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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Adrien Claude et Joseph Roche (dans l’Histoire).

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt quatorzième et quatre-vingt quinzième Poilus: Adrien Claude Auguste et Joseph Adrien Toussaint Roche (partie historique).

Sur la quatrième face du Monument aux Morts.

Adrien Claude Roche est bien entendu le premier des deux frères à être appelé sur le front. Il rejoint le 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon le 12 août 1914. Bien lui en pris puisque ce petit retard lui évita de se faire massacrer du côté de Lagarde, en Lorraine allemande, comme nombre de Poilus de ce régiment, essentiellement des Vauclusiens, de Gardois et de Buccorhodaniens.

De son côté, son grand frère Joseph Adrien, inapte au service armé au début du siècle ne vit l’Armée s’occuper de son cas qu’au mois de novembre 1914, le 11 d’ailleurs. La commission de réforme d’Avignon devant laquelle il dut passer découvrit, sans surprise, que sa hernie ne lui posait plus de problème, sans opération par ailleurs, et qu’il pouvait aller rejoindre un régiment d’infanterie, bien entendu. Ce fut donc le 02 décembre 1914 que Joseph entra dans une caserne pour la première fois, celle du 118ème Régiment d’Infanterie Territoriale… à Quimper, rien que cela ! A cette date, son petit frère Adrien n’était plus là !

A la lecture du Journal de Marche du 58ème R.I., il est fort probable qu’Adrien rejoignit le 58ème R.I. au front le 06 septembre 1914 avec 850 autres hommes rappelés comme lui. Les combats du mois d’août 14 avaient décimé cette unité et le besoin de forces neuves se faisait sentir.

 

A cette date, le régiment montait en ligne du côté Bar-le-Duc dans la Meuse. Là, une parenthèse s’impose dans notre narration. Le registre matricule d’Adrien est très incertain quant au sort de ce Poilu caderoussien. On y lit « Disparu le 08 octobre 1914 à Couvonges… » puis juste en dessous la solution de cette disparition: « Décédé le 8 septembre 1914 par jugement déclaratif du Tribunal d’Orange le 09 octobre 1920 ». On décida donc six ans et un mois plus tard qu’Adrien était mort le 8 septembre 1914, étant disparu corps et âme depuis cette date.

Pourtant, rien de notable n’est noté le 8 et le 9 septembre dans le Journal de Marche du 58ème. Mais le 10 septembre, c’est l’attaque des fantassins français…

… qui emplit de lyrisme le coeur du chef de corps qui y va d’un couplet enthousiaste…

… vite rappelé à la réalité par une note supplémentaire dans la marge annonçant que cette attaque avait coûté tout de même 240 hommes, mis hors de combat, blessés, tués ou disparus comme Adrien. A la date du 8 septembre 1914, Adrien était âgé de 33 ans et 1 mois.

Fiche matricule d’Adrien Claude Auguste Roche de Mémoire des Hommes.

Adrien Claude Auguste Roche, matricule 262 de la classe 1901, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse.

Après ce drame et même s’ils durent espérer longtemps que sa disparition n’était que provisoire, Claude et Thérèse Roche n’avaient plus qu’un seul de leurs quatre enfants en vie… Joseph Adrien Toussaint ! Et le voici à son tour se perfectionnant au métier des armes en Bretagne à partir de décembre 1914.

Le 1er mars 1915, il rejoignait une unité au front, le 23ème Bataillon de Chasseurs à Pied puis quelque temps après le 63ème Bataillon de Chasseurs Alpins. Des Alpins dans la Somme pendant l’été 1916, coin de France où le plus haut sommet ne doit pas dépasser une centaine de mètres !

Ce fut le 31 juillet que les Alpins débarquèrent du train à l’ouest de Saint-Quentin, à Maurepas, dans la Somme.

A partir du 20 août, les artilleries française et allemande se toisaient dans des duels sous lesquels les fantassins des deux camps, dans les tranchées, en étaient réduits à l’état de pions qui comptaient les points. Le 24 août, le duel se calma et ce fut l’attaque de l’infanterie pour reprendre quelques dizaines de mètres. Mais Joseph n’y participa pas. La veille, le 23, il avait été touché par un éclat d’obus au thorax et évacué vers l’arrière, vers une ambulance, à Cerise…

…comme on peut le lire sur ce récapitulatif des victimes du 63ème BCA sur la seconde quinzaine d’août 1916.

Il y décéda six jours plus tard, le 29 août 1916. Il aurait pu fêter quelques jours auparavant son 37ème anniversaire ! Claude et Thérèse Roche des Islons venaient de perdre le dernier de leurs quatre enfants.

Fiche matricule de Joseph Adrien Toussaint Roche de Mémoire des Hommes.

Joseph Adrien Toussaint Roche, matricule 639 de la classe 1899, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Roche est encore bien présent en Vaucluse et à Caderousse. Si quelqu’un reconnaît en Adrien Claude Auguste et Joseph Adrien Toussaint leurs ascendants directs ou indirects, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Henri Roche.

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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Marius MONNET.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-dixième nom de la liste: Marius Jean Léon MONNET.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Marius Jean Léon Monnet s’est tout d’abord appelé Arnaud Marius Jean Léon pendant le premier mois de sa vie. Il est en effet né le 11 juin 1882, fils naturel de Rose Marie Arnaud originaire de Caderousse née vingt ans plus tôt, elle-même fille naturelle de Marguerite Marthe Arnaud, décédée en juillet 1870.

C’est quand Rose Marie Arnaud épousa Léon Monnet au village, le 05 juillet 1882 que ce dernier reconnut Marius comme son fils légitime et que ce dernier prit son identité définitive. Léon Monnet né en 1860 à Caderousse était alors ouvrier baletier dans la fabrique Robert.

Le couple s’installa rue de l’Hardy et c’est là qu’on le retrouve, une vingtaine d’années plus tard, lors du recensement de 1901.

La famille Monnet recensée en 1901.

Léon et Rose travaillant tous les deux à la fabrique de balais de Jules Roux. Deux filles sont venus compléter la fratrie: Françoise Amandine née en 1888 et Augustine Henriette en 1891. Et Marius dans tout cela ? Il a maintenant 18 ans et a quitté le foyer de ses parents en allant travailler comme domestique  chez Prosper Rigaud négociant et son gendre Louis Gromelle propriétaire terrien.

Marius Monnet domestique chez Rigaud en 1901

Ce statut permettait aux jeunes de gagner leur vie en attendant que passe le fameux service militaire.  Marius allait être appelé sous les drapeaux le 16 novembre 1903, au 55ème Régiment d’Infanterie d’Aix-en-Provence. Trois ans d’armée et le voilà rendu à la vie civile le 18 septembre 1906. Il regagne alors le foyer de ses parents où on le retrouve en 1911, employé à la fabrique de balais comme son père.

La famille Monnet en 1911.

Les filles ont disparu toutes les deux. Rien de dramatique, elles se sont mariées: Augustine Henriette la plus jeune tout d’abord avec Anselme Félix Bouchet, un Caderoussier, en octobre 1907  puis Françoise Amandine trois ans plus tard, en novembre 1910, avec un Orangeois, Marius Louis Pinet. La famille va bientôt s’agrandir de petits enfants. Il ne semble pas que Marius ait eu le temps ou l’envie de prendre une épouse avant la déclaration de guerre.

Il fut rappelé le 11 août 1914 au 258ème Régiment d’Infanterie, la réserve du 58ème d’Avignon. Direction l’est de la France pour se porter au devant des Allemands.

La suite, on l’a déjà raconté quand on a évoqué la vie de Clair Marius Doux. Entre ce dernier et Marius, un destin similaire: même régiment, le 258ème RI, même lieu: Buzy dans la Meuse, à mi-chemin entre Verdun et Metz, même jour, le 25 août 1914, même destin: tué à l’ennemi lors d’une attaque inconsidérée des fantassins français sur des Allemands supérieurement organisés et armés. Terribles mitrailleuses allemandes hachant de pauvres soldats français déboussolés et début de sauve-qui-peut général des Compagnies devant des gradés impuissants leur demandant d’y retourner !

Ce 25 août 1914, cela faisait exactement deux semaines que Marius avait retrouvé son pantalon rouge et il avait alors 32 ans et 2 mois.

La fiche matricule de Marius Jean Léon Monnet de Mémoire des Hommes.

Marius Jean Léon Monnet, matricule 603 de la classe 1902, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Monnet est encore bien vivant dans le Vaucluse. Si quelqu’un reconnaît en Marius Jean Léon un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Henri Moutte.

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108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… Marius CHICORNARD.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-et-unième nom de la liste: Chicornard Marius Denis.

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Première face du Monument.

Et dernier nom de cette première face, écrit juste derrière la palme de 1938… qui a disparu à Ancône lors du déménagement de la Mairie ! Marius est venu au monde le 23 juillet 1892 à Caderousse. C’était le second enfant du couple de Jean-Maurice Désiré Chicornard et Marie Joséphine Capdeville. Comme on pouvait s’en douter, l’aîné avait été prénommé Maurice comme son père.

Les parents étaient tous les deux des enfants de Caderousse. Le mariage avait eu lieu le 27 novembre 1889 et Maurice était arrivé le 08 août 1890. La famille était installée rue neuve, non loin de l’église Saint-Michel. Le père était ouvrier dans la fabrique de balais de Paul Roche. Il semblerait d’ailleurs qu’en 1911, toute la famille était employée dans cet atelier.

Au moment de son incorporation le 09 octobre 1913, Marius semblait avoir professionnellement obliqué dans une autre direction puisque l’armée lui donne le métier de coiffeur. Une autre manière de faire des tresses ! Quant à son frère Maurice qui survivra à la Grande Guerre, on en reparlera plus loin, il deviendra matelassier en 1925 puis fondera sa propre entreprise de fabrication de balais en 1937 avant de passer quelques mois à la Poudrerie de Sorgues au moment de la Drôle de Guerre.

Marius faisait donc partie de ces hommes qui se retrouvèrent les premiers sur le front face à des Allemands décidés en août 1914 car il était sous les drapeaux depuis le 09 octobre 1913 comme on l’a déjà dit. Ces classes 12, 13, 14 en questions furent décimées par une guerre à laquelle personne n’était préparé. Il servait dans l’infanterie au 3ème Régiment en caserne à Hyères.

Reversé au 203ème R.I., réserve du 3ème R.I., il était sur le front de la Meuse au début de septembre 1914. Il se trouvait à Issoncourt quand une attaque allemande tomba sur sa compagnie, le 10 septembre 1914. Longtemps, l’Armée ne sut pas trop ce qu’il advint à ce groupe d’hommes et leurs chefs. Sur le Journal de Marche de cette unité, on peut lire cette incertitude sur le sort…

…des 50 hommes concernés par cette attaque: tous massacrés ou prisonniers.

Une semaine plus tard, le 17 septembre, on croit avoir la solution.

On a cru voir le capitaine Pichon et le lieutenant Faure emmenés au milieu d’autres prisonniers… ! Il faudra attendre la fin de la guerre pour comprendre que Marius et ses camarades ne reviendraient pas d’Allemagne et que la première hypothèse, le massacre de la section, était la bonne. Le tribunal d’Orange du 09 mai 1920 fixa la date du décès de Marius Chicornard au 10 septembre 1914, disparu à Issoncourt, hameau du village des Trois-Domaines situé entre Verdun et Saint-Mihiel, à l’ouest du front stabilisé de 1915.

On ne sait si les siens le surent avant mais l’absence de toutes nouvelles à partir du 10 septembre 1914 ne devait guère les  pousser à l’optimisme. Surtout qu’à cette angoisse pour Marius se mêlait celle pour Maurice, le fils aîné sur le front depuis son rappel en août 1914. Le soldat musicien de 1911 à 1913 pendant son service militaire était devenu un soldat combattant. Il fut blessé d’une balle allemande dans le mollet droit le 20 avril 1917, blessure qui le laissa sur le flanc pendant un an et lui laissa des séquelles recevables à une pension d’invalidité de 10%. Maurice avait reçu auparavant deux citations en octobre 1915 pour une attaque héroïque sur une tranchée allemande puis la mise ne déroute d’une patrouille allemande venue espionner les Français dans le no-man’s-land.

Les médailles de Maurice ne durent guère consoler Jean-Maurice et Marie-Joséphine de la disparition de leur Marius à l’âge de 22 ans et 48 jours.

La fiche de Marius Chicornard de Mémoire des Hommes

Marius Chicornard, matricule 726 classe 1912, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule (succincte) sur le site des Archives du Vaucluse. Si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre (malgré que le patronyme Chicornard ne semble plus guère être présent dans la région), qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette courte biographie.

A suivre: Ernest Chirot.

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Il y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 27 octobre 1917

(JOUR 1182 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un char britannique à l’attaque des crêtes de Passchendaele nous dit la légende de cette photo. On a le droit d’en douter avec la placidité deux témoins à pied. Il s’agit plus certainement d’un essai d’un de ses engins dans un décor ressemblant à des tranchées. On a vu cela il y a quelques jours dans le Miroir.

La mort de Guynemer vengée par un sous-lieutenant, De Fonck…

…Il a abattu Wisseman qui s’était vanté d’avoir eu l’As des As.

Une attaque allemande au sud de Courtecon, dans l’Aisne.

Elle a été repoussée par les troupes françaises. Courtecon est proche de Craonne, dans le secteur du Chemin des Dames. Complètement rasée pendant la Grande Guerre, elle n’a pas été reconstruite mais associée au village voisin Pancy devenue la commune de Pancy-Courtecon.

Un navire accompagnant les transports de troupes joue son rôle de protection.

En haut, le canon a réussi à faire exploser une mine immergée. En bas, les hommes observent la mer pour décoller éventuellement le périscope d’un sous-marin allemand.

Pour terminer, un brin d’humour !

Le curé pénètre dans son église par le trou ouvert dans un mur par un obus allemand. Cette scène se passe dans un petit village de la Meuse dont la censure militaire empêche de citer le nom ! Confidentiel Défense !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 14 décembre 1916

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(JOUR 865 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Des photos intéressantes dans ce numéro, même si celle de la couverture ne présente pas un grand intérêt ! On y voit l’envoyé spécial du roi ‘Angleterre, le prince A. de Connaugth venir remettre des décorations à un général français, Mazel pour ne pas le citer !

Plus intéressante cette vue enfin dévoilée au grand public du nouveau char d’assaut britannique…

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surnommé « crème de menthe » par la presse. Les chars sont entrés en action le 15 septembre dernier et il fallu 2 mois à la presse pour se voir être autorisée à dévoiler leurs existences. Jusque là, c’était secret défense. L’offensive de la Somme permit à l’Etat-Major de tester sur le terrain cette invention, du côté de Pozières. le moins que l’on puisse dire est que ce ne fut pas un succès, loin de là ! Equipages (8 hommes) peu formés, stratégie hasardeuse au point d’être laissé sous la compétence de la Navy pour des unités de cavalerie… les chars engagés en trop petit nombre (au grand désespoir de Churchill) s’embourbèrent ou tombèrent dans les tranchées. Il fallut beaucoup de persévérance pour faire comprendre aux gradés de leur utilité et pour enfin adopter une vraie stratégie. On en reparlera dans les 2 années qui viennent.

Scènes d’apocalypse dans les champs de bataille:

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Un véritable cimetière à ciel ouvert dans  la Meuse après une attaque allemande avortée.

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Paysage de désolation dans la Marne (Verdun ?) après des mois de combats.

Dans la Meuse…

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…des unités du Génie construisent un pont de barques sur cette rivière.

En Belgique, les Allemands ont réquisitionnés des civils pour leur faire entretenir ces chemins et routes, certainement défoncés après les passages répétés des troupes et du matériel allemands.

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Pour terminer, une vue plus sympathique, une image pacifique…

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d’un groupe de territoriaux ayant construit cette fontaine pour approvisionner les troupes et les civils et restera, peut-être, après guerre, une rare construction utile au milieu de tant des destructions.

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