Archives mensuelles : décembre 2017

Une CARTE de CHEMINOT ANCIEN COMBATTANT de la GRANDE GUERRE

Il s’agit d’une carte des Cheminots Anciens Combattants de la Grande Guerre. l’adhérent, Lucien M… était facteur en écriture sur le réseau PLM mais, bien qu’il adhère à la section d’Avignon,  il exerçait son travail à Tarascon.

Un grand nombre d’hommes participèrent au premier conflit mondial (on parle de 8 millions de Français plus ou moins jeunes). Les grands mouvements de défense sociale et morale de ces anciens combattants virent le jour dès la fin du conflit, un peu dans tous les domaines de la société. ces associations devinrent très puissantes et influèrent sur le cours de l’histoire jusqu’après la Seconde Guerre Mondiale. L’exemple le plus parlant est celui de Pétain qui s’appuya sur la Légion, émanation des associations d’A.C.

Pour Lucien M…, il ne semble pas avoir longtemps adhéré à ce groupe puisqu’au dos de la carte, un seul timbre est collé, celui du troisième trimestre 1921.

Déception, lassitude ou désaccord politique ?

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du 30 décembre 1917

(JOUR 1245 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

C’est vraiment un événement important pour la presse occidentale que la fin de la guerre sur le front de l’est et le retrait des Russes, devenus des traitres. En couverture, deux gardes rouges montent la garde devant la porte de Lenine qualifié de traître, à Petrograd.

A l’intérieur de la revue, de nombreuses photos sur la situation en Russie:

La queue devant une boutique pour se ravitailler à la soupe populaire. Le Miroir y voit un subterfuge des Bolcheviks pour s’attirer les faveurs du peuple.

Des meetings en plein air, au coeur de Petrograd où les leaders s’adressent au peuple.

Les gardes rouges en armes dans les rues et…

…une ambiance de guerre civile. L’instauration d’un régie socialiste en Russie est un événement considérable qui importera la vie politique de tous les pays du monde pour le reste du XXème siècle.

Une autre vue aérienne tout autant spectaculaire:

le bombardement de Reims avec la cathédrale vue des airs.

Le front d’Italie avec la ligne de défense fixée par l’état-major sur le Piave…

…où dans un secteur, de grosses pièces de marine ont été installées.

Sur un autre fleuve de Vénitie, l’Astico, des troupes françaises qui ont connu leurs premières victimes, montent au front.

En Palestine, les Anglais ont repoussé les Turcs.

De nombreux canons ont été repris à l’ennemi, des prisonniers ont été faits et des Anglais ont été blessés. La guerre en un mot !

Aux Etats-Unis, la machine de guerre tourne à plein régime.

On fabrique des casques par milliers…

…et des paires de bottes dans les mêmes quantités pour les Sammies.

Enfin fin de ce tour du monde, au Portugal,…

…le militaires ont renversé le pouvoir civil de Costa et exilé le président Machado. Dans la mouvance de la Révolution russe, les militaires portugais sont plutôt hostiles à la guerre et, sans se désengager totalement, n’enverront plus de renforts aux troupes déjà en France.

Ci-dessus le nouveau chef de l’état, le commandant Sidonio Paès, à cheval.

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Il y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 29 décembre 1917

(JOUR 1244 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une de J’ai vu, les révolutionnaires Lénine et Trotsky, pas bravement sous leur meilleur profil. On croirait avoir affaire à des bandits de grands chemins. Mais les Bolcheviks sont de lâches pacifistes qui s’apprêtent à signer un armistice avec les Allemands. Celui-ci a d’ailleurs été signé le 15 décembre entre la Russie et les Austro-Hongroise et Allemands, armistice qui prendra effet du 17 décembre au 4 janvier.

Pour en revenir à l’image, Trotsky est à gauche et Lénine à droite. On aurait dit l’inverse tant cela est mal fait !

L’offensive britannique en Cambrésis et cette vieille femme aveugle secourue par les Tommies.

La double page centrale est ce dessin…

…commenté ainsi:

UNE SCÈNE QUE L’ITALIE NE VERRA PLUS: L’EXODE DES POPULATIONS DEVANT LA RUÉE AUSTRO-HONGROISE.

Une phrase bien compliquée pour dire que l’intervention française va arrêter l’avance allemande !

Un bombardement aérien vu des airs:

Que de progrès en 3 ans dans les domaines de l’aviation, de la guerre aérienne et la photographie.

Une page à la J’ai vu des troupes françaises en route pour Jérusalem…

…peu nombreuses, sous les ordres d’Allenby et laissées de côté par les Britanniques.

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Le (petit) KIOSQUE de PRESSE DE 37: LE MIROIR DES SPORTS du mardi 28 décembre 1937.

C’est Noël ou du moins c’était Noël, samedi 25 décembre 1937. Chez les internationaux sochaliens Di Lorto et son invité Mattler, on a décoré le sapin. On reconnait sur la couverture Di Lorto, le héros du récent France-Italie au centre et Mattler à gauche.

Autre image de festivités familiales:

chez Roger Lapébie, vainqueur du Tour de France 1937, les enfants ont été gâtés.

Noël, c’est aussi synonyme de vacances pour les riches amateurs de sport d’hiver de la capitale que l’on voit prendre le train pour les stations des Alpes sur cette double page:

…que l’on voit randonner en forêt dans un décor magnifique…

…que l’on voit aussi joyeusement s’amuser dans la cabine d’un téléphérique.

Mais, comme de nos jours, seule une élite pouvait partir en vacances d’hiver.

Pour les autres, le football ne faisait pas trêve pour Noël, un Boxing Day à la française avant l’heure. On pouvait donc suivre les résultats des équipes dans la presse ou suivre les matchs à la radio… pour ceux qui en avait une.

L’O.M. l’a remporté à Roubaix 3-1 grâce à la puissance de ses joueurs et les buts de Zatelli et Kohut (2). Un O.M. composé ainsi pour l’occasion:

Vasconcellos est certainement rentré au Brésil pour les fêtes. Le match se jouant près de Paris, on peut lire le compte-rend du match mais sans illustration.

Par contre, le Miroir nous présente une belle image de cette célébration du Strasbourgeois Rohr auteur d’un but contre le Red Star à Saint-Ouen lors du nul 2-2 entre les deux équipes.

Noël, c’est aussi l’occasion de compétition traditionnelle un peu particulière comme la Coupe de Noël de natation avec traversée de la Seine. Une compétition courte mais demandent un certain courage pour les concurrents au nombre de 12 en 1937.

Cette compétition date de 1906 et a été institué en copiant des défis sportifs à Londres.

Pour terminer, deux vues du départ de l’aviatrice Maryse Hilsz, à Istres lors du rais Paris-Saïgon au cours duquel elle abaissera le record féminin de 11 350 km en 92 heures 31 minutes et 30 secondes.

 

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Une petite recherche pour savoir ce qu’il en était d’un article du PETIT DAUPHINOIS du 29 septembre 1943.

Un journal, le Petit Dauphinois, ouvertement pétiniste et collaborationniste. Adorateur de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste bien avant le début de la Guerre, le Petit Dauphinois en vient à souhaiter la victoire de l’Axe et son interdiction à la Libération ne sera pas usurpée.

L’actualité du 29 septembre 1943, la Saint-Michel 43, est normale. Pas de grands événements, pas de gros titres, pas une date que l’Histoire retiendra.

Sur le front de l’est, les combats sont violents et les Américains ont du mal en Sicile, enfin à ce que dit le journal. La Loterie Nationale change de formule et bientôt la radio remplacera le maître dans les écoles. Et puis, en 5ème colonne, un titre parlant de la Résistance: « Sept terroristes sont arrêtés en Ariège ». Avec le mot terroristes ou celui de « malfaiteurs », on ne parle de droit commun mais bien de résistants. C’était la terminologie de l’époque pour la presse vichyste.

La lecture de l’article nous apprend une attaque de la Gendarmerie dirait-on sur une grotte où se tenaient cachés sept résistants qui furent arrêtés et certainement, après interrogatoires musclés, déportés. J’ai voulu en savoir un peu plus et ce qu’en disait les sites mémoriels ariégeois actuels, s’ils parlaient de cet affrontement.

L’histoire se passe donc en Ariège, dans les premiers contreforts des Pyrénées, en plusieurs épisodes. Il faut d’abord savoir qu’en Ariège, les Allemands sont arrivés en novembre 1942, 10 mois avant les faits, contrairement à la Drôme où ils venaient juste de remplacer les Italiens devenus leurs ennemis après l’Armistice signée avec les Alliés et la destitution du Duce.

Le S.T.O. a rempli les Maquis et les combats entre la Résistance et les Allemands appuyés par la Milice commencent à devenir régulier.

Ainsi, le 18 septembre 1943, un groupe de maquisards du Maquis de Rimont a l’idée d’attaquer un poste de garde allemand installé à Pareille (Perlera en occitan) pour prendre quelques armes. C’est cet affrontement qui est le plus médiatisé de nos jours.

On voit que le poste allemand dominait la vallée menant à Lavelanet, à l’est de l’axe important Foix-Tarascon-Ax-les-Tlermes. La bataille de Pareille se solde par la mort de deux maquisards, Achille Bochetto de Narbonne et Alexis Audeon dit René, un ancien des Brigades Internationales plus un blessé, tandis que les Allemands perdent quatre hommes, deux tués et deux blessés. Mais pas d’armes récupérées par le Maquis !

C’est en réaction à cette attaque que les Allemands organisent une riposte contre un Maquis sur lequel ils ont eu quelques renseignements. Il est situé à quelques kilomètres au sud de Lavelanet, sur la commune de Montségur, célèbre par la fin des Cathares, bien des siècles auparavant. Ces Maquisards occupent la grotte de Caougne (Caougno en occitan). Ils semblent faire partie du groupe qui a fait le coup de Pareille mais rien n’est moins sûr.

Quelques jours après le 18, la date exacte n’a pas été trouvée, la Milice et les Allemands prennent au piège de la grotte les sept maquisards présents qui tout de même arrivent à tuer un chef milicien, Massa cité dans l’article et à blesser un autre, Legru. Mais ils sont pris et emmenés vers Foix, peut-être à la fameuse villa Louquée, siège de la Gestapo de sinistre mémoire. Ils pendront ensuite le chemin de la déportation, très certainement.

Voici donc la vraie histoire de ce groupe de Maquis, le corrigé de l’article partisan du Petit Dauphinois.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Alphonse DORTINDEGUEY.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-deuxième nom de la liste: Dortindeguey Alphonse Clément.

La seconde face du monument.

Le parcours des Dortindeguey à Caderousse est assez facile à suivre. Vers 1886, Pierre Paul Dortindeguey né en 1857   Caderousse prend pour épouse Marie-Louise Arnoux née en 1865. C’est une fille de Piolenc ou d’Orange suivant des écrits officiels, renseignements démentis par l’Etat-Civil de ces communes où elle n’apparaît nulle part. Ce sera donc le point d’interrogation de ce volet généalogique.

Le couple s’installe chez le mari, c’est-à-dire au domicile des parents de Pierre: Adrien Dortindeguey et Marie-Thérèse Point, au quartier Fazende ou de l’îlon Blanc. C’était souvent le cas à l’époque où toutes les générations vivaient sous le même toit.

Le recensement de 1886 avec le couple des anciens et celui des modernes.

 

C’est seulement après la disparition de la mère en 1900 que le père va s’installer chez une de ses filles et que les parents d’Alphonse pourront se retrouver chez eux, avec leurs enfants. Car, entre temps, quatre enfants sont arrivés dans le foyer.

La famille d’Adrien Dortindeguey lors du recensement de 1901.

Marie Rose Adrienne en 1887, Paul Louis François en 1990, Alphonse le Poilu né le 26 mars 1894 et Rosé (écrit ainsi) Adrien en 1900. Une fille et trois garçons. On constate sur toutes les listes nominatives la présence d’un domestique travaillant pour le compte des Dortindeguey. Ils devaient donc mener une ferme assez importante quartier de Fazende à Caderousse !

A la déclaration de guerre du 03 août 1914, Alphonse n’a pas encore connu le monde militaire et semble protégé pour quelque temps encore. Il n’aurait dû rejoindre la troupe qu’en 1915 mais les pertes considérables du premier mois de guerre entraîna la modification de la loi de l’âge d’appel des nouvelles classes, ce qui envoya Alphonse sous les drapeaux le 16 septembre 1914. Bien loin de Caderousse puisqu’il doit rejoindre le 3ème Régiment de Marche de Tirailleurs Algériens… en Algérie, à Bône. Il arrive au corps le 19 septembre.

Après la formation militaire, c’est le retour en métropole et bien sûr, le front sur le nord-est de la France. Le 3ème R.T.A. se retrouve dans l’Oise, au nord-est-est de Compiègne au mois de juin 1915. Le 07, le front est relativement calme. Le matin, les Allemands ont offert un lever précoce aux tirailleurs par des tirs d’infanterie sans attaque. Quelques échanges d’artillerie dans la journée, rien de bien méchant. A 21 heures, les Allemands attaquent sans conviction le bois Saint-Maud à Tracy-le-Val.

Ils sont rapidement mis en déroute mais cette attaque fait un tué dans les rang français. Vous l’avez compris, il s’agit d’Alphonse Dortindeguey ! Il était âgé de 21 ans et presque 3 mois. Son père Adrien reçut les 150 francs de dédommagement des soldats célibataires quelques mois plus tard.
Il est inhumé à la Nécropole Nationale de Tracy-le-Mont dans l’Oise, tombe individuelle 1396.

La fiche d’Alphonse Clément Dortindeguey de Mémoire des Hommes

Alphonse Clément Dortindeguey, matricule 386 classe 1914, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Il semble que le patronyme Dortindeguey soit encore très présent en Vaucluse, Gard et Bouches-du-Rhône. Si une personne reconnaît en  ce Poilu, un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: les frères Clair et Paul Doux.

 

Quelques mots sur le parcours de Paul, le grand frère d’Alphonse pendant la Grande Guerre.

Paul Victor François Dortindeguey fit ses classes en 1911-12. Il est rappelé dès le 03 août 1914 et est blessé très rapidement, le 19 août à Dieuze, à la main gauche par un éclat d’obus. Il en gardera quelques séquelles (difficulté de préhension) et bénéficiera d’une pension. Il est fait prisonnier au moment de cette blessure et fera le reste de la guerre dans un camp en Allemagne, à Konigsbrück, bien loin de Caderousse, dans l’est de l’Allemagne, près de Dresde. Il sera libéré par anticipation, le 23 octobre 1918. Mais l’Armée ne le libérera que quelques mois après.

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Un NOËL à la maison pour ce Poilu Castrais malade.

Un vieux papier daté du 24 décembre 1917. Nous sommes à Castres, dans le Tarn. Dans cette ville est implanté un hôpital militaire complémentaire, le n°16 pour le service sanitaire des Armées. On y soigne les Poilus blessés et malades qui ont pu être transportés là. C’est un peu le cas dans toutes les villes qui le peuvent. Tant le besoin de lits est important depuis août 1914, le moindre dortoir devient hôpital complémentaire, provisoire.

Ici, sur ce vieux papier, Emile Léorat du 15ème Régiment d’Infanterie est autorisé par le médecin-chef à la signature illisible à aller passer la nuit et la journée de Noël chez lui, certainement dans les environs de la préfecture du Tarn. On comprend aussi qu’Emile est hospitalisé pour soigner une maladie contracté au front et non une blessure reçue au combat.

Voici donc cette permission qui mit certainement un peu de baume au coeur de ce militaire en souffrance.

Connaissant l’origine de ce vieux papier, j’ai pu rechercher et trouver le registre matricule d’Emile Léorat.

Il était originaire d’Annonay et fut bien soldat au 15ème R.I.

Né le 30 avril 1883, il avait été exempté de service militaire en 1904 car il était le fils unique d’une veuve. Par contre, il n’échappa pas à l’appel du 3 août 1914 mais fut maintenu un temps à la tannerie dans laquelle il travaillait.
Mais effectivement, sa santé n’était guère billante. On peut lire sur son registre matricule les maux dont il souffrait: une « bronchite chronique du somment droit avec lésion organique au coeur », une « ankylose permanente de l’auriculaire droit et d’un panari ancien de l’index qui avait nécessité l’extraction d’une partie de la phalangette » et pour couronner le tout de « tachycardie » !

Le bottin médical à lui tout seul !

Il fut trimballé de commission de réforme, en hôpital et à nouveau commission de réforme pour aboutir à être renvoyé dans ses foyers… à la fin de la guerre !

Emile devait avoir des parents ou amis dans le Tarn pour obtenir cette permission sans devoir rentrer en Ardèche.

 

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