Archives quotidiennes : 24/12/2017

110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Marius DEVALOIS.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-unième nom de la liste: DeValois Marius Léon Henri.

La seconde face du monument.

Devalois pour l’Etat-Civil, DeValois pour l’armée, pas une grande différence mais une première petite interrogation.

Joseph Léon Devalois est venu d’Orange épouser une fille de Caderousse, Delphine Scholastique Roche, un nom très porté à cette époque au village. Le mariage fut célébré le 12 juillet 1871. Joseph avait alors 23 ans (né en 1847) et, fait peu courant à l’époque, Delphine était légèrement plus âgée, 26 ans (née en 1845). De cette union allait naître sept enfants, trois filles et quatre garçons.

La famille lors du recensement de 1886.

En 1886, comme nous le voyons, ci-dessus, Léon, le Poilu qui nous intéresse, est le petit dernier de la fratrie. Né à Caderousse le 30 avril 1883, il était alors âgé de trois ans.

Le couple Joseph-Delphine avait perdu leur premier enfant, Marguerite Françoise Léonie qui n’avait vécu que 49 jours en 1872-73. Puis vinrent donc Antoine Jouis Charles né fin 1873, Félix Joseph Mathurin né en 1875, Marguerite Delphine Léonie  à qui on donna deux des trois prénoms de sa grand soeur décédée, née en 1877, Marie Louise Lydie Gabrielle Victoire (ou Victorine) née en 1882 et enfin Marius Léon Henri. Un dernier enfant allait venir au monde en 1888, Jean-Baptiste Joseph Benjamin.

Le recensement de 1896.

Dix ans plus tard, lors du recensement de 1896, les deux aînés ont quitté le foyer. Ils sont tous deux à l’armée. Antoine s’est engagé en 1891 et il y fera carrière jusqu’en 1905 ce qui l’amènera à Madagascar pour maintenir l’ordre, à la Réunion, en Crête. Félix a été appelé en 1896 pour sa période militaire mais il sera rapidement réformé car son frère aîné était sous les drapeaux.

A Caderousse, la famille vit dans la Grande Rue jusqu’en 1876. Elle part ensuite habiter le quartier des Jardinières, toujours à l’intérieur des digues. Puis elle s’installe route d’Orange au quartier de Bayard. Le père est quelquefois géomètre, quelquefois cultivateur suivant les recensements. Bizarre !

Marius va effectuer son service militaire du 16 novembre 1904 jusqu’au 12 juillet 1907, presque trois ans. Il est incorporé au 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon et en sortira avec un Certificat de Bonne Conduite. De retour à Caderousse, il se marie le 09 janvier 1909 avec Léonie Marie Arnoux, une fille du pays et part vivre à Orange, 17 rue Victor Hugo où ils tiennent une épicerie à compter du 03 décembre de la même année. On peut penser qu’il a eu des enfants assez rapidement. C’est donc à Orange qu’il entendra le tocsin sonner la Mobilisation Générale d’août 14 et il rejoindra son unité le le 04. Il lui restait alors moins de deux mois à vivre !

Il est versé au 34ème Régiment d’Infanterie Coloniale où il aurait pu côtoyer un autre pays, Louis Raphaël Dardun, s’il n’avait péri aussi rapidement. C’est l’époque de la terrible et meurtrière guerre de mouvement. Les pertes sont si considérables que l’Armée a du mal à suivre tous les destins de ses hommes. Ce fait est attesté dans le registre matricule qui fait disparaître Marius Devalois le 07 septembre 1914 dans un premier temps avant de rectifier et de signifier le décès le 25 ou 26 septembre du même mois. C’est ce qu’indique la fiche matricule de Mémoire des Hommes.

Si la disparition de Marius est survenue le 07 septembre, elle a eu lei à Beauzée-sur-Aire. Le livresouvenir du 34ème RIC raconte les événements. Le régiment progresse sur une crête ce qui n’est pas le meilleur moyen de passer inaperçu et ce fait cueillir par sous la triple action des canons, mitrailleuses et fusils allemands. Bilan de la journée: aucune avancée territoriale et 669 hommes mis hors de combat, tués, blessés et disparus !

Si la disparition a eu lieu à Chauvoncourt, ville voisine de Saint-Mihiel et son fameux saillant allemand, une autre attaque tout aussi inutile qu’à Beauzée a coûté 339 pertes aux Coloniaux. Soit en deux jours pratiquement 1 000 hommes sur le flanc dont la majorité peut être considérée comme décédés. C’est ce que reconnaîtra le tribunal d’Orange pour Marius Devalois le 21 avril 1921, sept ans après les faits !

Marius Devalois était âgé de 31 ans 1/2 la jour de sa disparition.

 

La fiche de Louis Raphaël Dardun de Mémoire des Hommes

Louis Raphaël Dardun, matricule 278 classe 1900, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse.

 

La fiche de Marius Léon Henri Devalois de Mémoire des Hommes

Marius Léon Henri Devalois , matricule 177 classe 1903, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse.

Il semble que le patronyme DeValois ou Devalois soit encore très présent à Caderousse. Si une personne reconnaît en  ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Alphonse Dortindeguey.

Quelques mots sur les parcours des trois frères de Marius pendant la Grande Guerre.

  • Antoine le militaire de carrière était assez âgé lors de la déclaration (41 ans). Un militaire aguerri aurait pu intéresser l’armée. Mais elle ne put compter sur lui, étant atteint de graves problèmes psychiatriques rédhibitoires au port des armes. Il fut réformé.
  • Félix lui aussi fut réformé. Il souffrait de sciatique chronique et fut détaché à l’agriculture, c’est-à-dire que, tout en restant sous les drapeaux, il cultivait ses terres à Caderousse. Il décéda au village le 12 décembre 1956.
  • Jean-Baptiste, le plus jeune, ne coupa pas à son destin. Comme son frère, il fut déclaré disparu le 27 mai 1918 à Ostel dans l’Aisne. Mais lui, réapparut… dans un camp de prisonniers de guerre français en Allemagne, à Griessen. Il fut libéré le 5 décembre 1918 conformément aux clauses de l’Armistice et regagna… son régiment pour quelques mois encore. En 1931, il travaillait à la Poudrerie de Sorgues.

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