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116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Henri Roche.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Quatre-vingt seizième Poilu: Henri Fernand Roche.

Sur la quatrième face du Monument aux Morts.

Henri Roche est né le 14 novembre 1888 à Caderousse au quartier du Panier autrement appelé la Grand Grange. C’est seulement après le décès de son père que la famille nombreuse migrera dans l’île de la Piboulette.

Louis Ignace Roche, le père en question est un Caderoussien de souche né en 1854. Il se marie à Rasteau avec une fille de cette commune viticole, le 09 août 1882. Marie Thérèse Brès, la mariée, est un peu plus jeune que son époux, née en 1859. Le couple va s’installer dans une ferme à Caderousse et la famille va s’agrandir !

Au recensement de 1886, deux garçons sont arrivés: Marius Louis en 1884 qui vivra jusqu’à l’âge de 71 ans sans quitter le village et Adrien Pierre en 1886 qui prendra pour épouse Marie Pavier en 1920 mais décèdera avant son aîné, en 1947. On reparlera plus tard des parcours de Poilus des frères d’Henri.

Dix ans plus tard, en 1896, trois autres petits sont arrivés. Deux autres garçons, Henri à qui cet article est consacré et Albert Etienne né en 1891 qui vivra jusqu’en 1972, puis une première fille, en 1896, Valentine Marie Louise qui prendra pour époux un certain Fernand Emile Leyraud de retour de la guerre.  A noter que la mère de Thérèse, Rose Vainsin ou Vaintin est venue finir ses jours à Caderousse auprès de sa fille après le décès de son mari à Rasteau.

Dix ans de plus sont passés et la famille est au complet en 1906. Après quatre garçons, le couple a donc eu,  trois filles Valentine Marie dont on a déjà parlé puis Claire Paulia et Adrienne Anne. Paulia est née en 1900 et se mariera en 1921 avec Louis Justin Aubert. Elle vivra suffisamment longtemps pour connaître les deux premiers mois de la présidence de François Mitterrand ! Quant à la petite dernière, Adrienne née en 1902, elle vivra quinze mois de plus que Paulia. Mon propos ressemble à un énoncé de problème en mathématiques !

Faits remarquables, tous les enfants du couple Roche-Brès vivront jusqu’à l’âge adulte et la mortalité infantile ne touchera pas cette famille. Ce sera la Grande Guerre qui amènera le premier deuil dans la fratrie avec le décès d’Henri en 1914. Auparavant, le père de famille Louis Ignace aura quitté les siens, le 17 avril 1908 à l’âge relativement jeune de cinquante-quatre ans.

Marius n’est pas mentionné dans le recensement de 1906 car à cette date, il termine un service militaire réduit à une seule année en tant qu' »aîné d’une fratrie de sept enfants ». Après lui, Adrien effectuera deux années chez les Chasseurs à Pied de Villefranche-sur-Mer de  1907 à 1909. Puis ce sera autour d’Henri de goûter à la grandeur et aux servitudes de la vie militaire du 07 octobre 1909 au 24 septembre 1911 au 3ème Régiment d’Infanterie de Marseille. Enfin Albert appelé sous les drapeaux le 10 octobre 1912 sera sur place quand la guerre éclatera et fera donc sept années très loin de Caderousse. La lecture des registres matricules des Roche du Panier nous apprend que tous ces garçons étaient de petite taille, entre 1 mètre 51 pour Henri à 1 mètre 56 pour Adrien, contrairement à leur père Louis qui était bien plus grand avec son mètre 65.

Après 1908 et le décès du père, la famille a migré dans l’île de la Piboulette, à la Grange Neuve.

La fratrie est à au complet en 1911. Une petite Louise Roche apparaît tout en bas de la liste. Prudent, l’agent recenseur ne se risque pas à donner le lien de parenté entre cette dernière et la chef de famille, Marie Thérèse Brés… nous non plus ! Un neveu de Rasteau, Auguste Leynaud, âgé de 14 ans vient aider ses cousins à mener les terres. Cette petite remarque nous apprend que Valentine Marie Louise s’est uni en 1919 avec un des ses cousins de Rasteau.

A l’appel du tocsin d’août 14, Marius, Adrien et Henri rejoignent leurs unités, le 3ème R.I. pour Henri, au camp de rassemblement des réservistes de Toulon. Quatre jours de préparatifs et le régiment s’ébranle en train pour la Moselle via Avignon, Lyon-Vaise et Dijon. Le destin d’Henri Roche est tout à fait similaire à celui d’un autre Caderoussien, Léon Paul Victor Ferragut, de deux ans son cadet, soldat du 3ème R.I., disparu à Dieuze le 20 août 1914.

On peut aussi citer Lucien Henri Constance du même régiment tué à Coincourt le 14 août aux premiers coups de fusil reçus par l’unité. Ou encore Auguste Ambroise Aubert et Fernand Gonzague Pécoul, les deux premiers morts de la guerre de Caderousse tués à Lagarde le 11 août. Et Julien Joseph Martin disparu le 14 août à Moncourt. Lagarde, Coincourt, Moncourt, Dieuze… tous des bourgs de Lorraine allemande. Auguste, Fernand, Julien, Lucien, Léon et Henri, toutes des victimes de l’inconsciente stratégie militaire française se lançant dans des attaques inconsidérées face à des Allemands puissamment organisés en défense.

Ainsi, le 20 août, le 3ème R.I. voit d’autres régiments en pleine débandade…

… traverser ses lignes. Puis quelques heures plus tard, c’est à leur tour de se replier en catastrophe sous la canonnade des Allemands.

Bilan chez les fantassins du 3ème R.I…

… 6 tués et 524 blessés ou disparus ! Parmi eux Henri Fernand Roche disparu le 20 août 1914 à l’âge de 25 ans et 9 mois. Enterré par les Allemands au château de Bidestroff, il repose depuis à la Nécropole Nationale « Riche » en Moselle.

Deux de ses frères, Marius l’aîné et Albert le plus jeune connaîtront la captivité en Allemagne. Marius, soldat du 258ème R.I. sera pris à Saint-Mihiel le 27 septembre 1914 lors de combats où ont péri dix Caderoussiers en quinze jours. Détenu à Ulm, il retrouvera la liberté le 28 décembre 1918. Albert blessé en septembre 1914 à Saint-Dié, sera lui capturé dans le secteur de Thiaumont pendant la bataille de Verdun en mai 1916. Détenu un temps à Hanreln, il retrouvera son frère à Ulm et rentrera en même temps que lui à Caderousse.
Quant à Adrien, ce sera le héros de la famille: trois blessures dont une à la tête, une maladie, deux citations et une médaille militaire !

Fiche matricule d’Henri Fernand Roche de Mémoire des Hommes.

Henri Fernand Roche, matricule 330 de la classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Roche est encore bien présent en Vaucluse et à Caderousse. Si quelqu’un reconnaît en Henri Fernand un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Auguste et Louis Roche (généalogie).

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Une CARTE de la VALLÉE DU RHÔNE des années 20 (ou avant) 5/5

Dernière étape de notre descente du Rhône virtuelle: le Rhône vauclusien et une partie du Rhône gardois. Les affluents rive gauche, l’Eygues et l’Ouvrez mentionnés mais la Cèze bien présente sur la rive droite s’appelle Aiguillon ! Peu de ponts à présenter aux lecteurs du blog. Il faut dire qu’il y a que celui de Roquemaure et les trois ponts d’Avignon, celui du chemin de fer devant se contenter d’un seul trait noir sur la carte !

Caderousse pourtant si typique avec le village entouré de digues n’est pas du tout mis en valeur, à la différence de Montfaucon, Roquemaure ou Chateauneuf. Que faisait le Syndicat d’Initiative local ?

Le pont de Roquemaure donc, sans sa spécificité du ponceau qui le précède pour atteindre l’îlot de Miémart. On l’a déjà vu.

Les ponts d’Avignon. Deux ouvrages pour traverser les deux bras du fleuve qui entourent l’île de la Barthelasse. Le concepteur du document a bien différencié l’ouvrage du bras de Villeneuve, un pont en pierre qui a succédé au fameux pont de chevalets et celui du bras d’Avignon, un pont suspendu.

Sur le bras de Villeneuve, le pont de chevalets ou le pont de charpentes en bois ouvert en 1816 et appelé pont Bonaparte car projeté sous l’Empire puis…

…la construction très perturbée d’un pont de pierre de 1905 à 1909 dont le chantier fut emporté au moins deux fois par les crues du Rhône…

…et l’ouvrage terminé qui ne sera guère fiable et rapidement peu adapté à la circulation automobile.

Sur le bras d’Avignon, le fameux pont Saint-Bénézet est bien représenté.

A partir de 1807, un pont en bois fut jeté en premier sur le fleuve, pendant du pont de chevalets dont on vient de parler. Cet ouvrage d’art fut emporté par la débâcle des glaces lors de l’hiver 1830. On fit appel aux frères Seguin qui ouvrirent ce joli pont suspendu en 1843…

…qui, bon an, mal an, dura jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale.

Pour terminer, le pont-rail de la voie PLM qui relie la gare d’Avignon avec la ligne de la rive droite et delà Nîmes, Montpellier…

Ce pont-rail a été inauguré en 1905 puis reconstruit presqu’à l’identique (il a été surélevé) après le passage des bombardiers américains en 1944.

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