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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Paul Ruat.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-huitième Poilu: Paul Auguste Ruat.

Quatrième face du Monument aux Morts.

Paul Ruat est né à Caderousse le 06 janvier 1894. Il appartient à une grande fratrie de neuf enfants mis au monde par le couple formé de Frédéric Victor Ruat et Louise Madeleine Berbiguier.

Victor, le père, est un Caderoussien de souche né en janvier 1856 quartier du Panier. Il travaille à la ferme de ses parents.

Louise, la mère, est née en 1864, plus jeune de huit ans que son mari. Elle passera sa jeunesse dans la ferme paternelle aux Cabanes.

Victor et Louise se marient à Caderousse le 19 avril 1882 et vont s’installer dans un premier temps quartier du Brout. Au fil des actes de naissances de leurs enfants, on apprend qu’ils vont vivre par la suite chemin d’Orange, au Panier, à l’Escient avant de venir s’installer intra-muros au début du XXème siècle rue Pied Gaillard puis rue de l’Hardy et enfin retourner à l’Espinet.

De cette union vont naître donc neuf enfants, quatre filles et cinq garçons. Trois de ces enfants n’atteindront pas l’âge adulte, Augustine née en avril 1889 décèdera quelques mois après sa naissance, Marius Léon né en octobre 1898 disparaîtra à l’âge de cinq ans et neuf mois et Caroline Thérèse venue au monde en février 1903 décèdera en avril 1904. Sa mère Louise la rejoindra dans la mort quelques mois après, le 26 avril 1905.

A cette date, sa file aînée Victoria Louise née en mars 1884 s’est déjà mariée avec Alfred Cappeau le 27 septembre 1902. Elle vivra jusqu’en 1958.

Léonie, la cadette née en 1885 prendra pour époux Jules Pommier le 10 février 1906, on va le lire ci-dessous.

Le premier garçon du couple arrive le 03 juillet 1891. Il s’agit de Gabriel Jules Victor qui, malgré les deux blessures contractées pendant la Grande Guerre atteindra un âge avancé et s’éteindra à Beaucaire en 1985 !

Enfin voici Paul Auguste, le Poilu né en 1894.

Voici donc la première photographie de la fratrie à l’occasion du recensement de 1896.

Victor et Louise, les parents, Victoria, Léonie, Gabriel et Paul, les enfants.

En 1906, la situation familiale a bien changé. Victor élève seul ses enfants puisque Louise est décédée. Victoria l’aînée a quitté le foyer en se mariant, contrairement à Léonie qui y est restée et y a ramené son mari Jules et son fils Henri. Un petit Julien, Jules Jean pour l’état-civil a complété la fratrie. Venu au monde le 09 décembre 1900, il se mariera en 1923 avec Marie Alexandrine Muret.

Les années passent. En 1911, seuls Louis et Julien demeurent avec leur père, quartier de l’Espinet.

De son côté, Paul est toujours présent au village. Il a appris à conduire des véhicules automobiles et il est devenu le chauffeur du docteur Marie Joseph Rochette.

Ce jeune médecin tout juste sorti de la faculté de médecine exerce sa profession au village et habite avec ses parents et sa grand-mère paternelle, quartier de l’Eglise. Les employés de maison, le chauffeur Paul Ruat et la bonne Marie Bonnefoi, résident également sous le même toit.

C’est là que la guerre trouvera Paul. La classe 1914 à laquelle il appartient sera appelée sous les drapeaux par anticipation, en septembre 1914. Le 08, Paul rejoint le 2ème Régiment du Génie à Montpellier.

Une fois n’est pas coutume, commençons par la fin qui mérite qu’on s’y attarde. Né en 1892 et incorporé en 1913, Louis fait partie de ces hommes qui sont sur place quand la guerre éclate et qui vont donc subir un maximum de pertes dans le minimum de temps, le premier mois de la guerre. C’est certainement sa qualité de chauffeur qui lui a fait intégrer cette unité.

Il passe ensuite au 1er Génie de Versailles en octobre 1916 puis cette unité étant scindée en deux pour soulager son administration, il gagnera le 21ème Régiment du Génie à sa création le 1er juillet 1917.

Direction le front d’Orient pour quelques compagnies de cette unité, pour y creuser des tranchées ou des galeries de mines. A Salonique, les Franco-Britanniques appuyés par des Italiens, des Serbes, des Grecs combattent les Bulgares, alliés des Turcs, des Autro-Hongrois et des Allemands.

Ce front sur lequel vont combattre 400 000 Français est loin d’être une destination touristique. Aux risques inhérents de la guerre qui tueront 10 000 combattants s’ajoutent ceux créés par les maladies. L’eau potable manque et pourtant il faut alimenter des centaines de milliers d’hommes en plus des populations autochtones. Des maladies inconnues sur le front oriental décimeront les troupes. Le paludisme tuera 10 000 soldats et rendra malades 150 000 autres qui ne seront jamais reconnus comme blessés de guerre. La dysenterie, le typhus, le scorbut, les maladies vénériennes en tueront 10 000 autres, sans oublier, à la fin de l’état 1918, la grippe espagnole.

C’est de complications causées par ce virus que mourra le Caderoussien Paul Ruat, le 16 octobre 1918 à Lesnicar ou Lesuica en Albanie, non loin de la frontière avec la Macédoine, non loin de la grande ville de Bitola ou Monastir autour de laquelle s’articula longtemps le front.

La ville où était implanté un hôpital annexe s’appelle de nos jours Leshnicë, en Albanie. Le 16 octobre 1918, Paul Ruat était âgé de 24 ans et 9 mois. Il avait eu la joie et le soulagement de vivre la fin des combats en Orient avec la capitulation de Bulgares et l’armistice du 28 septembre 1918.

Mais on continue à mourir de la guerre même quand les combats cessent.

 

Fiche matricule de Paul Auguste Ruat de Mémoire des Hommes.

Paul Auguste Ruat matricule 433 de la classe 1914, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Ruat est encore présent dans le Vaucluse et dans le Gard. Si quelqu’un reconnaît en Paul Auguste un ascendant  indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Emile Sauvage.

Deux mots sur la Guerre de ses deux frères

Gabriel Jules Victor (798-classe 1911 Avignon) soldat dans l’Infanterie, le sera blessé deux fois… le 23 janvier 1915 à Tracy-le-Mont par un éclat d’obus au bras gauche.

Louis Victor (1241-classe 1916) servira dans l’artillerie à compter un 07 janvier 1916, au 38ème R.A. puis au 115ème R.A. Il sortira indemne de la Grande Guerre.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Joseph GROMELLE.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-neuvième nom de la liste: Louis Victor GROMELLE.

La seconde face du monument.

Voici donc avec Joseph Victor Gromelle le Poilu de Caderousse pour l’instant le plus âgé des 49 biographies que nous vous avons présentées depuis mars 2017. En effet Joseph Victor est né le 22 mars 1872 à Caderousse, c’est-à-dire qu’il avait 42 ans et 5 mois à la déclaration de guerre et presque 45 ans le jour de son décès.

Joseph était donc le troisième enfant et seul garçon du couple Antoine Patrice Gromelle né en 1828 à Caderousse et Françoise Marie Echevin d’Orange née le 10 février 1832. Ils s’étaient mariés à Orange 09 février 1856, quelques mois avant la Grande Crue du Rhône dont les hommes ont conservé la trace tout au long de la vallée. De cette union étaient donc nées deux filles, Marie Julie en 1857 et Rose en 1860. Douze années plus tard donc, Joseph était venu les rejoindre.

Extrait du recensement de 1872.

Voici donc la famille au grand complet avec Joseph âgé seulement d’un mois quand l’agent recenseur est passé à la grange de ses parents, quartier Saint-Martin. Les deux grands-mères des enfants sont à la charge du couple d’Antoine et Françoise après la disparition de leurs époux. A cette époque également, les hommes avaient une espérance de vie inférieure à celle des femmes.

On retrouvera une situation quasi identique presque 40 ans plus tard, en 1911.

Extrait du recensement de 1911.

Joseph s’est installée dans la même grange du Pont d’Adam avec Baptistine Rose Martin de 10 ans sa cadette, qu’il a épousé le 24 février 1906. Deux enfants sont nés de cette union, Lucienne en 1907 et Marius en 1908. Un second garçon prénommé Gaston viendra les rejoindre en 1911, après le recensement. Le couple Joseph-Baptistine accueille la mère et la soeur cadette de Joseph. Le travail ne doit manquer au foyer puisque on y trouve également un domestique, Auguste Ponsson  et ses trois jeunes enfants. On peut imaginer qu’une belle tablée se retrouvait tous les soirs autour de la table.

C’est dire les difficultés que rencontreront les femmes quand les hommes seront appelés à la guerre !

Joseph avait fait sa période de formation militaire au 24ème Bataillon de Chasseurs à Pied de Villefranche-sur-Mer du 14 janvier 1894 au 28 décembre 1896. Une incorporation à laquelle il avait failli ne pas pouvoir répondre, en janvier 1894 car il aurait pu être sous les verrous à cette date si le tribunal d’Orange lui avait infligé une peine plus longue que les deux mois de prison dont il avait écopé pour coups et blessures, outrage et rébellion, le 07 octobre 1893. Car ce devait être un impulsif, ce Joseph Victor ! Quelques années après, il récidivait et prenait 20 jours de prison et 300 francs d’amende pour coups et blessures volontaires, peine prononcée à Orange le 26 septembre 1903.

Après la déclaration de guerre, Joseph allait se retrouver dans des régiments de l’ouest de la France. Cohabitation certainement pas facile pour ce Provençal qui parlait difficilement français immergé dans un régiment de Bretons pour qui le Français était encore plus une langue étrangère ! Joseph servit donc au 46ème R.I.T. de Guingamp puis passa au 50ème Régiment d’Artillerie de Campagne de Rennes. Malade, il essaya par deux fois d’être réformé mais la commission de réforme de Saint-Brieuc ne l’entendit pas de cette oreille. Il souffrait de surdité, de bourdonnement… L’Armée n’équipait pas encore ses hommes de filtres acoustiques !

C’est une pleuro-pneumonie qui emporta Joseph Victor Gromelle le 15 janvier 1917, à l’hôpital complémentaire de Rennes. Les petits Marius et Gaston étaient un peu jeune alors pour reprendre la ferme familiale.

La fiche matricule de Joseph Victor Gromelle de Mémoire des Hommes.

Joseph Victor Gromelle, matricule 917 classe 1992, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Gromelle est toujours vivant à Caderousse et près d’Orange. Si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Jean Gueilen.

Il semble qu’un tombeau ait gardé le souvenir de Joseph Victor Gromelle dans le premier cimetière communal.

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Un NOËL à la maison pour ce Poilu Castrais malade.

Un vieux papier daté du 24 décembre 1917. Nous sommes à Castres, dans le Tarn. Dans cette ville est implanté un hôpital militaire complémentaire, le n°16 pour le service sanitaire des Armées. On y soigne les Poilus blessés et malades qui ont pu être transportés là. C’est un peu le cas dans toutes les villes qui le peuvent. Tant le besoin de lits est important depuis août 1914, le moindre dortoir devient hôpital complémentaire, provisoire.

Ici, sur ce vieux papier, Emile Léorat du 15ème Régiment d’Infanterie est autorisé par le médecin-chef à la signature illisible à aller passer la nuit et la journée de Noël chez lui, certainement dans les environs de la préfecture du Tarn. On comprend aussi qu’Emile est hospitalisé pour soigner une maladie contracté au front et non une blessure reçue au combat.

Voici donc cette permission qui mit certainement un peu de baume au coeur de ce militaire en souffrance.

Connaissant l’origine de ce vieux papier, j’ai pu rechercher et trouver le registre matricule d’Emile Léorat.

Il était originaire d’Annonay et fut bien soldat au 15ème R.I.

Né le 30 avril 1883, il avait été exempté de service militaire en 1904 car il était le fils unique d’une veuve. Par contre, il n’échappa pas à l’appel du 3 août 1914 mais fut maintenu un temps à la tannerie dans laquelle il travaillait.
Mais effectivement, sa santé n’était guère billante. On peut lire sur son registre matricule les maux dont il souffrait: une « bronchite chronique du somment droit avec lésion organique au coeur », une « ankylose permanente de l’auriculaire droit et d’un panari ancien de l’index qui avait nécessité l’extraction d’une partie de la phalangette » et pour couronner le tout de « tachycardie » !

Le bottin médical à lui tout seul !

Il fut trimballé de commission de réforme, en hôpital et à nouveau commission de réforme pour aboutir à être renvoyé dans ses foyers… à la fin de la guerre !

Emile devait avoir des parents ou amis dans le Tarn pour obtenir cette permission sans devoir rentrer en Ardèche.

 

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108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… René CHARBONNEL

108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… René CHARBONNEL

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-neuvième nom de la liste: Charbonnel René Martial Gabriel.

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Première face du Monument.

René Charbonnel est venu au monde le 1er juillet 1899 à Caderousse. Il venait d’avoir 15 ans quand la guerre éclata, le 3 août 1914 et si les prévisions optimistes de beaucoup pensant que l’affaire serait vite réglée s’étaient concrétisées, jamais René ne se serait retrouvé embarqué dans cette aventure.

Il était le second d’une famille de 4 enfants. Ses parents s’étaient mariés à Vaison le 20 août 1896. Son père Paul Désiré Charbonnel était le fils d’un couple de paysans d’Orange. Il était venu exercer sa profession de maréchal-ferrant à Caderousse. Sa mère, Marie Albine Bernard, couturière, était originaire de Vaison. Il semble qu’elle avait un oncle installé à Caderousse ce qui explique la rencontre avec son futur mari.

Paul n’avait pas fait son service militaire. Né en 1871, il avait été réformé à l’âge de 20 ans pour une « déformation considérable du thorax », dixit le conseil de réforme. Au moment de la guerre, il aurait du être appelé. Il ne fit que quelques mois en 1916 à la caserne des Saphis de Tarascon puis on considéra qu’il était bien plus utile à la société en tant que maréchal-ferrant à Caderousse que dans une caserne. Des maréchaux-ferrrants l’armée en avait besoin certes, mais elle en avait de bien plus jeunes et valides sous la main.

Installé un premier temps rue Saint-Louis à Caderousse où ils eurent Hubert en 1897, Paul et Marie s’installèrent ensuite sur le cours de l’est, le cours Aristide Briand de nos jours. Le maréchal-ferrant pouvait ainsi développer son activité avec plus d’espace. C’est là que naquit Paul en 1899 puis Edouard et Denise en 1902. L’affaire semblait prospère puisque le père employait régulièrement des « domestiques », des ouvriers à domicile en quelque sorte: le jeune Valentin Rigaud en 1901, Hervé Granjeon de Suze(-la-Rousse) dans la Drôme et Marius Fréau de Sérignan en 1906, Marius Vidal de Mayres en Ardèche en 1911 pour ceux que les recensements ont retenu.

Le fratrie en 1911.

C’est donc chez son père qu’Hubert comme René apprirent le métier du travail du fer. Les fils durent tenir la maison quand le père s’absenta contraint et forcé à Tarascon chez les Saphis.

Que se passa-t-il donc qui fit que René devança l’appel et contracta un engagement de quatre ans le 29 janvier 1918 ? Un excès de patriotisme ou des problèmes familiaux ? A l’heure actuelle, c’est une question sans réponse. Toujours est-il qu’il rejoignit le 2ème Régiment de Dragons à Saint-Etienne le 1er février 1918. Il ne devait guère faire chaud dans le Forez lors de l’instruction. On peut penser qu’il se retrouva sur le front quelques mois après, au moment de la reprise de la guerre de mouvement.
Le 3 au 14 octobre 1918, les Dragons bivouaquent du côté de Wylder. C’est là-haut dans le nord, 10 kilomètres au sud de Dunkerque. Le 14, ils dorment 20 kilomètres plus à l’est, en Belgique, Boesinghe et Lizerne. Le front allemand cède et la victoire est proche. Mais René ne partage pas ces moments avec son régiment. Il est hospitalisé à l’hôpital mixte de Saint-Etienne où il décède de maladie le 12 octobre 1918. On pense immédiatement à la grippe espagnol qui faisait des ravages dans les troupes depuis quelques semaines. Sans certitude puisque les registres matricules n’en disent pas plus !

Pour l’heure, René Charbonnel est le plus jeune MPLF de Caderousse: 19 ans et 103 jours.

La fiche de René Martial Gabriel Charbonnel de Mémoire des Hommes

René Martial Gabriel Charbonnel, matricule 1082 classe 1919, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Charbonnel restant vivant à Orange (2 réponses)  et dans le Vaucluse, si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Emile Chaume.

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