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Le crise du beurre en 1940

En 2017, on a connu un épisode de pénurie de beurre due à un concours de circonstances: une diminution de la production par les vaches insuffisamment nourries par un manque de fourrage et une demande mondiale de beurre en pleine expansion. Conclusion: quelques rayons de grandes surfaces vide.

Rien à voir avec ce qui se passa et 1940.

La France vaincue vit sous le joug allemand, la guerre-éclair et la défaite ont désorganisé l’économie. Conclusion plus dramatique: tout manque dans les rayons des épiceries et bientôt apparaissent les tickets de rationnement qui ne disparaîtront que longtemps après-guerre.

Cette petit photo, 6cm sur 4,5cm, trouvée dans un album nous renvoie à cette époque et à cette crise.

Dans une rue de Privas, préfecture de l’Ardèche, près d’un local municipal ou départemental, une queue de ménagères s’est formée. Quelques hommes les accompagnent. A la vue des tenues, nous sommes à l’automne 1940. Au dos de la photo, cette inscription:

« La queue pour le beurre- Privas 1940 ».

Le beurre comme bien d’autres produits de base manque. Les pouvoirs publics doivent organiser des distributions contrôlées pour éviter les bousculades ou le marché noir. Les Français commencent à comprendre que la défaite militaire du pays va grandement impacter leur vie quotidienne. Cela durera plus d’un septennat ! Une éternité !

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108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… Célestin CARTIER.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-septième nom de la liste: Cartier Célestin Jean.

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Première face du Monument.

On croyait avoir écrit la biographie la plus courte avec celle de Martial Bertet ! Celle de Célestin Cartier risque d’être encore plus rapide. On pourrait d’ailleurs faire une copie de celle de Martial tant leurs deux destins sont proches. En quelques mots: ils furent incorporés au 61ème Régiment d’Infanterie de Privas, y passèrent quelques semaines et y décèdent de maladie. En 117 caractères, leurs destins sont scellés !

Si la guerre avait été rapide comme chacun en était persuadé en août 14, Célestin n’aurait pas été appelé par anticipation en 1918. Mais la guerre dura quatre ans. Né le 16 septembre 1899 à Caderousse, il n’avait pas encore 15 ans quand le tocsin sonna le 2 août 1914. Il n’en avait pas encore 19 quand l’Armée fit appel à ses services, le 22 avril 1918 ! Un gamin !

C’est par sa mère que Célestin est Caderoussier. Marius Frédéric Cartier, son père, originaire de Piolenc avait dû traverser l’Aigue pour épouser Eugénie Elisabeth Monier le 16 octobre 1897. La famille Cartier habitait d’ailleurs Orange au moment de cette union. Célestin naquit deux ans plus tard dans une ferme du quartier Fazende. Il fut le seul enfant du couple, chose rare à cette époque.

A la ferme, vivaient donc Frédéric et Elisabeth, leur fils Célestin et la mère d’Elisabeth, Catherine Rose Monique Ferragut se faisant appeler Rosine pour faire plus simple, son mari étant décédé  en 1891. En 1911, Rosine était partie mais c’est la mère de Frédéric qui était venue rejoindre le couple, Marguerite née Faure alors que ses prénoms officiels étaient bien plus originaux, Bertille Appoline, âgée de 75 ans.

C’est dans ce milieu un peu fermé que Célestin passa sa courte vie. Sorti avec un petit niveau de l’école, il aidera son père aux champs jusqu’à ce que l’Armée l’appelle. Le même chemin en train que Martial Bertet jusqu’à la caserne Rampon de Privas et le 61ème Régiment d’Infanterie. Il y arriva le 23 avril 1918. Il décéda à l’asile des vieillards Sainte-Marie transformé en hôpital provisoire le 13 juin 1918 d’une broncho-pneumonie grippale ou de courbature grippale suivant ses registres matricules., en un mot d’une mauvaise grippe contractée à la caserne. On pense immédiatement à la grippe espagnole bien que la date de la mi-juin 1918 ne corresponde pas tout à fait à celles que l’Histoire nous a laissées pour cette épidémie. La grippe espagnole décima les troupes comme les civils en deux vagues: de mi-septembre à décembre 1918 puis de février à juin 1919. Mi-juin 1918, cela fait un peu tôt pour être certain que se soit ce virus qui emporta Célestin. Mais la grippe arriva en France en même temps que le gros des troupes américaines en mai-juin 1918 et Célestin croisa peut-être pour son malheur quelques « Sammies » en traitement dans un hôpital de la préfecture ardéchoise. Célestin Cartier, un des premiers morts français de la grippe espagnole ? Le doute subsiste.

Il avait 18 ans 8 mois et 28 jours. Sa famille ne put ou voulut rapatrier sa dépouille sur Caderousse. Il est inhumé au carré militaire du cimetière de Privas, tombe 16 de l’allée 4.

La fiche de Célestin Jean Cartier de Mémoire des Hommes

Célestin Jean Cartier, matricule 1081 classe 1919, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule (succincte) sur le site des Archives du Vaucluse. Si un descendant indirect (le patronyme Cartier est encore vivant à Orange) reconnaît cet ancêtre, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette courte biographie.

A suivre: Louis Cartoux.

Post scriptum.

Au cimetière de Privas, dans le carré militaire…

…dans lequel reposent environ 80 soldats, au rang 4, la tombe 16 de Célestin Cartier.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… BERTET Martial Henri Augustin

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Douzième nom de la liste: Bertet Martial Henri Augustin.

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Première face du Monument.

La biographie de Martial Bertet sera peut-être la plus courte et la moins fournie des 122 textes racontant la vie des Poilus inscrits ou oubliés sur le monument aux morts !

Martial Bertet est né le 1er octobre 1894 au village, fils du cultivateur Marius Martial Bertet né à Orange en 1866 et de l’ouvrière dans une fabrique de balais Marie Henriette Lazars ou Lazard (l’état-civil semblant continuellement hésiter entre le S et le D dans ses actes officiels), née au village en 1869. C’est le premier enfant du couple marié le 19 novembre 1892.

Martial Bertet apparaît donc pour la première fois dans le recensement de 1896.

On voit que le jeune couple vit chez les parents d’Henriette au quartier du Gros Boulegon, mais on peut constater que l’agent recenseur a pris quelques largesses avec l’état-civil ! En effet, Marius le père devient Martial (son second prénom), Marie la mère est Henriette (même remarque sur cette habitude courante à l’époque) mais le bébé Martial est enregistré sous un Marcel qui ne correspond à aucun de ses prénoms  officiels !

On retrouve la famille dans le recensement de 1911.

15 ans après 1896, les parents vivent seuls, toujours au Boulegon, les beaux-parents Lazard(s) n’étant plus de ce monde. Une petite Marcelle est venue s’ajouter au foyer de Marius et Henriette en 1901.

Le jour de la déclaration de guerre, le 03 août 1914, Martial n’a pas encore 20 ans. Il n’en sera pas moins appelé par anticipation et rejoindra le 09 septembre 1914, le 61ème Régiment d’Infanterie à la caserne de Privas en Ardèche. Le PLM jusqu’à Livron puis la traversée du Rhône à La Voulte pour rejoindre Privas, à une époque où existait un chemin de fer départemental reliant la préfecture de l’Ardèche à la vallée du Rhône.

Le 61ème de Ligne avait rejoint le front le 7 août 1914 et combattait en septembre 1914 en Argonne. A Privas ne restaient que les jeunes recrues recevant une instruction militaire sommaire avant de rejoindre le régiment pour combler les pertes des premiers mois de guerre.

Martial Bertet n’en aura pas le temps. Il ne connaîtra ni le front, ni le feu, ni la guerre ! En effet, il décédera à l’hôpital Saint-Pierre de Privas le 10 octobre 1914, 31 jours exactement après son arrivée dans l’unité. Sa fiche matricule de Mémoires des Hommes parle d’une « commotion cérébrale » qui pourrait être consécutive à un choc violent à la tête à l’entraînement. Par contre sur le registre matricule des Archives Départementales du Vaucluse, on lit « des suites d’une congestion cérébrale suraiguë » ce qui pourrait faire penser à un accident vasculaire cérébral inattendu.

Fiche Matricule de Mémoire des Hommes.

Martial Bertet disparaissait à 20 ans et 10 jours et laissait une famille désemparée.

Martial Henri Augustin Bertet, matricule 359 classe 1914, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Même si le patronyme Bertet n’apparaît plus à Caderousse et sous l’écriture Berthet dans la proche région, si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, s’il possède ou non quelques photos, documents ou souvenirs de famille.

A suivre: Léopold Blachier.

Post scriptum.

La caserne Rampon de Privas occupée jadis par le 61ème R.I….

…de nos jours occupée par le Groupement de Gendarmerie de l’Ardèche.

Une vue générale de la caserne Rampon et la place d’armes envahie par les voitures.

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