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Une CARTE de RAVITAILLEMENT peu courante !

Pour l’époque de la seconde guerre mondiale, on a l’habitude des cartes de ravitaillement qui eurent cours de 1940 à 1947 voire 1949, jusqu’au retour d’une situation normale. Il y en avait dans toutes les maisons et on en retrouve régulièrement dans les vide-greniers.

Celles qu’on va vous présenter datent aussi de cette époque tourmentée (on peut y voir la date du 5/12/1945) mais concernent un épisode particulier. Il s’agit de cartes de textile pour le CORPS FRANÇAIS D’OCCUPATION DE L’AUTRICHE.

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C’est peu avant la capitulation du 8 mai 1945 que les troupes alliées entrent en Autriche pour l’occuper militairement. L’Anschluss a été balayé en même temps que les Nazis et une jeune République d’Autriche a été proclamée. Toutefois, pour permettre sa mise en place et pour dénazifier le pays, les vainqueurs de la Guerre, Etats-Unis, Royaume-Uni, Union Soviétique et… France ont décidé d’occuper le pays pour… 10 ans.

Comme l’Allemagne vaincue, l’Autriche sera divisée en 4 zones:

-l’est (Niederösterreich, Burgenland) est la zone soviétique,

-le sud (Kärnten, Steiermark) la zone britannique,

-le nord-ouest (Salzburg, Oberösterreich) la zone américaine et

-l’ouest (Tyrol et Vorarlberg) la zone française, sous l’autorité du général Antoine Béthouart.

Comme pour Berlin, la capitale Vienne au beau milieu de la zone soviétique est partagée en secteurs répartis entre les 4 puissances occupantes. Les Français ont autorité dans les 6ème, 14ème, 15ème et 16ème.

Cette occupation permettra une transition démocratique en douceur et évitera la prise de contrôle d’une partie de l’Autriche par les Soviétiques comme ils le feront avec la RDA et Berlin est.

Les troupes françaises étaient comme les populations civiles allemandes et autrichiennes soumises au régime des cartes de ravitaillement. Tout manquait en France et par là même dans les zones occupées par les Français. Un état de fait aggravé par rapport aux zones administrées par les Américains et Britanniques.

Coupons de ravitaillement pour tous…

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soldats comme civils faisaient la queue devant les économats militaires. Ici, il s’agit de la carte d’un adjudant chef de la 15ème Brigade de Chasseurs Alpins et celle de sa fille Claudie âgée de 5 ans en 1945.

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L’occupation de l’Autriche prit fin après la promulgation de l’Etat Autrichien, le 15 mai 1955 et les troupes d’occupation étaient toutes parties le 25 octobre 1955. L’Autriche devenait un état indépendant et neutre, diplomatiquement parlant.

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L’occupation de l’Autriche et le découpage de sa capitale Vienne en secteurs furent la toile de fond du roman de Graham Greene, Le Troisième Homme et du film éponyme de Carol Reed. Un roman noir, un thriller !

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108 POILUS de Caderousse, 108 DESTINS… BRUGUIER Martial.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-troisième nom de la liste: Bruguier Martial Roger…. qui n’est pas inscrit sur le Monument aux Morts de Caderousse. Comme on l’a déjà lu, Martial avait suivi sa famille partie dans le Gard entre 1907 et 1911, allant vivre du côté de Bagnols-su-Cèze, faisant ainsi le chemin inverse du grand-père passé de Bagnols à Caderousse au milieu du XIXème siècle.

N’ayant pas eu accès au registre matricule complet de Martial Bruguier, cet article sera susceptible d’être modifié. Toutefois, son parcours militaire étant très court, on peut imaginer que nous sommes en grande partie dans le vrai.

Né le 1er mars 1894, Martial Bruguier dut être incorporé sur la fin de 1914. Où ? C’est une question à laquelle pourrait répondre la registre matricule. Au 14ème Bataillon de Chasseurs à Pied où on le retrouve en 1915 ?

Toujours est-il qu’il est envoyé tout près du secteur où disparaîtra son petit-cousin Léon Bruguier, lui aussi chez les Chasseurs… Alpins… dans les Vosges. Les sorts de l’un comme de l’autre sont étroitement liés. L’un, Léon arrive dans le secteur du Reichackerlopf pour remplacer les pertes considérables subies par le 6ème BCA les 20 et 21 juillet. L’autre, Martial va être tué lors d’une attaque mise au point par l’Etat-Major sur ordre de Joffre pour faire oublier l’échec de l’attaque du 22-21 juillet. Mais le sommet visé est un peu différent, il s’agit du Linge ou Lingenkopf, surnommé plus tard « le Tombeau des Chasseurs » ! Tout un programme !

Entre les 2 lieux, environ 6 kilomètres à vol d’oiseau, toujours autour de Munster. Une série d’attaque se dérouleront pour prendre ce promontoire dominant… pas grand chose ! Car c’est bien là le malheur. L’intérêt stratégique du Linge était très modeste. Il ne dominait pas une voie de traversée des Vosges, celle du col de la Schlucht étant trop au sud, ni la plaine d’Alsace bien trop à l’Est. Mais Joffre voulait à tout prix ce sommet et les Allemands voulaient à tout prix le conserver. Bilan des combats du 26 juillet au 15 octobre 1915: 16 000 morts, 7 000 Allemands et presque 9 000 Français. Un inutile carnage puisqu’après la mi-octobre, on abandonna l’idée de prendre le Linge et le secteur resta calme pour le reste de la guerre, les Allemands l’abandonnant sans combat au moment de leur retraite !

Au premier jour de l’attaque, les Chasseurs atteignirent le sommet au prix de pertes considérables. La 3ème Compagnie de Martial Bruguier s’y installa. La suite, ce fut la riposte allemande et de terribles bombardements que subirent les défenseurs dont le Gardois ouCaderoussier Martial Bruguier. Voilà ce qu’en dit le Journal de Marche de l’unité en date du 27 juillet 1915.

Bilan de la journée pour le narrateur: 16 tués, 157 blessés et 2 disparus. Un nombre relativement optimiste de morts puisque, par exemple, pour Martial Bruguier répertorié comme blessé, il est considéré comme décédé ce jour-même, le 27 juillet 1915.

Il était alors âgé de 21 ans 4 mois et 27 jours.

A visiter le site sur le Linge avec nombre de photos récentes de cette colline classée monument historique.

La fiche de Martial Roger Bruguier de Mémoire des Hommes

Martial Roger Bruguier, matricule 34 classe 1914, bureau de recrutement de Pont-Saint-Esprit pour ceux qui souhaiteront aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Gard quand elles seront un jour numérisée. 

A suivre: Cambe Eugène.

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108 POILUS de Caderousse, 108 DESTINS… BRUGUIER Léon.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-unième nom de la liste: Bruguier Auguste Léon.

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Première face du Monument.

Né le 11 février 1884, Léon Bruguier fut appelé par l’armée 21 ans plus tard, le 10 octobre 1905. C’est au 58ème Régiment d’Infanterie qu’il arriva. Mais il n’allait pas y rester longtemps. On apprend à la lecture de son registre matricule qu’il fut renvoyé dans son foyer et surtout réformé par la commission spéciale des réformes d’Avignon pour « tuberculose, articulaire ». La virgule entre les 2 mots signifie-t-elle qu’il s’agit de 2 affections ou d’une seule ? Malgré qu’à l’époque les antibiotiques n’étaient pas encore là pour combattre ces bactéries, cette affection pourtant gravissime n’empêchera pas Léon de vivre quelques années, de fonder une famille en ayant la petite Marie-Jeanne et de travailler aux champs avec son père et son petit frère. Peut-être le diagnostic médical militaire était-il un tantinet exagéré !

Quand éclata la première Guerre Mondiale, ce statut de « réformé sanitaire » sauva un moment Léon Auguste Bruguier. Pas très longtemps avec le besoin d’hommes qui se faisait sentir après la grande saignée des 3 premiers mois de guerre. Ainsi, le 1er décembre 1914, le conseil de révision d’Orange décida que Léon était miraculeusement « bon pour le service ». Le 22 février 1915, il fut incorporé au 24ème Bataillon de Chasseurs à Pied de Villefranche-sur-Mer.

Le 6ème Bataillon de Chasseurs à Pied qui deviendront Alpins pendant la Grande Guerre, tenait un secteur du front des Vosges, au-dessus de Munster, connut par un sommet, le Reichackerkopf appelé aussi le Reichsackerkopf. Ce sommet dominant une vallée donnant sur la plaine d’Alsace au niveau de Colmar, était tenu par les troupes bavaroises qui y étaient solidement implantées. Point stratégique, il était convoité par l’Etat-Major français.

Ce qui donne en se rapprochant grâce à Google Mpas:

De mars à juillet 1915 s’y déroula une terrible bataille pendant laquelle les alpins français échouèrent dans la conquête de  ces sommets (car il y avait un Petit et un Grand Reichackerkopf à l’ouest du col de Sattel) ou, quand elles y parvinrent, ce ne fut jamais pour très longtemps !

https://i2.wp.com/images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/979/reichackerkopf.jpg

Photo d’une collection privée mise en ligne sur le site:

http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/Sites-et-vestiges-de-la-Grande-Guerre/reichackerkopf-sujet_918_1.htm. On y voit un bombardement allemand sur le Reichackerkopf.

Léon arriva au 6ème Bataillon de Chasseurs à Pied le 5 août 1915. Comme on peut le lire ci-dessous…

les attaques infructueuses des 20 et 21 juillet 1915 décimèrent le régiment avec 439 hommes mis hors de combat. Il fallait du sang frais, Léon Bruguier était un des nouveaux venus pour combler les vides.

A partir de cette fin-juillet, le secteur devint plus calme. L’Etat-Major avait compris que les défenses allemandes étaient solides, les bunkers bien souvent bétonnées quasiment imprenables et il préféra insister dans d’autres secteurs dont celui du Linge.

On apprend sur les registres matricules que Léon Bruguier fut tué quelques semaines après avoir rejoint le 6ème BCP, le 29 septembre 1915, le jour de la Saint-Michel, date de la fête patronale de son village de naissance !

Toutefois, la lecture du Journal de Marche du 6ème BCP, pourtant toujours très fiable ne note rien de particulier pour cette journée:

Le secteur était calme comme depuis plusieurs jours et aucune perte humaine n’est signalée en date du 29 septembre 1915.  Bizarre ! Par contre, 3 jours après, le 2 octobre 1915, un chasseur a été victime d’une explosion suite à un bombardement au minenwerfer allemand (un mortier maniable)..

Serait-ce Léon Bruguier, victime d’une erreur de transcription ou le narrateur a-t-il fait un oubli le 29 septembre ?

Toutefois, dans le livre Historique du 6ème Bataillon de Chasseurs à Pied pendant la Grande Guerre, le nom de Léon-Auguste Bruguier est bien inscrit dans la très longue liste des hommes décédés de ce régiment.

Triste Saint-Michel pour le restant des jours pour les proches de Léon Bruguier qui lui survécurent.

La fiche de Auguste Léon Bruguier de Mémoire des Hommes.

Auguste Léon Bruguier matricule 192 classe 1904, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. 

A suivre: Marius Bruguier.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 10 mai 1917

(JOUR 1012 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

En première de couverture, la photo du Premier Ministre d’Espagne, le Comte de Romanonès favorable à une entrée en guerre de son pays au côté de l’Entente. On parle même d’humiliante neutralité espagnole.

L’humidité partout, d’où cette vue d’un soldat belge montant la garde bien au sec, les pieds sur un parquet.

On est au printemps mais avec le retard de parution des articles et photos, ce n’est pas étonnant d’avoir des images hivernales. Ainsi, en double page centrale, c’est l’hiver en Alsace !

Beaucoup de neige, des chasseurs alpins et autres soldats congelés.

Même chose avec cette vue des Alpes italiennes…

….où les Alpini luttent contre les Autrichiens.

 Encore de la neige pour ces hommes enterrant des fils téléphoniques.

Arras en ruines comme on peut le voir sur ces vues des destructions dans la préfecture du Pas-de-Calais.

La guerre des mines quelque part sur le front…

Les sapeurs au travail où à l’écoute des travaux adverses.

Les prisonniers allemands quelque part en France…

La corvée de pluche des patates pour ces hommes pour qui la guerre est finie !

Pour terminer, une vue originale d’une ancienne voiture transformé en bureau par des Poilus.

Le premier mobilhome de l’Histoire !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 5 avril 1917

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(JOUR 976 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une, un sous-secrétaire d’état à la Guerre et un général. Pourquoi cette vue dans cette revue ? Tout simplement car le civil (Monsieur Justin Godard) est originaire du Rhône (un député du Rhône), zone de diffusion de la Guerre Photographiée.

Quelques pages intéressantes, sans ligne directive.

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Des voiturettes sur rail à multi-usages: transport de munitions, transport de blessés, transport d’hommes.

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Des rails plus que chamboulés par un bombardement français sur un train de munitions allemands.

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Cet hiver certainement, des Alpins dans… les Vosges. Que de neige ! Y en a-t-il autant de nos jours  ou la cherche-t-on comme dans les Préalpes, les Alpes du sud, les Cévennes ?

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Des bombes américaines dédicacées pour les Allemands. Une tradition souvent renouvelée !

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Destruction à la cathédrale de Soissons par les Barbares… comme si les bombes français, anglaises, italiennes faisaient des « les frappes chirurgicales » comme on essaie de nous le faire croire en 2017 !

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 29 mars 1917

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(JOUR 969 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La vie de château pour les Poilus de 17 suivant La Guerre Photographiée. Sérieux s’abstenir !

Par contre pour ceux dans les tranchées au redoux du printemps naissant, on bricole des solutions pour éviter de passer des journées avec de la boue jusqu’aux genoux !

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Une des dernières photos du comte Zeppelin, militaire et industriel allemand, inventeur de ses dirigeables portant son nom.

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Il vient de décéder à l’âge de 79 ans, le 7 mars dernier. Ses dirigeables continueront à se développer après-guerre à destination commerciale alors jusqu’à la catastrophe de l’Hindenburg le 06 mai 1937 aux Etats-Unis.

Des sapeurs travaillant sous terre et s’apprêtant à faire exploser une mine.

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agrémenté d’un horrible commentaire xénophobe: On procède aux derniers préparatifs avant d’amener la formidable charge d’explosifs qui débarrassera la terre de quelques dizaines de ces êtres malfaisants appelés « Boches ». Sans commentaire !

Double page centrale avec 6 vues des Vosges…

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et des chasseurs alpins. Mais des images de paix et de concorde !

Les troupes britanniques:

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mangeant dans un trou d’obus aux côtés de la tombe de l’un des leurs.

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des Canadiens peu importunés de passer leur vie les pieds dans une eau glaciale.

Du pinard d’Espagne pour les Poilus russes…

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mais pas un mot de la révolution de février 1917 et du départ du pouvoir des Romanov.

 Des prises de guerre aux Allemands.

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des obusiers.

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les lance-flammes.

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106 POILUS de CADEROUSSE, 106 destins… AUBERT Julien

106 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 106 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cinquième nom de la liste: Aubert Julien.

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Première face du Monument

Pas de lien de parenté proche entre ce Julien Aubert et Augustin Aubert dont on a parlé il y a peu. Ni frère, ni cousin germain, peut-être des parents plus éloignés.

Décidément, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Tel est une maxime bien connue et mainte fois répétée. L’Armée fait donc partie des institutions intelligentes. Né le 25 juin 1885, Julien aurait dû faire ses classes à partir de 1906. Il se présenta bien à la caserne du 58ème R.I. d’Avignon mais, après être passé devant les médecins, il fut déclaré inapte pour diverses raisons et rayé des cadres le 18 avril 1907. Il cumulait les restes « d’une pleurésie ancienne » ayant entraîné « une rétractation de la poitrine du côté droit » et « une déviation de la colonne vertébrale ».

La guerre commencé par le bain de sang d’août-septembre 1914, un besoin urgent d’hommes nouveaux se fit sentir. Alors, l’Armée racla les fonds de tiroirs et alla rechercher tous ceux qui étaient passés plus ou moins justement entre les mailles du filet, avant-guerre. Inapte en 1907, Julien Aubert devint un soldat tout à fait convenable en 1915. Cette pratique eut souvent des conséquences catastrophiques, surtout quand on mélangea au milieu d’hommes sains, d’autres atteints de la tuberculose ! On le verra plus tard.

Julien Aubert rejoignit donc le 97ème Régiment d’Infanterie à Chambéry le 22 février 1915. Un régiment parfois appelé 97ème R.I.A. puisque comprenant une division alpine. De bronchiteux et handicapé, Julien devint un soldat tout à fait exemplaire et fut cité à l’ordre de la division le 15 octobre 1915 pour ces faits d’armes.

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« Fait preuve du plus grand courage et d’énergie en se portant à l’assaut d’une tranchée et les chefs tombés, en allant spontanément se placer sous le commandement d’autres chefs pour poursuivre la lutte avec eux. »

Début septembre 1916, le 97ème R.I. était dans la Somme, dans le secteur de Barleux pour une nouvelle attaque programmée par l’Etat-Major, certainement dans le but de soulager le secteur de Verdun.

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La lecture du compte-rendu de l’attaque des hommes de ce régiment chambérien sur le site Mémoire des hommes est édifiante. Les fantassins s’enfoncent relativement facilement dans les lignes ennemies qui ont plus ou moins été abandonnées. Le rédacteur ose un L’objectif final semble devoir être rapidement atteint. Puis les certitudes deviennent des doutes puis des craintes pour les compagnies les plus engagées. La 10ème (la compagnie à laquelle appartient Julien Aubert) qui, par dessus les deux lignes allemandes avait pénétré dans Barleux, n’avait donné aucune nouvelle. 

Les Allemands reviennent en masse et essaient de s’infiltrer entre le 97ème qui a trop avancé et le 93ème à sa droite plus en recul ! Si bien que le résultat de cette journée du 04 septembre n’est guère glorieux.

A 20 heures, tous les éléments ayant participé à l’attaque et qui n’avaient pas été tués ni n’avaient disparu, avaient rejoint nos positions de départ. Celles-ci dès le déclenchement de l’attaque, étaient tenues par des éléments des compagnies de soutien non engagées et par deux compagnies du bataillon Laroque. Ces compagnies eurent, elles aussi, beaucoup à souffrir de violents tirs de barrage qu’elles essuyèrent à partir de 16 heures.

Ceux qui n’étaient ni morts et disparus étaient revenus au point de départ du matin ! Julien faisait partie de ceux qui n’étaient pas de retour. On le retrouve dans la liste des décédés, répertoriés par compagnies:

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Entre le 1er et le 7 septembre, les pertes ont considérables. Au 97ème R.I.:

  • pour les officiers: 3 tués, 4 blessés et 10 disparus.
  • pour les hommes du rang: 90 tués, 351 blessés et 424 disparus !!!

Tout cela pour revenir à son point de départ comme l’a raconté le narrateur officiel de cette attaque !

Julien Antoine Aubert avait donc un peu plus de 31 ans, disparu le jour où cette République avait 46 ans.

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Julien Antoine Aubert, matricule 444 classe 1905, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Aubert étant toujours vivant à Caderousse, si un descendant direct ou indirect reconnaît son ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède d’autres photos ou documents.

Pour lire le récit complet de la journée du 4 septembre:

04-09-1916-feuille-1

04-09-1916-feuille-2

04-09-1916-feuille-3

A suivre: Paul Aubert.

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