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La CRUE du RHÔNE de 1935 en AVIGNON (6/9)

Un lot de neuf cartes postales semi-modernes trouvé sur delcampe montrant des quartiers d’Avignon sous les eaux du Rhône lors de la crue de novembre 1935.

C’est le 11 novembre que le Rhône commence à déborder. Il faut dire qu’à peine l’épisode cévenol commençant à s’estomper, la pluie se remet à tomber avec force sur tout le sud-est. C’est la troisième phase de ces pluies exceptionnelles avec un phénomène méditerranéen localisé à la rive gauche du Rhône.

Comme on le voit sur ce dessin extrait de l’article de Maurice Pandé « La grande crue du Rhône de 1935 » paru dans la revue de géographie alpine en 1936 et qui inspire beaucoup cette série d’articles, ce phénomène pluvieux est marqué de pointillés en forme de croix. Ce sont les bassins versants des affluents de la rive gauche du Rhône de l’Isère à la Durance qui vont être impacts. Ces pluies violentes arrivant sur des sols gorgés, l’eau se retrouve rapidement dans les rivières et dans le Rhône. De Valence à la Camargue, le Rhône déborde. Nous ne sommes plus dans une crue normale mais dans une crue de grande ampleur.

Retour sur les remparts en Avignon, de côté du boulevard Saint-Michel.

Au fond, certainement au niveau du passage surélevé entre la gare et la porte de la République, dans le prolongement de la rue de la République et de l’avenue Jean-Jaurès, les gens ont les pieds au sec, coincés qu’ils sont dans cet îlot entouré d’eau de partout. Les véhicules sont coincés là et attendront la décrue pour quitter leur prison. A moins qu’ils aient été amenés là par leurs propriétaires pour éviter d’être perdus.

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La CRUE du RHÔNE de 1935 en AVIGNON (5/9)

Un lot de neuf cartes postales semi-modernes trouvé sur delcampe montrant des quartiers d’Avignon sous les eaux du Rhône lors de la crue de novembre 1935.

Second temps de cet épisode exceptionnel: le décalage vers l’est de ce phénomène cévenol jusque là localisé sur les Cèvennes les 7 et 8 novembre. Les 9 et 10 novembre, les pluies continuent de toucher massivement le sud-est du Massif Central mais dans le même temps, elles inondent la vallée du bas-Rhône et les contreforts des Préalpes.

Le Rhône déjà rempli des eaux tumultueuses de l’Ouvèze au Pouzin, de l’Ardèche à Pont-Saint-Esprit, de la Cèze en face de la Piboulette et du Gardon à Comps, voit absorber aussi des masses d’eau déversées par le Lez en face de l’Ardèche, l’Aigues à Caderousse, l’Ouvèze à Sorgues et la Durance au sud d’Avignon. La côte d’alerte est atteinte de partout et les bastardeus sont construits dans toutes les communes riveraines.

Et le ciel continue de rouler de noirs nuages gorgés d’eau et à lâcher des cataractes tandis que la douceur ambiante n’encourage guère à l’optimisme.

On gaffe aussi dans la rue Joseph-Vernet en Avignon.

L’eau passe par dessus les chevilles de la personne marchant sur le trottoir de droite. Des barques du Génie patrouillent à l’écoute des problèmes des riverains. A gauche, un piéton s’accroche aux grilles pour rejoindre les marches découvertes du perron de cette maison bourgeoise.

La rue Joseph-Vernet aujourd’hui. Google Maps nous offre une vue proche de celle de la CPSM. A droite le Musée Requiem et à droite, le restaurant de la Cour d’Honneur. La rue paraissait bien plus large, sous l’eau en 1935 qu’aujourd’hui avec les trottoirs visibles, le couloir de stationnement et celui de circulation. Effet d’optique trompeur qui arrive sur bien des vues anciennes.

 

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La CRUE du RHÔNE de 1935 en AVIGNON (4/9)

Un lot de neuf cartes postales semi-modernes trouvé sur delcampe montrant des quartiers d’Avignon sous les eaux du Rhône lors de la crue de novembre 1935.

Pour comprendre ce qui s’est passé en novembre 1935, il faut disséquer la chronologie des épisodes météorologiques exceptionnels qui se déroulèrent dans la partie méridionale de la vallée du Rhône et des massifs qui la bordent.

Premier temps, un épisode cévenol d’une grande violence sur… les Cévennes, la rive droite du Rhône. Pendant deux jours, les 7 et 8 novembre, par une douceur anormale, des cataractes d’eau se déversèrent sur le Gard, l’Hérault et l’Ardèche. Les nuages bloqués sur les pentes du Massif Central se vidèrent remplissant d’une eau boueuse l’Ardèche, la Cèze et le Gardon. Et les vrais rhodaniens connaissent les « coups » d’Ardèche en Vaucluse comme les « coups » de Gardon en Beaucaire, Tarascon et Arles ou à Comps, le pays aux cinquante repères de crue !

Le Rhône commença alors à menacer de sortir de son lit. Ce n’était qu’un début !

En Avignon, il n’y a pas que la « banlieue » qui patauge dans quelques dizaines de centimètres d’eau. Les flots ont envahis aussi le centre historique comme en 1856 quand une brèche se fit dans les remparts.

Pas de brèche en 1935 mais des infiltrations par les égouts et des précipitations qui ne peuvent pas s’écouler… on en reparlera plus tard.

Ici, la place des Corps-Saints, non loin de la gare et de la caserne du 7ème Génie est couverte d’eau. Les barques des militaires viennent ravitailler les habitants. On avance avec une barre de bois qui prend appui sur le sol. Les rez-de-chaussée sont inondés.

Cela durera presque quinze jours.

Deux images de cette place des Corps-Saints telles que nous le propose Google Maps. Les platanes sont bien là, moins nombreux en 1935 qu’en 2018.

 

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La CRUE du RHÔNE de 1935 en AVIGNON (3/9)

Un lot de neuf cartes postales semi-modernes trouvé sur delcampe montrant des quartiers d’Avignon sous les eaux du Rhône lors de la crue de novembre 1935.

Il faut donc chercher les coupables de cette crue de 1935 plus au sud, disons, en gros, à partir de Valence où le Rhône commença à donner des sueurs froides à ses riverains. Là, les affluents du fleuve-roi sont tous à mettre dans le même sac à des degrés divers de responsabilité.

Que ce soient ceux de la rive droite amenant les eaux tombées sur les Cévennes: l’Eyrieux, l’Ouvèze, du Pouzin, l’Ardèche, la Cèze et le Gardon, ces trois derniers particulièrement dissipés.

Sur la rive gauche, l’Isère amena beaucoup d’eau, moins que la Drôme, le Lez, Aigues, l’Ouvèze, celle de Sorgues et bien sûr le plus important la Durance qui aura une lourde responsabilité dans les difficultés des Avignonnais et de leurs pieds mouillés.

En Avignon, les remparts baignent quasiment sur toute la longueur de leur circonférence.

Ici, les hommes du 7ème Génie ont sorti leurs grosses barques pour venir en aide aux sinistrés. Les camions à droite garés le long du rempart Saint-Roch semblent en très mauvaises postures. On aura certainement beaucoup de mal pour les récupérer.

Il faut dire que nous sommes là tout près du Rhône qui coule, là-bas, tout au fond de l’allée bordée de platanes. De nos jours, ceux de gauche ont disparu pour répondre aux besoins de la circulation automobile et ceux de droite sont fort menacés par l’installation du tram… et les champignons qui dévastent  ces arbres, emblème du Midi de la France.

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La CRUE du RHÔNE de 1935 en AVIGNON (2/9)

Un lot de neuf cartes postales semi-modernes trouvé sur delcampe montrant des quartiers d’Avignon sous les eaux du Rhône lors de la crue de novembre 1935.

Certes, il plut beaucoup et dans tout le sud-est à l’automne 1935 et on peut le penser sur toute la France. On dirait de nos jours qu’il s’agit d »un automne pourri » en oubliant tous les bienfaits pour la terre que ces pluies. Mais la partie la plus nordique du Rhône français ne fut pas affectée plus que cela et le niveau d’eau de l’Ain, du Doubs, de la Saône ne firent que frémir. Lyon ne connut aucune angoisse. Les spécialistes diront qu’il ne s’agissait donc pas d’un phénomène océanique comme cela est souvent le cas quand le Rhône se fâche.

On peut donc totalement disculper la Saône de toute responsabilité dans cette catastrophe !

Un Rhône qui s’est considérablement élargi au pied du Rocher des Doms…

…depuis lequel cette vue a été prise.

Il pleut encore puisque les badauds se promènent avec leurs parapluies. En face, on s’aperçoit que la Barthelasse est sous les eaux. La route au bord de l’eau a disparu sous les eaux boueuses  du Rhône. Du coup, les bateaux et le lavoir amarrés au quai de la Ligne se retrouve loin du bord.

Des habitations collent aux remparts, chose qui quasiment disparu de nos jours sauf justement dans ce secteur. La volonté politique des municipalités successives a permis de rendre le spectacle des fortifications comme on s’attend à le voir. Pas comme il était jadis puisque les hommes vinrent très vite accoler leurs lieux de vie à ces murs, leur faisant gagner un quart de leur construction.

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La CRUE du RHÔNE de 1935 en AVIGNON (1/9)

Un lot de neuf cartes postales semi-modernes trouvé sur delcampe montrant des quartiers d’Avignon sous les eaux du Rhône lors de la crue de novembre 1935.

Cette crue s’est déroulée à la mi-novembre 1935, la carte parle des dates du 11 au 22 novembre. Elle a touché le cours du Rhône inférieur. Elle a été la conséquence d’un automne doux pendant lequel le ciel déversa des hectolitres d’eau sur la tête des Provençaux et la terre qui les nourrissait.

En Avignon, notre visite des quartiers sinistrés commence dans le sud de la ville, extra-muros, à Monclar.

Difficile de retrouver l’endroit exact où le photographe s’est placé tant des immeubles modernes ont « poussé » sous la pression démographique. Les gens se déplacent en barques sauf ce promeneur courageux ou prétentieux qui pose avec de l’eau jusqu’aux genoux. Grippe assurée car à partir du 12-13 novembre, la douceur était passée et il fit alors relativement frais sur la région.

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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 2/25 OULLINS

Premier bac sur le Rhône après la Confluence…

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était celui d’Oullins. Suivant la thèse d’Henri Cogoluenhe (dont le correcteur orthographique de mon ordinateur s’obstine à ajouter à mon insu un m après le premier o !), cette traille fut installée au lieu-dit la Saulaie en 1867. Elle reliait Oullins au sud de la ville de Lyon. Elle cessa de fonctionner en 1935.

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L’installation n’étant pas été démontée, elle se révéla fort utile après la retraite des Allemands en septembre 1944 qui détruisirent tous les ponts sur le Rhône à Lyon. La traille d’Oullins reprit donc du service pour quelques années.

La pile de la rive droite (Oullins) fut rasée lors de la construction de l’autoroute A7 qui longe le fleuve, dans les années 60 et a effacé la berge naturelle. Celle de la rive gauche (côté Lyon) existait en core en 1980 dit Henri Cogoluenhe mais elle semble avoir été sacrifiée pour ne pas gêner le développement commercial du port autonome de Gerland.

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Emplacement supposé de la traille de la Saulaie sur cette carte provenant du site Google Maps.

A suivre: Irigny.

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