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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… les frères Louis et Martial DARDUN.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-neuvième et quarantième noms de la liste: Dardun Louis Raphaël et Dardun Martial Avit.

La seconde face du monument.

Première fratrie rencontrée dans notre écriture des biographies des morts de la Grande Guerre de Caderousse: les frères Louis et Martial Dardun qui perdirent tous deux la vie sur le front du nord-est de la France. A ces deux hommes, on se doit d’ajouter François, le troisième frère qui en réchappa de justesse, blessé trois fois pendant cette période et qui finit par déserter après la mort de son second frère.

Le recensement de 1906, le seul où les trois frères Dardun apparaissent ensemble aux Cabanes.

Reprenons tout cela depuis le début. Peu avant 1880, François Avit Dardun né le 17 juin 1846 prend pour épouse à Codolet Françoise Rosalie Chevalier, une fille du pays en 1849. Le couple traverse le Rhône par le bac de l’Ardoise pour s’installer juste en face, dans une ferme du quartier des Cabanes. De cette union vont naître trois garçons: Louis Raphaël le 25 octobre 1880, François Joseph le 19 mars 1883 et Martial Avit le 23 juillet 1888.

Au recensement de 1881, seul Louis Raphaël est là.

Cinq ans plus tard, en 1886, François est arrivé. 

Après 1886, la famille va aller s’installer un temps dans le Gard proche (dont l’absence d’archives numérisées nous handicape quelque peu dans nos recherches). Pour preuves, la naissance de Martial Avit du côté de Saint-Victor-la-Coste et l’absence de cette famille Dardun dans le recensement de 1901.

 

En 1896, la famille est de retour aux Cabanes mais les grands frères louent leurs bras chez des patrons locaux en attendant que l’Armée ne les appelle.

Pour Louis, ce sera au 112ème Régiment d’Infanterie d’Antibes, pour lequel il contractera un engagement volontaire de quatre ans à partir du 25 septembre 1900. L’Armée le renverra par anticipation dans son foyer le 28 octobre 1903 pour bronchite chronique !

Pour François, le cadet, il sera incorporé au 58ème R.I. d’Avignon le 16 novembre 1904. Sa forte personnalité lui jouera deux vilains tours. Tout d’abord, sa rétrogradation décidée par le commandant de l’unité de première à seconde classe après avoir obtenu cet honneur. Puis son maintien sous les drapeaux presque trois ans puisqu’il ne sera libéré que le 12 juillet 1907.

Pour Martial, le benjamin, c’est son métier de charpentier qui l’orientera nécessairement vers le 2ème Régiment du Génie… en Tunisie. Parti le 14 octobre 1900, il y connaîtra le feu pendant sa campagne de Tunisie qui s’achèvera le 29 septembre 1911, juste pour la Saint-Michel de Caderousse.

A la déclaration de guerre du 3 août 1914, les trois frères ne connaîtront pas le même sort. Seul Martial rejoindra son unité de réserve, le 7ème Génie d’Avignon. C’est seulement le 26 septembre 1914 que François sera appelé, ayant été momentanément dispensé de par son métier de boulanger. Il fallait nourrir tous ces hommes mobilisés ! Quant à louis, il faudra la réunion de la commission de révision d’Orange pour le déclarer apte pour le service armé et pour qu’il rejoigne le 34ème Régiment d’Infanterie Coloniale dans les tranchées du nord-est de la France.

C’est aussi Martial qui le premier va rencontrer son terrible destin. Cela se passa du côté de Vingré, dans l’Aisne, à l’ouest de Soissons. Vingré, c’est ce village connu pour ces six Poilus-Martyrs qu’une décision inique d’un Tribunal militaire envoya arbitrairement devant le peloton d’exécution le 4 décembre 1914. Réhabilités après la guerre, ils sont maintenant immortalisés par les derniers mots écrits par l’un d’eux, Jean Blanchet, à sa femme: Au revoir, là-haut repris dans le titre d’un film récent. Pour le Sapeur-Pontonnier Martial Avit Dardun, ce fut une balle ennemie dans la tête qui acheva sa vie, le 05 septembre 1909, à l’âge de 27 ans et 2 mois. Son père reçut quelque temps après les 150 francs de dédommagement des Poilus célibataires. Il repose depuis à la Nécropole Nationale Bois Robert d’Ambleny, sur l’autre rive de l’Aisne, tombe individuelle B-78.

Son grand frère connut le même sort quelques mois plus tard, dans la Somme, le 18 août 1916, lors de cette fameuse bataille sensée être la réponse à l’attaque allemande sur Verdun. Les Coloniaux du 34ème Régiment d’Infanterie tiennent en cet été funeste le secteur de Barleux. Le régiment est envoyé à l’attaque des tranchées allemandes sous la mitraille, le 20 juillet. Est-ce ce jour que Louis est touché ? La lecture de la narration de cette attaque dans le livre officiel de l’unité fait froid dans le dos…

…de même que les chiffres des pertes avancés quelques lignes après est édifiant.

1 051 hommes tués, blessés ou disparus pour la seule attaque du 20 juillet 1916 pour les 2 régiments coloniaux envoyés à la boucherie, 827 hommes mis hors de combat pour seul 34ème R.I.C. entre le 06 juillet et le 15 août 1916. Glaçant ! Louis Raphaël Dardun mourut le 18 août 1916 à l’arrière, dans l’ambulance 2/7 à Villers-Bretonneux. Il aurait eu 36 ans deux mois après et laissait certainement une veuve éplorée, car il devait s’être marié peu de temps avant la guerre.  Lui aussi repose dans la terre d’une Nécropole Nationale, celles d’Albert dans la Somme, tombe individuelle 2358.

Les deux frères ne sont éloignés que de quelques dizaines de kilomètres dans le nord-est de la France.

Quand au troisième membre de la fratrie Dardun, François, il fut blessé une première fois à la main de Massiges en Champagne, le 21 décembre 1914 d’un éclat d’obus ayant engendré une plaie à la cuisse droite. Rapidement de retour, un autre éclat d’obus le blessa aux reins, dos et oreille droite le 25 septembre 1915. A nouveau revenu, c’est un éclat de grenade au mollet droit le 06 juillet 1916 qui le mit à nouveau sur le flanc. Ce coup-ci, il prit la clé des champs et fut considéré comme déserteur à l’issue de la période de latence réglementaire. Il ne réapparaîtra au grand jour qu’après la promulgation d’une première loi d’amnistie du 24 octobre 1919 qui le soustrayait à toute sanction militaire. On peut comprendre facilement ce qui s’était passé dans sa tête et dans son corps.

La fiche de Louis Raphaël Dardun de Mémoire des Hommes

Louis Raphaël Dardun, matricule 278 classe 1900, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse.

La fiche de Martial Avit Dardun de Mémoire des Hommes

Martial Avit Dardun, matricule 314 classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse.

Il semble que le patronyme Dardun soit encore très présent dans le Vaucluse, à Orange et à Caderousse. Si une personne reconnaît en  ces trois jeunes hommes évoqués un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Léon DeValois.

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108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… Ernest CHIROT.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-deuxième nom de la liste: Chirot Ernest Marius Joseph.

Seconde face du Monument.

Premier nom de la seconde face du monument, la face sud.

Le tragique destin d’Ernest Chirot va nous emmener sur le champ de bataille le plus connu de la Grande Guerre pour le grand public, Verdun, au coeur de cette année 1916. En effet, Ernest Chirot appartenant au 2ème et 3ème Régiments de Marche des Zouaves, des régiments d’Afrique dont il ne foulera jamais le sol puisque les métropolitains étaient regroupés en France, se retrouva au coeur de la tourmente.

Né le 18 février 1896 à Caderousse, il fut donc appelé sous les drapeaux par anticipation, en 1915, le 10 avril. Après sa période de formation militaire, il fut versé au 3ème Zouaves le 29 novembre de la même année. Le régiment était alors au repos à l’arrière des troupes britanniques et belges dans le nord de la France, du côté de Petite Synthe, non loin de Dunkerque. Ce repos était bien mérité pour les hommes de ce régiment qui avaient subi des pertes importantes lors de la seconde bataille de Champagne du 25 septembre au 6 octobre 1915. Le régiment avait été cité à l’ordre de l’armée par le général Gouraud pour des faits d’arme pendant cette bataille. Cela Ernest ne l’avait pas connu.

Couverture du livret racontant l’historique du 2ème R.M. Zouaves.

L’attaque allemande sur Verdun du 21 février 1916 allait rapidement emmener ce régiment dans ce secteur, au milieu du déluge de feu. Cela Ernest allait le connaître et il allait y laisser sa vie. Dès le 24 février, les hommes étaient au front à la cote du Poivre, un secteur particulièrement visé par les bombardements des troupes allemandes. Le 25, le 3ème Zouaves brisait une attaque des fantassins allemands, défense qui allait sauver Verdun d’une prise allemande suivant l’avis de la hiérarchie française.

Du 10 avril au 1er juillet 1916, le 3ème Zouaves tint le secteur du bois Carré d’Avocourt, à l’ouest de Verdun. Sous les bombardements incessants, dans la boue due à un printemps particulièrement pluvieux, Ernest et ses frères d’infortune souffrirent beaucoup.

Le 23 juin 1916, le 2ème Régiment de Zouaves ayant été décimé toujours sur le front de Verdun, des éléments du 3ème Zouaves furent prélevés pour renforcer cette unité. Il faut dire que la préoccupation de l’Etat-Major était la future bataille de la Somme et que les régiments à Verdun devaient se débrouiller seuls pour compléter leurs effectifs. Ernest retrouva donc le 2ème Zouaves quelques mois après l’avoir quitté.

On est alors à un moment charnière de la bataille de Verdun. Les Allemands n’ont pas réussi à percer et les Français commencent leurs mouvements de reconquête du terrain perdu. Le 15 juillet, les Zouaves attaquent sur les crêtes de Thiaumont à Fleury et brisent la résistance allemande.

Extrait de l’Historique du 2ème R.M. Zouaves.

Ernest fait partie de ces hommes intrépides. Puis, le 19, ce sera la prise de la poudrerie de Fleury où les Zouaves firent plus de prisonniers allemands qu’ils n’étaient eux-mêmes. Ernest est tué le 26 juillet suivant lors de combats de renforcement de positions quelques heures avant que le 2ème Zouaves ne soit relevé momentanément de ce secteur. Cela Ernest ne le connaîtra pas.

Il avait 20 ans et 177 jours. Il n’avait pas connu grand chose de la vie.

Il était le premier enfant du couple Joseph Elie Chirot- Victorine Jeanne Millet qui s’était uni à Caderousse le 1er mai 1895.  A cette date, son père était un jeune homme de 24 ans originaire de Roquemaure qui avait monté une entreprise de fabrication de balais en Vaucluse. Son épouse, sa cadette de 2 ans, était originaire de Caderousse. Ernest naquit donc quelques mois après cette union. La famille  habitait dans la petite rue Pied-Gaillard. Un petit frère Olivier allait naître en 1902 dans le foyer. Il aura la chance d’éviter la Grande Guerre, ce qui dut soulager les siens. Il semble que le corps d’Ernest ait été ramené à Caderousse après guerre, bien qu’il n’en reste aucune trace dans le cimetière du village.

La famille Chirot lors du recensement de 1906 à Caderousse.

D’un bon niveau scolaire, Ernest était conducteur d’auto quand l’armée eut besoin de ses services… et de sa vie.

Il semble que son corps ait été ramené à Caderousse après guerre, bien qu’il n’en reste aucune trace dans le cimetière du village.

 

La fiche d’Ernest Marius Joseph Chirot de Mémoire des Hommes

Ernest Marius Joseph Chirot , matricule 1036 classe 1916, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Bien que ce patronyme Chirot ne soit plus présent dans la région, les plus près étant dans l’Ain et le Gers, si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Augustin Clarisse.

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Un journal de Tranchées: LA ROULANTE du 369 n°9 du 25 décembre 1916 (5/10)

Sous les traits de crayon d’A. Guille, les Rois Mages rendent visite au Christ. Ils amènent des présents: une marionnette, un mouton et un canon. Des symboles pour désigner les Poilus ? Des marionnettes et des moutons pour l’Armée ? Qui sont les personnages caricaturés, l’ange et les rois ? Que signifie le titre au dessous de Noël 1916: Naissance du Bluet ? Une autre écriture de bleuet certainement. Peut-être une référence aux « Bleuets » les soldats de la classe 17 appelée par anticipation en 1916.

P. Montagné raconte en seconde page le repas délicieux de Noël avec des sardines pour entrée, du « boeuf gros sel » ou « gros sel boeuf » ou « boeuf au riz » ou « riz au boeuf » et un camembert pour finir. Le tout arrosé de toute forme de pinards. Un vrai réveillon avec la daube ordinaire des rations militaires !

Les quatrains du V.P. (le Vieux Poilu): La Marraine, L’Indiscret et Le Bouc. La marraine fait référence aux marraines de guerre:

« Sidi, ne faites pas l’enfant ! »

Dit la dame confuse à son vainqueur.

« Madame, dit Sidi, rêveur,

« Ti aurais du le dire avant ! »

Plein de sous-entendus.

Une chanson en page 30, la quatrième de couverture: « le commerce n’est plus possible »: une chanson en plusieurs couplets pour dénoncer la fermeture d’un commerce de tranchée, d’un Foyer de Soldat par l’autorité militaire, commerce qui ne faisait aucun bénéfice mais procurait un peu de bonheur aux Poilus. On sent là qu’il s’agit d’une histoire vraie derrière les traits d’humour.

Un feuillet recto-verso volant (il devait y en avoir plus d’un à l’origine) avec ce dessin humoristique de Louis Schem et au dos…

… un dessin d’A. Guille et un texte de Ch. Dujardin paraphrasant avec la graphie de l’époque des propos de Rabelais pour annoncer que la Roulante continuera de paraître en 1917. Original. On sent que les rédacteurs de cette feuille destranchées sont d’un niveau d’instruction 4 pour faire référence à une rubrique des fiches matricules.

 

 

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Un journal de Tranchées: LA ROULANTE du 369 n°7 du 20 octobre 1916 (4/10)

La Roulante est passé à un 4 pages, la une d’A. Guille y moque les aviateurs, les « As » qui ont l’honneur des communiqués à la place des taiseux, les Poilus de première ligne, la chair à canon. Les « As » sont devenus des chiens se disputant… les rats qui pullulent dans les tranchées.

Page 20 donc… (numérotation depuis le n°1)

A gauche, un conte d’Alphonse Daudet sur la Tarasque. Sauf qu’il s’agit là de la Tarasque du Nord, animal nouveau et encombrant, les tanks, les chars de combat. Bouratin va le découvrir au front puis en rêver la nuit venue.
A droite, la suite du feuilleton des Fiefs de Poilus inauguré au n°3. Des lettres fictives de lecteurs… Une affaire qui plaît aux Poilus.

Une pièce de théâtre en 3 actes sur un coup de main que doit faire un homme sur un point ennemi. Il revient avec quatre Allemands prisonniers qu’il a tourné… puisqu’il était tourneur à l’usine et qu’il est au front car un épicier l’a remplacé à l’usine (chute pas évidente !)

En page 22, un dessin humoristique sur le jeu de mot « Somme », la région où combattent les Anglais et la sieste !

Des Percos (des brèves) , on y moque les « As » à nouveau, surtout ceux planqués, la censure avec cette simili-coupe…

…et quelques frivolités avec un article sur la mode hivernale dans les tranchées qui sera… le port du casque !

 

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Un journal de Tranchées: LA ROULANTE du 369 n°3 du 15 août 1916 (3/10)

Une charge des roulantes enfonçant les lignes allemandes et mettant les Teutons en débandade. Il s’agit d’un dessin d’A. Guille commenté par Paul Déroul…antes ! Un jeu de mot faisant allusion à un ancien leader d’un mouvement patriotique.

D’un élan rapide et large

Les cuistots font la charge

Brandissant leur bouteillon

Et perchés sur leur bouzine

Ils descendent la colline

Dans la fumée du bouillon.

Le FDP, le Fief du Poilu se moque de la condition des hommes au front.

Cette ligue fondée par un collaborateur du journal, le docteur Lannery fondateur de la LDCDLTEDF (Ligue du Coin de la Terre et du Foyer) revendique que l’on accorde un lopin de terre à tous les hommes ayant construit des cagans, remué de la terre et ayant vécu avec des rats et des poux… avec le pinard gratuit… ajoute le dessinateur Pas-Caudry.

Au bout du quai. Le monocle y raconte avec un humour grinçant le voyage en chemin de fer (précédé de 20km de marche à pied) pour se rendre d’une position à une autre, dans des wagons à bestiaux sans aucun confort pour les hommes et sans trop savoir de ce que sera fait la suite. Sans que la censure n’intervienne devant ce texte humoristique… pas tant que cela à y regardant de plus près.

Un petit supplément à cette double page…

Un château… en souvenir de notre séjour à B… de Pas-Cautry… toujours aussi grinçant !!!

 

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Un journal de Tranchées: LA ROULANTE du 369 n°2 du 4 août 1916 (2/10)

A la une de ce numéro 2 de La Roulante (une feuille recto-verso), en date du 4 août 1916, l’heure du Bain dessinée par Pas-Caudry. Dans la ville de B…, les Poilus descendent-ils la grande artère pour aller aux 100 000 chemises, un grand magasin ? Non, les fashionables Poilus s’en vont au Bain. Dans l’article qui suit en seconde page, « la monocle » se moque de la situation des Poilus en racontant que le bain, l’entrée et la sortie des eaux, se fait au sifflet, comme les attaques sur le front.

Article de Charles Humbert sur les revendications des Poilus après deux ans de guerre.

On y lit des requêtes des plus farfelues mais qui démontrent bien les préoccupations des hommes:

  • Permission de 6 mois après 7 jours de présence,
  • Le pinard gratuit, laïc (pas baptisé) et obligatoire et… la réforme des Poilus qui ne tiennent pas le litre.
  • suppression du boeuf et du riz comme denrées alimentaires,
  • prêt journalier de 5 francs dans les conditions du Syndicat des PTT et employés de l’Etat,
  • cigares de Brésil (? pas sûr ?) en échange des rondins actuellement distribués et qui peuvent servir utilement à la défense nationale.

Après un article d’Adolphe Brisson relatant une pièce de théâtre mise en scène par les hommes du régiment, les Percos de la Roulante, les potins et petites annonces en quelque sorte.

Vente du matériel de théâtre, le régiment devant déménager pour rejoindre le camp retranché de Paris.

 

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Un journal de Tranchées: LA ROULANTE du 369 (1/10)

Dans les jours qui viennent, présentation d’une petite collection d’un journal des tranchées, La Roulante, organe du 3.6.9 soit en langage clair du 369ème Régiment d’Infanterie de Besançon. Cette feuille parut de juillet 1916 à mars 1917.

La Roulante, c’est bien sûr la cuisine qui amenait au front la nourriture des Poilus. Avec le courrier, c’était l’autre bon moment qui rompait l’ennui au front.
Ces journaux d’unité se développèrent à partir et grâce à la stabilisation du front et à la guerre de position de janvier 1915 jusqu’à septembre 1918 au moment de la reprise de la guerre de mouvement.

Nombre d’unités eurent leur feuille de chou et des dessinateurs de talent y prêtèrent leur génie. L’humour était dans toutes les pages et la censure était contournée sans réellement y avoir prise. Quelques feuilles subversives circulèrent également surtout à partir du moment où la guerre commença à durer.

Voici donc quelques numéros de La Roulante, pas tous en très bon état. Dans cette revue, le peintre et caricaturiste Claude Bils oeuvra. On le voit en oeuvre en train de dessiner des prisonniers allemands dans Le Miroir du 09 janvier 1916

https://unmondedepapiers.com/2016/01/09/il-y-a-100-ans-jour-pour-jour-le-miroir-du-dimanche-28-novembre-1915-2/

Dans le dessin ci-dessus signé Conis Schen, on voit un civil venir chercher son journal en pataugeant dans la boue de la tranchée alors qu’il aurait pu s’abonner pour le recevoir chez lui. Il maugréait ces paroles de ce prospectus publicitaire incitant le lectorat à s’abonner.

 

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