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110 POILUS de CADEROUSSE, 110 DESTINS… Léon FERRAGUT.

110 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 110 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quarante-sixième nom de la liste: Léon Paul Victor Ferragut.

La seconde face du monument.

Deux Ferragut sur la seconde face du monument aux morts de Caderousse mais contrairement aux Dardun et aux Doux, ce ne sont pas des frères. Le premier nominativement, Léon Paul Victor Ferragut est né à Caderousse le 08 février 1890. Ses parents se sont mariés treize mois plus tôt, le 08 janvier 1889 au village. Léon Marius est ouvrier baletier et son épouse Marie Antoinette Perrin s’occupe du foyer. Le couple est installé rue de la Masse, à l’intérieur des digues. De cette union naîtra un second garçon en 1898, Gabriel Prosper.

La famille au grand complet lors du recensement  de 1911.

Cette même année 1911, peu de temps après le recensement, Léon va rejoindre le 3ème Régiment d’Infanterie de Digne pour y effectuer sa période militaire. Il va y rester deux ans, du 11 octobre 1911 au 08 novembre 1913.

Habituellement, les jeunes hommes de retour de leur service militaire prennent femme. Léon n’en aura pas le temps puisqu’il est rappelé le 01 août 1914 lors de la mobilisation générale. Il rejoint donc le 05 août la préfecture des Basses-Alpes. A peine le temps de ramasser son barda, d’enfiler son pantalon rouge et sa vareuse bleu que la troupe s’ébranle pour le nord-est de la France.

Des arrêts en Avignon, à Lyon-Vaisse et à Dijon et le régiment est débarqué à Diarville le 06 août 1911. Peut-être avez-vous le sentiment d’avoir déjà lu cela. En effet, Léon était dans le même régiment qu’un autre « pays », Lucien Constance.

https://unmondedepapiers.com/2017/12/05/110-poilus-de-caderousse-110-destins-lucien-constance/

Marches forcées pour aller rencontrer les Allemands au plus vite sur les frontières de la France d’alors. Lucien Constance sera tué le 14 août à Coincourt, le jour du baptême du feu du Régiment qui perdra dans cet affrontement ce jour-là, 24 hommes tués mais surtout 712 blessés ou disparus. Lucien Constance faisait partie de la dernière catégorie de cette première hécatombe !

Le second affrontement aura lieu six jours plus tard, en Lorraine Allemande, à Dieuze. Les Allemands ont laissé avancer imprudemment les Français qui se sont laissés aspirer dans ce piège. Le 3ème R.I. est en couverture de régiments qui sont allés plus à l’est. Les hommes ont creusé des tranchées pour se défendre mais la journée commence mal.

Phrase délicieuse du rédacteur du Journal de Marche du 3ème R.I.: Ça a tout l’air d’une retraite… pour parler des 111ème, 112ème et 141ème R.I. fuyant le déluge de feu allemand savamment préparé et franchissant les défenses du 3ème R.I. Devant la menace d’être contourné par la droite par l’avancée allemande, l’Etat-Major fait replier le régiment, manoeuvre qui se prendra la journée entière du 20. Bilan de cette retraite…

…une seconde saignée qui met hors de combat 6 tués mais surtout 524 blessés ou disparus. Vous l’avez deviné, Léon Ferragut fait partie de cette dernière catégorie et il ne réapparaîtra plus. Il sera considéré comme mort par un jugement du 17 avril 1920. Avant cette date, comme son sort ne laissait que peu de place au doute, l’Etat octroya les 150 francs de dédommagement à son père.

Ayant perdu plus de 1 300 hommes en deux journées de combat, le 3ème R.I. fut réorganisé et passa de trois à deux bataillons. Quelques jours plus tard, de la chair fraîche arrivait, une cohorte de 1 000 hommes prise dans les réservistes. Léon Ferragut ne réapparut pas, certainement enterré par les Allemands dans une fosse commune jamais retrouvée.

La fiche de Léon Paul Victor Ferragut de Mémoire des Hommes.

Léon Paul Victor Ferragut, matricule 944 classe 1910, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Ferragut est très répandu en Vaucluse et à Orange. Si une personne reconnaît en ce Poilu, un ascendant indirect forcément puisque mort sans descendance,  qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette petite biographie.

A suivre: Louis Ferragut.

 

Triste sort que celui de Gabriel Prosper, le petit frère de Léon. Né le 17 janvier 1898, il n’évitera pas la Grande Guerre. Il va servir dans le Génie, le 7ème d’Avignon puis le 10ème de Bouchemaine, au sud d’Angers. Il en reviendra malade, paludisme (!) ou tuberculose. Puis il épousera Andrea Anaïs Barre le 23 novembre 1921. Ce mariage ne durera malheureusement pas longtemps car, moins de deux ans plus tard, Gabriel décèdera de la tuberculose le  27 octobre 1923.

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108 POILUS de CADEROUSSE, 108 DESTINS… Marius CHICORNARD.

108 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 108 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Trente-et-unième nom de la liste: Chicornard Marius Denis.

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Première face du Monument.

Et dernier nom de cette première face, écrit juste derrière la palme de 1938… qui a disparu à Ancône lors du déménagement de la Mairie ! Marius est venu au monde le 23 juillet 1892 à Caderousse. C’était le second enfant du couple de Jean-Maurice Désiré Chicornard et Marie Joséphine Capdeville. Comme on pouvait s’en douter, l’aîné avait été prénommé Maurice comme son père.

Les parents étaient tous les deux des enfants de Caderousse. Le mariage avait eu lieu le 27 novembre 1889 et Maurice était arrivé le 08 août 1890. La famille était installée rue neuve, non loin de l’église Saint-Michel. Le père était ouvrier dans la fabrique de balais de Paul Roche. Il semblerait d’ailleurs qu’en 1911, toute la famille était employée dans cet atelier.

Au moment de son incorporation le 09 octobre 1913, Marius semblait avoir professionnellement obliqué dans une autre direction puisque l’armée lui donne le métier de coiffeur. Une autre manière de faire des tresses ! Quant à son frère Maurice qui survivra à la Grande Guerre, on en reparlera plus loin, il deviendra matelassier en 1925 puis fondera sa propre entreprise de fabrication de balais en 1937 avant de passer quelques mois à la Poudrerie de Sorgues au moment de la Drôle de Guerre.

Marius faisait donc partie de ces hommes qui se retrouvèrent les premiers sur le front face à des Allemands décidés en août 1914 car il était sous les drapeaux depuis le 09 octobre 1913 comme on l’a déjà dit. Ces classes 12, 13, 14 en questions furent décimées par une guerre à laquelle personne n’était préparé. Il servait dans l’infanterie au 3ème Régiment en caserne à Hyères.

Reversé au 203ème R.I., réserve du 3ème R.I., il était sur le front de la Meuse au début de septembre 1914. Il se trouvait à Issoncourt quand une attaque allemande tomba sur sa compagnie, le 10 septembre 1914. Longtemps, l’Armée ne sut pas trop ce qu’il advint à ce groupe d’hommes et leurs chefs. Sur le Journal de Marche de cette unité, on peut lire cette incertitude sur le sort…

…des 50 hommes concernés par cette attaque: tous massacrés ou prisonniers.

Une semaine plus tard, le 17 septembre, on croit avoir la solution.

On a cru voir le capitaine Pichon et le lieutenant Faure emmenés au milieu d’autres prisonniers… ! Il faudra attendre la fin de la guerre pour comprendre que Marius et ses camarades ne reviendraient pas d’Allemagne et que la première hypothèse, le massacre de la section, était la bonne. Le tribunal d’Orange du 09 mai 1920 fixa la date du décès de Marius Chicornard au 10 septembre 1914, disparu à Issoncourt, hameau du village des Trois-Domaines situé entre Verdun et Saint-Mihiel, à l’ouest du front stabilisé de 1915.

On ne sait si les siens le surent avant mais l’absence de toutes nouvelles à partir du 10 septembre 1914 ne devait guère les  pousser à l’optimisme. Surtout qu’à cette angoisse pour Marius se mêlait celle pour Maurice, le fils aîné sur le front depuis son rappel en août 1914. Le soldat musicien de 1911 à 1913 pendant son service militaire était devenu un soldat combattant. Il fut blessé d’une balle allemande dans le mollet droit le 20 avril 1917, blessure qui le laissa sur le flanc pendant un an et lui laissa des séquelles recevables à une pension d’invalidité de 10%. Maurice avait reçu auparavant deux citations en octobre 1915 pour une attaque héroïque sur une tranchée allemande puis la mise ne déroute d’une patrouille allemande venue espionner les Français dans le no-man’s-land.

Les médailles de Maurice ne durent guère consoler Jean-Maurice et Marie-Joséphine de la disparition de leur Marius à l’âge de 22 ans et 48 jours.

La fiche de Marius Chicornard de Mémoire des Hommes

Marius Chicornard, matricule 726 classe 1912, bureau de recrutement d’Avignon pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule (succincte) sur le site des Archives du Vaucluse. Si un descendant indirect reconnaît cet ancêtre (malgré que le patronyme Chicornard ne semble plus guère être présent dans la région), qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ou corriger cette courte biographie.

A suivre: Ernest Chirot.

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