YAM MASTER TRAVEL

Jeu de Jacques Gardeil et Frédéric Sahut, graphismes de Stéphane Poinsot

Un mĂ©lange de Yam’s et de Morpion, excellent Ă  2, terriblement difficile en solo pour ne pas ĂȘtre en nĂ©gatif…

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UNE PISTE DES SCORES POUR KANAGAWA

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31/08/2025 · 21:59

RÉSISTANCE ARDÈCHE- LE CAMP DES MILLES ET SES GARDIENS ARDÉCHOIS.

Le camp des Milles comme auxiliaire de la relégation des étrangers

03 septembre 1939, la guerre est dĂ©clarĂ©e contre l’Allemagne. Bien que cela soit vraiment secondaire, la IIIĂšme RĂ©publique s’inquiĂšte de la prĂ©sence en nombre de citoyens allemands, autrichiens, russes
 sur son sol. Ce sont des rĂ©fugiĂ©s souvent juifs ayant fui les persĂ©cutions subies dans leur pays et ayant trouvĂ© un accueil bienveillant, malgrĂ© les mots injurieux de la presse française antisĂ©mite extrĂ©miste. Sont-ce de potentiels espions ? De possibles dangereux saboteurs ? La VĂšme colonne prĂȘte Ă  frapper un coup de poignard dans le dos de la France accueillante ? Non bien entendu ; personne ne le croit ! Si les Allemands venaient Ă  gagner la guerre, ces rĂ©fugiĂ©s courraient de nouveau un grand pĂ©ril ! 

Pourtant, comme cela a Ă©tĂ© fait avec les Alsaciens-Lorrains lors de la Grande Guerre, la IIIĂšmeRĂ©publique va rechercher ces hommes, femmes et enfants et les enfermer dans des camps pour les garder Ă  l’Ɠil. Totalement irrationnel mais tout de mĂȘme bien symptomatique de la xĂ©nophobie rĂ©gnante alors ! Pour le Sud-Est de la France, le maire d’Aix-en-Provence, au nom du prĂ©fet des Bouches-du-RhĂŽne, ordonne la rĂ©quisition d’une ancienne briqueterie fermĂ©e l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, situĂ©e prĂšs du hameau des Milles, Ă  l’ouest du chef-lieu. Nous sommes le 31 aoĂ»t 1939. Le 09 septembre suivant, arrivent les cinquante premiers dangereux ennemis de la France. Le camp de rassemblement des Ă©trangers des Milles entre en fonction ! 10 000 indĂ©sirables y passeront, 27 nationalitĂ©s et il comptera jusqu’à 3 500 internĂ©s, en juin 1940.

Le camp des Milles et ses gardiens ardéchois

Tout d’abord, le camp des Milles, c’était comment ? Pour la presse d’extrĂȘme-droite, agrĂ©able, presque un lieu de villĂ©giature aux frais des Français ! Pour les internĂ©s, c’est comme ailleurs, terrible. Les mĂȘmes problĂšmes qu’ailleurs, la promiscuitĂ©, l’hygiĂšne absente, le froid en hiver et la soif en Ă©tĂ©, avec pour les Milles, la touche locale : la poussiĂšre ! La poussiĂšre ocre qui colle Ă  la peau et s’infiltre partout, trace de l’ancienne usine que fut le camp. On mange la poussiĂšre, on respire la poussiĂšre ! Un seul point positif dans un premier temps : une nourriture convenable bien que peu diversifiĂ©e. 

Vue aérienne du hameau des Milles avec, au fond à droite, la cimenterie ayant accueilli le camp de concentration. Carte postale moderne datant des années 1950.

Par chance, dans un premier temps, jusqu’à l’automne 1940, la discipline restera humaine. Ce sont des gars venus d’ArdĂšche qui vont assurer la garde des Milles. 150 hommes du rang et 30 sous-officiers d’un bataillon d’un rĂ©giment de territoriaux arrivent de Privas oĂč ils Ă©taient en garnison. Pour ses nombreux paysans ou quelques artisans, soldats de circonstance, aucune haine envers les internĂ©s. Pas de prĂ©jugĂ©s racistes ou antisĂ©mites, une bienveillance relative est de mise. Leur chef de corps, le capitaine Charles Goruchon, est un vĂ©tĂ©ran de la Grande Guerre. Il a fait Verdun, a Ă©tĂ© blessĂ© plusieurs fois et a Ă©tĂ© dĂ©corĂ© de la LĂ©gion d’Honneur. Il a quittĂ© le modeste magasin de mode de Clamart oĂč il vendait les chapeaux que confectionner son Ă©pouse
 pour rĂ©enfiler une tenue militaire Ă  la Mobilisation GĂ©nĂ©rale. Goruchon, lui, n’est pas ArdĂ©chois.

La figure la plus marquante de la hiĂ©rarchie militaire du camp est le lieutenant Pierre Paul Georges Louis CoudĂšne, nĂ© Ă  Jaujac le 30 juin 1890. PropriĂ©taire de plusieurs moulinages en ArdĂšche, Ă  Mayres, Aubenas, entre autres et dĂ©tenteur d’un brevet industriel, c’est aussi un militant radical-socialiste, deux fois candidat Ă  la dĂ©putation. VĂ©tĂ©ran de la Grande Guerre, son registre matricule indique qu’il a reçu la Croix de Guerre pour des actes de courage et de dĂ©vouement Ă  plusieurs reprises, dans le sauvetage de blessĂ©s dans le no man’s land.  Il est apprĂ©ciĂ© de ses hommes comme des dĂ©tenus pour sa diplomatie, sa tolĂ©rance. Il se lie d’amitiĂ© avec plusieurs dĂ©tenus dont le peintre allemand Max Ernst qui lui offrira un dessin, L’Ɠil.

Car on dessine beaucoup aux Milles. Dans le camp sont dĂ©tenus de nombreux intellectuels qui s’étaient installĂ©s sur la CĂŽte d’Azur aprĂšs avoir fui l’enfer de leurs pays natals. AndrĂ© Fontaine dans son article citĂ© plus bas, a recensĂ© la prĂ©sence de 52 Ă©crivains, 50 journalistes de la presse Ă©crite et de la radio, 20 scientifiques, 10 musiciens, 9 mĂ©decins et donc des peintres de renom, Max Ernst, Max Lingner, Robert Liebknecht, Hans Bellmer, Gustave Ehrlich, Franz Meyer
 Une universitĂ© populaire se met en place avec des cours, des activitĂ©s artisanales et artistiques. Le soir, les hommes se rĂ©unissent aux catacombes, aux katacombes plutĂŽt, des anciens fours, des petites alvĂ©oles de libertĂ©,pour donner des confĂ©rences, jouer des spectacles
 De nos jours, la visite du camp des Milles fait dĂ©couvrir les Ɠuvres murales laissĂ©es par les artistes. 

Photo extraite du livre Des Indésirables (1999)

Avec la dĂ©bĂącle de l’armĂ©e française consĂ©cutive Ă  l’attaque allemande du 10 mai 1940 puis la signature de l’armistice du 22 juin suivant, Charles Goruchon dĂ©cide de transfĂ©rer une partie des dĂ©tenus des Milles vers le Sud-Ouest pour Ă©viter qu’ils tombent aux mains des Allemands, arrivĂ©s jusqu’en moyenne vallĂ©e du RhĂŽne. C’est l’épisode du train-fantĂŽme. Les Milles, Marseille, Arles, SĂšte pour le premier jour, Toulouse, Tarbes, Lourdes, Pau, Bayonne. Une rumeur annonce l’arrivĂ©e imminente des Allemands dans cette ville. Demi-tour et retour vers le Sud-Est jusqu’à NĂźmes oĂč les dĂ©tenus sont admis Ă  Saint-Nicolas, commune de Sainte-Anastasie, aprĂšs une longue marche. Pendant des arrĂȘts, nombre de prisonniers feront la belle, sous l’Ɠil pas toujours trĂšs attentif de leurs surveillants ardĂ©chois. Cette histoire est narrĂ©e dans un film de fiction de SĂ©bastien Grall : Les Milles- Le train de la LibertĂ©, sorti dans les salles en 1995. Charles Garuchon y est appelĂ© Perrochon et l’histoire romancĂ©e est toutefois relativement conforme Ă  la rĂ©alitĂ©. 

Quant aux femmes et aux enfants, elles n’ont pas connu le camp des Milles mais Ă©taient retenus dans trois hĂŽtels de Marseille, Bompard, Levant et Terminus des Ports.

Le camp des Milles, premiÚre étape de la Solution Finale

C’est Ă  l’automne 1940 que le rĂ©gime de Vichy va s’intĂ©resser aux camps de concentration et par consĂ©quent Ă  celui des Milles. L’armĂ©e française Ă©tant dissoute, c’est le ministĂšre de l’IntĂ©rieur qui reprend l’affaire. Les militaires ardĂ©chois sont dĂ©mobilisĂ©s en dĂ©cembre et des civils recrutĂ©s spĂ©cialement pour cette tĂąche les remplacent. La discipline se durcit sous les ordres d’une hiĂ©rarchie adhĂ©rente Ă  la collaboration. 

Le camp des Milles travaille toujours en liaison avec d’autres structures plus petites dans toute la rĂ©gion. Les internĂ©s sont rĂ©guliĂšrement trimballĂ©s d’un camp Ă  un autre, en fonction des besoins en personnel, ici ou lĂ . Parmi les satellites des Milles, on trouve le camp de Loriol dans la DrĂŽme, un local industriel rasĂ© maintenant, prĂšs de la zone artisanale des Blaches. Un MĂ©morial a vu le jour aprĂšs la disparition du hangar.

Article antisĂ©mite particuliĂšrement abject du journal collaborationniste L’Émancipation en date du 25 avril 1942 (origine: Retronews)

A cette Ă©poque, le rĂ©gime de Vichy ferme les yeux sur les dĂ©parts d’IndĂ©sirables vers les AmĂ©riques. Des associations caritatives Ɠuvrent dans le camp comme Ă  Marseille, des associations protestantes, des Quakers, juives. En 1941, un sous-marin anglais passe chaque semaine dans une calanque et emporte quinze heureux candidats Ă  l’exil. A Marseille, une association amĂ©ricaine, l’Emergency Rescue Committee, s’occupe clandestinement d’exfiltrer les Juifs
 Elle travaille en relation avec le camp des Milles mais est Ă©troite surveillĂ©e par les services de police commandĂ©s par un ancien officier de marine, Maurice de Rodellec du Porzic. Cette lutte sans merci est racontĂ©e dans une sĂ©rie fictionnelle de Netflix Transatlantique, diffusĂ©e en 2023. Le collaborateur parvient Ă  faire expulser le journaliste amĂ©ricain Varian Fry puis Ă  faire cesser les activitĂ©s de l’ERC. Maurice de Rodellec du Porzic, en plus de sa direction de la Police Ă  Marseille, supervisait aussi le camp des Milles.

Au camp des Milles, on doit noter l’Ɠuvre du pasteur Manen qui va se dĂ©mener pour adoucir les conditions de vie des dĂ©tenus et permettre le dĂ©part de ceux qui le pouvaient. 

En janvier 1942, les Nazis Ă©noncent les principes de la Solution Finale, l’extermination des Juifs, lors de la ConfĂ©rence de Wannsee prĂ©sidĂ©e par Reinhard Heydrich. Le RĂ©gime de Vichy va accepter de collaborer en fournissant des contingents de Juifs pour ĂȘtre envoyĂ©s vers les camps de concentrations en Allemagne. C’est ainsi qu’à la fin de l’étĂ© 1942, pas moins de cinq trains partiront des Milles en emmenant des hommes, femmes et enfants pour Auschwitz via Drancy.

Les convois :

  • Le 11 aoĂ»t : 262 personnes partent pour Drancy, 236 continueront vers Auschwitz. EnfermĂ©s dans les wagon le 10 au soir, les lamentations de ces malheureux durant toute la nuit vont dĂ©chirer les cƓurs des habitants du village voisin.
  • Le 13 aoĂ»t : 538 Allemands, Autrichiens et Polonais transfĂ©rĂ©s vers Drancy, tous seront dĂ©portĂ©s Ă  Auschwitz
  • Le 23 aoĂ»t : 134 personnes venus des Groupements de Travailleurs Étrangers travailleurs Ă©trangers transfĂ©rĂ©s vers Drancy
  • Le 02 septembre : Ă  la suite de la rafle des 25 et 26 aoĂ»t en zone sud,   1 200 Allemands, Autrichiens, Russes et Polonais sont regroupĂ©s aux Milles ; 574 partent pour Drancy dont 558 continueront vers Auschwitz
  • Le 10 septembre : 713 hommes venant du camp de Rivesaltes transitent par les Milles avec d’ĂȘtre transfĂ©rĂ©s Ă  Drancy, 571 partiront pour Auschwitz

Pas moins de 2 000 personnes auront quittĂ© les Milles pour l’Allemagne.

La dĂ©sinformation, la bĂȘtise et la violence de cet article du quotidien collaborationniste Le Cri du Peuple en date du 28 janvier 1942 (origine Retronews)

Le 11 novembre 1942, la zone sud est occupĂ©e par les Allemands (pour les territoires Ă  l’ouest du RhĂŽne et la CĂŽte d’Azur donc les Milles) et les Italiens (pour les rĂ©gions Ă  l’est du RhĂŽne). Le camp est vidĂ© de ses derniers occupants et le 04 dĂ©cembre, la Wehrmacht rĂ©quisitionne les lieux pour ses troupes puis, plus tard, en fait un dĂ©pĂŽt de munitions. 

En 2013, le MĂ©morial du camp des Milles est inaugurĂ© sur les lieux-mĂȘmes oĂč les murs peuvent tĂ©moigner de ce monstrueux passĂ©. C’est le seul camp de concentration français conservĂ© intact et ouvert aux visites.

Librement inspirĂ© de l’article d’AndrĂ© Fontaine Le camp des Milles (septembre 1939-mars 1943)- Historique provisoire publiĂ©dans la revue Cahier d’Études Germaniques n°5 en 1981, pages 287 Ă  322 ; du chapitre sur les militaires ardĂ©chois du camp des Milles dans le livre Des indĂ©sirables. Les camps d’internement et de travail dans l’ArdĂšche et la DrĂŽme durant la Seconde Guerre Mondiale Ă©crit conjointement par Vincent Giraudier, Jean Sauvageon, HervĂ© Mauran et Robert Serre ; pages 113 Ă  117 ; Ă©ditĂ© en octobre 1999 aux Éditions Peuple Libre & Notre Temps.

Le MĂ©morial du camp des Milles peu aprĂšs son inauguration en 2013. Ci-dessous, les murs de l’ancienne briqueterie racontent l’histoire du camp de concentration: fresque murale Ă  la cantine, oeuvre de Karl Bodek, assassinĂ© Ă  Auschwitz en 1942 aprĂšs ĂȘtre passĂ© par les Milles.

Un reportage en trois épisodes dans le quotidien collaborationniste Le Cri du Peuple, en date des 26- 27 et 28 janvier 1942

Un autre journal Aujourd’hui en date du 19 janvier 1942… toujours la mĂȘme haine !

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ARDÈCHE RÉSISTANCE: LE CAMP DE CHABANET

Le XXĂšme siĂšcle aura inventĂ© la notion de camp
 camps de prisonniers, camps d’internement, camps de rĂ©tention, camps d’hĂ©bergement, camps de sĂ©jour surveillĂ©, Groupements de Travailleurs Étrangers, camps de concentration, terme inventĂ© par les Britanniques lors de la seconde guerre des Boers en Afrique du Sud…. et bien sĂ»r, au stade suprĂȘme, camps d’extermination. En France, de 1939 Ă  1946, on estime Ă  600 000 le nombre de personnes qui connaĂźtront Ă  un moment un camp français. Pour tous les dĂ©tenus, c’est l’arbitraire, l’enfermement, la promiscuitĂ©, le froid, la faim, l’insalubritĂ©, les Ă©pidĂ©mies, les maladies et quelquefois, trop souvent, la mort. MĂȘme si cela n’est pas notre sujet, on n’oublie pas les stalags et oflags allemands oĂč des centaines de milliers de jeunes militaires vont perdre cinq ans de leur jeunesse et les sinistres camps d’extermination nazis dont la finalitĂ© Ă©tait la mort programmĂ©e mais ce sont des sujets diffĂ©rents. 

Le camp de concentration de Chabanet va ĂȘtre ouvert pendant onze mois, de fĂ©vrier 1940 Ă  janvier 1941. Il reprendra du service, un temps, Ă  la LibĂ©ration pour accueillir les vaincus de la guerre, Allemands et Collabos.

Ouverture du camp en fĂ©vrier 1940 ! Cela interpelle ! Chabanet n’est pas l’Ɠuvre de Vichy ou du IIIĂšme Reich mais bien de la IIIĂšme RĂ©publique et du gouvernement d’Edouard Daladier ! Avant d’aller plus loin, situons les lieux. 

Privas, prĂ©fecture de l’ArdĂšche, est situĂ© dans une cuvette, la plaine du Lac, protĂ©gĂ© Ă  l’adret par des hauteurs environnantes ; Ă  l’ubac, le Coiron et aux deux-tiers de cette montagne, le hameau de Chabanet, quasi abandonnĂ©. Des cartes postales du dĂ©but du XXĂšme siĂšcle montrent un joli petit complexe hĂŽtelier Ă  Chabanet. Manifestement, en 1940, il n’était plus en service et ce ne sont pas des chambres proprettes qui allaient accueillir les dĂ©tenus, loin de lĂ  ! En revanche, ubac signifie froid en hiver, vent du nord glacial et peu d’abri, absence de soleil, chemin d’accĂšs difficilement praticable pendant de longs mois donc ravitaillement incertain. Le responsable du camp en octobre 1940, AndrĂ© T., Ă©crira d’ailleurs trĂšs officiellement Ă  sa hiĂ©rarchie dans un rapport : l’expĂ©rience dĂ©montrera certainement l’impossibilitĂ© de continuer l’exploitation et l’administration d’un Ă©tablissement (le camp de Chabanet) créé surtout pour des sĂ©jours d’étĂ© !  Si le responsable du camp, lui-mĂȘme, l’avoue !

Photo des lieux avec un groupe d’internĂ©s. Source: Peuple de la nuit (Alberte et AndrĂ© CAYRON, Ă©ditions La Fontaine de SiloĂ©, 1998) page 203.

Pourquoi la IIIĂšme RĂ©publique s’est imposĂ© l’obligation de mettre des personnes dans des camps ? Une croyance, celle de la VĂšme colonne, la lĂ©gende de la VĂšme colonne inventĂ©e par les Nationalistes lors de la guerre d’Espagne, pour parler d’agents ennemis infiltrĂ©s dans les rangs ennemis pour gripper les rouages des armĂ©es, de la dĂ©fense. Du coup, tout Ă©tranger devient suspect ; Allemands, Autrichiens, Italiens, rĂ©fugiĂ©s en France, Espagnols (mais eux Ă©taient dĂ©jĂ  dĂ©tenus), sont arrĂȘtĂ©s et regroupĂ©s dans des camps de concentration, comme celui des Milles prĂšs d’Aix-en-Provence, pour le sud de la France. Le mĂȘme phĂ©nomĂšne s’était produit, en petite ampleur, lors de la Grande Guerre Ă  l’encontre des Alsaciens-Lorrains devenant d’un coup, de potentiels dangers. La IIIĂšme RĂ©publique va donc rechercher et enfermer des antifascistes, des antinazis, des dĂ©mocrates sincĂšres mais Ă©trangers de peur que d’un seul coup, un instinct nationaliste se rĂ©veille chez eux et amĂšne ces apatrides Ă  donner un coup de main Ă  ceux qu’ils avaient combattus et fuis ; Ă  ceux qui, s’ils gagnent la guerre (ce qui se produira), se dĂ©pĂȘcheront de les liquider aprĂšs les avoir retrouvĂ©s
 facilement
 dans des camps
 (ce qui se produira aussi) ! Raisonnement lunaire !

A cĂŽtĂ© de cela, le 20 aoĂ»t 1939 est signĂ© le pacte germano-soviĂ©tique Ribbentrop et Molotov, aux noms d’Hitler et Staline, une alliance de circonstance de non-agression entre l’Allemagne et l’URSS. Le Parti Communiste Français infĂ©odĂ© Ă  Moscou est dissout et ses militants encartĂ©s ou de simples sympathisants, des syndicalistes de la CGT, des journalistes jugĂ©s trop engagĂ©s, deviennent suspects, dangereux pour la sĂ©curitĂ© de l’État. Comme pour les Étrangers, la RĂ©publique va arrĂȘter et regrouper ces hommes dans des camps de concentration alors que la plupart d’entre eux sont abasourdis par cette union contre-nature du Bien avec le Mal absolu, du « Petit PĂšre des Peuples » avec le Diable et ne souhaitent la victoire du Reich. Chabanet va accueillir alors des communistes venus du Gard, du Vaucluse, des Alpes-Maritimes, des Bouches-du-RhĂŽne, du Var et des Alpes-de-Haute-Provence, des militants mais aussi des Ă©lus, des responsables de sections. Les communistes ardĂ©chois, eux, sont dirigĂ©s en principe vers des camps hors de leur dĂ©partement, au moins au dĂ©but puisqu’aprĂšs la rafle des 27, 28 et 29 mai 1940, une quarantaine d’autochtones rejoindront Chabanet. Parmi eux, Joseph Thibon qui deviendra aprĂšs la guerre, maire du Teil. Le nombre de deux cents dĂ©tenus sera alors atteint dans le camp privadois. 

Les conditions de vie Ă  Chabanet ? Un seul mot peut les qualifier : inhumaines ! Dans une ferme Ă  demi-abandonnĂ©e sont installĂ©s deux dortoirs d’une cinquantaine de paillasses : l’un dans les Ă©curies, l’autre dans le grenier. On y met des poĂȘles rudimentaires et mal installĂ©s. Pour le bois de chauffage ? Tout est prĂ©vu
 ce sont les dĂ©tenus qui iront couper le bois dans un ravin proche du camp, difficile d’accĂšs. L’alimentation ? Ce sera un rĂ©fectoire installĂ© dans un hangar sans plafond donc ouvert aux quatre vents et Ă  la pluie. La cuisine ? Comme pour le chauffage, systĂšme D
 comme DĂ©tenu. Quant Ă  la conservation des aliments, trĂšs difficile. Pas de cave pour les entreposer si bien que les lĂ©gumes gĂšlent en hiver et deviennent immangeables. Les sanitaires ? Catastrophiques ! L’eau d’une source est amenĂ©e par une conduite vers une douche et quelques lavabos posĂ©s Ă  la va-vite. Pas de chauffage et
 pas d’eau par temps de gel. Il faut alors aller chercher l’eau avec des seaux. Quant aux W-C, sans « water Â» bien entendu, c’étaient de simples planches posĂ©es Ă  l’extrĂ©mitĂ© du camp. Ils servaient d’ailleurs autant aux dĂ©tenus qu’aux gardiens, quelques braves et pĂ©pĂšres territoriaux suivant Élie Reynier, professeur en retraite, rĂ©sidant Ă  Lyas, farouche antistalinien mais tout de mĂȘme arrĂȘtĂ© comme sympathisant communiste ! Seul privilĂ©giĂ© dans ce dĂ©cor : le chef du camp qui possĂ©dait une chambre chauffĂ©e et avec l’électricitĂ©. Un grand luxe !

AprĂšs la dĂ©faite, le rĂ©gime de Vichy hĂ©rite donc de ce camp Ă  l’étĂ© 1940 et s’en occupe Ă  l’automne. Administrativement, Chabanet devient un camp de sĂ©jour surveillĂ©...  par des gendarmes. En octobre 1940, le camp compte 113 dĂ©tenus dont 15 dĂ©jĂ  hospitalisĂ©s Ă  Privas alors que les premiers froids sont Ă  peine arrivĂ©s. Les hommes ont espĂ©rĂ© ĂȘtre libĂ©rĂ©s puisque ceux qui les ont emprisonnĂ©s ne sont plus au pouvoir mais il n’en sera rien. Et l’hiver 1940-41 sera terrible ! En revanche, c’est de cette Ă©poque vichyssoise que l’on connaĂźt le mieux le camp car tout va ĂȘtre consignĂ©, listes des dĂ©tenus, rapports, consignes, rĂ©clamations
 de vĂ©ritables archives en quelque sorte. 

Le moral de hommes ? La majoritĂ© est rĂ©voltĂ©e par son sort et ils pointent les responsables de leur prĂ©sence en camp, Daladier, Blum, les socialistes, tous responsables de la dĂ©faite et de leurs malheurs. Certains veulent mĂȘme tĂ©moigner Ă  charge au procĂšs de Riom. Ils ne pourront pas le faire, bien entendu. D’autres, une minoritĂ©, se mettent en retrait, refusent de parler politique, font mĂȘme du zĂšle jusqu’à prĂ©senter leurs vƓux au responsable du camp pour le Nouvel An, dans l’espoir d’une libĂ©ration pour bonne conduite. En vain ! Quand le camp de Chabanet sera fermĂ© le 31 janvier 1941, non par humanitĂ© mais consĂ©cutivement Ă  une rĂ©organisation du monde concentrationnaire vichyste, tous les dĂ©tenus partiront vers le camp de Nexon, en Haute-Vienne. 

Source: MusĂ©e de RĂ©sistance et de la DĂ©portation de l’ArdĂšche au Teil.

Pourtant, pour beaucoup, ce sont des hommes d’un certain Ăąge, tous vĂ©tĂ©rans de la Grande Guerre, mĂ©daillĂ©s militaire et pour certains, mutilĂ©s
 des patriotes, en quelque sorte !

Une anecdote montrant la violence des prĂ©jugĂ©s. Janvier 1940, neige, verglas, aucun vĂ©hicule ne peut accĂ©der Ă  Chabanet. Ainsi, un groupe de dĂ©tenus accompagnĂ©s de gendarmes se rend Ă  Privas Ă  pied, par un froid glacial, chercher le ravitaillement. Avant le voyage-retour encore plus pĂ©nible qu’à l’aller car la pente sera rude, tout ce petit monde va se rĂ©chauffer au cafĂ© du coin, gendarmes et dĂ©tenus mĂȘlĂ©s. Il n’en faudra pas plus aux PĂ©tainistes locaux pour qu’ils se dĂ©chaĂźnent, hurlant au loup pour dĂ©noncer le laxisme du systĂšme judiciaire ! Quand la bĂȘtise s’ajoute Ă  l’inhumanitĂ© !

Antoine Monteil, tailleur d’habits et prĂ©sumĂ© communiste ardĂ©chois, originaire de Vallon, fut internĂ© Ă  Chabanet en mai 1940. Par la suite, il fut transfĂ©rĂ© au camp de Chibron Ă  Signes, dans l’arriĂšre-pays toulonnais. Il y dĂ©cĂšde le 15 septembre 1940 Ă  l’ñge de 64 ans. 

Un autre indĂ©sirable a connu une fin brutale pendant la guerre. Il s’agit de JoĂ«l Auguste Mouraret de Vals. Cet ouvrier Ă©lectricien, un temps dĂ©tenu Ă  Chabanet, a Ă©tĂ© fusillĂ© par le Maquis Ă  Aubenas, le 22 septembre 1944, pour trahison. Il avait 42 ans.

Enfin, l’instituteur retraitĂ© Élie Edouard Charles Edmond Reynier du Petit-Tournon, pourtant ĂągĂ© de 75 ans, dĂ©tenu Ă  Chabanet puis Ă  Nexon a subi des violences et n’a Ă©tĂ© sauvĂ© d’une relĂ©gation en AlgĂ©rie que par l’intervention du recteur de l’AcadĂ©mie de Montpellier en sa faveur.

Le camp de Chabanet accueillit dans ses murs, le pĂ©dagogue CĂ©lestin Freinet, originaire des Alpes-Maritimes, fondateur, aprĂšs-guerre, de la mĂ©thode d’enseignement portant son nom. 

Il n’y eut aucune dĂ©tenuE au camp de Chabanet.

Librement inspirĂ© du chapitre sur le camp de Chabanet dans le livre Des indĂ©sirables. Les camps d’internement et de travail dans l’ArdĂšche et la DrĂŽme durant la Seconde Guerre Mondiale Ă©crit conjointement par Vincent Giraudier, Jean Sauvageon, HervĂ© Mauran et Robert Serre ; pages 223 Ă  233 ; Ă©ditĂ© en octobre 1999 aux Éditions Peuple Libre & Notre Temps. 

Élie Edmond Charles Édouard REYNIER de Lyas, enseignant retraitĂ©, anti-stalinien de notoriĂ©tĂ© publique et pourtant internĂ© Ă  Chabanet. Source: Archives DĂ©partementales 07, carte de combattant de la Grande Guerre.

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LES COMMUNISTES ARDÉCHOIS INTERNÉS AU CAMP DE CHABANET APRÈS LA RAFLE DES 28,29 ET 30 MAI 1940

Cela concerne la premiĂšre liste, pour les six derniers, ils l’ont Ă©tĂ© Ă  d’autres dates.

A noter : ° signifie naissance ; + signifie dĂ©cĂšs ; en gras le prĂ©nom d’usage

Liste Ă©tablie en 1946 par Adolphe DemontĂšs (L’ArdĂšche martyre) ; complĂ©tĂ©e par Alberte et AndrĂ© Cayron en avril 1998 (Peuple de la nuit- Une famille ardĂ©choise dans la RĂ©sistance) et livrĂ©e en l’état dans Des indĂ©sirables- les camps d’internement et de travail dans l’ArdĂšche et la DrĂŽme durant la seconde Guerre Mondiale (Giraudier, Sauvageon, Mauran, Serre) en 1999.

IDENTITÉNAISSANCELIEU DE VIEMÉTIERDÉCÈS
ARGOUT Firmin ThĂ©ophile Marius°06/04/1882 Ă  NĂźmes (30)LABÉGUDECultivateur – Maire de LabĂ©gude 1919-1929 et 1944-1945- Rue Ă  son nom+23/10/1962 Ă  LabĂ©gude
ARGOUT Edgar Octave°16/12/1904 Ă  LabĂ©gudeLABÉGUDECultivateur- Musicien – Adjoint au maire de LabĂ©gude+19/06/1985 Ă  LabĂ©gude
BACCONNIER Louis Calixte°28/07/1885 Ă  AntraiguesANTRAIGUESFacteur+26/02/1972 Ă  Aubenas
BACCONNIER FrĂ©dĂ©ric ANTRAIGUESCultivateur 
BERTRAND IrĂ©nĂ©e Paul°14/05/1901 Ă  La SoucheLA SOUCHECultivateur+11/12/1994 Ă  Eyragues (13)
CHAMBON LĂ©on Jean°03/10/1903 Ă  GraviĂšresGRAVIÈRESCultivateur+14/09/1974 Ă  GraviĂšres
CHAMBONNET Georges Henri Joseph°27/03/1893 Ă  Vals-les-BainsAUBENASAgent d’assurances et vendeur d’huiles de moteur – Invalide de guerre+01/02/1958 Ă  Aubenas
CHANCEL SAINT-PIERREVILLESurveillant aux Forges 
CHANGEAT Charles°02/08/1878 Ă  Saint-Donat (26)TOURNON +20/01/1947 Ă  Tournon
CLÉMENT Camille Gabriel°07/04/1893 Ă  Chasse (38)SAINT-SAUVEUR-DE-MONTAGUTEmployĂ© Ă  la Bonneterie CĂ©venole Tinland (Ă  Saint-Sauveur) 
DEJOUX Edmond Marius Albert°10/03/1905 Ă  Prades (La Piolade)LABÉGUDEInvalide civil- NĂ©gociant en alcool  
DELUOL Jules AndrĂ© dit Lucien°14/03/1888 Ă  Saint-PrivatTOURNONInstituteur+14/03/1960 Ă  Aubenas
DEMASSIOL Henri Joseph°08/09/1892 Ă  Vals-les-BainsVALS-LES-BAINSOuvrier Ă©lectricien 
DUGAS Adolphe Pierre EugĂšne°08/01/1870 Ă  TauriersTAURIERSCultivateur et Maire de Tauriers+21/07/1950 Ă  Tauriers
DUPLAN Marcel Paul°10/11/1901 Ă  AntraiguesANTRAIGUESChapelier 
ESCOFFIER Paul Nurma°27/04/1874 Ă  Vallon-Pont-d’ArcVALLONHorloger+27/04/1951 Ă  Vallon-Pont-d’Arc
FARGIER Georges°12/07/1905 à GluirasSAINT-SAUVEUR-DE-MONTAGUTChef cantonnier+06/02/1975 à Lamastre
FAURE Jean VALS- LABÉGUDE  
FROMENTIN Camille°04/12/1892 Ă  ChassagnesCHASSAGNESCultivateur 
GRAND Louis°08/03/1884 Ă  Lirac (30)ou°1884 Ă  Roquemaure (30)LE TEILEmployĂ© au PLM+12/07/1953 Ă  Saint-Marcel-d’ArdĂšcheou + ???
ISAAC Marcellin°25/11/1886 à ViviersVIVIERSCoiffeur+15/11/1957 à Le Teil
JOUVE Adrien Ernest°11/09/1883 Ă  Saint-GermainLE TEILEmployĂ© au PLM+14/02/1961 Ă  Vallon-Pont-d’Arc
LAGARDE Pierre°25/12/1894 à Vals-les-BainsAUBENASMenuisier+12/04/1974 à Rocher
MANDRANT RenĂ© Marie Antoine°09/02/1897 Ă  Roanne (42)LE TEILEmployĂ© au PLM+28/12/1976 au Teil
MICHEL SAINT-SAUVEUR-DE-MONTAGUTEmployĂ© Ă  la succursale d’une banque 
MONTEIL Antoine°23/07/1876 Ă  Vallon-Pont-d’ArcVALLONTailleur d’habits+15/09/1940 Ă  Signes (83)Mort alors qu’il est dĂ©tenu au camp de Chibron 
MOURARET JoĂ«l Auguste°17/02/1902 Ă  Vals-les-BainsVALS-LES-BAINSOuvrier mĂ©canicien+22/09/1944 Ă  AubenasAccusĂ© de trahison ; fusillĂ© par le Maquis
PRANEUF LĂ©on Auguste°26/11/1883 Ă  FlaviacSAINT-SYMPHORIEN SOUS-CHOMÉRACCultivateur+28/11/1953 Ă  Saint-Symphorien-sous-ChomĂ©rac
REYNIER Élie Ă‰douard Charles Edmond°01/12/1875 Ă  Gilhac (07)LYAS (PETIT-TOURNON)Professeur retraitĂ© – BrutalisĂ© et menacĂ© de dĂ©portation en AlgĂ©rie – SauvĂ© par intervention du recteur de Montpellier°01/09/1953 Ă  Lyas
SAUNIER Claude Louis°16/11/1877 Ă  Aps (Alba-la-Romaine)FLAVIACRetraitĂ© 
SAUREL Firmin°1900 Ă  Saint-Julien-Saint-AlbanFLAVIACCoiffeur 
TESTARD Charles LE TEILTourneur Ă  la MĂ©tallurgie Bourgeas 
THIBON Joseph°31/10/1888 à Chandolas (07)LE TEILEmployé au PLM- Maire du Teil 1945-1954+ 03/05/1972 au Teil
TRACELLIER François°30/09/1891 à Le CheylardLE CHEYLARDCordonnier+17/12/1950 au Cheylard
TRACOL François LE CHEYLARDCordonnier 
VERNET Charles VIVIERSFacteur 
     
CHAMBOULEIRON Tonin LE TEILArrĂȘtĂ© le 04 juin 1940 
MANDRANT RenĂ© Marie Antoine°09/02/1897 Ă  Roanne (42)LE TEIL EmployĂ© au PLM- ArrĂȘtĂ© le 30 aoĂ»t 1940+28/12/1976 au Teil
MATHEVET Hippolyte°18/03/1895 Ă  MeyrasPRADESEmployĂ© au PLM- ArrĂȘtĂ© le 06 juin 1940+22/01/1982 Ă  Prades
MOULIN Aimé°25/09/1894 Ă  ChomĂ©racLABÉGUDEArrĂȘtĂ© le 05 mars 1940 
PLANCHE Élie EugĂšne°28/10/1903 Ă  JoyeuseJOYEUSEArrĂȘtĂ© le 22 mai 1940+01/12/1964 Ă  BollĂšne (84)
PIALAT Roger alias Pierlot°18/01/1921 Ă  LORDONNOIS ou LIGNY-LE-CHATEL (89)UZERAgent Technique des PTT- ArrĂȘtĂ© le 22 mai 1940+11/05/1989 Ă  RosiĂšres (inhumĂ© Ă  Uzer)

Quelques portraits de ces internés ardéchois, pour beaucoup vétérans de la Grande Guerre.

CLÉMENT Camille Gabriel

DELUOL Jules André dit Lucien

DEMASSIOL Henri Joseph

FROMENTIN Camille

MANTRANT René Marie Antoine

MATHEVET Hippolyte

MONTEIL A ntoine

MOULIN Aimé

REYNIER Élie Édouard Charles Edmond

Sources des neuf photos ci-dessus: Archives DĂ©partementales de l’ArdĂšche, cartes de combattant de la Grande Guerre.

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RÉSISTANCE ARDÈCHE- LA DESTRUCTION DU PONT DE VIVIERS DANS LA NUIT DU 24 AU 25 AOÛT 1944

INTRODUCTION

Les ponts du RhĂŽne pendant la Seconde Guerre Mondiale
 
Du 20 juin 1940 au 02 septembre 1944, tous les ponts du RhĂŽne et de la SaĂŽne, de la Camargue Ă  la ville de Lyon comprise, vont subir des destructions. Rares sont les ouvrages qui en sortiront indemnes. Les destructions se feront en deux temps et trois mouvements
 
Du 20 au 24 juin 1940, les troupes allemandes s’approchent de la vallĂ©e du RhĂŽne par le nord. L’ArmĂ©e française ne pouvant les bloquer sur le terrain, dĂ©cide de dĂ©truire les ponts du RhĂŽne et de l’IsĂšre. Le GĂ©nie va dynamiter les ponts de Vernaison Ă  Viviers. Fin du premier Ă©pisode le 24 juin. La majoritĂ© des ponts va pouvoir ĂȘtre rĂ©parĂ©e avant le dĂ©but du second Ă©pisode.
 
En prĂ©ambule au dĂ©barquement de Provence du 15 aoĂ»t 1944 et durant la seconde quinzaine d’aoĂ»t, l’aviation anglo-amĂ©ricaine avec l’aide quelquefois de la RĂ©sistance locale, va dĂ©truire les ponts d’Arles Ă  Saint-Vallier. La population civile va beaucoup souffrir des effets collatĂ©raux de ces attaques aĂ©riennes peu prĂ©cises !
 
AprĂšs la Bataille de MontĂ©limar, le gros des troupes allemandes se trouve dans le nord de la vallĂ©e du RhĂŽne. De Saint-Vallier et jusqu’au nord de Lyon, les choses s’inversent. Ce sont les Allemands qui souhaitent voir l’avance des AlliĂ©s retardĂ©e. Ce sont eux qui dynamitent avec plus ou moins de succĂšs et les ponts du RhĂŽne et de la SaĂŽne Ă  Lyon.
 
Pour les amateurs de statistiques
 
Dans le Delta, Arles compris : sept ponts et deux bacs. Six ponts et un bac dĂ©truits. A noter toutefois que les ponts suspendus de Fourques, Saint-Gilles et SylvĂ©rĂ©al et le bac du Sauvage l’ont Ă©tĂ© par les Allemands et non les AlliĂ©s.
Dans la vallĂ©e, du nord d’Arles Ă  Vernaison : vingt-neuf ponts, vingt-huit dĂ©truits, la charge explosive posĂ©e par les Allemands sur le viaduc ferroviaire de Payraud n’ayant pas eu l’effet escomptĂ©.
A Lyon, sur SaĂŽne et RhĂŽne confondus, trente ponts, seulement deux intacts par le courage d’un RĂ©sistant.

NARRATION DE LA DESTRUCTION DU PONT SUSPENDU DE VIVIERS SUR LE RHÔNE PAR UN COMMANDO AMÉRICAIN AVEC L’APPUI DU MAQUIS

Dans la nuit du 24 au 25 juillet 1944 et sous le commandement de Pierre Fournier, un groupe de l’O.G. amĂ©ricain avec le Capitaine Rick et douze hommes, le Groupe Franc Crespy se rendent au pont de Viviers. Le plus effarĂ© dans l’affaire est le cantonnier habitant prĂšs du pont Ă  qui son ingĂ©nieur dit qu’il faut dĂ©mĂ©nager dans les 20 minutes
 car on va « faire sauter Â» l’ouvrage. Que de questions ont pu dĂ©filer dans la tĂȘte du brave homme qui n’a reçu jusque-lĂ  que des consignes rigoureuses de surveillance et d’entretien ?

A 0h30 les cĂąbles sont coupĂ©s Ă  l’explosif aprĂšs que les artificiers US aient fait leur travail. Encore mieux, le platelage touchant l’eau empĂȘche tour passage.

Ainsi les vedettes rapides allemandes de MĂ©diterranĂ©e seront vouĂ©es Ă  la reddition ou la destruction, en les empĂȘchant de repartir par la voie utilisĂ©e pour arriver : RhĂŽne- SaĂŽne- Canal du RhĂŽne au Rhin.

Comme il reste de l’explosif disponible, la mĂȘme Ă©quipe dĂ©truit, dans la mĂȘme nuit, le pont ferrĂ© sur la Route Nationale 86 Ă  4 kilomĂštres au sud de Viviers. Une partie des poutrelles du pont est tombĂ©e sur la route. C’est une autre coupure sur cette voie tant malmenĂ©e.

Bravo, dit Alger, pour cette opération.

Texte extrait de Montagnes ardéchoises dans la guerre

de Louis-Frédéric Ducros, tome III, page 212.

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06 AOÛT 1944- LE POUZIN ANÉANTI PAR UN BOMBARDEMENT AMÉRICAIN

Quarante-quatre personnes ont péri sous les bombardements, en août 1944, au Pouzin. Ce bourg du Centre-ArdÚche, situé en vallée du RhÎne, était un point stratégique. Avant et aprÚs le débarquement en Provence, les Alliés avaient repéré, depuis longtemps, des cibles. Mais, larguées à trÚs haute altitude, les bombes ont aussi détruit ou endommagé de nombreux bùtiments civils.

Il est 10 heures 47, le 6 aoĂ»t 1944. Une premiĂšre vague de vingt-sept bombardiers B17 surgit dans le ciel. Des tonnes de bombes explosives sont larguĂ©es pour dĂ©truire le pont ferroviaire et le dĂ©pĂŽt de carburant. C’est le deuxiĂšme bombardement sur Le Pouzin depuis quelques jours. Le plus important et meurtrier. À cette heure-ci, des fidĂšles catholiques et protestants prient Ă  l’église et au temple.

Le tĂ©moignage qui suit a Ă©tĂ© recueilli par l’association pour la recherche du patrimoine du Pouzin, prĂ©sidĂ©e par le docteur François Auzas.

DĂ©jĂ , beaucoup d’enfants sont rassemblĂ©s dans l’église pour ce premier dimanche du mois. Soudain, un grondement sourd, prolongé  Des explosions et, tout de suite, on apprend que le quartier de la gare et le pont Ă  La Voulte viennent d’ĂȘtre bombardĂ©s. Panique ! Le pĂšre-curĂ© Serre fait sortir ses paroissiens, raconte AndrĂ© Blachier. Et d’ajouter : Tel un vol de cormorans, de gros avions, entourĂ©s par d’autres plus petits, brillants au soleil, passent au-dessus de nos tĂȘtes. AussitĂŽt aprĂšs, d’autres vagues passaient et dĂ©truisaient l’église et le sud de l’agglomĂ©ration.

Dans l’ordinateur du mĂ©decin se trouvent de trĂšs nombreuses photos du bombardement, dont celles prises par les pilotes des avions alliĂ©s. Il les montre Ă  la Pouzinoise Claude Poupier, 85 ans : Ce jour-lĂ , les pilotes ont manquĂ© leurs cibles. Mais ils Ă©taient tellement hauts, remarque l’octogĂ©naire. Dans un trou, avec son pĂšre, elle est tĂ©tanisĂ©eLa peur m’avait totalement bloquĂ©e et paralysĂ©e, souffle-t-elle. Sa seule hĂąte Ă©tait de retrouver sa maman : Elle Ă©tait partie Ă  la montagne, pendant que nous Ă©tions allĂ©s chercher des ramiĂšres pour notre chĂšvre et de l’herbe pour les lapins.

En moins d’une heure, l’église, le temple ainsi que les Ă©coles sont entiĂšrement dĂ©truits, et 250 maisons sont endommagĂ©es. Alice Arnaud, disparue depuis, se confiait il y a quelques annĂ©es : Comment oublier le bruit des avions, le sifflement infernal des bombes, les cris des blessĂ©s, le dĂ©sespoir des familles ayant perdu l’un des leurs, le dĂ©sespoir de tout un village devant les ruines des maisons ? » Et de prĂ©ciser : Comme moi, beaucoup d’anciens ne peuvent tirer un trait sur un tel dĂ©sastre.

AprĂšs le bombardement du 6 aoĂ»t, de nombreux habitants ont dĂ©cidĂ© de partir. Claude Poupier et ses parents ont, eux, abandonnĂ© leur maison aprĂšs le 16 aoĂ»t. Ils se sont rĂ©fugiĂ©s sur les hauteurs, Ă  Rompon. Un jour, on a observĂ© une bataille aĂ©rienne. C’était impressionnant ! s’exclame-t-elle.

Le bilan s’est alourdi par la suite, avec la dĂ©couverte d’autres cadavres. Le grand clocher de l’église catholique Ă©tait tombĂ© exactement sur un des paroissiens qu’on ne retrouvera que trois mois plus tard, en dĂ©blayant le tas de pierres Ă©normes, Ă©crit le pasteur BrĂ©mond.

Le 11 juin 1949, la commune reçoit la Croix de Guerre. Le prĂ©sident de la RĂ©publique, Vincent Auriol, s’adresse alors aux habitants : Vous avez supportĂ©, stoĂŻques et patients, car vous saviez que c’était la condition de votre libĂ©ration, les bombardements des alliĂ©s qui dĂ©truisirent les rĂ©servoirs et le pont du RhĂŽne. La proximitĂ© de votre village lui valut d’ĂȘtre rasĂ© presque en sa totalitĂ©, offert ainsi en holocauste au salut de la Patrie.

Le traumatisme est restĂ© ancrĂ© longtemps chez les Pouzinois, Ă  l’instar de Claude Poupier : Â« Pendant des annĂ©es, j’ai eu peur du bruit des avions, mĂȘme des bruits d’artifice. »

Article du Dauphiné Libéré du 06 août 2014. Robin Charbonnier.

Vue du pont du Pouzin en juillet 1940 (détruit par le Génie français)

Autre témoignage sur le bombardement du 06 août 1944 au Pouzin.

Ce jour-lĂ , je gardais mon troupeau sur les crĂȘtes des bois de Bressac qui dominent la vallĂ©e du RhĂŽne. J’ai vu arriver 50 ou 60 bombardiers avec des chasseurs venant des Coirons. Ils ont tournĂ© vers La Garde-Rompon, ils ont lĂąchĂ© des rubans mĂ©talliques su Saint-Cierge-le-Serre puis les bombes sur Le Pouzin d’oĂč je vis dĂ©lever un nuage de poussiĂšre. 

Julien Boissier de Saint-Vincent-de-BarrĂšs, rapportĂ© dans le tome III de « Montagnes ardĂ©choises dans la guerre Â» de Louis-FrĂ©dĂ©ric Ducros, page 260.

Le 15 aoĂ»t est une tragique journĂ©e : la rĂ©gion du Pouzin est Ă©crasĂ©e sous les bombes alliĂ©es. Un peu avant 11 heures, Le Pouzin subit un troisiĂšme bombardement : 27 bombardiers B17 lancent 80 tonnes de bombes, de 7 000 mĂštres, visant un dĂ©pĂŽt d’essence qui est touchĂ© mais poursuivent la destruction de la citĂ©.

MĂȘme source, page 308.

Bilan des trois bombardements alliĂ©s du Pouzin d’aoĂ»t 1944 : 44 morts, des centaines de blessĂ©s dont 8 griĂšvement, 250 immeubles endommagĂ©s dont 161 totalement dĂ©truits. 

Le Mémorial du Pouzin, sur la route de Privas, installé seulement en 2014 ! Les Américains étaient nos alliés en 1944 !

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MAI-AOÛT 1944 – BILAN HUMAIN DES BOMBARDEMENTS AMÉRICAINS DANS LA VALLÉE DU RHÔNE

Bombardement de la ville d’Arles et du pont par les B26 de la Mediterranean Air Force Photographie vers le 20 aout 1944. ©Usis-Dite/Leemage

On a dénombré dans les nombreuses attaques alliées dans la vallée du RhÎne


  • Arles : deux raids, 35 morts et 38 blessĂ©s ;
  • Beaucaire-Tarascon : pas de bilan Ă©tabli, 11 raids, 2 morts et 6 blessĂ©s le 25 juin ;
  • Avignon : 535 morts et 1200 blessĂ©s le seul 27 mai, plus de 600 morts et des milliers de blessĂ©s au total, aprĂšs 37 bombardements (un tous les deux jours). On avait creusĂ© des tranchĂ©es devant les remparts aux AllĂ©es de l’Oulle comme abris pour les habitants de la vieille ville ;
  • Pont-Saint-Esprit : le 15 aoĂ»t, 19 morts, de nombreux blessĂ©s ;
  • Bourg-Saint-AndĂ©ol : 3 raids, le dernier, celui du 15 aoĂ»t fait 146 morts, plus de 350 blessĂ©s ;
  • Le Pouzin : 3 raids, le plus meurtrier, celui du 06 aoĂ»t, en tout 44 dĂ©cĂšs, des centaines de blessĂ©s dont 6 griĂšvement; 250 maisons sinistrĂ©es dont 161 totalement dĂ©truites ;
  • La Voulte : 2 raids, 6 morts ;
  • Valence : 2 raids, celui du 15 aoĂ»t, 280 Ă  300 morts, une vingtaine de morts aux Granges et celui du 18 aoĂ»t, 20 morts Ă  Valence ; encore 20 morts et 200 blessĂ©s le 29 aoĂ»t (mais causĂ© par l’explosion d’un wagon de munitions allemand) ; quelques victimes Ă©galement Ă  Granges-les-Valence.
  • Saint-Vallier : le 16 aoĂ»t, 96 morts et 220 blessĂ©s pour dĂ©truire des ponts sur la Galaure qui ne seront pas touchĂ©s, plus tard, ce sont les rĂ©sistants qui empĂȘcheront la destruction des mĂȘmes ponts, les ordres ayant changĂ© entre-temps et ce sont les Allemands qui dĂ©truiront le pont sur le RhĂŽne !
  • Lyon : le raid du 26 mai 1944, 717 morts, 1129 blessĂ©s, 25 000 sinistrĂ©s. Parmi les secouristes, les pompiers perdront 2 hommes et 13 blessĂ©s; la DĂ©fense Passive, une vingtaine de morts.

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RĂšgle de jeu: CATAN HISTORIES – I coloni d’AMERICA alla conquista del West- LES COLONS DE L’AMÉRIQUE À LA CONQUÊTE DE L’OUEST – VERSION PLATEAU DES COLONS DE CATANE

LES COLONS D’AMÉRIQUE À LA CONQUÊTE DE L’OUEST (jeu non distribuĂ© en France)

LOS COLONOS DE AMÉRICA EN LA CONQUISTA DEL OESTE (distribuĂ© par Devir en Espagne)

Sur le principe des Colons de Catane, les joueurs de ce jeu vont collecter des ressources pour dĂ©velopper leur rĂ©seau ferrĂ© et livrer des marchandises Ă  leurs partenaires de jeu… le gagnant sera le premier Ă  livrer ses marchandises.

Pour moi, jeu beaucoup plus variĂ© et immersif que le jeu de base. Mais beaucoup moins d’extensions… donc moins rentable sur la durĂ©e !… quoiqu’il serait possible d’inventer des extensions aux Colons de l’AmĂ©rique !!!!

Si quelqu’un souhaite la version livret pdf, envoyez un mot pour l’obtenir (44 Mo)

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RĂ©sistance en ArdĂšche – Le massacre des Crottes Ă  Labastide-de-Virac – 1/3 Le Maquis Bir-Hakeim

A l’étĂ© 1942, le Maquis Bir-Hakeim est créé Ă  Toulouse par un petit groupe d’hommes rĂ©unis autour d’un patriote local Jean Capel, dĂ©jĂ  engagĂ© en RĂ©sistance dans le groupe Combat. En mars 1943, aprĂšs l’arrivĂ©e des frĂšres de Roquemaurel, un groupe d’hommes dĂ©terminĂ©s composĂ© d’étudiants, d’ouvriers et de RĂ©publicains espagnols, s’installe dans un hameau, en Aveyron, prĂšs de Villefranche-de-Rouergue, avec pour objectif de lutter contre les Allemands, arrivĂ©s dans la rĂ©gion en novembre 1942. 

Jean Capel

On dĂ©finit le Maquis Bir-Hakeim comme Ă©tant indĂ©pendant, extrĂȘmement mobile et audacieux. 

IndĂ©pendant car il refuse d’ĂȘtre rattachĂ© Ă  un mouvement de rĂ©sistance et va combattre l’occupant comme il le sent sur le terrain, sans suivre aucune consigne venue d’ailleurs.

TrĂšs mobile car ce Maquis, contrairement aux autres, est motorisĂ©. Voitures, camionnettes, motos et mĂȘme camions permettent de prendre la fuite aprĂšs un coup de main et de parcourir de grandes distances pour se mettre Ă  l’abri. Il n’est qu’à voir les deux cartes ci-dessous qui montrent le nomadisme du Bir-Hakeim


Une image contenant texte, ligne, carte, diagramme

Le contenu gĂ©nĂ©rĂ© par l’IA peut ĂȘtre incorrect. 


de mars à fin 1943



de l’épisode de Labastide-de-Virac Ă  sa destruction, le 28 mai 1944, Ă  La Parade, au cƓur du Causse MĂ©jean.

Audacieux car le Maquis Bir-Hakeim n’hĂ©sitait Ă  affronter les Allemands ou les Miliciens chaque fois qu’il en avait l’occasion. Des actions surprises, des replis rapides et des troupes allemandes dĂ©concertĂ©es et obligĂ©es de mobiliser de gros moyens pour essayer de neutraliser ces ennemis invisibles. C’étaient aussi des coups de main pour rĂ©cupĂ©rer de l’essence, du ravitaillement, des armes et munitions, des vĂȘtements, un matĂ©riel dont d’autres Maquis bĂ©nĂ©ficiaient aussi, actions qui prĂ©sentaient quelques risques pour les populations locales comme on va le voir Ă  Labastide-de-Virac !

Ă  suivre

Sources:  Le Maquis Bir-Hakeim de R. MARUÉJOL & AimĂ© VIELZEUF paru en 1947 ; â€Šet la CĂ©venne s’embrasa
de AimĂ© VIELZEUF paru chez Louis Salle (NĂźmes) en 1965. 

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