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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Joseph ROBERT.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt douzième de la liste: Joseph Victor ROBERT.

La quatrième face du Monument aux Morts.

Claude Victor Robert cultivateur au quartier des Cabannes épousa le 23 septembre 1880 Thérèse Appy en Avignon. Il était âgé de 28 ans et elle, bientôt 25 ans. C’était un Caderoussien de souche tandis que Thérèse était la fille naturelle d’Angélique Appy, née à Ménerbes et domestique en Avignon quand elle se maria.

Le couple s’installa aux Cabanes bien entendu et un an après les noces vint au monde une fille, Joséphine Baptistine le 24 juin 1881. Elle vivra jusqu’en 1969.

Joseph Victor, le futur Poilu inscrit sur sur la quatrième face du Monument aux Morts de Caderousse naquit le 17 mars 1883, toujours à la ferme des Cabanes.

Le couple eut un troisième enfant, un garçon, Louis Théophile le 06 juin 1886 qui lui aussi vivra jusqu’à un âge avancé. Il décèdera à Orange en 1972. Par contre, il semble qu’aucun membre de cette fratrie ne se soit marié.

La famille du couple Robert-Appy au complet en 1896.

En 1904, Joseph Victor aurait dû faire son service militaire. Mais, voilà, il fut ajourné une première fois pour faiblesse  puis définitivement exempté l’année suivante. Louis Théophile, son petit frère, faillit suivre la même voie mais après une exemption en 1907, il fut convoqué en 1908 au 3ème Régiment d’Infanterie de Marseille où il resta deux ans.

Une originalité dans le recensement en 1911, Joseph Victor y apparaît en deux endroits. Dans sa famille tout d’abord…

…alors qu’on constate que Joséphine est allée louer ses services ailleurs puis plus loin,…

…comme domestique chez Marie Martin qui a perdu son mari.

Exempté en 1905, Joseph Victor devient brutalement « bon pour le service » en décembre 1914. C’est le conseil de révision d’Orange qui rend cette décision. Le voilà donc incorporé au 158ème Régiment d’Infanterie d’Avignon en février 1915 avant d’être muté au 1er Bataillon de Chasseurs à Pied le 21 juin 1915. Cette unité combat sur le front du Pas-de-Calais, au milieu de troupes britanniques. Le 158ème R.I. est lui aussi dans ce coin et c’est pour renforcer une unité décimée que certains hommes du 158ème dont Joseph sont passés de l’Infanterie aux Chasseurs.

Début juillet 1915, les Français subissent les assauts allemands dans le secteur de Ruitz, à l’ouest de Lens. Le registre matricule cite Angres mais le Journal de Marche du Bataillon de Chasseurs à pied est formel: ils sont plus à l’ouest. Le 8 juillet 1915, c’est une attaque allemande qui est décrite…

…menée par des fantassins qui attaquent les tranchées françaises à la grenade. Certains arrivent jusqu’à la tranchée et s’y installent mais une mitrailleuse française va les en déloger.

Bilan de la journée de violents combats chez les Chasseurs à Pied,…

…vingt-cinq hommes tués et cinquante blessés et parmi eux, Joseph Victor Robert.

Il est évacué vers l’arrière l’ambulance 7 d’Hersin Coupigny, toujours dans le Pas-de-Calais. Très grièvement blessé, il y décède le 10 juillet 1915.  Il était âgé de 32 ans et 4 mois.

Il recevra la Médaille Militaire à titre posthume, le 22 février 1920 pour son courage.

Quelques mots sur le parcours de son jeune frère. Il est rappelé le 03 août 1914, au 258ème Régiment d’Infanterie d’Avignon, oui au 258ème… celui des sept Caderoussiens morts autour de Saint-Mihiel entre le 20 septembre et le 04 octobre 1914. Lui aura un peu plus de chance en étant seulement capturé par les Allemands. Le voilà prisonnier de guerre à partir du 27 septembre 1914. Il sera détenu à Landshut puis à Puccheim et enfin à Grafenvohr où il retrouvera la liberté le 28 décembre 1918 après cinquante et un mois de détention.

 

Fiche matricule de Joseph Victor Robert de Mémoire des Hommes.

Joseph Victor Robert, matricule 160 de la classe 1903, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Robert est encore bien présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Albert Joseph son ascendant, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Paul Robert.

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Les très anciens REPÈRES DE CRUE de l’église SAINT-MICHEL de CADEROUSSE

1840, 1856, 1896, ce sont les dates que l’on retrouve le plus le long du Rhône, entre Lyon et Arles, sur les repères de crue. Ce sont des crues historiques du Rhône, autant par leurs données scientifiques que par la mythologie qui les entoure, la venue de Napoléon III dans la vallée par le train en 1856 n’étant pas étrangère à cette histoire.

Déjà, sur le mur de la mairie du village apparaissent des repères moins connus, ceux des crues du 1827 et plus ancienne, celle de décembre 1755, une plaque très endommagée et pas seulement par les outrages du temps, ses deux principaux défauts (être en pierre et à hauteur d’homme) étant responsable de son état. Une dégradation récente me semble-t-il !

Mais c’est dans l’église paroissiale Saint-Michel, à l’entrée de la chapelle d’Ancezune que Jean-Paul Masse nous avait découvrir lors de notre visite du 24 mai dernier, trois repères exceptionnels.

La crue de 1755.

Il s’agit d’une écriture proche de celle du repère de la mairie. La date est très nette. Une installation récente a failli faire disparaître l’objet avec cette cheville disgracieuse. Comme quoi la conservation du patrimoine est un combat de tous les instants. Cette crue semble être aussi importante voire plus importante que celle de 1856. C’est le cas sur la façade de l’église des Célestins en Avignon.

La crue de 1580.

Ici, la machine à remonter le temps nous emmène 438 années en arrière. L’écriture n’est guère appliquée mais ressemble à ce qui se faisait à l’époque. Il s’agit là d’une des rares traces tangibles de cette inondation de la vallée. Un document exceptionnel.

 

Peu de renseignement sur cette crue.
Crue de 1471.

 

Ce document pose problème. La crue du Rhône de 1471 est bien répertoriée. Mais l’écriture des chiffres ne date manifestement pas de 1471. Elle ressemble à ce qu’écrivaient les carriers et qu’on peut lire à Saint-Restitut par exemple. On peut raisonnablement  penser que cette date a été inscrite au XIXème siècle. Certainement d’après des écrits plus anciens. Toujours est-il qu’il s’agit-là d’un second document exceptionnel, peut-être le seul repère de toute la vallée pour cette date.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Albert ROBERT.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt dixième de la liste: Albert Joseph ROBERT.

La quatrième face du Monument aux Morts.

Trois Robert inscrit sur le Monument aux Morts de Caderousse plus un quatrième oublié, cela fait beaucoup mais ils ne semblent pas faire partie de la même famille, ni de la même fratrie, ni par cousinage même s’il semble évident qu’en remontant dans le temps, on trouverait des ancêtres communs.

Commençons par Albert Robert.
Il est né à Caderousse de parents Caderoussiens. Claude Robert, son père, né en 1949 prend pour épouse Célestine Rose Rieu née en 1860. Onze ans d’écart d’âge entre les époux, cela était courant à l’époque. Ils se marient le 04 septembre 1881 à Caderousse. A cette époque, Claude est cultivateur mais il va dériver professionnellement parlant en devenant fabriquant de balais, peut-être à son propre compte puis en étant négociant ou courtier pour un patron, Charrier & Lacour. Il s’installe rue Pied Gaillard avec un intermède de quelques mois passé rue Juiverie.

La jeune Célestine va donner six enfants à son époux. Baptistine l’aînée, née en 1882, décèdera dix-neuf mois plus tard, le jour de la Toussaint 1883. A cette date, une autre fillette est venue rejoindre le foyer des Robert de la rue Pied Gaillard, prénommée Claudine et née le 15 juillet 1883. Dix-neuf ans après, elle prendra pour époux un certain Félix Chastan, cafetier, le 15 novembre 1902 et le couple s’installera non loin des parents, rue Pied Gaillard. Claudine vivra jusqu’en 1968.

C’est ensuite au Poilu Albert Joseph de paraître, le 18 avril 1885. C’est à cette époque que la famille a brièvement déménagé rue Juiverie.

Retour en 1887 rue Pied Gaillard avec la naissance d’un autre garçon, Adrien Marius, né le 18 janvier. Bizarrement, alors qu’il vit toujours chez ses parents en 1906, on ne le retrouve pas sur les registres matricules d’Avignon de la classe 1907. Vraiment très étonnant !

Une autre fille, Henriette Apollonie va par la suite naître, le 14 décembre 1893. Elle se mariera à Caderousse après-guerre avec un dénommé Bonifay Clarius. Henriette vivra jusqu’en 1970.

La famille de Claude Robert-Célestine Rieu au recensement de 1896.

Une dernière fille complètera la fratrie, Eulalie Apollonie Albertine, le 10 février 1897.

La famille au complet au recensement de 1901, six enfants dont cinq ayant atteint l’âge adulte, deux garçons pour trois filles, pour résumer la composition de la fratrie.

Ayant appris le métier de boulanger, Albert est incorporé le 06 octobre 1906 à la 15ème Section des Ouvriers et Commis Militaires à Marseille. On a besoin de gens du métier pour préparer le pain de tous les hommes sous les drapeaux. Il va y passer deux années et quand il est libéré le 25 septembre 1908, il rentre à Caderousse avec le grade de sergent.

A Caderousse… mais pas pour très longtemps. Changement de parcours professionnel pour Albert, à l’instar de son père. On le retrouve Gardien de la Paix à Paris IXème en 1910 puis en banlieue, à Courbevoie puis La Garenne-Colombe. Il se rapproche des siens en obtenant un poste dans la Drôme, à Romans-sur-Isère en avril 1912, comme manutentionnaire militaire. Un parcours pour le moins atypique !

Rappelé sous les drapeaux en 1914, toujours à la 15ème Section des Ouvriers et Commis Militaires, il ne connaîtra que l’arrière du front, ce qui n’était pas forcément sans risque avant que sa section soit mise à disponibilité du Corps Expéditionnaire d’Orient.

Une guerre méconnue que celle d’Orient, une catastrophique expédition aux Dardanelles contre les Turcs en 1915, de mars à décembre, Gallipoli et l’acharnée résistance des Ottomans aboutissant au retrait des franco-britanniques de la presqu’île puis dans la foulée l’expédition de Salonique face aux Bulgares, alliés des Allemands et des Autrichiens, pour forcer la main des Grecs à se joindre à l’Entente.

Albert ne connaîtra pas cette seconde phase de la guerre en Orient, décédant dans la paradisiaque île de Limnos, à Moudros. Outre les combats, les maladies tueront un pourcentage important d’hommes, bien plus élevé que sur le front occidental. A Limnos, une île de la mer Egée à 50 kilomètres des Dardanelles est installé la base-arrière du front dont les services de santé où sont soignés les blessés et les malades. Typhus, dysenterie, paludisme ravagent les troupes autant que les obus ottomans.
Le 30 juin 1915, Albert Joseph Robert décède d’une « maladie contractée en service ». Il était âgé de 30 ans et 2 mois. Son corps fut rapatrié dans le Vaucluse.

Fiche matricule d’Albert Joseph Robert de Mémoire des Hommes.

Albert Joseph Robert, matricule 432 de la classe 1905, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Robert est encore bien présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Albert Joseph son ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Hippolyte Robert.

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Un GECKO (sauvage) à CADEROUSSE…

Réchauffement climatique ? NAC échappée d’un élevage ? Toujours est-il qu’un gecko vit tranquillement depuis plusieurs années à l’abri des hommes, entre le volet et la porte-fenêtre d’entrée de la maison de la place Jean-Jaurès.

Hiver comme été, il est là dans un espace assez large et rarement perturbé. D’ailleurs, il ne fuit pas l’approche de l’homme sauf si la main s’avance un peu trop. En quelques années, il a largement doublé de volume ce qui semble indiquer que ses sorties nocturnes sont fructueuses.

Malgré l’orientation de la porte au nord, il ne semble pas souffrir du froid des hivers, quoique les hivers rigoureux sur une longue durée soient plutôt rares depuis quelques années.

Il participe activement à la lutte contre moustiques et moucherons, insectes plus ou moins nuisibles, en en prélevant autant que son appétit le désire.

Longue vie au gecko de Caderousse !

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Antoine RIPERT.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt neuvième de la liste: Antoine Joseph Emile RIPERT.

La quatrième face du Monument aux Morts, celle des Roche.

Marie Joséphine Charlotte Millet est née le 02 mars 1890 à Caderousse. A l’âge de 22 ans, elle va prendre pour époux Antoine  Ripert qu’on prénommait plutôt Joseph, un jeune Caderoussien venu au monde la veille de Noël 1887. Les noces sont célébrées le 15 juin 1912 au village. Moins de quatre ans plus tard, elle va connaître un terrible début de printemps 1916. Coup sur coup, elle perd son mari Antoine le 22 mars, porté disparu près de Verdun et un peu plus d’un mois plus tard, son frère Paul Millet, le 25 avril 1916 tué à l’ennemi près de Badonviller. Comment se remettre d’une telle succession de drames ?

Mais revenons au début.

Antoine est le fils aîné du couple Joseph Ripert- Marie Rosalie Louise Rieu, né deux ans après le mariage de ses parents. Ce 07 janvier 1886 à Caderousse, Joseph et Marie sont deux jeunes gens âgés respectivement de 21 et 17 ans. Il faut préciser que Marie Rosalie était venue au monde huit mois après le décès de son père et ce mariage précoce allait soulager financièrement sa mère Appolonie qui menait seule depuis le décès de son époux, la ferme des Cabannes. De son côté, Joseph père était ouvrier baletier travaillant dans la fabrique Perrin & Chabrol. C’est ce métier qu’embrassera plus tard son fils, après son service militaire.

Après Antoine, sont arrivées trois filles dans le foyer de Joseph et Marie, trois enfants qui vivront longtemps. Gabrielle Joséphine née en 1892 se mariera en 1914 avec un dénommé Louis Joseph Poet.

La famille en 1896, Gabrielle s’appelle Gabriel (une erreur de transcription)

et la grand-mère Appolonie vit au foyer de sa fille et son gendre. 

 

Angeline Paula naîtra en 1898 et se prendra pour époux Rémi Alphonse Bouche. Toutes deux semblent avoir alors quitté Caderousse après leurs unions et sont décédées à Eyragues, au sud d’Avignon,  dans la seconde moitié du XXème siècle. La petite dernière, Jeanne Andréa née en 1904 épousera Henri Evariste Faure en 1922.

En 1911, la famille est au complet et l’agent recenseur en accord avec l’Etat-civil !

Le 08 octobre 1908, Antoine Joseph rejoint Marseille et le 141ème Régiment d’Infanterie. Il y restera deux ans, libéré le 25 septembre 1910, muni d’un Certificat de Bonne Conduite.

On peut penser qu’un enfant pourrait être né dans le foyer d’Antoine Joseph fils et Marie Louise entre leur union et la fin tragique du père. Si cela est le cas, il n’aura pas eu le temps de connaître son père et réciproquement.

En effet, le 03 août 1914, Antoine Joseph va retrouver le 141ème de Ligne et rapidement le front du nord-est de la France. En mars 1916, le régiment marseillais est dans la tourmente de Verdun, sous le déluge de feu et de fer de l’artillerie allemande. Nous sommes dans le secteur de Mort-Homme, au nord-ouest de la place forte, sur le territoire de la commune de Malencourt, dans la Meuse.

On est au tout début de la grande bataille commencée le 21 février 1916 et qui s’achèvera à la fin de cette année-là. C’est ce que nous raconte le Journal de Marche du 141ème pour les journées des 21 et 22 mars 1916. Et quand le feu des canons cessent, ce sont les fantassins allemands qui passent à l’attaque.

Les fantassins français résistent tant bien que mal et sont durement éprouvés après la préparation d’artillerie. Les combats se terminent à la grenade dans les boyaux défoncés et les Allemands ont là  aussi l’avantage que leur ont procuré la précision des tirs des artilleurs.

Le 22 mars 1916, Antoine Joseph Emile sera submergé par la vague allemande et disparaîtra corps et âme dans la mêlée. Son décès sera officialisé par le Tribunal d’Orange le 25 août 1921.

Dans la longue liste des victimes dressée après le 22 mars, le nom d’Antoine Ripert apparaît avec une barre dans la colonne des disparus.

Le 22 mars 1916, il était âgé de 28 ans et 3 mois.

Quand à l’état-major français, il ne pouvait envoyer aux régiments durement touchés que des messages du genre… »Tenez bon! ».

Dans cet affrontement titanesque, même le comandant du Régiment avait été tué par une explosion près de son poste d’observation.

fiche matricule d’Antoine Joseph Emile Ripert de Mémoire des Hommes.

Antoine Joseph Emile Ripert, matricule 360 de la classe 1907, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Ripert est encore bien présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Antoine Joseph Emile son ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Albert Robert.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Gabriel RIEU.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt huitième de la liste: Gabriel Joseph Marius RIEU.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Après deux biographies peu évidentes, voici donc une recherche plus facile pour Gabriel Rieu autant du point de vue généalogique que de celui du parcours militaire déjà évoqué à plusieurs reprises !

Gabriel Rieu est né à Caderousse le 07 novembre 1884. Son père, également prénommé Gabriel est cultivateur, né au quartier du Gabin, propriétaire suivant l’Etat-civil. Gabriel Rieu père épouse Rose Thérèse Marie Menu le 27 avril 1881 à Caderousse. Gabriel comme Rose ne sont pas à proprement parler de jeunes époux puisque respectivement âgés de 38 et 36 ans le jour de leur union. Certainement  trop de travail pour Gabriel qui mène seul les terres de son père Jean, décédé en 1870. Les époux vont s’installer au Gabin.

Des enfants vont venir enrichir la famille de Gabriel et Rose. Gabriel fils est donc le premier enfant du couple, né trois ans après les noces, suivi en 1886 d’une fille prénommée… Gabrielle (Thérèse Jeanne) pour ne pas être trop original. Voici ce que raconte le recensement de 1886, quartier de Rabaisse, une autre appellation du Gabin certainement. Près du petit Rhône, il devait baigner souvent.

La mère de Gabriel père est toujours là. Les deux enfants Marius Gabriel et Thérèse Gabrielle -l’agent recenseur n’ayant pas osé écrire trois fois Gabriel- sont bien inscrits et deux jeunes hommes, Roche Louis et Gabriel aident le père dans le travail quotidien aux champs.

Quelques années plus tard, un petit Julien Louis Parfait vient compléter la fratrie, né en 1891. Petit dernier mais petit tout simplement, par la taille puisque l’Armée en 1901 le toisera à 1,55 mètre. Deux centimètres de moins que son « grand » frère Gabriel.

En 1896, l’agent recenseur se prend un peu les pieds dans le tapis en inventant une fille aînée Marie en lieu et place de Gabrielle et en inversant les âges. Un seul domestique aide le père dans son entreprise, un certain Paul Guissan qui gagne ainsi quelques sous en attendant d’être appelé sous les drapeaux.

Le 10 octobre 1905, Gabriel rejoint le 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon. Il y restera deux ans, libéré le 28 octobre 1907. Il est devenu Première Classe et a obtenu un Certificat de Bonne Conduite.

Il retourne à la grange, chemin d’Orange pour aider ses parents. On retrouve toute la famille en 1911, dernier recensement avant la guerre.

Une seule petite erreur dans l’année de naissance de Julien, 1892 au lieu de 1891 ! Pour le reste, tout va bien. Plus besoin de domestiques à la ferme puisque les enfants sont en âge de travailler. Par contre, la grand-mère Marie-Rose Bouschier a quitté ce monde. Ainsi va la vie…

Le 04 août 1914, Gabriel est rappelé sous les drapeaux. Il rejoint le régiment réserve du 58ème, le 258ème R.I. dont on a déjà tristement parlé. Oui, Gabriel va être le septième Caderoussien à perdre la vie dans la seconde quinzaine de septembre 1914 dans le secteur de Saint-Mihiel !

Après Louis Pécoul mort le 16 septembre, Paul Julien tué le 20, Justin Miaille le 26, Eugène Cambe disparu entre le 20 et le 27, c’est au tour de Gabriel Rieu de ne donner plus aucun signe de vie à partir du 27 septembre. Maurice Millet et Henri Lazard connaîtront le même sort, respectivement les 28 septembre et 04 octobre 1914 pour clore cette énumération funeste.

Le 27 septembre 1914, Gabriel Rieu était âgé de 29 ans et 11 mois. Son corps fut retrouvé par la suite et il repose désormais à la Nécropole Nationale « Vaux-Racine » de Saint-Mihiel.

Quant à son frère, un temps éloigné du front de part sa petite taille, il fut versé au 6ème Régiment d’Artillerie Lourde d’Orange pour y faire toutes les campagnes, de Verdun au Chemin des Dames et à Craonne, à la dernière offensive de Champagne en 1918. Mais lui eut la chance de retourner vivre auprès des siens, en 1919.

 

La fiche matricule de Gabriel Joseph Marius Rieu de Mémoire des Hommes.

Gabriel Joseph Marius Rieu, matricule 156 de la classe 1904, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Rieu est encore assez présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Gabriel Joseph Marius son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Antoine Ripert.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Paul REDON.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt septième de la liste: Paul Claudius REDON.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Encore une petite erreur dans le prénom du Poilu suivant, nommé Redon, inscrit sur le Monument aux Morts. Redon Achille peut-on lire ce qui est tout simplement le prénom de son père ! Le futur soldat a été enregistré à l’Etat-civil de la commune le 07 juillet 1892 (pour une naissance qui s’est passée la veille, le 06 juillet, rue Saint-Joseph) sous le nom de Claudius Paul Redon. Par contre, comme dans bien des cas, il semblerait que son prénom usuel soit le second… Paul.

Voici donc quelques lignes racontant le destin de Paul Redon, fils d’Achille Redon.

Son destin, dès les premiers jours de sa vie, sera marqué sous le sceau du drame. En effet, huit jours après sa naissance, le 14 juillet 1892, il perdait son père, Achille Léon Redon, seulement âgé de 42 ans ! Ce dernier était né au village en 1851, rue Chateauvieux, et s’était marié à Marie Louise Marquion, Caderoussienne venue au monde quartier du Brout, en 1864. Les noces avaient été célébrées le 20 août 1884. Un premier enfant, Louis Jean-Baptiste était rapidement arrivé, le 24 novembre 1885,  puis un second, Claudius Paul, notre Poilu, sept ans plus tard. Le père travaillait dans une fabrique de balais comme ouvrier.

Quatre ans après le décès de son mari, Marie Louise allait se remarier avec Joseph Soumille, originaire de Courthézon mais installé au village depuis longtemps, certainement un copain de son défunt mari puisque appartenant à la même classe 1871 que lui, et veuf lui aussi depuis le décès de sa femme Caroline Ayanne en 1894. Ces secondes noces furent célébrées le 18 mars 1896.

Paul et Louis, les enfants de Marie Louise allaient rejoindre les quatre enfants de Joseph Soumille, Paul, Joséphine, Magdeleine et Baptistin dans une ferme des Cabannes. Six enfants de 4 à 18 ans autour de la table familiale tous les soirs et bientôt trois nouveaux qui allaient s’y ajouter… trois garçons… Marcel Joseph né en 1897, Joseph Paul en 1898 et Gabriel Hippolyte en 1901. La famille Soumille-Marquion-Redon occupait presque une demi-page du registre du recensement de 1901 !

On parlerait aujourd’hui de famille recomposée… par des décès, pas par des séparations !

Aux deux parents et neuf enfants s’ajoutait un domestique, Florestan Martin, lui aussi inscrit sur le monument aux morts de la commune et dont on a raconté le destin tragique il y a quelques semaines, tué à l’ennemi le 21 septembre 1914 à Bauzée.

La famille n’allait pas s’agrandir après cette date et les enfants allaient peu à peu quitter le domicile familial. Pour Paul, ce sera pour rejoindre le 61ème Régiment d’Infanterie à Aix-en-Provence le 08 octobre 1913. Il sera donc sur place quand la guerre éclatera.

Le 04 juin 1915, il rejoignit le 24ème Régiment d’Infanterie qui combattait dans le secteur de Vimy, aux côtés des Canadiens en septembre 1915. Nous sommes à Neuville-Saint-Vaast, à mi-chemin de Lens et d’Arras dans le bassin minier du Pas-de-Calais. Les combats feront rages du 24 au 30 septembre, à l’initiative des Français pour des gains de terrain dérisoires.

Le 25 septembre 1915, le Journal de Marche du 24ème de Ligne raconte une attaque des hommes sur les tranchées ennemies dans le secteur du Bois de la Folie, le bien nommé.

Insuffisamment préparée, les assaillants sont accueillis par des tirs allemands meurtriers qui font des ravages chez les hommes sortant à découvert et qui tombent comme des mouches. Parmi eux, Paul Claudius Redon de Caderousse, tué à l’ennemi ce 25 septembre 1915 et disparu corps et âme. Il était âgé de 23 ans et 3 mois.

Son décès fut acté par le Tribunal d’Orange le 17 février 922 et transcrit sur l’Etat-civil de Caderousse le 21 février suivant.

Le 24ème R.I. perdit presque la moitié de son effectif pendant ces quelques jours d’attaques inconsidérées. Voici le bilan fourni par le Journal de Marche du régiment…

… 1 158 hommes mis hors de combat pour…

…1 769 hommes restant valides ! Considérable !

Une vue de tranchées conservées à Neuville, au milieu d’un bois, peut-être le bois de la Folie devenu Zone Rouge…

…et deux cimetières canadiens réutilisant un cratère de mine pour dernière demeure de combattants d’outre-Atlantique…

Le cimetière du Crater Zivy.

Le cimetière du Crater Lichfield.

La fiche matricule de Claudius Paul Redon de Mémoire des Hommes.

Claudius Paul Redon, matricule 766 de la classe 1912, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Redon est encore assez présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Claudius Paul son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Gabriel Rieu.

Quelques mots sur les frères de Claudius Paul…

Louis Redon son aîné (matricule 482 classe 1905-Avignon) a connu la captivité en Allemagne du 20 mars 1916 au 12 décembre 1918 après avoir été pris du côté de Malancourt. Rendu à la vie civile, il retrouvera son poste de gardien de la Paix à Marseille. Il avait été légèrement blessé avant sa captivité.

Marcel Soumille son demi-frère, boucher de profession (matricule 1 243 classe 1917-Avignon) servira dans les Zouaves du 22 janvier 1916 au 23 avril 1917 à Constantine, en Algérie, pour maintenir la présence militaire française dans cette colonie. De retour sur le front en 1917, il passera sans trop de dégât la Grande Guerre. 

Joseph Soumille, son autre demi-frère (matricule 795 classe 1918-Avignon) ne pourra servir dans l’Infanterie pour cause d’une légère infirmité de naissance, une tête penchée à droite. Alors l’armée en fera un artilleur. Lui aussi ne subira pas de blessure pendant sa guerre et retrouvera les terres familiales de Caderousse une fois le traité de Versailles conclu. 

 

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