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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… les frères Gabriel et Etienne RAYMOND (partie généalogique).

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt quatrième nom et quatre-vingt cinquième de la liste: Gabriel et Etienne RAYMOND.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Etienne et Gabriel Raymond en respectant l’ordre alphabétique, Gabriel et Etienne en respectant l’ordre chronologique. Qu’importe, deux frères proches, deux destins similaires.

Etienne et Gabriel sont les enfants du couple Raymond-Barre, sans jeu de mot ! Joseph Gabriel Raymond né à Caderousse en 1843 a en effet uni son destin à celui d’Amandine Barre, à Orange, le 30 juin 1880. Elle est bien plus jeune que son époux,  de treize ans son aîné exactement ! Les mariés s’installent à Caderousse dans une grange du quartier du Panier.

Dix mois après les noces vient au monde un garçon, le 24 avril 1881,  prénommé Gabriel Joseph, le futur Poilu… Deux ans plus tard, le 29 juillet 1883, un second garçon vient enrichir le couple, Etienne Esprit Raymond, futur Poilu lui aussi… Prénom original que celui d’Esprit qu’il doit à sa grand-mère paternelle, Esprite Marguerite Gromelle. Un troisième enfant rejoindra la fratrie quelques années après, en 1886, une fille, Noémie Augustine qui aura la chance, elle, de vivre jusqu’en 1967. Voici la fratrie réunie au recensement de 1896 puis…

…à celui de 1906.

Entre les deux dates, les garçons sont allés accomplir leurs obligations militaires. Gabriel l’aîné en premier, ira visiter les Alpes en étant incorporé au 2ème Bataillon de Chasseurs à Pied, unité qui deviendra plus tard la 2ème BCA. Gabriel séjournera dans la capitale des Alpes du 16 novembre 1902 au 23 septembre 1905… trois ans au pied de la Bastille ou au-dessus suivant les entraînements.

Par un système de vases communicants inventé par l’Armée, Etienne, de son côté sera partiellement dispensé de service militaire. Ayant un frère sous les drapeaux, il ne fera qu’une seule année au 58ème Régiment d’Infanterie, du 14 novembre 1904 au 23 septembre 1905 si bien que les deux enfants Raymond retrouveront ensemble leur village natal et la grange du Panier, tous deux munis d’un certificat de bonne conduite.

Deux ans après sa libération, Gabriel Raymond convole en justes noces avec une jeune femme d’Orange, Thérèse Joséphine Rigaud, née en 1885. Ils se marient le 09 février 1907 et s’installent au quartier des Graves à Orange où Gabriel va se mettre au service d’un propriétaire, un certain Reboul. Si l’Etat-Civil numérisé de la Cité des Princes allait aussi loin que celui de Caderousse, on aurait pu répondre à la question… ont-ils eu des enfants ? Mais s’arrêtant en 1897 au lieu de 1912 pour Caderousse (et 1917 pour Ancône)… trouver la réponse prendrait trop beaucoup d’énergie. Mais on peut raisonnablement penser qu’un enfant naquit aux Graves vers 1908. Gabriel et Thérèse regagnent Caderousse fin 1913… pas pour très longtemps pour le chef de famille !

Après 1906, Noëlie ayant également quitté le foyer pour se mettre au service d’un patron, seul Etienne aide ses parents pour mener les terres de leur propriété… jusqu’au 03 août 1914 bien entendu.

A suivre… Les frères Gabriel et Etienne Raymond, la guerre.

 

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Henri Saturnin RAMEL.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt troisième nom de la liste: Henri Saturnin RAMEL.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

C’est le 29 novembre 1897 qu’Henri Saturnin Ramel est né à Caderousse. Il n’avait pas encore dix-sept ans quand la guerre a éclaté et seules les circonstances du conflit l’ont amené au front pour le destin tragique qu’on devine. Si la guerre avait été courte comme tout la monde le prévoyait, si le premier mois de guerre n’avait pas été cette infâme boucherie, il n’aurait rejoint l’Armée qu’en 1918 et aurait eu bien plus de chance de passer à travers les balles allemandes. Oui mais, avec des si… !

Henri est le fils de Louis Joseph Ramel né en 1865. Ce dernier est un enfant du village qui a uni son destin à celui d’une fille de Barbentane, Marie Appollonie Aurouze venue au monde entre Rhône et Durance en 1868. Les noces sont célébrées le 29 avril 1891 à Caderousse et moins d’une année plus tard, nait une petite Marguerite Aimée le 29 mars 1892. C’est le père de Marie qui va aller en mairie déclarer cette naissance car à cette époque-là, le 58ème R.I. d’Avignon a rappelé Louis Joseph pour une période d’un mois d’exercices. Il est là quand vient au monde son second enfant, son fils Henri Saturnin, rue Vénasque.

Voici donc la famille au grand complet au recensement de 1906 avec deux intrus, des cousins qui vivent au foyer de Louis et Marie. Le père exerce le métier d’ouvrier baletier chez le patron Vivet. Henri suivra la trace de son père avant qu’il ne soit mobilisé, le 09 août 1986 à l’âge de 18 ans et 8 mois ! Très très jeune pour aller se faire tuer !

Il rejoint le 99ème Régiment d’Infanterie de Vienne, toujours au bord du Rhône, pour une formation militaire. Il est ensuite viré au 22ème RI en janvier 1917 avant de revenir au 99ème deux mois plus tard. C’est au 299ème R.I. qu’il va connaître son tragique destin. Nous sommes alors en août 1918. Le sort de la guerre vient de basculer et sur tous les fronts, les troupes allemandes reculent. Un retrait combatif et terriblement meurtrier. Preuve de ce retrait, cette illustration montrant l’avancée du 299ème de Ligne entre le 8 et le 11 août 1918, dans l’Oise, du côté de Mareuil-la-Motte.

Une avancée de plus de dix kilomètres en quatre jours alors que les offensives des années précédentes lors de la guerre des tranchées ne permettaient que de petits gains territoriaux sur des temps beaucoup plus longs. Et Henri Ramel dans tout cela ?
A travers les écrits de son registre matricule, on comprend qu’il disparaît corps et âme à un moment et qu’on ne retrouve sa dépouille que le 1er septembre 1918. Les troupes avancent, l’intendance doit suivre et on n’a guère de temps et de personnel pour s’occuper des morts tant on a du travail avec les vivants, qu’ils soient blessés ou indemnes. A partir de la position où le corps a été retrouvé, non loin de Mareuil-la-Motte, à quinze kilomètres au nord de Compiègne, on estime qu’il a été tué le 11 août 1918 et le tribunal d’Orange va confirmer cette date, longtemps après la fin de guerre, dans un jugement déclaratif du 15 octobre 1920.

Le 11 août 1918, Henri Saturnin Ramel était âgé de 20 ans et 8 mois. Court et triste destin ! En dédommagement de cette perte, l’Etat allait octroyer 150 francs à son père le 30 novembre 1918. Le prix d’un homme !

 

La fiche matricule de Henri Saturnin Ramel de Mémoire des Hommes.

Henri Saturnin Ramel, matricule 1 232 de la classe 1917, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Ramel est encore présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Henri Saturnin son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Les frères Raymond.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Louis Antonin POINT.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt deuxième nom de la liste: Louis Antonin POINT.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Louis Antonin Point n’est pas né à Caderousse mais à Orange le 28 février 1883. En effet, son père Louis Auguste est Orangeois de naissance, venu au monde dans la Cité des Princes le 28 mai 1846. Ce dernier va convoler en justes noces avec une fille de Roquemaure, Anne Pauline Richard, certainement vers le 02 janvier 1877. Faute d’Etat-civil du Gard numérisée, on peut lire les deux publications du mariage Point-Richard transcrites à Orange les 19 et 26 décembre 1876.

Très rapidement va naître une fille Marie Angélique arrivée neuf mois après le mariage, le 05 octobre 1877, quartier des Graves à Orange. C’est aujourd’hui la sortie ouest de la ville mais ce devait être à l’époque une grange à la campagne, proche de la route menant à Caderousse. Quatre ans plus tard, un garçon, Félix Joseph venait agrandir la famille le 31 mai 1881, toujours aux Graves. Enfin, c’était au tour du futur Poilu caderoussien Louis Antonin de voir le jour, le 28 février 1883. On constate en cette occasion que le fermier Louis Auguste Point a quitté les Graves pour le quartier Champauvin, une autre appellation du Coudoulet.

C’est là que, moins de quarante jours après la naissance de Louis, ce dernier va se retrouve orphelin avec le décès de sa mère Anne Pauline, le 09 juillet 1883. Suite de couches ? Accident ou maladie ? Les actes de décès en France ne le mentionnent pas contrairement à ceux du Royaume Uni. Voici donc le père devant s’occuper d’une famille de trois enfants tout seul, tout en menant des terres. Pas facile !

On retrouve la famille à Caderousse lors du recensement de 1896.

C’est Marguerite, la mère de Louis Auguste qui s’occupe, malgré ses soixante-douze ans de la ferme au quartier de la Grand Grange. La fratrie est au complet et les garçons donnent la main au père dans les champs. C’est entre 1891 et 1895 que les Point sont venus s’installer à Caderousse.

Sa mère devenant âgée et ne pouvant plus le seconder suffisamment, Louis Auguste va se remarier le 1er mai 1901 à Camaret avec Marie Adélaïde Bourret, huit ans plus jeune que lui. En 1906, le couple vit maintenant aux Cabannes…

Le recensement de 1906.

… Marguerite est décédée en 1905, les aînés ont pris leur envol, seul Louis Antonin est revenu auprès de son père après son service militaire.

Ses classes, il les a faites en Arles, au 58ème Régiment d’Infanterie du 14 novembre 1904 au 23 septembre 1905. Seulement une petite année du fait que son frère Félix Joseph soit sous les drapeaux et que lui doive aider son père aux champs. Cela lui permit  de gagner deux années de service.

Il est toujours là en 1911…

Le recensement du 1911.

… et il ne semble pas s’être marié dans les trois années suivantes qui précèdent la grande déflagration.

Rappelé sous les drapeaux le 04 août 1914 en Avignon, il passe rapidement au 4ème Régiment d’Infanterie Coloniale de Toulon, après la terrible journée du 27 août qui a vu ce régiment perdre 1 475 hommes et 22 officiers en quelques heures, du côté de Luzy-Martincourt, suite à une violente attaque allemande repoussée… mais à quel prix !

C’est dans le secteur de la main de Massiges en Champagne qu’il va subir une grave blessure, une fracture du crâne qui va l’envoyer en service auxiliaire par la commission de réforme. Cela se passa quelques jours avant le 14 avril 1915. Est-ce des complications suite à ce traumatisme ? Ou est-ce après avoir retrouvé son unité après sa convalescence ? Toujours est-il que Louis Antonin Point décède à l’hôpital mixte de Limoges dans la Haute-Vienne le 25 décembre 1915 suite à des blessures de guerre. Triste Noël !

Il était âgé de 32 ans et 10 mois.

La fiche matricule de Louis Antonin Point de Mémoire des Hommes.

Louis Antonin Point, matricule 139 de la classe 1903, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Point est assez répandu sur la rive gauche du Rhône. Si quelqu’un reconnaît en Louis Antoine son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Henri Saturnin Ramel.

Quelques mots sur le parcours militaire de Félix Joseph Point, le cadet de la famille mais aîné de Louis (matricule 286 classe 1901- Avignon)

Joseph rejoignit les Hussards à Tarascon en 1902, le 16 novembre, et d’engagement en rengagements resta à l’armée jusqu’au 05 août 1921. C’est donc pour une militaire de carrière qu’il a quitté Caderousse pour servir dans cette unité à cheval.

Il subit une blessure… avant la guerre, en 1907 quand, au manège, son cheval refusant l’obstacle et le blessa au genou et à la cuisse. Ce traumatisme l’accompagnera tout au long de sa carrière militaire et il obtint finalement une petite pension à sa libération.

En 1917, il quitta l’armée d’active pour servir à l’intérieur. Il avait terminé sa Grande Guerre sans nouvelle blessure.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Louis Antoine POINT.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

On lit sur le monument aux morts les noms de deux concitoyens Point aux noms et prénoms quasi identiques…

…Point Louis (Antonin) et Point Louis Antoine ! Le premier né en 1883 et le second en 1880. Voici la plus grande différence entre les deux. Ils ne sont pas parents mais ont connu la même vie chaotique. Finalement la plus grande ressemblance entre eux, c’est la même difficulté à suivre leur vie avant la guerre, la partie généalogique de leur biographie, à travers état-civils et listes nominatives de Caderousse, d’Orange, de Camaret et de… Laudun et Roquemaure, mais sans archives numérisées, c’est plus rapide !

Commençons par le second inscrit sur le monument, le plus âgé des deux.

Quatre-vingt unième nom de la liste: Louis Antoine POINT.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Louis Antoine est né à Caderousse le 18 février 1880. Son père est né à Caderousse le 21 août 1839 et s’est marié avec Marguerite Pauline Dardun d’Orange le 12 janvier 1878. Les époux sont alors âgés respectivement de 38 et 27 ans.

Au recensement de 1876, Louis Point père vit chez ses parents, quartier Miémart.

Marié le 12 janvier 1878, Louis père se retrouve veuf en août de la même année après le décès de Marguerite. Premier drame ! Il se remarie huit mois plus tard avec une fille de Laudun, Marie Pélagie Mollon, née en 1846 et fille d’un aubergiste puis tonnelier du hameau de L’Ardoise au bord du Rhône. Ces secondes noces seront célébrées dans le Gard le 27 avril 1879. Dix mois plus tard, le 18 février 1880, nait Louis Antoine.

Voici donc toute la famille rassemblée sur la liste du recensement 1886, toujours du côté de Miémart: Louis père et Marie vivent avec Louis fils âgé de 6 ans, la grand-mère paternelle Marguerite Lassiat dont le mari est décédé en 1877  (décès qui a peut-être entrainé le mariage de son fils) et un employé Auguste Lurie.

Cette belle ordonnance sera rapidement bouleversée avec le décès du chef de famille, comme on disait et notait à l’époque. Louis père décède le 04 juin 1889 à la grange de Miémart. Second drame ! Il avait tout juste 50 ans. Marguerite la grand-mère va rejoindre sa fille Caroline mariée avec François Aubert et Marie Pélagie déménage à Orange avec son fils Louis Antoine. Il est plus facile de trouver des ménages à faire ou du linge à repasser en ville qu’à la campagne, dans une ferme isolée au bord de l’eau.

Retour de Marie et Louis Antoine à Caderousse en 1895 ! Marie Pélagie se remarie le 12 janvier 1895 avec François André Bas, veuf lui aussi et vient s’installer dans sa ferme quartier Camblancard, non loin de Miémart. C’est ce que nous indique le recensement de 1896.

A noter au passage la troisième orthographe du patronyme Mollon… Moulon… Moullon, l’exact semblant être la première. A la ferme vivent François et sa fille Joséphine et Marie et son fils, le futur Poilu.

C’est à ce moment que Louis aurait du faire son service militaire. En 1901, il est ajourné. En 1902, il est réformé pour faiblesse. En 1903, il est exempté. Louis souffre d’infantilisme, une maladie thyroïdienne empêchant son développement physique (il ne mesure qu’un mètre 62), psychique et sexuel.

Le recensement de 1906.

11 avril 1907, André François Bas décède à son tour. Troisième drame. Marie Pélagie et son fils disparaissent de la liste du recensement de 1911. Retour à Orange ? à Laudun ? Nous les perdons de vue… mais pas l’armée ! Le 02 décembre 1914, plus d’infantilisme pour Louis Antoine ! Certes, on peut penser qu’il n’a pas bénéficier d’un traitement médical pour régler son problème. Mais la France a besoin de soldats et comme quasiment tous les exemptés d’avant-guerre, Louis Antoine se retrouve « bon pour le service ». Il est affecté au 140 ème Régiment d’Infanterie  de Grenoble le 22 février 1915 Il dut certainement souffrir de l’attitude des autres face à son infirmité. Il passe au 157 ème R.I. en août 1915 puis au 340ème R.I. le 02 janvier 1916.

1916, 21 février… Verdun, les Allemands attaquent et déversent un déluge de feu dans cette bataille qui durera jusqu’en décembre. Le 340ème d’Infanterie se retrouve en première ligne à Thiaumont fin juin-début juillet 1916. Thiaumont, c’est un ouvrage défensif complètement rasé par les combats, situé sur le territoire de la commune de Douaumont, aujourd’hui à quelques hectomètres de l’ossuaire et de la tranchée des baïonnettes.

Du 24 juin au 04 juillet, de très violents combats vont s’y dérouler. Il n’est qu’à voir le bilan  humain au 340ème R.I. de cet affrontement, consigné dans le Journal de Marche de l’unité (d’où est extraite également la carte ci-dessus) pour comprendre que peu d’hommes en rechapèrent intact.

50 officiers et 1 502 hommes de troupe sont mis hors de combat en dix jours. Une hécatombe ! L’officier ayant rédigé le Journal de Marche a consciencieusement noté le statut de ces soldats. Il a noirci de nombreuses pages et parmi cette longue liste, on retrouve Louis Point…

…avec un petit « 1 » dans la colonne des disparus. Il sera considéré comme décédé après le jugement du tribunal d’Orange en date du 26 juillet 1921 qui fixera la date de sa disparition au 28 juillet 1916, cinq ans plus tôt !

Que s’est-il passé ce jour-là ? Quelques bribes de réponse avec cette narration d’une attaque allemande à la grenade puis d’une contrattaque française.

La routine pour des gains territoriaux minimes, bien souvent rapidement perdus.

Le 28 juillet 1916, Louis Antoine Point avait 36 ans et 5 mois.

 

La fiche matricule de Louis Antoine Point de Mémoire des Hommes.

Louis Antoine Point, matricule 241 de la classe 1900, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Point est assez répandu sur la rive gauche du Rhône. Si quelqu’un reconnaît en Louis Antoine son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Louis Antonin Point.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Ange Marie Florent PERRIN.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingtième nom de la liste: Ange Marie Florent PERRIN.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Ange Perrin est né à Caderousse le 17 novembre 1894 ce qui signifie qu’il n’avait pas vingt ans quand la guerre éclata. Pourtant il était déjà à l’armée à la date du 3 août 1914 depuis presque trois mois car il avait devancé l’appel en s’engageant pour quatre ans à la Mairie d’Avignon le 11 mai 1914. L’Armée l’avait envoyé en Algérie au 2ème régiment du Génie. Cette campagne d’Algérie est inscrite sur son registre matricule avant celle qui suivit contre l’Allemagne.

Avant de voyager, les premières années de sa vie se passèrent donc à Caderousse, à l’intérieur des digues, rue de l’Hardy, à l’ouest du village. Ses parents étaient deux Caderoussiens de souche. Antoine Perrin né en 1865 avait épousé Elisabeth Léonie Fusat également née le 20 janvier 1871. Ils se marièrent le 29 octobre 1892 à Caderousse. Ils avaient alors respectivement 27 et 21 ans.

Ange ne fut pas le premier enfant du couple car une Rosalie Jeanne naquit le 12 août 1893. Elle allait décéder neuf mois plus tard. Six mois après, allait naître Ange. On retrouve la petite famille lors du recensement du 1896.

C’est la seule fois qu’on verra les parents d’Ange ensemble sous le même toit, on y reviendra. Deux autres garçons viendront au monde, Joseph Léon en 1896 et Charles Marius en 1897. Ce dernier connaîtra le même sort que sa soeur aînée en décédant à l’âge de neuf mois. Par contre Joseph semble avoir vécu jusqu’à l’âge adulte bien qu’on va le perdre de vue des registres militaires du Vaucluse et des départements voisins.

Après la naissance de Charles Marius, les parents Perrin semblent s’être séparés. En 1901…

 

…Ange vit avec son père rue de la Masse tandis que…

  …Joseph vit avec sa mère chez son grand-père maternel, lui aussi seul, depuis le décès de son épouse.

En 1906, la situation n’a pas changé pour Antoine et Ange qui habitent non loin de l’Hospice…

…mais Elisabeth et Joseph ont disparu des listes nominatives de Caderousse. Pour avoir bien cherché dans l’état-civil de la commune, aucun divorce n’a été prononcé. Peut-être sont-ce des raisons économiques qui ont entraîné cette séparation, la mère allant travailler avec son fils chez un propriétaire ?

Enfin, en 1911, le dernier recensement avant la Grande Guerre laisse dubitatif.

Joseph semble être revenu chez son père qui vit du côté de l’Eglise. Ange n’est plus là, ce qui n’est pas étonnant. Ayant choisi de travailler comme valet de chambre, il a trouvé un emploi en Avignon. Par contre l’épouse du père se prénomme maintenant Joséphine née en 1869. On est loin de son épouse officielle Elisabeth née en 1971. Mais comme en 1911, les recenseurs ont reçu comme consigne de ne pas donner aux femmes  leur réelle identité en les appelant du nom de leurs maris, il est difficile de savoir qui est qui.

Revenons au parcours d’Ange. De retour d’Algérie, il est versé le 20 août 1914 au 15ème Escadron du Train des Equipages comme ordonnance du capitaine. Son métier antérieur l’éloigne quelque peu du front. Peu de temps en fait puisque deux mois plus tard, le 06 octobre 1914, il retrouve une unité combattante avec le 1er Régiment de Zouaves. Puis il passe au 2ème Régiment de Zouaves avec lequel il va à nouveau visiter du pays. En effet, il part sur le front d’Orient dans ce corps expéditionnaire franco-britannique constitué pour aller combattre les Turcs chez eux. C’est la fameuse expédition des Dardanelles qui va se solder par un cuisant échec des Alliés. Le détroit par lequel notre flotte pourrait s’approcher d’Istanbul, le détroit des Dardanelles, est tenu des deux côtés par les Ottomans. Alors est imaginé un débarquement franco-britannique dans la presqu’île de Gallipoli sur la rive européenne du détroit pour ébranler ce dispositif. La partie s’avèrera délicate et la résistance insoupçonnée des Turcs fait s’enliser l’offensive prévue et transforme cette campagne en une terrible guerre de tranchées. Entre le 18 et le 24 juin 1915, le 2ème Zouaves va perdre 638 hommes, tués, blessés, disparus ou prisonniers. Le rédacteur du Journal de Marche de l’unité va transcrire nom après nom la liste de ces hommes. Il va noircir de nombreuses pages, consciencieusement. Par contre, il aura beaucoup moins de travail le 26 juin 1915.

Le 2ème Zouaves, retranché dans le camp de Saddoul-Balois est soumis à des bombardements turcs. Ce jour-là, ce pilonnage ne fera qu’une seule victime, Ange Perrin, tué à la Redoute Bouchet. Sa mort est consignée sur le Journal de Marche.


Il n’avait seulement que 20 ans et 7 mois. Sa dépouille fut ramenée à Caderousse même si plus rien ne l’indique dans le cimetière de la commune.

La fiche matricule d’Ange Marie Joseph Perrin de Mémoire des Hommes.

Ange Marie Joseph Perrin, matricule 416 (contrairement à ce que dit la fiche ci-dessus) de la classe 1914, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Perrin est assez répandu en France. Si quelqu’un reconnaît en Ange Marie Joseph son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie (quelques zone obscures sont à éclaircir !).

A suivre: les Point Louis Antoine totalement homonymes !

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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Fernand Joseph PELLEGRIN.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-dix-huitième nom de la liste: Fernand Joseph PELLEGRIN.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Que fait donc Fernand Joseph Pellegrin sur le Monument aux Morts de Caderousse ? Non pas que sa mort prête à discussion mais ce jeune homme n’a réellement pas longtemps vécu au village. En effet, il nait le 22 décembre 1891 à Laudun, dans le Gard, juste en face du village, de l’autre côté de l’île de la Piboulette d’où sont originaires ses parents Charles Marius Pellegrin et Rosalie Alexia Sant. Il y vit toujours en 1911.

A aucun moment, jusqu’à cette date, les Pellegrin n’apparaissent dans les listes nominatives des recensements à Caderousse. Pas de mariage également de Fernand au village jusqu’en 1912. En effet, cette année-là, le 09 octobre 1912, il est appelé sous les drapeaux au 15ème Escadron du Train des Equipages Militaires. Un cordonnier de métier est utile dans cette unité. Le voilà parti, sans qu’il le sache, pour sept années à l’armée.

Alors, quand a-t-il eu le temps de trouver épouse à Caderousse après 1912 ? Lors d’une permission certainement car je ne vois pas pourquoi ce Gardois serait devenu Caderoussien. On peut penser que son destin s’apparente à celui de Raphaël Marius Ouvier, le Sorguais, marié au village peut avant le déclenchement du premier conflit mondial.

Pour Fernand Pellegrin, après le Train, sa guerre se continue dans l’artillerie lourde, au 19ème Régiment de Nîmes, à partir du 30 novembre 1916. Puis il va connaître d’autres unités, le 115ème RAL le 10 décembre 1916, le 315ème RAL le 06 mars 1918 puis à nouveau au 115ème RAL le 1er juillet 1918 pour le début de l’offensive finale contre le Reich. C’est dans cette unité qu’il va connaître la joie de la fin de la guerre, l’Armistice du 11 novembre 1918.

Mais comme pour nombre de soldats, il ne rentre pas tout de suite dans son foyer. Il faut rester en alerte, l’armistice, c’est le cessez-le-feu, pas forcément la fin d’un conflit. Ce n’est que le 13 août 1919 que l’armée le rend à la vie civile et qu’il prend, depuis la Lorraine redevenue française, le train pour Caderousse où il va se retirer. Et c’est là que le drame survient !

Dans un noeud ferroviaire à Blainville-la-Grande, aujourd’hui Blainville-sur-l’Eau, en Meurthe-et-Moselle, le destin de Fernand Pellegrin va basculer. Deux trains vont se tamponner, comme il l’est indiqué sur son registre matricule, près de la gare de cette ville et Fernand va décéder dans cet accident. Son décès est officialisé par le maire de Damelivières, la ville voisine d’où venait l’autre train tamponneur. Lui qui avait survécu sans blessure à quatre années de Grande Guerre, il disparaissait neuf mois après la fin du conflit le matin du jour où il allait retrouver son village d’adoption. Terrible et cruel destin !

Il avait alors 27 ans et 9 mois et  2 500 jours exactement s’étaient écoulés après le 09 octobre 1912, jour où il avait rejoint le 15ème Escadron du… Train ! Décidément !

Il repose à la Nécropole Nationale Friscati à Vitremont (Meurthe-et-Moselle) tombe individuelle 270.

 

 

La fiche matricule de Fernand Joseph Pellegrin de Mémoire des Hommes.

Fernand Joseph Pellegrin, matricule 1150 de la classe 1911, bureau de recrutement de Pont-Saint-Esprit, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Pellegrin est assez répandu dans le Gard et le Vaucluse. Si quelqu’un reconnaît en Fernand Joseph son ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie (ici, on en a bien besoin !).

A suivre: Augustin Florent Percy.

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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Joseph Augustin PELIN.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-dix-septième nom de la liste: Joseph Augustin PELIN.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Encore un Caderoussien dont le destin s’écrit dans l’Histoire de France… la bataille de la Somme. Le secteur de la Somme à la mer du Nord était tenu par les Britanniques, les Anglais pour faire court mais aussi les Canadiens, les Australiens, les Néo-Zélandais, les fameux ANZAC qui s’affranchirent de la tutelle britannique et bâtirent leurs Nations dans les tranchées de Gallipoli et du Nord de la France.

Une attaque alliée sur la Somme avait germé dans l’esprit de Joffre fin 1915 mais le commencement de l’offensive allemande à Verdun le 21 février 1916 l’avait envoyée aux oubliettes. Dès qu’il le put, le Généralissime la ressortit de ses cartons avec comme excuse de créer une diversion pour soulager Verdun. Avec un espoir secret, celui d’ouvrir la brèche de la percée décisive et d’en être l’inventeur. Comme les Français étaient épuisés par la résistance fournie dans la Meuse, cette attaque fut confiée aux Britanniques. Le 1er juillet 1916 au matin était lancée l’attaque générale sur les positions allemandes que les préparations d’artillerie n’avaient pas trop ébranlées. Ce fut un terrible carnage dans les rangs des Britanniques qui connurent la pire journée de leur histoire militaire. On évalue à 30 000 le nombre de Tommies qui tombèrent sur le sol de la Somme dans les six premières minutes de l’attaque, morts, blessés ou disparus. A la fin de cette journée, 58 000 Britanniques étaient hors de combat dont 19 240 tués.

Et Augustin Pelin dans tout cela ? Le secteur au sud du fleuve Somme avait été confié à des troupes françaises et entr’autre au 8ème Régiment d’Infanterie Coloniale dans lequel servait le Caderoussien. Les Français connurent d’ailleurs dans cette bataille de la Somme qui dura jusqu’au mois de novembre 1916, des succès supérieurs à ceux des Britanniques en avançant d’une douzaine de kilomètres contre quelques dizaines d’hectomètres pour nos alliés. Mais pas de percée décisives et pas de triomphe pour Joffre. Joseph Augustin Pelin fut tué au second jour de l’attaque, le 2 juillet 1916 dans la commune de Herbécourt, un village situé à quelques kilomètres du fleuve.

Le Journal de Marche de l’unité n’ayant pas résisté à des campagnes de plus en plus violentes, on ne saura pas comment Augustin a perdu la vie mais on peut imaginer qu’une balle allemande l’abattit dans le no-man’s-land entre les tranchées ennemies.

Dans le village voisin d’Herbécourt, Frise, sur les berges de la Somme, on retrouve depuis les vues aériennes de Google Maps, les restes des tranchées et des boyaux de la Grande Guerre…

 

Le 2 juillet 1916, Joseph Augustin Pelin était âgé de 28 ans et 4 mois. Il était né le 1er mars 1888 à Caderousse de parents et grands-parents caderoussiens. Son père Marie Claude Véran Pelin avait uni son destin à celui d’Elisabeth Claudine Berbiguier, le 11 septembre 1878. Le couple s’était installé cours de l’Est, cours Aristide Briand de nos jours, dans une maison appartenant aux parents du novi. Ils y vivront pendant toute leur existence commune nous apprend les recensements successifs d’avant-Grande Guerre.

Par contre, Véran (son prénom usuel semble-t-il) va changer de travail assez souvent suivant ces mêmes listes nominatives. Dans sa jeunesse, il semble avoir appris auprès de son père Claude Pelin le métier de scieur de long. Peut-être était-il le renardier, l’ouvrier en dessous du tronc d’arbre, de son père, le chevrier, celui qui était sur l’échafaudage au-dessus du même tronc. Cette méthode millénaire de scier le bois est de nos jours objet de démonstrations dans des fêtes patrimoniales. Dans la suite logique de cette profession, en prenant de l’âge, Véran devient marchand de bois. Il y a de la place sur le cours pour stocker les madriers et les poutres, ou le bois de chauffage ! Quelques années après, nouveau changement d’orientation professionnelle, toujours dans le négoce, mais celui des vins. Enfin, en 1911, il est indiqué propriétaire cultivateur chez qui travaillent ces deux fils, Victor (Claude Victor) né en 1885 et Augustin.

Le couple a en effet eu trois enfants, une fille Julienne Antoinette née en 1879, décédée jeune en 1882 puis les deux garçons. Le 20 novembre 1912, Victor se mariait à Caderousse avec Marie Vaton. A cette date, Augustin faisait ses classes au 58ème R.I. d’Avignon ayant été réformé antérieurement pour des problèmes pulmonaires. Il semblerait qu’Augustin ait eu un accident dans sa jeunesse car l’armée a constaté la présence d’une cicatrice de brûlure au bas de son cou.

Après la guerre, Augustin a été inhumé à la Nécropole Nationale de Dompierre-Becquincourt, à quelques encablures de son lieu de décès.

Toutefois, les siens ont apposé un plaque en sa mémoire sur la tombe familiale au cimetière de Caderousse.

 

La fiche matricule de Joseph Augustin Pelin de Mémoire des Hommes.

Joseph Augustin Pelin, matricule 288 de la classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Pelin est rare en Vaucluse. Si tout de même quelqu’un reconnaît en Joseph Augustin son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Fernand Joseph Pellegrin.

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