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112 POILUS de CADEROUSSE, 112 DESTINS… Paul MELON.

112 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 112 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-unième nom de la liste: Paul Elie MELON.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Difficile de rédiger une biographie la plus complète possible de Paul Melon en ne pouvant avoir accès à distance aux archives départementales du Gard, en particulier à celles des communes. En effet, si Paul Melon avait été oublié en 1937 comme l’ont été les seize gars qu’Internet nous a permis de retrouver, jamais on n’aurait pu savoir qu’il avait vécu au village tant son rapport avec Caderousse est en pointillé. Dans une échelle imaginaire de « Caderoussité », un Isidore Marquion pourtant oublié est bien plus haut que ce pauvre Paul Melon.

On ne retrouve la famille Melon qu’uniquement sur une page du recensement de 1911, la page 32.

Elle est installée au Boulegon, à l’intérieur des digues. En 1906, les Melon ne sont pas encore dans le Vaucluse. Originaires de Codognan dans le Gard, le père est venu occuper le poste de receveur buraliste au village de Caderousse. Il doit s’agir de percevoir des impôts indirects, des taxes diverses dont l’Etat est très imaginatif à créer, sur les alcools, les tabacs, les fenêtres… Pas vraiment de quoi attirer le sympathie de la population !

Elie Melon est venu avec ses trois enfants, Paul l’aîné né à Codognan, un village proche de Vergèze et d’Aimargues, le 29 mai 1897, Elsie née en 1898 et Emy en 1900, également Gardois. Son épouse Rosalie Dangos est décédée entre 1901 et 1910. Son père Gabriel, âgé de 75 ans en 1911, l’a suivi lors de cette mutation.

Le petit Paul est un bon élève à l’école et il se prépare à mener une carrière de serrurier quand son service militaire et la Guerre seront passés. Une guerre à laquelle il croit échapper quand il entend en 1914 qu’elle sera de courte durée. En effet, c’est un adolescent insouciant de 17 ans qui voit partir les gars plus âgés que lui et rapidement voit revenir des cercueils.

Mais la guerre dure et l’âge de la conscription baisse. Le 09 janvier 1916, le jeune Paul Elie doit rejoindre Grasse et le 27ème Régiment de Chasseurs à Pied qui deviendra vite le 27ème Régiment de Chasseurs Alpins. Il n’a alors que 18 ans et demi.

Ce n’est qu’un gamin qui, le 12 juin, va faire une grosse bêtise… dans les circonstances de l’époque. Jeune, libre et heureux de vivre, il va profiter de sa soirée de permission pour rencontrer des filles de son âge. Il rejoint à sa caserne à l’heure puis, pris de remords, fait le mur et disparaît dans la nature ! L’appel de la vie !

Le voilà manquant à l’appel le 13 juin au matin et déclaré déserteur après le délai légal, le 16 juin 1916. Cette situation va durer six mois, jusqu’au 15 décembre 1916, jour où les Gendarmes le ramènent manu militari chez les Chasseurs Alpins, à Grasse. C’est bien entendu la prison qui attend Paul Melon, le trou ! Il va y séjourner quelques semaines jusqu’à ce que le Conseil de Guerre de la 15ème Région Militaire le condamne à trois ans de prison pour « désertion à l’intérieur en temps de guerre. » Tarif normal pour l’époque. On est alors le 20 mars 1917 et on pourrait en conclure que Paul a échappé à la guerre.

C’est sans compter sur la mansuétude du Général commandant la dite 15ème Région qui assortit sa peine d’un sursis immédiatement appliqué, le 28 mars 1917. Paul Elie Melon retourne à sa caserne puis au front.

Mansuétude ou moyen de se débarrasser d’une forte tête ? On est en droit de reposer la question ! Toujours est-il que Paul Melon se retrouve le pire jour au pire endroit… au petit matin du 16 avril 1917 à Craonne ! Une date et un lieu que l’Histoire a retenus puisque c’est là que débuta la catastrophique offensive « Nivelle » du Chemin des Dames, la fameuse attaque qui entraîna les mutineries puis les fusillés pour l’exemple. Une attaque qui fit entre les 16 et 25 avril 1917, 134 000 victimes sur les quelques dizaines de kilomètres de cette inaccessible crête tenue solidement par des Allemands bien retranchés, dans la neige et la boue d’un hiver tardif. 134 000 hommes mis hors de combat dont 30 000 tués ou disparus ! Paul Elie Melon, le jeune néo-Caderoussier était l’un d’eux, tué le 16 avril 1917 à un mois de ses vingt ans !

Il repose à la Nécropole Nationale de Pontavert dans l’Aisne, tombe individuelle 4 693.

La fiche matricule de Paul Elie Melon de Mémoire des Hommes.

Paul Elie Melon, matricule 1221 de la classe 1917, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Certes le patronyme Melon n’est guère usité en Gard ou Vaucluse. Mais si quelqu’un reconnaît en Paul Elie un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Victor Meunier.

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Une chanson de LA ROULANTE: LE PAPELARD (Ch. DUJARDIN)

LE PAPELARD de Ch. Dujardin, auteur du Foyer du Soldat du 369ème R.I. de Besançon.

Le prétexte: un poilu lassé souhaite devenir aviateur. Il en fait état à son capitaine qui lui demande de remplir un formulaire réglementaire. Un fois visé par ce chef, le papier va suivre la voix administrative, passant dans les mains de la hiérarchie qui chacun la vise et y appose son cachet.

Tout va très bien et la demande semble même recevable jusqu’à la dernière étape, le bureau du Ministre. Là, le fameux papelard se voit mis à la corbeille par un secrétaire car il n’avait pas le format réglementaire.

Une dénonciation humoristique des lourdeurs administratives, aussi vraies dans le civil que dans le militaire !

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Joseph GROMELLE.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-neuvième nom de la liste: Louis Victor GROMELLE.

La seconde face du monument.

Voici donc avec Joseph Victor Gromelle le Poilu de Caderousse pour l’instant le plus âgé des 49 biographies que nous vous avons présentées depuis mars 2017. En effet Joseph Victor est né le 22 mars 1872 à Caderousse, c’est-à-dire qu’il avait 42 ans et 5 mois à la déclaration de guerre et presque 45 ans le jour de son décès.

Joseph était donc le troisième enfant et seul garçon du couple Antoine Patrice Gromelle né en 1828 à Caderousse et Françoise Marie Echevin d’Orange née le 10 février 1832. Ils s’étaient mariés à Orange 09 février 1856, quelques mois avant la Grande Crue du Rhône dont les hommes ont conservé la trace tout au long de la vallée. De cette union étaient donc nées deux filles, Marie Julie en 1857 et Rose en 1860. Douze années plus tard donc, Joseph était venu les rejoindre.

Extrait du recensement de 1872.

Voici donc la famille au grand complet avec Joseph âgé seulement d’un mois quand l’agent recenseur est passé à la grange de ses parents, quartier Saint-Martin. Les deux grands-mères des enfants sont à la charge du couple d’Antoine et Françoise après la disparition de leurs époux. A cette époque également, les hommes avaient une espérance de vie inférieure à celle des femmes.

On retrouvera une situation quasi identique presque 40 ans plus tard, en 1911.

Extrait du recensement de 1911.

Joseph s’est installée dans la même grange du Pont d’Adam avec Baptistine Rose Martin de 10 ans sa cadette, qu’il a épousé le 24 février 1906. Deux enfants sont nés de cette union, Lucienne en 1907 et Marius en 1908. Un second garçon prénommé Gaston viendra les rejoindre en 1911, après le recensement. Le couple Joseph-Baptistine accueille la mère et la soeur cadette de Joseph. Le travail ne doit manquer au foyer puisque on y trouve également un domestique, Auguste Ponsson  et ses trois jeunes enfants. On peut imaginer qu’une belle tablée se retrouvait tous les soirs autour de la table.

C’est dire les difficultés que rencontreront les femmes quand les hommes seront appelés à la guerre !

Joseph avait fait sa période de formation militaire au 24ème Bataillon de Chasseurs à Pied de Villefranche-sur-Mer du 14 janvier 1894 au 28 décembre 1896. Une incorporation à laquelle il avait failli ne pas pouvoir répondre, en janvier 1894 car il aurait pu être sous les verrous à cette date si le tribunal d’Orange lui avait infligé une peine plus longue que les deux mois de prison dont il avait écopé pour coups et blessures, outrage et rébellion, le 07 octobre 1893. Car ce devait être un impulsif, ce Joseph Victor ! Quelques années après, il récidivait et prenait 20 jours de prison et 300 francs d’amende pour coups et blessures volontaires, peine prononcée à Orange le 26 septembre 1903.

Après la déclaration de guerre, Joseph allait se retrouver dans des régiments de l’ouest de la France. Cohabitation certainement pas facile pour ce Provençal qui parlait difficilement français immergé dans un régiment de Bretons pour qui le Français était encore plus une langue étrangère ! Joseph servit donc au 46ème R.I.T. de Guingamp puis passa au 50ème Régiment d’Artillerie de Campagne de Rennes. Malade, il essaya par deux fois d’être réformé mais la commission de réforme de Saint-Brieuc ne l’entendit pas de cette oreille. Il souffrait de surdité, de bourdonnement… L’Armée n’équipait pas encore ses hommes de filtres acoustiques !

C’est une pleuro-pneumonie qui emporta Joseph Victor Gromelle le 15 janvier 1917, à l’hôpital complémentaire de Rennes. Les petits Marius et Gaston étaient un peu jeune alors pour reprendre la ferme familiale.

La fiche matricule de Joseph Victor Gromelle de Mémoire des Hommes.

Joseph Victor Gromelle, matricule 917 classe 1992, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Gromelle est toujours vivant à Caderousse et près d’Orange. Si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Jean Gueilen.

Il semble qu’un tombeau ait gardé le souvenir de Joseph Victor Gromelle dans le premier cimetière communal.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Louis FERRAGUT.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-septième nom de la liste: Louis Ferragut.

La seconde face du monument.

Louis Ferragut n’était pas de la même génération que son homonyme Léon Ferragut puisque né treize ans avant lui. Quand la guerre arriva, c’était déjà un « vieux » soldat ce qui ne l’empêcha pas de se trouver au coeur de la bataille et d’être tué à l’ennemi pour reprendre la formule officielle.

Louis Barbe Ferragut était donc né le 04 décembre 1877, ce qui explique son original second prénom, masculinisé pour l’occasion. Il était le cinquième enfant d’une fratrie de six, quatre garçons et deux filles. Leurs parents, Joseph Ferragut né en 1837 et Marie-Thérèse Roche née en 1841 étaient tout deux du village et avaient unis leurs destins le 03 février 1864. C’était un couple d’agriculteurs qui menaient une ferme dans le quartier des Négades, des terres basses facilement inondables donc pas très riches. Voici donc la fratrie au complet sur ce document de 1881.

Extrait du recensement de 1881.

Marie Thérèse Roche mettait au monde un enfant tous les trois ans. Joseph, l’aîné arriva en 1865, Isidore le cadet en 1868, Marie Louise l’aînée des filles en 1871, Joséphine en 1874, Louis en 1877 et enfin Hippolyte en 1880. Tous ces enfants atteignirent l’âge adulte. En 1896, la liste nominative montre que seuls les quatre garçons demeurent à la ferme.

Extrait du recensement de 1896.

Les deux filles se sont mariées en 1895, Marie-Louise le 16 février avec Pierre Paul Simon (patronyme Simon) et Joséphine le 06 juillet avec François Adrien Charrier. Puis ce sera au tour des aînés des garçons de quitter le foyer, si bien qu’en 1911, seuls Louis et Hippolyte demeurent à Campblancard avec leurs parents.

Extrait du recensement de 1911.

Entre temps, Louis a répondu à ses obligations militaires du 16 novembre 1899 au 21 septembre 1901, au 40ème Régiment d’Infanterie de Nîmes. A la veille de la guerre, il se marie et prend pour épouse Louise Léonie Millet, le 31 août 1912 à Caderousse. Il a alors trente-quatre ans.

Moins de trois ans après, l’armée le rappelle lors de la mobilisation générale du 1er août 1914. Il rejoint alors le 118ème R.I.Territoriale d’Avignon comme bon nombre de Vauclusiens. En septembre de la même année, il passe au 21ème Régiment d’Infanterie puis la réserve de celui-ci, le 221ème R.I.

Début mars 1917, il gèle à pierre fendre sur le front de Champagne. La neige est encore là mais cette ambiance plutôt fraîche ne ralentit pas les ardeurs de l’Etat-Major français. Il faut attaquer, encore attaquer et c’est le 221ème R.I. qui est sollicité le 12 mars au matin.

Après un travail préparatoire d’artillerie, la troupe se lance courageusement à l’assaut d’un bourg appelé « Maisons-de-Champagne » dans le Journal de Marche de l’unité. Cela doit se situer dans la Marne, à la limite de ce département avec la Meuse. Le rédacteur raconte en détail cette attaque, la défense allemande, la contre-attaque allemande à la grenade une fois que la tranchée est tombée.

Bilan de ces quelques hectomètres gagnés, une citation pour le régiment et pas moins de 155 prisonniers ennemis: 3 officiers, 7 sous-officiers, 6 caporaux et 139 hommes du rang pour qui la guerre est finie. Du côté français, le rédacteur du Journal de Marche a rédigé la longue liste des victimes de cette journée du 12 mars 1917: 67 tués, 250 blessés, 23 disparus et 17 intoxiqués car les allemands ont riposté avec des armes chimiques. 357 hommes mis hors de combat pour un gain territorial modeste, cela en valait-il la peine ?

Pour Louis Barbe Ferragut, de la 19ème Compagnie du 221ème R.I., son nom apparaît sur la fin de cette liste macabre.

Il était âgé de 39 ans et 3 mois.

La narration de la bataille du 12 mars 1917 en Champagne:

 

 

La fiche de Louis Barbe Ferragut de Mémoire des Hommes.

Louis Barbe Ferragut, matricule 799 classe 1897, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Ferragut est très répandu en Vaucluse et à Orange. Si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Jean Gromelle.

 

Si les deux frères aînés de Louis évitèrent la Grande Guerre, ce ne fut pas le cas d’Hippolyte, né en 1880 et donc rappelé en 1914. Il combattra dans les rangs du 24ème Bataillon de Chasseurs à Pied et  sera blessé deux fois: une première en Belgique d’une balle dans le pied gauche le 18 novembre 1914 et une seconde à Cléry d’un éclat d’obus dans la fesse gauche. Ces blessures ajoutées à la disparition de son frère eurent pour conséquence de voir l’armée le retirer des premières lignes pour lui donner une attribution au 8ème Escadron du Train, le 15 août 1917. Il allait recevoir la médaille militaire pour les faits d’arme mentionnés.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du 30 décembre 1917

(JOUR 1245 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

C’est vraiment un événement important pour la presse occidentale que la fin de la guerre sur le front de l’est et le retrait des Russes, devenus des traitres. En couverture, deux gardes rouges montent la garde devant la porte de Lenine qualifié de traître, à Petrograd.

A l’intérieur de la revue, de nombreuses photos sur la situation en Russie:

La queue devant une boutique pour se ravitailler à la soupe populaire. Le Miroir y voit un subterfuge des Bolcheviks pour s’attirer les faveurs du peuple.

Des meetings en plein air, au coeur de Petrograd où les leaders s’adressent au peuple.

Les gardes rouges en armes dans les rues et…

…une ambiance de guerre civile. L’instauration d’un régie socialiste en Russie est un événement considérable qui importera la vie politique de tous les pays du monde pour le reste du XXème siècle.

Une autre vue aérienne tout autant spectaculaire:

le bombardement de Reims avec la cathédrale vue des airs.

Le front d’Italie avec la ligne de défense fixée par l’état-major sur le Piave…

…où dans un secteur, de grosses pièces de marine ont été installées.

Sur un autre fleuve de Vénitie, l’Astico, des troupes françaises qui ont connu leurs premières victimes, montent au front.

En Palestine, les Anglais ont repoussé les Turcs.

De nombreux canons ont été repris à l’ennemi, des prisonniers ont été faits et des Anglais ont été blessés. La guerre en un mot !

Aux Etats-Unis, la machine de guerre tourne à plein régime.

On fabrique des casques par milliers…

…et des paires de bottes dans les mêmes quantités pour les Sammies.

Enfin fin de ce tour du monde, au Portugal,…

…le militaires ont renversé le pouvoir civil de Costa et exilé le président Machado. Dans la mouvance de la Révolution russe, les militaires portugais sont plutôt hostiles à la guerre et, sans se désengager totalement, n’enverront plus de renforts aux troupes déjà en France.

Ci-dessus le nouveau chef de l’état, le commandant Sidonio Paès, à cheval.

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Il y a 100 ans jour pour jour: J’AI VU du 29 décembre 1917

(JOUR 1244 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

A la une de J’ai vu, les révolutionnaires Lénine et Trotsky, pas bravement sous leur meilleur profil. On croirait avoir affaire à des bandits de grands chemins. Mais les Bolcheviks sont de lâches pacifistes qui s’apprêtent à signer un armistice avec les Allemands. Celui-ci a d’ailleurs été signé le 15 décembre entre la Russie et les Austro-Hongroise et Allemands, armistice qui prendra effet du 17 décembre au 4 janvier.

Pour en revenir à l’image, Trotsky est à gauche et Lénine à droite. On aurait dit l’inverse tant cela est mal fait !

L’offensive britannique en Cambrésis et cette vieille femme aveugle secourue par les Tommies.

La double page centrale est ce dessin…

…commenté ainsi:

UNE SCÈNE QUE L’ITALIE NE VERRA PLUS: L’EXODE DES POPULATIONS DEVANT LA RUÉE AUSTRO-HONGROISE.

Une phrase bien compliquée pour dire que l’intervention française va arrêter l’avance allemande !

Un bombardement aérien vu des airs:

Que de progrès en 3 ans dans les domaines de l’aviation, de la guerre aérienne et la photographie.

Une page à la J’ai vu des troupes françaises en route pour Jérusalem…

…peu nombreuses, sous les ordres d’Allenby et laissées de côté par les Britanniques.

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Un NOËL à la maison pour ce Poilu Castrais malade.

Un vieux papier daté du 24 décembre 1917. Nous sommes à Castres, dans le Tarn. Dans cette ville est implanté un hôpital militaire complémentaire, le n°16 pour le service sanitaire des Armées. On y soigne les Poilus blessés et malades qui ont pu être transportés là. C’est un peu le cas dans toutes les villes qui le peuvent. Tant le besoin de lits est important depuis août 1914, le moindre dortoir devient hôpital complémentaire, provisoire.

Ici, sur ce vieux papier, Emile Léorat du 15ème Régiment d’Infanterie est autorisé par le médecin-chef à la signature illisible à aller passer la nuit et la journée de Noël chez lui, certainement dans les environs de la préfecture du Tarn. On comprend aussi qu’Emile est hospitalisé pour soigner une maladie contracté au front et non une blessure reçue au combat.

Voici donc cette permission qui mit certainement un peu de baume au coeur de ce militaire en souffrance.

Connaissant l’origine de ce vieux papier, j’ai pu rechercher et trouver le registre matricule d’Emile Léorat.

Il était originaire d’Annonay et fut bien soldat au 15ème R.I.

Né le 30 avril 1883, il avait été exempté de service militaire en 1904 car il était le fils unique d’une veuve. Par contre, il n’échappa pas à l’appel du 3 août 1914 mais fut maintenu un temps à la tannerie dans laquelle il travaillait.
Mais effectivement, sa santé n’était guère billante. On peut lire sur son registre matricule les maux dont il souffrait: une « bronchite chronique du somment droit avec lésion organique au coeur », une « ankylose permanente de l’auriculaire droit et d’un panari ancien de l’index qui avait nécessité l’extraction d’une partie de la phalangette » et pour couronner le tout de « tachycardie » !

Le bottin médical à lui tout seul !

Il fut trimballé de commission de réforme, en hôpital et à nouveau commission de réforme pour aboutir à être renvoyé dans ses foyers… à la fin de la guerre !

Emile devait avoir des parents ou amis dans le Tarn pour obtenir cette permission sans devoir rentrer en Ardèche.

 

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