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Suite: La tranchée des chasseurs alpins: la solution du problème

Suite de l’article « MAI 1916: des sujets d’actualité pour support pédagogique! »

Nous en étions resté à ce problème du Certificat d’Etude sur lequel vous séchiez lamentablement:

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Je vous délivre de la torture des divisions à la main, voici donc la solution à la question: combien chaque homme a-t-il remué de terre?

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Chaque soldat s’était donc coltiné 1,692 mètre-cube de terre à la pelle, sauf les petits futés qui étaient de garde.

Vous l’avez peut-être deviné à la lecture des tags de l’article précédent, Madame Bouletin officiait à l’école de filles de Caderousse, j’en ai entendu parlé dans ma jeunesse (elle n’était pas souple, à ce qu’il paraît!)

Quant à ces cahiers, ils appartenaient à ma grand-mère paternelle Philine Boissel, née en 1904 et qui avait 12 ans à l’époque des faits. En Cours Moyen 1ère année, elle n’était pas en avance certes mais les cahiers étaient bien tenus et ses résultats scolaires très corrects.

Au sujet de la guerre de 14, elle a souvent raconté la liesse exceptionnelle du 11 novembre 1918 dont elle avait gardé des photos…  que je présenterai un jour prochain.

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MAI 1916: des sujets d’actualité comme support pédagogique!

Voici un cahier de roulement (d’exercices) d’une écolière du Cours Moyen 1ère année en mai 1916:

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La maîtresse de cette classe de filles se nommait Madame Bouletin et ses élèves devaient avoir un peu plus de 10 ans.

Voici quelques textes qui valent le coup d’être lus, en orthographe, en dictée (quelle différence?) et un problème en calcul. Mais où donc Madame Bouletin allait-elle trouver toutes ces idées? Etait-elle profondément germanophobe ou suivait des instructions données par des documents pédagogiques distribués par le Ministère car c’est pour le moins va-t-en guerre et obscurantiste… Mais on est en pleine bataille de Verdun dans la Marne et l’Allemand est l’Ennemi absolu.

L’exercice d’orthographe:

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La guerre des tranchées, c’est donc une invention de ces fourbes Germains (c’est mieux que Boches après tout) qui pour mieux contrer la vaillance des Français se sont enterrés pour les contrer. Heureusement, nos braves soldats ont pu s’adapter, ont fait de même et ils attendent leur heure pour montrer de dont ils sont capables.

On croirait un sketch de Jérémy Ferrari.

L’exercice de dictée est un peu moins comique et beaucoup plus grotesque. Qu’un lecteur allemand ou germanophile qui parcourra ses lignes, veuille bien m’excuser, je ne fais que reproduire:

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Le Boche (là je crois qu’on peut le dire) est faible devant les forts et fort devant les faibles. La définition même du lâche. Et puis pendant qu’on y est, en vrac, il est hautain, insolent, peu intelligent (bête?), peu généreux (égoïste?), massacreur, pillard, jaloux. Ouf la coupe est pleine!

C’était certainement l’opinion générale relayée par les médias (les journaux sous la censure militaire) et l’école.

Quant au fameux problème de mathématique (du Certificat d’Etude), je vous le livre tel quel mais sans la solution, bien sûr, qui vous sera donnée dans quelques jours. Vous pouvez vous y coller pour la trouver, l’usage de la calculatrice (et du téléphone portable) étant bien entendu formellement interdit, je vérifierai!

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En seconde ligne, l’élève a raté une mot, il faut lire « une tranchée longue de 345 mètres ». Vous avez 15 minutes!

Et j’ai 3 cahiers de la même trempe de cette funeste année 1916.

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A CADEROUSSE- (sous)-les-eaux…

On a déjà parlé de Caderousse entouré par des digues bâties sous le Second Empire pour protéger le village des crus du Rhône avant que la CNR ne le canalise (du moins pour des crus « normales »).

Voici pour commencer 2 vues des digues:

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Le portail Castelan vers 1916

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La digue près du portail d’Orange, le long du cours Aristide Briand (en bas à gauche), devant le café de France, carte datée de septembre 1916 en correspondance.

Deux documents sur les inondations:

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Le poids inondé. Ce poids qui existe toujours est à l’extérieur des digues, en face du portail d’Orange (la photo a été prise de cet endroit) et en face de l’actuelle station-service. La route qui part à droite est celle d’Orange. Malgré qu’elle soit relevée, l’eau la recouvre. Les paysans viennent au village en barque. A l’époque, chaque ferme en possédait une qui était consciencieusement entretenue (étanchéité au goudron).

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C’est la photo inverse de la précédente. Depuis le poids qui doit être sous l’eau (la crue étant plus importante), on voit donc le portail d’Orange barré par le batardeau (lou bastardèu) sur lequel posent des enfants (mon père le plus petit? si c’est le cas, photo datée de 1931-33). Toujours les barques des personnes venues au ravitaillement.

Deux autres photos illustrant en contrepartie les inconvénients des digues. En effet, si elles empêchent l’eau extérieure de rentrer, elles empêchent tout autant l’eau de l’intérieur de s’écouler. Pour  y remédier, des pompes ont été installées à un point bas, proche du bras du Petit Rhône… encore faut-il qu’elles fonctionnent quand on en a besoin… Un petit lac aux canards était creusé à l’endroit où on a fait le vide-greniers (voir humeurs).

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Datée de 1907, l’eau (certainement d’infiltration) stagne dans les rues du village et les caderoussiers ont installé des madriers sur des parpaings pour circuler les pieds au sec. La vue a été prise rue Pied Gaillard, le bâtiment au fond étant l’actuel EHPAD qu’on appelait alors l’Hôpital (comprendre l’Hospice). Les personnes posant sur la passerelle de droite sont certainement Adrien Guérin dont on a vu qu’il allait disparaître en 1915 à la Pompelle (1er à partir de la droite), sa femme Léonie (3ème à partir de la droite). Entre les 2, peut-être Séraphin le frère aîné de mon grand-père (né en 1897 donc âgé de 10 ans). L’enfant habillé en fille était peut-être mon grand-père Gabriel (né en 1901 donc âgé de 6 ans). Beaucoup de militaires (5) apparaissent sur la photo, l’armée devait avoir été envoyée à Caderousse pour aider les habitants. Bien qu’il n’y ait pas plus 15cm, les maisons devaient être particulièrement humides!

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La seconde photo date d’août 1924 et est prise devant un café du cours Aristide Briand (le serveur au second rang posant fièrement pieds nus et plateau à la main!). Les banderoles de drapeaux montrent que c’est la fête du village. On voit les baraques de forains qui baignent à droite. Les tables des cafetiers sont devenues des passerelles pour éviter de se mouiller les pieds. Petit hiatus, la photo date d’août 1924 alors que la fête du village a lieu à la Saint-Michel le 29 septembre. Cette année-là, une expérience malheureuse avait été tentée de l’avancer en août… expérience ratée car un orage dantesque avait tout inondé. Une plaque posée sur le théâtre antique d’Orange indique la hauteur des eaux dans cette ville, submergée par la Meyne. Caderousse, à 8km de là, avait subi le même orage et les digues avaient empêché les eaux de s’évacuer… et le fête votive de se dérouler!

 

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JEAN-LéON GUÉRIN Mort pour la FRANCE à PUEBLA en 1863!

Mais que diable allait-il faire dans cette galère?

On pourrait reprendre cette réplique des Fourberies de Scapin à la lecture de ce qui est écrit sur ce vieux papier:

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Ou en bas d’un autre papier:

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Jean-Léon Guérin, soldat, un des fils, est décédé à Puebla le 19 avril 1863, âgé de 27 ans.

Jean-Léon Guérin était parti au Mexique, soldat du Corps Expéditionnaire Français aux Amériques pour installer Maximilien sur le trône à Mexico. Cette expédition saugrenue imaginée par Napoléon III se termina en fiasco, les Mexicains qui s’étaient débarrassés des Espagnols au début du siècle n’avaient pas envie de tomber sous la coupe des Français. Et le voisin américain ne souhaitait pas non plus cette présence.
La guerre fut dure, les soldats français devant lutter autant contre les combattants mexicains que contre les conditions climatiques et sanitaires.
Jean-Léon est mort lors de la seconde bataille de Puebla, le 19 avril 1863, qui ouvrit, après la chute de la ville, la route de Mexico City aux Français. Est-il mort en combattant dans les batailles de rues ou de maladie? le papier ne le dit pas.  Peut-être des Archives parleront?

11 jours après sa mort se déroulait l’épisode de Camerone, acte fondateur de la Légion Etrangère et Puebla tombait le 17 mai.

Il existe à Puebla un cimetière français qui a recueilli les restes des combattants des 2 camps tombés pendant cette guerre, créé au moment de la réconciliation franco-mexicaine 20 ans après la chute de Maximilien, au moment où les Barcelonnettes avaient pignon sur rue au Mexique.

Précisions généalogiques: Jean-Léon Guérin était né le 07 avril 1836. Il était le fils de Guillaume Guérin et Marie-Rose Roux. Il était le petit frère d’Auguste Casimir Guérin (né le 01er mars 1833), père d’Adrien-Gabriel Guérin, Mort pour la France à La Pompelle le 21 octobre 1915, mon arrière-grand-père. Jean-Léon Guérin est bien mon arrière-arrière-grand-oncle.

 

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