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Il y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 1er mai 1918

(JOUR 1368 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Georges Clémenceau à la une de ce J’ai vu. Agé de 77 ans le jour de la parution du journal, il est Ministre de la Guerre depuis le 17 novembre 1917 et partisan de la victoire totale sur le Reich.

Un article sur l’exécution de Mata Hari et de Bolo-Pacha pour espionnage au fort de Vincennes. Cela date du 17 octobre 1917 mais J’ai vu est coutumier de revenir sur des évènements passés pour les analyser.

La comédienne entre deux autres « traitres » exécutés à Vincennes par la même occasion, Costa Condoyannis et Bolo-Pacha.

Le départ du corbillard de Vincennes emmenant la dépouille de Bolo-Pacha.

Une exécution paru dans un journal berlinois qui met en parallèle l’exécution de Mata Hari et celle de Maximilien au Mexique, après la catastrophique expédition initiée par Napoléon III.

Rien à voir avec la guerre que cette page sur Poulbot qui met en scène à Paris le personnage qu’il a créé…

Paris bombardé par la Grosse Bertha, un canon géant allemand et a fait dégâts sur une crèche en tuant un personnel de santé…

veillé par ses collègues infirmières mais n’enlève pas…

le sourire aux Parisiennes.

D’autres qui ne perdent pas le sourire, ce sont les jeunes recrues de la classe 1919 qui partent pour la caserne. Sourire de circonstance et pour l’objectif du photographe, pour sûr.

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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Fernand Joseph PELLEGRIN.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-dix-huitième nom de la liste: Fernand Joseph PELLEGRIN.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Que fait donc Fernand Joseph Pellegrin sur le Monument aux Morts de Caderousse ? Non pas que sa mort prête à discussion mais ce jeune homme n’a réellement pas longtemps vécu au village. En effet, il nait le 22 décembre 1891 à Laudun, dans le Gard, juste en face du village, de l’autre côté de l’île de la Piboulette d’où sont originaires ses parents Charles Marius Pellegrin et Rosalie Alexia Sant. Il y vit toujours en 1911.

A aucun moment, jusqu’à cette date, les Pellegrin n’apparaissent dans les listes nominatives des recensements à Caderousse. Pas de mariage également de Fernand au village jusqu’en 1912. En effet, cette année-là, le 09 octobre 1912, il est appelé sous les drapeaux au 15ème Escadron du Train des Equipages Militaires. Un cordonnier de métier est utile dans cette unité. Le voilà parti, sans qu’il le sache, pour sept années à l’armée.

Alors, quand a-t-il eu le temps de trouver épouse à Caderousse après 1912 ? Lors d’une permission certainement car je ne vois pas pourquoi ce Gardois serait devenu Caderoussien. On peut penser que son destin s’apparente à celui de Raphaël Marius Ouvier, le Sorguais, marié au village peut avant le déclenchement du premier conflit mondial.

Pour Fernand Pellegrin, après le Train, sa guerre se continue dans l’artillerie lourde, au 19ème Régiment de Nîmes, à partir du 30 novembre 1916. Puis il va connaître d’autres unités, le 115ème RAL le 10 décembre 1916, le 315ème RAL le 06 mars 1918 puis à nouveau au 115ème RAL le 1er juillet 1918 pour le début de l’offensive finale contre le Reich. C’est dans cette unité qu’il va connaître la joie de la fin de la guerre, l’Armistice du 11 novembre 1918.

Mais comme pour nombre de soldats, il ne rentre pas tout de suite dans son foyer. Il faut rester en alerte, l’armistice, c’est le cessez-le-feu, pas forcément la fin d’un conflit. Ce n’est que le 13 août 1919 que l’armée le rend à la vie civile et qu’il prend, depuis la Lorraine redevenue française, le train pour Caderousse où il va se retirer. Et c’est là que le drame survient !

Dans un noeud ferroviaire à Blainville-la-Grande, aujourd’hui Blainville-sur-l’Eau, en Meurthe-et-Moselle, le destin de Fernand Pellegrin va basculer. Deux trains vont se tamponner, comme il l’est indiqué sur son registre matricule, près de la gare de cette ville et Fernand va décéder dans cet accident. Son décès est officialisé par le maire de Damelivières, la ville voisine d’où venait l’autre train tamponneur. Lui qui avait survécu sans blessure à quatre années de Grande Guerre, il disparaissait neuf mois après la fin du conflit le matin du jour où il allait retrouver son village d’adoption. Terrible et cruel destin !

Il avait alors 27 ans et 9 mois et  2 500 jours exactement s’étaient écoulés après le 09 octobre 1912, jour où il avait rejoint le 15ème Escadron du… Train ! Décidément !

Il repose à la Nécropole Nationale Friscati à Vitremont (Meurthe-et-Moselle) tombe individuelle 270.

 

 

La fiche matricule de Fernand Joseph Pellegrin de Mémoire des Hommes.

Fernand Joseph Pellegrin, matricule 1150 de la classe 1911, bureau de recrutement de Pont-Saint-Esprit, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Pellegrin est assez répandu dans le Gard et le Vaucluse. Si quelqu’un reconnaît en Fernand Joseph son ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie (ici, on en a bien besoin !).

A suivre: Augustin Florent Percy.

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POSTER MDI en fil rouge de l’été (et de l’automne)- Le TRAITÉ de VERSAILLES met fin à la PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

Une dernière planche MDI de cet été en fil rouge: la signature du traité de Versailles le 28 juin 1919, mettant fin à la Première Guerre Mondiale.

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Une planche un peu austère où les plénipotentiaires semblent écrasés par le décor grandiose de la galerie des Glaces du palais de Versailles. Les Français avaient souhaité que cela se passe dans ce lieu pour laver l’affront de 1871 où l’Empire Allemand avait été proclamé au même endroit après la défaite.

On peut y reconnaître Clémenceau, au-dessous de la grande statue… mais les autres personnages importants sont moins nets. Il semble que de dos, ce soient les représentants allemands qui s’apprêtent à signer le traité, Herr Müller et le Docteur Bell.

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Une foule bien plus considérable que sur le dessin se pressait dans la galerie des Glaces, ce jour-là !

Que dire de ce traité ? Il portait en lui toutes les erreurs qui allaient attiser les haines nationalistes des années qui suivirent. L’Allemagne écrasée par les réparations de guerre le considéra bien vite comme un diktat et Hitler s’en servit pour prôner la revanche. L’Autriche considérablement réduite vit dans ses nouvelles frontières de nombreux germanophones qui accueillirent l’Anschluss comme une délivrance. La Hongrie fut dépecée (au traité du Trianon) et les nouvelles frontières tracées sans tenir compte des nationalités furent une autre cause de la Seconde Guerre Mondiale. L’Italie se sentit trahie en n’obtenant que peu de territoires nouveaux malgré les promesses qui lui avaient été faites au moment de son entrée en guerre. Mussolini lui aussi bondira sur cette occasion. Quant à la création de la SDN, en soi une excellent chose, les absences des Etats-Unis, des vaincus de la Grande Guerre et de la Russie Bolchévique la vidèrent de son tout pouvoir.

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Ce traité portait tous les germes de la Seconde Guerre Mondiale… « programmée » 20 ans après.

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En 1918, une FORMALITÉ (importante) pour les PRISONNIERS au retour de CAPTIVITÉ.

Il s’agit de ce formulaire de 4 pages que les Prisonniers de Guerre devaient remplir au retour de leurs années de captivité pour « raconter statistiquement » leurs séjours:

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Il semble dater de 1918, au lendemain du premier conflit mondial et devait concerner pas mal de militaires qui avaient connu les maanschaftslager et les camps pour les officiers ainsi que les marks « Monopoly » qui ont été présentés il y a quelque temps. A noter que les termes stalags et oflags n’apparaîtront qu’en 1940.

C’était cet organisme qui avait conçu ce questionnaire:

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Voyons un peu en détail les têtes des 10 chapitres:

Première page:

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Après la localisation du lieu d’internement, le service veut savoir si les salaires justifiés par le travail dans les Kommandos des hommes et les mandats envoyés par les leurs ont bien été tous payés.

Seconde page:

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Recherche des vols, autant l’argent que les colis envoyés par les familles, commis par les geôliers allemands.

Troisième page:

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Suite des récriminations que peuvent écrire les prisonniers vis à vis du personnel allemand.

De telles feuilles devaient servir à indemniser les prisonniers ayant subi des vols ou des brimades et peut-être inclure l’indemnisation des P.G. français dans le calcul de la Dette de Guerre dont devra s’acquitter l’Allemagne.

De nos jours, une mine de renseignements pour les historiens écrivant sur la captivité pendant la Grande Guerre. En octobre 1918, il y avait 2 400 000 prisonniers en Allemagne dont 600 000 français.

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SÉRAPHIN GUERIN: ITINÉRAIRE D’UN POILU, ARTILLEUR ALPIN pendant la GRANDE GUERRE (5/6-L’ALSACE)

Note: pour faciliter la lecture de cet Itinéraire, les 6 articles publiées en février ont été reclassés. Ainsi, en parcourant les pages du blog, l’histoire du grand-oncle Séraphin apparaît dans le « bon » ordre chronologique, plus intéressant à lire que l’ordre de parution. En conséquent, d’autres articles ont aussi été déplacés.

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L’Armistice a été proclamée, la guerre est finie… pas la période militaire de Séraphin qui « doit » encore presque une année à la Nation. Pas de carte célébrant le 11 novembre 1918, mais tout de suite, les Artilleurs Alpins se mettent en branle en direction de l’Alsace pour une occupation hautement symbolique, puisque la re-conquête de cette région était l’objectif principal de cette guerre…

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Mais cette « randonnée » ne sera pas une promenade de santé !

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Ainsi, le 19 novembre, il écrit: Aujourd’hui, repos. Je vous assure que c’est guère le filon de traverser les Vosges en cette saison… et plus loin: Nous avons eu la neige sur le dos ces deux jours que nous venons de passer. Aujourd’hui nous sommes à Barr… Je pense vous dire que nous allons à Strasbourg.

L’hiver est précoce dans les Vosges en novembre 1918 !

Première remarque et cela est normal puisque l’Alsace fait partie du Reich depuis 1871, toutes les cartes que Séraphin enverra seront des cartes postales allemandes, colorisées pour la plupart, avec beaucoup de cartes fantaisies.

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Seconde remarque,

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Partout, on est acclamé.

C’est vrai qu’il est rare que des vainqueurs soient sifflés… mais le retour dans la République de l’Alsace-Lorraine ne sera pas une marche triomphale car le Reich avait pris soin de donner pas mal d’autonomie à cette province. Le centralisme républicain ne passera pas très bien chez les Alsaciens-Lorrains fortement attachés à leur particularisme. Mais cela est une autre histoire que Séraphin ne perçut pas.

Il comprit vite la spécificité linguistique autochtone comme en témoigne cette carte du 7 décembre 1918.

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Vers le milieu de l’écrit: Comme je vous l’ai dit, nous sommes dans un nouveau village. Mais comme dit Justin Lafond (un pays certainement) on ne risque pas de comprendre ce qu’ils nous disent, c’est pire qu’en Italie. Les langues d’un Français-Provençal et un Italien sont plus proches que celles de ce même Français-Provençal avec un tout nouveau Français-Alsacien.

L’unité va se déployer et se déplacer dans plusieurs villages au sud de Strasbourg, successivement Lipsheim puis  Plobsheim où ils resteront un moment.

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Un petit peu de nostalgie pointe dans cette autre carte également partie le 7 décembre:

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Après la soupe de ce matin, nous sommes allés nous promener au bord du Rhin. Je me serais bien cru dans l’île de la Piboulette. Il y en a même qui se promenaient en bateau, petits bateaux comme chez nous. Caderousse lui manque, une longue permission surtout, qui arrivera bientôt.

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Par contre, ils sont quelquefois bien logés, chez l’habitant, comme le 6 décembre:

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Sommes deux brancardiers ensemble qui avons trouvé un lit dans le village ce qui évite de coucher sur le dur. On a très bien dormi cette nuit. Ce qui devient encore mieux quand le second brancardier part en perm…

Aucune carte de janvier 1919. Séraphin a enfin obtenu cette permission de longue durée (20 jours au moins) et a pu se ressourcer. Il revient donc en février 1919 et voilà la première carte avec légende en français.

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Ils ont toujours à Plobsheim, très bien logés chez des …….? Des paysans? Bizarre autant de faute? Mais ils ne vont pas tarder à se déplacer. Il l’annonce le 13 février

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C’est 9 h. et on va manger la soupe et après on part. Nous allons entre Barr et Schelestadt (Sélestat). Il y a exactement 28k. Petite trotte à pieds. Ca fait rien. Quel fourbi ses changements. Ma nouvelle adresse est celle-ci…

Car Séraphin vient de changer de groupe au 2ème Régiment d’Artillerie de Montagne, passant du 2ème groupe au 1er groupe. D’où l’achat après-guerre de ce petit fascicule

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en tout point semblable à celui du lieutenant-colonel Castaing mais signé par le chef d’escadron Stacchini le 6 janvier 1920, le Commandant provisoire du Régiment. En page 16 (/20 pages),

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il ajoute en marge: A partir de ce moment, je fis partie du 1er groupe et fut affecté à la 2ème batterie. Ce qui va nous permettre de suivre la fin de sa période militaire jusqu’à sa démobilisation.

Il ne perd pas au change dans cet envoi du 15 février.

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Deux mots avant de me coucher. Suis dans la chambre du curé comme je l’avais dit. Le brancadier qui couchait avec moi est passé à la 1ère batterie (ce ne doit pas être facile pour brancarder quand on n’est pas ensemble !) et comme elle n’est pas dans le même village que nous, il est parti. Ça fait que je suis tout seul ce soir, à côté de ce lit tout blanc avec un édredon à …., je suis sûr qu’il y a des officiers qui ne couchent pas si bien que ce soir. Quelle trouvaille. Je vois que la bonne a mis une bouillotte dedans, c’est bien la 1ère fois de ma vie. 

Comme Séraphin ne nous le dit pas mais le livre oui, ils sont donc un peu plus au sud dans la plaine d’Alsace, en face de Sélestat.

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La 1ère batterie à  Boofzheim, la 2ème (celle du grand-oncle) à Gersheim et la 3ème, avec l’Etat-Major à Huttenheim.

Le 17 février,

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il pleut et ce n’est guère agréable, la neige a fondu. C’est toujours …. de l’hiver.

Mais un nouveau déplacement attend le 1er groupe du 2me R.A.M.: l’occupation de l’Allemagne.

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Une carte-photo d’un groupe d’artilleurs alpins avec leur nouvelle tenue bleu horizon qu’ils ont touchée avant de quitter Saint-Dié, posant au bord du Rhin, à Viebolsheim (Diebolsheim ?) le 10 février 1919. Séraphin debout à l’extrême-droite.

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Une pochette de cartes postales, souvenir des événements que Séraphin vécut en novembre 1918 et qu’il conserva: l’entrée des Français à Strasbourg.
Cela se présente comme un long dépliant de 10 cartes:

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On y voit, entr’autre, une prise d’armes sur la place Kléber de Strasbourg

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ou cette marche des unités françaises qui devait rappeler bien des choses (et des souffrances) au grand-oncle !

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à suivre…

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SÉRAPHIN GUERIN: ITINÉRAIRE D’UN POILU, ARTILLEUR ALPIN pendant la GRANDE GUERRE (6/6- L’ALLEMAGNE)

Note: pour faciliter la lecture de cet Itinéraire, les 6 articles publiées en février ont été reclassés. Ainsi, en parcourant les pages du blog, l’histoire du grand-oncle Séraphin apparaît dans le « bon » ordre chronologique, plus intéressant à lire que l’ordre de parution. En conséquent, d’autres articles ont aussi été déplacés.

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Le départ pour l’Allemagne a été fixé le 7 mars 1919. Le voyage se fait en train, c’est nettement plus rapide. La raison de cette occupation est liée aux closes de l’Armistice du 11 novembre 1919. Des troupes alliées (surtout françaises) doivent se déployer dès la signature en Allemagne. Cette occupation continuera après le Traité de Versailles, pour certaines jusqu’en 1935, ce qui exaspèrera les Allemands.

C’est Séraphin sur cette carte gardée en souvenir qui titre ce chapitre

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La 2ème batterie va stationner à Marmolsheim, ce que confirme le livret du Chef d’Escadron Stacchini. Il s’agit de Mammolshain devenu quartier résidentiel de Königstein-Im-Taunus. Les batteries ont été mises en position et quelquefois les hommes sont en alerte.

 Séraphin va décrire le lieu dans sa première carte expédiée d’Allemagne, le 14 mars 1919.

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Que vous dire aujourd’hui. Nous attendons toujours le camion qui ne veut pas venir. Vous envoie une carte, vue de Frankfort. Nous sommes à 15k. de cette ville. Le soir, du haut des collines où nous sommes, nous voyons les lumières. Il y a beaucoup d’usines….

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Un coup de blues semble le frapper quelque temps après, vers la fin du mois avec des propos beaucoup plus aigris.

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Le 25 mars: Un petit mot cette fois des environs de Francfort. C’est en Pays Bochie (!) et ça ne vaut pas l’Alsace. Quel sale pays à tous les points…

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Le 26 mars: Tu me dis qu’il fait mauvais. Ici depuis 5 jours consécutifs, il tombe de la neige toutes les nuits et le jour aussi. Sale pays et sale temps!… 

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Le 28 mars au soir: Je vois que chez vous il fait mauvais temps. Ici c’est pareil. Il a tombé de la neige encore cet après-midi. Quel sale temps. Vivement le beau temps et surtout la libération que je sois un peu tranquille. J’en ai assez de ce métier maintenant. Pour finir par ce clin d’oeil: Surtout que Gabriel se languit d’être soldat !

Certainement un mauvais moment car ses propos sur les Allemands sont surprenants sous sa plume, lui l’ancien séminariste peu belliqueux, même dans ses vieilles années.

Le moral revient avec la carte suivante du 5 avril.

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Voilà la photo du café où l’on va le soir boire la bière.

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Une bière et ça va mieux ! Avec le beau temps et la musique aussi.

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Aujourd’hui beau temps et l’on est allé promener à ce village dont vous voyez la photo. Et ce soir, on est allé à Koenigstein à un concert d’infanterie.

De la compassion aussi pour la personne chez qui il loge.

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Maintenant je suis logé chez une veuve de guerre qui a quatre petits. Quelle cuisine ! Car les militaires français sont aussi logés chez l’habitant, ce qui ne les fera guère aimer par ceux-ci.

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Il s’inquiète aussi pour Caderousse et les champs avec le Rhône qui fait des siennes.

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Reçu aujourd’hui votre carte-lettre du 7 où vous me dites que le Rhône augmente encore. Mais qu »est-ce donc cette année avec le Rhône ? Je vois qu’il prépare la terre pour le millet. Ailleurs, sur une autre carte, il a compté qu’on en était au 5ème Rhône de l’hiver ! De son côté Gabriel a travaillé une terre pour le millet. N’oublions pas que Caderousse était à l’époque, la capitale pour la fabrication des balais en sorgho dit aussi millet.

Dans un autre écrit, il prend la mouche, certainement pour une remarque des siens qui lui reprochent de ne pas essayer de se faire libérer.

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Tu me dis que j’ai une belle patience de rester. Ce doit être surement pour mon plaisir que je reste ici. Tu m’en fous une belle aujourd’hui. Je t’ai déjà dit que je faisais partie de la classe 16. Je vais te dire un fait qui est plus barbare que le nôtre. A ma pièce ici, il y a un type de Marseille de la classe 12 dont le père et le frère ont été tués à l’ennemi. De plus sa mère est morte il y a quelque temps. Alors juge. Et il est avec moi. Passe la dessus. Plus rien. Séraphin.

Pris de remords, il ajoute qu’il les embrasse en haut !

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Le 5 juin est donné l’ordre au régiment de regagner Nice. Pour Séraphin par Sarrebrücken, Metz, Lyon, Marseille, Nice sans pouvoir s’arrêter à Orange.

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La statue en hommage aux combattants allemands de la guerre de 1870-71 à Sarrebrücken

Avec 2 autres hommes du 2ème R.A.M., ils ont suivi cet itinéraire alors que Stacchini décrit un voyage par Strasbourg, Colmar, Belfort, Dôle, Lyon, Marseille et Nice pour l’unité. Nous sommes alors le 10 juin 1919 et les hommes comme les animaux sont harassés par ce long voyage et accablés par la chaleur qui règne sur la Côte.

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Mais pour Séraphin, on est encore loin du retour à la vie civile. Il doit encore 3 mois à l’armée puisque la loi des 3 ans est toujours en vigueur et qu’il a été mobilisé fin août 1916.

La vie est tout de même plus agréable et plus calme.

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…Il y avait bals de partout et une belle fête en tout cas sur la place Garibaldi. Que de monde il y avait, tu ne savais où passer.  Le soir, on est allé aux « Variétés-Théâtre » et l’on a passé une belle soirée car la revue qui se jouait a été très belle, nous avons rigolé pour nos ….

Bien mieux pour sûr que les jours de neige de Francfort !

Il continue d’envoyer quelques cartes

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mais il semble avoir plus le temps d’écrire des lettres car ses cartes sont moins nombreuses. On voit que l’unité remonte un temps dans l’arrière-pays. Il faut dire que des nouvelles recrues sont arrivées et suivant le Chef Stacchini, en octobre 1919, les batteries partiront pour Beyrouth au Liban.

Séraphin, de son côté sera, libéré le 10 septembre 1919 après quelques 1 111 jours sous les drapeaux. De quoi bien mériter ce diplôme de bonne conduite

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signé du lieutenant-colonel Castaing, celui du livre sur la campagne d’Italie. Lieutenant-colonel Castaing qui décompte toutefois la mort de 20 officiers et 610 sous-officiers, brigadiers et canonniers de 1914 à 1920 (puisque des combats continuent au Liban) au 2ème R.A.M…. Séraphin n’a jamais abordé vraiment les combats avec sa batterie.

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