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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 20 avril 1916

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(JOUR 628 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La première de couverture rend hommage (pour une fois) à des personnes très utiles pour les Poilus: le service de santé des Armées. Ici dans une oeuvre de prévention avec cette vaccination contre le choléra, traitement utile à cause de la promiscuité des hommes et un environnement souvent souillé par les déjections, les cadavres d’hommes et d’animaux en décomposition et la présence de rats.

Des munitions, des montagnes de munitions, des munitions impressionnantes…

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comme cet obus de 400 français… des munitions à perte de vue…

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mais aussi originales comme…

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ces torpilles aériennes destinées aux attaques au-dessus des tranchées ou des usines allemandes.

Puisqu’on parle d’aviation, un biplan de chasse atteint au-dessus de l’ennemi…

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mais qui a pu rentrer sans dommage derrière les lignes françaises. On voit des traces d’huile sur la calandre.

Cet autre avion a également connu un atterrissage difficile…

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pour se retrouver ainsi, le nez planté dans l’herbe. Sur le Vif nous précise qu’il n’y a pas eu de casse pour les aviateurs ni pour le grand oiseau, si ce n’est l’hélice légèrement égratignée. mais ce qu’il y a d’intéressant pour cet avion, le « Jeanne d’Arc » suivant la légende, c’est qu’il a été offert à l’armée par les lecteurs du Nouvelliste, un quotidien de Lyon qui  fut publié jusqu’en 1944 et qui disparut à la Libération pour faits de collaboration. Un avion offert à l’armée par les lecteurs d’un journal… Assez original !

Sur mer, le cuirassé américain « Vermont » patrouillant près de la Turquie « pour assurer la sécurité des sujets de l’oncle Sam » a été photographié par un reporter militaire.

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Fait original, il est doté de 2 mimi-Tour Eiffel pour capter les ondes de la TSF.

Plus dramatique fut le sort de cet autre bateau, le navire-hôpital « Portugal » que l’on voit ici avant l’attaque d’un U-boat allemand.

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Cet ancien paquebot des Messageries Maritimes fut réquisitionné en début de guerre pour servir de navire-hôpital. Cette attaque causa de nombreuses victimes dont 19 français disparus.

Des vues de tranchées. Tout d’abord, un boyau que l’on couvre pour en faire un abri plus sûr:

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Dans une tranchée, un tireur d’élite en pleine action…

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avec un fusil doté d’une lunette d’approche. Un sniper  ?

Le théâtre aux armées sur cette vue de 2 comédiens, certainement des Poilus,…

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s’efforçant de distraire leurs compagnons d’infortune.

Pour terminer, monté sur un camion, une étrange machine.

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On nous dit qu’elle est destinée à produire de la glace pour conserver aux frais les viandes destinées aux soldats. Un ancêtre des réfrigérateurs ?

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 06 avril 1916

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(JOUR 614 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

On célèbre un vieux brave à Lyon devant la gare des Brotteaux où se tient une manifestation patriotique. Ou se tenait plutôt, car ces images datent du 16 mars 1916. Ce vieux soldat, âgé de 47 ans cette année-là (classe 1889 soit né en 1869) n’en est pas à sa première médaille. Il compte déjà des médailles des campagnes du Tonkin, de Madagascar et celle de Sauveteur qui sont rejointes par la Croix de guerre avec palme.

Deux vues d’une église détruite comme on en a vu en plusieurs occasions:

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celle de Fouqueviller dans la Somme. Et cela aurait pu être pire si l’obus que montrent les poilus sur la photo de gauche avait éclaté.

Sur la même page, quelques vues de véhicules:

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Des canons, des camions, une mitrailleuse bien protégée et des montagnes d’objets divers ramassés sur le champ de bataille après des combats. On y trouve de tout: bidons, chaussures, caisses de cartouches, armes, objets de toute espèce réunis pêle-mêle.!

La guerre évolue en ce début de 1916 et La Guerre Photographiée a besoin de clarifier les choses pour ses lecteurs.

Tout d’abord une carte de Verdun où l’offensive allemande se poursuit, déversant des tonnes d’obus sur les lignes françaises sans que la presse n’en parle plus que cela.

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Puis une carte plus précise du front français de la mer du Nord à la frontière suisse avec un détourera le front italien.

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A bien comparer les choses, le front en avril 1916 n’a guère changé depuis la bataille de la Marne !

Enfin, le magazine vend aux lecteurs intéressés une grande  carte du théâtre des opérations comme dit l’armée…

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et présente cette proposition comme une manière de suivre facilement les Communiqués Officiels que publient les journaux quotidiens.

Trois vues de navires appartenant à la flotte allemande dans le canal de Kiel où elle se tient à l’abri des attaques des navires alliés.

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 Le problème des réfugiés… qui n’en était pas un en 1916. Les Serbes étaient nos alliés vaincus et il fallait les aider… et accueillir des jeunes.

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Ainsi, la Corse recevait des étudiants serbes. Ils posent ainsi sur une photo de groupe loin de tout camp de concentration et de rétention. On est loin de quelques slogans honteux lus ces derniers temps !

Une page complète pour expliquer la débâcle des Allemands, tués en masse à cause de leur manière de concevoir la guerre. Laquelle méthode est exactement la même que celle des Français. les hommes comme de la chair à canon !

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Voilà ce qui est écrit:

DSCN1545Avec leur système d’attaques en masses serrées et compactes, on sait que les Allemands, arrêtés par nos tirs, ont des pertes effroyables.

Les trois photographies que nous publions ont été prises il y a peu de temps, lors d’une attaque où les Allemands subirent des pertes s’élevant à plusieurs milliers d’hommes, attaque qui se changea en déroute, puisque nos troupes restèrent sur le terrain occupé précédemment par nos ennemis.

DSCN1546Le terrain était couvert de cadavres allemands que nous avons dû faire enterrer, tant par hygiène et aussi surtout par ce que nous avons le respect de nos ennemis morts.

Les prisonniers que nous avons faits furent chargés d’identifier leurs camarades tués, et des listes sont dressées, que le gouvernement français fait transmettre au gouvernement allemand par l’intermédiaire de la Croix-Rouge de Genève.

DSCN1547Les cadavres non identifiés sont enterrés dans une fosse commune et ceux connus  dans des fosses séparées, surmontées d’une plaque portant le numéro d’ordre.

Nos trois photographies montrent, en haut : des cadavres allemands identifiés ; au milieu : des prisonniers allemands creusant des fosses ; : l’ensevelissement dans une fosse commune de cadavres non identifiés.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 23 mars 1916

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(JOUR 600 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Sur la couverture, une batterie de mitrailleuses de la défense antiaérienne contre les attaques des avions allemands et des Zeppelins. Le rédacteur écrit : « Rien n’y manque, mitrailleuse sur pivot, canon vertical lançant des obus incendiaires, télémétreurs, poste téléphonique, etc. Les Allemands sont attendus, ils seront reçus… À canons ouverts ! ! ! »

Ce numéro de La Guerre Photographiée  parle à plusieurs reprises d’aviation.

Ainsi sous le titre : « d’autres aviateurs : une course de vitesse »…

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on voit cette photo aérienne avec un Farman volant en-dessous d’un Chaudron depuis lequel la photo a été prise.

Plus loin, sur un aérodrome dont le nom n’est pas mentionné…

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des avions s’apprêtent à décoller pour aller bombarder la gare de Metz – Sablon. 17 appareils au total. N’oublions pas que Metz est allemande à ce moment de la guerre et présente un noeud de communication important.

Voilà pour l’aviation française. Du côté allemand, c’est moins glorieux :

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« un magnifique Albatros avec ses croix de fer sur les ailes, qui est tombé dans nos lignes. L’avion est intact et le pilote a été fait prisonnier ».

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Pas la même chance pour le pilote de ce Taube, abattu par l’adjudant Navarre. Il ne reste que des débris et les aviateurs allemands ont été tués. Un tantinet chauvin, le journal précise que Navarre est originaire d’Oullins, à côté de Lyon.

Autres sujets quelques nouveautés :

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une série de bombes aériennes assez impressionnantes.

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Une mitrailleuse montée sur une moto (un side-car écrit sud-car) et capable de se déplacer sur les terrains les plus difficiles. Du tout-terrain avant la mode.

Une page nous parle du « casque de nos poilus »…

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pour faire comprendre aux lecteurs (et les rassurer) que tous les Poilus en sont dotés et que tous le mettent sur leur tête, en toutes circonstances.

La guerre photographiée ne parle toujours pas de la bataille de Verdun. Par contre on nous présente une carte de la région de Mulhouse – Cernay…

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où semble-t-il les Allemands ont lancé une attaque secondaire.

Enfin pour terminer, la reproduction d’une affiche apposée par les Allemands semble-t-il à Lille…

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et sur laquelle on lit que quatre personnes (un marchand de vin, un sous-lieutenant, un commerçant et un ouvrier) ont été condamnées et exécutées pour espionnage, pour avoir aidé un aviateur anglais. Une information pas très fraîche toutefois car ces faits remontent au 22 septembre 1915.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 24 février 1916

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(JOUR 570 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Un crime allemand de plus pour les rédacteurs du journal de cette semaine: l’incendie du bâtiment du Parlement canadien à Ottawa que l’on a imputé à des hommes des services secrets allemands. Cet événement date du 03 février dernier et, contrairement à ce que nous montre la photographie, le Palais a été entièrement détruit. Le feu avait pris dans la bibliothèque qui abritait plus de 100 000 ouvrages anciens. La responsabilité des Allemands n’a jamais été formellement prouvée. Le bâtiment réhabilité a réouvert ses portes le 26 février 1920.

En double page centrale, Metz et sa gare, sous toutes les coutures…

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Des vues de Metz et un texte rappelant l’investissement allemand dans la ville, surtout pour la défense des lieux contre les Français.

3 photos et 2/3 d’une page pour parler comme d’autres journaux des incidents de Lausanne…

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 sue l’on a déjà évoqué. Pas seulement les incidents mais aussi l’assassinat d’un dignitaire turc et la mise en service de la ligne ferrée Berlin-Breslau-Budapest-Sofia-Constantinople… qui ne servira pas longtemps.

Les obsèques des victimes du bombardement de Paris par un zeppelin:

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D’autres journaux l’ont déjà montré. Celui-ci parle de 100 000 personnes le long du cortège funèbre.

Comme pour se consoler de ce drame, La Guerre Photographiée a listé les Zeppelins détruits depuis le début du conflit:

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Pas moins de 24 dirigeables abattus depuis août 1914: 4 en 1014, 23 en 1015 et 1 en 1916. En dernier de cette énumération, le fameux L-19 perdu en mer du Nord dont la presse nous a parlé les jours derniers.

 A Lyon, un nouvel arrivage de blessés arrivant à la gare des Brotteaux à Lyon.

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Comme il y a quelques mois, ils sont en provenance des camps allemands ce qui va faciliter le retour à leur nouvelle existence.

Une page entière consacrée aux Chasseurs Alpins dans les Vosges.

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6 photos de groupes qui posent devant l’objectif, ce qui ne nous amène pas grand chose de la situation du secteur. Ces vues sont-elles de saison ou d’archives  ?

Pour terminer et comme on a pu le lire récemment, un portrait en buste de Guynemer, cet aviateur  que l’on nous présente comme un roi des airs avec ses nombreuses victoires dans les cieux:

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Georges Guynemer comptabilisait 5 victoires le 03 février dernier qui lui ont valu autant de citations écrites à gauche du portrait. Il était crédité de 53 victoires quand il fut abattu le 11 septembre 1917 dans des circonstances prêtant à confusion, officiellement abattu par un ennemi Kurt Wissemann qui connaîtra le même sort 17 jours plus tard. D’autres parlent d’un tir venu du no man’s land. L’avion de Guynemer s’abattit dans les lignes allemandes et l’aviateur sera inhumé avec respect et cérémonial  par les Allemands.

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À LYON, une CARTE INDIVIDUELLE de PAIN à PRIX RÉDUIT en 1920

A la fin puis au sortir de la Grande Guerre, la Mairie lyonnaise d’Edouard Herriot mit en place un certain nombre de mesures pour aider la population et en particulier mis en place des cartes de ravitaillement sur le sucre, le pain, le charbon. On l’a vu dans des articles précédents qui présentaient ces cartes.

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Voici une carte instaurée dans le même ordre d’esprit d’aide aux nécessiteux: une CARTE INDIVIDUELLE DE PAIN À PRIX RÉDUIT.

Pas tout à fait une carte de rationnement, plutôt une carte de prioritaire. En quatrième page, on nous indique qui va pouvoir bénéficier de pain à prix réduit.

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Il s’agit des chefs de famille ayant au moins 3 enfants en charge, enfants de moins de 16 ans; les femmes ayant au moins 2 enfants en charge des mêmes âges; les invalides de guerre avec une pension au moins 50% et les vieillards, infirmes et incurables. Soit certainement pas mal de personnes à l’époque.

Il faut dire que le prix du pain doit avoir considérablement augmenté, la farine devenant comme le sucre ou le charbon, une matière rare donc chère.

Comme on le voit avec les tickets restant à l’intérieur de la carte…

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la propriétaire de la carte ne s’en ait plus servi à partir du 30 avril 1920, le rationnement du pain ayant dû cesser à cette date-là.

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RATIONNEMENT après la GRANDE GUERRE: le SUCRE manque à LYON

La même carte de rationnement que celle présentée il y a quelques jours: une CARTE INDIVIDUELLE D’ALIMENTATION

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Seule différence des J aux 4 angles des pages de couverture ont remplacé des A. Elle est destinée à des jeunes, des moins de 16 ans qui n’ont pas les mêmes besoins que les plus âgés. Pourtant, la quantité de sucre, car c’est le sucre qui manque beaucoup à l’époque, est la même que pour la carte A: 750 grammes par mois soit 25 grammes par jour. On en consomme beaucoup moins de nos jours en tant que petits dominos mais certainement beaucoup plus avec les sucres cachés de l’alimentation préparée.

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Les tampons de la quatrième de couverture font apparaître les mots CHARBON et SUCRE comme sur la carte A mais également PAIN, le blé manquant aussi à  la fin de la Grande Guerre.

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A suivre bientôt d’autres cartes de rationnement datant de la Première Guerre Mondiale.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 10 février 1916

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(JOUR 556 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une bien triste photographie en couverture que cette cérémonie qu’on imagine dans un froid humide et sombre d’une matinée couverte à Lyon, sur le cours du Midi, le bien mal nommé en l’occasion. Une remise de décoration à un petit enfant, fils d’un Poilu tué au front, pour son père, devant sa mère, veuve sous un habit noir de rigueur qu’elle ne quittera certainement pas de sa vie. Quelle tristesse !

Comme les noms des Poilus est mentionné dans le légende, voici les fiches matricules telles qu’on peut les lire dans le site Mémoire des Hommes. Il s’agit donc…

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de la femme et enfant de Marie Jean-Baptiste Parizet, mort le 20 septembre 1914 dans l’Oise et…

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de la famille d’Henri Jules Perrotin, capitaine mort le 31 octobre 1914 dans l’hôpital de Commercy des suites de blessures de guerre.

La Guerre Photographiée a bien pris des faits réels pour sa une. La ville de Lyon alla jusqu’à éditer des souvenirs individualisés en l’honneur des soldats locaux morts pour la France.

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Toujours à Lyon, une page pour nous montrer les souverains monténégrins réfugiés dans la ville:

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Il n’y a pas les puissants mais de simples soldats sont aussi accueillis dans une caserne lyonnaise.

Une promenade de soldats au repos à Paris. Ces hommes ne peuvent rentrer chez eux car ils vivent dans des régions occupées par les Allemands. Hébergés à Paris dans une caserne on les promène en voiture pour les photographes et pour les distraire.

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On la reverra dans d’autres revues. Une photo quasi touristique…

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celle du Lac Noir dans les Vosges, un Lac Noir où les Alpins ont construit un pont sur le déversoir…

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La guerre est partout !

Des soldats de différentes armes sur le « Duguy-Trouin », un paquebot devenu navire hôpital. Ils fraternisent nous dit le commentaire. Il ne manquerait plus qu’ils en viennent aux mains !

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Un dessin humoristique au service de la propagande officielle…

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avec des Poilus français et des prisonniers allemands. La caricature sortit lessivée et décrédibilisée de la guerre car elle servit les pouvoirs en place pour leur propagande. Ce fut le cas dans nombre de guerres et les dictatures exercent aussi la censure à l’encontre des dessinateurs. Pour ces derniers, pour survivre, soit ils collaborent au système, soit ils cessent de vivre de leur art. N’oublions pas que le Canard enchaîné est né pendant la première guerre mondiale, en réaction à la censure et à une information complètement aux mains des gouvernants.

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RATIONNEMENT pendant la GRANDE GUERRE: une CARTE INDIVIDUELLE D’ALIMENTATION…

Il n’est pas rare de trouver dans les vide-greniers des cartes de rationnement qui avaient cours pendant la Seconde Guerre Mondiale et les années qui suivirent. On en trouve aussi dans les affaires des anciens et je vous en présenterai dans quelques temps pour ma famille proche. A cette époque, TOUT manquait !

Plus rares car plus reculées dans le temps à une moment où l’exode rural ne venait que juste de commencer, les cartes de rationnement datant de la Première Guerre Mondiale ! En voilà 2 datant de 1920 et distribuées à Lyon, présentées ici et plus tard.

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Deux considérations avant d’aller plus loin.

La France de 1914-18 n’était pas complètement occupée et sous le joug ennemi (allemand). Donc la production française dans les territoires éloignés du front bénéficiait totalement à la France, ce qui ne fut pas le cas 20 ans plus tard, les occupants se servant de celle-ci pour leurs besoins.

La France de 1914-18 était beaucoup plus rurale qu’en 1940 et la production locale auto-suffisait plus facilement au ravitaillement des gens habitant en marge des grands agglomérations.

Toutefois, on le lit très bien sur la quatrième de couverture de cette carte de rationnement, 2 matières premières vitales (ou considérées comme telles) manquaient à la France des grandes villes:

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le SUCRE et le CHARBON.

 Pourquoi ? Car ces deux produits venaient en grande partie des régions sous la botte allemande ou proche du front. Les champs de betteraves du nord et l’est de la France étaient dévastés par la guerre et les combats. Nombre de sucreries avec leurs grandes cheminées étaient détruites. Car le sucre utilisé à l’époque était du sucre de betterave plus que du sucre de canne. Les Antilles étaient loin et les sous-marins allemands redoutables !

Quant au charbon, les mines des bassins du Nord de la France comme celles de l’Est étaient sous le joug allemand ou sur la ligne de front et ne bénéficiaient à personne car bien  des infrastructures  étaient à reconstruire. Ce seront les réparations des dommages de guerre que devront verser les vaincus aux vainqueurs, clauses prévues par le Traité de Versailles qui s’en chargeront.

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Voici donc l’intérieur de cette carte avec les coupons du dernier trimestre 1920 qui n’ont pas été utilisés. La crise du sucre était certainement terminée dans l’agglomération lyonnaise… Pas dans l’esprit des gens car, par la suite, à chaque crise internationale importante, le sucre était dévalisé des magasins. Ainsi dans les années 70, la guerre du Kippour avec son choc pétrolier eut pour conséquence  des rayons « sucre » de supermarchés français faisant grise mine, alors que, logiquement, c’était plutôt l’essence qui était susceptible de manquer !

La carte présentée ci-dessus était une carte adulte (les A des angles) valable dans l’agglomération lyonnaise.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 30 décembre 1915

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(JOUR 514 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

Une couverture légère avec cette photo du coiffeur-barbier à l’arrière, peut-être un ancien mécanicien ou horticulteur, installé dans un camion où les clients sont assis sur des bidons d’essence. Son nom: Salon de Tonsure. Et la présence de l’auteur Ergé à droite dont le nom sera moins retenu que celui du père de Tintin.

Un numéro sans grande ligne directrice mais quelques vues inyéressantes.

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Une remise de décoration dans les Vosges où l’on voit que le mauvais temps s’est installé.

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Une page avec 4 photos d’un orphelinat à Saint-Jean-Cap-Ferrat, bien loin de la guerre.

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Des destructions, celles du village de Xivray-en-Woëvre, de son vrai nom Xivray-Marvoisin, détruit à 100% au début de la guerre.

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Un coin de repos des Poilus que ce bistrot pompeusement appelé « Hôtel du Crapaud faisandé ».

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Un avion type Caudron dans la cour des Invalides, présenté au public. Cet appareil a vu un de ses moteurs touché par un obus allemand mais a pu se poser sans dommage pour les hommes.

Pour terminer, sous le titre Du charbon pour l’Armée de jolis tas de charbon près de la gare de la Croix-Rousse…

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sur lesquels s’activent des centaines de soldats, certainement des Territoriaux.

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Le charbon était vital puisqu’il représentait l’énergie principale de l’époque. Mais les mines du nord était bien souvent derrière les lignes allemandes… et les puits souvent détruits.

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Il y a 100 ans jour pour jour: LA GUERRE PHOTOGRAPHIÉE du 04 novembre 1915

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(JOUR 458 DE LA GUERRE/1561 JOURS DU CONFLIT)

La soupe pour les Poilus, au milieu d’une forêt,non loin des tranchées dit-on, popote tenue par des Territoriaux. Important pour les hommes de première ligne… mais presqu’un peu trop beau !

Un numéro sans grande ligne directrice.

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Dans une tranchée un guetteur avec un fusil périscopique. Nouveau mais sans grand avenir !

Quelques dessins qui se voulaient humoristiques à l’époque  mais dénotent surtout ce qu’on pensait alors.

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Trouvés dans le presse étrangère et reproduits par l’hebdomadaire lyonnais…

Plus intéressant ce marteau-pilon…

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servant à fabriquer des obus dans l’usine des automobiles Darracq. Ces usines situées à Suresnes fabriquèrent au XIXème siècle des bicyclettes Gladiator avant de passer à l’automobile et d’être le 3ème producteur français derrière Renault et Peugeot. Au moment de la photo, Alexandre Darracq s’est allié à Talbot pour sortir des véhicules automobiles avant de devenir Talbot, tout seul, en 1922.

Pour terminer un monument qu’on a déjà vu sur une revue, célébrant la bataille de la Marne à Barcy.

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voir article du 01.07/2015 de ce blog:

https://unmondedepapiers.com/2015/07/01/il-y-a-100-ans-jour-pour-jour-la-guerre-photographiee-du-1er-juillet-1915/

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