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115 POILUS de CADEROUSSE, 115 DESTINS… Ange Marie Florent PERRIN.

115 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 115 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingtième nom de la liste: Ange Marie Florent PERRIN.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Ange Perrin est né à Caderousse le 17 novembre 1894 ce qui signifie qu’il n’avait pas vingt ans quand la guerre éclata. Pourtant il était déjà à l’armée à la date du 3 août 1914 depuis presque trois mois car il avait devancé l’appel en s’engageant pour quatre ans à la Mairie d’Avignon le 11 mai 1914. L’Armée l’avait envoyé en Algérie au 2ème régiment du Génie. Cette campagne d’Algérie est inscrite sur son registre matricule avant celle qui suivit contre l’Allemagne.

Avant de voyager, les premières années de sa vie se passèrent donc à Caderousse, à l’intérieur des digues, rue de l’Hardy, à l’ouest du village. Ses parents étaient deux Caderoussiens de souche. Antoine Perrin né en 1865 avait épousé Elisabeth Léonie Fusat également née le 20 janvier 1871. Ils se marièrent le 29 octobre 1892 à Caderousse. Ils avaient alors respectivement 27 et 21 ans.

Ange ne fut pas le premier enfant du couple car une Rosalie Jeanne naquit le 12 août 1893. Elle allait décéder neuf mois plus tard. Six mois après, allait naître Ange. On retrouve la petite famille lors du recensement du 1896.

C’est la seule fois qu’on verra les parents d’Ange ensemble sous le même toit, on y reviendra. Deux autres garçons viendront au monde, Joseph Léon en 1896 et Charles Marius en 1897. Ce dernier connaîtra le même sort que sa soeur aînée en décédant à l’âge de neuf mois. Par contre Joseph semble avoir vécu jusqu’à l’âge adulte bien qu’on va le perdre de vue des registres militaires du Vaucluse et des départements voisins.

Après la naissance de Charles Marius, les parents Perrin semblent s’être séparés. En 1901…

 

…Ange vit avec son père rue de la Masse tandis que…

  …Joseph vit avec sa mère chez son grand-père maternel, lui aussi seul, depuis le décès de son épouse.

En 1906, la situation n’a pas changé pour Antoine et Ange qui habitent non loin de l’Hospice…

…mais Elisabeth et Joseph ont disparu des listes nominatives de Caderousse. Pour avoir bien cherché dans l’état-civil de la commune, aucun divorce n’a été prononcé. Peut-être sont-ce des raisons économiques qui ont entraîné cette séparation, la mère allant travailler avec son fils chez un propriétaire ?

Enfin, en 1911, le dernier recensement avant la Grande Guerre laisse dubitatif.

Joseph semble être revenu chez son père qui vit du côté de l’Eglise. Ange n’est plus là, ce qui n’est pas étonnant. Ayant choisi de travailler comme valet de chambre, il a trouvé un emploi en Avignon. Par contre l’épouse du père se prénomme maintenant Joséphine née en 1869. On est loin de son épouse officielle Elisabeth née en 1971. Mais comme en 1911, les recenseurs ont reçu comme consigne de ne pas donner aux femmes  leur réelle identité en les appelant du nom de leurs maris, il est difficile de savoir qui est qui.

Revenons au parcours d’Ange. De retour d’Algérie, il est versé le 20 août 1914 au 15ème Escadron du Train des Equipages comme ordonnance du capitaine. Son métier antérieur l’éloigne quelque peu du front. Peu de temps en fait puisque deux mois plus tard, le 06 octobre 1914, il retrouve une unité combattante avec le 1er Régiment de Zouaves. Puis il passe au 2ème Régiment de Zouaves avec lequel il va à nouveau visiter du pays. En effet, il part sur le front d’Orient dans ce corps expéditionnaire franco-britannique constitué pour aller combattre les Turcs chez eux. C’est la fameuse expédition des Dardanelles qui va se solder par un cuisant échec des Alliés. Le détroit par lequel notre flotte pourrait s’approcher d’Istanbul, le détroit des Dardanelles, est tenu des deux côtés par les Ottomans. Alors est imaginé un débarquement franco-britannique dans la presqu’île de Gallipoli sur la rive européenne du détroit pour ébranler ce dispositif. La partie s’avèrera délicate et la résistance insoupçonnée des Turcs fait s’enliser l’offensive prévue et transforme cette campagne en une terrible guerre de tranchées. Entre le 18 et le 24 juin 1915, le 2ème Zouaves va perdre 638 hommes, tués, blessés, disparus ou prisonniers. Le rédacteur du Journal de Marche de l’unité va transcrire nom après nom la liste de ces hommes. Il va noircir de nombreuses pages, consciencieusement. Par contre, il aura beaucoup moins de travail le 26 juin 1915.

Le 2ème Zouaves, retranché dans le camp de Saddoul-Balois est soumis à des bombardements turcs. Ce jour-là, ce pilonnage ne fera qu’une seule victime, Ange Perrin, tué à la Redoute Bouchet. Sa mort est consignée sur le Journal de Marche.


Il n’avait seulement que 20 ans et 7 mois. Sa dépouille fut ramenée à Caderousse même si plus rien ne l’indique dans le cimetière de la commune.

La fiche matricule d’Ange Marie Joseph Perrin de Mémoire des Hommes.

Ange Marie Joseph Perrin, matricule 416 (contrairement à ce que dit la fiche ci-dessus) de la classe 1914, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Perrin est assez répandu en France. Si quelqu’un reconnaît en Ange Marie Joseph son ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie (quelques zone obscures sont à éclaircir !).

A suivre: les Point Louis Antoine totalement homonymes !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 30 avril 1916

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(JOUR 580 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Cette une ne présente pas un grand intérêt: une remise de décoration (la Légion d’Honneur) entre gradés de haut rang: Joffre honorant ainsi Hamilton sur le front occidental pour son commandement à Gallipoli. Sauf que Gallipoli fut un grave échec des Alliés face aux Turcs ! Qu’à cela ne tienne ! Cela mérite la Légion d’Honneur tout de même !

Seconde de couverture avec de l’aviation:

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Les acrobaties de Navarre sur son Nieuport au-dessus de Verdun dans les premiers jours de l’offensive allemande (daté  du 26 février 1916 par une écriture en surimpression)

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Un Drachen, un de ces ballons captifs allemands d’observation, tombé dans les eaux, certainement aidé par un tir allié.

Ce Miroir du 30 avril va nous montrer Verdun dans toute sa brutalité, des images du front jusque là soigneusement évitées par la presse. Des images de Douaumont labouré par le tir incessant des artilleries.

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Des ruines, une végétation détruite, un paysage bouleversé, Damloup, Douaumont, Vaux…. l’enfer sur terre !

Outre ces 3 pages consacrées à Verdun, on nous présente l’équipage du Zeppelin L-15 abattu non loin de Londres et qui tomba dans l’estuaire de la Tamise.

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L’équipage n’a pas subi de pertes et les hommes ont été fait prisonniers par les Britanniques.

Le front d’Orient maintenant avec les troupes russes qui progressent en Turquie en libérant des territoires qui furent jadis peuplés d’Arméniens…

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troupes russes qui avancent aussi en perse (actuellement Irak) et progressent vers Bagdad.

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Le début de la désagrégation de l’Empire Ottoman !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 09 avril 1916

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(JOUR 617 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Encore un dignitaire allié à la une de ce Miroir du 9 avril 1916. Il s’agit du prince héritier de Serbie, Alexandre, un prince dépourvu de royaume puisque la Serbie est occupée par les Autrichiens et les Bulgares. Un prince qui, accompagné du président de la République Raymond Poincaré est en visite à Verdun où il essaie le fameux nouveau casque Adrian.

En page intérieure, une page sur cette visite:

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Un Verdun bien paisible et une visite bien trop tranquille pour être vraie, alors qu’un déluge de feu s’abat sur le champ de bataille. Pour preuve  ces quartiers détruits et incendiés:

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Quant aux obus français, ce sont de véritables montagnes qui attendent d’être tiré…

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obus amenés par les camions que l’on voit au fond, qui empruntent la fameuse Voie Sacrée, cordon ombilical de Verdun autant pour les renforts humains que pour l’approvisionnement.

Un approvisionnement qui arrive aussi par le rail…

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en moins grande quantité.
Toujours à Verdun, un tir nocturne d’un canon de 75 qui donne une photo assez intéressante:

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Un moment important pour les hommes soumis au déluge d’acier:

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une prise d’armes et… le repos à l’arrière !

Plus loin, une page montre la dernière photo prise du Colonel Driant posant ici avec 2 prisonniers allemands…

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et dont on est sans nouvelle depuis quelque temps, au début de l’attaque allemande, il y a plus d’un mois. On sait que le colonel et l’ensemble de son unité seront anéantis et que Driant deviendra le symbole du sacrifice pour la Patrie.

 Sur le front des Dardanelles, on nous montre la réparation du vieux cuirassé turc « Messoudié » à Constantinople…

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touché qu’il a été lors d’un accrochage avec les marins russes. Ce cuirassé date de plus de 40 ans et ne doit donc pas être tout à fait à la pointe des progrès techniques.
Toujours aux Dardanelles…

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l’explosion d’une défense annexe de Gallipoli qui a été abandonnée en début d’année 1916, destruction volontaire à l’initiative des Britanniques.

Cette photo est à rapprocher de cette vue qui fait la seconde de couverture… une vue déjà présentée dans le Miroir. 

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Il s’agit de la vue primée par le concours de la meilleur photo des lecteurs. On le lit, elle a rapporté 15 000 francs à son auteur, un sous-lieutenant encadrant deux colonnes de dragons à pied et qui a eu la chance d’appuyer sur le déclencheur de son appareil photo au moment exact où un obus a explosé au milieu de la ligne d’hommes, en tuant deux dur le coup. On les voit projetés au sol.

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Cette scène s’était passée en septembre 1914 (bataille de la Marne ?) et c’est l’épouse de l’officier qui a reçu cette récompense ! Une belle somme à cette époque. L’histoire ne dit pas sui cet officier put bénéficier de son gain, une fois la guerre finie…

 L’as des airs Guynemer est honoré sur une page entière.

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On le voit avant de prendre l’air, on peut découvrir son avion surnommé « Vieux Charles » et on nous montre, bien sûr, un des avions ennemis, un fokker, qu’il a abattu.

Des images plus calmes pour finir:

l’entrée en guerre du Portugal…

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et le rappel des réservistes.

En double page centrale, une image panoramique de la conférence des Alliés, tenue les 27 et 28 mars 1916 dans le Salon de l’Horloge à Versailles.

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Le Miroir cite le nom de tous les participants et leurs fonctions.

Un sourire pour finir.
Moqueurs, les Poilus ont fabriqué pendant la nuit ce bonhomme de neige ressemblant à s’y méprendre à Guillaume II, Le Kaiser…

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placé à l’avant de leur tranchée ce qui va forcer les Allemands de lui tirer dessus ! On s’amuse comme on peut !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 27 février 1916

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(JOUR 573 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

En une, le roi de Grèce en uniforme allemand pour l’anniversaire de son beau-frère, le Kaiser Guillaume II. Et tout cela avec le camp retranché de Salonique… en territoire grec. Ce qui explique la relative confiance des Alliées envers leurs « amis » grecs !

Deux photos quant à l’emploi des gaz de combats dans les tranchées, en Italie… et les tenues des fantassins pour se protéger de cet ennemi indésirable.

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Sans oublier que ce sont quelquefois des tirs amis qui inondent les tranchées en cas de vents tournants !

On en avait déjà parlé il y a quelques temps, la fameuse statue en bois célébrant l’amiral Von Tirpitz, le concepteur de la Marine allemande moderne.

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Statue en bois pour pouvoir y recevoir des clous que pourront planter des fétichistes. Comme dans certains lieux de culte actuel (Rocamadour par exemple).

L’occupation de l’île grecque de Corfou par les troupes françaises et britanniques:

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Occupation « pacifique » à laquelle va s’ajouter l’arrivée de l’armée serbe en déroute…

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qui va se reconstituer pour aller reprendre le combat… sur le sol grec et sous la bannière… française…

Toujours le front d’Orient où l’évacuation récente de la presqu’île de Gallipoli est enfin abordée ouvertement par la presse, presque 2 mois après les faits:

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Des tirs sur la baie de Suvla où se sont trouvés les derniers britanniques à quitter Gallipoli. Les camps ont été incendiés avant le départ des dernières troupes. Toujours difficile une retraite militaire !…

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surtout sous les tirs des adversaires turcs comme ici, avec l’éclatement d’un obus sur le quai proche de ce paquebot en train de rembarquer des hommes…

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tandis que les tirs alliés depuis les cuirassiers au large des côtes pilonnent la presqu’île.

Non loin de là, à Salonique,…

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la neige s’est invitée sur le camp de Zeitenlik où sont cantonnés des troupes françaises et britanniques mais aussi des civils fuyant devant les Bulgares.

Ce Miroir très international nous emmène aussi en Mésopotamie où les troupes britanniques (composées de pas mal d’Indiens) luttent contre les Turcs dans cette région du monde.

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Ici, l’ennemi, ce n’est pas le froid mais  la chaleur et la boue laissée par le Tigre et l’Euphrate quand ils ont débordé qui font souffrir les fantassins.

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Pour terminer, deux vues de la visite du Président du Conseil français (= le Premier Ministre actuel) Aristide Briand à son homologue italien M. Salandra, à Rome. Il faut remonter le moral de l’allié italien en difficultés face aux Autrichiens dans le nord du pays.

Rien sur Verdun dans ce Miroir du 27 février, peu réactif.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du dimanche 30 janvier 1916

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(JOUR 545 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un berger allongé au sol ainsi que quelques moutons, eux-aussi tués par un bombardement allemand sur le camp retranché de Salonique. Ce drame entraîna l’arrestation des consuls des pays de l’Entente en Grèce.

Plusieurs pages sur cette guerre en Orient.

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Tout d’abord des luttes de pouvoir entre des généraux (pacha) turcs à la tête de l’armée ottomane.

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Après l’évacuation de la presqu’île de Gallipoli, les sous-marins alliés (britanniques et français) continuent la lutte en mer de Marmara en coulant des navires turcs. Sur ceux-ci, on voit ci-dessus des vigies surveiller les flots dans le but de découvrir des sous-marins.

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Les troupes bulgares occupent la Serbie avec leurs lots de massacre et de destruction comme celle d’une statue du roi de Serbie.

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On a vu dans Sur le Vif l’arrivée d’orphelins serbes à Marseille. Ici c’est en Corse que sont amenés des réfugiés serbes et des israélites syriens fuyant les massacres perpétrés pas les  Turcs. Ainsi, 714 syriens sont arrivés à Ajaccio en décembre 1915 et 758 Serbes ont suivi le même chemin en janvier 1916. Les guerres et leurs lots de réfugiés !

La guerre continue dans les Vosges et Le Miroir nous présente des tranchées allemandes sous la neige:

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Guère différentes des lignes françaises !

Des Vosges, il en est encore question en cette double page centrale.

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Ce sont des photos de la visite récente de Joffre dans les Vosges en compagnie du général Serret. Ce général qui vient d’être tué lors des combats à l’Hartmannswillerkopf. Blessé le 28 décembre 1915 à une jambe ce qui lui valut une amputation, il décéda de la gangrène le 6 janvier 1916. Il est l’un des 42 généraux tués pendant la Grande Guerre.

Deux pages pour montrer les mauvaises conditions de détention des prisonniers de guerre en Allemagne:

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les français dont on nous dit qu’ils n’ont même pas des ustensiles pour faire leur cuisine et qu’ils vivent dans des baraquements insalubres…

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les russes que l’on désinfecte pendant leur détention. Des images qui font penser avec leurs commentaires à d’autres scènes de « désinfection » qui se produiront 20 ans plus tard.

Pour terminer, une photo nocturne prise sur le vif lors d’un tir d’un canon de gros calibre:

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et une page pour expliquer au lectorat les bienfaits du port de casque Adrian en acier pour les Poilus:

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Les dommages aux casques comparés aux blessures sur les cuirs chevelus des hommes qui les portaient. Avec des képis, ces blessures eussent été mortelles est-il écrit en commentaires. On calcule que le casque d’acier sauve environ 40% des blessés atteints à la tête. L’état-major aurait peut-être pu y penser avant !

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