MONUMENT AUX MORTS d’ANCONE (Drôme): MARCEL MAYAUD mort pour la France en INDOCHINE en 1954.

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Troisième volet du petit hommage aux Morts pour la France dont les noms sont inscrits sur le Monument aux Morts d’Ancone. Après avoir parlé des disparus de la Grande Guerre, après avoir évoqué la mémoire de Bernard Goujon tué en Algérie, voici une petite (et incomplète) recherche sur Marcel Mayaud, porté disparu le 31 mars 1954 en Indochine comme on peut le lire.

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L’inscription sur le monument d’Ancone…

Le père de Marcel, Louis Mayaud tenait une ferme située sur la route de Rochemaure, ce bout de route que l’on voit encore au-dessus de la place des platanes, coupée par le canal de dérivation du Rhône, route qui rejoignait la route Montélimar-ancien pont de Rochemaure. Cette ferme, comme d’autres lieux d’habitation, a donc disparu lors de la construction du canal, les parents perdant en même temps leur lieu de vie à Ancone et l’un de leur fils en Indochine.

Un extrait de presse datant du 29 janvier 1945 dans les Allobroges parle d’un don fait par ce Louis Mayaud à une dame…

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même si la conclusion n’est pas claire: « suivi des faits » ce qui n’est pas sympa ou « suivi par d’autres dons d’autres personnes » qui est plutôt un mot d’espoir.

Revenons à la fiche de Marcel Mayaud sur le site Mémoire des Hommes qui nous apprend qu’il est né à Ancone le 13 mars 1922 et qu’il est tombé (qu’il a disparu) à Diên Biên Phù le 31 mars 1954, à l’âge de 32 ans. C’est donc dans la cuvette de Diên Biên Phù que l’histoire personnelle de cet anconais rejoignit l’Histoire de France.

A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les peuples colonisés d’Afrique et d’Asie et leurs élites pensèrent que l’esprit de la Libération allait souffler pour leur permettre d’envisager une nouvelle relation avec la France. Ils déchantèrent vite. En Indochine comme en Algérie, la décolonisation se fera dans la  douleur et l’Indépendance sera obtenue à l’issue d’un conflit meurtrier. Cette première guerre d’Indochine, de 1946 à 1954, opposera donc le Viet-Minh communiste de Ho-Chi-Minh à une armée professionnelle française issue de la Résistance et pour pas mal d’éléments de la disparition de l’armée allemande. D’un côté, Chinois et Soviétiques amèneront une aide importante avec des armes et des conseillers. De l’autre, les Français bénéficieront d’un coup de main américain en matériel et mercenaires.

Pour essayer d’attirer, de fixer et d’écraser les troupes viet-minh de Giap, assez insaisissables, l’Etat-Major français imagina de créer un camp retranché en plein territoire vietnamien, à 600 km d’Hanoï, près de la frontière loatienne. Cette idée n’était pas si saugrenue que cela car une expérience précédente à Na San en 1952 avait permis de mettre en déroute l’armée de Giap en lui infligeant de grosses pertes. Mais Na San n’était pas Diên Biên Phù et l’éloignement plus important de Hanoï rendit bien plus délicate la tâche de l’aviation, véritable cordon ombilical pour le camp retranché.

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La première de couverture de la BD de Thierry Gloris et Erwan Le Saëc.

A cela s’ajouta la mosson qui aggrava les difficultés des avions et un élément que l’Etat-Major n’avait pas imaginé, la possibilité pour le Viet-Minh d’amener de l’artillerie lourde et de la DCA aux abords de la cuvette. Ce furent des centaines de milliers de coolis qui tracèrent des pistes, les entretinrent et portèrent sur des bicyclettes Manufrance aménagées pour recevoir des charges de 250 kg, le matériel du siège, de nuit pour éviter les bombardements aériens. Cela rendit vite intenables les positions des défenseurs du camp retranché.

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Du même album, avant et après l’apport de l’artillerie viet-minh.

Marcel Mayaud était sergent-chef dans l’Armée de l’Air, et appartenait au GT 2/64 Anjou, GT comme Groupe de Transport. Cette unité  était équipée de Douglas C-47 appelés communément Dakota. C’étaient des appareils de transport de matériel et de troupes. Au début de l’installation du camp retranché de Diên Biên Phù, la noria des Dakotas permit d’amener les hommes et tout le matériel nécessaire au siège qui se préparait. On était alors en novembre 1953 et la piste d’atterrissage fut utilisable jusqu’en mars 1954.

Le Viet-Minh attaqua réellement le camp retranché une première fois du 13 au 15 mars 1954 où les appareils de ravitaillement continuaient à se poser, déposant du matériel et emportant les blessés les plus gravement atteints vers Hanoï.

Le ciel bas et continuellement bouché, la redoutable DCA cachée dans une végétation luxuriante malgré les bombes de napalm rendaient la tâche de l’aviation de plus en plus ardue et périlleuse, autant celle de la chasse que celle des ravitailleurs. Le drame eut lieu en début de soirée.

Comme on peut le lire sur Le Dauphiné Libéré du 1er avril 1954,

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Giap avait repris l’offensive dans la nuit du 30 au 31 mars 1954. C’était l’enfer dans la cuvette mais aussi dans les airs. Le Dakota 878 de l’ET Anjou fut frappé par la flak viet-minh et alla s’écraser aux alentours du camp. A son bord, 7 navigants. Dans le poste avant, les pilotes et techniciens Guiraud, Demart, Mataud et Burat; à l’arrière les 3 dispatcheurs dont l’anconais Marcel Mayaud. A moins que le Mataud du livre ne soit Mayaud avec une coquille! Alors que pas mal de vol avaient été secoués ou touchés, il s’agit là du seul Dakota du GT 2/64 Anjou descendu en vol. Nous devons ces renseignements à Alexander Garnier du site escadrilles.org nous rapportant, après questionnement, les écrits de Patrick-Charles Renaud dans son livre Aviateurs en Indochine.

On retrouve les fiches de Marcel Guiraud  (né le 28 août 1916 à Montflaquin) et Pierre Demart (né le 27 janvier 1930 à Neufchâtel) dans Mémoire des Hommes, tous deux morts ce même soir à Dien Bien Phù.

Suivant ce même site, on peut comptabiliser que ce même 31 mars 1954 tombaient 95 autres hommes à Diên Biên Phù (dont 63% n’étaient pas nés en Métropole: Afrique et Maghreb, Vietnam, Allemagne, Italie, pays de l’Est de l’Europe). Dans les airs, l’avion de chasse du lieutenant de vaisseau Jean Andrieux venu du porte-avions Arromanches en golfe du Tonkin fut lui aussi abattu, son pilote tué.

Le camp retranché de Diên Biên Phù tombait le 7 mai 1954, accélérant les discussions entre Français et Viet-Minh à Genève. Un accord signé le 20 ou 21 juillet 1954 allait mettre fin une première fois à la guerre au Vietnam et définitivement à la présence française en Extrême-Orient.

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