114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Marius MONNET.

114 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 114 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Soixante-dixième nom de la liste: Marius Jean Léon MONNET.

 

La troisième face du Monument aux Morts.

Marius Jean Léon Monnet s’est tout d’abord appelé Arnaud Marius Jean Léon pendant le premier mois de sa vie. Il est en effet né le 11 juin 1882, fils naturel de Rose Marie Arnaud originaire de Caderousse née vingt ans plus tôt, elle-même fille naturelle de Marguerite Marthe Arnaud, décédée en juillet 1870.

C’est quand Rose Marie Arnaud épousa Léon Monnet au village, le 05 juillet 1882 que ce dernier reconnut Marius comme son fils légitime et que ce dernier prit son identité définitive. Léon Monnet né en 1860 à Caderousse était alors ouvrier baletier dans la fabrique Robert.

Le couple s’installa rue de l’Hardy et c’est là qu’on le retrouve, une vingtaine d’années plus tard, lors du recensement de 1901.

La famille Monnet recensée en 1901.

Léon et Rose travaillant tous les deux à la fabrique de balais de Jules Roux. Deux filles sont venus compléter la fratrie: Françoise Amandine née en 1888 et Augustine Henriette en 1891. Et Marius dans tout cela ? Il a maintenant 18 ans et a quitté le foyer de ses parents en allant travailler comme domestique  chez Prosper Rigaud négociant et son gendre Louis Gromelle propriétaire terrien.

Marius Monnet domestique chez Rigaud en 1901

Ce statut permettait aux jeunes de gagner leur vie en attendant que passe le fameux service militaire.  Marius allait être appelé sous les drapeaux le 16 novembre 1903, au 55ème Régiment d’Infanterie d’Aix-en-Provence. Trois ans d’armée et le voilà rendu à la vie civile le 18 septembre 1906. Il regagne alors le foyer de ses parents où on le retrouve en 1911, employé à la fabrique de balais comme son père.

La famille Monnet en 1911.

Les filles ont disparu toutes les deux. Rien de dramatique, elles se sont mariées: Augustine Henriette la plus jeune tout d’abord avec Anselme Félix Bouchet, un Caderoussier, en octobre 1907  puis Françoise Amandine trois ans plus tard, en novembre 1910, avec un Orangeois, Marius Louis Pinet. La famille va bientôt s’agrandir de petits enfants. Il ne semble pas que Marius ait eu le temps ou l’envie de prendre une épouse avant la déclaration de guerre.

Il fut rappelé le 11 août 1914 au 258ème Régiment d’Infanterie, la réserve du 58ème d’Avignon. Direction l’est de la France pour se porter au devant des Allemands.

La suite, on l’a déjà raconté quand on a évoqué la vie de Clair Marius Doux. Entre ce dernier et Marius, un destin similaire: même régiment, le 258ème RI, même lieu: Buzy dans la Meuse, à mi-chemin entre Verdun et Metz, même jour, le 25 août 1914, même destin: tué à l’ennemi lors d’une attaque inconsidérée des fantassins français sur des Allemands supérieurement organisés et armés. Terribles mitrailleuses allemandes hachant de pauvres soldats français déboussolés et début de sauve-qui-peut général des Compagnies devant des gradés impuissants leur demandant d’y retourner !

Ce 25 août 1914, cela faisait exactement deux semaines que Marius avait retrouvé son pantalon rouge et il avait alors 32 ans et 2 mois.

La fiche matricule de Marius Jean Léon Monnet de Mémoire des Hommes.

Marius Jean Léon Monnet, matricule 603 de la classe 1902, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Monnet est encore bien vivant dans le Vaucluse. Si quelqu’un reconnaît en Marius Jean Léon un ascendant indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter cette petite biographie.

A suivre: Henri Moutte.

4 Commentaires

Classé dans CADEROUSSE

4 réponses à “114 POILUS de CADEROUSSE, 114 DESTINS… Marius MONNET.

  1. Odette Chevrier

    Bonjour, je découvre Marius Léon Monnet, frère ou demi-frère de ma grand- mère Françoise Amandine.
    Secret de famille à cause sans doute des enfants nés hors mariage (!!!!)
    Merci pour tous ces articles.

    • Bonjour, merci de votre visite sur mon blog. Suivant ce que disent les documents officiels, Marius a été conçu avant le mariage puis reconnu quelques temps après. Du banal de nos jours, certainement scandaleux à l’époque. Pour d’autres secrets de famille, l’Etat-civil officiel n’en dit rien. Avez-vous une photo de ce grand-oncle ? Pour la fin de sa vie, ce ne sont pas moins de 7 Caderoussiens du 258ème R.I. d’Avignon qui sont morts comme Marius Monnet sur une dizaine de jours dans le secteur de Saint-Mihiel entre le 20 septembre et début octobre 1914… et il me reste 34 cas à voir. Bonne journée, cordialement, Michel Guérin.

  2. Odette Chevrier

    Bonjour, je lis votre blog avec plaisir, surtout sur Caderousse que j’ai quitté vers les années 60.
    Ah les soit disant comportements scandaleux de l’époque!!!! Quelle tristesse,
    Mariée en 1910 (d’après vous,) Françoise Amandine a eu un fils en 1908.
    Je n’ai pas de photo de cet oncle, vu que la partie de cette branche a été toujours cachée.
    A bientôt de vous lire.
    Cordialement.

  3. Bonjour, quand j’ai écrit ce texte, il y a deux mois, je ne me suis fié qu’à ce qui était écrit en marge de l’acte de naissance de Françoise Amandine. Mais depuis, les Archives du Vaucluse ont mis en ligne 20 ans de plus (de 1897 à 1917) d’actes de l’état-civil de la cité des Princes et je vais voir cela. A suivre… Michel Guérin

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