Archives de Tag: guerre d’Algérie

On s’est essayé à une salle de l’ESCAPE GAME des ANGLES (dimanche 11 décembre 2016)…

… à la salle pour débutants comme avait conseillé le gérant-meneur de jeu à Daniel lors de la réservation. A juste raison, sans conteste !

Une histoire qui se déroule en 1960, dans un commissariat parisien. On est en pleine guerre d’Algérie et une guerre civile s’est ajoutée à la guerre de décolonisation, guerre menée par l’O.A.S. contre la République. Une manifestation de factieux a lieu à Paris et sans y être pour grand chose, nous nous retrouvons dans le commissariat de police de quartier.
Le commissaire est allé manger et nous avons 60 minutes montre en main (ou plutôt chronomètre au mur) pour sortir de la pièce. Sauf que nous sommes derrière la grille du cachot enchainés l’un à l’autre avec Michel M. et que Daniel est dans le bureau voisin du commissaire, lui aussi attaché au mur. C’est là que l’aventure commence, une fois enlevé le masque nous cachant les yeux…. On s’y serait cru !

commissariat-annees-60

Nous sortirons du cachot, parviendrons à ouvrir quelques armoires et valises, à résoudre quelques énigmes , avec l’aide de la voix off heureusement mais… rien à faire, nous serons toujours à l’intérieur des locaux quand le commissaire reviendra de la soupe…
Conclusion, nous en prendrons pour 20 ans, tarif de rigueur pour les rebelles de l’O.A.S. ou …pour les perdants du jeu de cette salle comme en atteste la photo de la page Facebook du Great Escape Concept.

Pas de photo de cette heure récréative, c’est normal pour préserver le contexte… mais pleins de souvenirs agréables dans la tête ! On aurait pu être plus actifs, observateurs, logiques dès le début mais il faut bien débuter un jour ! Ce sera mieux la prochaine fois.

4 Commentaires

Classé dans Jeux

ANCONE: La DISPARITION de BERNARD GOUJON dans la PRESSE en 1961

SAMSUNG CAMERA PICTURES

La presse fit état de la disparition de l’Aspirant Bernard Goujon d’Ancone en août 1961 puis de son inhumation à Ancone en septembre 1961.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Le Dauphiné Libéré du 15 août 1961 évoque le décès de Bernard Goujon et présente ses condoléances à sa famille dans un petit article en page départementale.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

C’est au moment des obsèques que le Dauphiné Libéré couvrit largement l’événement qui avait bouleversé toute une région.

Dans le journal du 11 septembre tout d’abord, l’avis des obsèques de la famille et celui du conseil municipal qu’Albert Goujon, père de Bernard présidait.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Le 12 septembre, c’est un article en page locale qui rappelle la cérémonie.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Le 13 septembre, un article beaucoup plus conséquent relate les obsèques suivies par tout le village et de nombreuses personnalités civiles et militaires.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Un article qui permet de comprendre toute la solennité de cette cérémonie et la peine que le village avait éprouvé devant ce drame.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Autre quotidien départemental,

SAMSUNG CAMERA PICTURES

dont la zone de diffusion est plutôt sur Valence ne parle pas du décès de Bernard Goujon au mois d’août. Par contre, au moment des obsèques, le journal publiera un grand article en page régionale, rappelant également les faits.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Un hebdomadaire local maintenant (Drôme-Ardèche sud):

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

En pleines vacances d’été, l’hebdomadaire ne paraît que 2 fois par mois. L’article est important et ressemble à celui du Dauphiné, certainement écrit par la même plume, cela sera encore plus net plus loin.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Après les obsèques du 12 septembre….

SAMSUNG CAMERA PICTURES

l’article est conséquent, proche de celui du Dauphiné, malgré une mise en page moins visible.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Malheureusement, toujours pas de photo de cette cérémonie.

Le texte du long article pour vous permettre de le lire:

SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES SAMSUNG CAMERA PICTURES

Autre hebdomadaire local, aujourd’hui disparu,

SAMSUNG CAMERA PICTURES

du 19 août annonce le décès en Algérie:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Après les obsèques, le numéro du 16 septembre publie un article tout en longueur comme pour la Tribune, sans réel titre en page 2:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

En détail pour vous permettre la lecture:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Un texte proche de ce que l’on a déjà lu.

Enfin, un hebdomadaire départemental, proche de l’église catholique, qui malgré que la famille Goujon était très croyante, n’en fit pas trop:

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Un petit article apprend aux lecteurs le décès de Bernard Goujon

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Le

SAMSUNG CAMERA PICTURES

c’est dans un éphéméride départemental

SAMSUNG CAMERA PICTURES

que sont sobrement évoquées les obsèques.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Enfin, plus tard dans le temps, le bulletin des Anciens Elèves Maristes d’Aubenas…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

consacra une page à la mémoire de Bernard Goujon.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Avec une nécrologie rappelant le parcours de cet jeune « ancien » élève

SAMSUNG CAMERA PICTURES

la citation militaire

SAMSUNG CAMERA PICTURES

et le discours (déjà lu dans le précédent article du blog)  prononcé par le capitaine de l’unité, en Algérie, lors des premières obsèques.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Les photos et documents des 2 articles ainsi que ce dernier bulletin sont la propriété de Françoise Keledjian qui doit être remerciée pour sa collaboration. Les coupures de presse ont été trouvées aux Archives de l’Agglo. à Montélimar (Le Dauphiné) et aux Archives départementales (La Tribune, Le Montélimar et Peuple Libre).

Poster un commentaire

Classé dans Journaux, Recherche

MONUMENT AUX MORTS d’ANCONE (Drôme): BERNARD GOUJON mort pour la France en ALGÉRIE en 1961.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Second volet du petit hommage aux Morts pour la France dont les noms sont inscrits sur le Monument aux Morts d’Ancone avec, en ce 19 mars, jour anniversaire de la fin des hostilités en Algérie, une évocation de la vie de Bernard Goujon, MPLF  le 13 août 1961 en opération.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

L’inscription sur le monument d’Ancone…

SAMSUNG CAMERA PICTURES

et celle sur le caveau familial.

C’est la petite soeur de Bernard Goujon, Françoise Keledjian, qui nous a permis d’écrire ces quelques lignes.

Bernard était le fils aîné d’Albert Goujon, maire de la commune de 1953 à 1975, en fonction quand survint le drame. Aîné d’une fratrie de 3 enfants, il était venu au monde le 9 novembre 1940 à Beyrouth au Liban. Pourquoi si loin d’Ancone, la commune de sa mère Violette Chapuis ?

photo bernard goujon fratrie

La fratrie vers la fin des années 50, Bernard à droite, en septembre 1960 à Istres.

Son père était entré au service météorologique des Armées en 1932, recalé  pour un problème de vue par l’Education Nationale qu’il rêvait d’intégrer comme instituteur.  Il avait postulé à cette date pour la Syrie (Alep) puis le Liban où son épouse était venue le rejoindre après leur mariage en 1936. C’est donc au Moyen-Orient que Bernard était né, région que la famille avait dû quitter en 1941 sur l’injonction des Britanniques. La mère et les enfants (Bernard et Jean-Pierre, le cadet) étaient alors revenus à Ancone,  le père ayant été muté à Paris, ce qui lui sauva  la vie puisqu’une rafle allemande à la station météo d’Ancone envoya en déportation les 5 fonctionnaires en 1944 dont aucun ne survécut, on le lira dans un autre article, le 25 avril.

Il avait fait ensuite sa scolarité dans l’enseignement libre, à l’école privée Saint-Maurice d’Allex en primaire puis chez les Maristes à Bourg-de-Péage puis à Aubenas. Il avait quitté l’école en juin 1960 au moment du baccalauréat pour s’engager dans l’Armée.

En 1960, entrer dans l’Armée, c’était l’Algérie et les opérations de maintien de l’ordre, comme on le disait pudiquement, pour désigner une guerre civile et une guerre d’Indépendance. Après ses classes, il entra donc à l’école militaire de Cherchell d’où il sortit aspirant.

photo bernard goujon plage

Bernard et ses copains de promotion à Cherchell. C’est le 3ème à partir de la gauche.

Il faisait partie du Peloton 102- Promotion « Capitaine Claude Barrès » en formation à Cherchell de novembre 1960 à avril 1961. Cette promotion de 863 élèves avec 487 aspirants (dont Bernard), portait le nom d’un petit-fils de l’écrivain Maurice Barrès, militaire de carrière tué en Algérie en 1959. De cette Peloton, 5 hommes perdirent la vie en Algérie. On peut voir une photo (n°196/293) de Bernard Goujon au port de Cherchell, sur le site dédié à l’école:

http://www.emicherchell.com/documentation/album.html 

Il rejoignit donc le 63ème Régiment d’Infanterie de Marine, les marsouins où il commanda la 4ème compagnie.

photo bernard goujon en militaire

C’est en opération quelques mois plus tard qu’il va être tué le 13 août 1961. La compagnie était en opération à Dem el Bégrat dans cette région de collines, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Bône. En s’enfonçant dans un sentier à la tête de sa section, il sauta sur une mine et fut tué sur le coup par le souffle de l’explosion. Le service sanitaire ne put rien pour lui et son corps fut ramené par hélicoptère sur Bône. Les hommes qui le suivaient directement furent commotionnés lors de l’explosion.

D’ordinaire, c’est le maire du village qui recevait le funeste télégramme et devait annoncer la triste nouvelle à la famille. Dans ce cas, ce fut le premier adjoint M. Gonthard qui le reçut et la famille apprit l’indicible le 13 août sur le coup des 22 heures. Des instants terribles dont se souvient avec effroi Françoise !

Inhumé une première fois en Algérie, cérémonie à laquelle sa famille ne put assister, sa dépouille ne sera rapatriée qu’un mois plus tard à Ancone pour des obsèques au petit cimetière du village, le 12 septembre 1961.

Bernard Goujon était alors fiancé à Danielle D… qui plus tard connut un autre drame avec l’Algérie.

photo bernard goujon fiancée

Il est donc un des 27 000 jeunes hommes qui perdirent la vie dans cette guerre sans nom, cet immense gâchis que fut la décolonisation de l’Algérie. Pour sa famille, le 13 août devint un jour noir au milieu de l’été et elle ne fit jamais vraiment le deuil de ce jeune homme fauché à 20 ans.

photo bernard goujon lettreL’éloge funèbre prononcée par le capitaine Ravard, commandant du 63ème R.I.MA. lors de la cérémonie algérienne.

Le lien pour consulter la fiche de Bernard Goujon sur le site Mémoire des Hommes.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m00523ad5f37d6c5

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Une rue d’Ancone porte le nom de Bernard Goujon.

…à suivre demain, la disparition de Bernard Goujon relatée dans la presse.

3 Commentaires

Classé dans Recherche

Un journal clandestin de l’OAS dénonçant les barbouzes gaullistes.

Ce fut une réelle surprise que la découverte à Espeluche de cet authentique document historique datant de la guerre d’Algérie

SAMSUNG CAMERA PICTURES

la feuille clandestine n°6 de l’OAS.

Dans cette guerre qui ne disait pas son nom, il y eut une guerre dans la guerre, celle qui opposa, au début des années 60, l’OAS (Organisation Armée Secrète pour les plus jeunes), groupes para-militaires d’extrême-droite qui refusaient l’inexorable: l’indépendance de l’Algérie, au gouvernement français de De Gaulle en même temps que qu’au FLN. On lui doit de nombreux attentats en métropole comme en Algérie, avant et après les accords d’Evian mettant fin au conflit et reconnaissant l’indépendance de ce pays. L’OAS tenta plusieurs fois d’attenter à la vie de De Gaulle comme au Petit Clamart, pour le plus connu.

Contre ces terroristes se proclamant patriotes, les services de sécurité français et les services secrets plus ou moins officiels (les barbouzes gaullistes créés en l’occasion) menèrent une lutte sans merci. D’où ce document datant de fin 1961, début 1962 dénonçant les méthodes utilisées contre les membres ou sympathisants OAS.
On y lit après l’appel de Salan, un général rebelle en fuite chez Franco après avoir tenté de renverser la République lors du putsch des Généraux du 21 avril 1961

SAMSUNG CAMERA PICTURES

des descriptions faisant plus penser au Troisième Reich qu’à la France des Lumières

SAMSUNG CAMERA PICTURES

le camp de concentration de Djorf qui accueillit aussi des militants du FLN puis des hommes de l’OAS

SAMSUNG CAMERA PICTURES

ou celui d’Arcole.

De nombreux camps furent ouverts pour emprisonner civils et partisans algériens et bien sûr les prisonniers OAS y furent aussi internés par la suite.
Plus loin, on parle

SAMSUNG CAMERA PICTURES

des méthodes policières dignes de la Gestapo, les cas de tortures étant courants.

Ainsi ces témoignages que présente le bulletin.

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

Enfin, degré suprême de la barbarie,

SAMSUNG CAMERA PICTURES

les assassinats, décès faisant suite à des tortures mal maîtrisées ou des exécutions sommaires.

Que dire de tout cela? Si ces faits sont avérés et c’est fort probable, ils sont inadmissibles.

Mais la guerre d’Algérie ne fut-elle pas un combat inutile car le sens de l’Histoire allait vers la décolonisation. Tout aurait pu être évité si dès le 8 mai 45, les dirigeants pourtant issus du Conseil National de la Résistance avaient appliqué ce programme et perçu qu’un monde avait changé.  Si le droit à l’autodétermination du peuple algérien avait été reconnu, si les riches colons très influents avaient compris que le moment était venu de partager avec les indigènes, si plus en amont, le projet Blum-Violette sous le Front Populaire en 1936 n’avait pas été mis au placard alors qu’il n’avait rien de révolutionnaire…. Cela aurait peut-être permis d’éviter l’exode des Pieds Noirs qui étaient aussi chez eux en Algérie, certains depuis plusieurs générations. Une Algérie Nouvelle aurait pu devenir le même pays que la nation arc-en-ciel, l’Afrique du Sud d’aujourd’hui.

La guerre fut une horreur. Les maquisards algériens en firent les frais principalement, les appelés du contingent à qui on a pris leur jeunesse et qu’on envoya de longs mois dans ce bourbier également, quelques nostalgiques de l’Algérie Française aussi comme en atteste ce document.

Le document se finit ainsi

SAMSUNG CAMERA PICTURES

SAMSUNG CAMERA PICTURES

…les innocentes victimes des bombes de l’OAS ou des barbouzes aussi…

Et que dire en 2014, de ce projet de musée prévu à Montpellier Histoire de la France et de l’Algérie qui a été tout bonnement enterré tant ces plaies sont encore à vif, 52 ans après l’Indépendance. Lire

http://www.midilibre.fr/2014/06/19/montpellier-abandonne-le-projet-du-musee-de-l-histoire-de-la-france-et-de-l-algerie,1011168.php

Quand pourra-t-on regarder ce passé sereinement en face? que les uns ne suspectent pas les autres de faire l’apologie du colonialisme et que les autres ne reprochent aux uns de gommer le positif de 132 ans de présence française en AFN?

Poster un commentaire

Classé dans Vieux papiers