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Connaissez-vous le PRIEURÉ d’ALEYRAC ?

Texte écrit dans le blog d’Ancône Culture et Patrimoine et paru le 8 février dernier. Voici un re-blog personnalisé.

Prochaine sortie pédestre patrimoniale d’Ancône Culture et Patrimoine à la découverte du Prieuré d’Aleyrac, à la limite entre la plaine de la Valdaine et du pays de Grignan, non loin d’un petit col qu’empruntèrent jadis, en 1987 entre autre,  les Géants du Tour de France après un détour chronométré sur le Géant de Provence.

L’affichette de la sortie signée Paule.

Jeudi 22 février 2018, à partir de Salles-sous-Bois jusqu’au Prieuré puis retour en descente vers la vallée. 15 kilomètres, 400 mètres de dénivelé. Départ à 8h.30 d’Ancône, devant l’Agence postale de Denise.

Mais qu’est-ce qu’un Prieuré ? C’est un monastère dépendant d’une Abbaye plus importante. Le Prieuré est placé sous l’autorité d’un prieur, lui-même dépendant d’un abbé… de l’Abbaye. Elémentaire mon cher Watson !

Sauf qu’à Aleyrac, ce n’était pas un prieur qui dirigeait le Prieuré mais une religieuse-prieur (une prieuse ?). Car Aleyrac était un monastère bénédictin qu’occupaient treize nonnes. Nous sommes là au XIIème siècle, c’est-à-dire vers 1100. Ce Prieuré dépend de la prospère abbaye de l’Ile-Barbe à Lyon, cette île jetée au milieu de la Saône au nord de la Croix Rousse.

Ainsi vivait cette communauté de femmes murée dans le silence pour suivre les règles fixées par Saint-Benoît. Mais en 1358, des pillards vinrent ruiner ce petit paradis et les religieuses migrèrent vers Valréas où elles reçurent l’autorisation de s’installer.

A partir de ce moment le Prieuré était voué à disparaître. Les bâtiments furent détruits sans que l’on sache vraiment à quelle époque cela se passa et seule subsiste de nos jours la carcasse de l’église prieurale dont nombre de pierres servirent aux autochtones pour construire la chapelle paroissiale. Pratique courante ! Après tout, les grands monuments romains ne furent-ils pas des carrières pour leurs voisins jusqu’à ce que Prosper Mérimée, ministre de la Culture de Napoléon III, ne comprenne qu’il fallait défendre ces patrimoines.

Vue aérienne que l’on doit à Google Maps.

Les voisins du Prieuré avaient aussi compris que ces sources qui coulaient en abondance dans l’église, certains parlent de deux, d’autres de sept comme les sept piliers de l’église, ces sources pouvaient les soigner de maux divers. On dit qu’elles guérissaient la tête, qu’elles soignaient les problèmes des yeux de ceux de la peau. Alors, longtemps des Pèlerinages se déroulèrent et ils attiraient beaucoup de pèlerins. Mais pas seulement que des croyants ! Des bandits de grand chemin, eux, préféraient les espèces sonnantes et trébuchantes des bourses des visiteurs à la pureté supposée des eaux miraculeuses. Si bien que peu à peu, sans voisins vigilants, cette insécurité fit fuir les pèlerins et les Pèlerinage disparut. Si un miracle survient chez un marcheur d’ACP qui aura goûté l’eau qui continue de couler dans les ruines de l’église, si ça marche pour les oreilles par exemple, notre Président ne manquera pas de proposer la relance de cette manifestation festive… qui pourrait alors aider au  financement de la rénovation de la « Chapelle du cimetière » ! Hé ! Hé!

Quant aux brigands, ils prirent une autre forme, raconte Roland Brolles….

…dans son livre « Dans l’ombre des soutanes » paru en mars 2003. Peu avant la Révolution, arriva au village un curé nommé Jean Joseph Reymond, originaire du Comtat Venaissin. Il visitait les paroissiens, les confessait, leur tirait les vers du nez avant de leur soutirer leurs magots de famille et autres économies à l’aide de quelques comparses. Un curé ripoux en somme ! Irréprochable vis à vis de l’Etat, il avait même prêté serment à la Constitution civile du Clergé. Le meilleur moyen d’être tranquille de ce côté-là ! Par contre, un différent avec un ancien acolyte, un certain Joseph Pancrace Jardin, se termina par un coup de kalachnikov pistolet qui mit fin à l’équipée de Reymond en même temps qu’à sa vie. Longtemps on raconta dans les veillées à La Bégude ou à Taulignan, les méfaits du curé d’Aleyrac puis on oublia, une nouvelle horreur chassant l’autre.

Il ne manquait plus qu’à quelques agents voyers du département (les ingénieurs de la DDE) de prélever de nouvelles pierres de l’église prieurale au début du XXème siècle pour arranger et restaurer les routes entre Salles et le pays de Mazenc. Le holà fut vite mis par l’Etat qui classa les restes du Prieuré d’Aleyrac monument historique, le 06 mai 1905. Mais sans sou de l’Etat, il fut figé… en l’état.

Reste à venir découvrir ou re-découvrir ces ruines (presque) millénaires le 22 février prochain, avec les marcheurs d’Ancône Culture et Patrimoine.

Première de couverture du livre de Roland Brolles « Dans l’ombre des soutanes » paru en 2003  chez Albanox-Archives et Terroir. Vous y découvrirez 36 autres  histoires aussi invraisemblables mais réelles que celle du curé d’Aleyrac…

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ANCONE et le RHÔNE, une cohabitation difficile: les cahiers de doléances (1/7)

Premier article rédigé par mes soins, premier d’une série de 7, parus dans le blog: Ancone Culture et Patrimoine…, suite à l’exposition des Journées Européennes du Patrimoine 2015 sur le thème: « Ancone et le Rhône pour le meilleur et pour le pire ».

On a déjà parlé en quelques occasions d’Anfos Martin et un de ses livres « Vieux écrits ».

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Dans ce livre, il consacre un article aux doléances des Anconnais envoyées à Necker, le ministre de Louis XVI, à la veille de la Révolution. Et les Anconnais se plaignaient du Rhône et des misères qu’il leur avait occasionné, il y a peu. Voici ce qu’écrivait en 1928 l’érudit (en majuscules ses propos et commentaires, en italique les écrits des Anconnais en 1789).

LE VILLAGE D’ANCONE A SOUVENT ÉTÉ MENACÉ DE DESTRUCTION PAR LES INONDATIONS DU RHÔNE. EN 1755, IL FUT COUPÉ ET EMPORTÉ EN PARTIE. EN 1789, DANS LA NUIT DU 14 JANVIER, IL FUT ENCORE À MOITIÉ DÉTRUIT. VOICI QUELQUES EXTRAITS DES DOLÉANCES QUE LES HABITANTS ADRESSÈRENT ALORS À NECKER QUI ÉTAIT MINISTRE.

La rigueur extraordinaire de cet hiver ayant formé dans le fleuve des glaces d’une épaisseur énorme, celles-ci, en fondant, ont causé un effroyable déluge. A la mi-janvier, le vent se mit à souffler avec violence : les glaces se brisèrent et la pluie fit monter les eaux du Rhône à une très grande hauteur. C’est dans la nuit du 14 qu’eurent lieu nos lamentables désastres.

En fermant nos portes, nous n’avions rien aperçu d’alarmant, mais quelques heures plus tard, au milieu de l’obscurité profonde, on entendit soudain un bruit extraordinaire causé par la débâcle des glaces, et des cris : « Au secours, au secours ! » retentirent aussitôt. L’eau avait envahi le rez-de-chaussée des maisons et le bétail bêlait, mugissait d’effroi. On se lève à la hâte, on prend sur ses épaules les enfants et les vieillards, les malades et les infirmes ; on veut fuir et les sauver… mais il n’y a pas d’issues ; toute la plaine environnante est couverte de plus de quatre pieds d’eau et le Rhône de plus en plus menaçant coupe le village en deux, emporte les maisons et menace celles où nous attendons la mort ! Qui pourrait décrire l’angoisse de cette nuit terrible !

Une lueur de salut ne commence à briller pour nous que le lendemain vers midi ; mais quel affreux spectacle, nous présentent alors nos arbres déracinés ou coupés par les glaces, nos semences perdues, nos terres ravinées et corrodées, nos bestiaux morts et nos maisons en ruines ! Vienne une crue même ordinaire et notre village sera détruit !

CETTE DESCRIPTION ÉMOUVANTE DONNE UNE IDÉE EXACTE DE TOUS LES MALHEURS D’ANCONE DEPUIS SA FONDATION. POUR PRÉVENIR CES MALHEURS, IL A FALLU REFOULER LE FLEUVE PEU À PEU, À L’AIDE DE DIGUES, VERS LA RIVE OPPOSÉE QUI EST HAUTE ET ROCHEUSE. CE TRAVAIL A ÉTÉ LONG ET COÛTEUX : IL EST À PEU PRÈS TERMINÉ ET LES GENS D’ANCONE PEUVENT MAINTENANT DORMIR TRANQUILLES.

Deux commentaires à ces propos:

1-Sur la nature de cette crue de janvier 1789. Il s’agit d’un épisode original, une crue soudaine due à la débâcle des glaces suite à une période de froid intense (le Rhône pris par les glaces !) doublée de pluies abondantes marquant ce redoux. Elle n’en a pas été moins destructrice. Ce qui a entraîné la colère des villageois et leur détresse. A noter que le pied (l’unité de mesure) faisant environ entre 30 et 32 centimètres, l’eau était montée de 1,20 à 1,28 mètre cette nuit-là, en quelques instants.

2-Dans la conclusion de ce bref extrait, Anfos Martin parle de la modification du cours du Rhône et des travaux entrepris au XIXème siècle pour l’éloigner d’Ancone. Nous en parlerons dans un prochain article, cartes à l’appui !

A suivre:

Ancone et le Rhône, une cohabitation difficile: la crue de 1840… en direct ou presque ! (2/7)

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POSTER MDI en fil rouge de l’été (et de l’automne)- BONAPARTE au pont d’ARCOLE.

Une image d’Epinal pour ce tableau MDI, participant à la légende (déformée) de Napoléon Bonaparte: la bataille du pont d’Arcole.

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L’histoire repasse en 1796, du 15 au 17 novembre soit les 25-27 brumaire de l’an V de la République Une et Indivisible. La République est en lutte en Italie contre l’Autriche. Les Français sont en échec devant Arcole et son pont sur l’Alpone solidement tenu par les défenseurs. On raconte que, devant cette situation, Bonaparte s’empara d’un drapeau tricolore pour entraîner ses troupes sur ce pont et remporter la victoire.

Mais la réalité est tout autre. Si Bonaparte prit bien un drapeau pour donner l’exemple sur le pont d’Arcole, il fut bien imprudent et ne fut pas suivi de  ses troupes. Loin de là ! Il se retrouva seul entouré d’ennemi et ce furent les interventions de grenadiers qui lui permirent de se réfugier dans un marais avant que le général Lannes, à cheval, ne vienne le tirer de cette triste situation. Mais cela, c’était moins intéressant à raconter.

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Bonaparte à Arcole vu par Antoine-Jean Gros.

Ce fut une ruse qui permit de remporter la victoire. Des tambours furent envoyés derrière les lignes ennemis avec ordre de jouer le plus fort possible pour faire croire aux Autrichiens l’arrivée de renforts français. Ce qui marcha à merveilles, ces derniers dégarnissant maladroitement leurs positions à Arcole. Parmi ces tambours, le célèbre tambour de Cadenet.

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On voit ci-dessus,  sa statue dans le village du sud du Vaucluse. Une statue en bronze du tambour d’accole qui intéressait grandement les Allemands en 1943. Pas pour sa valeur historique mais pour son bronze ! C’était sans compter sur la Résistance locale qui la déboulonna et la cacha dans la nuit du 4 au 5 août 1943. Elle retrouva sa place le 7 octobre 1945.

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RÉSISTANCE 1942 (16-17/23): 2 TRACTS du FRONT NATIONAL pour appeler les CHRÉTIENS à défendre les JUIFS

Le Front National de Lutte pour l’Indépendance de la France, bien entendu, mouvement de Résistance proche du Parti Communiste qui n’a bien sûr rien à voir avec l’actuel mouvement politique xénophobe qui pollue la vie politique française et le vivre-ensemble depuis une trentaine d’année.

Ces 2 tracts s’adressent aux Chrétiens pour qu’ils n’acceptent pas le sort que les Nazis et le pouvoir de Vichy font subir aux Juifs.

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Pour cela, le tract reproduit la Lettre Pastorale de l’Archevêque de Toulouse. On y lit: Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes, les étranges sont des hommes, les étrangères sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes et ces femmes, ces pères et mères de famille. Un chrétien ne peut l’oublier.

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Il est fait état des camps de Noé et de Résébedon (plus exactement Récébédou). Ce sont 2 camps de concentration mis en place en 1941 au sud de Toulouse (Récébédou sur la commune de Portet-sur-Garonne), accueillant des réfugiés espagnols puis des Juifs dont un certain nombre furent déportés vers Drancy puis Auschwitz. Jules Gérard Saliège, l’Archevêque de Toulouse mena une lutte de tous les instants contre ces camps honteux et parvint à ce que le camp de Récébédou ferme rapidement.

La reproduction de la lettre pastorale de l’Evêque de Montauban est tout aussi engagée pour dénoncer les violences faites aux Juifs.

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Il est fait référence en début du texte à la rafle du Vel d’Hiv avec ces mots: Des scènes douloureuses et parfois horribles se déroulent en France sans que la France en soit responsable. A Paris, par des dizaines de milliers, des juifs ont été traités avec la plus brutale sauvagerie…puis aux déportations dans le sud-ouest dont parle l’Archevêque de Toulouse… Et voici que dans nos régions on assiste à un spectacle navrant: des familles sont disloquées, des hommes, des femmes sont traitées comme un vil troupeau et envoyés vers une destination inconnue avec la perspective des plus graves dangers. Avec cette conclusion: Je fais entendre la protestation indignée de la conscience chrétienne et je proclame que tous les aryens et non-aryens sont frères parce que créées par le même Dieu…

C’est le Front National qui fait la conclusion de cet écrit:

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 Catholiques Français, soyez au premier rang de la lutte contre le fascisme oppresseur aux côtés de tous les patriotes français sans aucune exception; menez le bon combat contre les persécutions raciales dont sons victimes des hommes, des femmes et des enfants juifs; dénoncez l’odieuse attitude du gouvernement de Vichy qui sert les ennemis de la France et trahit l’intérêt de la Patrie.

Plus loin, on y reproduit la lettre de Paul Claudel, écrivain catholique au grand Rabbin…

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pourtant assez proche du régime de Vichy en 1941. Il changea d’avis en 1942 d’où ce texte ci-dessus.

Ce texte est suivi de brèves montrant l’implication des Chrétiens dans la lutte contre l’oppression dont sont victimes des Juifs.

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Pour cette conclusion:

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Français, Françaises,

Ecoutez la voix de la conscience chrétienne contre les horribles persécutions des Juifs !

Dressez-vous contre cette barbarie ! Secourez les victimes !

Agissez par tous les moyens ! Donnez asile aux victimes des Nazis !

Formes des groupes d’entraide et de défense de l’enfant persécuté !

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Le second tract semble plus construit que le premier commence sous ce titre: Recueil des protestations catholiques contre la barbarie antisémite en France. On va trouver des textes dénonçant la chasse aux Juifs de Vichy et des Nazis en France provenant de la hiérarchie catholique française. Bien entendu, on retrouve le même passage de la lettre pastorale écrite par l’Archevêque de Toulouse que l’on a lu ci-dessus:

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La lettre date du 6 septembre 1942.

On retrouve aussi la lettre pastorale de l’Evêque de Montauban Pierre Maris, lue et commentée à toutes les messes, dans toutes les églises du Diocèse le 30 août 1942, un mois et demi après la rafle du Vel d’Hiv.

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Le tract y ajoute un extrait du communiqué lu en chaire le dimanche 6 septembre 1942 par l’Archevêque de Lyon Jean-Marie Grelier.

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L’exécution des mesures de déportation qui se poursuivent actuellement contre les Juifs, donne lieu sur tout le territoire à des scènes si douloureuses que nous avons l’impérieux et pénible devoir d’élever la protestation de notre conscience. Nous assistons à une dispersion cruelle des familles où rien n’est épargné, ni l’âge, ni la faiblesse, ni la maladie…

Une description très précise de ce que furent les déportations subies par les Juifs de France, français ou étrangers, malgré ce que des « penseurs » modernes essaient de minimiser.
Ces rafles furent si nombreuses que les cardinaux et archevêques de la zone occupée adressèrent une supplique à Pétain pour que cela cesse:

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Profondément émue par ce qu’on nous rapporte, des arrestations massives d’israélistes opérées la semaine dernière et des durs traitements qui leur ont été infligés, notamment au Vélodrome d’Hiver, nous ne pouvons étouffer le cri de notre conscience.
C’est au nom  de l’humanité et des principes chrétiens que notre voix s’élève pour une protestation en faveur ds droits imprescriptibles de la personne humaine. C’est aussi un appel angoissé à la pitié pour ces immenses souffrances, pour celles surtout qui atteignent tant de mères et d’enfants.
Nous vous demandons, Monsieur le Maréchal, qu’il vous plaise d’en tenir compte afin que soient respectées les exigences de la justice et les droits de la charité.

Un texte clair qui ne laisse aucun doute sur ce qui se passait alors dans les France de la zone libre comme celle de la zone occupée.

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RÉSISTANCE 1942 (14/23): un FLYER pour VALMY

C’est une scène du film L’armée du crime. A la sortie du Métro, un résistant jette en l’air une poignée de petits tracts qui s’envolent. La police intervient mais l’info est passée.

Voici un authentique petit flyer, comme on dit de nos jours, exemplaire gardé dans un carton d’un responsable de la Résistance communiste de Paris. Des petits bouts de papiers comme celui-ci volèrent certainement dans un escalier ou un couloir du Métro en septembre 1942, juste avant le 20 septembre…

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pour appeler les Parisiens à manifester contre les Allemands et leurs auxiliaires Collaborateurs, les Traîtres dans lesquels sont inclus les policiers des Brigades Spéciales.

Manifester pour célébrer les 150 ans de la victoire de Valmy contre les Coalisés menés par la Prusse, pendant la Révolution, la veille de la proclamation de la Première République.

11×5,5cm… on peut en tirer à la ronéo à alcool 12 par feuille et en jeter plusieurs centaines dans les points névralgiques de la capitale.

Le message est succinct et clair. L’objet est petit mais se faire prendre avec un exemplaire en poche pouvait avoir des conséquences dramatiques… c’est ce qui se passera dans ce film cité au début du texte, retraçant l’action héroïque du groupe des FTP-MOI Manoukian, celui de l’Affiche Rouge… Des Libérateurs? La Libération par l’armée du crime.

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RÉSISTANCE 1942 (13/23): un APPEL à FÊTER le 150ème ANNIVERSAIRE de VALMY

Un petit tract, un tout petit tract signé par le Parti Communiste Français (S.F.I.C.): pour économiser le papier certes, l’encre également mais aussi pour que la distribution reste la plus discrète possible.  Un petit bout de papier de 11cm sur 14 cm se fourre plus rapidement dans une poche au nez et à la barbe des occupants et des policiers qu’une feuille A4.

Le titre est clair:

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Mais pourquoi donc fêter Valmy en pleine occupation alors que cet épisode certes glorieux de la Révolution ne le fut guère auparavant et pas vraiment à une grande échelle le 20 septembre 1992 pour le bicentenaire de cette bataille ?

DSCN2373Le début du tract l’explique en comparant les propos de Brunswick en 1792 à ceux des Nazis en 1942. Brunswick qui voulait brûler les maisons des Français qui résisteraient et de les exécuter ne put le faire car défait à Valmy. Les Nazis avec l’aide de la Police de Vichy, allaient appliquer cette pratique pour lutter contre la Résistance. Celle de la terre brûlée.

DSCN2376L’appel à la manifestation est précisé au verso. Ce sera donc le 20 septembre, à Paris, place de la République, le soir à 18h30. Mais aussi en province, dans toutes les villes et les villages, en se rassemblant devant les mairies. Le tract propose même d’entonner la Marseillaise et le Chant du Départ (La Victoire en chantant nous ouvre les barrières… que les candidats au Certificat d’Etudes devaient préparer pour l’épreuve de chant) et quelques slogans à crier… que les participants auraient pu trouver d’eux-mêmes.

Pour rester dans cette célébration, la fin du tract va reprendre les mots de Danton:

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De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace.

Il en fallait pour organiser cette manifestation…

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 Le recto du petit tract.

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Le 21 JANVIER 1821 est décrété JOUR FÉRIÉ DE DEUIL NATIONAL par le ROI DE FRANCE

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Dans ce même Recueil des Actes Administratifs édité par la Préfecture de la Drôme en 1821 dont on a parlé au sujet du recensement de 1920, apparaît une décision royale qui mérite d’être mentionnée et commentée. Il s’agit de cet acte

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daté du 13 janvier 1821. Nous sommes en pleine Restauration et il faut tourner à tout prix les pages de la Révolution et de l’Empire et faire payer au peuple son insolence d’avoir osé voulu se séparer de son roi de droit divin. Ainsi il est décidé:

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Pourquoi donc le 21 janvier sera-t-il un jour de Deuil ? Les articles de l’acte répondent à cette question…

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Un jour de deuil est imposé le 20 janvier (car le 21 est un dimanche et on ne peut être en deuil le jour du Seigneur) pour expier le PARRICIDE commis le 21 janvier 1793, jour où fut exécuté Louis XVI. Ainsi l’exécution de Louis Capet sous la Révolution (que l’on peut toujours contester en tant qu’exécution) est comparé à un parricide, le meurtre du PÈRE ! Rien que cela !

Donc ce jour sera férié mais un jour férié de deuil: pas de réjouissances, pas de marchés, pas de  foires, pas de fêtes, pas de vogues…

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magasins, cafés, cabarets fermés…

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des messes célébrés où les fonctionnaires d’autorité devront être présents en habit de grand deuil et où ne devra être lu que le sublime Testament de l’éphémère citoyen Capet !

Bien entendu un rapport devra être fait par le Préfet pour expliquer comment cette journée fériée s’est passée…

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si le recueillement n’a pas été troublé par quelques nostalgiques de la République ou de l’Empire.

A noter que cette journée de deuil a toutefois été décidée dans la précipitation puisque l’arrêté est signé à Valence le 13 pour le 20 janvier ! Quelques communes reculées ne durent peut-être pas être mises au courant de la chose.

De tels procédés se produisirent ailleurs à d’autres époques. Les massacreurs de milliers de Communeux au Mur des Fédérés ne construisirent-ils pas le Sacré-Coeur de Montmartre pour expier les crimes de la Commune ? Les Franquistes firent construire par leurs vaincus cet immense mausolée à la gloire de Franco et de sa Croisade du Bien contre le Mal dans la Valle de los Caidos ! Avec toujours cet aspect ultra-religieux en toile de fond, pour mettre Dieu de son côté et ainsi sacraliser la répression.

Mais ce n’est pas tout. Quelques mois plus tard, voilà un nouvel arrêté

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pour un autre jour expiatoire fixé le 16 octobre 1821.

Inutile de vous précipiter sur Wikipédia, après le meurtre du Père, celui de son épouse…

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commis le 16 octobre 1793 devra être expié dans toutes les églises avec la lecture de la dernière lettre de Marie-Antoinette mais ce ne sera pas un jour férié… ce n’est pas la mère après tout, puisque la mère est la Sainte-Vierge ! mais l’épouse du père, autrichienne de surcroit.

9 ans plus tard, la Révolution de Juillet mettra fin à la Restauration et celle de 1948 à la Royauté en France… ce qui n’est pas plus mal !

A suivre le 26 janvier, un autre article inspiré par la lecture de ce Recueil d’Actes de 1821.

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