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Une belle photo du VIRE-VIRE de L’ARDOISE

Le vire-vire ou vire-soulet, un « bateau de pêche » comme il est écrit au dos de la photo, prise vers 1900, peut-être avant.

A-t-elle été prise vers l’Ardoise comme le laisse penser son ancien propriétaire ? Rien de sûr. Si c’est le cas la ligne de végétation que l’on voit de l’autre côté du pourrait être celle de l’île de Piboulette voisine. A gauche, la ligne d’horizon fait penser à la courbe de la colline du Lampourdier.

La famille endimanchée est venue voir fonctionner l’engin de pêche. Le pêcheur apparaît, du moins sa tête, à gauche du toit de l’abri. C’est le printemps comme le dit la végétation, période de la saison de pêche du vire-vire, au moment de la migration des poissons.

Contrairement au vire-vire de Chateauneuf, celui-ci est bien en bois et solidement amarré à la rive, même si la cabane est de taille modeste. Les filets tournants comme l’axe de rotation sont d’une belle taille.

Une bien jolie vue, témoin d’un passé révolu.

 

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Le GALLIA CLUB de CADEROUSSE dans MATCH L’INTRAN.

Le Gallia Club était donc l’ancêtre de l’USC actuelle. Je n’en avais jamais entendu parler mais Jean-Paul Masse me l’a confirmé dimanche dernier.

Ce qui est étonnant, c’est qu’une photo de l’équipe première de ce club apparaisse dans un titre de la presse nationale, le 31 janvier 1933, dans Match l’Intran, le concurrent du Miroir des Sports pendant l’entre-deux-guerres, l’époque des revues bistre.

J’ai découvert cette photo sur delcampe et le dos m’a permis de localiser sa source. La collection assez fournie de ce titre a fait le reste.

Né fin 1926, Match l’Intran va paraître dans ce grand format jusqu’en 1938 pour ensuite devenir généraliste sous le titre de Match. Disparu après la défaite de juin 1940, il ne sera pas poursuivi pour faits de collaboration contrairement au Miroir des Sports et pourra repartir après-guerre, en 1946, sous le titre de Paris-Match, hebdomadaire généraliste bien connu. Ce dernier conserve de son grand ancêtre le goût pour les grandes photos, pour une information transmise à partir de l’image plus que par le texte.

Dans le n°334, des images des concurrents du Rallye de Monte-Carlo ayant pris le départ à Tallinn.

L’hebdo avait l’originalité de proposer deux unes, en première et en quatrième de couverture, se donnant donc la possibilité d’annoncer deux sujets principaux. Quelquefois, lors des grands évènements, le Tour de France ou les Jeux Olympiques, la photographie principale se déployait sur les deux couvertures devenant un véritable poster avant l’heure.

Les deux unes du 31 janvier 1933.

L’Intran ? me dites-vous. Tout simplement, la réduction de l’Intransigeant, un quotidien parisien à diffusion nationale, lui aussi amateur de grandes photos dans tous les domaines de l’actualité, la Guerre d’Espagne par exemple; Match l’Intran étant en quelque sorte le supplément hebdomadaire sportif de ce titre.

Et le Gallia Club de Caderousse dans tout cela ?

Match l’Intran avait pris pour habitude de publier, en troisième de couverture, une page consacrée aux équipes sportives de divisions inférieures de toute la France et de l’Afrique du Nord, dans tous les sports, individuels comme collectifs, masculin comme féminin, civil ou militaire.

On peut penser que ces publications, une quinzaine de photos sur cette page, avait pour but d’élargir le lectorat de la revue, de la populariser au grand public, pour se faire une place côté à du grand Miroir des Sports.

Ainsi le Gallia Club de Caderousse partageait l’actualité avec les footeux de CS Narbonne, de l’US Bélaimontain, de l’US Fresnay-sur-Sarthe, du Patriote de Bonnétable (Sarthe), de l’AAJ Blois, du Collège Sportif de Privas (Ardèche), de l’Iskra Guesmain (Nord), des SO Pont-de-Chéruy, du Cercle Laïque de Brive-la-Gaillarde, des rugbymen de l’Ecole Normale de Lescar, des basketteurs de Clichy et Saint-Maurice de Salins-les-Bains et des cyclistes de La Rochelle et Miramas.

Début février 1933, le kiosque de presse de Caderousse fut certainement dévalisé de ses Match l’Intran suite à la publication du numéro 334 !

 

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De bien inquiétants MONGOLS à ANCÔNE…

Eté 1944… La retraite de l’armée allemande en vallée du Rhône, conséquence du débarquement de Provence du 15 août…. La Bataille de Montélimar. De violents combats opposent les Allemands qui fuient vers le nord et les Américains qui essaient de les coincer à l’endroit où la vallée est le plus étroite, c’est-à-dire entre Donzère et Loriol où les eaux du Rhône viennent lécher les collines des Préalpes.

Ancône est un peu à l’écart de la Nationale 7 encombrée de matériel abandonné, mitraillée par l’aviation alliée, contrairement à La Coucourde ou Derbières au coeur de la bataille, ou la plaine des Andorrans plus à l’est…

Voilà que dans ce décor, que dans cette situation de chaos, une troupe de Mongols vient faire une halte dans le village.

« Des Mongols ! » me dites-vous.

Photo d’un prisonnier « mongol » à Privas.

Pas tout à fait ou pas seulement. Il s’agit là d’un terme générique désignant des supplétifs de la Wehrmacht, originaires des Républiques Soviétiques, appelés ainsi pour leurs faciès asiatiques, enrôlés de force pour certains, engagés volontaires pour lutter contre le communisme pour d’autres. Suivant qu’il s’agisse des uns ou des autres, leur attitude  et leur engagement par rapport au Reich sont bien différents. Les uns ne veulent que rentrer chez eux au plus vite et souhaitent la défaite des Nazis. Certains rejoindront d’ailleurs le Maquis. Les autres sont fanatisés et sont prêts à commettre des exactions, sentant leurs destins leur échapper. Quoiqu’il en soit, les uns comme les autres connaîtront des fins tragiques, tués aux combats ou éliminés par les Soviétiques à leur retour, considérés comme traitres ou fascistes… même quand ils n’y étaient pour rien !

Toujours est-il que leur réputation est faite et que, malgré des moyens d’informations réduits durant l’Occupation, les populations locales savent qu’on doit tout redouter du passage de ses hommes, livrés à eux-mêmes bien souvent. Madame Devin qui nous a parlé de ces visiteurs inopportuns se souvient des heures angoissantes que connut le village et elle-même également, lors de leur halte, cette après-midi-là, entre le 15 et le 27 août 1944.

Equipé de véhicules hippomobiles, les Mongols se mirent à l’ombre dans les rues du village.

Que faisaient-ils donc là ?

En lisant Louis-Frédéric Ducros dans le tome 3 des « Montagnes ardéchoises dans la guerre », on apprend que, parmi les unités en retraite remontant du Sud-Ouest et devant traverser l’Ardèche, se trouvaient des troupes composées principalement de turkmènes encadrés par des Allemands. Une photo montre un groupe de Résistants posant devant un café d’Aubenas avec un drapeau pris à une légion SS d’Azerbaïdjan.

Ces hommes, harcelés par la Résistance, se rendirent en masse au point d’envahir les lieux de détention, à Privas principalement, la caserne Rompon, le camp de Chabanet, l’asile Sainte-Marie… On dénombra plusieurs milliers de prisonniers dont près de deux mille se rendirent sur le Coiron, du côté de Darbres et Freyssenet.

En regardant la carte proposée Ducros,

on voit que certaines unités choisirent de descendre jusqu’au Rhône pour remonter par la Nationale 86 (route de Saint-Remèze à Bourg-Saint-Andéol, route de la vallée de l’Ibie pour arriver à Viviers ou au Teil, route d’Aubenas au Teil). Etait-ce un groupe de l’une d’elles qui traversa tant bien que mal le fleuve pour se retrouver à Ancône ?

La présence de Mongols sur la rive gauche du Rhône n’avait été confirmée dans le passé, par mon père, qui se souvenait de quelques déserteurs asiatiques de la Wehrmacht ayant rejoint la Résistance locale du côté de Caderousse au moment de la Libération.

Peut-être y avait-il des unités de Mongols dans le Sud-Est, bien que je pense qu’il s’agissait plutôt de groupes venus du Sud-Ouest, ayant traversé  le Rhône, malgré tous les ponts détruits, en barque puis ayant volé quelques voitures hippomobiles, quelques chevaux et quelques vélos pour fuir vers le nord ?

Donc à Ancône, cette après-midi chaude d’août 1944…

Vous trouverez cette anecdote et bien d’autres sur Ancône pendant la Seconde Guerre Mondiale sur les Cahiers d’Ancône n° 3, pages 14 à 21… ainsi que les biographies des quatre MPF, Aimé James, Adrien Montchaud, Louis Delpech et Camille Revelin, pages 8 à 13.

Les Cahiers d’Ancône n°3, parution le 21 septembre, 44 pages, 134 illustrations, 7 euros.

Illustrations de cet article (2 photos et 2 cartes) extraites de « Montagnes ardéchoises dans la guerre » (tome III) de Louis-Frédéric Ducros, 3ème trimestre 1981.

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La GÉNÉALOGIE au programme des Journées Européennes du Patrimoine à CADEROUSSE

Voici un programme bien fourni pour les JEP 2019 à Caderousse, du 21 au 26 septembre 2019.

Six jours, une exposition, trois conférences, un atelier… Il y en aura pour tous les goûts !

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A CADEROUSSE, quand il pleut des chats et des chiens, les cailloux suivent !

Et quand une voiture a la mauvaise idée de se mettre dessous, ceci donne cela….

Caderousse, rue Vénasque, à côté du puits banal… après deux épisodes pluvieux très abondants, dimanche 25 novembre 2018.

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La fantastique collection des « siège de Caderousse » de Jacques Rigaud

A l’occasion du vernissage du livre « Le Siège de Caderousse » écrit par Jean-Paul Masse, par la Levado, était présentée une collection de Jacques Rigaud bien particulière: celle des éditions précédentes de cet ouvrage.

Egalement grand collectionneur d’un autre Fabre, Jean-Henri, l’entomologiste de Sérignan, les nombreux livres de Jean-Baptiste Fabre exposés dans la salle Marquion  représentaient un bien beau trésor… du Félibre et du village.

L’éclairage de la salle n’est guère propice à la prise de clichés mais voici quelques vues des vitrines pouvant vous donner une petite idée de la richesse de la collection.

 

Jean Rigaud fait systématiquement relier ses « Siège de Cadarossa » qu’il arrive à obtenir, dans les règles de l’art correspondant à l’année de parution. Le fera-t-il également pour la dernière édition de Jean-Paul Masse ?

Une édition encore disponible à la Levado, chez Jean-Paul Masse.

Voir https://unmondedepapiers.com/2018/11/06/caderousse-comment-les-cigales-du-pape-sont-venues-racketter-les-fourmis-caderoussiennes/

Une visite qui valait bien d’affronter les gilets jaunes de Piolenc qui ne sont pas manifestement tous dans le besoin…

…vue la taille des tracteurs ! Les Jacques ont bien changé !

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128 POILUS de CADEROUSSE, 128 DESTINS… Paul Louis Lucien TAURIAC

128 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 128 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent vingt-huitième et denier poilu: Paul Louis Lucien Tauriac.

A l’instar de Marcel Henri Eugène Bérard, Paul Taurier ne va guère connaître Caderousse. Il y naît certes le 18 novembre 1890 mais, comme le père de Marcel, le notaire Bérard, le père de Paul, le receveur buraliste Tauriac ne va pas faire long feu dans ce village de Caderousse assez pauvre alors… et sa famille avec. Les Tauriac sont d’ailleurs les voisins des Bérard, rue Château Vieux.

Alors que les Bérard venaient de l’Hérault et de Montélimar, les parents de Paul arrivent des Basses-Alpes, de Manosque. Agé de vingt-sept ans, Lucien, originaire de Gap a épousé Marie Louis Arnoux le 17 février 1887 dans la cité basse-alpine. Elle a alors tout juste vingt ans.

Immédiatement, le couple aménage à Caderousse où Lucien devient receveur buraliste. Il tient un bureau de tabac, emploi qui après 1918 sera réservé par l’Etat aux invalides de guerre mais fait également fonction de percepteur des Contributions Indirectes comme les taxes sur le vin en vrac, les alcools au moment où les alambics tournent à fond, après les vendanges…

Une fille, Anne Baptistine, vient au monde à la fin de cette année 1887, le 20 décembre exactement. Cette dernière suivra une scolarité exemplaire et deviendra institutrice publique. Trois ans après, un garçon complètera la fratrie du couple formé par Lucien et Marie Louise, Paul, le futur Poilu comme on peut le constater sur le recensement de 1891, à Caderousse.

Le père de Lucien, Antoine Jean Tauriac, originaire de Montauban comme son patronyme le laisse à penser, vit de ses rentes chez son fils et sa bru.

Avant 1896, le couple quitte le village pour aller vivre en banlieue d’Avignon, à Morières. C’est grâce à l’indication de ce  village comme lieu où a été transcrit le décès de Paul en 1916 sur la fiche de Mémoire des Hommes que nous avons pu suivre le déplacement des Tauriac. En effet, sans aucune raison logique, la page de Paul est absente dans le livre matricule de la classe 1910 du bureau de recrutement d’Avignon aux Archives Numérisées du Vaucluse. Mais l’Etat-Civil et les recensements de Morières-lès-Avignon nous tirent une bonne épine du pied.

Lucien, Marie-Louise et les siens s’installent donc rue Crillon à Morières où on les retrouve en 1896.

Anne Baptistine est bizarrement devenue Marguerite mais il s’agit-là d’une erreur de l’agent recenseur. Le grand-père paternel Antoine est encore là, pour peu de temps puisqu’il décèdera le 21 mars 1898 à l’âge de quatre-vingt-un ans.

En 1901, c’est Anne qui n’est plus là,…

…certainement interne au Collège d’Avignon.

En 1906, les deux enfants suivent leurs études en ville mais…

…Lucien et Marie Louise gardent maintenant les parents âgés de Marie Louise, Fortuné Arnoux et Annette Magnan, qui ont quitté les rives de la Durance pour la vallée du Rhône.

En 1911, c’est au tour d’Annette Magnan d’avoir disparu tandis que les enfants, l’institutrice Anne et l’employé Paul sont de retour à la maison, une fois leurs études terminées. C’est d’ailleurs cette année-là que Paul est appelé sous les drapeaux et qu’il va y connaître une ascension militaire foudroyante puisqu’on apprend grâce au Journal de Marche du 53ème Régiment d’Infanterie de Perpignan, qu’il rejoint cette unité le 19 juin 1915 en tant qu’officier.

Le sous-lieutenant Tauriac va commander la 3ème Compagnie du 53ème R.I., engagé sur le front en Champagne.

C’est à ce moment que va se déclencher la seconde bataille de Champagne du 25 septembre au 06 octobre 1915.

Après trois jours de bombardements et de contre-bombardements, l’assaut est donné par l’infanterie le 25 septembre au matin dans le secteur de Moronvillers.

Les hommes sortent des tranchées pour courir vers celles des Allemands derrière leurs officiers subalternes. Le Commandant Lambert, chef du bataillon est tué dans le no-man’s-land entre les deux camps.

La 3ème compagnie du Sous-lieutenant Tauriac qui devait suivre le première vague pour « nettoyer  » les tranchées conquises est à son tour décimée. La journée, malgré le courage des hommes est un fiasco. Pas moins de sept officiers sont mis hors de combat dont quatre sont tués Parmi eux, le sous-lieutenant Tauriac comme l’indique ce passage du Journal de Marche du 53ème d’Infanterie.

Ce 25 septembre 1915, à Moronvillers, Paul Tauriac était âgé de 24 ans et 10 mois.

Paul Louis Lucien Tauriac , matricule 351 de la classe 1910, bureau de recrutement d’Avignon mais dont la page manque sur le premier volume du registre matricule ou n’a pas été numérisée. Certes, le patronyme Tauriac n’est guère répandu dans le sud-est mais si quelqu’un reconnaît en Paul Louis Lucien, un ascendant, qu’i n’hésite pas à se manifester. 

Ainsi se terminent les biographies des 128 MPLF de Caderousse, reconnus sur les lieux de mémoire ou retrouvés grâce à Mémoire des Hommes. Cela nous a permis de rendre hommage à ces garçons plus ou moins jeunes que la guerre a détruit, à ces proches aujourd’hui disparus qui ont gardé les cicatrices de ces drames toute leur existence. Que cent ans après, les hommes se souviennent où ont mené des nationalistes exacerbés, théories politiques qui semblent être à nouveau à la mode dans notre vieille Europe un peu déboussolée par la modernité et la mondialisation !

 

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