Archives de Tag: régime de Vichy

COLLABORATION: un tract à la gloire de la RÉVOLUTION NATIONALE.

Un tract imprimé uniquement au recto à la gloire de la Révolution Nationale imprimé à Tunis et certainement distribué dans cette ancienne colonie (protectorat pardon) avant la Libération du pays par les Américains.

En haut l’abominable république et sa devise perverse Liberté-Egalité-fraternité et en dessous le monde rêvé par les Fascistes de Vichy, adepte de la Révolution Nationale et de sa devise Travail- Famille- Patrie.

La République asservie par les partis et le capitalisme étranger (bien sûr), la République horriblement égalitaire où la Fraternité n’est qu’un leurre puisque la lutte des classes mène à la haine et à la misère.

A l’opposé, la Révolution Nationale amènera du travail à tous (dans les usines d’armement du reich pour certains). la famille sera au centre de la société (un papa, une maman 70 ans avant les grenouilles de bénitiers de Boutin et consort) et la Patrie au dessus de tout, une patrie occupée, pillée ce qui ne dérange pas du tout les auteurs de ces lignes puisque c’est la faute de la Gueuse.

Vive la Gueuse.

Poster un commentaire

Classé dans Vieux papiers

COLLABORATION: le B.A.-BA du Fascisme à la Française sous Pétain.

Une feuille imprimée recto-verso sur un papier pelure, aussi léger que le niveau intellectuel du contenu. deux pages donc qui résument la pensée politique du Régime de Vichy guidé par son chef, le Maréchal autoproclamé, autant autoproclamé que fut son appellation de « Vainqueur de Verdun » alors que le vainqueur de Verdun fut Nivelle. N’oublions pas que Pétain quitta le commandement du front à Verdun le 16 avril 1916, loin du terme d’une bataille qui dura jusqu’en décembre 1916 !

Mais quand on a un chef sous la main, pardon un Chef, il faut lui inventer une Légende.

Car ces deux pages ne sont rien d’autre que la définition du Fascisme à la Française que reconnaissent encore de nos jours les tenants d’extrême-droite même lorsqu’ils se font appeler Patriotes.

Le bras armé de cette Révolution Nationale était la Légion, pas celle des Volontaires mais celle des Combattants, en un mot les associations d’anciens combattants de la Grande Guerre revues à la sauce de Vichy.

Le crédo des fascistes français:

La Légion défend l’unité de la France sauf bien sûr celle de la Zone Occupée par les Allemands et celle annexée tout bonnement, l’Alsace et la Lorraine.
La réécriture de l’Histoire… en expurgeant tout ce qui dérange, la Révolution de 1789, la vraie révolution, les mouvements ouvriers…, la libération du prolétariat (et des femmes de nos jours- on le verra plus loin).

Le culte du Chef (celui en place puisqu’il s’est choisi), de la Famille, du Travail et de la Patrie, le culte des valeurs ancestrales  et l’encadrement de la Jeunesse.

La défense d’une économie où collaborent l’intelligence, le travail et le capital (vaste programme), le paternalisme dans les rapports entre ouvriers et patrons.

La défense de l’agriculture et des petites entreprises, programme commun à tous les candidats depuis la nuit des temps…

Le mérite (la Valeur est employé) pour les fonctionnaires et la restauration du rôle de l’instituteur, du professeur (on est loin de Sarkozy).

Une nouvelle Europe autour de l’Allemagne (bien que ce ne soit pas dit)…et bien sûr, la lutte des nuisibles « étrangers » bien entendu …

les Francs-Maçons, les Communistes, les démocrates, les Juifs, les Gaullistes et le capitalisme international… donc à peu près… tout le monde sauf les Fascistes.
Ça ne vous rappelle pas quelques programmes plus récents ?

Poster un commentaire

Classé dans Vieux papiers

PROPAGANDE DE VICHY: un grand poster sur la RELÈVE (automne 1942)

Une grande page imprimée uniquement au recto. Format page de journal, peut-être le Nouvelliste, le grand quotidien lyonnais qui se vautra dans la Collaboration et l’apologie du fascisme pendant l’Etat Français. Le titre: L’ACTUALITÉ PHOTOGRAPHIQUE.

On peut dater ce vieux papier d’octobre 1942, plutôt la première quinzaine. En effet, une photo montre l’inauguration de la Foire Internationale de Lyon qui dut avoir eu lieu de fin septembre à début octobre 1942. Cette foire fut une vitrine de la Collaboration, événement orchestré par le Régime de Vichy et les services de la propagande du Reich, pour prouver aux Français que tout allait bien dans le meilleur des mondes ! Avec un certain succès puisqu’en 1941 comme en 1942, il y eut pas moins de 600 000 visiteurs dont la 5/6ème ayant acquitté leur billet d’entrée.

On y voit aussi Pétain, Darlan et Laval présider une prise d’armes…

…d’un gouvernement sans armée.

Mais le sujet principal de ce poster est la Relève. C’est ce deal que Laval passa avec gauleiter Fritz Sauckel responsable de la main d’oeuvre immigrée du Reich: 3 travailleurs français partis en Allemagne contre 1 prisonnier de guerre français libéré. Cette collaboration commença en mai 1942.

On y voit un groupe de travailleurs s’apprêtant à prendre le train pour l’Allemagne…

…suis embrassant leur progéniture…

…sous l’oeil des objectifs des appareils photographiques complaisants tandis que des prisonniers libérés retrouvent les leurs avec moult embrassades…

…toujours sous le regard indiscret de ces mêmes appareils photographiques. Malgré cela, malgré ces pages à l’eau de rose un tantinet bisounours (uchronie volontaire), rien n’y fit et les travailleurs français ne partirent pas pour le Reich. Il fallut passer à l’étape supérieure, celle des départs contraints et forcés que l’on appela le S.T.O. comme Service du Travail Obligatoire. L’ordonnance qui institua cette ignominie fut prise le 16 février 1943.

 

Poster un commentaire

Classé dans Vieux papiers

Dans L’ESPOIR FRANÇAIS de fin août 1942, VIVE la RELÈVE.

En 1942, de par les saignées dues au combat sur le front de l’Est et du fait que nombre d’Allemands sont sous les drapeaux, l’Allemagne nazie a besoin de bras pour ses usines d’armements, de bras qualifiés, s’entend. Elle se tourne vers le gouvernement de Vichy, son vassal et lui demande l’envoi d’ouvriers, en masse. C’est Laval qui, après son retour au pouvoir le 18 avril 1942, va se faire le cerveau et le chantre de cette collaboration économique.

DSCN3454

Le deal est simple: la France envoie 150 000 ouvriers en Allemagne et dans le même temps, 50 000 prisonniers de guerre regagneront leurs foyers. Ce sera la Relève… qui sera loin d’être une réussite ! Aussi, devant cet échec, le gouvernement de Vichy va mettre en scène cette « rencontre de Compiègne », datée du 11 août 1942. Le scénario est bien réglé:

A droite, l’arrivée d’un train de prisonniers de guerre en provenance d’Allemagne:

DSCN3455

A gauche, le départ d’un train rempli de volontaires pour aller travailler en Allemagne:

DSCN3467

Au centre, Laval entouré de dignitaires allemands et de ministres français, orchestrant cette rencontre si émouvante. Un Laval qui y va de son discours…

DSCN3456

dans lequel il se fait le champion de cette collaboration et où il réitère différemment ses propos du 22 juin dans lesquels il souhaitait la victoire de l’Allemagne, dernier rempart contre le Bolchévisme. Là, il explique que pour que l’Allemagne se consacre totalement à la lutte contre le Bolchévisme, il faudra que la France lui vienne en aide en envoyant ses meilleurs ouvriers travailler dans les usines dédiées à l’effort de guerre allemand.

Un Laval triomphant qui serre des mains…

DSCN3457

de prisonniers de guerre et reçoit avec plaisir les « hourras » d’hommes qui entrevoient une libération inespérée:

DSCN3458

 Et puis vient le moment si attendu et si émouvant de la rencontre entre les libérés et leurs libérateurs, entre les PG et les ouvriers partant pour les usines allemandes:

DSCN3459

des accolades, des embrassades, de chaleureuses poignées de main surtout devant les objectifs de la propagande officielle:

DSCN3460

Des gros plans de sourires et de bonheur !

DSCN3461

On s’échange peut-être même des adresses…

Et puis vient le départ des ouvriers dans les trains:DSCN3462

des trains sur lesquels sont inscrits à la craie des messages à la gloire du régime de Vichy et des remerciements pour tant de mansuétude !!!…

DSCN3467

DSCN3468

DSCN3469

Tout cela se termine sur une dernière larme: l’arrivée du père, chez lui, qui retrouve femme et enfants…. le retour dans le foyer !

DSCN3466

L’espoir français décline ce retour en le localisant dans l’espace. Le retour des PG à Paris…

DSCN3463 à Lyon….

DSCN3464

à Macon…

DSCN3465

Malgré toute la propagande vichyste sur les ondes, dans la presse muselée… rien n’y fit… la relève fut un cinglant échec et pas plus de 7 000 jeunes hommes cédèrent aux sirènes de la collaboration économique, d’une vie meilleure autre-Rhin. Il fallut alors changer de vitesse et rendre obligatoires ces départs jusque là volontaires… Ce fut le STO avec ce O signifiant Obligatoire qui eut pour conséquence l’entrée en clandestinité et en résistance de nombreux jeunes qui pour beaucoup, ne l’auraient pas fait.

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Le (petit) KIOSQUE DE PRESSE de l’été 36: le 11 juillet 1936

Un kiosque assez garni aujourd’hui avec 1 revue et 3 journaux.

DSCN4497

Le Miroir des Sports où Magne et Speicher, deux cracks, anciens vainqueurs du Tour félicitent Archambaud pour son maillot jaune.

DSCN4515

Le Petit Provençal où le Tour est traité moins abondamment.

DSCN4521

Le Temps, journal plus intellectuel, Le Monde de l’époque.

DSCN4523

L’Intransigeant toujours aussi agréable à lire, avec de grandes illustrations et des articles aérés.

Le Miroir des Sports, quasiment entièrement consacré au Tour, va parler des étapes 2: Lille-Charleroi et 3: Charleroi-Metz. Comme tout hebdomadaire, le titre est un peu en retard sur l’actualité mais compense ce fait par de nombreuses photos qui illustrent les étapes en détail.
Ainsi, on voit le Tour sous tous les angles dans le Nord, dans le laborieux bassin minier. Les routes vont de pair avec les sections pavées dignes de Paris-Roubaix:

DSCN4498

où les coursiers préfèrent rouler sur les trottoirs,

DSCN4499

les franchissements des canaux sur des ponts-levis asphaltés,

DSCN4506

et les nombreuses voies ferrées menant aux usines qu’il faut franchir comme on peut

DSCN4501

par dessus les barrières…

DSCN4502

juste devant la locomotive qui s’est arrêtée pour les Géants de la Route

DSCN4512

Même RED, l’auteur du dessin humoristique, s’est emparé du sujet des barrières baissées !

Et bien sûr, les foules ouvrières se pressent le long des routes pour voir les champions, ce qui leur procure une distraction exceptionnelle…

DSCN4500

à Anzin…

DSCN4504

à Valenciennes.

A Charleville, la victoire de Robert Wierinckx.

DSCN4505

tandis que les cracks cités au début de l’article, sur la couverture, sont à la peine sur la route. Autant…

DSCN4507

Georges Speicher vainqueur du Tour 1933…

DSCN4508

qu’Antonin Magne qui ramena le maillot jaune à Paris en 1931 et 1934.

L’étape 3 de Charleville à Metz a vu le retour de la pluie. Pas les orages dantesques de l’étape 1, mais la pluie fine qui fait croire par moment que le Tour se court en mars.

DSCN4509

DSCN4514

La pluie et la route mouillée mais aussi…

DSCN4513

des passages où la route est sèche.

DSCN4510

Toujours la foule comme ci-dessus au contrôle de Briey et la victoire en solitaire du Luxembourgeois Mathias Clemens à Metz:

DSCN4511

Bien entendu, les quotidiens ont une étape d’avance sur l’hebdomadaire (qui paraît toutefois 3 fois pars semaine) et relatent déjà la 4ème étape qui s’est disputée entre Metz et Belfort, hier.

Autant dans Le Petit Provençal

DSCN4520

que dans L’Intransigeant, on célèbre la victoire du Français Maurice Archambaud et, par la même occasion, le retour du maillot jaune sur ses épaules…

DSCN4529

comme nous le fait comprendre de manière humoristique Pellos:

DSCN4528

Première victoire française de ce Tour mais aussi premier sommet escaladé, le Ballon d’Alsace avant la plongée sur la plaine d’Alsace, comme on peut le lire dans le résumé de l’étape de L’Intransigeant.

DSCN4525

Le passage à Nancy:

DSCN4530

La victoire d’Archambaud:

DSCN4524

Le maillot jaune de ce même Archambaud.

 DSCN4516

Après ces pages cyclisme (mais le mois de juillet c’est avant tout le Tour, et cela depuis plus de 100 ans), une information importante tirée de chacun des 3 titres.

Pour Le Petit Provençal, c‘est la continuation (même si le mouvement s’essouffle) des grandes grèves de juin 1936 qui ont suivi la victoire du Front Populaire, autant en page nationale:

DSCN4517

que dans la zone du diffusion du journal, le Gard, à Alès:

DSCN4518

Sur Le Temps, un petit article interpelle tout de suite le lecteur.

DSCN4522

le conflit autour du corridor de Dantzig, en Pologne, qui sera le prétexte pour Hitler, dans 3 ans, pour déclencher la Seconde Guerre Mondiale.

Enfin, dans L’Intransigeant, c’est l’annonce de la création d’un nouveau mouvement politique, le P.P.F. avec la rencontre tout à fait improbable d’un ancien leader communiste Jacques Doriot qui faillit même devenir premier secrétaire du Parti et d’un ultra-nationaliste, le colonel De La Roque.

DSCN4527

A l’arrivée, le P.P.F., un mouvement s’inspirant du fascisme italien, qui, pas tard, sera le plus important soutien au régime de Vichy dans quelques années et dont nombre de ses membres rejoindront la Milice.

Poster un commentaire

Classé dans Journaux, Revues