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Des BACS à TRAILLE sur le RHÔNE de la CONFLUENCE à la MÉDITERRANÉE: 19/25 MONTFAUCON-CADEROUSSE ou…le premier bac de l’HISTOIRE du RHÔNE.

Avant d’en venir à notre propos, un mot sur le pont de Roquemaure, le premier, le pont suspendu envisagé en 1835 mais ouvert à la circulation en 1859. Une gestation de 24 ans !

Un franchissement qui se faisait en 2 ponts. Tout d’abord, celui du canal de Roquemaure, petit pont de 30 mètres pour rejoindre la petite île de Miémart comme on le voit ci-dessous sur cette carte de 1891.

Ensuite, le grand pont suspendu qui dût être restauré en 1896 puis en 1934 et enfin en 1941 quand un bateau en perdition le heurta et détruisit un câble qui fut remplacé par un autre, venu de La Voulte, où il avait été déclassé.

En 1944, le 19 août, un bombardement américain le détruisit définitivement…

…malheureusement avec un jour de retard. La veille, le 18 août 1944, quelques 700 prisonniers juifs et politiques venant de Gurs, dans le Sud-Ouest, en route pour Auschwitz, avaient dû l’emprunter pour passer à pied, de la gare de Roquemaure à celle de Sorgues. Une plaque rappelle ce drame…

…posée sur l’entrée du ponceau sur le canal de Roquemaure…

…dont on devine sur l’île l’autre culée.

Avant que ce pont ne soit remplacé par celui connu de nos jours, ouvert en 1959, un bac à traille officia que j’empruntai peut-être sans le savoir et en avoir souvenir !

Mais quelques deux millénaires auparavant, le premier bac de l’Histoire de l’Humanité permit à l’armée d’Hannibal Barca en route pour Rome de traverser le Rhône, fleuve oh combien sauvage ! Une armée connue pour être dotée de 27 à 37 éléphants de combat.
Les Gaulois « provençaux et gardois » d’il y a 2235 ans (l’épisode se passa en 218 avant notre ère) virent donc défiler ces grosses bêtes inconnues de tous mais aussi quelques 38 000 fantassins et 8 000 cavaliers. Une belle armée qu’il fallait nourrir matin, midi et soir d’où une razzia sur les ressources locales tous les jours et plusieurs chemins empruntés par la troupe pour rejoindre les cols alpins.
Pour en revenir à ce franchissement du Rhône au niveau de Montfaucon-Roquemaure et Caderousse-Ornage de nos jours, les hommes modernes ont jeté pas moins de 3 ponts.

D’où ce paysage pris depuis une colline voisine:

De droite à gauche et par ordre chronologique le pont routier suspendu, le pont de l’autoroute A9 et le pont de la Ligne à Grande Vitesse. Des petits copieurs d’Hannibal Barca les ingénieurs d’aujourd’hui !

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MARE NOSTRUM enfin là pour cette soirée chez DANIEL et MARIE (1er août 2016)

Pas d’ARCHIPELAGO pour cette soirée, pas de Théo non plus qui doit travailler, par contre, MARE NOSTRUM est enfin arrivé, après 9 mois d’attente. Une grossesse ! Fred a enfin reçu les boîtes de Kickstarter et me les a apportées ce matin. Un petit coup d’oeil rapide aux règles et c’est parti pour une première partie.

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4 autour de la table, Marie en Cléopâtre, Daniel en Hannibal, Preston en Périclès et moi en César. Les changements… Le principal et le plus important: le jeu commence à un niveau beaucoup plus avancé et on est tout de suite dans le coeur de l’action.

Les avantages des civilisations sont moins considérables mais intéressantes. Cléopâtre peut mettre un impôt dans une combinaison de ressources ou une ressource dans une combinaison d’impôts. Hannibal peut mettre deux ressources identiques dans une de ses combinaisons. César qui achète maintenant les légions au même prix que les autres possède +1 à chaque dé jeté en attaque. Périples, lui, est très fort en défense avec un +2 pour chaque dé. Les tours sont plus protectrices avec un double effet: destruction d’une unité adverse et gommage d’une touche.

Autre nouveauté: des cités légendaires qui donnent 1 impôt + une ressource tirée au sort à son propriétaire. Il y en a 3 sur le plateau: Jérusalem, Troie et Syracuse.

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La partie du soir… une Cléopâtre expansionniste et rapidement très puissante en impôt (ce n’est pas une nouveauté), Hannibal toujours coincé entre des adversaires envahissants et le Grec et le Romain se regardant en chiens de faïence en oubliant le développement des autres et de Marie en particulier.
Une victoire de Marie comme de bien entendu… Ce n’est pas la première fois que cela arrive quand elle joue Cléo. Preston n’était pas loin et moi non plus… mais on a été devancé à un tour près.DSCN7300

L’extension avec les Atlantes pour la seconde partie.

Partie un peu décevante… A revoir !

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Au CRÈS (Hérault), trois chemins pour le prix d’un !

Le saviez-vous: au cœur du bourg ancien du Crès, devant l’église et à 2 pas de la mairie, passe au même endroit 3 chemins dont 2 historiques: la Via Domitia, le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle et  le (plus moderne) GR (chemin de Grande Randonnée).

La Via Domitia.

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La voie romaine fut construite à partir de 118 avant notre ère pour rejoindre Rome à la péninsule ibérique. Elle franchissait les Alpes au col du Mongenèvre au-dessus de Briançon pour rejoindre la vallée de la Durance. Elle traversait le Rhône, le plus important obstacle naturel de son parcours à Beaucaire, certainement par des bacs tenus par les Nautes ou sur un pont de barques comme à Arles. Ensuite, c’était Nîmes (avant qu’elle ne s’appelle Nemausus) puis un  tracé que reprirent, à quelques détails près, les décideurs de la construction de l’autoroute A9.

Des restes tangibles dans le secteur: les milliaires, ces bornes disposées tous les mille romains (1 460 mètres), ancêtres des bornes kilométriques modernes. Il en reste 2 sur la commune du Crès:

le premier est dédié à Tibère et a servi de pierre de construction, à droite du portail de l’église,

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malheureusement placé à l’horizontale,

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mais redressé par la magie du numérique.

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On peut lire en bas LVII soit 57 milles romains depuis Narbonne, environ 83 km. Les méthodes modernes nous donnent environ 100 km de Narbonne au Crès. Faut-il en déduire que ce milliaire été déplacé ?

Le second est dédié à Auguste. Il a été placé au centre d’un rond-point récent, avec reconstitution d’un bout de Via Domitia.

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Une belle borne…

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et une inscription en relatif bon état.

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Un autre milliaire se trouve devant l’église de Saint-Aunès. Non loin de là,  le fameux pont sur le Vidourle…

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que peignit Gustave Courbet lors de son séjour montpelliérain chez le grand amateur d’art François-Xavier Fabre, co-fondateur du musée qui porte son nom. A noter que le pont n’a plus qu’une seule arche (celle de droite), l’autre ayant disparu dans les flots lors d’une violente crue, le 27 septembre 1933.

Après Perpignan, la Via se divisait en 2 pour le franchissement des Pyrénées. Une branche passait le long de la côte par Collioure et Port Vendres, une autre par le col de Panissars, actuellement sur la commune du Perthus à l’ouest du village actuel et où se trouvait la Trophée de Pompée (l’équivalent du Trophée des Alpes de La Turbie mais qui servit de carrière à la chute de l’Empire Romain).

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Lire cet excellent site parlant de la Via Domitian: http://carlig.typepad.fr/viadomitia/ ou http://nemausensis.com/Nimes/ViaDomitia/VoieDomitienne01.html

A noter que les rues sur lesquelles passaient la Via Domitia portent le nom de Rue de la Voie Domitienne, rue de la monnaie et rue de Substantion. Si la première va de soi, la seconde appelée aussi Cami de la Mouneda vient du fait qu’il voyait passer, outre les Légions romaines, les collecteurs des impôts du Trésor Public de Rome. Quant au troisième nom, il s’agit du nom romain donné à l’oppidum qui a donné naissance à la commune de Castelnau-le-Lez.

L’Empire Romain disparu, c’est au IXème siècle que l’on crut découvrir le tombeau de l’apôtre Saint-Jacques en Galice et à partir de ce moment se développa le pèlerinage vers le Finistère espagnol qui prit toute son ampleur au XIème siècle. De France, quatre grands chemins furent tracés, partant d’Arles, du Puy, de Vézelay et de Paris avec une multitude de variantes. C’est le chemin d’Arles, la Via Tolosana qui passe au Crès.

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La coquille, symbole des pèlerins est dessinée sur les poteaux indicateurs, à côté des indications rouge et blanche du chemin de Grande Randonnée, le GR 653, déclinaison païenne du chemin d’Arles.

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A quelques kilomètres de là, à Castelnau-le-Lez, c’est dans le sol que la municipalité a fait graver les marques du pèlerinage chrétien.

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La Via Tolosana part donc d’Arles, passe à Saint-Gilles (carrefour du chemin d’Arles, du chemin de Bordeaux à Jérusalem et de la voie Régordane descendant des Cévennes), continue sur Montpellier, Lodève, Castres, traverse Toulouse (à qui elle doit son nom). Elle continue sur Auch et Pau pour traverser les Pyrénées au col du Somport. En Navarre, elle retrouve les 3 autres chemins français qui empruntent le col de Roncevaux à Puente-la-Reina où commence le Camino Francès.

Fait du hasard, se tenait à quelques pas de là du chemin, une exposition d’aquarelles réalisée par une jeune femme ayant fait le pèlerinage vers Saint-Jacques en 2015, à partir du Puy. Elle se fixait tous les jours pour objectif la réalisation d’un dessin sur un moment marquant de sa journée, scène, décor, monument… tout en prenant des notes permettant de fixer ses souvenirs.

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70 jours qui transforment une existence… assurait-elle lors du vernissage. A lire sur le blog de Loedi:

http://loedi.over-blog.com/

Texte écrit après les quinze jours passés au Crès en avril 2016, en attendant Sophia.

 

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