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ll y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 13 octobre 1918

(JOUR 1533 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un calvaire sur lequel les Allemands ont inscrit cette phrase au moment de leur offensive de fin mars 1918. En effet, en ce lieu, on est à 140 km de Rouen. Si près, si loin… L’offensive visant à encercler Paris, comme en 1871 fit long feu et les troupes allemandes sont en plein retrait depuis fin juillet.

En Orient, la guerre est finie. Les Bulgares ont demandé un armistice. Ci-dessus, les lieux de pouvoir où le roi de Bulgarie a imaginé cette sortie de la guerre. Ci-dessous, les plénipotentiaires bulgares qui ont participé aux négociations ayant précédé le cessez-le-feu.

La guerre continue en Palestine où les Turcs refusent devant les Britanniques.

Parmi les troupes britanniques, des cavaliers venus des Indes.

Partout sur le front occidental les Allemands sont en déroute, une déroute à l’Allemande, organisée et disciplinée !

Les Belges, la vaillante armée belge comme on le disait à l’époque, libèrent leur pays, Dixmude, dans un paysage bouleversé.

Du Nord à L’Aisne, les Britanniques avancent, libérant des territoires français si longtemps occupés.

Partout des destructions comme on voit sur cette double page centrale avec pas moins de 16 villes en ruines.

Du 2 juillet au 3 octobre ont été libérées… Chatea-Thierry, Soissons, Montdidier, Albert, Roye, Bapaume, Noyon, Péronne, Chauny, Ham, Saint-Mihiel, Varennes, Dixmude, Saint-Quentin, Argentifères, Lens.

Partout des ruines…!

Dans leur avancés, les alliés des Français récupèrent du matériel comme ici des canons en nombre.

Sauf quand les Allemands arrivent à détruire leurs dépôts d’armements.

Des prisonniers allemands pour qui la guerre est finie.

Les Américains progressent en Argonne.

 

 

 

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ll y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 06 octobre 1918

(JOUR 1526 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Des marcassins prisonniers de guerre. Il s’agit là des mascottes d’un régiment allemand qui s’est retiré, du côté de Saint-Mihiel. Il est bien possible que ces paisibles cochons sauvages viennent améliorer l’ordinaire de quelques Poilus !

Toujours à Saint-Mihiel, un régiment d’infanterie américain traverse la ville dévastée.

Sur le front d’Orient, le déroulé de la guerre est symétrique à celui de l’ouest. De partout les troupes bulgares refluent.

En haut des troupes françaises s’apprêtent à traverser le Vardar. En dessous, artilleurs serbes dans des abris.

L’effondrement du front bulgare est spectaculaire et les prisonniers se comptent par milliers.

Même schéma en Palestine pour les troupes britanniques du général D’Allendy…

…ici à Jérusalem.

40 000 prisonniers de guerre turcs, 265 canons saisis soit la totalité de l’artillerie turque. On peut ici aussi parler d’effondrement du front turc.

Revenons au font occidental.

C’est au tour aux villages de Lorraine de connaître les destructions.

Plus au nord, les Britanniques ont atteint la ligne Hindenburg…

…mais les destructions sont considérables du côté de Lens et du bassin minier.

Encore plus au nord, ce sont des troupes belges qui libèrent leur pays…

…du côté de Dixmude. Là également, le front allemand ne va pas tarder à céder totalement.

Un mot pour finir pour présenter des chenils britanniques…

…dan lesquels on entraîne des chiens dévoués à plusieurs missions: assister les forces sanitaires, transporter les messages à travers les lignes, garder les positions pour prévenir des intrusions ennemies.

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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Paul Ruat.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-huitième Poilu: Paul Auguste Ruat.

Quatrième face du Monument aux Morts.

Paul Ruat est né à Caderousse le 06 janvier 1894. Il appartient à une grande fratrie de neuf enfants mis au monde par le couple formé de Frédéric Victor Ruat et Louise Madeleine Berbiguier.

Victor, le père, est un Caderoussien de souche né en janvier 1856 quartier du Panier. Il travaille à la ferme de ses parents.

Louise, la mère, est née en 1864, plus jeune de huit ans que son mari. Elle passera sa jeunesse dans la ferme paternelle aux Cabanes.

Victor et Louise se marient à Caderousse le 19 avril 1882 et vont s’installer dans un premier temps quartier du Brout. Au fil des actes de naissances de leurs enfants, on apprend qu’ils vont vivre par la suite chemin d’Orange, au Panier, à l’Escient avant de venir s’installer intra-muros au début du XXème siècle rue Pied Gaillard puis rue de l’Hardy et enfin retourner à l’Espinet.

De cette union vont naître donc neuf enfants, quatre filles et cinq garçons. Trois de ces enfants n’atteindront pas l’âge adulte, Augustine née en avril 1889 décèdera quelques mois après sa naissance, Marius Léon né en octobre 1898 disparaîtra à l’âge de cinq ans et neuf mois et Caroline Thérèse venue au monde en février 1903 décèdera en avril 1904. Sa mère Louise la rejoindra dans la mort quelques mois après, le 26 avril 1905.

A cette date, sa file aînée Victoria Louise née en mars 1884 s’est déjà mariée avec Alfred Cappeau le 27 septembre 1902. Elle vivra jusqu’en 1958.

Léonie, la cadette née en 1885 prendra pour époux Jules Pommier le 10 février 1906, on va le lire ci-dessous.

Le premier garçon du couple arrive le 03 juillet 1891. Il s’agit de Gabriel Jules Victor qui, malgré les deux blessures contractées pendant la Grande Guerre atteindra un âge avancé et s’éteindra à Beaucaire en 1985 !

Enfin voici Paul Auguste, le Poilu né en 1894.

Voici donc la première photographie de la fratrie à l’occasion du recensement de 1896.

Victor et Louise, les parents, Victoria, Léonie, Gabriel et Paul, les enfants.

En 1906, la situation familiale a bien changé. Victor élève seul ses enfants puisque Louise est décédée. Victoria l’aînée a quitté le foyer en se mariant, contrairement à Léonie qui y est restée et y a ramené son mari Jules et son fils Henri. Un petit Julien, Jules Jean pour l’état-civil a complété la fratrie. Venu au monde le 09 décembre 1900, il se mariera en 1923 avec Marie Alexandrine Muret.

Les années passent. En 1911, seuls Louis et Julien demeurent avec leur père, quartier de l’Espinet.

De son côté, Paul est toujours présent au village. Il a appris à conduire des véhicules automobiles et il est devenu le chauffeur du docteur Marie Joseph Rochette.

Ce jeune médecin tout juste sorti de la faculté de médecine exerce sa profession au village et habite avec ses parents et sa grand-mère paternelle, quartier de l’Eglise. Les employés de maison, le chauffeur Paul Ruat et la bonne Marie Bonnefoi, résident également sous le même toit.

C’est là que la guerre trouvera Paul. La classe 1914 à laquelle il appartient sera appelée sous les drapeaux par anticipation, en septembre 1914. Le 08, Paul rejoint le 2ème Régiment du Génie à Montpellier.

Une fois n’est pas coutume, commençons par la fin qui mérite qu’on s’y attarde. Né en 1892 et incorporé en 1913, Louis fait partie de ces hommes qui sont sur place quand la guerre éclate et qui vont donc subir un maximum de pertes dans le minimum de temps, le premier mois de la guerre. C’est certainement sa qualité de chauffeur qui lui a fait intégrer cette unité.

Il passe ensuite au 1er Génie de Versailles en octobre 1916 puis cette unité étant scindée en deux pour soulager son administration, il gagnera le 21ème Régiment du Génie à sa création le 1er juillet 1917.

Direction le front d’Orient pour quelques compagnies de cette unité, pour y creuser des tranchées ou des galeries de mines. A Salonique, les Franco-Britanniques appuyés par des Italiens, des Serbes, des Grecs combattent les Bulgares, alliés des Turcs, des Autro-Hongrois et des Allemands.

Ce front sur lequel vont combattre 400 000 Français est loin d’être une destination touristique. Aux risques inhérents de la guerre qui tueront 10 000 combattants s’ajoutent ceux créés par les maladies. L’eau potable manque et pourtant il faut alimenter des centaines de milliers d’hommes en plus des populations autochtones. Des maladies inconnues sur le front oriental décimeront les troupes. Le paludisme tuera 10 000 soldats et rendra malades 150 000 autres qui ne seront jamais reconnus comme blessés de guerre. La dysenterie, le typhus, le scorbut, les maladies vénériennes en tueront 10 000 autres, sans oublier, à la fin de l’état 1918, la grippe espagnole.

C’est de complications causées par ce virus que mourra le Caderoussien Paul Ruat, le 16 octobre 1918 à Lesnicar ou Lesuica en Albanie, non loin de la frontière avec la Macédoine, non loin de la grande ville de Bitola ou Monastir autour de laquelle s’articula longtemps le front.

La ville où était implanté un hôpital annexe s’appelle de nos jours Leshnicë, en Albanie. Le 16 octobre 1918, Paul Ruat était âgé de 24 ans et 9 mois. Il avait eu la joie et le soulagement de vivre la fin des combats en Orient avec la capitulation de Bulgares et l’armistice du 28 septembre 1918.

Mais on continue à mourir de la guerre même quand les combats cessent.

 

Fiche matricule de Paul Auguste Ruat de Mémoire des Hommes.

Paul Auguste Ruat matricule 433 de la classe 1914, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Ruat est encore présent dans le Vaucluse et dans le Gard. Si quelqu’un reconnaît en Paul Auguste un ascendant  indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Emile Sauvage.

Deux mots sur la Guerre de ses deux frères

Gabriel Jules Victor (798-classe 1911 Avignon) soldat dans l’Infanterie, le sera blessé deux fois… le 23 janvier 1915 à Tracy-le-Mont par un éclat d’obus au bras gauche.

Louis Victor (1241-classe 1916) servira dans l’artillerie à compter un 07 janvier 1916, au 38ème R.A. puis au 115ème R.A. Il sortira indemne de la Grande Guerre.

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ll y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 21 juillet 1918

 

 

(JOUR 1449 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un obus conséquent et cette légende: Un des projectiles que nous envoyons journellement sur les lignes ennemies. On pourrait même ajouter… que nous recevons aussi car la Grosse Bertha n’envoie pas des boulettes en papier. Mais cela inquièterait trop les lecteurs.

Il y a quelques semaines qu’on n’encavait parlé. Sur le front d’Orient, les Français entraînent des fantassins grecs.

 

L’Offensive allemande du printemps 1918, le dernier sursaut des Allemands pour obtenir une armistice favorable.

C’est l’artillerie non dit-on qui a brisé cette attaque. Avec quelquefois des canons considérables …

…mais c’est aussi le manque de réserve de l’Armée allemande qui a entraîné la fin des attaques. Toujours est-il que beaucoup de soldats allemands ont été fait prisonniers…

…par les Américains. En Italie, par contre, après l’échec autrichien, ce sont des Turcs qui ont été arrêtés. En Italie où les tranchées dans la paine du Piave ont résisté même si elle sont remplies d’eau… et de moustiques.

Suite de notre tour du monde, en Irlande…

…où les Unionistes de Belfast défilent pour célébrer l’anniversaire de la bataille de la Somme.

En Irak enfin, dans Bagdad libérée de la présence ottomane,…

…le Britanniques s’adonnent à leur passion… les courses de chevaux et le turf, bien sûr !

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Albert ROBERT.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt dixième de la liste: Albert Joseph ROBERT.

La quatrième face du Monument aux Morts.

Trois Robert inscrit sur le Monument aux Morts de Caderousse plus un quatrième oublié, cela fait beaucoup mais ils ne semblent pas faire partie de la même famille, ni de la même fratrie, ni par cousinage même s’il semble évident qu’en remontant dans le temps, on trouverait des ancêtres communs.

Commençons par Albert Robert.
Il est né à Caderousse de parents Caderoussiens. Claude Robert, son père, né en 1949 prend pour épouse Célestine Rose Rieu née en 1860. Onze ans d’écart d’âge entre les époux, cela était courant à l’époque. Ils se marient le 04 septembre 1881 à Caderousse. A cette époque, Claude est cultivateur mais il va dériver professionnellement parlant en devenant fabriquant de balais, peut-être à son propre compte puis en étant négociant ou courtier pour un patron, Charrier & Lacour. Il s’installe rue Pied Gaillard avec un intermède de quelques mois passé rue Juiverie.

La jeune Célestine va donner six enfants à son époux. Baptistine l’aînée, née en 1882, décèdera dix-neuf mois plus tard, le jour de la Toussaint 1883. A cette date, une autre fillette est venue rejoindre le foyer des Robert de la rue Pied Gaillard, prénommée Claudine et née le 15 juillet 1883. Dix-neuf ans après, elle prendra pour époux un certain Félix Chastan, cafetier, le 15 novembre 1902 et le couple s’installera non loin des parents, rue Pied Gaillard. Claudine vivra jusqu’en 1968.

C’est ensuite au Poilu Albert Joseph de paraître, le 18 avril 1885. C’est à cette époque que la famille a brièvement déménagé rue Juiverie.

Retour en 1887 rue Pied Gaillard avec la naissance d’un autre garçon, Adrien Marius, né le 18 janvier. Bizarrement, alors qu’il vit toujours chez ses parents en 1906, on ne le retrouve pas sur les registres matricules d’Avignon de la classe 1907. Vraiment très étonnant !

Une autre fille, Henriette Apollonie va par la suite naître, le 14 décembre 1893. Elle se mariera à Caderousse après-guerre avec un dénommé Bonifay Clarius. Henriette vivra jusqu’en 1970.

La famille de Claude Robert-Célestine Rieu au recensement de 1896.

Une dernière fille complètera la fratrie, Eulalie Apollonie Albertine, le 10 février 1897.

La famille au complet au recensement de 1901, six enfants dont cinq ayant atteint l’âge adulte, deux garçons pour trois filles, pour résumer la composition de la fratrie.

Ayant appris le métier de boulanger, Albert est incorporé le 06 octobre 1906 à la 15ème Section des Ouvriers et Commis Militaires à Marseille. On a besoin de gens du métier pour préparer le pain de tous les hommes sous les drapeaux. Il va y passer deux années et quand il est libéré le 25 septembre 1908, il rentre à Caderousse avec le grade de sergent.

A Caderousse… mais pas pour très longtemps. Changement de parcours professionnel pour Albert, à l’instar de son père. On le retrouve Gardien de la Paix à Paris IXème en 1910 puis en banlieue, à Courbevoie puis La Garenne-Colombe. Il se rapproche des siens en obtenant un poste dans la Drôme, à Romans-sur-Isère en avril 1912, comme manutentionnaire militaire. Un parcours pour le moins atypique !

Rappelé sous les drapeaux en 1914, toujours à la 15ème Section des Ouvriers et Commis Militaires, il ne connaîtra que l’arrière du front, ce qui n’était pas forcément sans risque avant que sa section soit mise à disponibilité du Corps Expéditionnaire d’Orient.

Une guerre méconnue que celle d’Orient, une catastrophique expédition aux Dardanelles contre les Turcs en 1915, de mars à décembre, Gallipoli et l’acharnée résistance des Ottomans aboutissant au retrait des franco-britanniques de la presqu’île puis dans la foulée l’expédition de Salonique face aux Bulgares, alliés des Allemands et des Autrichiens, pour forcer la main des Grecs à se joindre à l’Entente.

Albert ne connaîtra pas cette seconde phase de la guerre en Orient, décédant dans la paradisiaque île de Limnos, à Moudros. Outre les combats, les maladies tueront un pourcentage important d’hommes, bien plus élevé que sur le front occidental. A Limnos, une île de la mer Egée à 50 kilomètres des Dardanelles est installé la base-arrière du front dont les services de santé où sont soignés les blessés et les malades. Typhus, dysenterie, paludisme ravagent les troupes autant que les obus ottomans.
Le 30 juin 1915, Albert Joseph Robert décède d’une « maladie contractée en service ». Il était âgé de 30 ans et 2 mois. Son corps fut rapatrié dans le Vaucluse.

Fiche matricule d’Albert Joseph Robert de Mémoire des Hommes.

Albert Joseph Robert, matricule 432 de la classe 1905, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Robert est encore bien présent en Vaucluse comme dans le Gard, si quelqu’un reconnaît en Albert Joseph son ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre… Hippolyte Robert.

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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Ange Marie Florent PERRIN.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingtième nom de la liste: Ange Marie Florent PERRIN.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Ange Perrin est né à Caderousse le 17 novembre 1894 ce qui signifie qu’il n’avait pas vingt ans quand la guerre éclata. Pourtant il était déjà à l’armée à la date du 3 août 1914 depuis presque trois mois car il avait devancé l’appel en s’engageant pour quatre ans à la Mairie d’Avignon le 11 mai 1914. L’Armée l’avait envoyé en Algérie au 2ème régiment du Génie. Cette campagne d’Algérie est inscrite sur son registre matricule avant celle qui suivit contre l’Allemagne.

Avant de voyager, les premières années de sa vie se passèrent donc à Caderousse, à l’intérieur des digues, rue de l’Hardy, à l’ouest du village. Ses parents étaient deux Caderoussiens de souche. Antoine Perrin né en 1865 avait épousé Elisabeth Léonie Fusat également née le 20 janvier 1871. Ils se marièrent le 29 octobre 1892 à Caderousse. Ils avaient alors respectivement 27 et 21 ans.

Ange ne fut pas le premier enfant du couple car une Rosalie Jeanne naquit le 12 août 1893. Elle allait décéder neuf mois plus tard. Six mois après, allait naître Ange. On retrouve la petite famille lors du recensement du 1896.

C’est la seule fois qu’on verra les parents d’Ange ensemble sous le même toit, on y reviendra. Deux autres garçons viendront au monde, Joseph Léon en 1896 et Charles Marius en 1897. Ce dernier connaîtra le même sort que sa soeur aînée en décédant à l’âge de neuf mois. Par contre Joseph semble avoir vécu jusqu’à l’âge adulte bien qu’on va le perdre de vue des registres militaires du Vaucluse et des départements voisins.

Après la naissance de Charles Marius, les parents Perrin semblent s’être séparés. En 1901…

 

…Ange vit avec son père rue de la Masse tandis que…

  …Joseph vit avec sa mère chez son grand-père maternel, lui aussi seul, depuis le décès de son épouse.

En 1906, la situation n’a pas changé pour Antoine et Ange qui habitent non loin de l’Hospice…

…mais Elisabeth et Joseph ont disparu des listes nominatives de Caderousse. Pour avoir bien cherché dans l’état-civil de la commune, aucun divorce n’a été prononcé. Peut-être sont-ce des raisons économiques qui ont entraîné cette séparation, la mère allant travailler avec son fils chez un propriétaire ?

Enfin, en 1911, le dernier recensement avant la Grande Guerre laisse dubitatif.

Joseph semble être revenu chez son père qui vit du côté de l’Eglise. Ange n’est plus là, ce qui n’est pas étonnant. Ayant choisi de travailler comme valet de chambre, il a trouvé un emploi en Avignon. Par contre l’épouse du père se prénomme maintenant Joséphine née en 1869. On est loin de son épouse officielle Elisabeth née en 1971. Mais comme en 1911, les recenseurs ont reçu comme consigne de ne pas donner aux femmes  leur réelle identité en les appelant du nom de leurs maris, il est difficile de savoir qui est qui.

Revenons au parcours d’Ange. De retour d’Algérie, il est versé le 20 août 1914 au 15ème Escadron du Train des Equipages comme ordonnance du capitaine. Son métier antérieur l’éloigne quelque peu du front. Peu de temps en fait puisque deux mois plus tard, le 06 octobre 1914, il retrouve une unité combattante avec le 1er Régiment de Zouaves. Puis il passe au 2ème Régiment de Zouaves avec lequel il va à nouveau visiter du pays. En effet, il part sur le front d’Orient dans ce corps expéditionnaire franco-britannique constitué pour aller combattre les Turcs chez eux. C’est la fameuse expédition des Dardanelles qui va se solder par un cuisant échec des Alliés. Le détroit par lequel notre flotte pourrait s’approcher d’Istanbul, le détroit des Dardanelles, est tenu des deux côtés par les Ottomans. Alors est imaginé un débarquement franco-britannique dans la presqu’île de Gallipoli sur la rive européenne du détroit pour ébranler ce dispositif. La partie s’avèrera délicate et la résistance insoupçonnée des Turcs fait s’enliser l’offensive prévue et transforme cette campagne en une terrible guerre de tranchées. Entre le 18 et le 24 juin 1915, le 2ème Zouaves va perdre 638 hommes, tués, blessés, disparus ou prisonniers. Le rédacteur du Journal de Marche de l’unité va transcrire nom après nom la liste de ces hommes. Il va noircir de nombreuses pages, consciencieusement. Par contre, il aura beaucoup moins de travail le 26 juin 1915.

Le 2ème Zouaves, retranché dans le camp de Saddoul-Balois est soumis à des bombardements turcs. Ce jour-là, ce pilonnage ne fera qu’une seule victime, Ange Perrin, tué à la Redoute Bouchet. Sa mort est consignée sur le Journal de Marche.


Il n’avait seulement que 20 ans et 7 mois. Sa dépouille fut ramenée à Caderousse même si plus rien ne l’indique dans le cimetière de la commune.

La fiche matricule d’Ange Marie Joseph Perrin de Mémoire des Hommes.

Ange Marie Joseph Perrin, matricule 416 (contrairement à ce que dit la fiche ci-dessus) de la classe 1914, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Perrin est assez répandu en France. Si quelqu’un reconnaît en Ange Marie Joseph son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie (quelques zone obscures sont à éclaircir !).

A suivre: les Point Louis Antoine totalement homonymes !

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114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Gabriel Marius PÉCOUL.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-quinzième nom de la liste: Gabriel Marius PÉCOUL.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Le petit dernier des Pécoul est aussi un grand gaillard d’un mètre soixante-quinze (c’était très grand à l’époque), quoique encore à cinq centimètres de son frère Fernand Gonzague avec son mètre quatre-vingt. Né le 09 juin 1895, il n’a pas vingt ans lors de la déclaration de guerre et toujours pas ce bel âge quand il est appelé sous les drapeaux par anticipation, comme toute la classe 1915, en décembre 1914.

Il se rend à Saint-Etienne le 17 décembre pour rejoindre le 38ème Régiment d’Infanterie. Quelques mois de formation aux armes puis direction Marseille pour s’embarquer pour le front d’Orient. Il y passera trois années, du 14 mai 1915 au 14 mai 1918. Il appartient alors au 176ème Régiment d’Infanterie.

Retour en France au printemps 1918 pour participer aux violents combats qui voient depuis le mois de mars, les troupes allemandes avancer dans le secteur britannique, dans la Somme et le Nord de la France. Elles avancent certes mais elles s’épuisent avec aucune réserve contrairement aux Alliés qui bénéficient de la montée en puissance des troupes américaines et de l’arrivée de nouvelles armes comme les chars.

A partir de juillet 1918, le mouvement s’inverse et les Alliés commencent à repousser les Allemands qui reculent certes mais qui s’accrochent et vont donner beaucoup de fil à retordre à leurs ennemis. Le front de la Somme se déplace vers l’est à la vitesse de quelques kilomètres et de quelques dizaines de morts par jour. La guerre de mouvement est beaucoup plus gourmande en vies humaines que la guerre des tranchées et les assaillants qui avancent ne connaissent aucun répit avec des mitrailleuses ennemis camouflées aux endroits les plus inattendus qui sèment la mort à tout moment.

La prise de Languevoisin par exemple par le 112ème Régiment d’Infanterie auquel appartient Gabriel depuis un peu plus d’un mois. Pour arracher ce village situé à trente kilomètres à l’ouest de Saint-Quentin, on s’attendait à une bataille sanglante mais qui n’eut pas lieu. Après cette avancée, c’est l’artillerie allemande qui lâche des bombes sur la cité en tuant quelques fantassins à découvert. Parmi eux, Gabriel Marius qui va connaître le même sort que ses frères Fernand et Louis. On est alors le 28 août 1918 et Gabriel est seulement âgé de 23 ans et 3 mois.

Le bilan du 28 août 1918 pour 112ème Régiment d’Infanterie… pas de grande bataille mais une guerre de d’accrochages qui fera tout de même 85 hommes tués, blessés, intoxiqués ou malades… nous sommes au tout début de l’épidémie de grippe espagnole. 

 

La fiche matricule de Gabriel Marius Pécoul de Mémoire des Hommes.

Gabriel Marius Pécoul, matricule 871 de la classe 1915, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Pécoul est encore bien présent sur Caderousse et Orange. Si quelqu’un reconnaît en Gabriel Marius un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Léon Pecoul.

Quelques mots sur le parcours de Joseph Pierre, le quatrième frère qui lui vivra jusqu’en 1973. Né en 1884, il sera appelé en octobre 1905 au 58ème RI à Arles où il ne restera qu’un an. Rappelé à la déclaration de guerre, il sera blessé à deux reprises: tout d’abord soldat au 58ème RI à Souilly, au sud-ouest de Verdun, le 09 septembre 1914 puis avec le 297ème RI lors de l’attaque du Chemin des Dames, le 25 juin 1917, à l’épine de Chevrigny, lors de cet épisode qu’on a appelé « la bataille des observatoires ». Mais ses blessures ne furent pas mortelles.

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