Archives de Tag: randonnée pédestre

Balade des Marcheurs d’ACP à SAVASSE, au pays du GROGNARD MERLE (13 décembre)

C’est certainement l’une des plus anciennes tombes de tous les cimetières de la région. Elle se trouve dans le premier cimetière de Savasse et elle nous raconte l’histoire d’un Savasson qui connut un destin exceptionnel.

Charles Jean Baptiste Merle naquit sous le règne de Louis XV, participa à la Révolution et à l’Empire, vit le retour de la Monarchie et connut le début du règne de Napoléon le Petit. Un vrai manuel d’histoire !

Lui fut grognard du grand Napoléon après avoir été un soldat de la Première République.

Plus tard, en 1808 quand fut créée cette distinction, l’Empereur lui-même le nomma Second Porte-Aigle d’un régiment d’infanterie. Le Premier Porte-Aigle devait être un officier ayant dix ans de service et qui avait été sur le camp de bataille d’Ulm, d’Austerlitz, de Ièna et de Friesland.

Le grognard Charles Merle portait une lance doublée d’une hache, ornée d’une bannière rouge.

Titulaire de la Légion d’Honneur…

il se retira à Savasse à la chute de l’Empire. Il eut certainement un peu chaud sous la Terreur Blanche qui accompagna la Restauration. Puis il coula des jours heureux en vivant de ses rentes jusqu’à l’âge respectable de 83 ans.

Le tour de Savasse pour les randonneurs d’ACP.

 

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Le BARRY- SAINT-RESTITUT- Un plateau calcaire sous les pas des marcheurs d’Ancône Culture et Patrimoine.

Le Barry-Saint-Restitut… deux lieux patrimoniaux situés sur le plateau dominant la riche plaine alluviale du Rhône de Pierrelatte à Bourg-Saint-Andéol. Deux lieux placés sous le signe de la pierre, la pierre qui abrite et la pierre pour bâtir.

Au sud donc, en pays de Vaucluse, le Barry, le rempart en provençal. Un village troglodyte occupe la pente sud du plateau. Pas fous les anciens occupants de ce site qui ne fut abandonné qu’au début du XXème siècle: à l’abri du mistral et au chaud au moindre rayon du soleil.

En haut une motte médiévale domine le secteur, un fortin difficile d’accès et quasi imprenable comme la vue depuis le sommet, entourée de plusieurs fossés et remparts. Sans oublier cette voie antique datant des Romains où l’on voit encore les rails creusés dans la pierre pour et par les charriots à l’instar des rails des wagonnets d’une autre époque. Fous ces Romains… pas sûr ! En montant sur le plateau, ils  évitaient les marécages de la plaine.

Au nord, en pays drômois, les carrières de Saint-Restitut, les traces d’un passé industriels commencé… par les Romains pour construire les villes voisines. Pas fous ces Romains qui avaient vu que ce calcaire blanc se taillait facilement et était un matériau remarquable.

A partir de là, des générations de carriers sortirent ces blocs de pierre. Plus près de nous, à l’ère industrielle, des wagonnets dont on remarque encore les traces des traverses des voies, emmenaient ces blocs au plan incliné où une machine à vapeur les descendaient à la gare de Saint-Paul-Trois-Châteaux. De là, le train disséminaient ces pierres vers les grandes villes du sud-est, de Marseille à Lyon et jusqu’à Genève pour que soient construits immeubles et ponts… La Grande Guerre mit fin à cette industrie, l’armée récupérant ces carriers pour creuser d’autres trous.

Voici donc les deux éléments essentiels de cette randonnée mais les accompagnateurs Patrick et Christian ont d’autres surprises à faire découvrir aux futurs marcheurs.

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La CHARTREUSE de VALBONNE- Un havre de paix à deux pas de la vallée du Rhône pour les marcheurs d’Ancône Culture et Patrimoine.

S’il est un coin où les Israélites et autres proscrits recherchés par les Allemands pendant la Seconde Guerre étaient à l’abri, c’est bien derrière les murs de la Chartreuse de Valbonne. Pas seulement à cause de la densité de la forêt entourant l’ancien monastère, mais surtout parce que les occupants ne s’approchaient pas de ce lieu. Quelque malédiction ? Une superstition ? Non ! La présence d’une léproserie installée là en 1929 par le Pasteur Philadelphie Delord ! Pour la garnison de Pont-Saint-Esprit, la peur de la contagion était plus forte que la recherche des ennemis du Reich millénaire !

Car le monastère construit là par les Chartreux au XIIIème siècle (vers 1200) connut bien des vicissitudes. Les moines avaient défriché et asséché ce vallon humide pour le rendre cultivable et lui donner son nom… la Vallée Bonne.

Les Guerres de Religion, la Révolution, les lois laïques de la IIIème République lui firent changer de fonction régulièrement. Ce fut une verrerie vers 1802 avant de devenir léproserie dans laquelle furent soignés quatre cents malades pendant trois quarts de siècle. Le dernier lépreux quitta les lieux pour l’hôpital de Pont-Saint-Esprit en 2003. Pas de risques donc pour les marcheurs anconais.

Aujourd’hui, on peut visiter les lieux, s’y restaurer et y être hébergé. Une cave produit le vin du vignoble local. Ces activités permettent la réinsertion d’adultes souffrant d’handicaps psychologiques stabilisés. Un ESAT après la léproserie, un CAT en quelque sorte.

Bonne balade dans la forêt de la Vallée Bonne.

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Balade au pays de La CÈZE, aux CASCADES du SAUTADET.

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è pericoloso sporgesi.

C’est ce que les accompagnateurs de la randonnée ne manqueront pas de dire aux marcheurs, dans la langue de Molière, en s’approchant, non pas d’un tunnel mais des cascades du Sautadet.

En effet, par temps humide, le caillou lisse glisse et le bain engendré pas bien chaud ! Il faudrait pourtant que le caillou soit humide même sous un ciel bleu, pour qu’un orage tombé la veille rende les eaux de la Cèze, dans les cascades, en furie.

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La Cèze… un petit affluent du Rhône qu’il rejoint au nord de l’Ardoise, lieu-dit industriel de Laudun que nous avons visité en mai dernier, du côté du camp de César.

Petite sœur de l’Ardèche et du Gard, ses colères n’en sont pas moins autant dévastatrices quand les eaux déferlent des Cévennes et s’étalent dans la plaine de Bagnols. En 2002, un supermarché et quelques magasins modernes furent rayés de la carte en aval du pont de la nationale, après un très violent épisode cévenol.

La peur engendrée par ce pourtant paisible ruisseau a poussé la municipalité de Codolet, en dessous de Marcoule, à rehausser ses digues en 2015, ce qui donne au village, pour peu qu’on le voit d’en-haut, des faux airs de kibboutz ou de camp… sans miradors. Pourtant ce village ne craint plus rien des caprices du Rhône aménagé par la CNR.

Pas de souci de cet ordre pour La Roque-sur-Cèze construite à hauteur suffisante pour ne pas souffrir des colères de la Cèze. Même chose pour le pont qui enjambe la rivière avec des piles disproportionnées par rapport au peu d’eau qui y passe dessous la plupart du temps. Mais les anciens étaient prévoyants !

En cette saison d’étiage, quelques bancs de sable apparaissent ici et là. Alors, si un-e conjoint-e, un-e ami-e souhaite vous accompagner, voir les cascades sans marcher sur les dix-neuf kilomètres du circuit concocté par nos organisateurs-accompagnateurs…

Tracé

 

…qu’il-elle amène sa pelle et son seau ! Non pas pour retourner en enfance, non ! Qui sait, en fouillant un peu les sédiments descendus des Cévennes, avec un peu de chance, il-elle trouvera peut-être un petit caillou jaune et brillant…  le début de la fortune… pour réparer le toit de la « chapelle »!

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Article paru dans le blog d’Ancône Culture et Patrimoine

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BALAZUC, plus beau village de France.

Article publié dans la blog de l’Association Ancône Culture et Patrimoine.

 

Patrick et Christian nous amènent ce mois-ci marcher à partir de Balazuc, un des plus beaux villages de France… et un des plus anciens.

Abrité du vent du nord le long de la falaise de la rive gauche de l’Ardèche, on peut penser que les premiers hommes sédentarisés, ceux qui construisirent les dolmens comme celui de la Tombe du Géant,…

…comprirent rapidement les atouts du coin : l’eau d’un côté sans en subir les foudres, les bonnes terres agricoles de l’autre.

Avant les Romains, ce sont les Gaulois, la civilisation de la Tène, qui construisirent les premières maisons de Balazuc. Ils vouaient un culte au soleil comme en attestent les disques de métal trouvés en 1883 non loin de là, dans la vallée de l’Ibie, dans une grotte, le Trésor de Déroc visible au Musée de la Maison Carrée de Nîmes.

Certains pensent d’ailleurs que Balazuc est une altération de Belenos, le dieu celte du Soleil, ce qui semble judicieux vu l’exposition privilégiée du village. Belenos, Toutatis, à quoi cela fait-il penser ?

Ce fut aussi de tout temps un gué de l’Ardèche. On construisit certainement des ponts en bois que la rivière balayait régulièrement avant de bâtir le pont de pierre actuel.

La trouvaille la plus ancienne nous vient des premiers chrétiens avec un sarcophage de pierre datant de la fin du IVème siècle, début du Vème.

Une copie de ce sarcophage paléochrétien est visible sous la mairie du village.

Puis virent les Sarrazins trois siècles plus tard, qui laissèrent de nombreuses traces architecturales. Ne surnomme-t-on pas Balazuc, le « village maure » ? En flânant… sans lâcher les pas de Patrick et Christian tout de même, en flânant dans les ruelles, vous pourrez découvrir des fenêtres sarrasines…

…d’anciennes échoppes arabes typiques. Brillante civilisation maure loin des caricatures actuelles que chassèrent des seigneurs francs bien moins évolués et beaucoup plus sanguinaires !

Les seigneurs de Balazuc justement firent construire le château au XIème siècle, château militaire au début qui s’agrandit au fils du temps et qui devint plus résidentiel par la suite avec l’ouverture de fenêtres à meneaux.

Ces seigneurs restèrent fidèles au roi de France et à la religion catholique dans un pays largement converti au protestantisme. Plus tard, avant d’être de nos jours des chambres d’hôtes, le château abrita une magnanerie. Rencontrerez-vous beaucoup de vieux amouriés lors de votre balade dans le Gras, ces collines calcaires traversées de ruisseaux souvent à sec ?

Des collines où les hommes ont construits pierre par pierre des chambas, des terrasses pour retenir la bonne terre agricole. Une terre qui devait nourrir plus de 900 âmes à Balazuc au milieu du XIXème siècle contre un peu plus de 300 de nos jours. A l’époque, des villages comme Audon, Chauzon que vous allez traverser étaient grouillants de vie. Donnez un coup d’œil sur les monuments aux morts et vous verrez que ces paysans ardéchois représentaient une bonne réserve de chair à canon pour l’armée française ! Viel Audon a été restauré il y a quelques années dans un esprit coopératif.

Quelques autres bizarreries de la nature que vous croiserez peut-être…

…une pierre tourmentée, usée par la pluie et les vents, lou ron de los fado ou lo roncs de los fadas, dont des légendes disent qu’on y voit danser des fées… suivant ce qu’on a absorbé…

…ou ce bachas naturel, une aubaine pour les sangliers.

Le docteur J. Balazuc a répertorié dans son livre édité en 1956 « la spéléologie en Ardèche » pas moins de cinq cavités dans le secteur de la rive droite de l’Ardèche : l’aven-grotte du Pont juste en face du pont de Balazuc, la grotte de Viel Audon, celle de Beaussement 1 200 mètres avant Chauzon, celle de Pala près du hameau éponyme et celle des Estinettes plus proche du pont de Lanas.

Un dernier mot emprunté à Albin Mazon plus connu sous le nom du docteur Francus, qui écrivit de nombreux livres sur l’Ardèche, le Vivarais, les Cévennes, les Boutières au XIXème siècle. Quand il apprit qu’une légende voulait qu’une chèvre d’or ait été trouvé à Balazuc, il pronostiqua que de nombreux autres trésors restaient à découvrir. A vos détecteurs !

Le nouveau Museum de l’Ardèche à Balazuc est l’un d’eux avec plus de 800 fossiles présentés dans ses vitrines !

Photos empruntées sauvagement aux blogs :

rando-evasion.over-blog.com (toutes sauf…)

petit-patrimoine.com (…les fenêtres).

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UN OPPIDUM…DEUX OPPIDA.

Patrick et Christian vont vous emmener, marcheurs d’ACP, en Ardèche ce mois-ci dans sa capitale Lussas.

Capitale ? Oui, Lussas est la capitale du film documentaire, un volet du 7ème Art non négligeable depuis que les plus grands réalisateurs s’y sont essayés.

En effet, la dernière semaine d’août se tiennent à Lussas les Etats Généraux du Film Documentaire depuis 1989. Du 19 au 25 août prochain, ce sera donc la XXXème livrée de ce Festival non-compétitif, festival original avec des projections chez l’habitant, dans quelques cinémas de la région comme Regain au Teil et pourquoi pas un jour, quand la chapelle sera enfin terminée, à Ancône… ?

A partir de Lussas, direction le plateau des Gras, vaste zone relativement plate, aujourd’hui peu occupée et gagnée en son milieu, près de la route nationale, par une zone artisanale. Ce ne fut pas toujours le cas dans le passé. En effet, en se dirigeant vers l’ouest, on pourra visiter l’oppidum de Jastres et même, pour le même prix, deux oppida d’époques et de factures différentes.

Jastres-Nord est de loin le lieu le plus achevé. Il s’agit d’un oppidum protohistorique construit par les hommes avant l’arrivée des Romains dans la région en -121 av JC bien antérieurement au -51 avant JC qu’on apprend à l’école. C’est un oppidum à éperon barré. Pas fous les Gaulois ! On choisit un coin relativement plat entouré de barres rocheuses et on s’évite la construction de murs sur tous les côtés. Un seul rempart est nécessaire pour fermer l’éperon. En parcourant le site, on s’aperçoit que le mur d’enceinte changea de place en trois occasions mais le plus spectaculaire est celui le plus visible, celui haut de quelques mètres, large de six mètres et défendu par sept tours, en alternance carrées et circulaires.

Remarquable construction et très vaste panorama que celui qui domine le courbe de l’Ardèche au pied de la falaise avec au loin le Tanargue et le Mont-Lozère.

En regardant bien dans les recoins, vous trouverez peut-être quelques gros boulards en pierre, anciennes armes de jet destinées aux visiteurs indésirables à l’époque des Gaulois !

Plus au sud, surplombant toujours la falaise de l’Ardèche, Jastres-Sud alias le Camp de César est bien plus rudimentaire : trois murs de pierres en U, un rectangle de 300 mètres sur 500. Certains pensent qu’il s’agit d’un poste de surveillance du réseau romain protégeant Alba mais les Romains nous ont habitués à mieux. A moins qu’il s’agisse d’enclos pour les bergers.

Quant à César, peut-être passa-t-il un moment à Jastres avant la traversée des Cévennes pour attaquer les Arvernes. Mais on n’a pas retrouvé le Livre d’Or de l’oppidum !

Par contre, sur tout ce plateau calcaire, vous pourrez trouver, en regardant attentivement où vous posez les pieds, non pas ce Livre d’Or mais des fossiles ou leurs empreintes, des ammonites principalement, beaucoup plus vieilles que César.

Remarquablement bien exposé, à l’abri du vent du nord, avec l’eau de l’Ardèche et ses terres alluviales non loin, ce coin d’Ardèche fut accueillant pour les hommes. Lussas compte pas moins de 300 tombes très anciennes disséminées sur son territoire, des dolmens plus ou moins imposants. Le plus intéressant est celui des Quatre Pierres, au sud du hameau de Mias, non loin de Lavilledieu.

Certes ce n’est ni le plus grand ni le mieux conservé des dolmens ardéchois mais un petit coup d’œil s’impose. Au sommet d’une petite colline et sans son tumulus, il devait accueillir les restes d’un personnage important qui avait certainement souhaité de son vivant que son tombeau soit visible de tous et de loin ! Il avait oublié les pillards !

Article publié dans le blog d’Ancône Culture et Patrimoine.

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Connaissez-vous le PRIEURÉ d’ALEYRAC ?

Texte écrit dans le blog d’Ancône Culture et Patrimoine et paru le 8 février dernier. Voici un re-blog personnalisé.

Prochaine sortie pédestre patrimoniale d’Ancône Culture et Patrimoine à la découverte du Prieuré d’Aleyrac, à la limite entre la plaine de la Valdaine et du pays de Grignan, non loin d’un petit col qu’empruntèrent jadis, en 1987 entre autre,  les Géants du Tour de France après un détour chronométré sur le Géant de Provence.

L’affichette de la sortie signée Paule.

Jeudi 22 février 2018, à partir de Salles-sous-Bois jusqu’au Prieuré puis retour en descente vers la vallée. 15 kilomètres, 400 mètres de dénivelé. Départ à 8h.30 d’Ancône, devant l’Agence postale de Denise.

Mais qu’est-ce qu’un Prieuré ? C’est un monastère dépendant d’une Abbaye plus importante. Le Prieuré est placé sous l’autorité d’un prieur, lui-même dépendant d’un abbé… de l’Abbaye. Elémentaire mon cher Watson !

Sauf qu’à Aleyrac, ce n’était pas un prieur qui dirigeait le Prieuré mais une religieuse-prieur (une prieuse ?). Car Aleyrac était un monastère bénédictin qu’occupaient treize nonnes. Nous sommes là au XIIème siècle, c’est-à-dire vers 1100. Ce Prieuré dépend de la prospère abbaye de l’Ile-Barbe à Lyon, cette île jetée au milieu de la Saône au nord de la Croix Rousse.

Ainsi vivait cette communauté de femmes murée dans le silence pour suivre les règles fixées par Saint-Benoît. Mais en 1358, des pillards vinrent ruiner ce petit paradis et les religieuses migrèrent vers Valréas où elles reçurent l’autorisation de s’installer.

A partir de ce moment le Prieuré était voué à disparaître. Les bâtiments furent détruits sans que l’on sache vraiment à quelle époque cela se passa et seule subsiste de nos jours la carcasse de l’église prieurale dont nombre de pierres servirent aux autochtones pour construire la chapelle paroissiale. Pratique courante ! Après tout, les grands monuments romains ne furent-ils pas des carrières pour leurs voisins jusqu’à ce que Prosper Mérimée, ministre de la Culture de Napoléon III, ne comprenne qu’il fallait défendre ces patrimoines.

Vue aérienne que l’on doit à Google Maps.

Les voisins du Prieuré avaient aussi compris que ces sources qui coulaient en abondance dans l’église, certains parlent de deux, d’autres de sept comme les sept piliers de l’église, ces sources pouvaient les soigner de maux divers. On dit qu’elles guérissaient la tête, qu’elles soignaient les problèmes des yeux de ceux de la peau. Alors, longtemps des Pèlerinages se déroulèrent et ils attiraient beaucoup de pèlerins. Mais pas seulement que des croyants ! Des bandits de grand chemin, eux, préféraient les espèces sonnantes et trébuchantes des bourses des visiteurs à la pureté supposée des eaux miraculeuses. Si bien que peu à peu, sans voisins vigilants, cette insécurité fit fuir les pèlerins et les Pèlerinage disparut. Si un miracle survient chez un marcheur d’ACP qui aura goûté l’eau qui continue de couler dans les ruines de l’église, si ça marche pour les oreilles par exemple, notre Président ne manquera pas de proposer la relance de cette manifestation festive… qui pourrait alors aider au  financement de la rénovation de la « Chapelle du cimetière » ! Hé ! Hé!

Quant aux brigands, ils prirent une autre forme, raconte Roland Brolles….

…dans son livre « Dans l’ombre des soutanes » paru en mars 2003. Peu avant la Révolution, arriva au village un curé nommé Jean Joseph Reymond, originaire du Comtat Venaissin. Il visitait les paroissiens, les confessait, leur tirait les vers du nez avant de leur soutirer leurs magots de famille et autres économies à l’aide de quelques comparses. Un curé ripoux en somme ! Irréprochable vis à vis de l’Etat, il avait même prêté serment à la Constitution civile du Clergé. Le meilleur moyen d’être tranquille de ce côté-là ! Par contre, un différent avec un ancien acolyte, un certain Joseph Pancrace Jardin, se termina par un coup de kalachnikov pistolet qui mit fin à l’équipée de Reymond en même temps qu’à sa vie. Longtemps on raconta dans les veillées à La Bégude ou à Taulignan, les méfaits du curé d’Aleyrac puis on oublia, une nouvelle horreur chassant l’autre.

Il ne manquait plus qu’à quelques agents voyers du département (les ingénieurs de la DDE) de prélever de nouvelles pierres de l’église prieurale au début du XXème siècle pour arranger et restaurer les routes entre Salles et le pays de Mazenc. Le holà fut vite mis par l’Etat qui classa les restes du Prieuré d’Aleyrac monument historique, le 06 mai 1905. Mais sans sou de l’Etat, il fut figé… en l’état.

Reste à venir découvrir ou re-découvrir ces ruines (presque) millénaires le 22 février prochain, avec les marcheurs d’Ancône Culture et Patrimoine.

Première de couverture du livre de Roland Brolles « Dans l’ombre des soutanes » paru en 2003  chez Albanox-Archives et Terroir. Vous y découvrirez 36 autres  histoires aussi invraisemblables mais réelles que celle du curé d’Aleyrac…

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