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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du 13 janvier 1918

(JOUR 1259 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une, en Crète, un camp de prisonniers de l’Entente, des civils turcs et des militaires bulgares gardé par des gendarmes de l’île. Ce vétéran français qui commande le camp s’entretient avec ceux-ci.

Un bel oiseau mécanique vient de se poser pour Noël vers Soissons. On le voit ci-dessous entourés de militaires français heureux de se mettre en scène au côté de ce bijou technologique.

Un instantané remarquable avec cet obus saisi au moment où il sort du canon…

…à moins que ce soit un montage photographique !

Aux Etats-Unis, les civils souffrent de rationnement…

…une crise du charbon peu compréhensible… mais une manière de dire aux lecteurs français du Miroir qu’ils ne sont pas seuls dans le malheur.

A Halifax, une explosion formidable s’est produite vers le port.

Le panache de fumée a été pris à quelques secondes de distance entre ces photos, au large de la ville. Cette catastrophe s’est produite le 6 décembre 1917 suite à l’explosion d’un cargo français rempli de munitions. Elle causa la mort de 2 000 personnes et la blessure de milliers d’autres civils. C’était la plus grande explosion recensée avant… celle d’Hiroshima en août 1945. Ce grand « boum » créa un tsunami dévastateur puis amena sur la ville un contre-coup météorologique avec le blizzard qui s’y abattit dessus. On en  reparlera ce mois-ci.

Le Cameroun est redevenu virtuellement français après la défaite des Allemands. L’administration française n’a pas attendu les conclusions du Traité de Paix pour s’installer à nouveau et à recenser la population locale, soulagée de voir partir les Allemands mais toujours sous un joug colonial.

Une vue du village de Zeitenlick, le village tzigane qui gravite autour du camp retranché de Salonique…

…vivant de menus services rendus aux militaires alliés.

Pour terminer, un petit tour en Italie, dans les Alpes italiennes…

…où les occupants de cette automobile ont dû vivre la frayeur de leur vie !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du 06 janvier 1918

(JOUR 1252 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Le Président Machado quitte le Portugal, chassé qu’il est par les Révolutionnaires militaires favorables au désengagement militaire du pays de la guerre. Le président déchu va aller trouver refuge à Madrid.

Au Maroc, les troupes françaises, des Territoriaux nous dit-on, luttent contre une rébellion « fomentée » par des espions allemands. Ils tirent au canon sur les positions rebelles. Soit ! Mais il faut ajouter que la guerre avait commencé en 1911 et qu’elle allait durer jusqu’en 1937.Cette guerre de trente ans allait faire officiellement environ 9 000 morts du côté français auxquels il faut ajouter 15 000 blessés, sans oublier 12 000 supplétifs indigènes tués. En face, on estime à 100 000 le nombre de rebelles tués sans oublier les souffrances des populations civiles.

La Révolution Russe.

Une photo des dirigeants bolcheviks. Avec le numéro 1 marqué par la revue, on reconnaît Trotsky. Pour le Miroir, ces hommes, achetés par les Allemands, ont oeuvré à désorganiser l’armée russe. Un peu loin de la réalité.

Par contre, dans les grandes viles, la population s’habitue à faire la queue pour tout.

De gauche à droite et de bas en haut: pour des jeux de cartes (!), du sucre, de cigarettes, du lait, du pétrole et de la farine. Et ce n’est pas prêt de cesser !

En Italie, chassé-croisé des Italiens quittant le front…

…remplacés par les Français dont les généraux inspectent les lieux, dans les tranchées le long du Piave…

… la ligne infranchissable comme l’a décidé l’Etat-Major.

On découvre dans ce secteur, la présence de Peppino Garibaldi petit-fils de Guiseppe Garibaldi, l’apôtre du Risagiomento italien.

Il a combattu déjà dans les tranchées françaises avant la déclaration de guerre de son pays et il est normal qu’on le retrouve sur le Piave alors que « la Patrie est en danger ».

A Cambrai, les soldats canadiens votent…

…pour une consultation électorale comme le reste des sujets de ce Dominion, au Canada.

Les troupes britanniques de D’Allendy entrent à Jérusalem d’où ont été chassés les Turcs.

Un avion survole les Lieux Saints. Quelques Français sont de la fête dont un Caderoussier,  Marius Isidore Bernard, mort à Ludd (ou Lod) huit mois plus tard, le 27 août 1918.

Une photo exceptionnelle à l’époque, devenue beaucoup plus banale de nos jours…

…le survol des Alpes par un avion volant à 5 000 mètres d’altitude. Il devait falloir être très attentif dans le secteur du Mont-Blanc ! Mais que de progrès par l’aviation après quatre années de guerre !

Original mais bien réel, des Chinois en France.

Ce sont de formidables travailleurs dit la légende de la photo, surtout des coolies pour décharger les bateaux.

Pour terminer, les récentes fêtes du Nouvel An et le réveillon.

Ici des civils d’Epernay ont fêté la nouvelle année dans un abri souterrain semble-t-il glacial, pour éviter les bombes allemandes. Un drôle de feu d’artifice !

 

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Il y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 25 août 1917

(JOUR 1119 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Des troupes de marine britannique sont en train de hisser un canon sur un fort des Echelles du Levant: Malte ? Gibraltar ? la Crète ?

Aux Etats-Unis, les troupes traversent l’Atlantique pour  rejoindre le front français. Mais pas seulement.
Ci-dessous, les avions américains aussi sont embarqués sur bateaux pour aller vers l’Europe.

L’aviation américaine sera bientôt opérationnelle !

En Orient, la guerre fait rage et là aussi, les civils sont victimes des bombardements.

Dans un village maronite du Liban, les Allemands ne se sont pas faits des amis après ce bombardement, comme il l’avait fait en tirant sur Jérusalem.

Une page sur le Bataillon féminin de la Mort en Russie.

J’ai vu en a parlé dans son numéro du 18 août 1917.

En double page centrale, un dessin représentant le procès d’une Espionne allemande qui sera condamné à mort.

Bien que son nom ne soit mentionné (on dit l’Espionne), on peut penser qu’il s’agisse du procès de Mata-Hari qui commença le 24 juillet 1917. Elle sera condamnée à mort et le président de la République Raymond Poincaré ne la graciera pas. Elle sera exécutée le 15 octobre 1917. Ce procès permettait au pouvoir de faire diversion, il fallait faire oublier les mutineries du printemps 1917.

Pour terminer, le ravitaillement.

Et les rationnements qui commencent, en ville surtout, la France rurale n’étant pas autant atteinte que pendant la Seconde Guerre Mondiale. On a nommé un ministre du ravitaillement, M. Viollette, celui du rapport qui faillit changer le sort de l’Algérie sous le Front Populaire.

On doit rationner le pain en attendant la soudure de la nouvelle récolte, le sucre à cause des destructions des sucreries et l’occupation des terres à betteraves du Nord de la France, la viande…

et le charbon pour des raisons similaires au sucre.

 

 

 

 

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Il y a 100 ans jour pour jour: L’HUMANITÉ du samedi 14 janvier 1917

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(JOUR 894 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

L’Humanité du samedi 13 janvier 1917. Le journal socialiste créé par Jean Jaurès qui a fini par accepter la guerre. Vous allez le voir, le ton est différent mais la censure n’a pas jugé bon d’interdire un article quelconque du journal du jour.

En première pas, un titre important « L’Allemagne répond aux Alliés » avec comme chapô « Elle le fait par une note aux pays neutres » (en fait aux Etats-Unis, à l’Espagne, et la Suisse). Il s’agit de la reproduction d’un long communiqué du Reich sans aucun commentaire de journaliste. C’est vrai que la position allemande est pleine d’inexactitudes historiques… on peut même dire que c’est d’un culot insensé, allant jusqu’à affirmer que la Belgique a violé sa neutralité !

Autre article de la première page illustré d’une photo quasi illisble, « Les oeuvres socialistes dans le 18ème arrondissement ».

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On y devine des femmes faisant la queue devant un magasin de la rue Boudeauville. Il s’agit des oeuvres pour venir en aide aux plus démunis face à la guerre, les femmes seules, les orphelins. Voilà quelque chose que l’autre presse ne dit pas: la guerre amène la misère et ceux qui en souffrent le plus sont les plus pauvres, les plus fragiles.

Le journal n’hésite pas à donner des chiffres après qu’un bateau italien ait coulé après avoir heurté deux mines.

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Le Regina-Margherita transportait 945 personnes et il n’y eut que 270 rescapés. 675 victimes est un chiffre énorme. Il n’est pas certain que la presse ait donné ce nombre… même s’il ne s’agit pas de français et que le drame se soit passé il y a plus d’un mois, le 11 décembre 1916.

Autre événement de la guerre sur mer:

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le torpillage du cuirassé britannique « Cornwallis » par un U-boat, un sous-marin allemand. Le journal minimise la portée de l’événement car ce cuirassé était très ancien.

Reproduction des communiqués de guerre officiel sans plus de commentaires que cela:

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Rien de significatif sur les fronts occidentaux le 12 janvier.

Un long article sur la problème du rationnement du sucre. En effet, ce sont les terres du Nord qui sont devenus les théâtres des opérations. Elles produisaient une part importante des betteraves sucrières qui fournissent les Français en sucre. De même, nombre de sucrerie sont détruites ou occupées. Le sucre est donc rationné et le journal propose que la saccharose soir produite en plus grande quantité pour le remplacer.

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Le journal n’occulte pas les problèmes sociaux dans les usines. On parle donc grèves ce que nombre d’autres titres ignorent.

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Des mouvements sociaux dans la métallurgie pour des augmentations de salaires: chez Malisse et Blin, chez Panhard-Levassor. Le ministre des munitions souhaite que le dialogue s’installe entre syndicats et patronat et va aider à ce rapprochement. Quant au dernier entrefilet en bas, on apprend que le député socialiste d’Aubervilliers va demander que le problème des grèves des femmes dans les industries de son secteur géographique soit discuté au parlement. Rien de bien formidable, si ce n’est que ce député était… Pierre Laval !

Deux articles pour raconter les conditions des déportés belges en Allemagne.

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Des déportés pour aller travailler en Allemagne dans les usines de guerre.

Pour terminer, un mot sur la discussion au parlement d’un nouveau texte concernant les déserteurs.

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La discussion porte sur un article de la loi qui prévoit que les biens de l’insoumis ou du déserteur soient tout simplement confisqués par l’état. Les Socialistes s’y apposent en demandant que les enfants de ceux-ci ne soient pas spoliées par des faits commis par les pères. Mais, rien n’y fait, l’article est adopté par 180 voix contre 38. Le parti de la guerre à outrance est plus que jamais debout contre toute forme de contestation.

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RATIONNEMENT après la GRANDE GUERRE: le COMBUSTIBLE manque aux MÉNAGES à LYON

Après les cartes de rationnement présentées il y a peu qui permettaient de trouver du sucre dans des commerces lyonnais, voici une carte pour obtenir du COMBUSTIBLE pour les MÉNAGES.

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Nous sommes toujours dans le second arrondissement de Lyon, celui de la Presqu’île, entre Rhône et Saône, quai de Tilsitt à 2 pas de Bellecour. La personne à qui cette carte a été décernée bénéficiait du gaz et de l’électricité. Il avait certainement besoin de charbon pour se chauffer en hiver mais n’était pas le plus à plaindre des habitants lyonnais. D’ailleurs en consultant la page des coupons mensuels à découper, il n’a eu besoin qu’à 2 occasions, en décembre 1919 et en janvier 1920. Les mois les plus froids de l’année !

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 C’est Édouard Herriot qui institua ce service pendant la guerre pour mettre autant de justice que possible dans la distribution du combustible. Mais il est bien évident que cette distribution par les soins de la Municipalité est subordonnée aux quantités qui lui seront à elle-même délivrées par les soins de l’État. 

Et le règlement stipule que l’unité sera fixée tous les mois en tenant compte du tonnage mis à disposition de l’Administration municipale au cours du mois précédent. C’est pour cela que les tickets ne donnent pas une masse de charbon mais des unités un peu théorique, ici SEPT.

Ce même règlement incite les consommateurs à utiliser la lignite au lieu du charbon et dans ce cas, il peut être accordé de 100 à 500 kilos par mois en plus de la valeur du coupon. Peut-être cette lignite arrivait-elle en France en 1920 dans le cadre du remboursement de la dette de guerre allemande.

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Une CARTE de RATIONNEMENT de TABAC après la SECONDE GUERRE MONDIALE

Encore une carte de rationnement datant de l’immédiat-après Seconde Guerre Mondiale…

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une carte de Rationnement du TABAC.

Au sortir de la guerre, tout manquait et le tabac en faisait partie. Si bien que l’on dut instituer des cartes de rationnement pour ce produit également. Une carte comme on peut le lire sur le tampon ci-dessus qui a été distribuée par la Mairie de Caderousse. Une carte qui ne servit pas à son propriétaire puisque les coupons détachables sont tous là, en troisième page.

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Le consommateur de tabac avait droit à 3 livraisons par mois et les bons n’ont plus été utilisés à partir de juillet 1947. Une bonne résolution estivale ou la fin des privations ? Certainement la seconde solution !

Nous présenterons d’autres cartes familiales de cette époque prochainement.

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À LYON, une CARTE INDIVIDUELLE de PAIN à PRIX RÉDUIT en 1920

A la fin puis au sortir de la Grande Guerre, la Mairie lyonnaise d’Edouard Herriot mit en place un certain nombre de mesures pour aider la population et en particulier mis en place des cartes de ravitaillement sur le sucre, le pain, le charbon. On l’a vu dans des articles précédents qui présentaient ces cartes.

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Voici une carte instaurée dans le même ordre d’esprit d’aide aux nécessiteux: une CARTE INDIVIDUELLE DE PAIN À PRIX RÉDUIT.

Pas tout à fait une carte de rationnement, plutôt une carte de prioritaire. En quatrième page, on nous indique qui va pouvoir bénéficier de pain à prix réduit.

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Il s’agit des chefs de famille ayant au moins 3 enfants en charge, enfants de moins de 16 ans; les femmes ayant au moins 2 enfants en charge des mêmes âges; les invalides de guerre avec une pension au moins 50% et les vieillards, infirmes et incurables. Soit certainement pas mal de personnes à l’époque.

Il faut dire que le prix du pain doit avoir considérablement augmenté, la farine devenant comme le sucre ou le charbon, une matière rare donc chère.

Comme on le voit avec les tickets restant à l’intérieur de la carte…

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la propriétaire de la carte ne s’en ait plus servi à partir du 30 avril 1920, le rationnement du pain ayant dû cesser à cette date-là.

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