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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Paul CONSTANCE.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-septième nom de la liste: Constance Paul Auguste.

La seconde face du monument.

Paul Auguste est donc né à Caderousse le 27 juillet 1887 d’un père agriculteur Jean Auguste Constance né en 1849 et d’une mère Marie-Louise Paschal née en 1854. Ils habitent une ferme au quartier de la Durbane, non loin du fameux Revestidou, cette rodée du Rhône. D’ailleurs dans les divers recensements, ce lieu sera appelé Miémart, comme les petite et grande îles proches du pont de Roquemaure.

Paul est le cinquième enfant de la fratrie, derrière Augustine l’aînée née en 1875, Louis Marius l’aîné des garçons venu au monde en 1879, Victor Félix en 1882, Marguerite Louise en 1885. La mère va décéder en 1898 ou 1899. Augustine qui avait quitté la maison reviendra alors dans le foyer de la Durbane pour la seconder le père dans les tâches domestiques.

Au recensement de 1891, Paul est âgé de 3 ans.

Paul va faire son service militaire au 141ème Régiment d’Infanterie de Nice à partir du 07 octobre 1908. Première classe le 10 juin 1910, il sera libéré le 25 septembre 1909 gratifié d’un Certificat de Bonne Conduite.

Il est rappelé comme tous les hommes âgés de moins  de 48 ans au début du mois d’août 1914 dans le régiment qu’il avait quitté quatre ans auparavant, le 141ème R.I., à Marseille pour embarquer vers le front du nord-est de la France à la gare de Longchamp. Il dut d’ailleurs se retrouver quelques jours après pas très loin du lieu où tomba son homonyme de Caderousse, Lucien Henri Constance puisque le journal de marche du 3ème R.I. fait état de la présence du 141ème R.I. non loin de Coincourt. Paul s’en tira mieux que Lucien puisqu’il survécut à l’attaque aventureuse de l’infanterie française.

Pas pour très longtemps ! Le registre matricule de Paul Constance nous apprend que Paul fut fauché lors d’un combat du côté de Poperinge en Belgique, le 25 novembre 1914 et qu’il décéda dans un hôpital d’évacuation dans la journée. Les circonstances de cet épisode sont difficiles à cerner pour cause de contradictions dans les écrits militaires.

Suivant le registre matricule, Paul était soldat au 141ème R.I. mais à la date du 25 novembre, cette unité se trouvait en première ligne à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Verdun, bien loin de la Belgique !

Suivant la fiche matricule de Mémoire des Hommes, Paul était alors soldat au 163ème R.I. au moment de son décès. Là encore fin novembre 14, le 163ème R.I. combattait à l’est-sud-est de Saint-Mihiel, à Bouconville, encore plus loin de la Belgique que Verdun.

Nous voilà guère avancé ! Mais en retournant un peu en arrière dans les biographies des Poilus de Caderousse, on retrouve un autre Paul, Paul Aubert qui fut gravement blessé autour du 25 novembre à Poperinge pour décéder dans un hôpital de l’ouest de la France le 12 décembre 1914. Nous vous invitons donc à relire ce qui a été dit sur cette opération de défense de la Belgique et de la Course à la Mer pour comprendre ce qu’il arriva dans la froidure de la fin de l’automne.

Paul avait 27 ans et 4 mois au moment de son décès. Il repose dans le cimetière militaire de Saint-Charles de Potyze, près d’Ypres, tombe individuelle 810.

La fiche de Paul Auguste Constance de Mémoire des Hommes

Paul Auguste Constance, matricule 318 classe 1907, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. On fera la même remarque que pour Lucien, le patronyme Constance est encore présent à Caderousse et dans le Vaucluse. Si un descendant forcément indirect de ce Poilu reconnait cet arrière-grand-oncle, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

Nous n’avons pas trouvé les renseignements militaires pour Louis Constance qui n’apparaît dans aucun bureau de recrutement, ni en Avignon, ni à Montélimar, ni à Marseille, ni en Ardèche, ni dans le Gard. Bizarre. Après guerre, il se maria avec Thérèse Point à Caderousse le 19 avril 1919.

Par contre Victor (645 classe 1902 bureau de recrutement d’Avignon), pourtant dispensé de service militaire avant-guerre puis retenu dans le corps des auxiliaires militaires en tant que fourrier jusqu’en 1915, finit par se retrouver dans les tranchées et obtint même une citation pour son courage et son sang-froid dans la tourmente de Verdun de juin à octobre 1916. Il s’était marié le 10 février 1902 avec Marie Berbiguier à Caderousse. 

A suivre: Joseph Cuer.

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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Lucien CONSTANCE.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-sixième nom de la liste: Constance Lucien Henri.

La seconde face du monument.

Deux Constance, Lucien Henri et Paul Auguste sont inscrits sur le Monument aux Morts de Caderousse. Une petite recherche nous a fait découvrir qu’ils ne sont pas frères, ni cousins germains, ni cousins au second degré. Pourtant quelques similitudes sont notables dans leurs généalogies. Le père de Lucien se prénomme Auguste Jean, né le 16 juin 1848 tandis que celui de Paul est un Jean Auguste, né le 1er mais 1849. Tous deux sont originaires de Caderousse et cultivateurs. Du côté des mères, elles se prénomment aussi toutes les deux Marie-Louise ! Marie-Louise Millet de Mornas, née en 1854 pour Lucien et Marie-Louise Paschal pour Paul, née également en 1854.

Si l’on remonte l’arbre des pères de Lucien et de Paul, les grands-parents des deux futurs Poilus sont différents. Si parenté il y a, il faudrait remonter plus loin, au XVIIIème siècle.

Lucien Constance est donc venu au monde le 10 septembre 1888 à Caderousse dans la ferme du quartier des Près, non loin de la limite du territoire de Caderousse avec celui d’Orange.

A la lecture du premier recensement effectué après la naissance de Lucien, celui de 1881, la famille vit toujours dans ce secteur, chemin de Pérussier. Lucien (ou plutôt Henri comme on semble l’appeler dans sa famille) est le second enfant du couple formé par Auguste Jean et Marie-Louise. Isidore-Gratien, un grand frère pour Lucien, est né en 1881 et est alors âgé de 10 ans en 1891.

La famille ne connaît guère de bouleversements par la suite. En novembre 1902, Isidore est appelé sous les drapeaux, pas très loin des Près, à Orange, au 15ème Régiment du Train. Il sera libéré dix mois plus tard, par anticipation, en septembre 1903, étant devenu entre temps soutien de famille car papa d’un petit Justin, né en 1902, fruit de l’union entre Isidore et Augustine Vivet, une Caderoussienne de sa classe. Un second enfant, Raoul, suivra en 1906.

Les Constance de Pérussier en 1911.

Lucien-Henri est appelé sous les drapeaux à son tour quelques années plus tard, en 1909. La Révolte des Vignerons de l’Hérault étant passée par là, c’est plus loin que son frère ne l’avait fait qu’il effectuera sa période militaire, à Digne,  du 07 septembre 1909 au 24 septembre 1911, au 3ème Régiment d’Infanterie.

Moins de trois ans après, l’Armée fera de nouveau appel à lui. Dès la Mobilisation Générale, Lucien rejoint son unité, à Digne, à Marseille ou à Cuers où sont regroupés les hommes. Le 07 août, le chemin de fer emmène le 3ème Régiment vers la frontière du nord-est de la France.

Le Journal de Marche du 3ème R.I. nous trace ce  voyage entre Marseille et Xirocourt, au sud de Nancy où va coucher la 6ème Compagnie du 2ème Bataillon à laquelle appartient Lucien Constance. A partir de là, sans trop de repos, le régiment va marcher à la rencontre des Allemands, c’est-à-dire jusqu’à la frontière qui était alors située à l’est de Nancy, à la limite du département de Meurthe-et-Moselle.

Terrible journée que celle du 10 août où les hommes vont parcourir vingt-cinq kilomètres entre Clerey et Saint-Nicolas-du-Port,  avec vingt à vint-cinq kilogrammes de barda sur les épaules, sous un soleil de plomb et une température caniculaire suffisamment exceptionnelle pour que le rédacteur du Journal de Marche le signale.

La rencontre avec les Allemands va se passer à Coincourt à quelques hectomètres de la frontière. On retrouve alors les deux stratégies militaires antagonistes: celle des Allemands attentistes et celle des Français attaquant la fleur au fusil. Nous sommes alors le 14 août. Pourtant, le 12 août à Drouville, vingt kilomètres à l’arrière de Coincourt, les hommes avaient dû creuser des tranchées pour attendre le choc prévue pour le lendemain avant que la stratégie de l’Etat-Major français ne change et ne les fasse progresser le 13.

A travers les mots du rédacteur du Journal de Marche, on voit que cela a chagriné les soldats. Plus tard, le 14 août on lit aussi que la surprise est totale pour tous, hommes, chefs et Etat-Major,  face au déluge de feu qui va s’abattre sur les compagnies se risquant à avancer du côté du Bois du Haut de la Croix à Coincourt. Il faut dire que les Allemands ont bien caché leur jeu en laissant avancer le 3ème Régiment et en reculant pour laisser le terrain libre.

C’est alors que la fusillade éclate.

Tout est dit dans ces quelques lignes: les Allemands ont bien préparé ce piège et les pauvres hommes du 2ème bataillon n’ont d’autre solution que de s’allonger sur la ventre et à se servir de leur sac comme protection, bien légère face à la puissance des armes. Vous l’avez compris, Lucien fait partie de ceux-ci. Le bilan de la journée est terrible:


24 tués mais surtout 712 blessés ou disparus. Un chiffre astronomique pour un affrontement de quelques minutes. Le corps de Lucien Henri Constance n’a pas été retrouvé et il a été reconnu officiellement mort par un jugement du tribunal de Nîmes du 14 juin 1920. Toutefois, son père avait déjà reçu la somme de 150 francs le 16 mars 1916 comme dédommagement pour les soldats célibataires décédés. Une somme bien dérisoire pour un enfant !

Le 14 août 1914, Lucien Constance allait avoir 26 ans. Il était le second mort de la Grande Guerre de Caderousse, après Augustin Aubert disparu non loin de Coincourt, le 11 août, dans des circonstances assez semblables.

La fiche de Lucien Henri Constance de Mémoire des Hommes

Lucien Henri Constance, matricule 320 classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Constance est encore présent à Caderousse et dans le Vaucluse. Si un descendant forcément indirect de ce Poilu reconnait cet arrière-grand-oncle, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

Quant à son frère Isidore, on peut consulter sa fiche matricule 298, classe 1901, bureau de recrutement d’Avignon.

A suivre: Paul Constance.

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108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… Marius CHICORNARD.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-et-unième nom de la liste: Chicornard Marius Denis.

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Première face du Monument.

Et dernier nom de cette première face, écrit juste derrière la palme de 1938… qui a disparu à Ancône lors du déménagement de la Mairie ! Marius est venu au monde le 23 juillet 1892 à Caderousse. C’était le second enfant du couple de Jean-Maurice Désiré Chicornard et Marie Joséphine Capdeville. Comme on pouvait s’en douter, l’aîné avait été prénommé Maurice comme son père.

Les parents étaient tous les deux des enfants de Caderousse. Le mariage avait eu lieu le 27 novembre 1889 et Maurice était arrivé le 08 août 1890. La famille était installée rue neuve, non loin de l’église Saint-Michel. Le père était ouvrier dans la fabrique de balais de Paul Roche. Il semblerait d’ailleurs qu’en 1911, toute la famille était employée dans cet atelier.

Au moment de son incorporation le 09 octobre 1913, Marius semblait avoir professionnellement obliqué dans une autre direction puisque l’armée lui donne le métier de coiffeur. Une autre manière de faire des tresses ! Quant à son frère Maurice qui survivra à la Grande Guerre, on en reparlera plus loin, il deviendra matelassier en 1925 puis fondera sa propre entreprise de fabrication de balais en 1937 avant de passer quelques mois à la Poudrerie de Sorgues au moment de la Drôle de Guerre.

Marius faisait donc partie de ces hommes qui se retrouvèrent les premiers sur le front face à des Allemands décidés en août 1914 car il était sous les drapeaux depuis le 09 octobre 1913 comme on l’a déjà dit. Ces classes 12, 13, 14 en questions furent décimées par une guerre à laquelle personne n’était préparé. Il servait dans l’infanterie au 3ème Régiment en caserne à Hyères.

Reversé au 203ème R.I., réserve du 3ème R.I., il était sur le front de la Meuse au début de septembre 1914. Il se trouvait à Issoncourt quand une attaque allemande tomba sur sa compagnie, le 10 septembre 1914. Longtemps, l’Armée ne sut pas trop ce qu’il advint à ce groupe d’hommes et leurs chefs. Sur le Journal de Marche de cette unité, on peut lire cette incertitude sur le sort…

…des 50 hommes concernés par cette attaque: tous massacrés ou prisonniers.

Une semaine plus tard, le 17 septembre, on croit avoir la solution.

On a cru voir le capitaine Pichon et le lieutenant Faure emmenés au milieu d’autres prisonniers… ! Il faudra attendre la fin de la guerre pour comprendre que Marius et ses camarades ne reviendraient pas d’Allemagne et que la première hypothèse, le massacre de la section, était la bonne. Le tribunal d’Orange du 09 mai 1920 fixa la date du décès de Marius Chicornard au 10 septembre 1914, disparu à Issoncourt, hameau du village des Trois-Domaines situé entre Verdun et Saint-Mihiel, à l’ouest du front stabilisé de 1915.

On ne sait si les siens le surent avant mais l’absence de toutes nouvelles à partir du 10 septembre 1914 ne devait guère les  pousser à l’optimisme. Surtout qu’à cette angoisse pour Marius se mêlait celle pour Maurice, le fils aîné sur le front depuis son rappel en août 1914. Le soldat musicien de 1911 à 1913 pendant son service militaire était devenu un soldat combattant. Il fut blessé d’une balle allemande dans le mollet droit le 20 avril 1917, blessure qui le laissa sur le flanc pendant un an et lui laissa des séquelles recevables à une pension d’invalidité de 10%. Maurice avait reçu auparavant deux citations en octobre 1915 pour une attaque héroïque sur une tranchée allemande puis la mise ne déroute d’une patrouille allemande venue espionner les Français dans le no-man’s-land.

Les médailles de Maurice ne durent guère consoler Jean-Maurice et Marie-Joséphine de la disparition de leur Marius à l’âge de 22 ans et 48 jours.

La fiche de Marius Chicornard de Mémoire des Hommes

Marius Chicornard, matricule 726 classe 1912, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule (succincte) sur le site des Archives du Vaucluse. Si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre (malgré que le patronyme Chicornard ne semble plus guère être présent dans la région), qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette courte biographie.

A suivre: Ernest Chirot.

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108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… CAMBE Eugène.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-cinquième nom de la liste: Cambe Eugène Pierre Martin.

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Première face du Monument.

Voilà une Poilu caderoussier dont on pourrait en savoir beaucoup plus que ces quelques lignes car il est certain qu’il a eu une descendance. Né le 18 janvier 1882, c’est un encore jeune homme de 32 ans au début de la guerre. Mais il était marié et avait eu deux enfants dont un petit Albert venu au monde en 1911. Ce nom « Albert Cambe » m’était connue car souvent  entendu dans la bouche de mes grands-parents, dans les années 60. On le verra dans la post-scriptum. Mais prenons les choses depuis le début.

Aussi loin que nous avons cherché dans les listes nominatives de la commune, les Cambe vivent dans une ferme quartier Miémart. C’est le coin le plus méridional de la commune, excepté le sud de l’île de la Piboulette, non loin du pont de Roquemaure. Il existe aussi deux îles portant ce nom, de l’autre côté du Rhône dans cette commune gardoise: cet îlot qui précédait l’ancien pont suspendu et une grande île artificielle créée par un canal du Rhône. On le voit sur cette carte de 1880.

En 1881, Eugène n’est pas encore là.

Le père également prénommé Eugène qu’on différenciera de son fils par son second prénom Urbain, est un jeune homme, un cultivateur, marié à Marie-Louise Pujade originaire de Saint-Laurent-(les-Arbres). Le couple a eu une fille Albertine Josephine venue au monde le 7 août 1877.

Né en 1882, le jeune Eugène a 9 ans en 1891. Louis Cambe et Marie Lafond doivent être l’oncle et la tante d’Eugène Urbain père. Les parents d’Urbain, Joseph Cambe et Magdelaine-Caroline Fabre, sont tous deux disparus à cette date.

Pas de modification en 1896 ni en 1901. Tout le monde a pris 5 ans puis 10 ans de plus ! Logique !

En 1906, la situation  bien changé. Les parents restent seuls pour mener la ferme du quartier Miémart. Ils ont engagé un domestique, Pierre Brunet, venu de Sérignan. De son côté, Albertine a convolé en justes noces et Eugène junior est sous les drapeaux où il finit sa période de préparation militaire. Il a été appelé le 16 novembre 1903 à la caserne Pépin de Pont-Saint-Esprit. Incorporé au 55ème Régiment d’Infanterie, il est devenu première classe le 11 septembre 1905 et a été rendu à la vie civile le 18 septembre 1906. On peut en déduire que ce recensement a été effectué au premier semestre 1906.

1911 maintenant. 5 années sont passées et des nuages noirs s’accumulent dans le lointain. Bien des choses sont arrivées dans la vie d’Eugène Combe âgé de 29 ans. Sa mère est décédée, il s’est marié, il a repris la ferme de son père âgé de presque 70 ans et il a eu deux garçons. Rien que cela ! En reprenant dans l’ordre, il a épousé le 09 janvier 1909 une fille d’une ferme voisine du quartier Miémart, Laurence Marie Alex Avy (ou Avi), de 3 ans sa cadette. Deux enfants sont nés de cette union: Gaston en 1909 et Albert en 1911.

C’est donc trois ans plus tard qu’Eugène va être rappelé lors de la mobilisation générale du 2 août 1914. Il rejoint la caserne Chabran d’Avignon comme prévu dans ses papiers militaires et non la caserne de Pépin de Pont et le 258ème Régiment d’Infanterie et non au 55ème. Regroupé sur l’Isle-sur-la-Sorgue, Chateauneuf-de-Gadagne, Monfavet, ce régiment mettra un certain temps à partir pour le front, laissant les troupes d’actives passer les premières sur les voies de chemin de fer. On a déjà parlé de cela dans la biographie de Marius Bruguier.

Premiers combats très meurtriers le 24 août 1914 vers Fresnes-en-Woèvre, au sud de Verdun. Quelques semaines après c’est toujours là que se trouve le régiment, devant résister au mieux à une violente poussée allemande dans ce secteur au nord de Saint-Mihiel. En reportant sur une carte actuelle l’avancée allemande du 19 au 26 septembre, on s’aperçoit que la tache a été rude pour les hommes du 258ème lors de cette autre semaine sanglante et que les pertes humaines ont été considérables.

Il n’est qu’à lire un passage du Journal de Marche du Régiment en date du 25 septembre 1914, pour s’apercevoir de l’étendue des dégâts.

Car malgré la pression allemande, les généraux supérieurs restent sur leur philosophie mortifère d’attaque à outrance au lieu de la prudence qui aurait dû prévaloir. Ainsi va se créer le fameux « saillant de Saint-Mihiel » qui ne sera gommé qu’à la fin de l’été 1918.

C’est lors de cette semaine qu’Eugène Cambe laissera sa vie. L’Armée n’a pu donner d’explication sur les raisons de sa mort puisqu’il sera considéré comme disparu. On sait que cela se passa entre le 20 et le 27 septembre 1914. La date du décès sera fixée arbitrairement au 25 septembre 1914 par un jugement du Tribunal d’Orange du 15 octobre 1921. Dans un premier temps il semble qu’elle ait été enregistrée le 20 septembre, premier jour de l’attaque allemande comme cela est dit sur le registre matricule de « Mémoire des Hommes », date reprise par la famille sur la tombe du cimetière de Caderousse.

Une tombe sur laquelle on aperçoit l’épitaphe suivante: A LA MÉMOIRE DE EUGÈNE CAMBE DISPARU LE 20 SEPTEMBRE 1914 À VIGNEULLES (MEUSE) À L’AGE DE 32 ANS.

Eugène Cambe laissait deux enfants de 6 et 3 ans et une ferme sans bras pour la mener ! Terrible épreuve pour sa veuve Laurence !

La fiche d’Eugène Pierre Martin Cambe de Mémoire des Hommes

Eugène Pierre Martin Cambe matricule 622 classe 1902, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Si un descendant souhaite se manifester pour donner d’autres précisions et fournir une photo de son ancêtre, ce sera avec plaisir que parle lui sera donnée. 

A suivre: Marius Cambe.

Post-scriptum:

Albert Cambe, donc, fil d’Eugène Cambe au même titre que Gaston Cambe. Plus jeune de 10 ans que mon grand-père Gabriel, il fut colistier de celui-ci lors des élections municipales de 1947 désignant le premier conseil municipal élu après Libération. Sous la bannière du Parti Radical et Radical-Socialiste d’Edouard Saladier, ils furent élus et siégèrent 6 ans lors du premier mandat de Jean Farjon, colonel à la retraite.

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108 POILUS de Caderousse, 108 DESTINS… CAMBE Auguste.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Vingt-quatrième nom de la liste: Cambe Auguste Marius., inscrit sur la seconde face du monument… quelques problèmes de classement orthographique pour le graveur en 1937 !

Seconde face du Monument.

Trois Cambe sont morts pendant la Grande Guerre et sont tous trois inscrits sur le Monument aux Morts: Cambe Eugène, Cambe Marius et plus loin dans la liste Cambe Auguste Marius. Nous allons rétablir l’ordre alphabétique à l’occasion de cette publication.
Il ne semble pas que ces trois hommes aient une proche parenté. En remontant jusqu’à leurs arrières-grands-pères Cambe, pas d’origine commune. Peut-être en remontant plus loin…?

Né le 18 août 1887, Auguste fait partie des hommes rappelés lors de la déclaration de guerre d’août 1914 après avoir fait une première période militaire à l’âge de 21 ans. Mais auparavant, voyons sa jeunesse au bord du Petit Rhône. La lecture des recensements est très intéressante surtout que le hasard de domicile fait qu’il ne faudra guère tourner de pages… virtuelles.

1891, la première page sur laquelle apparaît Auguste qui n’a alors que trois ans. Sa famille habite Grande Rue, côté gauche… facile à repérer, à condition de savoir de quel côté on commence ! La Grande Rue est devenue rue du Docteur Guérin, bienfaiteur de la ville. Le père, officiellement prénommé Louis Vincent André, apparaît sous le prénom d’Adrien. Mauvaise transcription de l’agent recenseur. Il est né le 15 avril 1857, au même endroit. Il s’est marié avec une fille d’Orange: Marie Joséphine Elisa Farjon, de sept dans sa cadette. Il est cultivateur « propriétaire ». Auguste est le second enfant du couple. Un Paul Louis Victor Edmond Cambe l’a précédé au foyer Cambe-Farjon, en 1885.

1896. André, le père, a retrouvé sa vraie identité. Un petit Gaëtan est arrivé dans le foyer en 1892, un troisième garçon pour les Cambe-Farjon ! En bas de la liste des membres de la maisonnée apparaît Victorine Breton, mère de Mme Farjon. Le décès du père de Marie Joséphine Farjon a eu pour conséquence ce regroupement familial. Agée de 60 ans, ce serait une jeune grand-mère à notre époque. Rentière donc relativement aisée.

1901, tout le monde a pris 5 ans mais pas de changement notable dans le foyer d’André et Joséphine Farjon. Les enfants n’ont pas encore choisi leur avenir professionnel. Ce sera pour très bientôt pour les deux plus grands !

1906. Le fils aîné Paul travaille maintenant comme commis de banque en Avignon, à  l’établissement Gaïdan. Est-ce l’ancêtre de la banque Arnaud-Gaidan de Nîmes ? Pour peu de temps encore car il s’apprête à partir remplir ses obligations militaires. Ce sera pour le seconde semestre de l’année 1906 et l’Armée se servira de ses compétences professionnelles pour l’incorporer à la 15ème section de Secrétaire d’Etat-Major et de Recrutement de Marseille. Il continuera donc sous l’uniforme à travailler dans les bureaux, jusqu’en 1908. Ces secrétaires militaires furent d’une extraordinaire efficacité organisationnelle. Pensez qu’avec seulement leurs plumes et leurs papiers, ils permirent à la France de rappeler en quelques heures trois millions de réservistes lors de la mobilisation générale du 2 août 1914. Sans téléphone, sans portables, sans internet, SMS ou réseaux sociaux… !

1911. Une bonne nouvelle pour la famille et une mauvaise. Commençons par cette dernière ! La mère de Marie Joséphine Elisa Cambe (à noter que dans les recensements précédents, Mme Cambe s’est fait appeler par tous ces prénoms) n’est plus là et est  décédée. Elle aurait eu 76 ans en 1911. Par contre, bonne nouvelle, Paul de retour de l’armée a pu se rapprocher des siens et travaille maintenant comme comptable à Orange chez Martin. Auguste, lui aussi, a accompli son service militaire. Il ne s’est pas arrêté ni en Avignon, ni à Marseille mais a rejoint Nice et le 141ème Régiment d’Infanterie le 07 octobre 1911. Première classe le 5 décembre 1912, il a été renvoyé dans ses foyers le 25 septembre 1910 avec un Certificat de Bonne Conduite en poche. Deux années sur la Côte d’Azur avant de reprendre place auprès de son père pour le seconder dans les champs. Le recensement doit avoir été fait en début d’année 1911 car Auguste est encore célibataire quand le registre a été rempli. Pourtant le 08 août 1911, il s’est marié avec Rose Henriette de Valois (ou Devalois) de Sarrians. Leur lune de miel s’achèvera brutalement 3 ans et 25 jours plus tard !

Rappelé le 2 août 1914, il retrouve Nice mais le 163ème Régiment d’Infanterie, une unité dont on déjà parlé quand on a évoqué le souvenir d’un autre Caderoussier, Norbert Brichet, décédé le 15 août 1915 près de Saint-Mihiel. Le parcours d’Auguste Cambe sera bien plus bref. C’est seulement les 15 et 16 août 1914 que les bataillons embarqueront à destination de Belfort. Baptême du feu le 19 août à Tagolsheim (35 km à l’est de Belfort, entre Mulhouse et Altkirch donc en territoire ennemi conquis en 1914), le régiment perdra en un violent affrontement contre les Allemands 8 officiers et 210 hommes de troupe (36 tués, 131 blessés et 51 disparus tous grades confondus). Le régiment cruellement éprouvé est relevé et est envoyé à nouveau par train un peu plus au nord, à Saint-Dié dans les Vosges.

La troupe débarque à 5 heures du matin et va devoir, en marche forcée, avec un barda de 25 kilogrammes sur le dos, se porter au devant des Allemands dans la vallée voisine d’Autrey- Saint-Benoît-Bru. Le rédacteur du Journal de Marche du 163ème de Ligne emploie l’expression « étape longue et pénible ». Sur Google Maps, on peut évaluer cela à 28 kilomètres le chemin pour atteinte de Saint-Dié, le bois d’ Anglemont sous un soleil de plomb et sans savoir quel accueil sera fait à ce petit monde à l’arrivée.

Violents combats dans ce bois puis affrontement un peu plus au sud rue Larifontaine à Bru. C’est là qu’Auguste Cambe sera blessé peut-être le 02 septembre 1914, peut-être un ou deux jours auparavant. Il fut atteint par des billes d’un shrapnel allemand (obus qui en explosant projette de nombreuses billes de plomb) au visage avec « plaie à la face, au cuir chevelu et à l’aisselle ». S’il avait survécu, il aurait été un de ces blessés aux visages qu’on a surnommé « les Gueules Cassées ». Après-guerre, on leur dédia une tranche de la Loterie Nationale pour leur venir en aide.

Cela ne se produisit pas. Auguste Cambe décéda à l’ambulance, un peu en arrière, à Autrey, le 02 septembre 1914, 31 jours après le début de la guerre. Il fut inhumé à la Nécropole Nationale de Saint-Benoît-de-Chipotte, tombe individuelle 330.  Ce cimetière est situé au coeur de la forêt vosgienne, près du col de la Chipotte.

La fiche d’Auguste Cambe de Mémoire des Hommes

Auguste Marius Cambe, matricule 323 classe 1907, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Cambe étant toujours vivant à Caderousse et dans la région, si un descendant indirect reconnaît un membre se sa famille, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents. 

A suivre: Cambe Eugène.

Post-scriptum.

On a parlé dans l’article de Paul et Gaëtan Cambe, quels furent leurs parcours pendant la Grande Guerre ?

Paul Cambe (matricule 407, classe 1905 d’Avignon).

Après sa période comme secrétaire lors de son incorporation, il fut envoyé pendant la guerre dans une unité du Train, au 20ème régiment du Train de Versailles et au 4ème du Train de Chartres. Il était donc dans le ravitaillement et on peut comprendre qu’on avait besoin, là, d’hommes capables de transcrire des ordres, d’être rigoureux et organisés. Il sortit sans dommage de la guerre et on sait qu’il fut secrétaire de Mairie à Caderousse à partir de 1924.

Gaëtan Cambe (matricule 721, classe 1912 d’Avignon).

Moins de chance pour le petit frère d’Auguste. Incorporé le 14 octobre 1913 au 173ème Régiment d’Infanterie de Corté en Corse, il se retrouva bien vite sur le front. Quelques jours après le décès de son frère (l’avait-il su ?), il fut pris par les Allemands à Montfaucon d’Argonne le 30 septembre 1914. Il connut donc le même sort que son compatriote Marius François Bruguier pris à quelques kilomètres de là, au bois de Malancourt, dans l’anéantissement du 258ème RI le 20 mars 1916. Mais il eut plus de chance que lui. Il fut envoyé en camp de prisonniers de Dülmen (au nord de Dortmund près de la frontière néerlandaise) mais il en revint vivant, certes très longtemps après, le 28 décembre 1918. 51 mois de captivité !  En 1921, il quitta Caderousse pour Rochegude dans la Drôme.

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108 POILUS de Caderousse, 108 DESTINS… les BRUGUIER.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

108 parcours et non plus 107 car nous allons évoquer aujourd’hui le cas des Poilus Bruguier à travers leur famille, avant la Grande Guerre. S’il existe bien 2 Bruguier inscrits sur le Monument au cimetière: Léon et Marius, deux frères, un troisième Bruguier, Martial a été oublié en 1937. Ce n’est pas un troisième membre de la fratrie mais un petit-cousin des 2 précédents. On va le voir. Dans un second temps, on évoquera le parcours de chacun des 3 pendant la Guerre dans d’autant d’articles individuels.

Vingt et unième, vingt-deuxième et vingt-troisième  noms de la liste: Bruguier Léon, Marius et Martial.

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Première face du Monument.

L’Etat-Civil numérisé de Caderousse aux Archives du Vaucluse va bien nous aider pour découvrir l’origine de cette famille. On doit remonter au début du XIXème siècle pour trouver un ancêtre commun aux 3 Poilus: le couple Simon Bruguier- Marie-Colombe Roussel vivant du côté de Bagnols-sur-Cèze dans le Gard. Ce sont les arrières-grands-parents de Léon, Marius et Martial. Simon est tourneur sur bois puis marchand, Marie, ménagère bien entendue.

Ce sont deux des fils de ce couple qui devait s’être uni dans les premières années de la Restauration, qui vont émigrer sur la rive gauche du Rhône, en convolant en justes noces avec des filles de Caderousse.

François Bruguier, né à Bagnols en 1824 va prendre pour épouse Madeleine Marguerite Giornal née en 1830. Les noces seront célébrées le 20 novembre 1849, à 9 heures du matin par le capitaine en retraite, Chevalier de la Légion d’Honneur, Janvier-Marie Petison de Fethia, accessoirement Maire de la commune. Ils auront de nombreux enfants et seront les grands-parents paternels de Léon et Marius.

Parmi les enfants issus de cette union, naît Auguste, le 08 septembre 1859, rue Saint-Michel. 27 ans plus tard, Auguste épousera Emilie Sabine (prénom usuel) Ruat née le 16 mai 1859 à Caderousse. C’est Alexis Simon, adjoint au Maire manifestement dévoué à célébrer les mariages cette année-là (à moins que le Maire soit décédé), qui unit Auguste et Sabine le 19 septembre 1878.

On retrouve la famille quartier Lapérat (ou La Péran) à Caderousse, quelques mois après le début du XXème siècle…

…en page 66 du recensement de 1901. 5 enfants sont nés dont les 2 futurs Poilus ! Sauf que Léon est justement appelé Auguste (son premier prénom officiel) alors que Marius est improprement appelé François (de son second prénom officiel). Auguste Léon est né le 11 février 1884 à Caderousse, aux Cabannes où son père était métayer comme il l’est toujours en 1901 à La Péran. Marius François est né 2 ans plus tard, le 16 août 1886.

Dix ans passent et on se rapproche de la Grande Guerre. Le recensement de 1911 nous apprend que la famille s’est bien agrandie. C’est Léon qui, à son tour s’est marié avec une Léonie et vit, comme cela se faisait communément à l’époque sous le même toit que ses parents.

Une petite Marie-Jeanne a vu le jour au foyer de Léon et Léonie, un an plus tôt, en 1910 si bien que 3 générations cohabitent dans la grange. Marie-Jeanne deviendra très vite, à 6 ans, orpheline de guerre. De son côté, Marius est toujours à la ferme. Le père et ses 2 fils font tourner l’exploitation agricole. On peut imaginer les conséquences catastrophiques, autant familiales que professionnelles, qu’entraîneront les incorporations puis les décès des jeunes hommes.

Quant à la grand-mère Madeleine (née Giornal), elle est toujours de ce monde en 1911 et vit seule, rue des Ecoles, malgré son âge respectable de 84 ans.

Passons maintenant à l’histoire du petit-frère de François Bruguier, le grand-père de Léon et Marius: Simon Bruguier. A noter qu’il porte le même prénom que son père, celui qui se maria vers 1820.

Né en 1929, à Bagnols-sur-Cèze bien entendu, Simon Bruguier épousera à Caderousse Marie Nathalie Ferragut le jour de la Saint-Valentin 1855. Un grand sentimental ce Simon !?! Pas sûr que la fête commerciale liée à la Saint-Valentin née au milieu du XIXème siècle ait atteint Caderousse en 1855 ! Ce qui est certain, c’est que Joseph Henri Rollet, maire et officier de l’Etat-Civil présidait cette cérémonie.

De cette union naîtra Barbe Philémon Bruguier (voilà 2 prénoms originaux !) le 11 décembre 1857. Devenu jardinier comme son père, il épousera à son tour une fille du village Marthe Mélanie Lurion le 2 juillet 1884, devant Jean André Estran, Maire et officier de l’Etat-Civil.

Martial Roger Bruguier naîtra quartier Fazende le 1er mars 1894. C’est ce gamin de 20 ans, petit-cousin de Léon et Marius qui sera envoyé fin 1914 combattre les Allemands dans les tranchées de l’est de la France.

Voyons cette famille telle que la décrit le recensement de 1901.

Les parents Barbe et Marthe, 4 garçons: Roger Louis, Martial, Clément, Marcel  et le grand-père Simon, âgé de 74 ans et veuf, qui vit chez ces enfants. Très bien… mais la lecture du recensement suivant de 1906 va nous permettre de rectifier quelques erreurs:

Le départ de l’aîné des garçons Roger Louis placé chez un patron fait de Martial le nouvel aîné de la fratrie… sauf que tout en bas de la famille, une Marie, absence en 1901 le devance de 6 ans ! Où était-elle en 1901 ? Oubliée ? Clément est devenu Justin, son premier prénom officiel et Marcel… Marcelle. La transsexualité n’ayant pas débuté à Caderousse au début du XXème siècle, on peut raisonnablement penser que l’agent recenseur de 1901 avait pris quelques largesses avec la vérité ou quelques verres de trop ! Un petit Auguste est venu au monde et Papy Simon a maintenant 82 ans. Il ne se fait pas jeune, le pauvre, surtout qu’il a pris 8 ans… en 5 ans !

En 1911, la famille n’apparaît plus dans les listes du recensement. Elle a quitté Caderousse, certainement pour retourner dans le Gard, du côté de Bagnols-sur-Cèze. Né en 1894, Martial Bruguier aura vécu au moins 13 ans à Caderousse et dans ce cas, seulement 9 ans ailleurs. Sans chauvinisme aucun, il peut être considéré comme Poilu de Caderousse !

Si la petite Marie-Jeanne, bébé d’un an en 1911, a donné une descendance, il existe peut-être quelque part dans un grenier pas encore vidé ou une boîte de chaussures, des souvenirs de Léon Bruguier ou de Marius… Si quelqu’un reconnaît comme ancêtre direct ou indirect Léon, Marius ou Martial Bruguier, qu’il ne se gène pas pour réagir.… 

A suivre: Léon Bruguier.

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107 POILUS de Caderousse, 107 DESTINS… BRICHET Norbert.

107 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 107 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Dix-neuvième nom de la liste: Brichet Norbert Paul  Alexis.

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Première face du Monument.

Est-ce la narration des campagnes que son père Denis Alexis Brichet fit au Tonkin lors de sa période militaire, entre 1889 et 1891 qui amena Norbert Brichet à devancer l’appel et à s’engager dès l’âge de 18 ans ?

Est-ce le fait qu’il ait reçu la Légion d’Honneur après son décès sur le front, dans l’est de la France, à la tête d’une Compagnie, qu’il ne soit pas oublié quand on établit la liste des Poilus de Caderousse morts pendant la Grande Guerre en 1937 ? Car il y a bien longtemps qu’il n’habitait plus à Caderousse au moment de son décès. Il y habita d’ailleurs très peu longtemps, on va le voir.

Toujours est-il qu’il ne fut pas oublié, à la différence de 16 autres jeunes hommes qui quittèrent le village avant la déclaration de guerre.

Son père Denis Brichet, « le Tonkinois », venait de Sainte-Cécile (pas encore les-Vignes) où il était né en 1866. Le hasard lui avait fait rencontrer Marie-Louise Marron, née en 1867, à Saint-Julien-de-Peyrolas,  non loin du confluent de l’Ardèche et du Rhône. Elle avait suivi ses parents quand ils s’étaient installés à Caderousse pour travailler la terre. Il est dit que Denis était musicien. Ce fut peut-être ce détail qui lui fit rencontrer Marie-Louise, lors d’une vogue. Toujours est-il que c’est à Caderousse que Denis et Marie-Louise se marièrent le 14 octobre 1893 et que le petit Norbert arriva 10 mois plus tard, le 11 août 1894. Entre temps, le père était devenu facteur des Postes au village pour les étrennes de 1894.

On retrouve la famille sur le recensement de 1896. Une petite Yvonne est arrivée deux mois avant le recensement.

La famille habite intra-muros, dans la grand rue, au quartier des Jardins.

C’est là que la trace de la famille disparaît, suivant très certainement les mutations professionnelles du père facteur. On la retrouve en Avignon, en 1912, à Saint-Ruf, impasse Sépinière. La mère n’est plus là,  décédée. Norbert, brillant étudiant, contracte alors un engagement de 4 ans dans l’armée le 1er octobre 1912, malgré les bruits de bottes qui augmentent d’intensité à chaque crise entre les puissances européennes. Il ne va par partir très loin apprendre le métier des armes puisqu’il est militaire au 58ème Régiment d’Infanterie d’Avignon. Caporal en 1913, il devient sergent à la déclaration de guerre puis sergent major à la fin d’août 14.

Les effectifs des officiers fondant comme neige au soleil d’une guerre partie pour durer, il se retrouve nommé temporairement pour la durée de la le guerre sous-lieutenant au 163ème Régiment d’Infanterie, le 11 mai 1915. Sous-lieutenant n’est pas un grade qui vous met à l’abri des dangers de la guerre, tout au contraire ! Ce sont eux qui sont amenés à montrer l’exemple quand il s’agit de partir à l’assaut des lignes adverses, les fictions nous ayant de nombreuses fois montré ces scènes.

Le voici à la tête de la 14ème Compagnie du 4ème Bataillon fin juin 1915…

puis présent début août 1915:

Ce ne sera plus le cas en septembre ! Malgré que ce secteur à l’est de Verdun soit relativement calme après de durs affrontements en mars 1915, ce qui devait arriver arriva… Norbert Brichet fut grièvement blessé le 15 août 1915, dans le secteur de Flirey…,

entre Saint-Mihiel et Pont-à-Mousson. Le Journal de Marche de l’unité rempli par son chef en atteste:

La blessure est suffisamment grave pour qu’il n’en survive pas. Il décède à l’hôpital Militaire Gama de Toul, aujourd’hui remplacé par un lotissement,…

… le 7 septembre 1915 suivant son registre matricule. Date contestée par le livre d’or du 163ème R.I. qui le fait mourir une semaine auparavant le 31 août 1915.

Norbert Brichet venait tout juste de fêter ses 21 ans. Chevalier de la Légion d’Honneur, le 13 novembre 1915, contre une vie de 21 ans !

La fiche de Norbert Paul Alexis Brichet de Mémoire des Hommes.

Norbert Paul Alexis Brichet , matricule 865 classe 1914, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Ce patronyme Brichet apparaît dans la région proche de Sainte-Cécile-les-Vignes, ce qui n’est pas illogique; si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre, qu’il ne se gène pas pour réagir, surtout s’il possède quelques photos ou documents. La fiche de son père Denis Brichet est également lisible aux Archives du Vaucluse:  matricule 163 classe 1886, bureau de recrutement d’Avignon.

Une tombe au cimetière de Caderousse quasi effacée garde le souvenir et surtout la photo d’un jeune homme appartenant au 163ème, écrit sur le col de sa vareuse, ainsi qu’une trace de 7 SEPTEMBRE 1915.

Est-ce Norbert Brichet? La suite de nos recherches l’infirmera ou le confirmera. Très gros doute tout de même !

A suivre: Paul Broquin.

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