Archives quotidiennes : 22/08/2018

116 POILUS de CADEROUSSE, 116 DESTINS… Jean Désiré Roumieux.

116 noms de Poilus de Caderousse tombés lors de la Grande Guerre. 116 parcours qu’on va essayer de raconter au fil des semaines et des mois jusqu’au 11 novembre 2018.

Cent-troisième Poilu: Jean Désiré Roumieux.

Quatrième face du Monument aux Morts.

On pourrait titrer cet article: Des Gardois à Caderousse. En effet, autant Pierre Désiré le père de Jean Désiré que Joséphine Thérèse sa mère sont nés sur la rive droite du Rhône, le long du fleuve tous les deux.

Ce sont les parents de Joséphine qui sont venus s’installer à Caderousse dans les années 1860, originaires de Saint-Etienne-des-Sorts.

Charles Gromelle, son épouse Scholastique Baudin et leurs enfants ont posé leurs valises aux Cabanes. Joséphine Thérèse née en 1859 dans le Gard connaît quelques problèmes d’identité pour cause d’une transcription sur son acte de naissance. En effet l’officier d’Etat-civil stéphanois avait écrit Groumel en lieu et place de Gromelle et, malgré une rectification officielle, les actes suivants oscilleront entre les deux orthographes.

Pierre Désiré Roumieux de son côté est originaire de Roquemaure. Né en 1855,  il a été marié une première fois à une Nîmoise, Marguerite Sabotier qui semble lui avoir donné deux enfants. Mais elle décède dans la préfecture du Gard le 14 janvier 1884 et quelques mois après, Pierre Désiré se remarie avec Joséphine Thérèse Gromelle à Caderousse, le 25 juin 1884. La ferme et l’éducation des enfants raccourcissaient la période de deuil à l’époque.

Les époux s’installent au quartier du Panier, non loin des parents de Thérèse…

… comme l’indique le recensement de 1886. Un recensement dont on est sûr qu’il a été effectué dans les premiers mois de l’année puisque Marie Rose, le premier enfant du couple, né le 21 juin 1886 n’y apparaît pas. Marie Rose s’offrira un époux pour Noël 1904, Henri Sosthène Cappeau, . Elle vivra encore soixante-dix ans après cette date.

Le couple se déplace ensuite aux Cabanes où va naître Jean Désiré, le futur Poilu, le 09 août 1888. Ce dernier a eu plus de chance que son jumeau mort-né, qui aurait dû recevoir le nom de Pierre Désiré.

En 1891, le foyer compte six personnes. En effet aux deux enfants du second mariage sont venus s’ajouter Hermitine (peut-être?) et Louis, nés de la première union. Ils ne tarderont pas voler de leurs propres ailes.

L’année suivante, le 03 octobre 1892, arrive le dernier enfant de la fratrie, une fille, Augustine Rosalie. Voici donc la famille au complet avant que le vie ne disperse ses membres.

La famille au recensement de 1896 aux Cabanes.

Rose va se marier, on l’a dit plus haut puis Désiré est appelé par l’Armée pour sa période de formation militaire. C’est à Toulon qu’il va passer deux années, au 111ème Régiment d’Infanterie, du 08 octobre 1909 au 24 novembre 1911. A peine revenu aux Cabanes, il va s’unir au village à Henriette Louise Litot, une baletière de trois ans sa cadette. Les noces se déroulent le 09 juin 1912. Le 18 octobre de la même année naît rue Vénasque une petite Marie-Jeanne.

Moins de deux ans plus tard, le 03 août 1914, Désiré rejoint Antibes, base des réservistes du 111ème R.I. Le 09 août, le régiment s’embarque en train pour le nord-est de la France… jusqu’à Diarville. Nous sommes dans un secteur connu que plusieurs Poilus caderoussiens ont visité… Visite au pas de course car commencent alors des marches forcées pour aller au devant des troupes allemandes.

Le 11, seize kilomètres jusqu’à Ceintrey-Voinemont, le 12, quinze kilomètres jusqu’à Saffois-Vigneulles-Ferrières, le 13,  seize pour atteindre Drouville et le 14 encore une bonne quinzaine pour attaquer les Allemands chez eux, en Lorraine. L’ordre est simple; prendre Montcourt (Moncourt). Pas le temps de souffler pour les piou-pious du 111ème, ceux de 112ème également, on attaque !

Solidement retranchés, les canons et mitrailleuses allemands déciment les bataillons français. Un carnage ! Certes, Moncourt est prise mais au prix de centaines de morts, de blessés et de disparus.

La vision du Journal de Marche du 111ème en date du 14 août 1914 montre bien la confusion qui a régné. Dans un premier temps, Désiré sera considéré comme disparu avant que son corps ne soit retrouvé postérieurement (à quel moment ?) pour être inhumé à la Nécropole Nationale « Riche ». Le 14 août 1914, il était âgé de 26 ans et 5 jours. Son épouse recevra une aide de 150 francs le 13 juillet 1916 et deviendra officiellement veuve de guerre le 08 mai 1920.

La seconde fille de Jean Désiré, Lucienne Désirée, viendra au monde le 26 août 1914, douze jours après le décès de son père. Un cas loin d’être isolé pendant cette guerre.

Sur le front, les Allemands contrattaqueront dans les jours suivant le 14 août et n’auront aucune peine à enfoncer des régiments français épuisés et amoindris.

Fiche matricule de Jean Désiré Roumieux de Mémoire des Hommes.

Jean Désiré , matricule 317 de la classe 1908, bureau de recrutement d’Avignon, pour ceux qui souhaitent aller consulter sa fiche matricule sur le site des Archives du Vaucluse. Le patronyme Roumieux est peu présent en Vaucluse et dans le Gard. Si quelqu’un reconnaît tout de même en Jean Désiré un ascendant  direct ou indirect, qu’il n’hésite pas à se manifester pour compléter ces quelques lignes.

A suivre… Edgard Roux.

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