PAUL MARQUION parle du MILIEU PHYSIQUE de CADEROUSSE … en 1971 (suite)

Suite de la reproduction du numéro 44 du bulletin des Amis d’Orange…

DSCN0695

dans lequel Paul Marquion parle de Caderousse et en particulier du milieu physique de cette commune du Vaucluse, avant 1914.

La présence de l’eau à faible profondeur a favorisé la dissémination des granges. Si l’on ajoute à cela que la propriété reste encore très morcelée, qu’il n’existe pas, à part l’île de la Piboulette, de grands domaines, que partout la terre se prête à la culture et qu’il n’existe pas de terrains véritablement infertiles, on comprend que les granges sont nombreuses et en général de peu d’importance et n’ont rien de comparable avec, par exemple, le mas provençal.

 Les routes et chemins.

Un gros effort a été fait, depuis la dernière guerre, pour l’amélioration de la viabilité . Avant 1914, seules quelques routes et notamment celle de Caderousse à Orange étaient empierrées. Les charrois y creusaient des ornières et de larges et profonds nids de poule. Des rechargements périodiques les remettaient en état… Les charrettes et autres véhicules à traction animale s’en accommodaient non sans mal. Mais la circulation automobile n’y aurait pas résisté…. Aujourd’hui, tous les chemins sont goudronnés. Un phénomène assez curieux et particulier sans doute à Caderousse, c’est que la plupart des chemins sont en contre-bas des champs. Et cela se comprend: chaque inondation dépose sa couche de limon et ces couches , en se superposant, finissent par élever le niveau général du territoire, alors que les chemins, soumis à une perpétuelle usure et échappant à l’alluvionnement, restent toujours au même niveau.

Les noms des quartiers.

Comme partout ailleurs, le territoire est divisé en quartiers qui, comme les rues et quartiers du village ont conservé leur nom ancestral. Certains de ces noms sont descriptifs:la Baisso est un des quartiers les plus bas du territoire; les Négades sont un quartier qui a souffert particulièrement des inondations, non seulement du Rhône, mais aussi de l’Aygues avant que son cours ne fut détourné au XIVème siècle; les Islons, l’ilot Blanc, qui sont aujourd’hui rattachés à la terre ferme, conservent le souvenir de l’époque où ils n’étaient que des îlots du Rhône; l’Espinet devait être jadis un terrain envahi par les buissons, la Lima-jouino, qu’on a francisé en Limageonne qui ne signifie rien , garde sans doute le souvenir d’une immersion soudaine à une certaine époque, due peut-être à un phémonème naturel, mais peut-être aussi à la construction de l’ancien Moulin de la Ville dont les eaux ont pu se répandre en contre bas et constituer un marécage toujours existant; le Gabin doit certainement son nom à une humidité prononcée de son sol, du provençal: gabinous.

Certains quartiers portent le nom de saints: Saint-Michel, Saint-Martin, Saint-Pierre, Saint-Trophime, souvenirs d’anciens établissements religieux ou de possessions ecclésiastiques.
D’autres ont pris le nom de la ferme principale du quartier, propriété d’anciens familles qui ont disparu: la Lusignane (de Lusignan); la Bonamourde (de Bonamour); la Roubaude (de Roubaud); la Berbiguière (de Berbiguier); le Durbanne (de Fortia d’Urban).

Enfin d’autres quartiers: Fourniras, Chalumeau  le Pont d’Adam, la Péran, les Cabannes, Panier, la Grand’Cairanne, la Cairanette, le Devès, Salarié, les Mians, la Mascarade, le Marran, la Capucelle, le Brou etc… portent des noms dont il est bien difficile de connaître l’origine, une origine qui remonte très certainement à des temps très lointains et antérieurs à toutes archives communales.
 
A ce sujet, on notera l’existence à Caderousse de 2 quartiers limitrophes qui ont nom Campredon et Campblancard. Ces noms remontent-ils au passage d’Hannibal ? Il serait bien téméraire de l’affirmer. En tout cas, si Hannibal a traversé le Rhône à Caderousse, ce qui paraît hors de doute d’après le récit de Polype qui ajoute qu’Hannibal campa un jour et 2 nuits sur les rives du fleuve après son franchissement, on est amené à constater que l’emplacement de ses camps, dans le bec formé alors par le Rhône et l’Aygues ancien, à proximité de l’eau, condition essentielle pour l’installation d’un camp, devait se situer à l’emplacement des quartiers actuels de Campredon et Campblancard dont la superficie correspond d’ailleurs sensiblement à celles des camps d’Hannibal (de 250 à 300 hectares).

DSCN0696

Poster un commentaire

Classé dans Revues

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.