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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Ludovic Roche

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt dix-neuvième Poilu: Ludovic Albert Roche.

Sur la quatrième face du Monument aux Morts.

Ludovic est né à Caderousse, à l’île du Colombier, entre Rhône et Aigues, le 01 juillet 1896. C’est le petit dernier d’une grande fratrie de six enfants… six garçons.

Joseph Pierre Roche épouse le 16 octobre 1873 Françoise Antoinette Maurin. Ce sont tous deux enfants du village. Le jour des noces, Joseph va vers ses vingt-neuf ans alors que sa promise a un peu moins de dix-sept ans. Une importante différence d’âge entre l’homme et la femme, une mariée très jeune mais ce sont des choses assez courantes à l’époque.

Ils s’installent quartier Fazende, à la Grand’Grange. C’est au début des années 1890 que les parents prendront une ferme plus près du Rhône pour travailler les riches terres agricoles de l’île du Colombier.

Rapidement un premier enfant paraît, Pierre Marius Louis né le 29 décembre 1874. Cinq autres garçons suivront jusqu’en 1896 et la naissance de Ludovic, au prénom étrangement moderne. Vingt-deux ans d’écart entre Pierre et Ludovic… nous ne pourrons vous présenter la fratrie au grand complet lors d’un recensement, les aînés étant partis quand les plus jeunes arriveront.

En 1886, quatre enfants sont là. Quelques repères sur leurs existences.

Pierre va se marier en 1899 avec une certaine Augustine Françoise Joséphine Roche de Caderousse, des Roche qui ne connaîtront pas de deuil par la guerre.

Jean-Paul Abel né le 07 février 1876 disparaîtra à l’âge de 9 ans et 10 mois, en 1895.

Marius Napoléon Hippolyte viendra au monde le 18 décembre 1877. Il prendra pour épouse Emilie Marie Millet en 1900, une nièce d’un de ses parents qui s’installa un temps à la ferme comme on peut le lire sur le recensement de 1896.

Marius Napoléon, on peut en déduire à la lecture ce prénom que Joseph ou Françoise étaient certainement Bonapartistes !

Julien Martial enfin est né le 12 avril 1882. Le 02 février 1907, il unira son destin à celui de Julienne Paulia Sophie Perrin.

Céleste Jacques Jules est né le 14 avril 1887.

1901. Voici donc Ludovic Albert déjà âgé de 5 ans qui apparaît sur le premier recensement du XXème siècle. A noter que les recensements étaient systématiquement effectués lors du premier semestre.

En 1906, les trois aînés étant partis sous d’autres cieux, les parents ont pris des domestiques pour les aider dans leurs travaux quotidiens, à la ferme et aux champs, Fernand Garnier et Fernande Goudet, de très jeunes gens en âge de travailler, venus du Gard voisin. Dès quatorze ans, on était en âge de gagner sa vie.

En 1911, la famille s’est agrandie avec le retour de Julien et son épouse Paulia. Célestin s’est marié  à une fille de Codolet qu’il devait rejoindre en empruntant le bac à traille de l’Ardoise, juste à côté du fameux téléphérique des betteraves sucrières, témoin d’une modernité insoupçonnée. Il s’agit de Marguerite Marie Baptistine Arnaud qui a rejoint la ferme du Colombier et a mis au monde deux enfants, Gaston en 1907 et César en 1910. L’année suivante, le couple s’installera d’ailleurs à Codolet et après-guerre à Piolenc puis à Mornas.

Quand la guerre éclate en 1914, les quatre aînés Roche de l’île vont rejoindre l’armée, Pierre chez les Chasseurs à Pied, Marius un peu tard, fin septembre 1914, au 58ème R.I. d’Avignon ce qui lui sauvera la vie, Julien au 52ème R.I. de Montélimar et Célestin, l’ancien clairon au 163ème R.I. Il sera d’ailleurs rapidement blessé au col du Bonhomme le 15 août 1914 d’une balle dans le mollet gauche.

Ludovic encore éloigné des radars des recruteurs de l’armée attendra le 10 avril 1915 pour rejoindre le 98ème R.I. et faire son apprentissage militaire. A cette date, son frère Célestin a déjà subi une seconde blessure. Remis de celle au mollet et de retour au front, il repart à l’hôpital après avoir pris un éclat d’obus sur le côté gauche le 31 octobre 1914 à Lihons.

Ludovic se retrouve au 44ème R.I. 1er Bataillon, 3ème Compagne, le 05 octobre 1916. Il s’agit d’un régiment venu du Doubs, de Lons-le-Saunier et Montbéliard. Cette unité tient le front en Champagne, du côté de la Main de Massiges…

…dont on voit toujours les doigts sur les vues aériennes de 2018. Bien que le secteur soit relativement calme, un mois plus tard, le Journal de Marche du 44ème de Ligne nous apprend que Ludovic est le seul tué de son régiment le 09 novembre 1916.

Une balle perdue ou un éclat d’obus ? Le 09 novembre 1916, Ludovic était tout juste âgé de 20 ans et 4 mois.

La guerre n’en est pas pour autant finie pour ses frères. Julien partira pour le front d’Orient le 17 janvier 1917 et y restera dix-sept mois, jusqu’au 09 juin 1918, un lointain voyage pour le petit paysan de l’île du Colombier. Célestin connaîtra une troisième blessure, le 28 mai 1918. Puis comme bien des Poilus, il contractera la grippe espagnole doublée de complications pulmonaires le 09 octobre 1918, ce qui l’enverra à l’hôpital jusqu’au 25 novembre 1918, deux semaines après l’Armistice. Pour ces trois blessures, deux maladies, il recevra deux citations et la Médaille Militaire.

Fiche matricule de Ludovic Albert Roche de Mémoire des Hommes.

Ludovic Albert Roche, matricule 1092 de la classe 1916, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Roche est encore bien présent en Vaucluse et à Caderousse. Si quelqu’un reconnaît en Ludovic Albert un ascendant  indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Marcel Roche.

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Auguste et Louis Roche (historique).

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt dix-septième et quatre-vingt-dix-huitième Poilus: Auguste Roger et Louis Joseph Roche.

Sur la quatrième face du Monument aux Morts.

Auguste et Joseph rejoignent tous deux leurs unités respectives, le 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon pour le plus jeune et le 38ème Régiment d’Artillerie de Campagne pour l’aîné. Il est certain que le cadet était de loin le plus exposé  non pas que les artilleurs aient été des planqués mais statistiquement, l’Infanterie connut le plus de pertes.

Auguste donc fut tué suivant ses papiers officiels le 30 octobre 1914 à Saint-Benoît, dans la Meuse, à l’ambulance, suite à des blessures reçues sur le front. Nous sommes, vous l’avez deviné car cela fait plusieurs fois qu’on le répète, dans ce secteur de Saint-Mihiel où tant de Vauclusiens et de Caderoussiens tombèrent les premiers mois de la guerre. Sauf que pour Auguste Roche, la date de cet écrit du Registre Matricule pose réellement problème.

Nous avons bien trouvé un Saint-Benoît dans la Meuse, Saint-Benoît-en-Woëvre, village proche de la commune de Vigneulles-les-Hattonchâtel, à l’est de Saint-Mihiel. Mais le 30 octobre 1914, ce secteur est totalement dans le camp allemand, le front s’étant stabilisé une grosse dizaine de kilomètres au sud de Vigneulles.

Le site Carto1418.fr nous positionne ainsi le front du 30 octobre 1914 et les lieux cités, Saint-Mihiel, Vigneulles et Saint-Benoît se situent au-dessus du niveau des chiffres des unités allemandes (rouges) le plus basse sur la carte !

Par contre, le 30 août 1914, Saint-Benoît est placé en arrière du front tenu par les troupes françaises, un front pas encore stabilisé.

De plus, la lecture du Journal de Marche du 58ème place cette unité dans le secteur du front le 30 août alors que le 30 octobre, il est positionné plus à l’ouest.

De deux choses l’une…
soit il existe un hameau, un quartier Saint-Benoît à l’ouest de Villette, Pierrefitte, Courouvre où étaient déployés les bataillons du 58ème R.I. le 30 octobre 1914, et il est très étonnant qu’on ne l’ait pas trouvé…

soit une erreur de transcription s’est glissée dans la copie de la date de décès d’Auguste. A l’époque, on écrivait 7bre, 8bre, 9bre, 10bre pour dire septembre, octobre, novembre et décembre en lieu et place de 9, 10, 11, 12 comme on le disait aussi et comme il est convenu de le noter maintenant. Cette erreur de transcription aurait offert 2 mois supplémentaires de vie fictive à Auguste. C’est plutôt cette hypothèse que je trouve la plus plausible.

Toujours est-il qu’Auguste décéda officiellement à l’âge de 30 ans et 7 mois ou 30 mois et 5 mois plus vraisemblablement.

Fiche matricule d’Auguste Roger Roche de Mémoire des Hommes.

Auguste Roger Roche, matricule 243 de la classe 1904, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse.

Tout est plus simple pour raconter la fin de l’histoire personnelle de Louis Joseph. Artilleur au 38ème R.A.C. (C. comme Campagne),  il va apprendre la décès de son frère, au front, du côté de Mort-Homme, non loin de Verdun (si le décès a eu lieu en octobre; s’il est survenu en août, il était en pleine retraite du côté de Nancy, de retour de Lagarde).

1916. Pour le régiment nîmois d’artillerie, c’est l’enfer de Verdun que les artilleurs vont connaître. Il faut pilonner les positions allemandes, les batteries allemandes, fournir une protection par des tirs de barrage lors des attaques des fantassins français ou de l’avancée de soldats allemands.

Fin mai 1916, la 2ème batterie tire sur les tranchées d’Avocourt, un peu à l’est de Vauquois.

Louis est brancardier. Il fait équipe avec Pierre Albert Chiron de Carpentras, de la classe 1909, pour ramasser les blessés et les malades et les ramener vers l’ambulance. Le 31 mai, ils vont être grièvement blessé dans leur mission sanitaire par l’explosion d’un obus près d’eux. L’infirmier les accompagnant sera également touché. Le Journal de Marche du 38ème R.A.C. en fait état.

Si l’infirmier va y survivre, Pierre Chiron décèdera à l’ambulance 1/1 de Froidos, là même où ils ramenaient leurs copains,  le 1er juin 1916. Louis résistera une journée de plus puis mourra à son tour le 02 juin 1916. Il était âgé de 35 ans et 1 mois.

Fiche matricule de Louis Joseph Roche de Mémoire des Hommes.

Louis Joseph Roche, matricule 250 de la classe 1901, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Roche est encore bien présent en Vaucluse et à Caderousse. Si quelqu’un reconnaît en Auguste Roger et Louis Joseph un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Ludovic Roche.

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Adrien Claude et Joseph Roche (dans l’Histoire).

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt quatorzième et quatre-vingt quinzième Poilus: Adrien Claude Auguste et Joseph Adrien Toussaint Roche (partie historique).

Sur la quatrième face du Monument aux Morts.

Adrien Claude Roche est bien entendu le premier des deux frères à être appelé sur le front. Il rejoint le 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon le 12 août 1914. Bien lui en pris puisque ce petit retard lui évita de se faire massacrer du côté de Lagarde, en Lorraine allemande, comme nombre de Poilus de ce régiment, essentiellement des Vauclusiens, de Gardois et de Buccorhodaniens.

De son côté, son grand frère Joseph Adrien, inapte au service armé au début du siècle ne vit l’Armée s’occuper de son cas qu’au mois de novembre 1914, le 11 d’ailleurs. La commission de réforme d’Avignon devant laquelle il dut passer découvrit, sans surprise, que sa hernie ne lui posait plus de problème, sans opération par ailleurs, et qu’il pouvait aller rejoindre un régiment d’infanterie, bien entendu. Ce fut donc le 02 décembre 1914 que Joseph entra dans une caserne pour la première fois, celle du 118ème Régiment d’Infanterie Territoriale… à Quimper, rien que cela ! A cette date, son petit frère Adrien n’était plus là !

A la lecture du Journal de Marche du 58ème R.I., il est fort probable qu’Adrien rejoignit le 58ème R.I. au front le 06 septembre 1914 avec 850 autres hommes rappelés comme lui. Les combats du mois d’août 14 avaient décimé cette unité et le besoin de forces neuves se faisait sentir.

 

A cette date, le régiment montait en ligne du côté Bar-le-Duc dans la Meuse. Là, une parenthèse s’impose dans notre narration. Le registre matricule d’Adrien est très incertain quant au sort de ce Poilu caderoussien. On y lit « Disparu le 08 octobre 1914 à Couvonges… » puis juste en dessous la solution de cette disparition: « Décédé le 8 septembre 1914 par jugement déclaratif du Tribunal d’Orange le 09 octobre 1920 ». On décida donc six ans et un mois plus tard qu’Adrien était mort le 8 septembre 1914, étant disparu corps et âme depuis cette date.

Pourtant, rien de notable n’est noté le 8 et le 9 septembre dans le Journal de Marche du 58ème. Mais le 10 septembre, c’est l’attaque des fantassins français…

… qui emplit de lyrisme le coeur du chef de corps qui y va d’un couplet enthousiaste…

… vite rappelé à la réalité par une note supplémentaire dans la marge annonçant que cette attaque avait coûté tout de même 240 hommes, mis hors de combat, blessés, tués ou disparus comme Adrien. A la date du 8 septembre 1914, Adrien était âgé de 33 ans et 1 mois.

Fiche matricule d’Adrien Claude Auguste Roche de Mémoire des Hommes.

Adrien Claude Auguste Roche, matricule 262 de la classe 1901, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse.

Après ce drame et même s’ils durent espérer longtemps que sa disparition n’était que provisoire, Claude et Thérèse Roche n’avaient plus qu’un seul de leurs quatre enfants en vie… Joseph Adrien Toussaint ! Et le voici à son tour se perfectionnant au métier des armes en Bretagne à partir de décembre 1914.

Le 1er mars 1915, il rejoignait une unité au front, le 23ème Bataillon de Chasseurs à Pied puis quelque temps après le 63ème Bataillon de Chasseurs Alpins. Des Alpins dans la Somme pendant l’été 1916, coin de France où le plus haut sommet ne doit pas dépasser une centaine de mètres !

Ce fut le 31 juillet que les Alpins débarquèrent du train à l’ouest de Saint-Quentin, à Maurepas, dans la Somme.

A partir du 20 août, les artilleries française et allemande se toisaient dans des duels sous lesquels les fantassins des deux camps, dans les tranchées, en étaient réduits à l’état de pions qui comptaient les points. Le 24 août, le duel se calma et ce fut l’attaque de l’infanterie pour reprendre quelques dizaines de mètres. Mais Joseph n’y participa pas. La veille, le 23, il avait été touché par un éclat d’obus au thorax et évacué vers l’arrière, vers une ambulance, à Cerise…

…comme on peut le lire sur ce récapitulatif des victimes du 63ème BCA sur la seconde quinzaine d’août 1916.

Il y décéda six jours plus tard, le 29 août 1916. Il aurait pu fêter quelques jours auparavant son 37ème anniversaire ! Claude et Thérèse Roche des Islons venaient de perdre le dernier de leurs quatre enfants.

Fiche matricule de Joseph Adrien Toussaint Roche de Mémoire des Hommes.

Joseph Adrien Toussaint Roche, matricule 639 de la classe 1899, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Roche est encore bien présent en Vaucluse et à Caderousse. Si quelqu’un reconnaît en Adrien Claude Auguste et Joseph Adrien Toussaint leurs ascendants directs ou indirects, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Henri Roche.

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Hippolyte ROBERT.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt onzième de la liste: Hippolyte Victor ROBERT.

Pas de monument aux morts en photo pour Hippolyte Robert puisqu’il ne figure pas… sur celui de Caderousse mais certainement sur celui d’Orange. En effet, si la naissance de ce garçon a été enregistrée sur l’Etat-civil de Caderousse, il n’y a jamais réellement habité. Son oubli lors de l’érection du monument en 1937 semble ici compréhensible.

Les parents d’Hippolyte se sont mariés à Camaret le 10 novembre 1880. Marie Louise Clément était originaire de cette commune, née en 1865 et son époux, Paul Robert était orangeois, né en 1861. Le père de Marie Louise va rapidement disparaître et sa mère, Rose Rayne va se remarier avec un certain Auguste Robert d’Orange mais vivant sur la route de Caderousse à Orange. Quand Marie Louise se maria, elle avait donc son époux et son beau-père qui portaient le même nom et elle allait avoir des enfants en même temps que sa mère !

On peut penser que comme cela se faisait souvent à l’époque, Marie Louise alla accoucher de son premier enfant, Hippolyte chez sa mère qui vivait au quartier de la Masclarde, sur le territoire de Caderousse. Hippolyte Victor vint donc au monde la 21 juillet 1881 à Caderousse dans une famille de cultivateur. La ferme de Paul Robert était située à Orange, au quartier Martignan, c’est-à-dire à la limite septentrionale de Caderousse.

Quatre autres enfants suivirent l’aîné Hippolyte et on peut dire que ce ne fut pas une réussite que Marie Louise accoucha chez elle au lieu d’aller chez sa mère car trois des nouveaux venus décédèrent rapidement. Terrible mortalité infantile à l’époque avec des règles d’hygiène souvent inconnues des paysans.

Léonie Marie née le 24 février 1883 décéda exactement cinq mois plus tard. Alfred Marin né le 06 mai 1884 ne vécut guère plus, décédant huit mois après sa naissance. Marie Louise, elle, née le 17 août 1886 vivra et atteindra l’âge adulte. Enfin, un dernier garçon, Alphonse Joseph, venue au monde le 03 septembre 1890 partira neuf mois plus tard.

Voici donc la famille au grand complet lors du recensement de 1896, au quartier Martignan à Orange.

Cinq ans plus tard, le 19 novembre 1902, Hippolyte allait être appelé pour effectuer son service militaire en même temps qu’un long voyage. En effet, c’est chez les Zouaves, au 3ème Régiment, à Constantine qu’il allait passer trois ans, trois ans inscrits sur son carnet militaire comme étant une Campagne d’Algérie. Le 06 novembre 1904, il allait devenir tambour de l’unité avant d’être rendu à la vie civile le 19 novembre 1905.

Direction la Métropole et Orange pour Hippolyte, quartier Martignan !

Pas pour très longtemps puisque le 17 avril 1907 Hippolyte allait épouser une Drômoise, Marie Thérèse Valopin, à Grignan, une jeune fille de dix-huit ans. Le couple s’installa à Orange au quartier du Jonquier, non loin de Martignan. Un an après, Marie Thérèse mettait au monde un garçon prénommé Lucien Paul, le 11 avril 1908. Il ne vivra que seize mois !

Deux autres enfants suivront (Vivent au passage les Archives du Vaucluse qui viennent de mettre en ligne d’un seul coup vingt ans d’Etat-civil de la seconde ville du Vaucluse… ce qui entraînera une révision de certaines biographies !) : Paul Félix né le 27 février 1911 et Simone Pascaline Rose le 12 avril 1914. Tous deux deviendront Pupilles de la Nation le 30 juillet 1919. Un tampon rouge apparaît en mage de leurs actes de naissance.

En 1911, Hippolyte, Marie Thérèse et Paul Félix vivent au Jonquier chez Paul et Marie Louise. Regroupement familial!

Bien entendu, Hippolyte sera rappelé sous les drapeaux le 02 août 1914. Pas chez les Zouaves mais au 58ème R.I. d’Avignon. C’est dans l’enfer de Verdun qu’il connaîtra un sort funeste sous un déluge d’acier allemand. Sa fiche matricule indique un décès à l’arrière, des suites de ses blessures à Souhesmes, au sud-ouest de la ville, le 1er juillet 1916.

Localisation de Souhesmes où était installé un hôpital de campagne.

Le Journal de Marche du 58ème indique que ses hommes vont venir en renfort d’unités décimées au front, sous le bombardement incessant de l’artillerie lourde allemande et dans des conditions dantesques dans les tranchées.

Malgré que ce  soit le début de l’été, la région est soumise à des pluies continuelles qui inondent les tranchées et les hommes creusent des niches dans les parapets pour ne pas vivre les pieds dans l’eau. Les Allemands bombardent sans arrêt et aux obus conventionnels se mêlent des armes chimiques, des gaz asphyxiants.

Bilan d’une semaine d’un tel régime…

…7 officiers et 82 hommes blessés, 19 tués entre le 21 et le 30 juin 1916. Parmi les blessés, Hippolyte Victor Robert, l’Orangeois de Caderousse qui mourra donc le 1er juillet 1916. Il était âgé de 34 ans et 11 mois.

Fiche matricule d’Hippolyte Victor Robert de Mémoire des Hommes.

Hippolyte Victor Robert, matricule 247 de la classe 1901, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Robert est encore bien présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Hippolyte Victor son ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Joseph Victor Robert.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Antoine RIPERT.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt neuvième de la liste: Antoine Joseph Emile RIPERT.

La quatrième face du Monument aux Morts, celle des Roche.

Marie Joséphine Charlotte Millet est née le 02 mars 1890 à Caderousse. A l’âge de 22 ans, elle va prendre pour époux Antoine  Ripert qu’on prénommait plutôt Joseph, un jeune Caderoussien venu au monde la veille de Noël 1887. Les noces sont célébrées le 15 juin 1912 au village. Moins de quatre ans plus tard, elle va connaître un terrible début de printemps 1916. Coup sur coup, elle perd son mari Antoine le 22 mars, porté disparu près de Verdun et un peu plus d’un mois plus tard, son frère Paul Millet, le 25 avril 1916 tué à l’ennemi près de Badonviller. Comment se remettre d’une telle succession de drames ?

Mais revenons au début.

Antoine est le fils aîné du couple Joseph Ripert- Marie Rosalie Louise Rieu, né deux ans après le mariage de ses parents. Ce 07 janvier 1886 à Caderousse, Joseph et Marie sont deux jeunes gens âgés respectivement de 21 et 17 ans. Il faut préciser que Marie Rosalie était venue au monde huit mois après le décès de son père et ce mariage précoce allait soulager financièrement sa mère Appolonie qui menait seule depuis le décès de son époux, la ferme des Cabannes. De son côté, Joseph père était ouvrier baletier travaillant dans la fabrique Perrin & Chabrol. C’est ce métier qu’embrassera plus tard son fils, après son service militaire.

Après Antoine, sont arrivées trois filles dans le foyer de Joseph et Marie, trois enfants qui vivront longtemps. Gabrielle Joséphine née en 1892 se mariera en 1914 avec un dénommé Louis Joseph Poet.

La famille en 1896, Gabrielle s’appelle Gabriel (une erreur de transcription)

et la grand-mère Appolonie vit au foyer de sa fille et son gendre. 

 

Angeline Paula naîtra en 1898 et se prendra pour époux Rémi Alphonse Bouche. Toutes deux semblent avoir alors quitté Caderousse après leurs unions et sont décédées à Eyragues, au sud d’Avignon,  dans la seconde moitié du XXème siècle. La petite dernière, Jeanne Andréa née en 1904 épousera Henri Evariste Faure en 1922.

En 1911, la famille est au complet et l’agent recenseur en accord avec l’Etat-civil !

Le 08 octobre 1908, Antoine Joseph rejoint Marseille et le 141ème Régiment d’Infanterie. Il y restera deux ans, libéré le 25 septembre 1910, muni d’un Certificat de Bonne Conduite.

On peut penser qu’un enfant pourrait être né dans le foyer d’Antoine Joseph fils et Marie Louise entre leur union et la fin tragique du père. Si cela est le cas, il n’aura pas eu le temps de connaître son père et réciproquement.

En effet, le 03 août 1914, Antoine Joseph va retrouver le 141ème de Ligne et rapidement le front du nord-est de la France. En mars 1916, le régiment marseillais est dans la tourmente de Verdun, sous le déluge de feu et de fer de l’artillerie allemande. Nous sommes dans le secteur de Mort-Homme, au nord-ouest de la place forte, sur le territoire de la commune de Malencourt, dans la Meuse.

On est au tout début de la grande bataille commencée le 21 février 1916 et qui s’achèvera à la fin de cette année-là. C’est ce que nous raconte le Journal de Marche du 141ème pour les journées des 21 et 22 mars 1916. Et quand le feu des canons cessent, ce sont les fantassins allemands qui passent à l’attaque.

Les fantassins français résistent tant bien que mal et sont durement éprouvés après la préparation d’artillerie. Les combats se terminent à la grenade dans les boyaux défoncés et les Allemands ont là  aussi l’avantage que leur ont procuré la précision des tirs des artilleurs.

Le 22 mars 1916, Antoine Joseph Emile sera submergé par la vague allemande et disparaîtra corps et âme dans la mêlée. Son décès sera officialisé par le Tribunal d’Orange le 25 août 1921.

Dans la longue liste des victimes dressée après le 22 mars, le nom d’Antoine Ripert apparaît avec une barre dans la colonne des disparus.

Le 22 mars 1916, il était âgé de 28 ans et 3 mois.

Quand à l’état-major français, il ne pouvait envoyer aux régiments durement touchés que des messages du genre… »Tenez bon! ».

Dans cet affrontement titanesque, même le comandant du Régiment avait été tué par une explosion près de son poste d’observation.

fiche matricule d’Antoine Joseph Emile Ripert de Mémoire des Hommes.

Antoine Joseph Emile Ripert, matricule 360 de la classe 1907, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Ripert est encore bien présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Antoine Joseph Emile son ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Albert Robert.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Louis Antoine POINT.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

On lit sur le monument aux morts les noms de deux concitoyens Point aux noms et prénoms quasi identiques…

…Point Louis (Antonin) et Point Louis Antoine ! Le premier né en 1883 et le second en 1880. Voici la plus grande différence entre les deux. Ils ne sont pas parents mais ont connu la même vie chaotique. Finalement la plus grande ressemblance entre eux, c’est la même difficulté à suivre leur vie avant la guerre, la partie généalogique de leur biographie, à travers état-civils et listes nominatives de Caderousse, d’Orange, de Camaret et de… Laudun et Roquemaure, mais sans archives numérisées, c’est plus rapide !

Commençons par le second inscrit sur le monument, le plus âgé des deux.

Quatre-vingt unième nom de la liste: Louis Antoine POINT.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Louis Antoine est né à Caderousse le 18 février 1880. Son père est né à Caderousse le 21 août 1839 et s’est marié avec Marguerite Pauline Dardun d’Orange le 12 janvier 1878. Les époux sont alors âgés respectivement de 38 et 27 ans.

Au recensement de 1876, Louis Point père vit chez ses parents, quartier Miémart.

Marié le 12 janvier 1878, Louis père se retrouve veuf en août de la même année après le décès de Marguerite. Premier drame ! Il se remarie huit mois plus tard avec une fille de Laudun, Marie Pélagie Mollon, née en 1846 et fille d’un aubergiste puis tonnelier du hameau de L’Ardoise au bord du Rhône. Ces secondes noces seront célébrées dans le Gard le 27 avril 1879. Dix mois plus tard, le 18 février 1880, nait Louis Antoine.

Voici donc toute la famille rassemblée sur la liste du recensement 1886, toujours du côté de Miémart: Louis père et Marie vivent avec Louis fils âgé de 6 ans, la grand-mère paternelle Marguerite Lassiat dont le mari est décédé en 1877  (décès qui a peut-être entrainé le mariage de son fils) et un employé Auguste Lurie.

Cette belle ordonnance sera rapidement bouleversée avec le décès du chef de famille, comme on disait et notait à l’époque. Louis père décède le 04 juin 1889 à la grange de Miémart. Second drame ! Il avait tout juste 50 ans. Marguerite la grand-mère va rejoindre sa fille Caroline mariée avec François Aubert et Marie Pélagie déménage à Orange avec son fils Louis Antoine. Il est plus facile de trouver des ménages à faire ou du linge à repasser en ville qu’à la campagne, dans une ferme isolée au bord de l’eau.

Retour de Marie et Louis Antoine à Caderousse en 1895 ! Marie Pélagie se remarie le 12 janvier 1895 avec François André Bas, veuf lui aussi et vient s’installer dans sa ferme quartier Camblancard, non loin de Miémart. C’est ce que nous indique le recensement de 1896.

A noter au passage la troisième orthographe du patronyme Mollon… Moulon… Moullon, l’exact semblant être la première. A la ferme vivent François et sa fille Joséphine et Marie et son fils, le futur Poilu.

C’est à ce moment que Louis aurait du faire son service militaire. En 1901, il est ajourné. En 1902, il est réformé pour faiblesse. En 1903, il est exempté. Louis souffre d’infantilisme, une maladie thyroïdienne empêchant son développement physique (il ne mesure qu’un mètre 62), psychique et sexuel.

Le recensement de 1906.

11 avril 1907, André François Bas décède à son tour. Troisième drame. Marie Pélagie et son fils disparaissent de la liste du recensement de 1911. Retour à Orange ? à Laudun ? Nous les perdons de vue… mais pas l’armée ! Le 02 décembre 1914, plus d’infantilisme pour Louis Antoine ! Certes, on peut penser qu’il n’a pas bénéficier d’un traitement médical pour régler son problème. Mais la France a besoin de soldats et comme quasiment tous les exemptés d’avant-guerre, Louis Antoine se retrouve « bon pour le service ». Il est affecté au 140 ème Régiment d’Infanterie  de Grenoble le 22 février 1915 Il dut certainement souffrir de l’attitude des autres face à son infirmité. Il passe au 157 ème R.I. en août 1915 puis au 340ème R.I. le 02 janvier 1916.

1916, 21 février… Verdun, les Allemands attaquent et déversent un déluge de feu dans cette bataille qui durera jusqu’en décembre. Le 340ème d’Infanterie se retrouve en première ligne à Thiaumont fin juin-début juillet 1916. Thiaumont, c’est un ouvrage défensif complètement rasé par les combats, situé sur le territoire de la commune de Douaumont, aujourd’hui à quelques hectomètres de l’ossuaire et de la tranchée des baïonnettes.

Du 24 juin au 04 juillet, de très violents combats vont s’y dérouler. Il n’est qu’à voir le bilan  humain au 340ème R.I. de cet affrontement, consigné dans le Journal de Marche de l’unité (d’où est extraite également la carte ci-dessus) pour comprendre que peu d’hommes en rechapèrent intact.

50 officiers et 1 502 hommes de troupe sont mis hors de combat en dix jours. Une hécatombe ! L’officier ayant rédigé le Journal de Marche a consciencieusement noté le statut de ces soldats. Il a noirci de nombreuses pages et parmi cette longue liste, on retrouve Louis Point…

…avec un petit « 1 » dans la colonne des disparus. Il sera considéré comme décédé après le jugement du tribunal d’Orange en date du 26 juillet 1921 qui fixera la date de sa disparition au 28 juillet 1916, cinq ans plus tôt !

Que s’est-il passé ce jour-là ? Quelques bribes de réponse avec cette narration d’une attaque allemande à la grenade puis d’une contrattaque française.

La routine pour des gains territoriaux minimes, bien souvent rapidement perdus.

Le 28 juillet 1916, Louis Antoine Point avait 36 ans et 5 mois.

 

La fiche matricule de Louis Antoine Point de Mémoire des Hommes.

Louis Antoine Point, matricule 241 de la classe 1900, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Point est assez répandu sur la rive gauche du Rhône. Si quelqu’un reconnaît en Louis Antoine son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Louis Antonin Point.

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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Joseph Augustin PELIN.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-dix-septième nom de la liste: Joseph Augustin PELIN.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Encore un Caderoussien dont le destin s’écrit dans l’Histoire de France… la bataille de la Somme. Le secteur de la Somme à la mer du Nord était tenu par les Britanniques, les Anglais pour faire court mais aussi les Canadiens, les Australiens, les Néo-Zélandais, les fameux ANZAC qui s’affranchirent de la tutelle britannique et bâtirent leurs Nations dans les tranchées de Gallipoli et du Nord de la France.

Une attaque alliée sur la Somme avait germé dans l’esprit de Joffre fin 1915 mais le commencement de l’offensive allemande à Verdun le 21 février 1916 l’avait envoyée aux oubliettes. Dès qu’il le put, le Généralissime la ressortit de ses cartons avec comme excuse de créer une diversion pour soulager Verdun. Avec un espoir secret, celui d’ouvrir la brèche de la percée décisive et d’en être l’inventeur. Comme les Français étaient épuisés par la résistance fournie dans la Meuse, cette attaque fut confiée aux Britanniques. Le 1er juillet 1916 au matin était lancée l’attaque générale sur les positions allemandes que les préparations d’artillerie n’avaient pas trop ébranlées. Ce fut un terrible carnage dans les rangs des Britanniques qui connurent la pire journée de leur histoire militaire. On évalue à 30 000 le nombre de Tommies qui tombèrent sur le sol de la Somme dans les six premières minutes de l’attaque, morts, blessés ou disparus. A la fin de cette journée, 58 000 Britanniques étaient hors de combat dont 19 240 tués.

Et Augustin Pelin dans tout cela ? Le secteur au sud du fleuve Somme avait été confié à des troupes françaises et entr’autre au 8ème Régiment d’Infanterie Coloniale dans lequel servait le Caderoussien. Les Français connurent d’ailleurs dans cette bataille de la Somme qui dura jusqu’au mois de novembre 1916, des succès supérieurs à ceux des Britanniques en avançant d’une douzaine de kilomètres contre quelques dizaines d’hectomètres pour nos alliés. Mais pas de percée décisives et pas de triomphe pour Joffre. Joseph Augustin Pelin fut tué au second jour de l’attaque, le 2 juillet 1916 dans la commune de Herbécourt, un village situé à quelques kilomètres du fleuve.

Le Journal de Marche de l’unité n’ayant pas résisté à des campagnes de plus en plus violentes, on ne saura pas comment Augustin a perdu la vie mais on peut imaginer qu’une balle allemande l’abattit dans le no-man’s-land entre les tranchées ennemies.

Dans le village voisin d’Herbécourt, Frise, sur les berges de la Somme, on retrouve depuis les vues aériennes de Google Maps, les restes des tranchées et des boyaux de la Grande Guerre…

 

Le 2 juillet 1916, Joseph Augustin Pelin était âgé de 28 ans et 4 mois. Il était né le 1er mars 1888 à Caderousse de parents et grands-parents caderoussiens. Son père Marie Claude Véran Pelin avait uni son destin à celui d’Elisabeth Claudine Berbiguier, le 11 septembre 1878. Le couple s’était installé cours de l’Est, cours Aristide Briand de nos jours, dans une maison appartenant aux parents du novi. Ils y vivront pendant toute leur existence commune nous apprend les recensements successifs d’avant-Grande Guerre.

Par contre, Véran (son prénom usuel semble-t-il) va changer de travail assez souvent suivant ces mêmes listes nominatives. Dans sa jeunesse, il semble avoir appris auprès de son père Claude Pelin le métier de scieur de long. Peut-être était-il le renardier, l’ouvrier en dessous du tronc d’arbre, de son père, le chevrier, celui qui était sur l’échafaudage au-dessus du même tronc. Cette méthode millénaire de scier le bois est de nos jours objet de démonstrations dans des fêtes patrimoniales. Dans la suite logique de cette profession, en prenant de l’âge, Véran devient marchand de bois. Il y a de la place sur le cours pour stocker les madriers et les poutres, ou le bois de chauffage ! Quelques années après, nouveau changement d’orientation professionnelle, toujours dans le négoce, mais celui des vins. Enfin, en 1911, il est indiqué propriétaire cultivateur chez qui travaillent ces deux fils, Victor (Claude Victor) né en 1885 et Augustin.

Le couple a en effet eu trois enfants, une fille Julienne Antoinette née en 1879, décédée jeune en 1882 puis les deux garçons. Le 20 novembre 1912, Victor se mariait à Caderousse avec Marie Vaton. A cette date, Augustin faisait ses classes au 58ème R.I. d’Avignon ayant été réformé antérieurement pour des problèmes pulmonaires. Il semblerait qu’Augustin ait eu un accident dans sa jeunesse car l’armée a constaté la présence d’une cicatrice de brûlure au bas de son cou.

Après la guerre, Augustin a été inhumé à la Nécropole Nationale de Dompierre-Becquincourt, à quelques encablures de son lieu de décès.

Toutefois, les siens ont apposé un plaque en sa mémoire sur la tombe familiale au cimetière de Caderousse.

 

La fiche matricule de Joseph Augustin Pelin de Mémoire des Hommes.

Joseph Augustin Pelin, matricule 288 de la classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Pelin est rare en Vaucluse. Si tout de même quelqu’un reconnaît en Joseph Augustin son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Fernand Joseph Pellegrin.

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