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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Hippolyte ROBERT.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt onzième de la liste: Hippolyte Victor ROBERT.

Pas de monument aux morts en photo pour Hippolyte Robert puisqu’il ne figure pas… sur celui de Caderousse mais certainement sur celui d’Orange. En effet, si la naissance de ce garçon a été enregistrée sur l’Etat-civil de Caderousse, il n’y a jamais réellement habité. Son oubli lors de l’érection du monument en 1937 semble ici compréhensible.

Les parents d’Hippolyte se sont mariés à Camaret le 10 novembre 1880. Marie Louise Clément était originaire de cette commune, née en 1865 et son époux, Paul Robert était orangeois, né en 1861. Le père de Marie Louise va rapidement disparaître et sa mère, Rose Rayne va se remarier avec un certain Auguste Robert d’Orange mais vivant sur la route de Caderousse à Orange. Quand Marie Louise se maria, elle avait donc son époux et son beau-père qui portaient le même nom et elle allait avoir des enfants en même temps que sa mère !

On peut penser que comme cela se faisait souvent à l’époque, Marie Louise alla accoucher de son premier enfant, Hippolyte chez sa mère qui vivait au quartier de la Masclarde, sur le territoire de Caderousse. Hippolyte Victor vint donc au monde la 21 juillet 1881 à Caderousse dans une famille de cultivateur. La ferme de Paul Robert était située à Orange, au quartier Martignan, c’est-à-dire à la limite septentrionale de Caderousse.

Quatre autres enfants suivirent l’aîné Hippolyte et on peut dire que ce ne fut pas une réussite que Marie Louise accoucha chez elle au lieu d’aller chez sa mère car trois des nouveaux venus décédèrent rapidement. Terrible mortalité infantile à l’époque avec des règles d’hygiène souvent inconnues des paysans.

Léonie Marie née le 24 février 1883 décéda exactement cinq mois plus tard. Alfred Marin né le 06 mai 1884 ne vécut guère plus, décédant huit mois après sa naissance. Marie Louise, elle, née le 17 août 1886 vivra et atteindra l’âge adulte. Enfin, un dernier garçon, Alphonse Joseph, venue au monde le 03 septembre 1890 partira neuf mois plus tard.

Voici donc la famille au grand complet lors du recensement de 1896, au quartier Martignan à Orange.

Cinq ans plus tard, le 19 novembre 1902, Hippolyte allait être appelé pour effectuer son service militaire en même temps qu’un long voyage. En effet, c’est chez les Zouaves, au 3ème Régiment, à Constantine qu’il allait passer trois ans, trois ans inscrits sur son carnet militaire comme étant une Campagne d’Algérie. Le 06 novembre 1904, il allait devenir tambour de l’unité avant d’être rendu à la vie civile le 19 novembre 1905.

Direction la Métropole et Orange pour Hippolyte, quartier Martignan !

Pas pour très longtemps puisque le 17 avril 1907 Hippolyte allait épouser une Drômoise, Marie Thérèse Valopin, à Grignan, une jeune fille de dix-huit ans. Le couple s’installa à Orange au quartier du Jonquier, non loin de Martignan. Un an après, Marie Thérèse mettait au monde un garçon prénommé Lucien Paul, le 11 avril 1908. Il ne vivra que seize mois !

Deux autres enfants suivront (Vivent au passage les Archives du Vaucluse qui viennent de mettre en ligne d’un seul coup vingt ans d’Etat-civil de la seconde ville du Vaucluse… ce qui entraînera une révision de certaines biographies !) : Paul Félix né le 27 février 1911 et Simone Pascaline Rose le 12 avril 1914. Tous deux deviendront Pupilles de la Nation le 30 juillet 1919. Un tampon rouge apparaît en mage de leurs actes de naissance.

En 1911, Hippolyte, Marie Thérèse et Paul Félix vivent au Jonquier chez Paul et Marie Louise. Regroupement familial!

Bien entendu, Hippolyte sera rappelé sous les drapeaux le 02 août 1914. Pas chez les Zouaves mais au 58ème R.I. d’Avignon. C’est dans l’enfer de Verdun qu’il connaîtra un sort funeste sous un déluge d’acier allemand. Sa fiche matricule indique un décès à l’arrière, des suites de ses blessures à Souhesmes, au sud-ouest de la ville, le 1er juillet 1916.

Localisation de Souhesmes où était installé un hôpital de campagne.

Le Journal de Marche du 58ème indique que ses hommes vont venir en renfort d’unités décimées au front, sous le bombardement incessant de l’artillerie lourde allemande et dans des conditions dantesques dans les tranchées.

Malgré que ce  soit le début de l’été, la région est soumise à des pluies continuelles qui inondent les tranchées et les hommes creusent des niches dans les parapets pour ne pas vivre les pieds dans l’eau. Les Allemands bombardent sans arrêt et aux obus conventionnels se mêlent des armes chimiques, des gaz asphyxiants.

Bilan d’une semaine d’un tel régime…

…7 officiers et 82 hommes blessés, 19 tués entre le 21 et le 30 juin 1916. Parmi les blessés, Hippolyte Victor Robert, l’Orangeois de Caderousse qui mourra donc le 1er juillet 1916. Il était âgé de 34 ans et 11 mois.

Fiche matricule d’Hippolyte Victor Robert de Mémoire des Hommes.

Hippolyte Victor Robert, matricule 247 de la classe 1901, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Robert est encore bien présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Hippolyte Victor son ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Joseph Victor Robert.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Antoine RIPERT.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt neuvième de la liste: Antoine Joseph Emile RIPERT.

La quatrième face du Monument aux Morts, celle des Roche.

Marie Joséphine Charlotte Millet est née le 02 mars 1890 à Caderousse. A l’âge de 22 ans, elle va prendre pour époux Antoine  Ripert qu’on prénommait plutôt Joseph, un jeune Caderoussien venu au monde la veille de Noël 1887. Les noces sont célébrées le 15 juin 1912 au village. Moins de quatre ans plus tard, elle va connaître un terrible début de printemps 1916. Coup sur coup, elle perd son mari Antoine le 22 mars, porté disparu près de Verdun et un peu plus d’un mois plus tard, son frère Paul Millet, le 25 avril 1916 tué à l’ennemi près de Badonviller. Comment se remettre d’une telle succession de drames ?

Mais revenons au début.

Antoine est le fils aîné du couple Joseph Ripert- Marie Rosalie Louise Rieu, né deux ans après le mariage de ses parents. Ce 07 janvier 1886 à Caderousse, Joseph et Marie sont deux jeunes gens âgés respectivement de 21 et 17 ans. Il faut préciser que Marie Rosalie était venue au monde huit mois après le décès de son père et ce mariage précoce allait soulager financièrement sa mère Appolonie qui menait seule depuis le décès de son époux, la ferme des Cabannes. De son côté, Joseph père était ouvrier baletier travaillant dans la fabrique Perrin & Chabrol. C’est ce métier qu’embrassera plus tard son fils, après son service militaire.

Après Antoine, sont arrivées trois filles dans le foyer de Joseph et Marie, trois enfants qui vivront longtemps. Gabrielle Joséphine née en 1892 se mariera en 1914 avec un dénommé Louis Joseph Poet.

La famille en 1896, Gabrielle s’appelle Gabriel (une erreur de transcription)

et la grand-mère Appolonie vit au foyer de sa fille et son gendre. 

 

Angeline Paula naîtra en 1898 et se prendra pour époux Rémi Alphonse Bouche. Toutes deux semblent avoir alors quitté Caderousse après leurs unions et sont décédées à Eyragues, au sud d’Avignon,  dans la seconde moitié du XXème siècle. La petite dernière, Jeanne Andréa née en 1904 épousera Henri Evariste Faure en 1922.

En 1911, la famille est au complet et l’agent recenseur en accord avec l’Etat-civil !

Le 08 octobre 1908, Antoine Joseph rejoint Marseille et le 141ème Régiment d’Infanterie. Il y restera deux ans, libéré le 25 septembre 1910, muni d’un Certificat de Bonne Conduite.

On peut penser qu’un enfant pourrait être né dans le foyer d’Antoine Joseph fils et Marie Louise entre leur union et la fin tragique du père. Si cela est le cas, il n’aura pas eu le temps de connaître son père et réciproquement.

En effet, le 03 août 1914, Antoine Joseph va retrouver le 141ème de Ligne et rapidement le front du nord-est de la France. En mars 1916, le régiment marseillais est dans la tourmente de Verdun, sous le déluge de feu et de fer de l’artillerie allemande. Nous sommes dans le secteur de Mort-Homme, au nord-ouest de la place forte, sur le territoire de la commune de Malencourt, dans la Meuse.

On est au tout début de la grande bataille commencée le 21 février 1916 et qui s’achèvera à la fin de cette année-là. C’est ce que nous raconte le Journal de Marche du 141ème pour les journées des 21 et 22 mars 1916. Et quand le feu des canons cessent, ce sont les fantassins allemands qui passent à l’attaque.

Les fantassins français résistent tant bien que mal et sont durement éprouvés après la préparation d’artillerie. Les combats se terminent à la grenade dans les boyaux défoncés et les Allemands ont là  aussi l’avantage que leur ont procuré la précision des tirs des artilleurs.

Le 22 mars 1916, Antoine Joseph Emile sera submergé par la vague allemande et disparaîtra corps et âme dans la mêlée. Son décès sera officialisé par le Tribunal d’Orange le 25 août 1921.

Dans la longue liste des victimes dressée après le 22 mars, le nom d’Antoine Ripert apparaît avec une barre dans la colonne des disparus.

Le 22 mars 1916, il était âgé de 28 ans et 3 mois.

Quand à l’état-major français, il ne pouvait envoyer aux régiments durement touchés que des messages du genre… »Tenez bon! ».

Dans cet affrontement titanesque, même le comandant du Régiment avait été tué par une explosion près de son poste d’observation.

fiche matricule d’Antoine Joseph Emile Ripert de Mémoire des Hommes.

Antoine Joseph Emile Ripert, matricule 360 de la classe 1907, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Ripert est encore bien présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Antoine Joseph Emile son ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Albert Robert.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Louis Antoine POINT.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

On lit sur le monument aux morts les noms de deux concitoyens Point aux noms et prénoms quasi identiques…

…Point Louis (Antonin) et Point Louis Antoine ! Le premier né en 1883 et le second en 1880. Voici la plus grande différence entre les deux. Ils ne sont pas parents mais ont connu la même vie chaotique. Finalement la plus grande ressemblance entre eux, c’est la même difficulté à suivre leur vie avant la guerre, la partie généalogique de leur biographie, à travers état-civils et listes nominatives de Caderousse, d’Orange, de Camaret et de… Laudun et Roquemaure, mais sans archives numérisées, c’est plus rapide !

Commençons par le second inscrit sur le monument, le plus âgé des deux.

Quatre-vingt unième nom de la liste: Louis Antoine POINT.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Louis Antoine est né à Caderousse le 18 février 1880. Son père est né à Caderousse le 21 août 1839 et s’est marié avec Marguerite Pauline Dardun d’Orange le 12 janvier 1878. Les époux sont alors âgés respectivement de 38 et 27 ans.

Au recensement de 1876, Louis Point père vit chez ses parents, quartier Miémart.

Marié le 12 janvier 1878, Louis père se retrouve veuf en août de la même année après le décès de Marguerite. Premier drame ! Il se remarie huit mois plus tard avec une fille de Laudun, Marie Pélagie Mollon, née en 1846 et fille d’un aubergiste puis tonnelier du hameau de L’Ardoise au bord du Rhône. Ces secondes noces seront célébrées dans le Gard le 27 avril 1879. Dix mois plus tard, le 18 février 1880, nait Louis Antoine.

Voici donc toute la famille rassemblée sur la liste du recensement 1886, toujours du côté de Miémart: Louis père et Marie vivent avec Louis fils âgé de 6 ans, la grand-mère paternelle Marguerite Lassiat dont le mari est décédé en 1877  (décès qui a peut-être entrainé le mariage de son fils) et un employé Auguste Lurie.

Cette belle ordonnance sera rapidement bouleversée avec le décès du chef de famille, comme on disait et notait à l’époque. Louis père décède le 04 juin 1889 à la grange de Miémart. Second drame ! Il avait tout juste 50 ans. Marguerite la grand-mère va rejoindre sa fille Caroline mariée avec François Aubert et Marie Pélagie déménage à Orange avec son fils Louis Antoine. Il est plus facile de trouver des ménages à faire ou du linge à repasser en ville qu’à la campagne, dans une ferme isolée au bord de l’eau.

Retour de Marie et Louis Antoine à Caderousse en 1895 ! Marie Pélagie se remarie le 12 janvier 1895 avec François André Bas, veuf lui aussi et vient s’installer dans sa ferme quartier Camblancard, non loin de Miémart. C’est ce que nous indique le recensement de 1896.

A noter au passage la troisième orthographe du patronyme Mollon… Moulon… Moullon, l’exact semblant être la première. A la ferme vivent François et sa fille Joséphine et Marie et son fils, le futur Poilu.

C’est à ce moment que Louis aurait du faire son service militaire. En 1901, il est ajourné. En 1902, il est réformé pour faiblesse. En 1903, il est exempté. Louis souffre d’infantilisme, une maladie thyroïdienne empêchant son développement physique (il ne mesure qu’un mètre 62), psychique et sexuel.

Le recensement de 1906.

11 avril 1907, André François Bas décède à son tour. Troisième drame. Marie Pélagie et son fils disparaissent de la liste du recensement de 1911. Retour à Orange ? à Laudun ? Nous les perdons de vue… mais pas l’armée ! Le 02 décembre 1914, plus d’infantilisme pour Louis Antoine ! Certes, on peut penser qu’il n’a pas bénéficier d’un traitement médical pour régler son problème. Mais la France a besoin de soldats et comme quasiment tous les exemptés d’avant-guerre, Louis Antoine se retrouve « bon pour le service ». Il est affecté au 140 ème Régiment d’Infanterie  de Grenoble le 22 février 1915 Il dut certainement souffrir de l’attitude des autres face à son infirmité. Il passe au 157 ème R.I. en août 1915 puis au 340ème R.I. le 02 janvier 1916.

1916, 21 février… Verdun, les Allemands attaquent et déversent un déluge de feu dans cette bataille qui durera jusqu’en décembre. Le 340ème d’Infanterie se retrouve en première ligne à Thiaumont fin juin-début juillet 1916. Thiaumont, c’est un ouvrage défensif complètement rasé par les combats, situé sur le territoire de la commune de Douaumont, aujourd’hui à quelques hectomètres de l’ossuaire et de la tranchée des baïonnettes.

Du 24 juin au 04 juillet, de très violents combats vont s’y dérouler. Il n’est qu’à voir le bilan  humain au 340ème R.I. de cet affrontement, consigné dans le Journal de Marche de l’unité (d’où est extraite également la carte ci-dessus) pour comprendre que peu d’hommes en rechapèrent intact.

50 officiers et 1 502 hommes de troupe sont mis hors de combat en dix jours. Une hécatombe ! L’officier ayant rédigé le Journal de Marche a consciencieusement noté le statut de ces soldats. Il a noirci de nombreuses pages et parmi cette longue liste, on retrouve Louis Point…

…avec un petit « 1 » dans la colonne des disparus. Il sera considéré comme décédé après le jugement du tribunal d’Orange en date du 26 juillet 1921 qui fixera la date de sa disparition au 28 juillet 1916, cinq ans plus tôt !

Que s’est-il passé ce jour-là ? Quelques bribes de réponse avec cette narration d’une attaque allemande à la grenade puis d’une contrattaque française.

La routine pour des gains territoriaux minimes, bien souvent rapidement perdus.

Le 28 juillet 1916, Louis Antoine Point avait 36 ans et 5 mois.

 

La fiche matricule de Louis Antoine Point de Mémoire des Hommes.

Louis Antoine Point, matricule 241 de la classe 1900, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Point est assez répandu sur la rive gauche du Rhône. Si quelqu’un reconnaît en Louis Antoine son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Louis Antonin Point.

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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Joseph Augustin PELIN.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-dix-septième nom de la liste: Joseph Augustin PELIN.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Encore un Caderoussien dont le destin s’écrit dans l’Histoire de France… la bataille de la Somme. Le secteur de la Somme à la mer du Nord était tenu par les Britanniques, les Anglais pour faire court mais aussi les Canadiens, les Australiens, les Néo-Zélandais, les fameux ANZAC qui s’affranchirent de la tutelle britannique et bâtirent leurs Nations dans les tranchées de Gallipoli et du Nord de la France.

Une attaque alliée sur la Somme avait germé dans l’esprit de Joffre fin 1915 mais le commencement de l’offensive allemande à Verdun le 21 février 1916 l’avait envoyée aux oubliettes. Dès qu’il le put, le Généralissime la ressortit de ses cartons avec comme excuse de créer une diversion pour soulager Verdun. Avec un espoir secret, celui d’ouvrir la brèche de la percée décisive et d’en être l’inventeur. Comme les Français étaient épuisés par la résistance fournie dans la Meuse, cette attaque fut confiée aux Britanniques. Le 1er juillet 1916 au matin était lancée l’attaque générale sur les positions allemandes que les préparations d’artillerie n’avaient pas trop ébranlées. Ce fut un terrible carnage dans les rangs des Britanniques qui connurent la pire journée de leur histoire militaire. On évalue à 30 000 le nombre de Tommies qui tombèrent sur le sol de la Somme dans les six premières minutes de l’attaque, morts, blessés ou disparus. A la fin de cette journée, 58 000 Britanniques étaient hors de combat dont 19 240 tués.

Et Augustin Pelin dans tout cela ? Le secteur au sud du fleuve Somme avait été confié à des troupes françaises et entr’autre au 8ème Régiment d’Infanterie Coloniale dans lequel servait le Caderoussien. Les Français connurent d’ailleurs dans cette bataille de la Somme qui dura jusqu’au mois de novembre 1916, des succès supérieurs à ceux des Britanniques en avançant d’une douzaine de kilomètres contre quelques dizaines d’hectomètres pour nos alliés. Mais pas de percée décisives et pas de triomphe pour Joffre. Joseph Augustin Pelin fut tué au second jour de l’attaque, le 2 juillet 1916 dans la commune de Herbécourt, un village situé à quelques kilomètres du fleuve.

Le Journal de Marche de l’unité n’ayant pas résisté à des campagnes de plus en plus violentes, on ne saura pas comment Augustin a perdu la vie mais on peut imaginer qu’une balle allemande l’abattit dans le no-man’s-land entre les tranchées ennemies.

Dans le village voisin d’Herbécourt, Frise, sur les berges de la Somme, on retrouve depuis les vues aériennes de Google Maps, les restes des tranchées et des boyaux de la Grande Guerre…

 

Le 2 juillet 1916, Joseph Augustin Pelin était âgé de 28 ans et 4 mois. Il était né le 1er mars 1888 à Caderousse de parents et grands-parents caderoussiens. Son père Marie Claude Véran Pelin avait uni son destin à celui d’Elisabeth Claudine Berbiguier, le 11 septembre 1878. Le couple s’était installé cours de l’Est, cours Aristide Briand de nos jours, dans une maison appartenant aux parents du novi. Ils y vivront pendant toute leur existence commune nous apprend les recensements successifs d’avant-Grande Guerre.

Par contre, Véran (son prénom usuel semble-t-il) va changer de travail assez souvent suivant ces mêmes listes nominatives. Dans sa jeunesse, il semble avoir appris auprès de son père Claude Pelin le métier de scieur de long. Peut-être était-il le renardier, l’ouvrier en dessous du tronc d’arbre, de son père, le chevrier, celui qui était sur l’échafaudage au-dessus du même tronc. Cette méthode millénaire de scier le bois est de nos jours objet de démonstrations dans des fêtes patrimoniales. Dans la suite logique de cette profession, en prenant de l’âge, Véran devient marchand de bois. Il y a de la place sur le cours pour stocker les madriers et les poutres, ou le bois de chauffage ! Quelques années après, nouveau changement d’orientation professionnelle, toujours dans le négoce, mais celui des vins. Enfin, en 1911, il est indiqué propriétaire cultivateur chez qui travaillent ces deux fils, Victor (Claude Victor) né en 1885 et Augustin.

Le couple a en effet eu trois enfants, une fille Julienne Antoinette née en 1879, décédée jeune en 1882 puis les deux garçons. Le 20 novembre 1912, Victor se mariait à Caderousse avec Marie Vaton. A cette date, Augustin faisait ses classes au 58ème R.I. d’Avignon ayant été réformé antérieurement pour des problèmes pulmonaires. Il semblerait qu’Augustin ait eu un accident dans sa jeunesse car l’armée a constaté la présence d’une cicatrice de brûlure au bas de son cou.

Après la guerre, Augustin a été inhumé à la Nécropole Nationale de Dompierre-Becquincourt, à quelques encablures de son lieu de décès.

Toutefois, les siens ont apposé un plaque en sa mémoire sur la tombe familiale au cimetière de Caderousse.

 

La fiche matricule de Joseph Augustin Pelin de Mémoire des Hommes.

Joseph Augustin Pelin, matricule 288 de la classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Pelin est rare en Vaucluse. Si tout de même quelqu’un reconnaît en Joseph Augustin son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Fernand Joseph Pellegrin.

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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Paul MILLET.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-septième nom de la liste: Paul Joseph Marie MILLET.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Oui, c’est inscrit sur le Monument aux Morts de Caderousse mais aussi sur le Journal de Marche du 363ème Régiment d’Infanterie,  Paul Millet est bien mort sur le champ de bataille au col de la Chapelotte, en Meurthe-et-Moselle, dans les premiers contreforts des Vosges, le 25 avril 1916.

Ce sont les Allemands qui attaquent et les troupes françaises qui essaient de maintenir leurs positions malgré la violence des bombardements comme le raconte cet extrait du Journal. En certains endroits, le terrain est tellement bouleversé que les hommes sont enterrés vivants dans les galeries effondrées.

Ailleurs, les Allemands utilisent des armes chimiques pour « nettoyer » les tranchées françaises, des liquides enflammés.

Les combats sont acharnés et se terminent au couteau comme pour ce sergent Imbert achevé par un coup de couteau dans le dos.

La guerre dans toute son horreur ! Comme cette attaque allemande repoussée par les défenseurs français sortis de leur tranchée pour affronter les assaillants sur le no-man’s land, au milieu des obus qui continuent de tomber ici et là, venant d’un camp comme de l’autre.

Il est sûr que la lecture de nombre de ces Journaux de Marche comme celui présenté ici doivent inspirer les scénaristes de cinéma ou de bandes dessinées pour rendre le plus réaliste possible leurs scènes de guerre.

Voici donc avec ces quelques extraits, des repères pour comprendre les derniers instants de Paul Millet, peut-être tué après le premier coup de canon, après tout. L’enfer sur terre, avec plan à l’appui !

Le 25 avril 1916, Paul Joseph Marie avait 30 ans et 1 mois.

Il était en effet né le 19 mars 1886 rue Vénasque d’un père Caderoussier de naissance, Louis Marie Millet, né en 1861. Louis était alors ouvrier baletier quand il épousa Joséphine Perrin, une Caderoussienne de 21 ans, née de parents originaires du village et dont la mère portait aussi le patronyme Millet. Les noces furent célébrées le 10 mai 1883. Dix mois plus tard naissait Louis Auguste le 03 mars 1884 qui allait disparaitre prématurément quatorze mois plus tard. Paul était donc l’aîné de deux filles venues au monde en 1890 et en 1900. Marie Joséphine Charlotte se maria deux ans avant la guerre avec Antoine Joseph Emile Ripert dont on fera la biographie quand on arrivera à la lettre R, disparu un mois avant son beau-frère Paul, le 22 mars 1916 dans la Meuse. Lucienne Joséphine Pauline eut plus de chance et se prit pour époux après guerre, un parisien, Victor Eugène Martel, dans le septième arrondissement.

La famille au recensement de 1901, rue de l’Hôpital.

En 1901, sous le même toit, vivent le coupe de Louis et Joséphine, tous deux ouvriers dans une fabrique de balais, leurs trois enfants, les parents de Joséphine et le père de Louis. Paul est alors ouvrier agricole, certainement employé par ses grands-parents.

La famille au recensement de 1911, rue de l’Hôpital.

Dix ans plus tard, les vieux ne sont plus là, Jean est parti en 1902, son épouse Joséphine en 1907 et Auguste en 1910… de même que Joséphine, la mère de Paul le 02 avril 1908. Ce dernier, bien que recensé à Caderousse, a quitté le foyer et travaille comme valet de chambre chez Monsieur le Comte à Piolenc.

Entre temps, il avait fait ses deux années de service sur la Côte d’Azur, à Nice, au 141ème de Ligne du 06 octobre 1908 au 25 septembre 1910. Il sera rappelé le 2 août 1914… pour la conclusion que l’on connaît. Il repose à la Nécropole Nationale de la Chapelotte à Badonviller, tombe individuelle 979.

 

La fiche matricule de Paul Joseph Marie Millet de Mémoire des Hommes.

Paul Joseph Marie Millet, matricule 278 de la classe 1906, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Millet est assez répandu en Vaucluse. Si quelqu’un reconnaît en Félix Marius un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: André Paul Mondan.

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113 POILUS de CADEROUSSE, 113 DESTINS… Victor MENIER.

 

113 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 113 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-deuxième nom de la liste: Victor  MENIER.

Pas de Monument aux Morts de Caderousse pour Victor Menier, il a été oublié dans la liste établie lors de l’édification du cénotaphe. Sans toutefois qu’il y ait à s’indigner car la famille Menier quitta Caderousse longtemps avant la Grande Guerre. Certes, le père de Victor, Jean-Baptiste Menier ou Ménier, était originaire de Caderousse tout comme son grand-père paternel, également prénommé Jean-Baptiste, venu au monde sous le Directoire.

Jean-Baptiste Menier prit donc pour épouse Marie Mathilde Chapus de neuf ans sa cadette le 19 mai 1869. Bien qu’originaire de Carsan dans le Gard, les noces furent célébrées à Piolenc où avait déménagé la belle famille de J-B. Le couple s’installa au quartier des Mians à Caderousse et Victor vint au monde le 30 novembre 1870. C’était donc un vieux soldat quand éclata la guerre de 14, de deux ans l’aîné de mon arrière-grand-père Adrien Guérin.

Deux autres garçons suivirent, Jean-Baptiste (comme c’est original !) le 26 janvier 1873 puis Auguste le 15 juin 1875. On retrouve cette petite famille dans la liste du recensement de 1876, aux Mians.

Extrait du recensement de 1876 à Caderousse.

C’est entre 1877 et 1881 que les Menier partiront de Caderousse, pour une autre commune du nord-Vaucluse, certainement Mondragon. Quand Victor est appelé sous les drapeaux en 1890, le rédacteur de son registre matricule indique qu’il réside au pays du Drac et quand son frère Auguste en fait de même cinq ans plus tard, on retrouve la même domiciliation.

Victor Menier va servir au 1er Régiment de Hussards du 12 novembre 1891 au 15 octobre 1894. Trois années intéressantes dans un régiment de cavalerie.

On retrouve la trace de la famille Menier en 1901 du côté de Lapalud, l’autre capitale des balais. Ils habitent dans le quartier sud, rue des Orfèvres (!) et seul Victor l’aîné est retourné auprès de ses parents après son service militaire. Il travaille les champs que mène le père.

Extrait du recensement de 1901 à Lapalud.

Extrait du recensement de 1906 à Lapalud.

Quelques approximations dans la liste de 1906 avec le père né en 1838 au lieu de 1837 et le fils devenu Lapalutien au lieu de Caderoussier !

Les parents semblent être décédés après 1906 puisque Victor reste seul à Lapalud en 1911…

Extrait du recensement de 1911 à Lapalud.

… avec d’autres approximations plus remarquables: Mégnet… Eugène… et 1866 ! Mais aucun Mégnet Eugène n’étant né à Caderousse autour de 1866, on peut penser qu’il s’agisse bien Victor Menier né en 1870 à Caderousse !

La Grande Guerre va éclater le 3 août 1914 mais le vieux Poilu Victor Menier ne sera rappelé qu’en novembre 1914. Il a alors 44 ans ! On ne va pas le propulser sur le front, contrairement à Adrien Guérin, mais il va servir au 15ème Escadron du Train (des Equipages). Certainement une affectation logique pour l’ancien cavalier qu’il a été.

Malgré cela, il va connaître la mort et sera considéré comme MPLF. Mais il s’agit là d’une mort bien originale et pour le moins idiote. En effet, du côté d’Hargicourt, dans la Somme, à 35 kilomètres au sud-est d’Amiens mais tout de même assez loin du front,  Victor Menier va décéder à l’Hôpital Origine d’Etapes n°18 d’une… intoxication alimentaire due… à des champignons vénéneux ! Avec quelques vétérans, ce 5 octobre 1916, ils devaient avoir voulu améliorer l’ordinaire militaire en ramassant quelques champignons dans les champs ou le long du ruisseau, la Brache. Mais les champignons de la Somme ne sont pas ceux du Nord-Vaucluse et leur méconnaissance du terrain conduisit ces hommes à la catastrophe. Victor Menier avait 45 ans et 10 mois et pas encore la sagesse de ses artères.

Il repose à la Nécropole Nationale de Montdidier, tombe individuelle 5 351, dans la même terre qui avait fait pousser les fameux champignons mortels.

 

La fiche matricule de Victor Menier de Mémoire des Hommes.

Victor Menier, matricule 160 de la classe 1890, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Menier existe quelque peu encore en Vaucluse, tout comme Chapus beaucoup plus usité… Si quelqu’un reconnaît en Victor un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Paul Menu.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Jean GUEILEN.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquantième nom de la liste: Jean Adrien GUEILEN.

La seconde face du monument.

Voici une biographie plus que partielle de Jean Gueilen. Bizarrement, alors que certains jeunes qui ont fait toute leur enfance et jeunesse au village avant de le quitter ont été oubliés au moment de l’édification du Monument aux Morts, Jean Gueilen arrivé lui à Caderousse peu avant le début de la Grande Guerre a bien été inscrit sur ce dit-monument. Car Jean Gueilen est le premier Poilu raconté dans les biographies sur Un Monde de Papiers à n’être pas né au village.

Jean Adrien Gueilen est donc venu au monde à Rochefort-du-Gard le 24 juin 1879. Au moment de son recensement militaire, au début du XXème siècle, il vit chez ses parents à Chateauneuf-du-Pape comme l’indique cet extrait de la liste nominative.

Extrait du recensement de 1901 de Chateauneuf-du-Pape.

Ses parents Jacques Simon Gueilen et Justine Trinquier sont fermiers chez Pascal du côté de la Tour de l’hera, écrit curieusement l’Airs. Jean Adrien les aide à la ferme et un berger René Simon complète le personnel du foyer.

Jean Adrien va faire sa période militaire du 16 janvier 1901 au 19 septembre 1903 au 55ème Régiment d’Infanterie, du côté d’Aix-en-Provence.

Au son retour de l’armée, il va travailler à Orange comme employé agricole chez Latour, quartier de Meyne. Il se marie peu de temps après avec Philomène Brigitte Talagrand du même âge que lui. On retrouve quelques années après ce jeune couple à Caderousse, au quartier du Panier. C’est là que naîtra leur fille Simone Marie Louise le lendemain du Jour de l’An 1912.

Jean Adrien est rappelé par l’Armée lors de la mobilisation générale du 1er août 1914. Il rejoint son unité d’affectation puis passe au 57 R.I. à Auxonne en octobre 14 et enfin au 227ème R.I. en novembre de la même année.

On le retrouve sur le front des Vosges à l’automne 1916. Le 227me R.I. tient un somment, la cote 607, à Lusse. Nous sommes là à une douzaine de kilomètres à l’est de Saint-Dié.

C’est la guerre de positions dans toute son horreur. On se bombarde réciproquement. On s’envoie même des choses inconnues.

Les tranchées françaises reçoivent quotidiennement un millier d’obus et il doit en être de même pour les tranchées allemandes. Les Minerwerfen pleuvent sur les lignes françaises.

Le 6 octobre, ce sont plutôt des grenades à ailettes. Par malchance quelquefois, le projectile fait mouche et tue un malheureux placé au mauvais endroit au mauvais moment. C’est le cas de Jean Adrien Gueilen, ce jour-là. Il apparaît dans le décompte officiel du Journal de Marche du régiment…

…gu côté d’un certain Marc Octave Lelu, sergent, tué le même jour. Il avait alors 37 ans et 3 mois. Il repose à la Nécropole Nationale de Bertrimoutier dans les Vosges.

La fiche matricule de Jean Adrien Gueilen de Mémoire des Hommes.

Jean Adrien Gueilen, matricule 685 classe 1899, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Bien que le patronyme Gueilen ne soit plus guère présent dans la région, si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Adrien Guérin.

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