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ANCONE et le RHÔNE, une cohabitation difficile: après 1856, on exhausse la digue d’Ancone. (6/7)

Sixième article rédigé par mes soins, paru dans le blog: Ancone Culture et Patrimoine

  Après la crue de 1856, les pouvoirs publics réagirent et prirent le taureau par les cornes pour éviter qu’une telle catastrophe ne se reproduise.

  Ce fut d’abord l’Empereur qui visita les contrées sinistrées de Lyon à Arles alors que la crue était encore à son sommet et amena une aide financière de première urgence comme on a pu le lire par ailleurs. Il se déplaça aussi sur le cours de la Loire qui déborda aussi,  faisant de cet épisode climatique, une catastrophe nationale.

  Dans le

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 un projet de loi est tout de suite écrit et proposé au Parlement pour venir en aide aux sinistrés. Loi adoptée le 2 juin et promulguée dans le Moniteur du 12 juin 1856 :

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  Dans la foulée, le Pouvoir demande aux ingénieurs des Ponts et Chaussées de réfléchir à un système pour prévenir les crues. C’est le sens de cette communication parue dans le Moniteur des Communes dont voici la conclusion.

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  Deux écoles s’affrontèrent : les tenants de la construction de nouvelles digues plus hautes et plus nombreuses et ceux qui souhaitaient un projet global visant à réguler le cours du Rhône, projet que l’on qualifierait d’écologique de nos jours : essayer de retenir l’eau en amont pour réguler le débit et maintenir la navigation et l’arrosage en cas d’étiage, permettre au fleuve de s’étaler en créant des déversoirs naturels, construire des digues bien pensées pour protéger les villages les plus exposés dont Ancone faisait partie.

   Ce fut le sens de la loi du 28 mai 1858, 2 ans après l’inondation commencée le 28 mai 1856. En voici la conséquence sur le village avec cette affiche conservée par la famille Tauleigne.

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  L’affiche présentée est la conséquente directe de cette loi puisque quelques mois plus tard, le 11 octobre 1858, il fut donc décidé au niveau du village, d’exhausser les digues existantes, c’est-à-dire les rehausser pour éviter que les eaux en furie ne les submergent comme ce fut le cas en 1840 et en 1856.

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  Ces travaux étaient estimés à 30 000 francs et l’Etat prendrait en charge les 2/3 (20 000 francs) mais la commune allait devoir tout de même devoir investir 10 000 francs, somme considérable pour elle à l’époque.

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  On note dans la liste des membres enquêteurs de cette commission les noms du maire de Montélimar Fleury-Bith qui restera le maire qui vit la création du jardin public pour relier la ville à la nouvelle gare PLM, celui de Chabaud, propriétaire dont le nom reste associé à un domaine proche du centre, celui de Lacroix dont un ancien domaine industriel porte le nom à Montboucher ou celui du juge d’instruction Valentin (du Cheylard), Ludovic certainement, d’une famille qui a marqué l’Histoire de la ville de Montélimar.

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  C’est la digue que l’on connaît de nos jours qui fut donc relevée après cette enquête, celle qui commence sur la route de l’Homme d’Armes, continue au nord du centre ville le long de la Lône et de ce qu’était jadis le chemin de halage et le port, contourne la place des platanes et se continuait jadis en supportant la route menant à l’ancien pont de Rochemaure-Ancone, section disparue avec le creusement du canal de dérivation du Rhône.

  Comme on l’a dit par ailleurs, 280 km de digues furent construits entre Lyon et Arles entre 1860 et 1880 et les quelques hectomètres anconais doivent faire partie de ce chiffre impressionnant que l’Empire lança et que poursuivit la République née le 4 septembre 1871.

  La réactivité des pouvoirs publics après les inondations de 1856 permit à l’Empereur de proclamer cette phrase restée célèbre :

Je tiens à l’honneur qu’en France, les fleuves comme les révolutions rentrent dans leurs lits et qu’ils n’en puissent sortir.

A suivre:

Ancone et le Rhône, une cohabitation difficile: les cartes géographiques racontent aussi cette histoire. (7/7)

d’après les documents présentées lors des Journées du Patrimoine en septembre 2015 et cette exceptionnelle affiche de Stéphane Tauleigne sur l’enquête d’utilité publique des travaux de la digue en 1856.

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POSTER MDI en fil rouge de l’été (et de l’automne)- Le TRAITÉ de VERSAILLES met fin à la PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

Une dernière planche MDI de cet été en fil rouge: la signature du traité de Versailles le 28 juin 1919, mettant fin à la Première Guerre Mondiale.

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Une planche un peu austère où les plénipotentiaires semblent écrasés par le décor grandiose de la galerie des Glaces du palais de Versailles. Les Français avaient souhaité que cela se passe dans ce lieu pour laver l’affront de 1871 où l’Empire Allemand avait été proclamé au même endroit après la défaite.

On peut y reconnaître Clémenceau, au-dessous de la grande statue… mais les autres personnages importants sont moins nets. Il semble que de dos, ce soient les représentants allemands qui s’apprêtent à signer le traité, Herr Müller et le Docteur Bell.

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Une foule bien plus considérable que sur le dessin se pressait dans la galerie des Glaces, ce jour-là !

Que dire de ce traité ? Il portait en lui toutes les erreurs qui allaient attiser les haines nationalistes des années qui suivirent. L’Allemagne écrasée par les réparations de guerre le considéra bien vite comme un diktat et Hitler s’en servit pour prôner la revanche. L’Autriche considérablement réduite vit dans ses nouvelles frontières de nombreux germanophones qui accueillirent l’Anschluss comme une délivrance. La Hongrie fut dépecée (au traité du Trianon) et les nouvelles frontières tracées sans tenir compte des nationalités furent une autre cause de la Seconde Guerre Mondiale. L’Italie se sentit trahie en n’obtenant que peu de territoires nouveaux malgré les promesses qui lui avaient été faites au moment de son entrée en guerre. Mussolini lui aussi bondira sur cette occasion. Quant à la création de la SDN, en soi une excellent chose, les absences des Etats-Unis, des vaincus de la Grande Guerre et de la Russie Bolchévique la vidèrent de son tout pouvoir.

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Ce traité portait tous les germes de la Seconde Guerre Mondiale… « programmée » 20 ans après.

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POSTER MDI en fil rouge de l’été (et de l’automne)- L’évolution de l’AUTOMOBILE et de l’AVIATION.

L’évolution et les progrès de l’Aviation et de l’Automobile sont bien entendus des sujets qui ont toute leur place dans les livres d’Histoire. Une planche MDI est bien sûr consacrée à ce sujet…

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comme celle que l’on a vu, il y a quelque temps, consacrée à l’évolution des bateaux.

On y voit la voiture à vapeur…

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premier usage de la vapeur pour se déplacer mais qui ne connaîtra la réussite qu’avec les locomotives et les bateaux, avant l’invention du Professeur Diesel.

On y voit aussi les premiers aérostats qui permettront aux hommes de s’élever dans le airs et réaliser facilement le rêve d’Icare. La bicyclette n’est pas oubliée avec le fameux grand-bi…

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qui demandait plus des qualités d’équilibriste que de grosses cuisses.

Sans oublier les « tacots » tel qu’on les appelle aujourd’hui…

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toujours prisés lors des rassemblements de collectionneurs.

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POSTER MDI en fil rouge de l’été (et de l’automne)- Le SACRE de NAPOLÉON.

Un tableau MDI sur le sacre de Napoléon le 4 décembre 1804. La République a vécu, place au Premier Empire.

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C’est Jacques-Louis David, le peintre officiel du régime qui avait été chargé de laisser pour la postérité une scène de cette cérémonie, le moment où Napoléon couronne comme impératrice Joséphine de Beauharnais. le fait qu’il ait représenté le sacre de l’Impératrice et non celui de l’Empereur valurent quelques critiques à David de la part de tenants de l’Empire.

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Ci-dessus, le tableau de David, actuellement exposé au Louvre pour la première oeuvre qu’il rendit en 1808, une copie également réalisée par David se trouve à Versailles. On voit que le dessinateur MDI s’est contenté d’épurer le tableau de David pour les écoliers français des années 50-60. Le Pape « invité » par Napoléon y est un peu plus visible bien que son rôle ne soit pas plus important que lors de la cérémonie, Napoléon se sacrant Empereur tout seul…

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comme on le voit sur cet autre travail de David et sacrant lui seul l’Impératrice Joséphine. On retrouve les frères et soeurs de Bonaparte derrière Joséphine, Murat son beau-frère portant le coussin sur lequel reposant la couronne. Les deux consuls Lebrun et Cambacérès qui cachent un peu le Pape ont disparu, pas la famille de Napoléon, au balcon.

Cette oeuvre de David faisait partie d’une commande de 4 toiles sur les cérémonies du sacre. On connaît celle qui représente le serment de fidélité prêté par l’Armée à l’Empereur, La Distribution des Aigles exposée également au Louvre.

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POSTER MDI en fil rouge de l’été (et de l’automne)- Un DÉFILÉ sour l’EMPIRE

Encore un tableau MDI montrant une scène du Premier Empire: Un défilé devant Napoléon.

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Et ce ne sera pas le dernier qui traite de cette époque glorieuse. Pourquoi une telle image alors que, ni Austerlitz, ni Waterloo ne sont montrés au jeune public des enfants des écoles ?

A gauche, on voit l’Empereur sur son cheval regardant défiler ses troupes, les fameux grognards précédés par la musique et passant sous l’Arc-de-Triomphe du Carrousel à Paris, au coeur du Louvre. On peut s’imaginer que c’est la toute première fois qu’une telle prise d’armes s’effectue dans ce lieu. Cet arc-de-triomphe a été érigé par l’Empire de 1806 à 1808 et inauguré en 1809 pour célébrer la fastueuse année 1905 qui vit l’éclatante victoire napoléonienne d’Austerlitz, le 2 décembre, un an pour jour après le sacre à Notre-Dame.

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Au second plan du dessin, on voit le palais de Tuileries qui fermait le château du Louvre et qui sera détruit lors des combats de la Semaine Sanglante marquant la chute de la Commune de Paris, en 1871.

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Peut-être le dessinateur du tableau MDI s’est-il inspiré de cette eau-forte d’Auguste Boulard intitulée défilé des troupes à l’arc-de-triomphe du Carrousel en 1810 ?

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POSTER MDI en fil rouge de l’été (et de l’automne)- La première ligne de CHEMIN DE FER entre PARIS et SAINT-GERMAIN-EN-LAYE.

Un tableau MDI bien champêtre pour annoncer la construction de la première ligne de chemin de fer entre Paris et Saint-Germain-en-Laye.

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Cette scène date de 1837, la ligne reliant la gare Saint-Lazare à Paris au Pecq à Saint-Germain-en-Laye. Le projet avait été lancé en 1827 mais la construction de cette ligne à double voie avait pris quelque retard. C’est pour cela que le titre du tableau parlant du premier chemin de fer en France pour qualifier cette ligne est un peu « tiré par les cheveux ». La première ligne mise en circulation le fut entre Saint-Etienne et Lyon, par tronçons entre 1830 et 1832. Et même en 1827 entre Saint-Etienne et Andrézieux avec des wagons tirés par des chevaux.

Mais pour le pouvoir centralisateur français, on considère la ligne Paris-Saint-Germain comme étant la première ligne consacrée uniquement au transport de voyageurs, la ligne Saint-Etienne-Lyon transportant marchandises (le charbon principalement) et les personnes.

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Cette ligne fut construite et gérée par les frères Paul et Marc Seguin qui y faisaient circuler leurs locomotives à vapeur. La première section entre Givors et Rive-de-Gier ouvrait un débouché par le Rhône au charbon stéphanois. On voit l’évolution de la traction sur le document ci-dessus avec des trains hippomobiles vite remplacés par des machines à vapeur.

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POSTER MDI en fil rouge de l’été (et de l’automne)- BONAPARTE au pont d’ARCOLE.

Une image d’Epinal pour ce tableau MDI, participant à la légende (déformée) de Napoléon Bonaparte: la bataille du pont d’Arcole.

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L’histoire repasse en 1796, du 15 au 17 novembre soit les 25-27 brumaire de l’an V de la République Une et Indivisible. La République est en lutte en Italie contre l’Autriche. Les Français sont en échec devant Arcole et son pont sur l’Alpone solidement tenu par les défenseurs. On raconte que, devant cette situation, Bonaparte s’empara d’un drapeau tricolore pour entraîner ses troupes sur ce pont et remporter la victoire.

Mais la réalité est tout autre. Si Bonaparte prit bien un drapeau pour donner l’exemple sur le pont d’Arcole, il fut bien imprudent et ne fut pas suivi de  ses troupes. Loin de là ! Il se retrouva seul entouré d’ennemi et ce furent les interventions de grenadiers qui lui permirent de se réfugier dans un marais avant que le général Lannes, à cheval, ne vienne le tirer de cette triste situation. Mais cela, c’était moins intéressant à raconter.

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Bonaparte à Arcole vu par Antoine-Jean Gros.

Ce fut une ruse qui permit de remporter la victoire. Des tambours furent envoyés derrière les lignes ennemis avec ordre de jouer le plus fort possible pour faire croire aux Autrichiens l’arrivée de renforts français. Ce qui marcha à merveilles, ces derniers dégarnissant maladroitement leurs positions à Arcole. Parmi ces tambours, le célèbre tambour de Cadenet.

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On voit ci-dessus,  sa statue dans le village du sud du Vaucluse. Une statue en bronze du tambour d’accole qui intéressait grandement les Allemands en 1943. Pas pour sa valeur historique mais pour son bronze ! C’était sans compter sur la Résistance locale qui la déboulonna et la cacha dans la nuit du 4 au 5 août 1943. Elle retrouva sa place le 7 octobre 1945.

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