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1er mai 1939: EULALIO FERRER raconte la vie au CAMP d’ARGELÈS

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Eulalio Ferrer est un républicain espagnol, natif de Santander, réfugié en 1940 au Mexique où il fit carrière et devint un grand publiciste reconnu aux Etats-Unis. Il raconta son passage dans les camps français de la Retirada par l’écriture d’un journal qui fut publié en France sous le titre Derrière les Barbelés chez L’interdisciplinaire, une maison d’édition de Limonest, en 1993. Suite…

1er mai 1939.

C’est un jour important que ce Premier Mai pour tous ces militants de gauche du camp. Mais la pluie tombe drue qui va faire annuler les festivités prévues, tout étant inondé. Comme le faisait son père à Santander qui inaugurait tous les ans un nouveau costume pour aller à la manifestation, Eulalio a mis une chemise de flanelle grise emmenée de Barcelone. Mais son père est malade et il part lui chercher du lait concentré pour le revigorer.

Au « Quartier Chinois », quasiment toutes les boutiques sont fermées et il a bien du mal à trouver ce qu’il est venu chercher et qu’il va acheter à un prix prohibitif. Ensuite, Eulalio s’amuse à lire les panonceaux des boutiques expliquant la raison de la fermeture du 1er Mai, toutes plus inventives les unes que les autres.

Les discussions des hommes vont aussi bon train et les Français en prennent pour leur grade pour leur abandon de la République et le sort réservé aux réfugiés. Beaucoup parle de la future victoire des Nazis. Prémonitoire!

De retour à la baraque, il trouve son père affaibli par ces angines successives et moralement atteint. Et quand il lui dit que bientôt, ils migreront pour le Mexique, le père ne se résout pas à s’éloigner de son Espagne. Pour l’heure, il espère que ce dernier pourra sortir du camp et rejoindre le SERE, une structure pour les malades.

A travers la méditation d’Eulalio, on apprend qu’il vient de s’inscrire pour  une Compagnie de Travail malgré son peu d’accointance pour la pelle et pour la pioche…

A suivre le 2 mai…

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27 avril 1939: EULALIO FERRER raconte la vie au CAMP d’ARGELÈS

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Eulalio Ferrer est un républicain espagnol, natif de Santander, réfugié en 1940 au Mexique où il fit carrière et devint un grand publiciste reconnu aux Etats-Unis. Il raconta son passage dans les camps français de la Retirada par l’écriture d’un journal qui fut publié en France sous le titre Derrière les Barbelés chez L’interdisciplinaire, une maison d’édition de Limonest, en 1993. Suite…

27 avril 1939.

Les nuits où il a du mal à trouver le sommeil, Eulalio entend les cris des hommes qui font des cauchemars en dormant. Des cris d’hommes qui se remémorent les dures scènes de la guerre qu’ils ont vécues. Ceux de Paco « le Catalan » qui parle de ceux qu’il a exécuté.

En pensant aux Paco qu’il connaît, il va voir Paco « Penacastillo » qui est coiffeur et qui peut officier de camp en camp. Il lui prédit une calvitie précoce, ce qu’il a pu constater aux touffes de cheveux qu’il perd tous les matins en se coiffant. Pour lui, c’est le contre-coup de toutes les émotions qu’il a connues. A la vue de photos du livre datant du mois d’août, le mal ne s’est pas aggravé mais sur celle ci-dessus, la calvitie est bien venue avec l’âge.

Ce Paco qui connaît donc tous les camps dit que le « Quartier Chinois » d’Argelès est le plus fourni mais le plus dangereux. Il raconte l’assassinat au couteau d’un homme par un Gitan, lequel Gitan avait déjà tué un Sénégalais. Il pense aussi que Franco sera renversé par les militaires qui décrèteront l’amnistie…

Eulalio nous apprend qu’il possède une collection de timbres qu’il a pu amener avec lui. Il recevait beaucoup de lettres de ses connaissances espérantistes. Dans le camp d’Argelès, le commerce  des timbres est contrôlé par les Catalans, les timbres servant de monnaie d’échange.

Il va voir un ami vivant avec sa femme et son fils dans le camp des familles. Il est impressionné par les provisions importantes possédées par cet Abelardo. Abelardo qui au début de la guerre partit sur le paquebot Christophe Colomb au Mexique à le recherche d’armes pour la République. Il en revint par miracle.

Un chapitre sur la cigarette. Eulalio a convaincu un ami atteint de diarrhées chroniques d’arrêter de fumer… Pour sa part, il a été dégouté par la cigarette à l’âge de 9 ans, quand, surpris par son maître en train de fumer à l’école, celui-ci le força de continuer de le faire, en classe devant tout le monde. Honteux et ayant la sensation d’être intoxiqué, il ne toucha plus au tabac.

Dans l’après-midi du 27, les hauts-parleurs du camp ont diffusé un concert donné par des chanteurs de sa Montagne de Cantabrie. Grand moment d’émotion en écoutant ces voix en se souvenant des paysages de là-bas.

Il dit avoir appris à jouer aux dominos grâce à un ami et commence à bien se débrouiller.

A suivre le 1er mai…

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24 avril 1939: EULALIO FERRER raconte la vie au CAMP d’ARGELÈS

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Eulalio Ferrer est un républicain espagnol, natif de Santander, réfugié en 1940 au Mexique où il fit carrière et devint un grand publiciste reconnu aux Etats-Unis. Il raconta son passage dans les camps français de la Retirada par l’écriture d’un journal qui fut publié en France sous le titre Derrière les Barbelés chez L’interdisciplinaire, une maison d’édition de Limonest, en 1993. Suite…

24 avril 1939.

Un ami socialiste des Ferrer, Miguel d’Ampuero part pour le camp de Gurs. Il envisage de rentrer en Espagne pour essayer de retrouver son poste d’instituteur. Sa famille lui manque. Mettra-t-il cela en application? Et quel sera alors son sort, vue la violence de la réaction des vainqueurs?

Lors d’une promenade dans le « Quartier Chinois » avec son ami Rafael, ils voient un homme s’essayant à tatouer les lettres UHP sur un bras volontaire, pour 1 franc la lettre. Il s’agit d’un sigle ayant un rapport avec l’insurrection des mineurs des Asturies en 1934 que Franco réprima sur ordre de la République !

Rafael s’oppose à un moment à un charlatan essayant de vendre n’importe quoi. Son forte stature décourage son interlocuteur. Il dit bien connaître ces genres d’énergumènes, s’étant déjà frotté à eux lors d’une partie de dominos.

La nuit venue, les philosophes sont de sortie pour discuter de l’honnêteté. Deux pensées s’opposent: rectitude morale ou hypothèse tant que les causes du mal, des tentations ne seront pas vaincues. Mais surtout réel sujet de société dans le camp où le mal est partout.

Un mal qui a tendance à s’estomper pour Eulalio en ce qui concerne les problèmes de santé. Il revient sur les premiers jours au camp, à une époque où le typhus frappait tout le mode et tuait les plus faibles. Tous les jours, des cadavres étaient emmenés sur des brancards. Un typhus dû à l’eau que les prisonniers devaient boire, eau qui venait des pompes plantées sur la plage et qui fournissait un liquide souillé par les déchets des hommes.

A suivre le 27 avril…

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17 et 20 avril 1939: EULALIO FERRER raconte la vie au CAMP d’ARGELÈS

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Eulalio Ferrer est un républicain espagnol, natif de Santander, réfugié en 1940 au Mexique où il fit carrière et devint un grand publiciste reconnu aux Etats-Unis. Il raconta son passage dans les camps français de la Retirada par l’écriture d’un journal qui fut publié en France sous le titre Derrière les Barbelés chez L’interdisciplinaire, une maison d’édition de Limonest, en 1993. Suite…

17 avril 1939.

Il raconte aujourd’hui la vie dans le camp et en particulier ce « quartier chinois » situé au centre du camp, au bout de la longue promenade que les prisonniers ont appelé « les Ramblas » en souvenir de Barcelone.

C’est un lieu qu’il vaut mieux ne pas fréquenter de nuit à l’heure où les pistolets et les couteaux enterrés en journée réapparaissent. On y vend toutes sortes d’objets, ceux volés pendant la Retirada mais aussi dérobés à l’intérieur du camp par la suite. On y pratique le troc mais aussi le change entre l’ancienne monnaie de la République et le Franc Français. Quelque gardiens sont aussi impliqués dans ces commerces.

Tout se vend et s’achète: des vêtements, des cigarettes, des aliments…

En journée, y exercent  leurs talents des coiffeurs et barbiers se livrant une concurrence farouche en ce qui concerne les  tarifs pratiqués. Sont aussi ouverts des bars où l’on trouve du vin, des eaux gazeuses, des sandwichs, du chorizo, des churros…

Pour l’auteur du journal, ce « quartier chinois », en plein camp de concentration, est un miroir occulte de la vérité humaine. Tout est résumé !

20 avril 1939.

Ce jour-là, le camp des aviateurs a été évacué. Aussitôt, c’est la ruée des autres prisonniers pour essayer de récupérer quoi que ce soit qui pourrait avoir été laissé, à commencer par les cabanes qui sont réputées pour être les meilleures. Des bagarres ponctuent ce pillage en règle, quelquefois même avec les anciens occupants qui n’ont pas fini de déménager.

C’est ce jour-là qu’arrive au camp la nouvelle du discours de Franco annonçant la fin officielle de la guerre civile. Cette rumeur attriste les prisonniers puis leur donne du courage pour résister.
Une bonne nouvelle est diffusée, celle-ci par les hauts-parleurs officiels: le Mexique a décidé d’ouvrir ses frontières aux Républicains Espagnols. Immédiatement, Eulalio et son père entament les démarches… qui aboutiront, on le sait, à postériori. Cela ne devait concerner que les plus aisés, capables de se payer le voyage pour les Amériques (remarque personnelle).

On apprend que le reste de la famille, la mère et les soeurs d’Eulalio, est confiné en Bretagne, à Belle-Ile-en-Mer avec 200 autres femmes déportées. Elles ne considèrent pas cela comme un villégiature agréable comme on pourrait le croire, souffrant du froid et de l’humidité. Le père leur envoie une lettre dans laquelle il conseille à sa femme de vendre son alliance pour améliorer l’ordinaire.

A suivre le 24 avril…

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EULALIO FERRER raconte son passage DERRIÈRE LES BARBELÉS des CAMPS DE CONCENTRATION français en 1939

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Eulalio Ferrer est un républicain espagnol, natif de Santander, réfugié en 1940 au Mexique où il fit carrière et devint un grand publiciste reconnu aux Etats-Unis. Il raconta son passage dans les camps français de la Retirada par l’écriture d’un journal qui fut publié en France sous le titre Derrière les Barbelés chez L’interdisciplinaire, une maison d’édition de Limonest, en 1993.

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On va essayer de vous présenter au jour le jour, 76 ans après, les écrits de Ferrer, après avoir rattrapé le retard de quelques jours, par de petits résumés des propos de l’auteur… une lecture complète du livre étant bien entendu plus intéressante avec l’achat du bouquin, s’il est encore disponible.

14 avril 1939
L’auteur commence son journal à cette date alors qu’il est rentré en France avec son père le 7 février 1939, en empruntant la route de Port-Bou. Il a choisi cette date parce que les conditions de vie dans le camp d’Argelès s’étaient relativement améliorées mais aussi pour célébrer la date du 14 avril 1931, date de proclamation de la Seconde République Espagnole, 8 ans auparavant.

Il avait dû détruire un premier journal écrit dans le passé le 24 août 1937 au moment de sa fuite de Santander, pour éviter que quelques écrits trop enthousiastes pour la République ne lui soit préjudiciables en cas d’arrestation par des Nationalistes. L’autodafé qu’il infligea à ses écrits le marqua beaucoup et retarda le moment de reprendre la plume.

Ce 5 février, il y avait foule sur la route de la France, après Figueras et Port-Bou, des civils, des militaires, du matériel militaire: canons, mitrailleuses, fusils, tanks dynamités jetés au bord de la route. L’entrée sur le territoire français ne se passa que le 7 février. A Cerbère, il reconnaît, assis sur un banc, Antonio Machado et sa mère qui attendent qu’on vienne les prendre comme on leur a promis. Admiratif du poète, il lui remit un cape militaire qu’il avait trouvé pour le protéger.

Puis ce sont les barbelés du camp d’Argelès gardé par les soldats sénégalais.

Le récit de Ferrer passe au 14 avril où les internés se préparent à fêter l’anniversaire de la République. Les personnes originaires de Cantabrie se sont rassemblés pour manger la « Tierruca » et chanter des airs montagnards.

Quant au groupe des philosophes dont le père de l’auteur fait partie, la discussion du jour a également pour thème la Seconde République qui vient de disparaître.

15 avril 1939

L’auteur prend prétexte du fait que dans le camp, le lever se fait au son de la trompette pour raconter son rapport avec la chose militaire. Et malgré son grade de capitaine, on ne peut pas dire qu’il apprécie beaucoup la hiérarchie et les attitudes de l’armée. Dans le camp où sont internés de nombreux anciens de l’armée républicaine, un état-major espagnol fonctionne à côté du commandement français. Ferrer est ainsi nommé capitaine adjoint du premier bataillon d’intendance.

Sa baraque a pu obtenir une machine à écrire ce qui va lui permettre de faire des courriers et ceux de son père. Il côtoie un ami espérantiste de Santander ce qui adoucit sa captivité. Il pourrait répondre aux offres proposées par les Français d’aller travailler en AEF ou d’intégrer la Légion. Mais la situation à Argelès s’est améliorée surtout lors des distribution de la nourriture. On est loin dit-il de février quand chaque distribution de pain donnait lieu à des scènes de disputes sous l’oeil amusé des Sénégalais.

En ce qui concerne l’hygiène, des WC collectifs en bois viennent d’être installés. Au début, l’eau des pompes avait causé des diarrhées générales aggravées par le vent lorsqu’il soufflait et faisait s’envoler sable et excréments qui pénétraient dans tous les abris de fortune. Maintenant que cela va mieux, certains s’amusent à des concours de pets dans les nouvelles toilettes couvertes rapidement de graffitis.

A suivre…

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13 ans après la VICTOIRE de FRANCO, BARCELONE est toujours soumis au RATIONNEMENT 1952

La forme du carnet a changé*, le blason espagnol surmonté de l’aigle trône en grand en couverture mais, alors qu’en France, le rationnement a disparu en 1949, la population espagnole continue de souffrir de la malnutrition. Certes, si ce carnet a été trouvé ainsi aux puces de l’Encant à Barcelone, c’est que son propriétaire ne s’en est pas servi à l’époque. En effet, la date de 1952 correspond à peu près à la fin de la période de rationnement, 13 ans après la fin de la guerre civile, 7 ans après celle de la seconde guerre mondiale.

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C’est toujours une Délégation Provinciale qui s’occupe du Ravitaillement et des Transports. A l’intérieur des coupons à découper qui ne l’ont pas été…

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 pour obtenir des produits de première nécessité:

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de l’huile,

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du riz,

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du sucre,

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d’autres produits variés et

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de la viande.

La situation n’a donc guère changé depuis 1940 pour le petit peuple. Maria Teresa qui avait 9 ans en 1940* a donc passé plus de la moitié de son existence à devoir se passer de l’essentiel. Elle aussi va chez

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Santiago Miralles au 25 du Paseo San Juan pour l’épicerie et les graisses ou chez le boulanger Antonia Albos, calle Ausias March, dans le même secteur proche du Parc de la Citadelle et du centre ancien. On va le voir.

Car une autre carte d’un membre de la même famille, datant de 1951, nous apprend aussi que…

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le pain est rationné. Certes à un niveau assez haut en théorie puisque Louisa Borras, la fille aînée âgée de 16 ans en 1940*, peut prétendre à 32,200 kg de pain du 1er juillet au 30 septembre soit quelques 350 grammes par jour. Suivant le poinçonnement de la carte, elle n’en a consommé que 24 kg. Encore fallait-il que ce qui accompagnait le pain fut suffisamment nourrissant pour une femme de moins de 30 ans !

L’Espagne retrouva la suffisance alimentaire en ce début des années 50. La géopolitique mondiale (la Guerre Froide) l’aida bien dans son souci de retrouver une place normale aux seins des Nations, les Américains trouvant dans ce vieux général peut recommandable un allié expert dans la lutte contre le communisme.

(*) voir le premier article sur le rationnement en Espagne après la guerre civile « Après la Victoire de Franco, Barcelone soumis au rationnement alimentaire ».

 

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Après la VICTOIRE DE FRANCO, BARCELONE soumise au RATIONNEMENT ALIMENTAIRE

Le 1er avril 1939, Franco déclare la fin de la guerre civile et son triomphe de droit divin. L’Espagne va vivre sous le joug de cette dictature pendant 36 ans, seule la mort du vieux caudillo permettra à l’Espagne de s’engager dans la modernité et la démocratie.

Au lendemain de cette guerre civile, alors que l’Europe et le Monde s’apprêtent à subir les conséquences des erreurs écrites dans les clauses du traité de Versailles et pour les démocraties leur passivité frileuse devant la montée des fascismes, la priorité des espagnols est de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. En Catalogne, à Barcelone, les gens sont soumis au régime des tickets de rationnement pour l’acquisition de biens de première nécessité.

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Il s’agit là d’une carte familiale de rationnement délivrée par le service de l’Approvisionnement du Gouvernement Civil de Barcelone, organisation qui doit avoir succédé à la Generalitat de Catalogne honnie par le Franquisme. Ici, contrairement à ce que connaîtra la France à partir de l’Occupation et du pillage des denrées par les Nazis,  les cartes sont familiales. En France, en individualisant les documents, on pouvait moduler les rations… les J1, J2, J3…

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La famille concernée vivait au Paseo San Juan ou en catalan le Passeig de Sant-Joan, entre Eixample et Barri Gotic: les parents âgés de 52 et 43 ans et les 4 enfants de 16, 13, 11 et 9 ans. Il est certain que ce ne devait pas être facile de remplir les assiettes et les ventres.

La page des tampons apposés pour l’obtention de tabac…

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nous date le document, utilisé au second semestre 1940, de juin à novembre. On peut y lire: « Compania Arrendataria de Tabacos », la société déléguée pour la distribution du tabac, la SEITA locale de l’époque.

Le rationnement ne concerne malheureusement pas que le tabac et quelques tickets non découpées nous indiquent les produits rationnés:

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huile, viande et divers, café et sucre… tout en quelque sorte !

La famille allait se ravitailler dans le quartier,

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chez Santiago Mirallès, Josefa Puig et José Arno?? dans le paseo, chez Juan Gobern au Mercato Santa Catalina ou encore chez Gil Palau calle Alvarez… des commerces de proximité, pas très loin du parc de la Citadelle.

Comme on le verra dans un prochain article, le système perdurait toujours en 1952 !

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Le DRAPEAU ROUGE d’un SYNDICAT des AGRICULTEURS datant de la GUERRE CIVILE ESPAGNOLE

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Un drapeau ou ce qu’il en reste qui appartint entre 1936-1939 à un militant d’un …….TO de AGRICULTORES…, on peut penser à un SINDICATO de AGRICULTORES.

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Ceci n’est pas étonnant. Les terres de l’Espagne d’alors (et ça n’a guère changé depuis) appartenaient à de riches propriétaires qui employaient des milliers (et même des millions à l’échelle du pays) d’ouvriers agricoles misérables. Ceux-ci trouvaient dans le programme du Front Populaire et la réforme agraire avec une redistribution des terres, une issue à leur situation. Franco arrivé au pouvoir rendit les terres aux riches et replongea les vaincus à leur triste sort.

Le nom de la ville était écrit sur la seconde ligne.

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….NA LA REAL

En cherchant dans la liste des communes espagnoles, on trouve 14 noms portant REAL comme Ciutad Real ou Vila-Real pour les plus connues. Une seule répond à tous les critères (lettres, longueur). Il s’agit de SANTA ANA LA REAL, une commune d’Andalousie dans la province d’Huelva, en Andalousie, village fortement agricole, aujourd’hui peuplée de 500 habitants.

Quelle histoire a connu cette bannière et son porteur? Pourquoi est-elle dans cet état ? Comment est-elle arrivée jusqu’en France ?

Quel camp a-t-elle connu au moment de la Retirada ? On peut laisser aller son imagination…

En parcourant cette liste de plus de 8 000 communes, on s’aperçoit que de nos jours, 7 villages continuent de porter le nom Caudillo ou Franco: Llanos del Caudillo (à l’est de Ciutad Real), Bembézar del Caudillo (à l’est de Cordoba), Agueda del Caudillo (près de Salamanque), Alberche del Caudillo (à l’ouest de Toledo), Guadiana del Caudillo (près de Badajoz), Villafranco del Guadalhorce (au nord de Malaga) et Villafranco del Guadiana (à l’est de Badajoz). Il s’agit de colonies agricoles créées par le régime franquiste dans les années 50. Beaucoup d’autres cités se sont conformées à l’article 15 de la Loi de la Mémoire Historique demandant de débaptiser les lieux faisant référence au Franquisme. Ainsi Villafranco del Guadalquivir, une autre colonie agricole entre Sevilla et Jerez  est devenue Isla Mayor en 2000.

 La population de Agueda del Caudillo refusa un changement de nom lors d’un référendum en 2008… officiellement pour éviter des tracas administratifs !

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En 1946, l’hebdo pour la jeunesse J. appelle à la lutte contre FRANCO

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Il s’agit de J. un hebdo généraliste pour la jeunesse nettement marqué à gauche (Parti Communiste). Ce numéro 66 du 06 avril 1946 fait sa une d’une course cycliste traversant Versailles. Il faut dire que quelques semaines plus tard, le 29 mai, J. deviendra uniquement sportif sous le nom de Miroir Sprint.

Mais pour celui présenté, un article en page 3 appelle carrément la jeunesse à la lutte contre le régime franquiste, pour soutenir les guérilleros combattant dans la clandestinité.

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En exagérant quelque peu le trait. Des légions d’anciens SS espagnols et autres phalangistes n’ont jamais présenté une quelconque menace pour la frontière pyrénéenne de l’après-guerre, Franco au contraire se faisant le plus discret possible pour éviter de connaître un sort similaire à celui d’Hitler et de Mussolini… sort en aucun moment envisagé par les vainqueurs du 8 mai 45.

Par contre, malgré l’échec de l’opération du Val d’Aran du 19 au 24 octobre 1944, on connaît l’existence de maquis anti-franquistes en Espagne jusqu’en 1948, date à laquelle le Parti Communiste Espagnol décida d’une autre stratégie. Toutefois des poches de résistance existèrent au-delà de 1948 et cela jusqu’à la mort du Caudillo. On considère Xosé Castro Veiga, « O Piloto », comme étant le dernier guerillero mort les armes à la main en Galice, le 10 mars 1965. 20 000 combattants ou ravitailleurs des maquis furent arrêtés et condamnés de 1945 à 1975.

Le site losdelasierra.info/ rend hommage à tous ces combattants de l’aube.

A côté de l’article évoqué ci-dessus, une image du matériel US abandonné

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dans une île du Pacifique. Chez nous, ce furent des milliers d’amateurs de 4×4 et autres jeeps qui récupérèrent ces surplus américains comme à La Sône (Isère) où existe le plus grand magazin de pièces de rechange de surplus US, une entreprise qui fut créée au moment où nous y étions:

www.jeepdodgegmc.com/

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ESPAGNE: Les BÉBÉS VOLÉS du FRANQUISME- Una SINIESTRA HERENCIA: EL ROBO DE BEBÉS DESTE EL FRANQUISMO HASTA LOS ANOS 1990

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Il s’agit d’un des aspects les plus sordides de la dictature franquiste: les bébés volés aux femmes républicaines lors de la guerre civile, puis pendant la dictature et qui se poursuivit après la mort du Caudillo jusqu’aux années 80, pour son juteux aspect financier.

Un petit Goebbels ibérique de Franco, un certain docteur Vallejo Nàgera, fit paraître en 1939 cet ouvrage

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« LA LOCURA Y LA GUERRA- PSICOPATOLOGIA DE LA GUERRA ESPANOLA » que l’on peut traduire par « La folie et la guerre- Psychopathologie de la guerre espagnole ».

Suivant ses allégations, être communiste, anarchiste, socialiste, de gauche tout simplement n’est pas une pensée politique mais s’apparente à une maladie mentale, un genre de folie. Pour éradiquer cette tare, une solution simple: empêcher que les gens de gauche ne se reproduisent et pour cela leur enlever leurs enfants pour les confier à des familles saines mentalement, des familles franquistes bien pensantes, des familles d’une droite bien catholique.

Et c’est ainsi que va se mettre en place cette ignominie qui consistera à enlever les enfants de femmes républicaines, seules bien souvent, pour les confier à des familles en mal d’enfants. Un racket organisé !

Au fil du temps, l’aspect idéologique de cette pratique s’atténuera pour devenir une affaire commerciale rentable.

Et cela avec la bénédiction des 3 entités sensées protéger la Famille: l’Etat espagnol, le monde médical et la plus condamnable de toutes la hiérarchie catholique.

On évalue à 300 000 le nombre d’enfants soustraits à leurs mères, à l’insu de celles-ci. Dans les maternités  spécialisées dans la chose, on annonçait la mort du nouveau-né et on présentait  à toutes ces femmes ou couples éplorés un même bébé décédé congelé. Pendant ce temps, une femme bien souvent de la bourgeoisie aisée bien pensante repartait de la clinique où elle était entrée avec un oreiller en guise de « gros ventre », avec un enfant qui allait devenir le sien. Sordide !

De telles pratiques eurent également lieu en Argentine au temps de la dictature de Vidella, au Mexique, un peu moins dans le Chili de Pinochet.

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D’où ce film documentaire « Nacidos Vivos » de l’Argentine Alejandra Perdomo.

Pour lire le Mémoire de Master de Camille sur ce sujet d’une actualité brûlante en Espagne où droite et gauche au pouvoir ont toujours refusé d’ouvrir les archives et empêché les juges de faire leur travail:

una siniestra herencia.pdf

Ce texte du Mémoire n’est pas en ligne sur unmondedepapiers.com mais peut vous être fourni sur demande en fournissant votre adresse de messagerie. Il compte 200 pages, 15 Mo en virtuel et est entièrement en castillan,  pour l’instant, pas traduit en français.

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