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Il y a 100 ans jour pour jour: LE MIROIR du 06 janvier 1918

(JOUR 1252 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Le Président Machado quitte le Portugal, chassé qu’il est par les Révolutionnaires militaires favorables au désengagement militaire du pays de la guerre. Le président déchu va aller trouver refuge à Madrid.

Au Maroc, les troupes françaises, des Territoriaux nous dit-on, luttent contre une rébellion « fomentée » par des espions allemands. Ils tirent au canon sur les positions rebelles. Soit ! Mais il faut ajouter que la guerre avait commencé en 1911 et qu’elle allait durer jusqu’en 1937.Cette guerre de trente ans allait faire officiellement environ 9 000 morts du côté français auxquels il faut ajouter 15 000 blessés, sans oublier 12 000 supplétifs indigènes tués. En face, on estime à 100 000 le nombre de rebelles tués sans oublier les souffrances des populations civiles.

La Révolution Russe.

Une photo des dirigeants bolcheviks. Avec le numéro 1 marqué par la revue, on reconnaît Trotsky. Pour le Miroir, ces hommes, achetés par les Allemands, ont oeuvré à désorganiser l’armée russe. Un peu loin de la réalité.

Par contre, dans les grandes viles, la population s’habitue à faire la queue pour tout.

De gauche à droite et de bas en haut: pour des jeux de cartes (!), du sucre, de cigarettes, du lait, du pétrole et de la farine. Et ce n’est pas prêt de cesser !

En Italie, chassé-croisé des Italiens quittant le front…

…remplacés par les Français dont les généraux inspectent les lieux, dans les tranchées le long du Piave…

… la ligne infranchissable comme l’a décidé l’Etat-Major.

On découvre dans ce secteur, la présence de Peppino Garibaldi petit-fils de Guiseppe Garibaldi, l’apôtre du Risagiomento italien.

Il a combattu déjà dans les tranchées françaises avant la déclaration de guerre de son pays et il est normal qu’on le retrouve sur le Piave alors que « la Patrie est en danger ».

A Cambrai, les soldats canadiens votent…

…pour une consultation électorale comme le reste des sujets de ce Dominion, au Canada.

Les troupes britanniques de D’Allendy entrent à Jérusalem d’où ont été chassés les Turcs.

Un avion survole les Lieux Saints. Quelques Français sont de la fête dont un Caderoussier,  Marius Isidore Bernard, mort à Ludd (ou Lod) huit mois plus tard, le 27 août 1918.

Une photo exceptionnelle à l’époque, devenue beaucoup plus banale de nos jours…

…le survol des Alpes par un avion volant à 5 000 mètres d’altitude. Il devait falloir être très attentif dans le secteur du Mont-Blanc ! Mais que de progrès par l’aviation après quatre années de guerre !

Original mais bien réel, des Chinois en France.

Ce sont de formidables travailleurs dit la légende de la photo, surtout des coolies pour décharger les bateaux.

Pour terminer, les récentes fêtes du Nouvel An et le réveillon.

Ici des civils d’Epernay ont fêté la nouvelle année dans un abri souterrain semble-t-il glacial, pour éviter les bombes allemandes. Un drôle de feu d’artifice !

 

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Après la crise de SUEZ, des BONS de RATIONNEMENT d’ESSENCE.

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La crise de Suez, qu’est-ce ? Tout le monde sait qu’en Egypte, le canal de Suez fut creusé par des sociétés capitalistes européennes sous la direction de Ferdinand de Lesseps. Son inauguration eut lieu peu de temps avant la chute du Second Empire. Depuis 1869, le canal était géré par ses sociétés occidentales qui bien sûr permettaient aux Occidentaux de maintenir leurs intérêts dans cette région du monde en garantissant leurs approvisionnements. L’arrivée au pouvoir de Nasser en Egypte changea la donne et, sur fond de conflit entre Israel et l’Egypte, cette dernière décida la nationalisation du canal de Suez au début de 1956. Les intérêts vitaux des Britanniques et des Français étaient en jeu. Si bien que, suite à une entente secrète entre Londres, Paris et Tel-Aviv, les Britanniques, Français et Israéliens attaquèrent l’Egypte pour occuper et « libérer » la zone du canal de Suez, fin octobre 1956. La victoire ne faisait aucun doute mais les gros yeux des Soviétiques et des Américains stoppèrent l’opération « Musketeer » (Mousquetaire) qui cessa immédiatement et les troupes européennes se retirèrent le 22 décembre 1956.

Cette fermeture du canal doublée à celle du pipe-line d’Irak entraîna une grave crise d’approvisionnement de pétrole en France. La première crise pétrolière ! Manque de pétrole= manque d’essence= bons de ravitaillement en carburant.

Des bons qui furent valables de novembre 1956 à juillet 1957. C’était l’époque de la première voiture de mes parents, une 4CV Renault verte et ces bons de 10 litres de carburants ne furent pas tous utilisés…

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Ils furent conservés et les voilà 60 ans plus tard en photo sur le net! Une page d’histoire sur quelques centimètres-carré !

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MONUMENT AUX MORTS d’ANCONE (Drôme): MARCEL MAYAUD mort pour la France en INDOCHINE en 1954.

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Troisième volet du petit hommage aux Morts pour la France dont les noms sont inscrits sur le Monument aux Morts d’Ancone. Après avoir parlé des disparus de la Grande Guerre, après avoir évoqué la mémoire de Bernard Goujon tué en Algérie, voici une petite (et incomplète) recherche sur Marcel Mayaud, porté disparu le 31 mars 1954 en Indochine comme on peut le lire.

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L’inscription sur le monument d’Ancone…

Le père de Marcel, Louis Mayaud tenait une ferme située sur la route de Rochemaure, ce bout de route que l’on voit encore au-dessus de la place des platanes, coupée par le canal de dérivation du Rhône, route qui rejoignait la route Montélimar-ancien pont de Rochemaure. Cette ferme, comme d’autres lieux d’habitation, a donc disparu lors de la construction du canal, les parents perdant en même temps leur lieu de vie à Ancone et l’un de leur fils en Indochine.

Un extrait de presse datant du 29 janvier 1945 dans les Allobroges parle d’un don fait par ce Louis Mayaud à une dame…

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même si la conclusion n’est pas claire: « suivi des faits » ce qui n’est pas sympa ou « suivi par d’autres dons d’autres personnes » qui est plutôt un mot d’espoir.

Revenons à la fiche de Marcel Mayaud sur le site Mémoire des Hommes qui nous apprend qu’il est né à Ancone le 13 mars 1922 et qu’il est tombé (qu’il a disparu) à Diên Biên Phù le 31 mars 1954, à l’âge de 32 ans. C’est donc dans la cuvette de Diên Biên Phù que l’histoire personnelle de cet anconais rejoignit l’Histoire de France.

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les peuples colonisés d’Afrique et d’Asie et leurs élites pensèrent que l’esprit de la Libération allait souffler pour leur permettre d’envisager une nouvelle relation avec la France. Ils déchantèrent vite. En Indochine comme en Algérie, la décolonisation se fera dans la  douleur et l’Indépendance sera obtenue à l’issue d’un conflit meurtrier. Cette première guerre d’Indochine, de 1946 à 1954, opposera donc le Viet-Minh communiste de Ho-Chi-Minh à une armée professionnelle française issue de la Résistance et pour pas mal d’éléments de la disparition de l’armée allemande. D’un côté, Chinois et Soviétiques amèneront une aide importante avec des armes et des conseillers. De l’autre, les Français bénéficieront d’un coup de main américain en matériel et mercenaires.

Pour essayer d’attirer, de fixer et d’écraser les troupes viet-minh de Giap, assez insaisissables, l’Etat-Major français imagina de créer un camp retranché en plein territoire vietnamien, à 600 km d’Hanoï, près de la frontière loatienne. Cette idée n’était pas si saugrenue que cela car une expérience précédente à Na San en 1952 avait permis de mettre en déroute l’armée de Giap en lui infligeant de grosses pertes. Mais Na San n’était pas Diên Biên Phù et l’éloignement plus important de Hanoï rendit bien plus délicate la tâche de l’aviation, véritable cordon ombilical pour le camp retranché.

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La première de couverture de la BD de Thierry Gloris et Erwan Le Saëc.

A cela s’ajouta la mosson qui aggrava les difficultés des avions et un élément que l’Etat-Major n’avait pas imaginé, la possibilité pour le Viet-Minh d’amener de l’artillerie lourde et de la DCA aux abords de la cuvette. Ce furent des centaines de milliers de coolis qui tracèrent des pistes, les entretinrent et portèrent sur des bicyclettes Manufrance aménagées pour recevoir des charges de 250 kg, le matériel du siège, de nuit pour éviter les bombardements aériens. Cela rendit vite intenables les positions des défenseurs du camp retranché.

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Du même album, avant et après l’apport de l’artillerie viet-minh.

Marcel Mayaud était sergent-chef dans l’Armée de l’Air, et appartenait au GT 2/64 Anjou, GT comme Groupe de Transport. Cette unité  était équipée de Douglas C-47 appelés communément Dakota. C’étaient des appareils de transport de matériel et de troupes. Au début de l’installation du camp retranché de Diên Biên Phù, la noria des Dakotas permit d’amener les hommes et tout le matériel nécessaire au siège qui se préparait. On était alors en novembre 1953 et la piste d’atterrissage fut utilisable jusqu’en mars 1954.

Le Viet-Minh attaqua réellement le camp retranché une première fois du 13 au 15 mars 1954 où les appareils de ravitaillement continuaient à se poser, déposant du matériel et emportant les blessés les plus gravement atteints vers Hanoï.

Le ciel bas et continuellement bouché, la redoutable DCA cachée dans une végétation luxuriante malgré les bombes de napalm rendaient la tâche de l’aviation de plus en plus ardue et périlleuse, autant celle de la chasse que celle des ravitailleurs. Le drame eut lieu en début de soirée.

Comme on peut le lire sur Le Dauphiné Libéré du 1er avril 1954,

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Giap avait repris l’offensive dans la nuit du 30 au 31 mars 1954. C’était l’enfer dans la cuvette mais aussi dans les airs. Le Dakota 878 de l’ET Anjou fut frappé par la flak viet-minh et alla s’écraser aux alentours du camp. A son bord, 7 navigants. Dans le poste avant, les pilotes et techniciens Guiraud, Demart, Mataud et Burat; à l’arrière les 3 dispatcheurs dont l’anconais Marcel Mayaud. A moins que le Mataud du livre ne soit Mayaud avec une coquille! Alors que pas mal de vol avaient été secoués ou touchés, il s’agit là du seul Dakota du GT 2/64 Anjou descendu en vol. Nous devons ces renseignements à Alexander Garnier du site escadrilles.org nous rapportant, après questionnement, les écrits de Patrick-Charles Renaud dans son livre Aviateurs en Indochine.

On retrouve les fiches de Marcel Guiraud  (né le 28 août 1916 à Montflaquin) et Pierre Demart (né le 27 janvier 1930 à Neufchâtel) dans Mémoire des Hommes, tous deux morts ce même soir à Dien Bien Phù.

Suivant ce même site, on peut comptabiliser que ce même 31 mars 1954 tombaient 95 autres hommes à Diên Biên Phù (dont 63% n’étaient pas nés en Métropole: Afrique et Maghreb, Vietnam, Allemagne, Italie, pays de l’Est de l’Europe). Dans les airs, l’avion de chasse du lieutenant de vaisseau Jean Andrieux venu du porte-avions Arromanches en golfe du Tonkin fut lui aussi abattu, son pilote tué.

Le camp retranché de Diên Biên Phù tombait le 7 mai 1954, accélérant les discussions entre Français et Viet-Minh à Genève. Un accord signé le 20 ou 21 juillet 1954 allait mettre fin une première fois à la guerre au Vietnam et définitivement à la présence française en Extrême-Orient.

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Un journal clandestin de l’OAS dénonçant les barbouzes gaullistes.

Ce fut une réelle surprise que la découverte à Espeluche de cet authentique document historique datant de la guerre d’Algérie

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la feuille clandestine n°6 de l’OAS.

Dans cette guerre qui ne disait pas son nom, il y eut une guerre dans la guerre, celle qui opposa, au début des années 60, l’OAS (Organisation Armée Secrète pour les plus jeunes), groupes para-militaires d’extrême-droite qui refusaient l’inexorable: l’indépendance de l’Algérie, au gouvernement français de De Gaulle en même temps que qu’au FLN. On lui doit de nombreux attentats en métropole comme en Algérie, avant et après les accords d’Evian mettant fin au conflit et reconnaissant l’indépendance de ce pays. L’OAS tenta plusieurs fois d’attenter à la vie de De Gaulle comme au Petit Clamart, pour le plus connu.

Contre ces terroristes se proclamant patriotes, les services de sécurité français et les services secrets plus ou moins officiels (les barbouzes gaullistes créés en l’occasion) menèrent une lutte sans merci. D’où ce document datant de fin 1961, début 1962 dénonçant les méthodes utilisées contre les membres ou sympathisants OAS.
On y lit après l’appel de Salan, un général rebelle en fuite chez Franco après avoir tenté de renverser la République lors du putsch des Généraux du 21 avril 1961

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des descriptions faisant plus penser au Troisième Reich qu’à la France des Lumières

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le camp de concentration de Djorf qui accueillit aussi des militants du FLN puis des hommes de l’OAS

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ou celui d’Arcole.

De nombreux camps furent ouverts pour emprisonner civils et partisans algériens et bien sûr les prisonniers OAS y furent aussi internés par la suite.
Plus loin, on parle

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des méthodes policières dignes de la Gestapo, les cas de tortures étant courants.

Ainsi ces témoignages que présente le bulletin.

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Enfin, degré suprême de la barbarie,

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les assassinats, décès faisant suite à des tortures mal maîtrisées ou des exécutions sommaires.

Que dire de tout cela? Si ces faits sont avérés et c’est fort probable, ils sont inadmissibles.

Mais la guerre d’Algérie ne fut-elle pas un combat inutile car le sens de l’Histoire allait vers la décolonisation. Tout aurait pu être évité si dès le 8 mai 45, les dirigeants pourtant issus du Conseil National de la Résistance avaient appliqué ce programme et perçu qu’un monde avait changé.  Si le droit à l’autodétermination du peuple algérien avait été reconnu, si les riches colons très influents avaient compris que le moment était venu de partager avec les indigènes, si plus en amont, le projet Blum-Violette sous le Front Populaire en 1936 n’avait pas été mis au placard alors qu’il n’avait rien de révolutionnaire…. Cela aurait peut-être permis d’éviter l’exode des Pieds Noirs qui étaient aussi chez eux en Algérie, certains depuis plusieurs générations. Une Algérie Nouvelle aurait pu devenir le même pays que la nation arc-en-ciel, l’Afrique du Sud d’aujourd’hui.

La guerre fut une horreur. Les maquisards algériens en firent les frais principalement, les appelés du contingent à qui on a pris leur jeunesse et qu’on envoya de longs mois dans ce bourbier également, quelques nostalgiques de l’Algérie Française aussi comme en atteste ce document.

Le document se finit ainsi

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…les innocentes victimes des bombes de l’OAS ou des barbouzes aussi…

Et que dire en 2014, de ce projet de musée prévu à Montpellier Histoire de la France et de l’Algérie qui a été tout bonnement enterré tant ces plaies sont encore à vif, 52 ans après l’Indépendance. Lire

http://www.midilibre.fr/2014/06/19/montpellier-abandonne-le-projet-du-musee-de-l-histoire-de-la-france-et-de-l-algerie,1011168.php

Quand pourra-t-on regarder ce passé sereinement en face? que les uns ne suspectent pas les autres de faire l’apologie du colonialisme et que les autres ne reprochent aux uns de gommer le positif de 132 ans de présence française en AFN?

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