Archives quotidiennes : 28/12/2018

EXCELSIOR versus ANASTASIE… la CENSURE pendant la Première Guerre Mondiale (6/7)

L’état d’urgence fut proclamé le 2 août 1914 entraînant de fait la mise entre parenthèses des libertés essentielles et l’instauration de la censure. Celle-ci fut confortée par la loi du 5 août 1914. Le pouvoir militaire avait pris le pas sur le pouvoir civil.

En 1916, on ajouta le cinéma à la liste des médias contrôlés.

Excelsoir du vendredi 31 mars 1916.

C’est encore un article sur Verdun qui a subi des coups de ciseaux. On y évoque les communications entre le front et l’arrière.

La première contre-vérité vient du chapô de cet article: Attaques allemandes repoussées au bois de Malancourt et au fort de Douaumont. Plus loin, on peut lire: Dans la journée d’hier, l’ennemi a abandonné la partie dans le secteur du fort de Vaux pour tourner toute sa rage contre celui de Douaumont, sans plus de succès: deux attaques très violentes ont été repoussées aux abords du fort par nos vaillants soldats

Voilà ce qui est dit le 31 mars sauf que le fort du Douaumont a été perdu par les Français sans combat le… 25 février 1916, un gros mois auparavant ! Ils vont être surpris les lecteurs d’Excelsior quand on leur dire fièrement fin octobre 1916 que Douaumont a été repris !

La censure proprement dite maintenant qui va sévir à trois reprises.

Le début du paragraphe évoque une des voies ferrées ravitaillant Verdun, celle de Verdun à Châlon et celle de Verdun à Lérouville qui part vers le sud pour retrouver la voie de Paris à Nancy. Là, le journaliste devient trop précis et la suite de l’article est passé au blanc. Les Allemands auraient pu tirer partie de quelques renseignements.

Plus loin, deux autres passages évoquant le même sujet sont enlevés.

L’auteur de l’article, Jean Villars s’était beaucoup trop précis pour raconter les chemins de fer approvisionnant Verdun qu’il l’avait été avec la vérité historique.

 

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