffres des pertes avancés quelques lignes après est édifiant.

1 051 hommes tués, blessés ou disparus pour la seule attaque du 20 juillet 1916 pour les 2 régiments coloniaux envoyés à la boucherie, 827 hommes mis hors de combat pour seul 34ème R.I.C. entre le 06 juillet et le 15 août 1916. Glaçant ! Louis Raphaël Dardun mourut le 18 août 1916 à l’arrière, dans l’ambulance 2/7 à Villers-Bretonneux. Il aurait eu 36 ans deux mois après et laissait certainement une veuve éplorée, car il devait s’être marié peu de temps avant la guerre.  Lui aussi repose dans la terre d’une Nécropole Nationale, celles d’Albert dans la Somme, tombe individuelle 2358.

Les deux frères ne sont éloignés que de quelques dizaines de kilomètres dans le nord-est de la France.

Quand au troisième membre de la fratrie Dardun, François, il fut blessé une première fois à la main de Massiges en Champagne, le 21 décembre 1914 d’un éclat d’obus ayant engendré une plaie à la cuisse droite. Rapidement de retour, un autre éclat d’obus le blessa aux reins, dos et oreille droite le 25 septembre 1915. A nouveau revenu, c’est un éclat de grenade au mollet droit le 06 juillet 1916 qui le mit à nouveau sur le flanc. Ce coup-ci, il prit la clé des champs et fut considéré comme déserteur à l’issue de la période de latence réglementaire. Il ne réapparaîtra au grand jour qu’après la promulgation d’une première loi d’amnistie du 24 octobre 1919 qui le soustrayait à toute sanction militaire. On peut comprendre facilement ce qui s’était passé dans sa tête et dans son corps.

La fiche de Louis Raphaël Dardun de Mémoire des Hommes

Louis Raphaël Dardun, matricule 278 classe 1900, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse.

La fiche de Martial Avit Dardun de Mémoire des Hommes

Martial Avit Dardun, matricule 314 classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse.

Il semble que le patronyme Dardun soit encore très présent dans le Vaucluse, à Orange et à Caderousse. Si une personne reconnaît en  ces trois jeunes hommes évoqués un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Léon DeValois.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Joseph CUER.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-huitième nom de la liste: Cuer Joseph Isidore.

La seconde face du monument.

C’est le décès de son père Thomas Jean-Baptiste Cuer le 13 décembre 1891 qui va amener Joseph, sa mère, ses soeurs et son frère à Caderousse.

Le recensement de 1896, première apparition des Cuer à Caderousse, rue Vénasque.

Ramener plutôt pour sa mère Sophie Félicité Laplace car c’est à Caderousse qu’elle est née le 10 février 1842. Toute sa famille y réside et c’est tout naturellement auprès d’elle qu’elle viendra y trouver de l’aide quand le malheur de perdre son mari surviendra. Pas moins de cinq foyers Laplace apparaissent au recensement de 1911.

Thomas et Sophie s’étaient mariés au village le 13 septembre 1876. C’était un second mariage pour Thomas qui avait eu la douleur, lui aussi, de perdre sa première épouse Mélanie Rose Girard. De cette union étaient nés trois enfants, Mélanie en 1867, Jean-Baptiste en 1870 et Marcellin en 1871, des demi-frères et soeur pour Joseph.

Thomas était originaire de Mornas où il était né en 1839. Après son union avec Sophie, la famille s’était installée à Piolenc où le père exerçait la profession de chaufournier, ouvrier travaillant dans les fours à chaux à la fabrication de la chaux vive.  Des carrières existaient et existent toujours dans les collines de ce massif d’Uchaux. La famille résidait quartier des Paluds, à Piolenc très certainement près du Rhône dans une coin de lônes.

De ce second mariage, vont naître Sophie Félicie en 1877, Joseph, le futur Poilu le 22 septembre 1879, Marius Hippolyte qui ne vivra que dix jours en août 1881, Marius Gabriel en 1882 et Baptistine Aurélie en 1885. La famille déménagea ensuite à Uchaux, quartier de Majorantes, au gré des chantiers du père.

A Caderousse, les Cuer mettent leurs bras au service des paysans du village en tant que journaliers. La grande soeur Félicie travaille aussi un temps aux balais. En 1911, Joseph aidé de son frère Marius pourtant handicapé doit mener quelques terres à la campagne et la famille a déménagé du village au quartier de Laperan dans le sud-est du territoire.

Le recensement de 1911 dans lequel Joseph a relégué sa mère au rôle de néant.

Le parcours militaire de Joseph Cuer. Il va faire ses classes à l’âge de 21 ans en Avignon, au 58ème Régiment d’Infanterie. Il rejoint la troupe le 14 novembre 1900 mais va bénéficier d’un sursis comme fils aîné de veuve. Au lieu des trois années réglementaires, il ne fera que dix mois en rentrera dans son foyer le 22 septembre 1901.

Bien que sa situation n’ait guère changée en 1914, le besoin de chair fraîche de l’armée l’enverra au front dès le 03 août. Joseph se retrouve au 118ème régiment d’Avignon puis le 20 septembre, est versé au 21ème R.I. de Langres. C’est ainsi qu’on le retrouve en mars 1915 du côté de Notre-Dame-de-Lorette, dans le Pas-de-Calais, à l’est du bassin minier de Lens. Plus précisément à Boyeffles, dans le bois de Bouvigny âprement disputé par les Français et les Allemands. Le journal de marche du 21ème R.I. indique que la journée du 13 mars 1915 fut une journée calme.

Quelques obus de 77 et quelques bombes tombèrent sur la tranchée française de première ligne. La routine en quelque sorte ! Manque de chance, le seul tué du jour fut Joseph Cuer. Il était là à la mauvaise seconde du mauvais endroit ! La fatalité !

Il avait presque 35 ans et demi. Il laissait à la ferme de Laperan, une vieille mère usée et un frère dont même l’armée n’avait pas voulu pour cause… d’Idiotie !

Il n’est pas indiqué que la mère allait recevoir les 150 francs réglementaires. Il semble que sa dépouille ait été ramenée à Caderousse.La fiche de Joseph Isidore Cuer de Mémoire des Hommes

 

Joseph Isidore Cuer, matricule 719 classe 1899, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. On peut dire que le patronyme Cuer est bien présent à Caderousse sans faire intrusion dans la vie privée de cette famille puisque Pierre Cuer fut maire du village il y a quelques années. Si une personne reconnaît en Joseph Cuer son ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Louis Dardun.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Léon COMBE.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-cinquième nom de la liste: Combe Léon Vincent pour en revenir à la seconde face du monument.

La seconde face du monument.

Le 14 août 1925, Prosper Léon Combe reçoit une somme de 150 francs d’aide de l’Etat comme indemnisation pour la mort de son fils Léon Vincent dix ans auparavant dans une tranchée du Pas-de-Calais. C’est le prix d’un Poilu quand il n’a pas eu le temps de créer une famille. Une somme dérisoire !

Pas de grosse difficulté pour tracer le parcours de Léon depuis sa naissance à la guerre. Le couple de ses parents Prosper Léon Combe et Marie Marthe Roche se sont mariés le 09 février 1887 à Caderousse. Le père est originaire du village, la mère est venue s’y installer dans son enfance après une naissance à Piolenc. Ils s’installent dans la grange famille du quartier Fazende, au nord-ouest du village, aux côtés des parents de Prosper, François Prosper Combe et Elisabeth Rosalie Roche.

Le quartier Fazende est situé au nord-ouest de Caderousse, quartier d’habitat dispersé, de fermes. Suivant Jean-Paul Masse, ce nom viendrait de là, de ces haciendas caderoussiennes, le nom espagnol étant cousin de Fazende. On aurait pu appeler ce quartier, le quartier des Roche tant cette famille est nombreuse dans ce secteur. Pas seulement dans ce quartier d’ailleurs, les Roche disparus pendant la Grande Guerre sont au nombre de onze, inscrits sur le monument. D’ailleurs, on peut penser que Léon Vincent doit être cousin de quelques-uns de ceux-ci, on y reviendra ultérieurement.

Le petit Léon Vincent vient au monde dans cette ferme le 07 novembre 1889.

Quelques années plus tard, suivra une petite Marie, arrivée en 1893. Cette dernière se mariera en 1919 et vivra jusqu’en 1979.

Léon sera appelé à l’armée le 04 octobre 1910. Il fera ses classes à Marseille au 3ème Régiment d’Infanterie. Il regagnera ses foyers deux années plus tard, le 25 septembre 1912 pour retrouver sa famille au quartier de Fazende.

Pas pour très longtemps ! La guerre éclate de 3 août 1914 et Léon rejoint le 3ème R.I. à Digne avant de passer au 11ème R.I. de Montauban le 26 février 1915.

Le front, Léon va le connaître très vite jusqu’à ce funeste 09 mai 1915 où il sera tué du côté de Roclincourt, dans le Pas-de-Calais, entre Arras et Lens, dans le secteur britannique, Roclincourt est quelques kilomètres de Vimy où se trouve la grande nécropole canadienne. Une route nationale qui mène à Lille fait la séparation entre Roclincourt à l’est et Ecurie à l’ouest. Le 11ème R.I. est réparti sur les deux communes, la 11ème compagnie de Léon Combe collée dans une tranchée à l’est de la route.

A la lecture du Journal de Marche du régiment, on comprend que c’est l’impréparation d’une attaque qui va décimer ce régiment, ce 9 mai.

Tout d’abord, une mine française de 1 400 kilogrammes destinée à nettoyer le terrain en face des compagnies à l’est de la route va exploser quasiment… sous les lignes françaises ! Les 2ème, 3ème et une partie de la 11ème compagnies vont être ensevelies sous les gravats. On peut penser que Léon est décédé à ce moment-là, à 9 heures 47.

Puis c’est l’attaque qui part sur des tranchées que l’artillerie française a raté dans son tir préparatoire. Pas moins de 25 mitrailleuses allemandes intactes déciment les premières lignes qui sortent des tranchées.

Bilan de la journée pour le 11ème R.I.: 38 morts, 170 blessés et 168 disparus. On comprend que le corps de Léon ne fut pas retrouvé tout de suite et qu’il fut, un temps, considéré comme disparu.

Inhumé un moment au cimetière militaire d’Ecurie, ses restes furent par la suite transporté dans l’immense Nécropole Nationale de Notre-Dame-de-Lorette d’Albain-Saint-Nazaire (62), tombe individuelle 19 132.

Le 09 mai 1915, il avait exactement 25 ans et demi.

 

La fiche de Léon Vincent Combe de Mémoire des Hommes

Léon Vincent Combe, matricule 446 classe 1909, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Les patronymes Combe et Augier sont bien présents encore dans les environs de Caderousse, dans le proche Gard  principalement. Si l’un d’eux reconnait cet ancêtre comme étant de sa famille, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

Sur la tombe de la famille Vincent Roche, l’hommage à Léon Combe et des noms devenus familiers pour celui qui a écrit ces lignes.

A suivre: Lucien Constance.

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