EXCELSIOR versus ANASTASIE… la CENSURE pendant la Première Guerre Mondiale (4/7)

Anastasie… dessinée par André Gill au milieu du XIXème siècle.

Ce caricaturiste qui eut souvent affaire à elle, la connaissait bien et l’imaginait ainsi. Pendant la guerre, elle se drapa de noir, symbole de toutes ces veuves et mères de « morts pour la France ».

Au début du XXème siècle, de nombreux journaux existaient et il n’y avait pas moins de trois cents commissions de censure. Rien ne pouvait passer au travers des quelque cinq mille censeurs armés de leurs ciseaux !

Excelsior du samedi 25 mars 1916.

Alors que la une parle d’un gros canon français pour ne pas rester en reste de la Grosse Bertha, c’est encore l’article sur Verdun qui est caviardé….

…en deux endroits.

Cet article parle de l’objectif allemand qui était de prendre Verdun coûte que coûte, d’où ce déluge de feu qui dure depuis trente-quatre jours. Mais quel mal aura pu dire le rédacteur de ces lignes pour que la suite soit cachée au lectorat ?

Et qu’aura pensé le général Pédoya, de retour de Verdun, pour que son enthousiasme ne soit pas diffusible aux lecteurs ?

Bizarre cette Anastasie !

 

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EXCELSIOR versus ANASTASIE… la CENSURE pendant la Première Guerre Mondiale (3/7)

Pendant la Grande Guerre, pour contourner les foudres de la censure, un journal choisit l’humour. Il s’agissait du Canard Enchaîné, né le 10 septembre 1915. Par ce biais, les censeurs avaient moins de possibilité d’attaquer le titre. Ce sont Maurice Maréchal, Jeanne Maréchal et Henri-Paul Delvaux-Gassier, le dessinateur, qui fondèrent le titre. En 1915, après une série de cinq numéros, le titre cessa de paraître avant de renaître le 05 juillet 1916 pour venir jusqu’à nos jours… après une interruption de quelques années sous l’Etat Français. Ce sont les propriétaires du titre qui décidèrent de cesser de paraître et non une interdiction de Vichy. Quelques collaborateurs des époux Maréchal décidèrent alors de collaborer avec un autre Maréchal !

Excelsior du vendredi 24 mars 1916.

Le titre fait sa une de la visite du prince de Serbie, le futur Alexandre 1er qui mourra sous les balles d’un nationaliste croate sur la Canebière à Marseille en 1934, un prince sans royaume puisque la Serbie est totalement occupée par les Austro-Hongrois.

Deux coups de ciseaux des censeurs.

En page 2, une brève est dépouillée de la moitié de son contenu.

On annonce une conférence du député de Gironde, Henri Labroue, à la Sorbonne sur « le service militaire des députés à la Législative », au moment de la Révolution. Peut-être la suite de l’article était peu favorable au corps législatif de 1916 qui n’était dispensé de présence sous les drapeaux !

Plus loin, en page 3, un article sur la bataille de Verdun.

Nous sommes en pleine offensive allemande et il faut tenir pour les empêcher de passer.

Jean Villars pense que l’attaque allemande n’est qu’une diversion qui cacherait une autre attaque de nos ennemis sur un autre secteur du front occidental. La suite n’a pas été du goût des censeurs qui ne redonne la parole à l’auteur de l’article qu’au moment où il parle de la résistance héroïque des Français.

A-t-il évoqué la perte de terrains, du fort de Douaumont et de quelques territoires ?

Ou évoquait-il une éventuelle attaque alliée ailleurs, sur la Somme par exemple ?

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EXCELSIOR versus ANASTASIE… la CENSURE pendant la Première Guerre Mondiale (2/7)

Le plus grand exemple de censure de la guerre, censure présente dans tous les pays, est le nom de la fameuse grippe espagnole !

En effet, cette épidémie est originaire des Etats-Unis et elle a été diffusée mondialement par les troupes américaines. Mais elle est devenue espagnole par le fait que seule la presse d’Espagne en a parlé. La monarchie espagnole ne s’étant pas impliquée dans la guerre, la presse était libre et parlait donc de l’épidémie. Ailleurs, il ne fallait surtout pas que l’ennemi sache qu’une partie non négligeable des soldats était couchée avec 40° de fièvre. Il aurait pu attaquer… sauf que lui aussi avait le même pourcentage d’hommes sur le flanc !

Excelsior du lundi 17 janvier 1916.

A la page 3, une phrase de l’article « le Roi de Monténégro va-t-il traiter ? » n’a pas plus aux censeurs…

…et a été blanchie.

On peut lire « La situation de Nicolas Ier est évidemment délicate puisque les Alliés ne sont pas intervenus pour le sauver de l’invasion; « . On n’en saura pas plus. Peut-être était-ce une critique de l’attitude des Alliés, c’est-à-dire de la France en premier lieu ?

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EXCELSIOR versus ANASTASIE… la CENSURE pendant la Première Guerre Mondiale (1/7)

Pas de caviardiage dans Excelsior mais des trous blancs sur la page, ici et là, qui nous dit que la censure a enlevé un bout de phrase ou un paragraphe entier.

La censure militaire a sévi pendant la Première Guerre Mondiale. La presse ne pouvait pas tout dire pour éviter que le moral de l’arrière soit affecté par ce qui était lu. Comme, en parallèle, aucun journaliste ou photo-reporter ne pouvait exercer sa profession sur le front, les nouvelles n’étant distillées que par l’Armée, le lectorat n’était au courant que ce que les pouvoirs publics avaient envie de divulguer.

Ainsi la guerre put durer plus de quatre ans !

Excelsior du samedi 29 janvier 1916…

La famille royale monténégrine vient de se réfugier en France et réside dans un grand hôtel lyonnais. Ses troupes ont été vaincues par les Autro-Hongrois qui occupent le petit royaume.

Anastasie a frappé en page 5.

Qu’a donc pu raconter ce journaliste pour que la censure ne laisse que le titre de son article « L »impossible neutralité » ? Quel pays neutre était concerné par cet article ? Difficile d’en savoir plus !

En page 7, nouveau petit article sans texte.

Même questionnement… Qui était ce « singulier fournisseur des armées » ?

A suivre

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Mai 1961… le CRITERIUM du DAUPHINÉ LIBÉRÉ traverse le RHÔNE…

… à Bourg-Saint-Andéol.

Le vieux pont suspendu entre Pierrelatte et Bourg…

…a repris du service après les destructions de la guerre.

Le 29 mai 1961, c’est la première étape du Critérium du Dauphiné Libéré qui passe sur les vieilles planches. Le peloton emmené par Everaert sur le pont de Bourg, avait pris le départ sur la place de l’Horloge en Avignon pour rejoindre Vals. Ce sera André Darrigade qui remportera le sprint dans la station thermale ardéchoise.

Le vieux pont sera détruit et remplacé par un autre passage plus fonctionnel mais sans aucun cachet.

Il reste la trace de la culée du pont suspendu quelques mètres en amont de ce pont moderne.

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JEU: BLOOD RAGE chez Fred (07 décembre)

… avec Sylvain comme troisième larron ou plutôt maître d’un clan dans le doux et poétique monde des guerriers Vikings.

Il s’agit de luttes de clans dans un monde en décomposition qui se rétrécit pour aller jusqu’au clash final. Alors, bien sûr, on peut piller, tuer, envahir…

J’y avais joué il y a longtemps et il m’a fallu la première partie pour me remettre dans le bain.

Je progresse surtout grâce aux défaites qui dans ce jeu rapportent parfois plus que les victoires… mais je tiens le pompon.

Seconde partie dans la foulée.

Je n’arrive à décoller sur la piste des scores que très près de la fin mais mon avancée sur la piste de notoriété…

…me permet de croire que je suis devant (lepton vert)…

…mais Sylvain (avec son pion rouge) a fait un tour de cadran. Un score exceptionnel !

Sympa !

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Balade des Marcheurs d’ACP à SAVASSE, au pays du GROGNARD MERLE (13 décembre)

C’est certainement l’une des plus anciennes tombes de tous les cimetières de la région. Elle se trouve dans le premier cimetière de Savasse et elle nous raconte l’histoire d’un Savasson qui connut un destin exceptionnel.

Charles Jean Baptiste Merle naquit sous le règne de Louis XV, participa à la Révolution et à l’Empire, vit le retour de la Monarchie et connut le début du règne de Napoléon le Petit. Un vrai manuel d’histoire !

Lui fut grognard du grand Napoléon après avoir été un soldat de la Première République.

Plus tard, en 1808 quand fut créée cette distinction, l’Empereur lui-même le nomma Second Porte-Aigle d’un régiment d’infanterie. Le Premier Porte-Aigle devait être un officier ayant dix ans de service et qui avait été sur le camp de bataille d’Ulm, d’Austerlitz, de Ièna et de Friesland.

Le grognard Charles Merle portait une lance doublée d’une hache, ornée d’une bannière rouge.

Titulaire de la Légion d’Honneur…

il se retira à Savasse à la chute de l’Empire. Il eut certainement un peu chaud sous la Terreur Blanche qui accompagna la Restauration. Puis il coula des jours heureux en vivant de ses rentes jusqu’à l’âge respectable de 83 ans.

Le tour de Savasse pour les randonneurs d’ACP.

 

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