Tintin et Milou chez les Arumbayas… vous connaissez ?

C’est ainsi que commence l’histoire dans à la fin du mois de janvier 1937. Tintin et Milou viennent de rentrer de l’Extrême-Orient et on peut comprendre la lassitude du héros en tenant compte des conditions des transports de l’époque. C’est loin la Chine mais ça l’était bien plus que de nos jours dans les années 30 !

Tout cela pour voir apparaître dans le numéro du 7 février 1937, les débuts d’une nouvelle histoire…

Enfin, le « vrai » titre n’arrivera que le 14 février…

En bien regardant, cette histoire est devenue ceci dans les albums qui paraissent de nos jours.

La réponse à la question « vous connaissez ? » était donc « Oui, Tintin et Milou chez les Arumbayas était le premier nom de l’album L’oreille cassée » .

Pour les besoins de la mise en page dans Coeurs Vaillants, le découpage des images était un peu différent mais la chute finale de la planche, la même, pour donner envie de lire la suite et donc d’acheter le numéro suivant de l’hebdo. La suite, la voici…

puis une semaine plus tard…

Ce qui donne presqu’un siècle plus tard…

Mais où est donc passée la scène du cauchemar de la sarbacane ?

Avec une seule page publiée chaque semaine dans Coeurs Vaillants, fin décembre 1937, on n’était pas arrivé au bout de l’histoire mais seulement la page 49 d’un album qui en compte 62 en tout.

Heureusement, pour les impatients, on pouvait toujours acheter l’album complet édité par Casterman disponible en France à partir de novembre 1937 (pour la Saint-Nicolas voulait Hergé) en même temps que Tintin au Congo et Tintin en Amérique avec les fameuses pages de garde bleues foncées, une nouveauté pour l’occasion. Des petites de nos jours !

Pour ceux qui veulent vraiment briller lors du prochain repas de famille, même s’ils n’ont jamais lu un Tintin, voir:

http://bdzoom.com/61219/actualites/la-vraie-edition-originale-de-l’oreille-cassee/

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Le Camp GREENE

Un banal livre ancien trouvé dans un magasin solidaire dont ce petit papillon collé sur la première de couverture avait attiré mon regard.

Un texte en anglais assez facilement traduisible:

Association des bibliothèques américaines.
Soldats et marins
Bibliothèque du camp

On peut penser que le livre a été la propriété de la Librairie d’un camp de soldats américains lors d’un des deux conflits mondiaux.

Cet ouvrage portant 1909 comme date de publication à New York et un copyright de 1908, on peut penser qu’il s’agissait de la Première Guerre Mondiale.

En intérieur, un tampon nous indique plus précisément son origine.

Le camp Greene !

De quoi s’agit-il là ?

Le camp Greene était situé à Charlotte en Caroline du Nord, sur la côte est, un de ses états dont on parla beaucoup en novembre dernier lors des élections présidentielles avec des re-comptages des voix à n’en plus finir.

Ce camp fut créé pendant le premier conflit mondial, au moment de l’entrée en guerre des Etats-Unis, pour regrouper et entraîner les troupes qui allaient traverser l’Atlantique pour venir se battre sur le nord et l’est de la France. On y compta jusqu’à 40 000 hommes alors que la ville de Charlotte où était installé le camp ne comptait que 6 000 âmes de plus.

Le nom Greene rend hommage à un grand général américain de la guerre d’indépendance, Nathanael Greene, à la fin du XVIIIème siècle.

Voilà un drôle de voyage pour ce livre qui dut traverser l’Atlantique dans le paquetage d’un des Sammies venu combattre en France.

Il est même précisé que c’était un soldat du 38ème régiment d’infanterie.

Quant au livre par lui-même, on ne peut pas dire que Christopher Hibbault, roadmaker (constructeur de routes) est entrée dans l’histoire de la littérature américaine en France de même que son auteure Marguerite Bryant qui pourtant connut un certain succès outre-Atlantique, au début du XXème siècle.

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Un exercice de conjugaison auquel plus aucun enseignant ne s’oserait de nos jours !

Des cahiers bien tenus par Adrien Guérin en 1883 dans une école de maristes de Caderousse. Adrien Guérin, né en 1872, est alors âgé de onze ans. On est juste avant la mise en application des lois laïques de Jules Ferry.

De tout temps, pour conjuguer un verbe du second groupe, on se sert du fameux finir… finissant vous finissez, vous finirez, ils finirent…

Sauf qu’en 1883, on va découvrir cette page qu’aucun enseignant n’oserait faire copier à ses élèves de nos jours !

Tout simplement jouissif !

L’article aurait dû s’arrêter après ce point d’exclamation.

Sauf qu’après quelques recherches sur RétroNews, on apprend dans l’Eclaireur de l’Ain du 14 décembre 1902…

Après coup, les déclinaisons du bisaïeul sont beaucoup moins marrantes !

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Ah si au début de XXème siècle, on avait fait d’autres choix dans le domaine des transports !!!

« Qu’est devenu le temps, temps bien proche pourtant, où l’on n’osait sortir de Paris en électrique de peur de n’avoir point assez d’énergie pour revenir ?… Maintenant le record pour une voiture électrique munie d’une batterie Fulmen est de 307 kilomètres, la distance de Paris à Chatellerault sans recharger ! »

Voici un article datant de 2010 n’est-ce pas ? Et bien non, pas du tout ! Voici la voiture dont il s’agit:

Une électrolette Krieger qu’on qualifierait de tacot à la première vision…et le journal en question n’était pas l’Automobile mais la revue de sports de l’époque…

…La vie au grand air », n°163, magazine sportif du 27 octobre 1901 (120 ans !) qui allait disparaître à la déclaration de la Grande Guerre.

Un petit mot avant d’aller plus loin : électrolettes pour désigner une voiture électrique… un côté désuet sympathique ! Quel fabriquant oserait ?

Donc, on apprend dans cet article de deux pages qu’en 1901, les voitures munies de batteries pouvait rouler sur plus de 300 bornes sans problème. A cette époque, les 9/10ème de la France ne connaissait l’électricité qu’à travers les merveilles des illuminations à Paris vues dans le Magasin Pittoresque ou l’Illustration et beaucoup attendront encore plusieurs dizaines d’années avant de connaître les bienfaits de la fée électricité dans leur chez-eux au quotidien !

C’est d’ailleurs pour cela que Georges Prade l’auteur du texte prend le soin d’expliquer sur presque 1/3 du texte, ce que sont des volts, des watts et très pédagogiquement, compare les batteries qui se vident de leur courant à des bonbonnes dont on fait couler de l’eau pour entraîner un moulin… Quand elle est vide, tout s’arrête et…

…on rentre comme cela, le chauffeur du riche possesseur de l’électrolette se muant en porteur de brouette !

Bien sûr, en lisant bien, on voit que les 307 km de Paris-Chatellerault ont été parcouru en… 15 heures et 15 minutes ! Soit si on fait un rapide calcul, à la vitesse de 20 km à l’heure ! De quoi admirer la paysage et voir des cyclistes quelque peu sportifs vous dépasser allègrement !

On s’aperçoit aussi, à la vue des illustrations que, comme dans tous les domaines, la course à l’exploit règne dans le petit monde des électrolettes.

Jeantaud, le premier à parcourir 100 km sans recharge puis Jenatzy qui lui fera 6 km de plus !

Puis le Comte de Chasseloup-Laubat fait un Paris-Rouen soit 140 km sans recharge et enfin…

…la bien nommée « Alesia » de Garcin, tenant du précédent record entre Paris et Alise-Sainte-Reine où César vainquit Vercingétorix, soit 262 km avant…

… les 307 km entre Paris et Chatellerault de Krieger avec ses 15h15 de balade sur des chemins caillouteux, quelquefois pavés.

Il faut dire que l’auteur nous précise que les électrolettes possédaient des accumulateurs gigantesques. Pour la première course Paris-Bordeaux de 1895, Jeantaud avait monté une batterie pesant 900 kilogrammes qu’il fallut recharger quatorze fois car la voiture roulait plus vite, à 40km/h. Ce fut ce même Jeantaud qui, en 1899, atteignit la vitesse de 100km/h avec une électrolette ou un fiacre électrique comme on disait aussi ! Fiacre électrique, ça passerait moins bien de nos jours !

En fait, ce sont les fabricants d’accumulateurs qui se livraient cette bataille à l’exploit pour prouver la puissance et la fiabilité de leur matériel.

Oui mais alors, comment percevoir quelques taxes sur ces voitures électriques alors que pour les véhicules à moteurs thermiques, on pouvait allègrement taxer les carburants ?

La solution ? Simple ! Non seulement l’Etat ne s’intéressa pas à la voiture électrique mais on découragea les innovateurs et les innovations ! Au grand dam de la planète et de la santé ! Cent vingt ans plus tard, la note écologique est salée !

Cela n’empêche pas que maintenant, devant l’augmentation du parc automobile électrique, les techniciens de Bercy commencent à chercher comment faire pour taxer l’électricité destinée à recharger les batteries des… électrolettes modernes !

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La grande crue de 1856 racontée dans le Courrier de la Drôme et de l’Ardèche.

C’est un quotidien dont j’avais pu obtenir des photocopies aux Archives Départementales de Valence en ne touchant seulement que… des microfilms. Voilà une frustration assouvie en trouvant ce journal régional, 165 ans après sa parution, le 3 juin 1856…

Tout au long du sillon rhodanien, on rencontre des repères de crue portant cette indication…

On lit RHÔNE et on devine 31 MAI 1856. Il s’agit là du repère posé sur la culée du pont de Rochemaure, rive gauche. Il en existe quatre autres plaques datées du même jour, seulement sur Ancône; plus de 200 sur tout le sillon rhodanien.

Le samedi 31 MAI 1856, c’est donc le jour du paroxysme de cette crue. Le Courrier ne paraissant pas le dimanche, ce sont les nouvelles les plus fraîches de cet événement que les lecteurs liront. Le journal consacrera deux pages sur les quatre qui le composent.

Autant dire que c’est une véritable catastrophe qui s’est abattue sur tout le Sud-Est, de Lyon à la mer mais aussi le long de la vallée de l’Isère et même si le journal n’en fait pas état, pour tous les riverains des moindres ruisseaux descendant des Alpes et des Cévennes.

A Lyon, par exemple, on fait du bateau sur la place Bellecour et les rues avoisinantes et on est très inquiet pour quelques onze cents soldats travaillant sur le chantier d’un nouveau fort sur la rive gauche dont on est sans nouvelles. Des rumeurs avancent la disparition par noyade d’environ trois cents militaires.

Dans le sillon rhodanien, les ponts tombent comme des mouches. Ainsi celui de Rochemaure qui a été inauguré en 1843 a été balayé comme une cabane en bois.

Plus au sud, le pont de Robinet entre Donzère et la plaine de Viviers a connu le même sort.

Bien entendu, tous les villages riverains ont connu l’inondation puisque les digues ont rompu de partout mais la presse ne le sait pas encore. On parle de la destruction de centaines de maisons à Lyon mais ce sera pareil partout ailleurs.

A Valence, les quartiers de la Basse-Ville, les plus proches du Rhône sont sous les eaux. Idem en Avignon.

Les batardeaux des portes des remparts ont été insuffisants et toute la vieille ville est sous plus d’un mètre cinquante d’eau.

La catastrophe est telle que l’Empereur, Napoléon III viendra visiter les lieux sinistrés. On l’annonce à Valence pour l’après-midi du mardi 3 juin.

Il faut reconnaître la réactivité du pouvoir grâce au tout nouveau PLM arrivé à Montélimar seulement deux ou trois ans avant 1856. Le PLM à cette époque, c’était le TGV en l’an 2000 !

Parti de Lyon, l’Empereur s’arrêtera à Valence, Montélimar, Orange, Avignon et Arles. Un dessin de propagande le représentera chevauchant une barque au milieu des flots en furie du Rhône sur fond de pont Saint-Bénézet… En fait, il se contentera à chaque étape de descendre du train pour faire quelques pas… au sec en promettant des aides à la reconstruction. Les crédits arriveront quelques années plus tard dans le cadre d’une reconstruction et d’un aménagement cohérent et global.

Après son périple en vallée du Rhône, l’Emperreur visitera ensuite le val de Loire, également frappée par une crue exceptionnelle. C’était tout un grand Sud-Est de la France qui avait subi un mois de mai 1856 sous des trombes d’eau continuelles.

Sans aucun rapport avec les pages précédentes, en page 4, le Courrier de la Drôme et l’Ardèche nous annonce…

… la toute première ouverture des thermes de Bondonneau, à Allan, suite à la récente reconnaissance par la médecine des bienfaits des eaux des sources locales. Une grande mode pour la bourgeoisie sous le Second Empire d’aller prendre les eaux… chose dont les riverains du Rhône se passeraient bien.

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Qui aurait le code ?

Une carte postale ancienne datant de presque 120 ans, une correspondance entre une fille et son paternel.

Pour le verso, pas de problème…

Par contre pour le recto…

… faut avoir le code !

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Le 15 août 1969, on célébrait déjà le bicentenaire de Napoléon…

…oui mais c’était le bicentenaire de sa naissance, le 15 août 1769, alors que le 5 mai 2021 à 17h49, ce sera le bicentenaire de son décès, à Saint-Helen. En 1769, le roi était alors Louis XV et à Ajaccio, personne ne se doutait que ce heureux évènement chez Carlu et Letitia Buonaparte à Ajaccio, rue Malerba, allait tant changer la face du monde !

Le 16 août 1969, le Provençal s’était paré d’une jaquette exceptionnelle pour raconter les évènements de la veille, une jaquette Bonaparte plus que Napoléon, avec ce dessin de Floutard d’après David, bien entendu.

Le Provençal de Gaston Defferre avait une édition corse. Et puis deux cents mille Corses vivaient en Provence, autant de lecteurs potentiels. Cinquante-deux ans plus tard, aucun quotidien n’oserait cela, un portrait de Napoléon de 45×60 (centimètres) sinon vouloir être taxé de… pas mal de mots (ou maux).

Ailleurs qu’à Ajaccio, que s’était-il passé ce 15 août 1969 ?

Des batailles de rue à Londonderry dans cette guerre civile larvée en Ulster, entre catholiques et protestants, républicains et unionistes… avec pour arbitre les très partiaux paras britanniques, guerre civile dont on craint que le Brexit ne souffle sur quelques braises !

Des cérémonies sur la côté méditerranéenne, du côté de Cavalaire, Sainte-Maxime, La Croix-Valmer… pour célébrer le quart de siècle du second débarquement de 1944, celui de Provence.
A L.A., des obsèques très médiatisées, celles de Sharon Tate, l’épouse de Roman Polanski, assassinée par des membres de la secte de Charles Manson lors d’une abominable tuerie qui avait horrifié le monde entier.

Et puis on parlait de graves accidents de voitures, ici et là, à une époque où chaque année, 15 000 personnes mouraient de la route dans des véhicules aussi sûrs que des boîtes de conserve… mais bien plus rapides !

Et donc, à Ajaccio, le tout récent à défaut d’être tout jeune Président de la République Georges Pompidou était venu spécialement avec Madame Claude (rien à voir avec la série Netflix), célébrer le bicentenaire de l’Empereur.

A gauche sur la photo pour les plus jeunes qui auraient séché quelques chapitres du programme d’histoire ou qui auraient choisi une autre filière. Pompidou-des-sous ! (comme on entendait dans les manifs en Mai 68) avait été élu au mois de juin après la démission de De Gaulle (celui-là, tout le monde doit connaître puisque tous les hommes et femmes politiques actuels en sont fans et n’ont que cette référence à la bouche… même l’héritière de ceux qui ont essayé jadis de le tuer !) la démission de De Gaulle suite à un référendum raté et repoussé par plus de 50% des votants.

Il y avait bien sûr quelques grognards pour encadrer le président comme dans les escaliers de la mairie.

Pour ceux qui auraient vraiment séché tous les cours, ce sont des figurants ! En 1969, les militaires ressemblaient plutôt à cela.

Car dans l’après-midi, il y avait eu un défilé comme dans toute bonne manifestation patriotique qui se respecte précédée par une messe, le matin de ce 15…

… avec un évêque et à laquelle le Président avait assisté. Le goupillon avant le sabre !

On avait aussi invité le Corse le plus célèbre de France…

… après Napoléon, bien sûr, Tino Rossi. Pour ceux qui ne connaîtrait pas, là, ils ne sont pas blâmables, on le voit sur la photo du haut et c’est à lui qu’on doit « Petit Papa Noël ». A Napoléon, on doit le Code Civil, la Légion d’Honneur, le Baccalauréat, un cadastre sérieux… des victoires militaires éclatantes et de grosses raclées et quelques autres broutilles, des erreurs qui font tâche, comme aux Antilles notamment.

On y a parlé un peu politique aussi, le titre de l’article sur le défilé en atteste. La régionalisation était à l’ordre du jour du référendum repoussé et comme à Belfast, quelques foyers autonomistes couvaient qui allaient brutalement s’enflammer à Aléria six ans plus tard, faisant découvrir aux Français qu’ils avaient aussi leur Belfast.

Sur la quatrième de couverture, le Provençal faisait aussi un peu de pédagogie.

Il racontait ce qu’avait été le 15 août 1769, le jour de la naissance du bébé Napoléon.

Le journal nous en apprend un peu plus sur les fêtes du premier centenaire de la naissance de Napoléon, en 1869.

C’était alors le Second Empire, celui de Napoléon III, le neveu de Napoléon, le fils de son petit frère Louis, Louis-Napoléon Bonaparte alias Napoléon-le-Petit, empereur pour un an encore, qui était venu avec Madame, l’Impératrice Eugénie de Montijo mais en fin de mois d’août, pas le 15 ! Bizarre ! Le Président en 1969 sera plus ponctuel.

Le 29, arrivé du yacht présidentiel, « l’Aigle », un nom pas spécialement original, en rade d’Ajaccio après une traversée un peu agitée. Le couple impérial avait fait une halte à Bastia la veille pour ménager les susceptibilités. A Ajaccio, de nombreuses cérémonies attendaient les souverains: première pierre d’une cathédrale, représentions théâtrales, visite à la grotte de Casone (des amas de gros blocs granitiques où la légende dit que Napoléon enfant allait méditer et y imagina ses futures victoires militaires, un élément de la légende napoléonienne!), réceptions et banquets… pour un départ pour Toulon, le 31. Une manière aussi de se ressourcer pour un souverain en fin de règne, aux abois et pas mal chahuté par des mouvements démocratiques ou… royalistes…

Enfin 1969, pour lequel le rédacteur Pascal Bontempi maîtrise parfaitement tous les ingrédients de la cuisine corse assaisonnée à la mayonnaise politique insulaire !

A priori les célébrations de 2021 devraient être moins grandiloquentes… pas seulement à cause de la Covid !!!

Napoléon a un peu moins la cote, ces temps-ci !*

*C Pol dimanche, a évoqué les raisons du rétablissement de l’esclavage aux Antilles, en Guadeloupe et à Haïti, la Martinique étant à l’époque de l’abolition en 1794 britannique et pas concernée.

D’abord l’abolition voulue par la Convention. Pas réellement la fibre anti-esclavagiste chez les Conventionnels et Robespierre en premier lieu. Cette mesure avait été prise dans l’indifférence générale d’une Convention à bout de souffle, cherchant dans cette mesure, un ballon d’oxygène.

Le rétablissement par l’Empire en 1802 du Code Noir n’était pas non plus une volonté farouche de revenir sur un acquis mais juste la manière de régler d’abord des problèmes administratifs locaux. En effet, entre temps, la Martinique était redevenue française, deux statuts différents cohabitaient aux Antilles. Pour unifier l’administration, l’esclavage fut rétabli là où il avait été aboli, ce qui posa d’autres problèmes, celui de citoyens (ce n’était pas encore l’Empire) redevenant des sous-hommes et femmes. Certes, on peut imaginer que quelques colons firent pression pour s’affranchir des salaires avec la ré-instauration de l’esclavage… mais il n’y avait vraiment une volonté farouche de Napoléon de discriminer les anciens-nouveaux esclaves. Avec le recul, on peut aussi imaginer qu’aligner la Martinique sur le statut de la Guadeloupe et de Haïti aurait été plus judicieux ! Haïti était devenu indépendant en 1804, devenant la première république proclamée par des esclaves affranchis.

C’est la Deuxième République qui abolit définitivement l’esclavage le 27 avril 1848. Ce jour-là, François Arago signait les décrets abolitionnistes dictés par Victor Schoelcher.

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Donc le plus long fleuve de France s’appelle AIGUE-NÈGRE, prend sa source dans la forêt de Bonnefoy au-dessous du Mont Mézenc et se jette dans l’Atlantique… (Ouf ! voilà quelque chose qui ne change pas !)

C’est un nombre considérable de livres de géographie qui d’un seul coup, sont bons pour le pilon après cet article du Dauphiné et la logique implacable du raisonnement des inspirateurs de la journaliste Hélène Jaffiol, Samuel Debard, dentiste de métier et Jean Huppert, neurochirurgien, tout deux passionnés par ce sujet… et très pointus.

En donnant un coup d’oeil à la carte ci-dessous, on s’aperçoit que la première des cinq conditions pour que la Loire devienne le premier affluent d’Aigue-Nègre est bien visible….

…le trait noir, celui d’Aigue-Nègre est plus long que n’importe lequel des traits bleus, ceux des sources de la Loire… 4,6km contre 2,5km. Y a pas photo !

Les autres quatre conditions… la source de l’Aigue-Nègre (que le correcteur orthographique n’arrive pas à assimiler depuis le début de l’article- Il faudra qu’il s’y fasse dorénavant !), la source donc est plus haute que celles de la Loire (1 450 mètres contre 1414), le débit est plus important (300 litres/seconde contre 155), le bassin-versant (la surface drainée) plus importante (7,1km 2 contre 3,8) et la pente est la plus douce.

Une démonstration implacable, à croire que les géographes d’antan, ceux qui ont inventé la Loire, avaient reçu quelques pots-de-vin de l’Office de Tourisme ardéchois. Par chance, la source de l’Aigue-Nègre est aussi ardéchoise même si son décor est moins sexy !

Et que ferait-on de toutes les sources « authentique », véritable », « officielle »… de la Loire ? Sans compter sur les associations anti-racistes qui verraient d’un très mauvais oeil arriver un tel nom, stigmatisant une partie de la population ! On pourrait garder le nom original Aïguenaïre mais ce serait les académiciens qui mourraient de crises d’apoplexie, imaginez, un nom Occitan pour le plus long fleuve Français ! Impossible depuis François 1er !

Bon, dommage pour Aïguenaïre, j’ai l’impression qu’on gardera la Loire ! Mais cette histoire était intéressante à conter ne serait-ce que pour prévoir deux visites lors du prochain passage au Gerbier, celle classique aux sources de la Loire et celle crapahutante à la source du plus long fleuve (officieux) de France… ! Ce sera moins dur que de monter en haut du Gerbier !

Article dans le Dauphiné du 23 avril 2021.

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128 POILUS DE CADEROUSSE… 128 DESTINS: Louis Fernand RAYNAUD… le « bon » ce coup-ci.

Effectivement, un article sur le Poilu Louis Raynaud avait été écrit le 31 mai 2018. Sauf que ce n’était pas lui qui est inscrit sur le Monument aux Morts ! Il y a trois ans, un gros doute existait… Aujourd’hui, le vrai Poilu a été trouvé et voici sa fiche matricule allégée de Mémoire des Hommes.

Louis Fernand Raynaud est né à Chusclan le 07 novembre 1896. Il ne fut pas concerné par la mobilisation du 03 août 1914 mais rapidement rattrapé par l’Armée. On en reparlera plus bas.

Son père Simon était aussi originaire de ce village du Gard. D’une première union avec Amandine Monjaud, était née une fille Berthe. Amandine étant décédée, il épousa par la suite Marie Louise Imbert, une fille de Chusclan, de dix-sept ans plus jeune que lui. La famille s’agrandit d’une autre fille, Louise qui ne vécut pas longtemps puis de cinq garçons: Simon ou Edmond né en 1886, Roger en 1888, Louis et son jumeau Charles en 1896 et enfin Joseph en 1904.

Entre 1911 et 1916, la famille franchit le Rhône pour s’installer à Caderousse. Simon père, fermier, vivait au bon vouloir des propriétaires à qui il louait ses bras. Un temps sur une ferme proche du Rhône, à la Tourette, domaine aujourd’hui disparu sous le Centre Atomique de Marcoule, ses grands enfants l’aidaient une fois sortis de l’école. Simon fils, Roger, Louis et Charles devinrent ouvriers agricoles avant leurs services militaires.

Louis et Charles furent appelés en 1915 et rejoignirent tous les deux le 98ème Régiment d’Infanterie de Roanne. Fait bizarre ou erreur de transcription d’un secrétaire militaire, les jumeaux ne furent pas séparés jusqu’en août 1916: 98ème RI du 10 avril 1915 à la fin de cette même année… 16ème RI 9ème bataillon jusqu’en mai 1916 puis 415ème RI jusqu’au 18 août 1916 pour Charles, jusqu’à son décès le 12 septembre 1917 pour Louis. Vraiment étonnant !

C’est dans le secteur de Verdun que Louis Fernand fut grièvement blessé par un éclat d’obus dans le dos, le 10 septembre 1917. Transporté dans un hôpital militaire à Souilly, à une quinzaine de kilomètres au sud de Verdun, il décédait deux jours plus tard, le 12 septembre. On peut penser que la gravité de ses blessures l’aurait laissé lourdement handicapé s’il avait survécu.

Son jumeau Charles sortit sans blessure de la guerre mais garda toutefois des séquelles d’une maladie pulmonaire qui le mit sur le flanc de janvier à août 1918. Il décéda relativement jeune le 02 février 1939 en Avignon alors qu’il avait quitté le travail aux champs pour celui d’ouvrier à l’usine à gaz d’Orange.

Quant au 415ème RI de Marseille dans lequel servirent les jumeaux Raynaud, on parle toujours de lui, plus de cent ans après la fin de la guerre. En effet, Augustin Trébuchon, dernier tué français de la Grande Guerre, le 11 novembre 1918 à 10 heures 55, servait dans ses rangs !

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2020… décidément, une année à grêle…

Le 28 août, vers midi…

Court mais violent orage de grêle.

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